Après un tragique acci­dent de voiture, il reçoit une greffe du visage histo­rique


Robert Chelsea a eu un accident de voiture causé par un chauffeur ivre. Il a été complètement défiguré. La première fois qu’on lui a proposé une greffe du visage, il a refusé et pour cause, le donneur était blanc. Puis un autre donneur, un afro-africain lui a été offert. Il est le 15e aux États-Unis à recevoir un greffe facial, mais le premier afro-américain à recevoir une transplantation complète du visage et aussi le plus vieux.
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Après un tragique acci­dent de voiture, il reçoit une greffe du visage histo­rique


Crédits : Time Maga­zine

par  Adrien Gingold

Il y a six ans, Robert Chel­sea a été complè­te­ment défi­guré et brûlé au troi­sième degré sur plus de la moitié de son corps suite à un tragique acci­dent de voiture. Cette semaine, il est retourné chez lui suite à une trans­plan­ta­tion faciale complète histo­rique, relate le maga­zine Time.

Après avoir eu des ennuis méca­niques avec sa voiture, Robert Chel­sea s’était garé en bordure de cette route de Los Angeles. Il a alors été violem­ment percuté par un chauf­fard ivre, puis brûlé par la voiture en feu. Ce n’est qu’en 2018 qu’on a proposé une trans­plan­ta­tion faciale à Robert Chel­sea, qui a décliné l’offre : il est afro-améri­cain, et on lui propo­sait la peau d’un donneur blanc.

Un an plus tard, les méde­cins ont enfin trouvé une méla­nine corres­pon­dant à celle de l’ac­ci­denté. Et en juillet dernier, Robert Chel­sea est ainsi devenu le premier patient noir à rece­voir une greffe faciale complète – mais aussi le plus vieux, à 68 ans. Selon l’éta­blis­se­ment, un autre patient noir avait reçu, en 2007, à Paris, une greffe partielle du visage.

Sa greffe aura néces­sité en tout une tren­taine d’opé­ra­tions, 16 heures et le travail de 45 méde­cins, infir­mières, anes­thé­sistes et cher­cheurs.

Après une longue conva­les­cence, Robert Chel­sea, très ému et éprouvé, a enfin pu rentrer chez lui :

« Que Dieu bénisse le donneur et sa famille qui ont choisi de faire don de ce précieux cadeau et de me donner une seconde chance. Les mots ne peuvent décrire comment je me sens. Je suis submergé de grati­tude. »

Robert Chel­sea espère que son expé­rience fera réflé­chir sur le don d’or­ganes, et notam­ment au sein de la commu­nauté afro-améri­caine. Robert Chel­sea est devenu le quin­zième patient à rece­voir une trans­plan­ta­tion faciale aux États-Unis.

Source : Time

https://www.ulyces.co/

Un premier cœur imprimé en 3D avec des tissus humains


C’est une grande avancée en cardiologie et en transplantation cardiaque. Présentement, il est possible d’imprimer en 3D des coeurs artificiels. Maintenant, ils ont réussit à partir de cellules humaines de créer un coeur vascularisé. Bon, il est petit comme une cerise et n’est donc pas près pour une transplantation chez un humain. On croit qu’avec le temps, ils vont réussir à faire un coeur normale près à intégrer un patient et donc le rejet sera probablement nul.
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Un premier cœur imprimé en 3D avec des tissus humains

 

Un prototype de coeur en impression 3D de la taille d’un coeur de lapin. Crédits : Jack Guez

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Une équipe de chercheurs de l’Université de Tel Aviv annonce avoir imprimé en 3D un petit cœur en utilisant des tissus humains. Une avancée majeure qui, un jour, pourrait bien rendre le don d’organes obsolète.

Il faudra encore patienter quelques années avant de pouvoir imprimer et greffer des cœurs humains, mais une étape cruciale vient franchie. Le professeur Tal Dvir, de l’Université de Tel Aviv (Israël), vient en effet d’annoncer qu’il a pu développer un premier cœur avec ses vaisseaux sanguins, à partir de cellules provenant d’un patient. La taille de l’organe ne dépasse pas celle d’une cerise, mais la technique promet de pouvoir, un jour, traiter de nombreuses maladies cardiovasculaires grâce à des cœurs imprimés et greffés directement aux patients. Le tout sans risques de rejets.

« C’est la première fois qu’on imprime un cœur dans son intégralité avec ses cellules et ses vaisseaux sanguins, explique le professeur Tal Dvir. C’est aussi la première fois qu’on utilise de la matière et des cellules provenant du patient ».

Une structure biocompatible

Des structures cardiaques avaient déjà été développées il y a quelques années. Une équipe de l’ETH Zurich avait alors créé un cœur artificiel imprimé en 3D, en utilisant non pas des tissus humains, mais un matériau artificiel et flexible. Cette fois-ci, les chercheurs ont eu l’idée de produire – à partir de cellules prélevées sur le tissu du patient – un hydrogel permettant de façonner des patchs cardiaques vascularisés parfaitement compatibles avec le receveur.

Ces patchs vascularisés, une fois transplantés, servent d’échafaudages, soutenant mécaniquement les cellules et favorisant leur réorganisation en un tissu fonctionnel.

« Lorsque la pleine intégration à l’hôte commence, les biomatériaux se dégradent progressivement, laissant un espace vital fonctionnel qui régénère le cœur », peut-on lire dans l’étude.

Traiter les patients en attente d’une greffe

Jusqu’à présent, les transplantations cardiaques étaient l’une des seules options permettant de soulager les maladies cardiovasculaires les plus graves. Malheureusement les donneurs manquent, et les risques de rejets sont nombreux.

Ce “cœur”, ici développé, est de son côté parfaitement « biocompatible avec le patient et ne provoquera pas de réponse immunitaire », peut-on lire.

À ce stade, les cœurs produits sont de la taille de ceux de petits animaux, mais leur format pourra être augmenté au cours de ces prochaines années, pour finalement parvenir à celle d’un cœur humain.

La greffe sur des patients humains n’est donc pas pour demain. Peut-être « dans une dizaine d’années », estiment les chercheurs.

En attendant, des premiers cœurs imprimés pourront être greffés sur des animaux d’ici quelques mois.

« Je ne veux pas donner de calendrier pour les essais sur l’Homme, concède Tal Dvir. Ce que je peux imaginer, c’est que dans 10 ans il y aura des imprimantes 3D dans les hôpitaux, que ces imprimantes imprimeront des organes pour les patients, et qu’ils commenceront probablement à le faire avec des organes plus simples que le cœur ».

Source

https://sciencepost.fr/

Premières greffes mondiales d’os de l’oreille moyenne fabriqués en 3D


Un atout médical d’utiliser l’imprimante 3D. En Afrique du Sud, une greffe de l’oreille moyenne a pu être réalisée grâce aux 3 osselets (le marteau, l’enclume et l’étrier) en 3D.
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Premières greffes mondiales d’os de l’oreille moyenne fabriqués en 3D

« La 3D nous permet de faire des choses... (PHOTO YUYA SHINO, ARCHIVES REUTERS)

« La 3D nous permet de faire des choses que nous n’aurions jamais pensé pouvoir faire », a affirmé le professeur responsable de l’opération.

PHOTO YUYA SHINO, ARCHIVES REUTERS

Agence France-Presse

Johannesburg

Une équipe médicale sud-africaine a annoncé avoir procédé à des greffes de petits os de l’oreille moyenne fabriqués grâce à l’impression 3D, des interventions présentées comme des premières mondiales.

Cette procédure chirurgicale « pourrait être la réponse à la perte auditive de transmission, un problème de l’oreille moyenne qui peut être causé par des anomalies congénitales, une infection, un traumatisme ou une maladie du métabolisme », s’est réjouie l’université de Pretoria dans un communiqué obtenu jeudi.

« La 3D nous permet de faire des choses que nous n’aurions jamais pensé pouvoir faire », a expliqué le professeur Mashudu Tshifularo, qui a dirigé trois greffes, grâce à cette procédure, des os de l’oreille moyenne.

La dernière en date a eu lieu mercredi à l’hôpital Steve Biko de la capitale sud-africaine sur un patient de 35 ans, dont l’oreille interne avait été totalement endommagée dans un accident de voiture.

La technologie de l’impression en trois dimensions a permis de fabriquer les os de l’oreille moyenne, les plus petits du corps humain, qui sont composés de trois osselets (le marteau, l’enclume et l’étrier). 

« En remplaçant seulement les osselets qui ne fonctionnent pas correctement, la procédure présente moins de risque que les prothèses connues jusqu’à présent », a souligné le Pr Tshifularo.

Les interventions ont été réalisées au moyen d’un endoscope, ce qui permet une opération rapide avec le « minimum » de cicatrices, a-t-il expliqué.

Tous les patients victimes de cette affection, y compris les nouveau-nés, peuvent bénéficier de cette nouvelle technologie, selon le Pr Tshifularo, qui a lancé un appel de fonds pour que cette « invention puisse décoller ».

Son appel a été relayé par le ministère sud-africain de la Santé qui a estimé « nécessaire de tout faire pour mobiliser les ressources afin que le Pr Tshifularo obtienne l’aide dont il a besoin pour cette importante innovation ».

L’oreille moyenne est la partie de l’appareil auditif située entre l’oreille externe et l’oreille interne. Les osselets de l’oreille moyenne permettent de transmettre les vibrations sonores à l’oreille interne.

L’an dernier, des médecins sud-africains avaient greffé une partie de foie d’une mère séropositive à son enfant séronégatif malade du foie, là encore une première mondiale.

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Greffe de matières fécales : toutes les selles ne se valent pas


Il y a des traitements qui ne sont vraiment pas ragoûtants, mais ils semblent efficaces. C’est le cas d’une greffe de matière fécale. Cette technique permet un succès sur certaines maladies de l’intestin et du système digestif. Des études plus poussées, montre que toutes matières fécales ne se valent pas. Il y a des super donneurs et qui dans un avenir rapproché, on croit qu’un traitement plus personnalisé pourrait soigner d’autres problèmes de santé.
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Greffe de matières fécales : toutes les selles ne se valent pas

 

Une micrographie d'une bactérie

La greffe de matière fécale est notamment utilisée pour traiter les infections à la bactérie « C. difficile », représentée sur cette photo. Photo: La Presse canadienne / AP Photo/Centers For Disease Control And Prevention, Lois S. Wiggs, Janice Carr

Renaud Manuguerra-Gagné

La greffe de matière fécale est une technique permettant de transférer des bactéries intestinales d’une personne en santé vers une personne malade. Bien que ce procédé soit prometteur pour traiter de nombreux problèmes liés à l’intestin, des chercheurs se rendent maintenant compte que tous les donneurs ne sont pas égaux, et que les selles de certains ont une valeur beaucoup plus grande que d’autres.

L’augmentation des connaissances sur le microbiote, ces milliards de bactéries qui colonisent notre système digestif et qui jouent un grand rôle dans notre santé, a mené à l’apparition d’une technique pour le moins surprenante : la transplantation de matière fécale.

Cette « greffe » permet de transférer les bactéries présentes dans le système digestif d’une personne en santé à une autre souffrant de certaines maladies digestives, dans le but de restaurer sa flore intestinale.

Or, en passant en revue les études parues sur le sujet dans les dernières années, un groupe de chercheurs néo-zélandais a découvert que tous les dons de matière fécale ne sont pas égaux(Nouvelle fenêtre) et que certaines personnes pourraient même être qualifiées de super-donneurs.

À la suite de leur analyse, ils proposent une liste de critères qui pourraient aider à concevoir de nouveaux traitements beaucoup plus ciblés, qui augmenteraient ainsi l’efficacité de cette technique.

Une migration microscopique

Décrite pour la première fois en 1958, la transplantation de matière fécale a beaucoup progressé au cours des trois dernières décennies. L’un des plus grands succès de la transplantation fécale est le traitement d’infections récurrentes à la bactérie C. difficile.

Ces bactéries sont généralement éliminées à l’aide d’antibiotiques, mais dans les cas d’infections récurrentes, la transplantation fécale est envisagée pour restaurer une flore intestinale normale.

Notre intestin abrite des centaines de milliards de bactéries de plusieurs dizaines de milliers d’espèces différentes. La composition de ces espèces est influencée par l’endroit où l’on se trouve dans le monde, par notre culture, notre alimentation et notre mode de vie.

Ces bonnes bactéries sont donc obtenues à partir d’échantillons de selles provenant de donneurs. Après avoir obtenu confirmation qu’elles ne contenaient pas de source potentielle d’infections, les selles sont suspendues dans des solutions liquides, puis implantées dans l’intestin de la personne malade, par colonoscopie, par endoscopie ou par ingestion de gélules.

On voit une bouteille transparente remplie au quart d'une solution brune, posée sur une surface. En arrière-plan, des contenants gradués de laboratoire.

Une bouteille contenant une solution de matière fécale, dans les laboratoires de OpenBiome, une banque de matière fécale située à Medford, au Massachusetts. Photo : La Presse canadienne / AP/Steven Senne

Dans le cas des infections à C. difficile, le taux de succès de ce type de traitement dépasse les 90 %. Des études ont montré que cette technique peut aussi traiter d’autres affections, telles que la colite ulcéreuse ou la maladie de Crohn, deux graves maladies inflammatoires de l’intestin qui entraînent aussi une baisse de la diversité de la flore intestinale.

Un super-donneur personnalisé

Contrairement au traitement contre C. difficile, le taux de succès des transplantations de matière fécale dans le cas de ces maladies inflammatoires était beaucoup plus bas.

Or, en analysant les données de plusieurs études, les chercheurs ont remarqué que le taux de rémission de patients atteints de colite ulcéreuse était deux fois plus élevé lorsqu’ils recevaient une transplantation d’un donneur bien précis, ce qui a donné naissance au terme « super-donneur ».

Selon les chercheurs, plusieurs facteurs permettent d’identifier un super-donneur, le plus important étant une plus grande diversité bactérienne que la moyenne.

Toutefois, cette diversité doit être combinée à la présence de bactéries spécifiques qui pourraient jouer des rôles dans le traitement de la maladie ciblée, comme la production de certaines molécules. À cela s’ajoutent d’autres facteurs, comme la diète du donneur et la compatibilité immunitaire entre le donneur et le receveur.

D’autres études ont aussi montré que les bactéries n’étaient pas les seuls éléments importants dans un transfert : certains virus ou molécules flottant librement dans l’intestin peuvent aussi avoir une influence majeure sur la rémission de certains patients, en assurant la survie ou le bon développement des bactéries transférées.

En somme, les travaux des chercheurs montrent qu’une approche personnalisée pourrait permettre une plus grande efficacité de ce traitement, et pourrait même étendre son utilisation au traitement de l’obésité, de cancers ou de maladies neurodégénératives.

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Découverte inattendue : l’intestin produit également des cellules sanguines !


Il semblerait que les intestins fabriquent des cellules souche et que lors d’une greffe d’intestin, ce sont les cellules souche du donneur qui entre en action. Cela pourra faire avancer la science sur les greffes de n’importe quel organe et d’éviter les rejets.
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Découverte inattendue : l’intestin produit également des cellules sanguines !

 

Crédits : Flickr/Global Panorama

par Yohan Demeure

Des chercheurs américains ont fait une sacrée découverte après l’étude du sang de patients ayant reçu une greffe d’intestin. En effet, a été observée la présence de cellules sanguines du donneur, issues des cellules souches de l’intestin. Cela pourrait assurer le succès des greffes !

Une découverte étonnante

Les cellules qui circulent dans notre sang – à savoir les globules blancs et les globules rouges – proviennent à l’origine cellules souches hématopoïétiques que l’on trouve dans la moelle osseuse. Une récente découverte effectuée par des chercheurs de l’Université Columbia (États-Unis) a permis d’identifier une autre source de ces cellules souches.

Dans leur étude publiée dans la revue Cell Stem Cell le 29 novembre 2018, les chercheurs expliquent avoir étudié le sang de 21 patients suivis durant cinq années après une greffe d’intestin. Or, leur sang a été qualifié de “chimère”, c’est-à-dire composé d’un mélange de leur sang et de celui du donneur. Le fait est que le sang du donneur – provenant donc de l’intestin greffé – contenait également des cellules souches hématopoïétiques !

L’espoir d’éviter les rejets de greffe est-il permis ?

« Cela pourrait améliorer considérablement la vie des patients transplantés », a déclaré Megan Sykes, principale auteure de l’étude.

Il faut savoir que dans de nombreux cas, les greffes d’intestin sont pratiquées sur des patients souffrant de pathologies telles que la maladie de Crohn. Comme pour toute greffe, il est question d’éviter les rejets par l’organisme du receveur. Selon les chercheurs, la présence de cellules sanguines du donneur est très bon signe dans ce sens, car cela contribue effectivement à augmenter les chances de succès de la greffe. Il est également question de diminuer l’administration d’immunosuppresseurs, ces médicaments dont le but est de prévenir le rejet de greffe d’organes en empêchant les globules blancs du receveur de passer à l’attaque.

Ainsi, cette découverte est essentielle et permet l’espoir d’un succès systématique des greffes – de n’importe quel membre ! En parallèle, une nouvelle piste de recherche est actuellement explorée. En effet, les scientifiques désirent ajouter des cellules souches hématopoïétiques au membre greffé afin d’optimiser les chances de réussite ! Par ailleurs, l’apparition des organes artificiels pose la question d’une possible obsolescence des greffes d’organes naturels, mais cela est une autre histoire.

Sources : Medical XpressFutura Sciences

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Naissance du premier bébé grâce à une greffe d’utérus d’une donneuse décédée


C’est un bel exploit ! Même si l’utérus est enlevé en même temps que la césarienne, a cause du traitement d’anti-rejet, c’est un espoir pour certaines femmes infertiles
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Naissance du premier bébé grâce à une greffe d’utérus d’une donneuse décédée

 

C'est la première fois qu'une transplantation d'utérus à... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

C’est la première fois qu’une transplantation d’utérus à partir d’une donneuse décédée aboutit à une naissance, et c’est aussi la première naissance avec greffe d’utérus en Amérique latine.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

MARIE-PIERRE FEREY
Agence France-Presse
Paris

 

Le premier bébé conçu grâce à un utérus transplanté chez une femme infertile à partir d’une donneuse décédée est né il y a un an au Brésil, selon une étude publiée mercredi dans la revue The Lancet.

Sept mois après la naissance, le bébé – une petite fille – allait bien, pesait 7,2 kg et était toujours nourrie au sein par sa maman, également en bonne santé, précise l’étude de l’Hôpital universitaire de São Paulo qui a conduit la greffe en 2016.

C’est la première fois qu’une transplantation d’utérus à partir d’une donneuse décédée aboutit à une naissance, et c’est aussi la première naissance avec greffe d’utérus en Amérique latine.

Depuis la première greffe d’utérus d’une donneuse vivante, en 2013 en Suède, 39 transplantations ont été opérées dans le monde, dont 11 ont conduit à une naissance.

Toutes les greffes d’utérus prélevés post-mortem, soit une dizaine aux États-Unis, en République tchèque et en Turquie, avaient échoué avant cette première mondiale.

« Le recours à des donneurs décédés pourrait élargir considérablement l’accès à ce traitement, nos résultats apportent la preuve que cela peut fonctionner, pour offrir une nouvelle option aux femmes frappées par une infertilité d’origine utérine », a déclaré le Dr Dani Ejzenberg, qui a dirigé l’étude à l’Hôpital universitaire de São Paulo, cité par le Lancet.

« La seule grossesse survenue après une greffe d’utérus prélevé post-mortem date de 2011 en Turquie » et s’était soldée par une fausse couche, observe le Dr Srdjan Saso, du département obstétrique de l’Imperial College de Londres.

« Cette démonstration réussie présente plusieurs avantages par rapport à la greffe à partir de donneur vivant : elle s’appuie sur un réservoir de donneurs potentiel plus vaste, coûte moins cher et évite les risques pour le donneur vivant », ajoute-t-il.

Pour le professeur Andrew Shennan, obstétricien à Kings College London, l’opération réussie « ouvre la voie au don d’utérus post-mortem, comme c’est le cas pour d’autres organes » ce qui « permettrait aux femmes qui ne peuvent concevoir un bébé du fait d’un utérus défaillant de porter leur propre enfant, plutôt que de dépendre de donneurs vivants, ou de recourir à l’adoption ou à une mère porteuse ».

2,5 kg à la naissance

L’opération s’est déroulée en septembre 2016. La maman qui a reçu l’utérus avait 32 ans et était née sans utérus (syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser).

L’utérus greffé provenait d’une femme de 45 ans décédée d’un AVC et donneuse de plusieurs organes (coeur, foie et reins).

L’opération a duré au total 10 h 30 et a été suivie d’un traitement immunosuppresseur pour éviter le rejet du greffon.

Cinq mois après la greffe, la patiente avait des règles normales. La grossesse est survenue après le premier transfert d’embryon unique (obtenu par fécondation in vitro) sept mois après la greffe. 

La grossesse s’est déroulée sans encombre jusqu’à la naissance par césarienne à 36 semaines de gestation, le 15 décembre 2017. Les médecins ont préféré un accouchement légèrement prématuré par césarienne pour plus de sécurité.

Le bébé pesait 2,550 kilos à la naissance et était en parfaite santé. L’utérus greffé a été retiré pendant la césarienne, de façon à arrêter le traitement immunosuppresseur, très lourd, et l’enfant et la maman ont quitté l’hôpital au bout de trois jours.

Les auteurs de l’étude soulignent que la greffe d’utérus post-mortem peut ouvrir de nouvelles possibilités d’autant que beaucoup de pays ont déjà des systèmes de régulation des dons d’organes post-mortem.

En France, sur les 6105 greffes réalisées en 2017, l’essentiel provenait de donneurs post-mortem, et seulement 629 greffes de donneurs vivants (rein et foie). En 2017, 23 828 patients ont été en attente d’un organe.

On estime que l’infertilité affecte 10 à 15 % des couples en âge de procréer dans le monde. Parmi les femmes touchées, on estime qu’une femme sur 500 présente une anomalie de l’utérus. Pour ces femmes, l’adoption et le recours à une mère porteuse sont les seules solutions en l’absence de greffe.

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Une personne séropositive peut-elle transmettre le VIH lors d’un don d’organe?


En Afrique du Sud, un enfant avait besoin d’une greffe de foie, et cela urgeait, mais le manque de don d’organe aurait eu raison de sa mort. Comme le foie est un organe qui se régénère, il est possible que le donneur soit vivant. Sa mère était compatible sauf qu’elle soit séropositive. Après plusieurs questions d’éthiques et l’impossible de sauver l’enfant autrement, la transplantation eut lieu est, ce fut un succès. Reste maintenant à savoir si l’enfant développera le VIH
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Une personne séropositive peut-elle transmettre le VIH lors d’un don d’organe?

 

Pour l'instant, les médecins n'arrivent pas à savoir sil le virus a été transmis. | ypographyimages via Pixabay License by

Pour l’instant, les médecins n’arrivent pas à savoir sil le virus a été transmis. | ypographyimages via Pixabay License by

Harriet Etheredge et Jean Botha et June Fabian

En Afrique du Sud, une mère séropositive a pu donner son foie à son fils gravement malade malgré le risque de transmission du virus.

L’Afrique du Sud fait face à une terrible pénurie de dons d’organes. Les médecins luttent pour trouver des organes appropriés pour les patients et patientes gravement malades, dont la survie dépend d’une greffe. Cette situation les accule parfois à des choix difficiles. Il arrive par exemple qu’ils doivent, pour sauver la vie d’un ou d’une patiente, envisager de lui greffer un organe provenant d’une personne dont le groupe sanguin diffère du sien, même si cela augmente les risques de complications.

Voici environ un an, nous avons nous-mêmes dû faire face à ce genre de choix: nous pouvions sauver la vie d’un enfant en lui implantant un greffon de foie –mais ce faisant, nous risquions de lui transmettre le VIH. La donneuse était en effet sa mère séropositive. La procédure comportait donc un risque de transmission du VIH à l’enfant [le foie pouvant se régénérer, il est possible d’en prélever une partie chez un donneur vivant pour la greffer à un receveur, ndlr].

En Afrique du Sud, la loi n’interdit pas la transplantation d’un organe provenant d’un donneur vivant séropositif à un receveur séronégatif, à condition qu’une solide procédure de consentement soit mise en place. En raison du risque de transmission du virus, cette approche n’est toutefois pas considérée par tous les médecins comme faisant partie des bonnes pratiques.

Le jeune récipiendaire avait passé 181 jours sur la liste d’attente des dons d’organes. Or la durée moyenne de présence sur liste d’attente dans notre programme de greffe est de quarante-neuf jours. Durant ce laps de temps, la mère de l’enfant avait demandé à maintes reprises si elle pouvait donner une partie de son propre foie à son enfant. Nous ne pouvions toutefois pas considérer cette option à l’époque, car elle allait à l’encontre de la politique de notre unité. Mais sans une greffe, l’enfant allait très certainement mourir.

Impossibilité de savoir s’il a été infecté

Après mûre réflexion, et avec l’aval du comité d’éthique médicale de l’université du Witwatersrand à Johannesburg, nous avons décidé de procéder à la greffe. En suivant une planification minutieuse, nous avons fourni à l’enfant un traitement à base de médicaments antirétroviraux avant l’intervention, avec l’espoir de prévenir l’infection par le VIH (prophylaxie pré-exposition, PrEP).

La transplantation, qui a été réalisée au centre médical Donald Gordon de l’université du Witwatersrand, a été un succès. L’enfant est aujourd’hui épanoui, mais à ce stade, nous sommes toujours incapables de déterminer son statut VIH. Durant les premiers mois qui ont suivi la greffe, des anticorps anti-VIH ont été détectés dans son organisme, et l’infection semblait donc avoir eu lieu. Mais ces anticorps ont décliné au fil du temps, et ils sont désormais presque indétectables. Nous n’avons en définitive pas été en mesure d’établir si l’enfant est effectivement infecté par le VIH. Même le recours à des tests ultra-sensibles et très spécialisés n’a pas permis de détecter le VIH lui-même dans le sang ou les cellules de l’enfant.

Il faudra probablement que s’écoule encore un certain temps avant que nous puissions avoir une quelconque certitude. Cependant, l’enfant supporte actuellement très bien le traitement antirétroviral. Les cas de contaminations survenues suite à la transplantation, par inadvertance, d’organes contaminés par le VIH révèlent que les patients devenus séropositifs de cette façon se rétablissent aussi bien que ceux qui reçoivent un greffon VIH négatif.

Cette intervention chirurgicale pourrait changer la donne pour l’Afrique du Sud. Le pays abrite en effet une importante population de personnes séropositives dont la charge virale est indétectable (on parle de charge virale indétectable lorsqu’une personne infectée par le VIH et suivant un traitement antirétroviral voit la quantité de virus dans son sang diminuer au point de devenir indétectable). Or ces personnes séropositives n’ont jamais été considérées comme des donneuses potentielles dans le cadre de la greffe de foie.Avant de procéder à la greffe, nous avons consacré un soin particulier à la mise en place d’une large consultation.

De l’importance de comprendre les risques

Recourir à la transplantation d’organes implique de relever de nombreux défis éthiques et juridiques. Les questions spécifiques et complexes posées par ce cas précis ont été soigneusement examinées. Il s’agit notamment de parler aux membres de l’équipe de transplantation, aux spécialistes de la bioéthique, de la justice, de la médecine du VIH et à celles et ceux du comité d’éthique médicale de l’université Wits. Ce comité a entre autres pour fonction de protéger les patients impliqués dans la recherche médicale, et de s’assurer que les procédures mises en place par les médecins le sont pour les bonnes raisons.

Il était évident que cette greffe allait dans le sens du meilleur intérêt de l’enfant. La principale question éthique consistait à déterminer s’il était juste de priver la mère de la possibilité de sauver la vie de son enfant, en lui refusant l’opportunité de fournir le greffon. Un principe fondamental de l’éthique est de traiter les gens équitablement. Les personnes séropositives devraient de ce fait avoir accès aux mêmes options de soins que les autres. Nous avons donc convenu, avec le comité d’éthique, que tant que les parents de l’enfant comprenaient qu’il existait un risque que celui-ci contractât le VIH, il était acceptable de procéder à la greffe.

Afin de nous assurer que les parents de l’enfant étaient bien informés et pourraient prendre leur décision dans des conditions optimales, nous avons eu recours à un «avocat de donneur vivant». Indépendant, celui-ci n’était pas employé par l’hôpital, son rôle principal était de soutenir les parents en s’assurant qu’ils comprenaient exactement quels étaient les risques pour la mère en tant que donneuse. Il était également en relation avec l’équipe de transplantation, au nom des parents, lorsque nécessaire.

Les parents, qui avaient déjà envisagé le risque que le VIH soit transmis à leur enfant suite à l’opération, se sont avérés déterminés à aller de l’avant. Ils ont été reconnaissants que l’équipe se montre disposée à examiner attentivement cette option, étant donné qu’il n’y avait pas d’alternative disponible et que leur enfant était gravement malade. Nous avons demandé aux deux parents de donner leur consentement à la procédure, car il était de leur responsabilité à tous les deux de prendre soin de leur enfant par la suite.

Une occasion pour observer la transmission du VIH

Cette intervention démontre non seulement que les médecins peuvent réaliser ce type de transplantation, mais aussi que les résultats peuvent être positifs à la fois pour le donneur séropositif et pour le receveur. Elle a également constitué une occasion unique pour les scientifiques de Wits d’étudier la transmission du VIH dans des circonstances très contrôlées.

Pour l’instant, les médecins ne sont pas en mesure de dire aux parents si la greffe a transmis le VIH à leur enfant. Cette incertitude est notamment due au fait que ce cas est unique, ce qui laisse beaucoup de questions sans réponse. Les recherches en cours permettront d’y répondre.

À l’avenir, nous continuerons de veiller à ce que les parents soient pleinement conscients de l’incertitude qu’implique ce genre d’intervention. Toutes les futures greffes de ce type seront incluses dans une étude actuellement en cours, dont l’objet est d’examiner plus en détail la transmission du VIH chez les enfants, ainsi que la façon dont le VIH peut ou non se propager via les greffes d’organes.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

 

http://www.slate.fr/