Découverte inattendue : l’intestin produit également des cellules sanguines !


Il semblerait que les intestins fabriquent des cellules souche et que lors d’une greffe d’intestin, ce sont les cellules souche du donneur qui entre en action. Cela pourra faire avancer la science sur les greffes de n’importe quel organe et d’éviter les rejets.
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Découverte inattendue : l’intestin produit également des cellules sanguines !

 

Crédits : Flickr/Global Panorama

par Yohan Demeure

Des chercheurs américains ont fait une sacrée découverte après l’étude du sang de patients ayant reçu une greffe d’intestin. En effet, a été observée la présence de cellules sanguines du donneur, issues des cellules souches de l’intestin. Cela pourrait assurer le succès des greffes !

Une découverte étonnante

Les cellules qui circulent dans notre sang – à savoir les globules blancs et les globules rouges – proviennent à l’origine cellules souches hématopoïétiques que l’on trouve dans la moelle osseuse. Une récente découverte effectuée par des chercheurs de l’Université Columbia (États-Unis) a permis d’identifier une autre source de ces cellules souches.

Dans leur étude publiée dans la revue Cell Stem Cell le 29 novembre 2018, les chercheurs expliquent avoir étudié le sang de 21 patients suivis durant cinq années après une greffe d’intestin. Or, leur sang a été qualifié de “chimère”, c’est-à-dire composé d’un mélange de leur sang et de celui du donneur. Le fait est que le sang du donneur – provenant donc de l’intestin greffé – contenait également des cellules souches hématopoïétiques !

L’espoir d’éviter les rejets de greffe est-il permis ?

« Cela pourrait améliorer considérablement la vie des patients transplantés », a déclaré Megan Sykes, principale auteure de l’étude.

Il faut savoir que dans de nombreux cas, les greffes d’intestin sont pratiquées sur des patients souffrant de pathologies telles que la maladie de Crohn. Comme pour toute greffe, il est question d’éviter les rejets par l’organisme du receveur. Selon les chercheurs, la présence de cellules sanguines du donneur est très bon signe dans ce sens, car cela contribue effectivement à augmenter les chances de succès de la greffe. Il est également question de diminuer l’administration d’immunosuppresseurs, ces médicaments dont le but est de prévenir le rejet de greffe d’organes en empêchant les globules blancs du receveur de passer à l’attaque.

Ainsi, cette découverte est essentielle et permet l’espoir d’un succès systématique des greffes – de n’importe quel membre ! En parallèle, une nouvelle piste de recherche est actuellement explorée. En effet, les scientifiques désirent ajouter des cellules souches hématopoïétiques au membre greffé afin d’optimiser les chances de réussite ! Par ailleurs, l’apparition des organes artificiels pose la question d’une possible obsolescence des greffes d’organes naturels, mais cela est une autre histoire.

Sources : Medical XpressFutura Sciences

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