Ognon, nénufar et iglou: le Québec et la (pas si) nouvelle orthographe


Depuis quelques jours, on entend parler sur le web les modifications de l’orthographe. Pourtant, ce n’est pas une nouvelle fraîche. En fait, c’est en décembre 1990, mais qu’en 2008 qu’ils sont utilisés comme référence. Donc rien nouveau sous le soleil. Au Québec, l’ancienne et la nouvelle orthographe seront acceptés, mais pas nécessairement enseignés
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Ognon, nénufar et iglou: le Québec et la (pas si) nouvelle orthographe

 

par Vincent Destouches

 

En France, à partir de septembre, les manuels scolaires prendront pour référence une nouvelle orthographe, qui préconise notamment la suppression de l’accent circonflexe sur les lettres i et u lorsqu’il n’a pas pour fonction de distinguer des sens. «Adieu, accent circonflexe», a rapidement titré le site de la chaîne de télévision BFMTV.

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, c’est avec colère, consternation et un brin de nostalgie que la francophonie a accueilli la mort annoncée de l’accent circonflexe, entre autres innovations de ce qu’il convient d’appeler l’orthographe rectifiée. Les internautes ont été prompts à créer le mot-clic #JeSuisCirconflexe pour partager leur peine, avec parfois un certain talent comique.

Rassurez-vous: nul besoin d’utiliser l’accent circonflexe en cachette à partir de maintenant. Il n’y aura pas non plus de marché noir pour la touche de clavier qui permet de l’utiliser. L’accent circonflexe n’est pas près de disparaitre disparaître, puisque l’orthographe actuelle reste d’usage. Pourtant, elle n’est plus enseignée qu’au bon vouloir des enseignants français et québécois depuis des années.

Surpris(e)? Rembobinons l’histoire.

Il y a 26 ans de cela, l’Académie française a approuvé les recommandations du Conseil supérieur de la langue française au sujet de la rectification orthographique d’environ 2 000 mots, dans le but de faciliter l’apprentissage du français et de suivre l’évolution de la langue. Les modifications ont été publiées le 6 décembre 1990 dans le Journal officiel de la République française, mais ce n’est qu’en juin 2008 que leBulletin officiel de l’Éducation nationale a fait de l’orthographe révisée «la référence».

Toutefois, rien n’a alors vraiment changé, puisque les enseignants n’étaient pas tenus d’inculquer la nouvelle orthographe de ces mots aux élèves. Jusqu’à ce jour funeste du 3 février 2016, où l’accent circonflexe a vu son sort scellé, du moins dans les manuels scolaires français.

«Visiblement, certains éditeurs dont la liberté est totale ont décidé de la suivre alors qu’ils ne l’avaient pas fait précédemment», a indiqué au Figaro une source au ministère de l’Éducation nationale.

Sylvie Marcé, présidente de l’éditeur Belin, a pour sa part expliqué à l’Agence France-Presse que les nouveaux manuels arboreront un macaron mentionnant l’utilisation d’une nouvelle orthographe car, a-t-elle dit, «on ne voulait pas qu’on pense qu’il y a des fautes». Cocasse! Pourtant, l’orthographe rectifiée est présente dans certains manuels du primaire «depuis au moins une dizaine d’années», a-t-elle précisé.

10 mots rectifiés

août → aout

céleri → cèleri

événement → évènement

igloo → iglou

micro-onde → microonde

oignon → ognon

renouvellement → renouvèlement

sécheresse → sècheresse

téléphérique → téléférique

va-nu-pieds → vanupied

Ces fameuses rectifications sont diverses; elles visent à simplifier des règles, à supprimer des exceptions voire à corriger des aberrations, et portent notamment sur le trait d’union, le tréma et les accents, les marques du nombre, les consonnes doubles, les mots empruntés ou encore le participe passé des verbes pronominaux (voir encadré plus bas).

Certaines tournures provoquent des haussements de sourcils, alors que d’autres sont déjà familières. Rien de plus normal: les deux graphies cohabitent depuis des années! En effet, si (vraiment) peu de gens utilisent l’orthographe rectifiée paélia au lieu de paëlla, ils sont nettement plus nombreux à avoir délaissé cuiller pour employer la formulation cuillère. Ce flottement dans l’emploi des graphies traditionnelle et nouvelle démontre, selon l’Office québécois de la langue française (OQLF), que «nous sommes dans une période de transition».

Dès 1991, l’OQLF s’est montré favorable à l’application de ces rectifications orthographiques, avant de jouer de prudence. Il a finalement emboîté le pas de l’Académie en française en affirmant, dans un communiqué publié le 3 mai 2004, que «ni les graphies traditionnelles ni les nouvelles graphies proposées ne doivent être considérées comme fautives».

Pendant ce temps, la confusion régnait au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). Comme l’a attesté Mathieu-Robert Sauvé dans L’actualité, en 2007, le ministère a longtemps refusé de prendre une position officielle sur le sujet, tout en tolérant l’utilisation de l’orthographe rectifiée dans les examens officiels, du primaire à l’université. C’est une note de service datée du 7 octobre 2009 qui a finalement rendu la chose officielle.

«Veuillez prendre note qu’à la suite d’une décision des autorités ministérielles, les élèves qui utilisent les graphies traditionnelles ou les nouvelles graphies ne seront pas pénalisés dans le contexte des corrections effectuées par le Ministère. Nous encourageons donc les directions d’écoles et de centres à prendre en considération cette orientation lors de l’approbation des normes et des modalités d’évaluation des apprentissages de l’élève.»

Aujourd’hui, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur n’impose toujours pas l’apprentissage de la nouvelle orthographe, pas plus qu’elle ne l’interdit.

«L’Université du Québec à Montréal enseigne l’orthographe rectifiée dans ses cours de grammaire du français écrit et l’Université de Montréal le fait, notamment, dans les cours s’adressant aux futurs enseignants», précise l’OQLF.

Quant aux maisons d’édition, elles peuvent décider de l’intégrer ou non dans le matériel pédagogique qu’elles produisent – certaines l’ont d’ailleurs fait. La décision des éditeurs de manuels scolaires français aura-t-elle des répercussions au Québec?

En attendant de le découvrir, l’accent circonflexe peut continuer à être utilisé, tout comme le i dans oignon. Ou pas. Le choix vous appartient.

Après tout, l’Académie française a elle-même écrit, dans son désormais fameux rapport de 1990, qu’«il ne peut être évidemment demandé aux générations antérieures de désapprendre ce qu’elles ont appris, et donc l’orthographe actuelle doit rester admise».

Tellement vrai que, 26 ans plus tard, l’orthographe rectifiée est apparue comme une nouveauté pour bon nombre de francophones. Il reste à voir quelles seront les conséquences de sa généralisation dès la rentrée prochaine, en France.

Si vous souhaitez vous entraîner/entrainer, participez à ce quiz réalisé par Libération,ou consultez la liste alphabétique des mots rectifiés.

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Les nouvelles règles orthographiques résumées par l’OQLF:

le trait d’union dans les numéraux formant un nombre complexe (lier par des traits d’union tous les éléments des nombres écrits en lettres : mille-trois-cent-vingt-et-un, par exemple);

le singulier et le pluriel des noms composés comportant un trait d’union (écrire un abat-jour, des abat-jours; un après-midi, des après-midis, par exemple);

le tréma et les accents grave et circonflexe (déplacer le tréma : aigüe; remplacer l’accent aigu par l’accent grave sur certains temps de certains verbes : je cèderai, je considèrerais, par exemple; supprimer l’accent circonflexe sur le i et leu lorsqu’il n’a pas pour fonction de distinguer des sens ou des temps de verbes : connaitre, voute, par exemple);

les verbes en -eler, -eter (pour qu’ils s’écrivent tous, sauf appeler et jeter, avec un accent grave et un seul l ou un seul t,sur le modèle de peler et acheter : j’étiquète, elle ruissèle, par exemple);

le participe passé du verbe laisser suivi d’un infinitif (qui devient invariable : je les ai laissé partir, par exemple);

le singulier et le pluriel des mots empruntés (auxquels on fait suivre la règle générale : un scénario, des scénarios; un graffiti, des graffitis, par exemple);

certaines graphies de mots composés (dont on soude les éléments : piquenique, hautparleur, chauvesouris, pingpong,par exemple);

certaines anomalies (qui se trouvent rectifiées : assoir, nénufar, charriot, exéma, ognon, joailler, par exemple).

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Source : OQLF

http://www.lactualite.com/

Les autorités russes enquêtent sur un réseau de nazis de la grammaire


En Russie,  on veut éliminer tout ce qui a un rapport de près ou de loin avec le Nazi, mais une organisation semble inquiéter les autorités. Il faut dire que la Russie aussi a perdu beaucoup avec la Deuxième Guerre Mondiale Une chose de sûr, je n’irais jamais écrire quelque chose pour eux, étant donné erreurs de grammaire que je fais probablement trop souvent …
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Les autorités russes enquêtent sur un réseau de nazis de la grammaire

 

«Grammatik macht frei», un des mèmes très utilisés par les «grammar nazis».

Repéré par Claire Levenson

«Grammatik macht frei», un des mèmes très utilisés par les «grammar nazis».

En Russie, les «nazis de la grammaire», ces puristes de l’orthographe qui font des dictées de haut niveau pour s’amuser, commencent à inquiéter les autorités.

A Rostov-sur-le-Don, Alexei Pavlovsky, le directeur d’une entreprise qui sponsorise «Dictée Totale», l’équivalent russe de la dictée de Bernard Pivot, a récemment été interrogé par des procureurs locaux, rapporte le Moscow Times.

Les autorités voulaient savoir si Pavlovsky avait des informations sur ce réseau informel des nazis de la grammaire russes. En effet, ces passionnés de la conjugaison se sont amusés à prendre l’expression «nazis de la grammaire» au premier degré: certains de leurs logos ont une lettre G (pour grammaire) qui ressemble à une croix gammée et ils utilisent le slogan «Grammatik Macht Frei» (la grammaire rend libre), en référence à l’inscription d’Auschwitz «Arbeit Macht Frei».

Dans un post sur Facebook, Alexei Pavlovsky a raconté son entretien avec les enquêteurs:

«Ils m’ont demandé ce que je pensais de ces images. Ils ont aussi voulu savoir quelle était mon attitude vis-à-vis des personnes qui font des erreurs[ grammaticales], et si j’avais envie de les éliminer.»

Ceci dit, plus que la peur de meurtres motivés par la défense de l’orthographe, ce sont ces symboles nazis, même utilisés au second degré, qui posent problème aux autorités russes. Alors que cette année, le pays célèbre les 70 ans de la victoire contre les nazis en 1945, le gouvernement a lancé une campagne spéciale pour se débarasser de tous les symboles visuels liés au nazisme. En mars, une blogueuse a  notamment dû payer une amende d’environ 17 euros pour avoir posté la blague de mauvais goût «Grammatik Macht Frei». Elle avait aussi écrit qu’elle voulait«défendre la pureté de langue russe.» Or, en Russie, le seul fait de publier de l’imagerie nazie, même détournée, est considéré comme de la propagande pro-nazie.

Le Daily Telegraph rapporte que des gérants de boutiques ont reçu un avertissement parce qu’ils vendaient des petits soldats nazis et que la bande dessinée sur la Shoah Maus d’Art Spiegelman, qui a une croix gammée sur la couverture, a été retirée d’une librairie. 

http://www.slate.fr/

L’enfant structure son langage dès deux ans


Intéressant et voir même prometteur pour dépister peut-être des troubles de langage, intéressant aussi de voir qu’ils appliquent a notre insu des règles de grammaire
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L’enfant structure son langage dès deux ans

 

© iStockphoto

Selon une recherche menée au Royaume-Uni sur des jeunes français, un enfant de deux ans serait déjà capable de maîtriser la grammaire de sa langue.

Vous pensez que les gazouillis de votre bébé n’ont ni queue ni tête ? Détrompez-vous, ces sons sont beaucoup plus organisés qu’ils ne le semblent à première vue. Selon une étude menée par l’Université de Newcastle, au Royaume-Uni, et publiée par la revue Journal of Linguistics, les enfants âgés de deux à trois ans seraient déjà capables de structurer leurs phrases du point de vue grammatical.

Après avoir analysé le langage de 28 enfants français âgés de 23 à 37 mois, les scientifiques ont compris que les petits sons ou les soupirs utilisés par les enfants pour ponctuer leurs phrases servent en réalité à remplacer l’endroit où un lien grammatical serait utilisé normalement. Ces conclusions ont été possibles grâce à une technologie d’enregistrement qui a permis aux chercheurs de capter chaque son émis par les participants de manière extrêmement précise.

Cette découverte pourrait permettre d’identifier des problèmes d’expression des tout-petits à un plus jeune âge, expliquent les auteurs de l’étude. Des recherches dans d’autres langues pourraient être menées afin de vérifier si ce phénomène se reproduit partout.

http://www.topsante.com

Bébé bilingue apprend la grammaire dès le 7e mois


Même si je veux protéger la langue française au Québec, je crois que les enfants ont grand intérêt d’apprendre dès le berceau au moins deux langues.
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Bébé bilingue apprend la grammaire dès le 7e mois

 

Un bébé

Photo :  iStockphoto

Les bébés qui évoluent dans un environnement bilingue apprennent rapidement la grammaire de leurs deux langues maternelles, affirment des chercheuses française et canadienne qui en ont également expliqué la manière.

Selon Judit Gervain et Janet Werker, respectivement des universités Paris Descartes et de la Colombie-Britannique, les bébés utilisent la hauteur et la durée des sons pour distinguer deux langues dont les structures grammaticales sont très différentes, comme l’anglais et le japonais.

Ces travaux établissent que ces bébés relèvent ce défi en utilisant des indices prosodiques pour différencier les deux langues, et ce, dès l’âge de 7 mois.

Le saviez-vous?

La prosodie est l’ensemble des caractéristiques du langage oral comme le rythme, l’accent ou l’intonation.

« En anglais par exemple, les mots « the » et « with » reviennent beaucoup plus souvent que d’autres mots. Les bébés apprennent essentiellement en comptant. Mais les bébés qui grandissent dans un milieu bilingue ont besoin de plus d’indices, ils développent donc d’autres stratégies que les bébés monolingues n’ont pas besoin d’utiliser. » — Judit Gervain, Université Paris Descartes

L’étude

Le duo de chercheuses a observé des bébés âgés de 7 mois qui participaient à des expériences de grammaire artificielle. Ils se familiarisaient avec un flux de parole avec des détails prosodiques, comme la hauteur et la durée.

Il a noté le temps que chaque enfant passait à regarder des panneaux, derrière lesquels des haut-parleurs émettaient les différents sons, et a déduit que ces bébés arrivaient à distinguer deux langues selon leurs structures grammaticales.

Selon les chercheuses, la difficulté à apprendre deux langues serait contournée par la capacité des enfants bilingues à exploiter des indices pertinents.

Cette recherche permet aussi de conclure que de simples détails facilement perceptibles peuvent révéler les structures grammaticales d’une langue. Cette réalité expliquerait comment et pourquoi les enfants apprennent la grammaire si aisément, et ce, dès le plus jeune âge.

« Si vous parlez deux langues à la maison, ne vous inquiétez pas pour l’acquisition du langage de votre enfant. Votre bébé est tout à fait capable de distinguer ces deux langues et d’apprendre facilement leurs structures grammaticales ! » — Judit Gervain

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Communications.

http://www.radio-canada.ca