Bretagne : des gouttes de pluie datant de 300 millions d’années raconte son passé


Des scientifiques ont pu analyser des gouttes de pluie en Bretagne qui ont tombé il y a 300 millions d’années. Ils ont pu donner de multiples informations, par exemple,  ou était situé la Bretagne à cet époque, ainsi que son rôle dans la radioactivité naturelle qui se trouve sur terre
Nuage


Bretagne : des gouttes de pluie datant de 300 millions d’années raconte son passé



Nathalie Mayer
Journaliste

Il aura fallu aux chercheurs de longs mois de travail minutieux pour toucher au but. Mais leur patience a été récompensée. Ils sont parvenus à analyser des traces d’eaux de pluie plus anciennes que les dinosaures. Et à partir de là, ils ont réussi à retracer la topographie de surface de la Bretagne pour nous emmener dans un vertigineux voyage dans le temps… et l’espace.

En analysant les eaux de pluie, les chercheurs peuvent aisément remonter à des données relatives à la pollution atmosphérique. Mais ils peuvent également réussir à reconstruire tout un pan de l’histoire — et même de la géographie — d’une région. C’est ce que montrent des travaux menés par une équipe internationale (France, Royaume-Uni et Allemagne) sur des échantillons d’eaux de pluie prélevés en Bretagne, eaux de pluie dissimulées dans des roches granitiques échouées sur la côte, entre Brest et Nantes.

Pour estimer l’âge de ces traces d’eaux de pluie, les chercheurs ont d’abord eu recours à une méthode très classique de datation radiométrique. Résultat : ces pluies se sont abattues sur la région il y a environ 300 millions d’années.

Et ce sont ensuite des analyses, par spectrométrie de masse notamment, qui ont permis aux scientifiques d’en apprendre plus sur « l’altitude et la latitude » sous lesquelles ces pluies sont tombées. De quoi confirmer qu’à la fin du Carbonifère, le Massif armoricain se situait… au niveau de l’équateur, au cœur de la chaîne varisque formée par le rapprochement de deux continents qui allait donner la Pangée, positionné à une altitude proche de celle des Alpes mais dont il ne reste aujourd’hui que peu de reliefs.

Des scientifiques examinant des roches originaires de la ceinture varisque sur la presqu’île de Quiberon (Bretagne). © Camille Dusséaux, Université de Plymouth

Des scientifiques examinant des roches originaires de la ceinture varisque sur la presqu’île de Quiberon (Bretagne). © Camille Dusséaux, Université de Plymouth

Des eaux de pluie à l’origine de la radioactivité naturelle locale

Les chercheurs ont également tiré une autre information intéressante de cette étude. Il y a entre 320 et 300 millions d’années, l’eau de pluie qui tombait sur la chaîne varisque a lixivié (filtré) le minerai d’uranium du granite qui composait les montagnes. Puis, elle l’a transporté jusqu’au continent où il a été fixé par les sédiments que sont par exemple les schistes noirs.

Ce processus a permis de créer les gisements d’uranium, encore exploités récemment en France, mais aussi ceux d’oxydes d’uranium, eux-mêmes à l’origine de la formation de radon, un élément naturellement radioactif qui constitue la principale source de radioactivité à laquelle un Homme moyen est exposé.

L’eau de pluie pourrait être à l’origine de processus importants

« Cette étude montre comment la géochimie des isotopes et une pétrographie minutieuse des minéraux formés profondément dans la Terre peuvent éclairer les conditions de surface, même avant que les dinosaures ne parcourent la Terre, conclut Catriona Menzies, chercheur en géosciences à l’université d’Aberdeen (Écosse). De telles infiltrations profondes d’eau de pluie ont été trouvées dans d’autres montagnes, anciennes comme plus récentes. Cela suggère que l’eau de pluie pourrait être à l’origine de processus importants tels la distribution des ressources minérales ».

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Des eaux de pluie vieilles de 300 millions d’années ont été découvertes en Bretagne.

  • Leur analyse montre qu’à l’époque où elles sont tombées, la région était montagneuse.

  • Et se trouvait du côté… de l’équateur.

  • Ces travaux mettent aussi en lumière le rôle de l’eau de pluie dans la distribution de la radioactivité naturelle.

https://www.futura-sciences.com/

Lire le passé dans l’empreinte des gouttes de pluie


Quelle idée d’étudier les gouttes d’eau pour en apprendre un peu plus sur le passé environnemental de notre planète. Enfin surement que malgré tout cette lecture est beaucoup plus sur quoiqu’hypothétique que de lire dans l’avenir a travers les cartes, la boule de cristal ou encore l’horoscope …
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Lire le passé dans l’empreinte des gouttes de pluie

 

Les géologues ont la preuve formelle que de l’eau liquide existait en abondance sur notre planète il y a 2,7 milliards d’années, et même probablement déjà il y a quatre milliards d’années.

PHOTOTHÈQUE LA PRESSE

Laurent Banguet
Agence France-Presse
Paris

Certains affirment lire l’avenir dans le marc de café. Des chercheurs américains, eux, se sont penchés sur les empreintes laissées au sol par les gouttes de pluie pour lire le passé: celui de la Terre voici 2,7 milliards d’années.

À l’époque, le Soleil était encore jeune et brillait plus faiblement qu’aujourd’hui, jusqu’à 30% de moins. En théorie, ses rayons n’étaient même assez puissants pour que la température dépasse 0° C à la surface de la Terre.

Et pourtant, les géologues ont la preuve formelle que de l’eau liquide existait en abondance sur notre planète à cette date, et même probablement déjà il y a quatre milliards d’années.

Comment sortir de ce «paradoxe du jeune Soleil faible»? Les scientifiques avancent traditionnellement plusieurs théories pour expliquer une température compatible avec de l’eau à l’état liquide, principalement une atmosphère beaucoup plus dense qu’aujourd’hui, une forte concentration de gaz à effet de serre (GES) ou une combinaison des deux.

Pour tenter de résoudre cette contradiction, des spécialistes en sciences de la Terre et en exobiologie de l’Université de Washington à Seattle (États-Unis) ont choisi une autre méthode: observer les impacts de gouttes d’eau fossilisés voici 2,7 milliards d’années, retrouvés sur des roches volcaniques en Afrique du Sud, pour en déduire la nature de l’atmosphère qui prévalait à l’époque.

Aussi originale qu’elle puisse paraître, l’idée est simple: plus l’atmosphère est dense, plus une goutte de pluie peine à la traverser. La vitesse à laquelle la goutte touche le sol est donc inversement proportionnelle à la pression atmosphérique.

En étudiant la taille des impacts des gouttes, les chercheurs peuvent donc en déduire leur vitesse, et par extension la nature de l’atmosphère.

Mais l’impact d’une goutte dépend aussi d’autres paramètres, notamment la taille de cette goutte.

«Des recherches ont montré qu’une goutte de pluie dépasse rarement six millimètres à la surface de la Terre», indépendamment de la pression atmosphérique, expliquent les auteurs de l’étude dans un communiqué.

«Dans l’atmosphère d’aujourd’hui, ces grosses gouttes de pluie tombent à une vitesse d’environ 9 mètres par seconde, mais si l’atmosphère ancienne était plus épaisse, cette vitesse aurait été plus faible et par conséquent la taille des empreintes au sol plus petites», ajoutent-ils.

Pour résoudre cette équation à multiples inconnues, Sanjoy Som et son équipe ont donc tout simplement fait tomber des gouttes de différentes tailles dans une cendre volcanique de même composition que les roches sud-africaines renfermant les impacts fossiles.

Il ne leur restait plus alors qu’à comparer les deux séries d’empreintes.

Selon l’étude, publiée mercredi dans la revue britannique Nature, «si les plus grosses empreintes ont été effectivement laissées par les plus grosses gouttes, la pression atmosphérique voici 2,7 milliards d’années ne pouvait pas dépasser deux fois celle que nous subissons actuellement».

Mais ces très grosses gouttes étant relativement rares, il est plus probable que l’atmosphère ancienne était comparable à celle d’aujourd’hui, et peut-être même moitié moins dense, estiment les chercheurs.

Une forte concentration en gaz à effet de serre serait donc la principale explication à cette température élevée de la Terre à l’époque, concluent-ils.

Ces recherches sur l’atmosphère terrestre sont également riches d’enseignements pour la recherche de planètes propices à l’apparition de la vie et elles bénéficient d’ailleurs à ce titre de financements de la Nasa et de la Commission européenne.

«La Terre d’aujourd’hui et la Terre antique sont comme deux planètes différentes», résume Sanjoy Som, qui travaille désormais pour la Nasa.

http://www.cyberpresse.ca