Le Saviez-Vous ► Choux, roses, cigognes : d’où viennent ces légendes sur l’arrivée des bébés ?


J’espère qu’on n’enseigne plus ces légendes aux enfants sauf pour les contes. Je me souviens que ces légendes étaient véhiculées quand j’étais enfant, mais nous savions très tôt, qu’en réalité, les bébés venaient des mamans. Comment ? Si les parents ne l’expliquaient pas, on pouvait l’apprendre avec les amis qui en savaient un peu plus.
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Choux, roses, cigognes : d’où viennent ces légendes sur l’arrivée des bébés ?


Cigognes & compagnie

Par Dorothée Louessard

Si les garçons naissent dans des choux et les fillettes dans des fleurs, que diable fichent les cigognes censées être les livreuses officielles de bébés ? Mais au fait d’où viennent donc ces mythes sur la naissance de nos chérubins ?


Depuis l’Antiquité, le chou est associé à la fertilité. On servait traditionnellement de la soupe aux choux aux jeunes mariés afin accroître leurs chances d’avoir un enfant. Et encore aujourd’hui, la consommation de choux est préconisée à toutes les femmes désireuses de booster leur fécondité. Pourquoi ? Parce qu’ils sont riches en acides foliques (Vitamine B9) assurant le bon développement du foetus. Les autres vitamines présentes dans les choux de Bruxelles auraient également le pouvoir d’augmenter la quantité de sperme de l’homme et leur durée de vie.

L’autre origine possible de ce mythe sur la naissance proviendrait de la Grèce Antique. Le roi Agamemnon parti en guerre, sa femme Clytemnestre accoucha de quadruplés dont trois filles et un garçon. N’ayant pas de langes sous la main, elle emmaillota ses filles dans des pétales de rose et enveloppa son garçon dans des feuilles de chou. Si ce dernier n’a pas eu droit aux pétales de rose, c’est parce que la rose constituait le symbole de la féminité durant l’Antiquité. La feuille de chou fut choisie tout simplement parce que du choux était prévu au dîner.

Deux explications possibles donc, et qui s’avéraient bien pratiques à ressortir à nos enfants lorsqu’ils nous balançaient la fameuse question tant redoutée : « Dis, comment on fait les bébés ?« 

Mais alors les cigognes dans tout ça, elles faisaient quoi au juste ? Déposaient-elles les bébés selon leur sexe tantôt dans des roses, tantôt dans des choux ?

La légende de la cigogne ou « Légende du Kindelesbrunnen » est connue dans le monde entier et puise son origine en Alsace. Il y aurait eu jadis un lac sous la cathédrale de Strasbourg, où voguaient les âmes des enfants en attendant de venir au monde. Un sympathique gnome naviguait sur le lac à bord d’une barque argentée et, muni d’un filet d’or, il attrapait les âmes des bébés pour les donner à la fameuse cigogne qui se chargeait alors de distribuer les bébés aux parents. D’ailleurs, encore aujourd’hui, en Alsace, les parents désirant avoir un enfant doivent « commander » leur bébé aux cigognes en déposant un morceau de sucre sur le bord de leur fenêtre. Quant au choix de l’oiseau, il est sans doute lié au fait que les cigognes font leur grand retour en Alsace, au printemps, saison associée aux naissances.

Le mythe des cigognes est d’ailleurs le thème du film d’animation des studios Warner, « Cigognes & compagnie » ,  On y découvre que les cigognes ont cessé la livraison de bébés pour se reconvertir dans l’expédition de colis Internet. Et, alors que Junior, coursier star de l’entreprise, s’apprête à reprendre la tête de l’entreprise, il rallume involontairement la Machine à Fabriquer les Bébés…

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Le Saviez-Vous ► Les éléphants ont peur des souris, mythe ou réalité ?


Depuis la Grèce antique, qu’on prétend que les éléphants ont peur des souris, car elles peuvent rester coincer dans leur trompe !! Cependant après expérience fait par deux animateurs de télé, ont fait l’expérience. Même si l’éléphant a dévié de sa route, il n’a pas présenté les signes de peur apparente. Mais, l’éléphant redoute pourtant de quelque chose et ce n’est pas une souris ou autre petit rongeur.
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Les éléphants ont peur des souris, mythe ou réalité ?

 

éléphant souris

Crédits : iStock

par Yohan Demeure

Sur le papier, une simple souris ne fait clairement pas le poids face un imposant éléphant ! Cependant, il est parfois dit que ces derniers ont peur des souris : qu’en est-il réellement ?

Déjà au temps de la Grèce antique, on disait que les éléphants avaient peur des souris et autres petits rongeurs, car ceux-ci pouvaient se retrouver coincés dans leur trompe. Or aujourd’hui, l’origine de cette légende reste encore un mystère. Mais comme beaucoup d’entre elles, il y a peut-être un fond de vérité.

En réalité, non. Tout d’abord, l’idée qu’un rongeur se trouve coincé dans la trompe d’un éléphant parait absurde, dans la mesure où le pachyderme n’aurait aucun mal à l’expulser. Des études menées sur des éléphants en captivité ne sont jamais parvenues à prouver une éventuelle peur des souris. Mais évoquons tout de même le fait qu’à l’état sauvage, une certaine nervosité s’empare des mastodontes lorsque de petits animaux apparaissent soudainement. En vérité, cela est simplement dû au fait que les éléphants ont une mauvaise vue.

En 2008, des éléphants sauvages ont été testés dans l’émission Mythbusters (voir extrait en fin d’article). Ils ont dévié leur trajectoire à la vue d’une souris, mais il ne s’agissait en aucun cas d’une peur. En effet, lorsqu’un éléphant est effrayé, celui-ci déploie ses oreilles et prend du recul.

Si les éléphants n’ont pas peur des souris, ceux-ci nourriraient une crainte concernant les fourmis, un animal encore plus petit ! Un article du Telegraph publié en 2010 relatait une étude menée par des chercheurs de l’Université de Floride (États-Unis). Le professeur Todd Palmer qui avait piloté ces recherches avait qualifié les colonies de fourmis en colère de “talon d’Achille” de l’éléphant, qui aurait peur que celles-ci s’introduisent dans sa trompe. En effet, des milliers de fourmis à expulser représenteraient plus de difficultés qu’un simple rongeur !

Source

https://sciencepost.fr//

 

Le Saviez-Vous ► Pourquoi y a-t-il un tapis rouge lors des cérémonies ?


Le tapis rouge qui était une marque de respect et de pouvoir lors des cérémonies ou réceptions a d’abord été réservé pour les dieux et déesses, ce n’est qu’avec le temps, que le tapis rouge s’est imposé pour les politiciens, les vedettes et autres
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Pourquoi y a-t-il un tapis rouge lors des cérémonies ?

 

tapis rouge cinéma festival

Crédits : Flickr / GabboT

 Qu’il s’agisse de figures politiques ou culturelles, les grandes personnalités de ce monde ont donc pour la plupart été amenées à arpenter le tapis rouge pour des occasions qui suscitent autant la curiosité que l’admiration. Mais d’où vient donc cette tradition de fouler le tapis rouge ?

Si l’usage du tapis rouge semble assez récent, il n’en est pourtant rien ! Dès la Grèce antique, des références à ce sol si reconnaissable sont répertoriées, notamment dans une pièce de théâtre écrite au Ve siècle avant J.-C. par Eschyle et intitulée Agamemnon. Durant l’intrigue, le héros est victime d’une ruse de sa femme Clytemnestre, qui désire le tuer pour se venger d’avoir tué leur fille, Iphigénie. Pour lui tendre un piège à son retour de la Guerre de Troie, elle dispose un tapis cramoisi au sol, feignant de lui réserver un accueil triomphal. D’abord hésitant à s’attribuer un honneur normalement réservé aux dieux, Agamemnon ose pourtant souiller de ses pas ce précieux symbole de pouvoir. Cet affront sera le dernier pour lui, puisqu’il sera tué par sa femme juste après.

Dans l’Antiquité, il est aussi courant d’en utiliser un de couleur mauve pour accueillir les personnes issues de l’aristocratie, et ainsi faire preuve de respect envers ceux des classes supérieures. Mais c’est véritablement la couleur rouge qui va s’imposer. Pourquoi ? Chez les aristocrates de la Renaissance – tout comme chez les Mayas et les Aztèques – un tapis coloré en rouge était synonyme de prospérité, notamment en raison du coût qu’impliquait la teinture du tissu, très chère à réaliser. Dès lors, cette couleur a été associée au prestige social, et plus généralement à l’opulence.

festival cannes

Crédits : PxHere

C’est beaucoup plus tard que le tapis rouge a été véritablement adopté, particulièrement par les Américains. En 1821, le président James Monroe effectue une visite officielle en Caroline du Sud, déplacement durant lequel il est accueilli avec les honneurs du “red carpet” : là encore, c’est un symbole de pouvoir autant qu’une marque de respect. À l’aube du XXe siècle, une grande compagnie ferroviaire américaine va également en utiliser pour orner les sols de ses trains, afin d’accueillir et de guider les passagers. Mais comment le tapis rouge est-il passé des locomotives aux soirées hollywoodiennes ?

Au fil des avant-premières et des cérémonies, le tapis rouge s’est imposé, notamment en 1922 à l’occasion de la première de Robin des bois, film d’Allan Dwan avec Douglas Fairbanks – véritable star de l’époque. Sid Grauman, propriétaire du cinéma qui accueille l’événement, a l’idée de mettre en place un tapis rouge pour ajouter au glamour de la soirée. Aussitôt, cette initiative est imitée lors de nombreuses autres manifestations similaires. C’est donc tout naturellement qu’en 1961, l’Académie des arts et des sciences du cinéma – celle-là même qui décerne les Oscars – l’adopte pour la prestigieuse cérémonie de remise des prix. Depuis ces années, le tapis rouge est donc devenu un incontournable des soirées glamour et des réceptions officielles.

Quand on voit la fascination qu’ils et elles peuvent susciter aujourd’hui, on peut affirmer que les stars de cinéma ont remplacé les dieux de l’Antiquité dans l’imaginaire collectif. Toutefois, seul le tapis rouge perdure.

Sources : LiveScienceMental Floss

https://lesavaistu.fr/

Le Saviez-Vous ► Les œufs dans la mythologie, le folklore et les croyances


Les oeufs ont été mêler a des croyances, des légendes, de traditions pendant des millénaires. Alors qu’avant tout un oeuf fait partie d’une alimentation équilibré
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Les œufs dans la mythologie, le folklore et les croyances

 

Par Les Producteurs d’œufs du Canada

Au Canada, les œufs et l’ovoculture représentent aujourd’hui beaucoup de choses pour beaucoup de gens : mets nutritifs et délicieux, emplois et activité économique au sein des collectivités du pays et aliment frais et à prix abordable produit localement.

À vrai dire, les œufs ont toujours eu une signification spéciale dans nos vies — si nous remontons au début de l’histoire de l’humanité, les œufs ont toujours eu un statut unique dans les mythes et le folklore de nos ancêtres. Dans de nombreuses cultures et croyances dans le monde, les œufs ont été utilisés pour symboliser la genèse des dieux, de la terre et de la vie.

Et, maintenant que le printemps est enfin arrivé, nous croyons que le moment est propice pour remonter dans le passé lointain pour voir comment les diverses cultures autour du monde ont utilisé les œufs pour symboliser et comprendre le monde.

Les œufs dans l’Antiquité

Un des premiers exemples de l’utilisation de l’œuf comme symbole mythologique se trouve dans l’Orphisme, la religion populaire à l’époque de la Grèce antique. L’Orphisme accordait une signification spéciale à l’œuf. Souvent représenté entouré d’un serpent1, l’œuf orphique était décrit comme ayant incubé la déité primordiale, Phanes, qui, à son tour, avait créé tous les autres dieux.2

De la même manière, les anciens Égyptiens croyaient que Ra, le dieu du soleil, était éclos d’un œuf cosmique. Les Égyptiens croyaient également que le soleil était un œuf — qui avait été pondu par Seb, une oie résidant dans les cieux, et qui avait donné naissance au Phoenix.3

Vers l’Est

L’Hindouisme adopte une approche similaire dans la conception de parallèles entre l’œuf et le cosmos. Dans les Chandogya Upanishads, une collection de textes en Sanskrit, l’œuf est associé à toute la création : la coquille correspond aux cieux et le jaune à la terre.4

Dans la mythologie chinoise, l’œuf cosmique apparaît dans de nombreuses légendes, une d’entre elles voulant que certains membres d’une société pouvaient retracer leurs ancêtres jusqu’à une princesse qui avait pondu des œufs.5

Symboles dans le Pacifique sud

Si nous nous rendons ensuite dans les Îles de la Société situées dans le Pacifique sud, nous trouvons cette même mythologie entourant l’œuf : créateur du monde, Ta’aroa vient aussi d’un œuf qui se sépare en deux pour former la terre et le ciel.6

Pas très loin de là, en Australie, le Temps du rêve des anciens Aborigènes faisait de l’œuf un symbole du soleil. Ce mythe commence avec Dinewan l’ému et Brolga l’oiseau dansant. Lors d’une querelle entre les deux, Brolga prit un œuf dans le nid de Dinewan et le lança vers le ciel. Sur son chemin, le jaune de l’œuf  a frappé du bois, s’est enflammé et s’est transformé en soleil.7

Dans le monde occidental

Les œufs étaient souvent utilisés dans les rituels comme moyen d’encourager la fertilité chez des humains et de Mère Nature. Ces pratiques survécurent jusqu’en France du 17e siècle alors que les jeunes mariées cassaient des œufs pour assurer leur fécondité. Par ailleurs, les fermiers allemands écrasaient des œufs sur leurs charrues au printemps — un rite de fertilité durant la saison des semailles.8 En Ukraine, les gens faisaient des œufs Pysanka en les couvrant de cire et de décorations en l’honneur de Dazhboh, le dieu soleil. Éventuellement, le Christianisme supplanta ces coutumes en alignant les œufs Pysanka avec les célébrations de Pâques.9

La décoration des œufs de Pâques est une pratique que de nombreuses cultures entretiennent depuis des générations. Par exemple, les Iraniens décorent des œufs à l’occasion de Nowruz, la nouvelle année iranienne qui coïncide avec l’équinoxe du printemps.10

Les œufs sont une importante partie de notre histoire depuis d’innombrables générations. Pas étonnant qu’ils occupent une place importante dans notre vie. Il serait vraiment très difficile de s’en passer!

1 Symbol Dictionary
2 Wikipedia
3 Scientific American
4 Scientific American
5 Scientific American
6 The Journal of Polynesian Society
7 Folklore Thursday
8 Folklore Thursday
9 Thought Co.
10 Huffington Post

http://www.producteursdoeufs.ca

Le Saviez-Vous ► Une impressionnante mosaïque romaine découverte à Chypre


Une découverte en été 2016 à Chypre a raconté grâce à des mosaïques la conquête romaine. Ces mosaïques sont magnifiquement bien conservées depuis la Grèce antique
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Une impressionnante mosaïque romaine découverte à Chypre 

 


Crédits:
EPA

Les fouilles archéologiques peuvent souvent être longues et fournir malheureusement peu d’artefacts intéressants. Mais cet été, (2016 ndlr) les archéologues réalisant des fouilles sur l’île de Chypre, ont eu une agréable surprise! Ils ont en effet mis au jour deux rares et superbes mosaïques de l’époque romaine. Les images ont été diffusées cette semaine, alors profitons-en pour les regarder de plus près!

L’importance de Chypre dans l’Antiquité:


Photo : 
Poterie chypriote (1900-1725 av. J.-C.)

Chypre vient du mot grec ancien « kypros » qui signifie cuivre. Cette grande île était bien positionnée en Méditerranée, ce qui lui permit d’être un centre de commerce important dans le monde méditerranéen, notamment en exportant son cuivre à l’aube du IIème millénaire av. J.-C. Ces échanges commerciaux enrichirent les habitants de Chypre, les villes se développèrent au cours du Bronze récent (XVIe-XIIe siècles av. J.-C.) et le mobilier et les objets du quotidien devinrent plus raffinés.


Photo:
Ancient théâtre grec de Kourion

De par sa richesse et sa position géographique enviable, l’île s’est retrouvée au coeur des guerres et des conquêtes des époques grecque, hellénistique et romaine. Les Phéniciens, les Assyriens, les Perses, Alexandre le Grand et les Égyptiens ont tous d’une façon ou d’une autre exercé un contrôle sur un partie de l’île de Chypre, ce qui rend non seulement son histoire ancienne fascinante, mais fournit aussi beaucoup d’artefacts de grande valeur pour les archéologues et les historiens qui s’intéressent à la Méditerranée antique.

Les découvertes:


© Département des antiquités de Chypre

L’île de Chypre est donc sujette à de nombreux terrains de fouilles depuis plusieurs années. En juillet et août cet été, les archéologues ont trouvé deux trésors en bon état de conservation. La première découverte a eu lieu en juillet sur un site près de la ville de Larnaca, anciennement Kition. Les chercheurs ont alors annoncé la découverte d’un plancher couvert de mosaïques datant de l’époque romaine, plus précisément du IIème siècle de notre ère. La partie dégagée illustre un thème mythologique grec célèbre, soit les douze travaux d’Hercule!


Crédits :
AFP

Dans la mythologie grecque, Hercule ou Héraclès, dut effectuer les travaux exigés par Eurysthée, le plus vieil ennemi de la déesse Héra. Parmi les tâches exigées, il dut entre autre étouffer un lion, capturer une biche aux bois d’or et dompter le taureau crétois de Minos.


Crédits :
AFP

Puis début août, autre coup de théâtre! Les archéologues qui travaillent dans le secteur de Nicosie, sur le site d’Akaki, ont découvert une immense mosaïque, de 26 mètres de long et 4 mètres de large, datant du 4ème siècle de note ère. L’oeuvre de la fin de l’époque romaine représente une scène de course de chars comme nous en avons rarement vue! 


Crédits:
EPA

En observant l’image ci-dessus, on peut remarquer que la scène représente quatre chars de course avec leurs chevaux. Une inscription en grec se trouve au-dessus de chaque char en compétition et un des auriges, les conducteurs, est même représenté debout en pleine action, alors que les chevaux tirent son char à grande vitesse!


Crédits:
EPA

Vu la qualité et la beauté de ces oeuvres, les archéologues croient avoir découvert le plancher d’une luxueuse villa de Chypre. Les futures analyses nous permettront certainement de connaître les noms de ces conducteurs de chars et bien d’autres détails encore! Comme toujours… à suivre!

 

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron

http://www.historiatv.com

Le Saviez-Vous ► Les triptans: le médicament qui a permis de comprendre la migraine


Les migraines ont longtemps eu pour traitement la saignée. Un traitement qui n’est pas sans risques quand on y a recours trop souvent. C’est par la suite qu’on a mieux compris les maux de tête et des traitements plus adéquats
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Les triptans: le médicament qui a permis de comprendre la migraine

 


Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

 

Nous avons souvent vu la découverte de nouveaux médicaments faisant suite à l’augmentation des connaissances sur une maladie donnée. Ainsi les études sur la biologie des animaux avaient permis de mettre en lumière le rôle du pancréas et subséquemment celui de l’insuline dans le contrôle du diabète. La plupart du temps, c’est dans cet ordre que la pharmacopée s’élargit. Mais les triptans font exception. Pour bien les comprendre, commençons par la maladie.

La migraine

Il semble bien que la migraine ait existé de tous temps. Dans le Papyrus de Thèbes datant du VIIIème siècle avant Jésus-Christ on y lit:

«Le mal de tête comme la terrible tornade, personne n’en sait le cours, personne n’en sait la durée, ni les limites.»

 Pour les Grecs anciens, l’origine remonterait jusqu’au dieu Zeus (le plus grand de tous les dieux) qui fut saisi d’un si violent mal de tête qu’il demanda à Héphaïstos (dieu de la forge) de lui ouvrir le crâne avec une hache. De sa tête fendue, sortit Athéna (déesse de la guerre). Voilà un remède qu’on ne recommanderait absolument pas au commun des mortels. Hippocrate, le père de la médecine occidentale, souffrait lui-même de migraine. Il décrivait ainsi son mal:

«Dans certains cas, la tête entière est douloureuse. D’autres fois, la douleur siège à droite ou à gauche, parfois elle naît dans le front.»

 Et son remède pour la traiter: les saignées.

Parlant de remèdes, il y en eut de plus farfelus tel que le témoigne cet extrait tiré d’un livre que j’ai eu le bonheur de cosigner avec le neurologue Michel Aubé (Dr Michel Aubé, Jacques Beaulieu, La migraine Un cerveau en détresse, Éditions Publistar, Montréal 2004).

« Par exemple, cette recommandation de traitement a été trouvée sur un papyrus égyptien: «Le médecin façonnera de glaise un crocodile portant des yeux de faïence et tenant des brins de paille dans la bouche; il l’attachera sur la tête du malade avec un tissu délicat sur lequel il aura inscrit le nom des dieux… Et le médecin priera.»

Les traitements au Moyen-Âge

Le traitement le plus efficace fut longtemps celui de la saignée. Ainsi, Isabelle de Valois, fille d’Henri II, roi de France et épouse de Philippe II, roi d’Espagne, mourut des suites des trop nombreuses saignées auxquelles elle se soumettait pour échapper à ses migraines. En réalité cette idée de la saignée tenait de l’observation que la migraine devait être reliée à une augmentation de la pression artérielle au cerveau. En ouvrant le circuit sanguin, la pression diminuait et le mal s’estompait.

Un premier grand acteur, un Newyorkais

L’ère moderne allait fort heureusement changer les choses. Du début jusqu’au milieu du vingtième siècle, les travaux du Dr Harold Wolff au Cornell Medical Center du New York Hospital, allaient accorder quelques fondements scientifiques à cette thèse. Le Dr Wolff était diplômé de médecine en 1923 de la célèbre université Harvard. Il avait étudié la neurologie auprès des grands maîtres au John Hopkins et avait même passé un an en Russie avec Yvan Pavlov, un père de la psychologie moderne. Concentrant ses recherches sur la circulation sanguine cérébrale, Wolff avait remarqué une dilatation des vaisseaux sanguins au niveau de la tempe chez ses patients lors d’une crise migraineuse. Il avait aussi noté que l’administration d’ergotamine, un vasoconstricteur découvert en 1918 à partir d’un champignon, l’ergot de seigle, apportait aussi une diminution importante et souvent une disparition de la douleur migraineuse. Il voyait donc la migraine comme un orage vasomoteur qui commençait par un resserrement des artères (ce qui provoquait entre autre les auras) à laquelle succédait une vasodilatation. Concurremment à ces étapes, se créait une inflammation des parois artérielles déclenchant un signal de douleur.

Puis un autre son de cloche, cette fois du côté de l’Italie

Le Dr Frederigo Sicureti, neurologue et directeur du Centre des céphalées à l’université de Florence, observa pour la première fois une augmentation de divers dérivés de la sérotonine dans les urines des patients souffrant de migraine. Au milieu des années 1960, d’autres savants tels James.W. Lance d’Australie et Robert W. Kimball apportèrent de la crédibilité à cette thèse. Le cerveau des migraineux se comporte comme s’il était à un moment donné incapable de retenir sa sérotonine. Ce neurotransmetteur est apparu des plus précocement dans l’évolution des êtres vivants. Il contribue avant tout à la préservation de l’énergie de l’organisme. Une absence ou une diminution de la sérotonine conduira donc à une hyperexcitabilité des fonctions cérébrales. Et c’est un phénomène qui concorde parfaitement à l’augmentation des perceptions visuelles, auditives et olfactives rencontrée chez les personnes au début de leur crise migraineuse. Celle-ci ne serait donc plus un phénomène tant relié à la circulation sanguine cérébrale qu’un problème relevant d’un neurotransmetteur: la sérotonine.

Le triptan, le médicament qui trancha la question

C’est à partir de cette hypothèse qu’un chercheur britannique, Patrick Humphrey, orienta sa carrière. Diplômé de l’École de pharmacie de l’université de Londres en 1968, il obtient son Ph.D en pharmacie du célèbre St Mary’s Hospital Medical School toujours à Londres. Puis il joint les rangs de la pharmaceutique Allen et Hanburys à Ware en Grande-Bretagne (acheté depuis par GlaxoSmithKline) pour initier un projet sur les migraines. Depuis le tout début de ses études universitaires, son intérêt envers les neurorécepteurs était notable. Ce sont ses travaux qui, en 1990, aboutiront en la synthèse du premier médicament antimigraineux de la classe des triptans: le sumatriptan.

Dans un article publié en 2008, dans The Journal of Head and Face Pain, Patrick Humphrey décrit ainsi sa découverte:

«Les triptans sont une classe de médicaments désignés et développés spécifiquement pour le traitement des migraines aiguës. Ce sont des molécules synthétiques qui activent sélectivement deux sous types de récepteurs semblables ((5-HT1B and 5-HT1D) pour la 5-hydroxytryptamine aussi appelé : sérotonine.

Le prototype des triptans, le sumatriptan fit sa première apparition en Europe en 1991 et a révolutionné les traitements de cette maladie bien handicapante qui affecte des millions de personnes à travers le monde. En tant que première médication hautement efficace et bien tolérée pour traiter la migraine, elle représenta une véritable percée médicale. Plusieurs médecins décrivent encore tant en privé que dans les forums publics les témoignages élogieux de leurs patients qui n’hésitent pas à qualifier leurs premières expériences de miraculeuses et qui expliquent avec quelle rapidité les douleurs sont disparus lors d’une crise de migraine suite à l’injection souscutanée du sumatryptan. Ces cliniciens ont obtenu de nombreux témoignages de patients (souvent des femmes) qui souffrant d’une crise migraineuse au moment d’une rencontre importante ou d’un événement spécial et qui ont quand même pu y participer grâce au sumatryptan ce qu’ils n’auraient certainement pas pu faire en absence de ce médicament. » (Patrick P.A. Humphrey PhD, DSc, OBE, The Discovery and Development of the Triptans, a Major Therapeutic Breakthrough, The Journal of Head and Face Pain, Vol. 48, issue 5, page: 685-687, May 2008)

Dr Humphrey a essayé le sumatryptan avec son épouse qui souffrait de graves maux de tête à l’arrivée de chacune de ses périodes menstruelles. Le fait que le médicament soulagea la douleur fit réaliser au couple qu’il s’agissait de migraines menstruelles. Patrick Humphrey avoua avoir reçu bien souvent des baisers (amicaux, précise-t-il) de femmes qui avaient vu s’évanouir leurs migraines suite à sa découverte. Plus sérieusement, il reçut de nombreux honneurs, dont un titre honorifique de professeur à l’Université Harvard ainsi qu’une médaille de la Royal Society’s Mullard. En 1999, il reçut la récompense OBE (Order of the British Empire) pour services rendus à la recherche sur la migraine.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► Les origines des cosmétiques


Le maquillage qui majoritairement utilisé par les femmes n’a pas toujours été le cas, car ce sont les hommes de la préhistoire qui avaient commencé à se parer de couleurs. À toutes les époques chacun avait sa propre mixtures qui aujourd’hui nous ferait lever le nez du moins pour certaines préparations
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Les origines des cosmétiques

 

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Etymologiquement, le terme « cosmétique » est dérivé du grec kosmêtikos, parure, dérivé de kosmos, harmonie ou ordre. Il est passé dans le français en 1555 sous forme d’adjectif avant d’être utilisé comme substantif.[1] En revanche, le mot fard vient de l’italien farda qui signifie crachat. Bref, une signification bien moins flatteuse. Il semblerait que cela vient du fait que les femmes mêlaient leur salive avec le mercure qui entrait dans le composition du rouge.

L’art de se peinturlurer le visage et le corps est pratiquement apparu avec l’homme. Déjà, les hommes de Néandertal avaient l’habitude de badigeonner d’ocre rouge les ossements des morts. On peut donc imaginer qu’ils s’en servaient également de leur vivant.

L’Egypte ancienne

La femme égyptienne se fardait les joues et les lèvres en rouge. On a, en effet, retrouvé des traces de pigments rouges sur des palettes. De même, les sculptures antiques nous montrent des visages aux yeux soulignés de fard. Les fards noirs étaient pour la plupart à base de plomb, parfois composés à partir d’oxydes de manganèse, de noir de carbone, de composés d’antimoine. Les égyptiens appliquaient également un fard vert (à base de malachite verte) sur les cils et les sourcils et sur la paupière inférieure.

Sous l’Ancien Empire, ils l’appliquaient sous les yeux. Le turquoise, les argiles rouges, ou les violettes mélangées avec des oxydes de cuivre ou de fer, permettent d’obtenir de nouvelles nuances, très prisées. L’ajout de poudres blanches, telle la cérusite, permettait aux Egyptiens de créer une gamme de  produits du gris clair au noir dont les textures étaient modifiées par l’addition de graisses.

La blancheur du teint s’obtenait alors par l’application d’une pommade à base d’albâtre et de lait d’ânesse. Tel fut également le cas dans la Rome antique. Des emplâtres de beauté à base de cervelles de tortue, de suie, de fente d’ibis délayés dans du lait d’ânesse pouvaient également être utilisés.

Les cheveux, les mains et les ongles étaient teints au henné. Les huiles et les graisses parfumées appliquées sur la peau servaient essentiellement à la protéger. Les hommes et les femmes portaient sur la tête des cônes parfumés.

Les Egyptiens prenaient grand soin de leur corps. Ils se lavaient plusieurs fois par jour, se frictionnaient avec des onguents à base de térébenthine, d’encens, de parfum et de graisses. Pour raffermir les chairs, ils se servaient de poudre d’albâtre, de natron[2], de sel nordique et de miel.

La Grèce antique

Les Grecs quant à elles s’enduisaient les lèvres de miel et s’appliquaient des crèmes animales à base d’excréments de taureau et de brebis mélangés à du suif. La poudre d’ocre était également en usage dans la Crète ancienne.

Le mode imposait un teint aussi blanc que possible. Aussi cherchait-on à effacer tâches de rousseur et autres tâches brunes du visage.

Néanmoins, elles n’utilisaient pas les fards avec la même profusion que les femmes d’Egypte. La tenue vestimentaire, la coiffure, les bijoux a une importance toute aussi grande. En revanche les bains sont utilisés abondamment.

L’Empire romain

Les femmes romaines se peignaient les lèvres en vermillon et s’enduisaient le visage de poudre de craie ou de céruse. La pâleur est de rigueur.

Mais Martial remarque déjà que « la craie dont se sert Fabulla craint la pluie ; et la céruse dont se sert Sabella, le soleil » [3].

 Les joues étaient illuminées par des fards rouges. Horace raconte qu’à Rome, on en utilisait trois nuances :

le minium, le carmin et une « certaine substance extraite du crocodile »[4].

Elles se servaient d’antimoine pour colorer leurs paupières. Elles noircissaient leurs sourcils avec un pâte d’œufs et de fourmis ou de mouches. Elles teignaient leurs cheveux en noir ou les décoloraient en restant plusieurs heures dans les solarium. Elles cherchaient alors à imiter les blondes captives grecques.

Au Ier siècle, Néron et sa femme Poppée éclaircissaient leur peau avec de la céruse et de la craie, soulignaient leurs yeux au khôl et rehaussaient leur teint et leurs lèvres avec du rouge.

Quant au cérat de Galien, dont la formule originale contient de la cire d’abeille, de l’huile d’amande douce, du borate de sodium ainsi que de l’eau de rose, on le connaît encore aujourd’hui sous le nom de cold cream

Les Gaulois, quant à eux,  utilisaient les cendres végétales comme savon et connaissaient déjà les poudres, les onguents, les pommades, les infusions, les huiles, les baumes, les lotions dans lesquels ils intégraient comme ingrédients l’iris, le mélilot, la myrrhe, le safran, le styrax, le miel et le vin.

Ce serait même eux qui auraient inventé la pommade, dont les premières étaient à base de pommes d’où le nom, et le savon

« Il paraît parfaitement démontré, d’après ce que dit Pline, que c’est aux Gaulois, nos ancêtres, que doit revenir l’honneur de l’invention du savon » [5].

La craie et la céruse servaient de fond de teint. Les lésions inesthétiques étaient alors camouflées.

Le Moyen-âge

Si les bains étaient en faveur dans l’Antiquité grecque ou romaine, ils disparaissent avec le Moyen âge. On se contente généralement de passer un peu d’eau sur le visage et de masquer la crasse en blanchissant la figure et en se parfumant à l’ambre, au musc, au jasmin, à la cannelle, la rose ou la lavande.

Les Croisades et les routes des épices font découvrir les parfums à l’Occident médiéval. Le premier traité à ce sujet, œuvre du chimiste français Arnaud de Villeneuve, n’a paru qu’aux environs de 1311. Mais l’« art de la distillation » daterait de plus de trois mille ans, et l’on pense que les Perses l’auraient découvert pour fabriquer l’eau de rose.

En 1190 Philippe Auguste reconnaît la corporation des gantiers-parfumeurs et accorde alors aux maîtres gantiers le privilège exclusif de vendre cuirs et de «préparer parfums, crèmes et onguents»…

Du Moyen âge à la fin du XVIIe siècle, seuls les apothicaires préparaient et vendaient des eaux de senteur et des poudres parfumées, ce qu’a confirmé un édit de 1631.

Bibliographie :

ALBERT, Catherine, Hygiène et soins : évolution des produits cosmétiques de l’Antiquité à nos jours, Thèse pour le diplôme d’état en pharmacie, Université Clermont I, 1994

BEN YTZHAK, Lydia, Petite histoire du maquillage, Stock, 2004

JAMES, Constantin, Toilette d’une romaine au temps d’Auguste et conseil à une parisienne sur les cosmétiques, Garnier frères, 1879

DE ROECK-HOLTZHAUER, Yannick,  La cosmétologie à travers les âges in Revue d’histoire de la pharmacie, t. XXXV, n°279 p. 397 à 399

LANOE, Catherine, La Poudre et le fard : une histoire des cosmétiques de la Renaissance aux Lumières, Champ Vallon, 2008

VIGARELLO, George, Histoire de la beauté, Le corps et l’art d’embellir de la renaissance à nos jours, Seuil, 2004

[1] Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Paris, 1998

[2] Le natron est un minéral composé de carbonate de sodium hydraté, de formule Na2CO3·10H2O, ainsi qu’une roche évaporitique contenant principalement du carbonate de sodium et du bicarbonate de sodium et permet d’obtenir le carbonate de soude et le bicarbonate de soude ou hydrogénocarbonate de sodium. Il se présente sous la forme d’une substance blanche

[3] Constantin James, Toilette d’une romaine au temps d’Auguste et conseil à une parisienne sur les cosmétiques, p. 47

[4] ID, ibid, p. 49

[5] Constantin James, Toilette d’une romaine au temps d’Auguste et conseil à une parisienne sur les cosmétiques, p. 10

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