Gourous: des cadavres dans le placard


On entends que très peu parler des horreurs que les gourous de la médecine douce peuvent provoquer en suggérant fortement de ne pas se fier a la médecine traditionnelle .. Je n’ai rien contre la médecine douce, bien au contraire… mais sans pourtant délaisser la médecine traditionnelle et je n’ai aucune confiance aux pseudo-guérisseurs
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Gourous: des cadavres dans le placard

 

ILLUSTRATION DAVID LAMBERT, LA PRESSE

 

MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Plusieurs Québécois sont morts après avoir boudé des traitements reconnus afin de se remettre entre les mains d’un pseudo-guérisseur.

Leurs histoires font rarement les manchettes, car ils n’y sont plus pour porter plainte. Et lorsque leur famille s’en charge, il est rarissime que la police s’en mêle.

Exception notable : une naturopathe de Wesmount, Mitra Javanmardi, est poursuivie pour homicide involontaire et négligence criminelle.

On l’accuse d’avoir tué un homme de 84 ans en lui injectant du magnésium. L’homme, qui lui avait versé 585 $, a vomi, est devenu fiévreux et a fait une crise cardiaque le lendemain.

Malgré ses symptômes, la naturopathe aurait dissuadé sa famille de le conduire aux urgences un conseil qui n’est peut-être pas étranger au fait qu’elle avait déjà été poursuivie trois fois par le Collège des médecins.

Autre cas tragique : François Leduc, ingénieur civil devenu naturothérapeute, a vendu des pilules faites d’huile et d’argile à un homme atteint du cancer de la prostate. Il lui avait dit que la chimiothérapie et la morphine l’empêcheraient de guérir. La tumeur s’est métastasée aux os et son client est mort dans d’atroces souffrances, après avoir étalé du plantain sur ses plaies. Leduc a payé 26 000$ d’amende, mais n’a jamais été emprisonné.

Myriam Villiard, naturopathe et homéopathe, l’a été brièvement. Bien qu’une injonction lui ait interdit d’offrir des traitements, elle venait de soutirer 450 $ par visite à une dame atteinte du cancer de la peau. La femme est morte.

Villiard, qui en était à sa sixième récidive, a ensuite prétendu soigner un enfant atteint d’une maladie rare. Ses parents lui ont versé plus de 1000 $ en produits et analyses, sans succès. Indigné, un juge des petites créances a traité la naturopathe de profiteuse et écrit que rien ne pouvait excuser «ses actes ignobles ».

Sur son site internet, la Commission des praticiens en médecine douce du Québec présente pourtant Myriam Villiard comme l’un « des grands noms qui ont contribué à l’avancement des médecines douces dans notre province ». La Commission n’a pas répondu à nos courriels.

À donner froid dans le dos

En Belgique, Nathalie de Reuck traque des gourous dans le documentaire Mort biologique sur ordonnance téléphonique, qui a été suivi du livre-choc On a tué ma mère ! La journaliste y raconte comment sa mère a découvert une masse dans son sein, et comment des adeptes de la biologie totale lui ont juré qu’elle mourrait si elle allait à l’hôpital. Même lorsque sa tumeur cancéreuse a paralysé et fait gonfler son bras. Même lorsqu’elle a causé une plaie suppurante.

Bonne élève, la vieille dame enregistrait toutes ses conversations pour mieux comprendre. Ce fut son testament. On y entend son gourou la culpabiliser lorsqu’elle se plaint de douleurs insupportables, ou de dépenser beaucoup sans amélioration.

« Avec vous, rien ne marche jamais, madame, la blâme-t-il. Vous vous opposez à tout. À quoi ça sert de vous aider si vous ne voulez pas être aidée.»

Il relance pourtant sa cliente jusqu’à l’hôpital, pour lui dire qu’il est fier d’elle, car elle va «partir en harmonie ».

Avant sa mort, Mme de Reuck mère a plutôt demandé à sa fille de porter plainte en lui disant : «Je me suis trompée de chemin. Pardon.»

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Le pouvoir des sectes ►Quand un proche tombe dans le piège


Certains ont un membre de leur famille ou un ami qui sont devenu des adeptes d’une sectes et qui avec le temps deviennent étranger a notre présence .. ne pensant qu’au Salut, qu’à la fin du monde .. Certains conseils peuvent aider a amener la personne a la raison ..
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Le pouvoir des sectes ►Quand un proche tombe dans le piège

Par Yves Casgrain, consultant en mouvements sectaires , Montréal, Canada
 
Le monde est ailleurs

 

pouvoir secte

© Istockphoto.com

Heureux d’avoir découvert la Vérité, votre proche tentera sans doute de vous convertir à votre tour.

Vie éternelle à ceux qui me suivent! Des gens achètent ces promesses et tombent dans le piège des sectes. Comment les aider à quitter leur paradis?

 

Il y a vingt-cinq ans, un de mes meilleurs amis est devenu membre d’une secte apocalyptique. Il abandonne alors ses études ainsi que ses rêves professionnels. En dehors de la secte, s’était-il convaincu, il ne trouverait plus de salut. Il était persuadé que la fin du monde allait survenir très bientôt. Selon lui, il ne restait plus grand temps avant que la colère divine n’éclate et laisse derrière elle une immense mare de sang: le sang des infidèles, le sang des impurs. Votre sang, le mien.

Que dois-je faire?

Je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire. Ce n’était qu’une lubie, pensais-je, sa nouvelle croyance n’allait pas faire le poids devant son intelligence et son esprit critique. Pourtant, les semaines passèrent, puis les mois. Il devenait de plus en plus convaincu, plus coercitif dans ses attentes. Je devais moi aussi, pour le salut de mon âme, tout quitter pour préparer la fin du monde. Nos discussions devenaient de plus en plus difficiles, se chargeaient d’émotions crues, d’une communication déconstruite. Son insistance frôlait franchement l’intolérance.

Ne pouvant plus supporter ses longs discours destinés à me rallier à ses croyances, je pris alors une décision: le forcer à choisir entre sa secte et notre amitié. Mon ami choisit ainsi de mettre un terme à notre amitié pour demeurer fidèle à la secte. Tout un choc! La fin du monde avait précipité la fin d’une amitié!

Rien ne m’avait préparé à un tel événement. Aujourd’hui, les familles qui voient un de leurs proches devenir adepte d’une secte ne sont pas plus préparées que je ne l’étais il y a vingt-cinq ans. Les familles qui me consultent sont souvent sous le choc. Jamais elles n’auraient pensé qu’un jour un des leurs les renierait pour suivre un gourou charismatique. Souvent, elles éprouvent un mélange de colère et de peur. Elles en veulent à la secte de s’être immiscée dans la famille et, parmi toutes leurs appréhensions, craignent plus que tout que le «berger» n’entraîne la nouvelle recrue dans un suicide collectif.

Éviter la brisure

La dernière chose que l’on puisse souhaiter dans pareille situation, c’est la perte de contact, la brisure, par exemple la fin d’une amitié. Restez donc autant que possible aux cotés de la victime. Seul l’adepte peut expliquer ce qui l’a conduit à devenir adepte d’une secte et il ne peut le faire qu’à une personne de confiance, un ami ou un parent, comme vous. Votre oreille demeure donc le fil conducteur entre sa secte et notre monde, peu importe si ce qui sort de votre bouche n’a pas l’air d’être entendu. Le dialogue, aussi superficiel qu’il puisse être, ouvre une fenêtre sur le vécu de l’adepte et sur la secte, sur les croyances et les activités de celle-ci. Le tête-à-tête est essentiel et doit être maintenu.

Heureux d’avoir découvert la Vérité, votre proche tentera sans doute de vous convertir à votre tour. Il faudra alors vous montrer à la fois ferme et respectueux de son cheminement. L’adepte ne doit jamais avoir l’impression que vous êtes d’accord avec son choix. Il doit, par contre, sentir votre respect, votre ouverture d’esprit. Dans ce dialogue, chacun doit trouver son compte.

Il faut retenir que l’adepte a une image brouillée de ses relations avec autrui.

«Le discernement est ombragé par ce mal à l’aise intérieur», a déjà dit l’auteure Gabrielle Lavallée, dont un gourou lui avait coupé un bras, justement pour la soulager de son «mal». Se sentant jugé, désapprouvé, l’adepte peut facilement être précipité dans la honte. Son estime de soi déjà fragilisée, il risquera alors de s’enfoncer dans un désarroi tel que seul un gourou pourra le soulager.

Parler du réel

Dans vos conversations avec l’adepte, tentez de l’éloigner un peu de son expérience sectaire en lui parlant de la vie familiale, des activités qu’il pratiquait avant d’adhérer à la secte, des amis qu’il voit moins souvent. Parlez-lui du réel, quoi. Rappelez-lui les événements heureux qu’il a partagés avec des proches ou des camarades. Les sectes aiment bien enseigner que la vie passée de l’adepte n’a pas vraiment d’importance puisque en ce temps-là il ne possédait pas la Vérité. Parler des bons moments passés en famille ou avec des amis l’aidera à prendre un peu de distance avec la secte. Des émotions positives surgiront, se concrétiseront, voire se verbaliseront. L’adepte aura alors de la difficulté à adhérer complètement à l’affirmation de son gourou voulant que les gens du monde, ceux qui ne sont pas dans la secte, soient mauvais.

Ne pas brusquer l’adepte

Lors de vos rencontres, attention de ne pas brusquer l’adepte. Il ne faut surtout pas lui reprocher d’être dans une secte et d’être manipulé par un gourou! Personne n’admet entrer dans une secte! Votre proche aura plutôt l’impression d’avoir déniché un mouvement et un guide spirituel qui possèdent la Vérité. Mais il ne s’agit pas non plus de le conforter dans son choix. Il ne faut pas avoir peur de le confronter et même de le contredire, mais toujours avec respect. «Tu sais combien je t’aime, mais je ne suis pas d’accord avec…» est une manière plus habile d’entretenir la flamme que «Ça n’a pas de bon sens». L’important n’est pas d’avoir raison à tout prix, mais de trouver des points de rencontre avec votre proche pour renforcer sa confiance ébranlée.

Poser des questions

Posez des questions qui lui permettront de réfléchir. Il est capable de réflexion, mais son accès au jugement et à la logique est noyé dans un océan de crainte et de confusion. Demandez-lui, par exemple, s’il a consulté d’autres mouvements avant d’arrêter son choix. Essayez de lui faire dire pourquoi il est convaincu que ce groupe possède la Vérité. Demandez-lui de vous parler de son guide spirituel. Cherchez à savoir ce qu’il sait vraiment de cette personne, de ses antécédents. Habituellement le nouvel adepte ne sait pratiquement rien de l’historique de la secte, ni de son gourou. Faites-le lui remarquer. Demandez-lui s’il ne vaudrait pas mieux prendre un peu de recul afin de connaître plus en profondeur leurs histoires.

Lorsque vous lui poserez ce genre de questions, votre proche aura tendance à citer les écrits ou les discours de la secte. Lorsque vous sentirez qu’il ne fait que répéter ce que dit le gourou, demandez-lui de vous répondre dans ses propres mots. Ce petit exercice l’obligera à se distancer de la secte et de son langage. Faites-lui remarquer qu’il a tendance à s’exprimer d’une manière stéréotypée. Cela lui permettra peut-être de se rendre compte que son indépendance a été érodée par la secte. Du moins, cela ouvrira une porte.

Demandez-lui aussi s’il est moins à l’aise avec certaines croyances de la secte. Souvent, le nouvel adhérant, et même les plus anciens, n’osent pas critiquer leur maître spirituel.

Il peut être également très utile de lui poser des questions hypothétiques. Et si le gourou lui interdisait tout contact avec des personnes opposées à son cheminement? Accepterait-il? Quittera-t-il son emploi si son gourou l’exige?

Opter pour la compassion

Le désillusionnement, c’est à l’ami, au frère, à la soeur ou au parent de le mener pour lui-même et non de le balancer à l’adepte. La responsabilité du confident est de reconduire avec force et compassion l’adepte vers l’indépendance. C’est tout, et déjà bien assez.

Sources

Info-secte, Montréal, Québec. Canada

Lavallée, G. L’alliance de la brebis, France Loisirs, 1993

Casgrain, Y. Les sectes: Guide pour aider les victimes, L’Essentiel, 1996

http://www.servicevie.com

Gourous: quand les parents ne partagent pas les mêmes croyances


Je trouve que c’est inquiètant quand on mise sur des enfants pour leur donner des cours sois disant qu’ils peuvent soulager leur amis, famille juste par leur présence, par imposition des mains .. Comme un suggère, un enfant qui veut vraiment guérir une personne aimée, mais qu’il échouent quel poids aura-t-il sur ses épaules .. je pense qu’il y a un grand risque sur le plan émotif et la confiance en soit qui serait sur la corde raide
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Gourous juniors: devenir guérisseur à 8 ans

 

 

MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Après avoir suivi un séminaire pour que ses mains accèdent à une «énergie nouvelle», Emilio a fait démarrer la brosse à dents électrique de son fils sans y toucher. Dans l’emballage! jure-t-il. Cet incident l’a convaincu. Le Montréalais a inscrit ses deux garçons au cours pour enfants.

«Je veux me servir de cette énergie pour traiter mes fils à la maison, et ça va être plus facile à introduire comme ça», a-t-il expliqué à une journaliste, venue incognito.

Ce soir-là, pendant deux heures, une douzaine d’écoliers âgés de 8 à 12 ans ont appris à imposer les mains, dans une grande salle de l’hôtel Hyatt Regency de Montréal. Des admirateurs d’Eric Pearl – un ex-chiropraticien qui se présente comme un catalyseur de miracles – s’y relayaient depuis déjà trois jours.

Leur maître californien parcourt la planète à la rencontre de dizaines de milliers d’élèves. Dans certaines villes, son équipe entreprend les jeunes dès l’âge de 4 ans.

«Mettons la guérison entre les mains de nos enfants», propose ainsi le site web du multimillionnaire.

À Montréal, trois jeunes ont accepté de se prêter au jeu et de nous relater leur expérience. Nous allons vous enseigner «une nouvelle forme de guérison», qui vous permettra de soigner vos proches et vos amis qui se font des bobos à l’école, leur a déclaré la formatrice. L’Américaine leur a aussi conseillé d’agiter leurs mains pour calmer leur animal domestique et éliminer à distance les énergies négatives de leurs proches. D’après elle, les enfants apprendraient à «réarranger les molécules, l’espace, le temps».

À tour de rôle, les écoliers se sont ensuite étendus pour tester leurs soi-disant pouvoirs. Une enfant s’est vite emballée en en voyant un autre bouger les paupières. Un troisième s’exclamait sans arrêt: je sens de la chaleur; je sens du froid; je sens des picotements…

Sur YouTube, un petit Américain rayonnant proclame:

«Ma mère souffre d’arthrite. J’ai juste touché son épaule et elle s’est sentie mieux!»

On y voit aussi Eric Pearl au milieu d’une centaine de petits. Il déclare qu’on peut guérir les autres en claquant des doigts.

L’un de nos jeunes enquêteurs raconte avoir eu envie d’y croire.

«Ils n’arrêtaient pas de nous dire que c’était prouvé scientifiquement, explique-t-il. Que si on coupe des feuilles de plante, elles fanent moins vite si on se sert de ses mains pour faire de petits cercles autour.»

Dans la salle d’attente, une résidante de Blainville racontait avoir inscrit sa fille de 6e année, parce que cette dernière a subi trois commotions cérébrales et peine à suivre à l’école. Elle a économisé gros en procédant ainsi au lieu de s’inscrire elle-même au cours pour adulte, qui lui aurait coûté 15 fois plus cher, soit 711$ plutôt que 48$.

Donner la mort?

Dans pareils cas, le Collège des médecins du Québec ne peut intervenir.

«Tant qu’aucun traitement n’est administré, les cours, tout comme les livres, sont protégés par la liberté d’expression», explique le directeur des enquêtes, François Gauthier.

«Il n’y a pas de raison d’être plus sévère à l’égard d’un tel discours qu’à l’égard des religions institutionnalisées, qui comportent toutes leur lot de balivernes», confirme l’éthicien Daniel Weinstock, professeur à la faculté de droit de l’Université McGill. «Par contre, dit-il, je m’inquiète à l’idée que des parents veuillent traiter leur enfant avec ça.»

À la fois médecin, écrivain et bioéthicien, son confrère Marc Zaffran va plus loin.

«Avoir le pouvoir de guérir, ça veut dire avoir celui de tuer. Est-ce moralement acceptable de laisser entendre ça à des enfants?», lance-t-il.

«Que va-t-il arriver si l’enfant tente de guérir son grand-père et échoue? illustre le chercheur en psychoéducation Serge Larivée. C’est irresponsable de leur faire porter un tel poids. C’est leur voler leur enfance!»

En plus de traduire le cours donné à Montréal, la naturopathe Diane Buteau a accompagné Eric Pearl dans 23 pays, sur 4 continents. Et ce genre de critiques la fâche.

«On a fait un petit atelier, sous forme de jeu, argue-t-elle en entrevue. Les enfants ne sont pas devenus praticiens. On leur dit qu’ils peuvent aider leur prochain. On ne leur enseigne pas du tout comme aux adultes, ni comme Eric Pearl le fait aux États-Unis.»

Il y a environ deux ans, le Collège des médecins a exigé que la Montréalaise expurge son site internet, pour enlever, notamment, toute référence à la guérison ou au cancer.

– Avec la collaboration de Charles et Félix, 12 ans, et de Vincent, 10 ans.

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Gourous Inc.: les pédiatres imaginaires


Je suis estomaquer de voir comment de charlatan vont donner a qui mieux mieux des recette miracles pour guérir diverses maladies chez les enfants .. ce qui est pire c’est que certains vont même négliger les traitements conventionnels et risque de faire empirer l’état de santé de l’enfant et même des adultes. Tout ca par ce que des voleurs, de arnaqueurs se foutent pas mal de mettre la vie en périls eux ce qu’ils veulent c’est faire de l’argent tant pis pour le reste ..
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Gourous Inc.: les pédiatres imaginaires

 

Nicole Ouellet a été condamnée  à quatre... (Archives La Tribune)

 

Nicole Ouellet a été condamnée à quatre reprises pour exercice illégal de la médecine.

ARCHIVES LA TRIBUNE

MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

L’an dernier, le Québec a découvert avec stupéfaction qu’une jeune mère de famille était morte «cuite», enveloppée de pellicule plastique et de terre, en suivant les prétendues thérapies d’une gourou de l’épanouissement personnel. Comment la quête de bonheur de cette femme a-t-elle pu mener à une telle tragédie?

Pour répondre à cette question, La Presse a lancé un ambitieux projet d’enquête. Pendant trois mois, nous avons écumé l’internet et visité – souvent incognito – des pseudo-guérisseurs et des gourous en tout genre.

La chose s’est révélée facile. Les maîtres à penser sont partout. Dans des officines discrètes, mais aussi dans des hôpitaux, des écoles et des bureaux de psychologues.

Ils nous ont reçue en robe ou en blouse blanche, armés d’aimants, de diapasons ou de «fréquences invisibles». Tous débordants de confiance. Parfois louches et avides, parfois sympathiques et sincères, mais pas inoffensifs pour autant.

Leur promesse: éliminer le mal de vivre, l’hyperactivité, le cancer, alouette, grâce à des méthodes bizarres, ou carrément choquantes. Et ces soins, très onéreux, sont souvent remboursés à tort par les compagnies d’assurances.

On suit leurs conseils à ses risques et périls. Certains clients ont simplement dépensé beaucoup d’argent, et disent avoir été aidés. Mais d’autres en sont morts ou se sont suicidés. Certains ont abouti à l’hôpital psychiatrique ou dans des sectes.

Le résultat de notre enquête se retrouve dans une grande série qui sera publiée pendant deux semaines.

On y découvre un Québec dangereusement obsédé par la quête du bonheur et de la santé. Une terre où l’on a largué la religion, mais qui demeure fertile pour les prêcheurs de la bonne parole ésotérique.

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Les pédiatres imaginaires

Nicole Ouellet a commencé sa carrière comme infirmière. Aux soins intensifs et en néonatalogie. Difficile à croire lorsqu’au téléphone, elle nous déclare traiter les tout petits bébés en se fiant aux «vibrations» de leurs couches pleines d’urine.

«Avant de nous la poster, les parents la font sécher», prend soin de préciser la résidante de Sherbrooke.

Interrogée en avril au sujet d’une fillette de 3 ans aux intestins infestés de polypes, la sexagénaire est catégorique: quoi qu’en disent les médecins – et malgré les risques de cancer -, la chirurgie est inutile. Avec quelques traitements de «médecine vibratoire», dit-elle, toutes les excroissances vont sûrement disparaître. La petite n’a qu’à gribouiller sur une feuille de papier. Encore une fois, l’ex-infirmière se fiera aux «vibrations» qui en émanent pour la guérir… en pondant une liste de mots.

Nicole Ouellet énumère ses clients passés: une petite de deux ans et demi couverte d’eczéma et de psoriasis, une enfant brûlée au troisième degré… Son site web affiche même les photos douteuses avant/après d’une fillette de 11 ans, qui lui serait arrivée très fiévreuse, peinant à respirer et vomissant.

Depuis 1994, Nicole Ouellet a été condamnée à quatre reprises pour exercice illégal de la médecine. Mais le Collège des médecins du Québec ne savait pas qu’elle avait aussitôt repris du service. Encore moins qu’elle s’en prenait aussi aux enfants.

Vérification faite auprès de l’organisme, aucun guérisseur autoproclamé n’a encore été poursuivi pour avoir traité un jeune. Un seul a reçu un avertissement à cet égard, après avoir forcé les jambes d’un bébé, qui s’est retrouvé à l’hôpital.

Pourtant, Nicole Ouellet a une immense concurrence. Au fil d’une enquête de trois mois sur l’industrie des pseudo-guérisseurs, nous avons constaté que la plupart d’entre eux jouent les pédiatres. Énergie, vibrations, aimants, fréquences: chacun prétend avoir trouvé LA méthode miracle pour tout guérir, des otites à l’autisme.

Leurs actions sont très souvent illégales, mais payantes. Les consulter coûte souvent au moins 100$ par visite.

«Mais le plus inquiétant, c’est qu’on risque de priver l’enfant de soins reconnus», dit le Dr François Gauthier, directeur des enquêtes au Collège.

Difficile de les épingler, car les parents viennent rarement se vanter d’avoir exposé leur enfant à des pratiques occultes.

Guérir au téléphone

Lorsque nous avons libéré la table d’une magnétiseuse du quartier Côte-des-Neiges, une écolière s’y est aussitôt allongée pour subir à son tour un traitement. Sur son site web, un autre pseudo-guérisseur, Sylvain Champagne, cible carrément les jeunes, qu’il dit «beaucoup plus réceptifs que nous, les adultes». L’ex-ingénieur électrique prétend régler leurs problèmes par téléphone. Endormez votre fille et appelez-moi, nous dit-il.

«On va l’observer 30 minutes. Ses yeux et ses doigts vont avoir des sursauts, son ventre va peut-être faire du bruit. C’est le signe que les fréquences travaillent.»

Le naturothérapeute reçoit aussi les jeunes à Boisbriand, dans le sous-sol rouge de son bungalow encombré de matériel promotionnel. Devant le garçonnet de 4 ans qui nous accompagnait en mars dernier, il agitait distraitement les mains en parlant sans cesse. L’homme ne voulait surtout pas savoir de quoi souffrait l’enfant, «pour ne pas contraindre l’univers», justifie-t-il. Parce qu’on ne choisit pas sa guérison, même lorsqu’elle coûte 111$.

Champagne n’offre aucune garantie, mais raconte qu’à son contact, un enfant autiste «est sorti de sa bulle».

Un jour, une cliente de 8 ans, hyperactive, «a même vu trois anges pendant le traitement», ajoute-t-il.

Une amie lui aurait enfin demandé de guérir son fils par téléphone, tandis que le petit – atteint du cancer du cerveau – était à l’hôpital pour recevoir une greffe de moelle.

«Ça pourrait avoir inspiré le médecin», assure le pseudo-guérisseur.

Rien n’a toutefois changé pour l’enfant de 4 ans que nous avons amené chez lui. De retour dans son duplex de Rosemont, le petit s’est mis à agiter les mains autour de son chat en expliquant imiter «le magicien» pour que l’animal cesse de griffer. Le chat griffe toujours…

Méthodes extrêmes

Pour certains parents, tout semble préférable aux médicaments et à la résignation.

«Des gens leur disent que leur enfant autiste ou hyperactif est plus avancé que son prof, que c’est un être supérieur, venu faire avancer la société, rapporte la psychoéducatrice Natacha Condo-Dinucci. Le filtre affectif laisse passer ça. C’est plus facile à avaler qu’un diagnostic douloureux.»

Les tenants de cette théorie parlent d’enfants «nouveaux», «indigo», «arc-en-ciel» ou «de cristal». Et prétendent, bien sûr, pouvoir guider leurs familles. Certains vont jusqu’à affirmer que, sans leur aide, l’enfant risque un jour le suicide.

Désespérées et avides de solutions, bien des familles lisent tout ce qu’elles trouvent sur l’internet, où il est facile de les embrigader, constate avec inquiétude l’orthopédagogue Karine Martel, spécialiste des troubles envahissants du développement.

«Les gens en moyens sont prêts à toutes les dépenses», observe-t-elle.

D’après nos recherches, sur un premier forum, les parents d’un enfant autiste écrivent par exemple qu’un praticien du reiki (forme d’imposition des mains très en vogue) visite leur domicile chaque week-end.

Sur un deuxième, d’autres racontent avoir soumis leur enfant à des prises de sang «vivant» pour chercher des champignons et des parasites supposément responsables de l’hyperactivité. Ces tests sont pourtant «insensés» et les diagnostics qui en découlent sont «inventés», indique le site internet américain Science-Based Medecine.

Dans les Laurentides, la mère d’un enfant autiste se présente pour sa part comme «un ange à la rescousse». Auteure d’un livre très controversé, elle recommande entre autres la chélation – une approche «non seulement inefficace, mais dangereuse», peut-on lire sur le site internet de l’Association des médecins psychiatres du Québec.

Ses adeptes administrent un cocktail de substances – parfois illégalement, par intraveineuse – pour forcer le corps à évacuer les métaux lourds.

«Un de mes clients est malade comme un chien après. Il vomit, il a la diarrhée, il ne peut pas aller à l’école pendant trois jours», s’inquiète une intervenante, qui préfère garder l’anonymat pour ne pas insulter les parents.

La naturopathe d’un autre petit autiste lui prescrit une crème à mettre derrière les genoux. D’autres ne jurent que par une diète sans gluten – même si l’Ordre des naturothérapeutes(qui n’est pas un véritable ordre professionnel, mais une simple association) nous a déclaré que cette diète n’est pas une panacée.

«Pourtant, à en entendre certains, c’est toujours les parents qui ne suivent pas leurs règles assez religieusement», dénonce Karine Martel.

«Les parents sont démunis et tristes, dit-elle. Lorsqu’ils nous arrivent, ils sont prêts à faire n’importe quoi. C’est choquant de voir des gens profiter de leur vulnérabilité.»

– Avec la collaboration d’Hugo Meunier

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Le rôle de gêneur


Tout le monde a sa place dans cette société qu’importe leur statut, leur engagement, leur difficultés. Même si les choses ne tournent pas toujours rond … ce n’est pas si important car il faut aller a l’essentiel
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Le rôle de gêneur

 

Des scientifiques ont fait des expériences sur des fourmis. Ils ont observé que l’organisation du travail dans la fourmilière était très structurée. Il y avait la reine, qui pondait les oeufs, les nourrices, qui l’alimentaient, les ménagères, qui nettoyaient, les maçonnes, qui construisaient et réparaient, les ouvrières, qui cherchaient des provisions, les guerrières, qui veillaient à la défense de la fourmilière… Cependant 10 % des fourmis, non seulement ne faisaient rien, mais gênaient le travail des autres, se mettant en travers et parfois même défaisant ce que les autres avaient fait. Les chercheurs, donc, enlevèrent les 10 % de gêneuses, pensant améliorer le fonctionnement du tout.

Las ! Au lieu d’un ordre accru, il y eut panique. Les fourmis couraient en tous sens, se rentraient dedans… Au bout d’un certain temps, la fourmilière se reconstitua, et les activités reprirent. Les rôles avaient été redistribués. Chacune avait apparemment sa place. Et… à nouveau 10 % des fourmis passaient tout leur temps à entraver le travail des autres ! Les chercheurs recommencèrent trois fois. A chaque expérience, ils constatèrent qu’une fois supprimé les 10% d’  » empêcheuses de tourner en rond « , il y avait désorganisation, affolement. Chaque fois que la fourmilière recommençait à fonctionner, 10 % de nouvelles fourmis avaient repris le rôle d’obstructrices du travail des autres.

Ce qui peut être à mettre en regard de la petite histoire suivante :

Un gourou dirigeait un groupe de disciples qui souhaitaient progresser « sur le chemin ». L’un des membres du groupe posait sans cesse des questions, interrompait, mettait en cause, bref, gênait le travail des autres. Ces autres vinrent trouver le gourou et lui demandèrent d’expulser la mauvaise tête. « Moi, je veux bien, si c’est là votre souhait… », répondit le gourou.

« … mais lequel d’entre vous veut prendre sa place ? »

Auteur inconnu