Les dérives du yoga


Il y a plus de 90 000 professeurs de yoga canadien et américain qui sont certifiés et ce nombre est en constante croissance. Par manque de supervision, il y a beaucoup d’abus. Certains professeurs ne respectent pas les limites physiques de leurs élèves, d’autres sont de vrais escrocs, d’autres encore profite pour légitimée des attouchements sexuels envers les femmes. Car c’est surtout des femmes qui sont victimes de ces soi-disant yogis. Ces personne agissent comme les sectes en jouant sur les sentiments et la vulnérabilité
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Les dérives du yoga

 

Méconnaissance de l'anatomie, blessures plus fréquentes, enseignements parfois... (PHOTOMONTAGE LA PRESSE)

PHOTOMONTAGE LA PRESSE

MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Méconnaissance de l’anatomie, blessures plus fréquentes, enseignements parfois farfelus, inconduites sexuelles… L’engouement pour le yoga a fait exploser le nombre de studios à Montréal, mais ils ne sont pas tous sûrs, affirment des professeurs. Qui adorent la pratique et ses bienfaits, mais sont néanmoins inquiets pour le grand public.

Une expansion anarchique

Le jour où son ex-voisine – et élève occasionnelle – a atterri aux urgences, le professeur de yoga Julien Gagnon voyait se concrétiser ses pires craintes.

« Une prof de yoga lui avait dit de se faire un lavement au sel pour se purifier. Alors, elle l’a fait et s’est ouvert l’oesophage sur toute la longueur », rapporte l’étudiant en kinésiologie, propriétaire d’un autre studio, Asana Performance, destiné aux athlètes.

Julien Gagnon

« On présente toujours le côté « Calinours » du yoga, où tout est toujours beau. Mais il y a un revers à la médaille », dit-il.

Le futur kinésiologue n’est pas le seul à s’inquiéter. Plusieurs yogis d’expérience ne reconnaissent plus leur milieu, qui a connu une expansion fulgurante.

La formation d’aspirants professeurs de yoga n’est ni surveillée ni réglementée. Le contenu des cours non plus.

« On se retrouve avec plein de gens extrêmement sous-qualifiés qui prennent soin du corps des autres », s’inquiète Julien Gagnon, qui est danseur de formation.

Il suffit de 200 heures – dont 30 sur l’anatomie – pour obtenir une certification, dit-il.

 « On s’en fiche, des heures ! Il faudrait que la formation se compte en années ! »

La Presse a publié une enquête au sujet d’un ex-culturiste, qui a formé des professeurs de yoga pendant 10 ans dans le Plateau Mont-Royal. Aujourd’hui, plusieurs ex-élèves soutiennent avoir été exploitées psychologiquement, financièrement ou sexuellement pendant leur formation.

« C’est le symptôme spectaculaire de quelque chose de plus généralisé [le manque d’éthique et de surveillance], qui explique que quelqu’un comme ça ait pu travailler aussi longtemps sans être dérangé », affirme Marie-Daphné Roy, fondatrice du centre Yoga Bhavana, dans le quartier Villeray.

Acrobaties et blessures

Problèmes d’articulations, de dos, de tendons…

« Chaque année, de 20 à 30 personnes me consultent parce qu’elles se sont blessées au yoga, rapporte Julien Gagnon. La récupération peut prendre plusieurs mois. »

Comme n’importe quels autres sportifs – encore plus sujets aux accidents -, certains s’étaient fait mal par excès de zèle. Mais plusieurs autres avaient été mal conseillés, estime-t-il.

Deux novices ont été poussées à renverser leur corps sur leurs épaules, écrasées par cette lourde charge. Par la suite, la première « ne pouvait même plus tenir une pomme ou une orange », raconte M. Gagnon. La seconde s’était présentée au cours avec des hernies discales aux cervicales : « Cette posture aurait pu la laisser paralysée ! »

Les gens veulent parfois « entrer » dans des postures sans tenir compte de leurs limites, de leur colonne vertébrale, parce qu’on leur a promis que ça débloquerait leurs « chakras » et qu’ils « atteindraient l’extase », déplore le futur kinésiologue.

« Certains sont totalement ensorcelés. On a mis la religion de côté, alors ils cherchent de nouvelles valeurs. Mais on joue avec eux quand on se prend pour des gourous. C’est manquer d’éthique. »

La femme à l’oesophage déchiré par un lavement faisait partie d’une formation suivie chaque année par une centaine d’autres aspirants professeurs, précise Julien Gagnon.

« Trop de gens sont des cobayes ! Qu’est-ce qui va se passer dans 10 ans si tu compresses tes hanches, ton dos à répétition ? On ne le sait pas…

« Non seulement on peut endommager nos disques, mais on peut aussi endommager nos organes, car on est souvent en train de les projeter vers le bas. À la longue, ça peut finir par créer plus d’incontinence chez les femmes et plus de hernies chez les hommes », prédit-il.

De 2001 à 2014, le taux de blessures de yoga traitées dans les urgences a pratiquement doublé aux États-Unis, et a été multiplié par 8 chez les 65 ans et plus – bien qu’elles restent globalement rares, à 17 par 100 000 participants. Il s’agissait d’entorses et de foulures dans environ la moitié des cas.

« Il semble y avoir un potentiel manque d’éducation adéquate, même pour les instructeurs certifiés », avancent les chercheurs ayant analysé ces données1.

« Référés par des psychologues »

L’écrivain et professeur de yoga torontois Matthew Remski a déjà subi des ajustements brutaux « dans lesquels [sa] cuisse ou [son] épaule était poussée, déchirée ou manipulée, comme s’il s’agissait de dompter une sculpture en métal indisciplinée », écrit-il sur son site internet.

Son professeur était pourtant « hautement qualifié » – comme l’étaient les profs de plusieurs autres des quelque 200 yogis blessés qu’il a interrogés dans le cadre d’une enquête.

À l’origine, le yoga était une pratique spirituelle et la douleur était vue positivement, comme un signe de transformation, explique Matthew Remski. Mais aujourd’hui, c’est tout le contraire : on promet de soigner son corps grâce au yoga.

« Le yoga a plusieurs bienfaits prouvés scientifiquement », indique un guide publié en 2017 par l’École de médecine de l’Université Harvard.

Les impacts positifs énumérés concernent entre autres : l’endurance, la souplesse, l’équilibre, le sommeil, les systèmes immunitaire et nerveux, la mémoire et l’attention, la dépression et l’anxiété, le stress, la fatigue, la douleur et la consommation d’alcool ou de cigarettes…

« Les gens sont de plus en plus nombreux à s’initier au yoga dans l’espoir de soigner des blessures ou parce qu’ils ont été référés par des psychologues », constate Marie-Daphné Roy, qui enseigne le yoga depuis 20 ans et est aussi massothérapeute.

« C’est super ! Mais les professeurs de yoga ne sont pas forcément formés pour aider des blessés ou des gens en dépression. Ils peuvent parfois aider, mais certains pourraient tout aussi bien aggraver la situation sans s’en rendre compte… » Marie-Daphné Roy, massothérapeute et professeure de yoga

Au fil de sa carrière, elle a observé toutes sortes de petits dérapages :

« Ils surviennent quand des gens immatures se retrouvent en position de pouvoir, sans que personne ne leur ait jamais enseigné que des responsabilités viennent avec la relation prof-élève », ajoute Mme Roy.

« En yoga, on sent notre corps, on se sent connecté, et c’est facile de conclure que le professeur est la cause de ce bien-être jamais ressenti auparavant. Ça crée une grande fidélité. »

Un prof a eu des relations amoureuses avec au moins trois élèves, raconte Mme Roy. D’autres ont rendu des élèves dépendants, sans même chercher consciemment à le faire, précise-t-elle.

« La quête de mieux se connaître, d’être bien dans son corps, on peut vite transformer ça en dépendance. Le prof peut encourager les inscriptions de façon constante. Ça finit par avoir un impact sur le portefeuille. »

Que faire ?

Dans la foulée du mouvement #moiaussi, la plus grande association de professeurs de yoga en Amérique du Nord, Yoga Alliance, a ajouté sur son site une section intitulée « Ressources sur l’inconduite sexuelle », où l’on trouve sa politique sur le sujet.

« Mais c’est juste un guide, ça ne donne aucun recours au public », souligne Marie-Daphné Roy.

Elle suggère d’imposer un plancher de 10 ans d’expérience pour pouvoir entraîner les aspirants professeurs de yoga. Et qu’une instance quelconque sélectionne et encadre ces formateurs chevronnés.

Pour Matthew Remski, il est encore plus urgent de s’attaquer au « culte de la personnalité » dont bénéficient certains professeurs vedettes. « Les blessures les plus dommageables viennent de relations profs-élèves dysfonctionnelles », affirme l’écrivain, qui vient tout juste de publier un livre sur la dynamique sectaire dans le milieu du yoga.

C’est ce qui permet à quelques-uns d’imposer des « comportements abusifs » et des « méthodes discutables », estime-t-il.

Quelque 90 400 professeurs de yoga américains ou canadiens sont actuellement certifiés par la Yoga Alliance. Leur nombre augmente de plusieurs milliers chaque année.

Le nombre d’Américains qui pratiquent le yoga a atteint 36,7 millions en 2016. Une hausse de 80 % en quatre ans et de 817 % en 15 ans.

1. « Yoga-Related Injuries in the United States From 2001 to 2014 », Orthopaedic Journal of Sports Medicine

Ce qu’en pense la Canadian Yoga Alliance

« Nous sommes fortement en accord [avec les conclusions de l’étude américaine sur les blessures en yoga] pour dire que les normes nationales doivent être plus strictes au sujet de la sécurité », nous a indiqué par courriel la Canadian Yoga Alliance (CYA), qui regroupe près de 2000 professeurs de yoga canadiens.

« Certaines associations enregistrent des écoles n’ayant pas ou peu de critères de sélection de professeurs, ce qui produit des profs sans expérience ni formation préalable en yoga. Les problèmes commencent quand ils vont ensuite enseigner. Un marché de professeurs de yoga inexpérimentés provoque des blessures. »

Les écoles membres de la CYA doivent pour leur part sélectionner leurs professeurs en fonction de critères obligatoires, sous peine d’être radiées.

« Comme dans d’autres professions, il y a des pommes pourries », ajoute l’organisme dans son courriel. « Nous avons peut-être reçu trois ou quatre plaintes concernant des professeurs de yoga en près de deux décennies. Mais aucune plainte de nature sexuelle ni une seule demande d’assurance pour dommages corporels. »

Comment le piège se referme

Aux États-Unis, depuis 2012, plusieurs élèves ont accusé trois superstars du yoga de les avoir exploitées sexuellement. D’autres allégations concernent le fondateur d’Ashtanga Yoga, Pattabhi Jois (1916-2009). À partir de 2016, le professeur de yoga torontois Matthew Remski a commencé à recueillir les témoignages de certaines des femmes agressées par Jois, pour éventuellement en publier 16. Il raconte le tout dans un nouveau livre, qui permet de comprendre comment le piège se referme : Practice and All Is Coming – Abuse, Cult Dynamics, and Healing in Yoga and Beyond(« Entraîne-toi et tout suivra : abus, dynamique sectaire et guérison dans le yoga et au-delà »). Nous avons lu son ouvrage et l’avons interviewé. Compte rendu (adapté par souci de concision).

Qui peut devenir prisonnier d’un groupe de yoga toxique ?

Cela n’a rien à voir avec la personnalité de l’individu. Les désirs d’appartenance ou de trouver un sens sont très humains. Tout le monde passe par des périodes de vulnérabilité, vit des deuils, une séparation, la maladie… C’est ce qui nous rend plus vulnérables devant les promesses d’un groupe.

« Personne ne s’enrôle dans une secte, on retarde le moment de quitter une organisation qui nous a trahis », m’a dit une des victimes de Pattabhi Jois [son ancien maître, célèbre fondateur d’Ashtanga Yoga].

Pourquoi ne pas fuir dès les premiers signes inquiétants ?

La personne sent bien qu’il se passe quelque chose de mal, mais les autres membres la conditionnent à ignorer l’abus. Ils le dépeignent comme quelque chose de bénéfique spirituellement et peuvent même se montrer jaloux.

La prémisse voulant que le leader soit un maître spirituel favorise le déni. On répète à la victime qu’elle doit continuer à pratiquer le yoga pour comprendre ses gestes, qu’elle manque de courage si elle veut partir.

C’est une forme de « toilettage social ». Pattabhi Jois a pu commettre des crimes pendant des décennies parce que ses élèves disaient aux femmes que ses attouchements n’étaient « pas sexuels ».

Pourquoi ne pas fuir après une grave agression ?

Si une personne se fait fracturer la jambe, on ne la tiendra pas responsable de ne pas se mettre à courir pour fuir son agresseur. L’attaque a anéanti ses capacités.

Les relations abusives érodent tout autant la faculté d’agir. Maintenir une personne dans les émotions et l’isolement l’empêche d’exercer sa pensée critique.

La victime devient émotivement et financièrement dépendante de la structure. Ce qu’elle vit dans le groupe la reprogramme petit à petit et désorganise ses stratégies d’attachement.

Le maître est vu comme un père. Et, comme les enfants battus, la victime se sent obligée d’aller chercher des soins auprès de lui, même s’il lui fait du mal et si elle veut fuir.

Ces réflexes contradictoires la paralysent. Quand elle a peur, son esprit peut même s’éteindre, elle peut s’absenter d’elle-même. C’est une façon de survivre. Mais cet engourdissement peut être interprété à tort comme une expérience spirituelle.

Est-il possible d’intenter des poursuites ?

Il est difficile de prouver l’absence de consentement dans ce genre de situations, parce que la loi ne tient pas compte du fait que des gens semblent consentir, alors qu’ils sont en fait victimes d’une influence indue.

Les défenseurs de Pattabhi Jois disent que les femmes consentaient à être touchées puisqu’elles retournaient le voir. Mais c’est un « consentement » problématique, dans la mesure où la réponse à un traumatisme peut être de geler, de figer ou de chercher à apprivoiser [l’agresseur].

En réalité, il y a un contact sexuel non désiré puisqu’il y a un déséquilibre de pouvoir.

Quelles croyances sont nuisibles ?

Des maîtres de la croissance personnelle martèlent qu’avoir une « mentalité de victime » trahit un manque de caractère, qu’être « victime » est débilitant.

Le terme doit être déstigmatisé. Il a aussi un sens purement juridique, qui sert à désigner une personne contre laquelle un crime a été commis. Prétendre que l’impact du crime ne tient qu’à l’attitude de la victime est injuste et faux. Le crime est traumatisant, il a un impact sur le corps. Le trauma n’est pas une « mentalité ».

Reconnaître qu’il y a eu tromperie permet de replacer la responsabilité là où elle réside vraiment. Personne ne devrait être blâmé pour avoir été berné.

Pourquoi avoir écrit un livre sur le sujet ?

Pour réduire le risque que des gens entrent dans un groupe en souhaitant guérir ou être guidés et vivent tout autre chose. Connaître la dynamique des groupes toxiques – l’idéalisation, le transfert – nous rend moins vulnérables.

En donnant une voix aux femmes qui ont été victimes de Pattabhi Jois, j’espère aider des gens à reconnaître leur propre expérience. Un certain modèle de professeurs masculins et charismatiques suscite encore la fascination, ce qui peut conduire à la domination.

Toute l’industrie du yoga est aux prises avec un problème envahissant : l’absence de réglementation et de responsabilité.

Quatre cas de suspects

Des attouchements en plein cours

Des vedettes comme Sting, Madonna et Gwyneth Paltrow étaient fans de Pattabhi Jois, fondateur de la méthode de yoga Ashtanga, qu’il enseignait aux États-Unis et en Inde.

PHOTO WIKIMEDIA COMMONS

Des vedettes comme Sting, Madonna et Gwyneth Paltrow étaient fans de Pattabhi Jois, fondateur de la méthode de yoga Ashtanga, qu’il enseignait aux États-Unis et en Inde.

« Des femmes rapportent que [devant tous les autres élèves], il tâtait leur poitrine, se frottait sur elles en bougeant et les pénétrait de façon digitale, sous prétexte d' »ajuster » leur posture », écrit Matthew Remski dans un article publié dans The Walrus, après deux ans d’enquête.

Jois a d’abord été dénoncé sur Facebook – huit ans après sa mort – en 2017. Mais des vidéos corroborent en partie ce que les victimes rapportent.

Pénétrées à travers leurs vêtements

Manouso Manos a pénétré avec ses doigts des Américaines à travers leurs vêtements ou touché leur poitrine, sous prétexte d’« ajuster » leur posture.

PHOTO TIRÉE DE L’INTERNET

Il y a quelques jours, un prof vedette d’une très populaire branche de yoga a été radié… trois décennies après les premières plaintes le concernant. Le fondateur de l’école lui avait d’abord donné « une deuxième chance », ce qui avait provoqué la démission de professeurs indignés. Manouso Manos – qui a donné un atelier à Montréal en juillet – a pénétré avec ses doigts des Américaines à travers leurs vêtements ou touché leur poitrine, sous prétexte d’« ajuster » leur posture.

Leurs témoignages sont convaincants « hors de tout doute raisonnable », précise le rapport d’enquête indépendante mis en ligne la semaine dernière sur le site de l’association américaine de yoga Iyengar (IYNAUS).

Millionnaire en fuite

Bikram Choudhury – devenu millionnaire en popularisant la pratique du yoga dans des pièces surchauffées – a fui la Californie pour l’Asie lorsqu’un jury l’a condamné à verser 6,5 millions à une ex-employée.

PHOTO PIOTR REDLINSKI, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Bikram Choudhury – devenu millionnaire en popularisant la pratique du yoga dans des pièces surchauffées – a fui la Californie pour l’Asie lorsqu’un jury l’a condamné à verser 6,5 millions à une ex-employée. Elle avait été témoin et victime de ses agissements « graves, continus et offensants » à l’égard des femmes et des minorités. Plusieurs autres femmes le poursuivent pour harcèlement ou agression.

« Je les ai trouvées dans les déchets et leur ai donné vie », a-t-il dit en entrevue avec HBO, en 2016. « Pourquoi devrais-je harceler ? Les gens dépensent 1 million pour une goutte de mon sperme. »

Massages à plusieurs mains

Une autre superstar du yoga, John Friend, a eu des relations sexuelles avec des employées. Et lancé un groupe de « sorcières », qui se dénudaient pour lui donner des massages à plusieurs mains.

PHOTO JON HYDE, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Une autre superstar du yoga, John Friend, a eu des relations sexuelles avec des employées. Et lancé un groupe de « sorcières », qui se dénudaient pour lui donner des massages à plusieurs mains. Le scandale a été rapporté par de grands médias en 2012, après la diffusion de documents sur un site anonyme et la cueillette de témoignages. Une femme a dit au site Daily Beast que leur premier « rituel » avait eu lieu lors d’un séjour à Montréal, en 2008. Disant s’absenter pour « réfléchir » et suivre une thérapie, John Friend a quitté son entreprise, Anusara, pour en lancer ensuite une autre, Sridaiva.

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Un gourou qui marquait par brûlure ses esclaves sexuelles arrêté


Comment on peut vouloir appartenir à ce genre de secte qui abuse les femmes et qui ruines les adeptes. Des femmes ont été marquées au fer rouge pour appartenir au gourou qui pouvait en disposer comme il voulait. Il a pris soin d’avoir à sa possession des documents qui seraient préjudiciables aux femmes si elles voulaient quitter la secte. Depuis 1998, il aurait eu au moins 16 000 personnes qui ont suivi la formation aux États-Unis, Canada, ainsi qu’en Amérique centrale
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Un gourou qui marquait par brûlure ses esclaves sexuelles arrêté

 

Keith Raniere... (Photo tirée de Facebook)

Keith Raniere

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

 

Agence France-Presse

Le gourou présumé d’une secte qui entretenait, pour son propre compte, un réseau d’esclaves sexuelles, qu’il faisait marquer par brûlure, a été interpellé dimanche au Mexique, extradé et devait être présenté à la justice américaine mardi.

Keith Raniere (57 ans) a fondé en 1998 une organisation baptisée Executive Success Program (ESP), qui tenait des séries d’ateliers dont le but officiel était de «réaliser le potentiel humain» des participants.

En 2003, il a créé une deuxième entité, baptisée Nxivm (prononcer Nexium), qui chapeautait ESP, selon le document de la plainte déposée mi-février par le ministère public devant un tribunal fédéral de Brooklyn.

Selon ce même document, les participants aux sessions de formation acceptaient de payer jusqu’à 5000 dollars par ateliers de 5 jours et se retrouvaient, le plus souvent, endettés, au point de devoir travailler pour Nxivm pour les rembourser.

Basée à Albany, capitale de l’État de New York, l’organisation a ouvert des centres dans plusieurs villes des États-Unis, du Canada, du Mexique et d’autres pays d’Amérique centrale.

Dès les débuts d’ESP, Keith Raniere est soupçonné d’avoir entretenu un cercle de 15 à 20 femmes sous influence, avec lesquelles il avait des relations sexuelles à son gré.

En 2015, il aurait créé une organisation parallèle pyramidale, baptisée DOS, qui comprenait des «esclaves» et des «maîtres». Tous les membres étaient des femmes avec, au sommet de la pyramide, le gourou présumé Keith Raniere lui-même.

Parmi les missions des «esclaves», figurait notamment l’obligation d’avoir des rapports sexuels avec Keith Raniere lorsque cela leur était demandé.

Avant d’être acceptées comme esclaves, les femmes devaient fournir de la «garantie», c’est-à-dire divers éléments compromettants pour elles-mêmes, photos, lettres, ou documents, que l’organisation se réservait le droit de rendre publics si elles quittaient DOS.

Elles devaient aussi subir un «marquage», qui consistait à tracer sur la peau des lettres, souvent les initiales de Raniere, à l’aide d’un stylo à cautériser, qui brûlait les chairs.

La victime était maintenue immobile par d’autres femmes et chaque séance était filmée.

Après la défection de plusieurs membres et la publication d’un long article dans le New York Times, en octobre, le gourou présumé s’est enfui au Mexique, où il a été interpellé dimanche, dans une villa luxueuse de la station balnéaire Puerto Vallarta.

Il est poursuivi pour trafic sexuel, association de malfaiteurs et menaces. S’il est reconnu coupable de ces chefs d’accusation, Keith Raniere risque, au minimum, 15 ans de prison, et encourt jusqu’à la réclusion à perpétuité.

Selon l’article du New York Times, environ 16 000 personnes auraient suivi les formations d’ESP ou Nxivm depuis 1998.

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Une mystérieuse secte indonésienne promet à ses fidèles d’effacer toutes leurs dettes


Il y a des gens qui ont des problèmes croiraient n’importe quoi pour sortir du pétrin. Un gourou d’une secte en Indonésie qui a plusieurs adeptes dans le monde, fait croire qu’il peut effacer l’endettement des gens. Ben oui !!! Alors, nous avons juste à accumuler des dettes puis aller voir ce bonhomme qui mettra notre compteur à zéro.
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Une mystérieuse secte indonésienne promet à ses fidèles d’effacer toutes leurs dettes

 

Crédits : Swissindo website

par  Clara Lalanne 

Comme le raconte VICE, une secte indonésienne basée à Cirebon et nommée Swissindo World Trust International Orbit a réussi à rassembler des centaines de fidèles un peu partout dans le monde grâce à une promesse simple : effacer toutes leurs dettes comme par magie.

L’endettement est devenu un véritable fléau, et le nombre de personnes étant dans l’incapacité de rembourser leurs crédits est en pleine explosion. Swissindo, qui se présente comme une « ONG humanitaire », dit avoir compris leur désespoir et souhaite donc les aider à faire disparaître ces dettes. Elle est dirigée par le charismatique Bapak Soegihartonotonegoro, autoproclamé « M1 », qui prétend être le descendant des Rois de l’archipel et l’héritier d’un trésor inestimable. En attendant de pouvoir partager sa fortune avec le monde entier et de mettre fin à la conspiration des banques, M1 propose donc d’aider ses fidèles à régler leurs problèmes financiers.

Pour réaliser ce miracle, ce gourou leur offre des certificats à transmettre aux administrations fiscales et aux banques, attestant que Swissindo couvrira les dettes de leur client. En effet, comme M1 l’explique, il aurait disséminé quelques-uns de ses nombreux milliards dans des banques aux quatre coins du monde pour aider ses disciples. Grâce à cette promesse, il a convaincu des adeptes dans le monde entier, qui le considèrent aujourd’hui comme un véritable sauveur.

Crédits : Vice

Cela peut sembler fou, mais les fidèles de Swissindo croient dur comme fer aux pouvoirs de leur guide spirituel. Kimarie Teter, une Américaine, raconte ainsi que tous ses problèmes financiers auraient disparu du jour au lendemain après qu’elle a rejoint le groupe. Après avoir envoyé 400 dollars de frais d’administration et un certificat de naissance à Swissindo, l’agence de collecte des impôts et des taxes des États-Unis aurait effacé sa dette de 150 000 dollars. Depuis, la Californienne a rejoint Cirebon où elle est devenue le « Premier ministre de l’Amour » du groupe.

Toutefois, les banques se retrouvent dans des situations délicates quand les adeptes de Swissindo viennent exiger un effacement de leur dette. D’après elles, les numéros de compte liés à M1 seraient même tous des faux. Le gourou, accusé d’abuser de la fragilité de ses fidèles endettés, se défend en disant que son ONG est seule contre tous pour dire la vérité sur « l’esclavage financier » pratiqué par les banques.

Aujourd’hui, l’agence indonésienne à la lutte crime financier enquête sur la secte pour « fraude », ce à quoi M1 a répondu :

« Si vous ne voulez pas faire la paix, je suis prêt à faire une déclaration de guerre au monde ».

Pas très pacifique pour un homme souhaitant faire de la Terre un monde meilleur.

Source : Vice

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Charles Manson meurt à 83 ans


Je comprends qu’il a eu une vie difficile, pourtant chacun font des choix dont ils doivent être responsable et Charles Masson ne sera pas une perte pour bien gens, sauf peut-être pour ses groupies. Inspiré des Beatles, il aurait été l’instigateur d’une lutte entre les noirs et les blancs, sans compter sa capacité de manipuler ses disciples pour assassiner des gens de façon cruelle et gratuite
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Charles Manson meurt à 83 ans

 

Charles Manson en août 2017.... (PHOTO AFP)

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Charles Manson en août 2017.

SANDRA FERRER
Agence France-Presse
Washington

Considéré comme l’un des criminels les plus dangereux des États-Unis même en prison, Charles Manson, décédé dimanche en détention à l’âge de 83 ans, était un gourou psychopathe à l’origine de meurtres comme celui de l’actrice Sharon Tate, dont la sauvagerie a profondément choqué l’Amérique et au-delà.

À la fin des années 1960, il avait ordonné à ses disciples de tuer au hasard les habitants de quartiers chics et blancs de Los Angeles, dans l’espoir de déclencher une guerre raciale apocalyptique.

La «famille» Manson commettra au moins neuf meurtres. Mais c’est le déchaînement de violence des 9 et 10 août 1969 et ses sept morts qui marquera le plus les esprits.

Parmi les victimes, Sharon Tate, la femme du cinéaste Roman Polanski, alors âgée de 26 ans et enceinte de huit mois et demi. Sur ordre de Manson, qui n’est pas présent, l’une de ses adeptes, Susan Atkins, commet le meurtre. Elle écrit ensuite avec le sang de l’actrice le mot «PIG» (porc) sur la porte d’entrée.

Présenté lors de son long procès comme un fou solitaire doté d’une capacité de persuasion impressionnante, Charles Manson — qui n’a jamais manifesté aucun repentir — sera condamné en 1971 à la peine de mort aux côtés de quatre de ses disciples. Les peines seront commuées en prison à vie. Il fera douze demandes de libération conditionnelle, toutes rejetées.

Le gourou s’était présenté au procès avec une cicatrice en forme de croix gammée sur le front. Des disciples l’imiteront.

Une «prophétie» inspirée des Beatles

Né le 12 novembre 1934 à Cincinnati, dans l’Ohio (nord) –sa mère n’a que 16 ans– le jeune Charles grandit sans amour parental. Il ne connaîtra jamais son père.

Son enfance est chaotique. À l’adolescence, il est placé dans une institution pour garçons où il tombe dans la délinquance. En 1955, à l’âge de 21 ans, il est condamné à cinq ans d’emprisonnement pour vol de voiture, mais bénéficie d’une libération conditionnelle.

Il tente de se ranger en épousant Rosalie Willis, mais un an plus tard est de nouveau condamné pour le même délit. Il apprend en prison qu’il a un fils mais Rosalie demande le divorce et part avec l’enfant.

Libéré pour bonne conduite, il est ensuite de nouveau emprisonné pour différents délits.

«J’ai passé tout ma vie en prison, ce qui fait que je me sens ici comme à la maison, euh… ça fait combien de temps que je suis en prison ? 34 ans…», dit-il dans une interview en 1981.

En 1967, il demande même à rester derrière les barreaux, mais sa demande est rejetée. C’est à ce moment, en pleine période «hippie» et alors qu’il se passionne pour les Beatles, qu’il fonde sa «famille», autour d’une prophétie inspirée des chansons du groupe mythique.

La communauté de Charles Manson, composée surtout de femmes naïves et dévouées, vit en marge de la société. De nombreux bébés y naissent — le gourou a au moins un enfant avec une de ses adeptes. La drogue est toujours présente.

La communauté, d’abord nomade, s’installe dans des ranchs de la Vallée de la mort. Se prenant pour la réincarnation du Christ, Charles Manson y fomente une série de meurtres pour provoquer l’avènement d’une lutte entre Blancs et Noirs surnommée «Helter Skelter» d’après un titre des Beatles. Il pense que les premiers en ressortiront victorieux avant de le prendre pour guide.

Interrogé pour savoir quel conseil il donnerait aux jeunes, il avait répondu dans une des nombreuses interviews accordées depuis sa cellule et qui le montraient de plus en plus délirant:

«laisse une trace pour faire savoir au monde que tu étais là».

Plus de cinquante ans après, les meurtres de la «famille» Manson continuent à hanter les esprits et à susciter une fascination morbide, alimentée par des livres, des chansons, des circuits touristiques, des sites internet et des films. Manson a lui-même publié un album en 1970, réédité en CD en 2006.

Charles Manson en quelques dates

Quelques dates de la vie du gourou criminel américain Charles Manson, décédé dimanche en détention à l’âge de 83 ans:

  • 12 novembre 1934: naissance à Cincinnati (Ohio)
  • 1966: fonde la «famille», une communauté hippie
  • 9 août 1969: des membres de sa communauté assassinent l’actrice Sharon Tate, épouse de Roman Polanski et enceinte de huit mois et demi, ainsi que quatre autres personnes dans sa maison de Los Angeles.
  • 1971: reconnu coupable d’avoir commandité le meurtre de sept personnes au total, il est condamné à la peine de mort. La peine est plus tard commuée en prison à vie.
  • 2012: rejet de sa douzième demande de libération conditionnelle. La prochaine ne pouvait intervenir qu’en 2027.

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Le gourou meurtrier Charles Manson va se marier en prison


Je ne comprends toujours pas ce qui peut pousser une personne à vouloir se marier avec une personne comme Charles Manson. Elle y voue une véritable adoration envers ce tueur en série. Je ne comprends pas non plus comment ce type de prisonnier peut avoir une autorisation de se marier qui de toute manière ne pourra probablement jamais sortir de prison vivant
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Le gourou meurtrier Charles Manson va se marier en prison

 

Selon la presse américaine, il s'agit d'une jeune... (Photo d'archives)

Selon la presse américaine, il s’agit d’une jeune femme de 26 ans au visage fin et doux qui a découvert la «philosophie» de M. Manson quand elle était adolescente et qui a déménagé à Corcoran pour pouvoir lui rendre visite.

Photo d’archives

Agence France-Presse
LOS ANGELES

Le gourou meurtrier Charles Manson, emprisonné depuis plus de quarante ans pour une série de crimes dont l’assassinat de Sharon Tate, qui était l’épouse du réalisateur Roman Polanski, va convoler en prison avec une jeune femme.

«Il a obtenu une licence de mariage», a indiqué lundi à l’AFP une porte-parole de l’administration des prisons de Californie (CDCR), ajoutant que la date de la cérémonie n’était pas encore fixée.

Selon le site internet du comté de Kings, où se trouve la prison de Corcoran où il est détenu, à 300 kilomètres au nord-ouest de Los Angeles, la demande d’autorisation de mariage date du 7 novembre et la future femme de M. Manson, âgé de 80 ans, s’appelle Afton Elaine Burton.

Selon la presse américaine, il s’agit d’une jeune femme de 26 ans au visage fin et doux qui a découvert la «philosophie» de M. Manson quand elle était adolescente et qui a déménagé à Corcoran pour pouvoir lui rendre visite.

La jeune femme, qui se fait désormais appeler «Star», avait déclaré sur CNN au mois d’août qu’elle se considérait déjà comme sa femme.

«Je suis totalement avec lui, et il est totalement avec moi. Je suis née pour ça, vous savez?», avait-elle alors déclaré sur la chaîne d’informations.

Le psychopathe a déjà été marié deux fois, à Rosalie Jean Willis (1955-1958) et à Candy Stevens (1959-1963).

Le commanditaire de la mort de l’actrice Sharon Tate, alors qu’elle était enceinte de huit mois et demi, avait fait une énième demande de libération anticipée en 2012, qui lui a été refusée.

Le meurtrier à la croix gammée tatouée sur le front doit attendre 12 ans avant de pouvoir en présenter une nouvelle.

Charles Manson avait été condamné à mort avec quatre de ses disciples en août 1969 pour la mort de 7 personnes. Leurs peines avaient ultérieurement été commuées en prison à perpétuité.

Il avait formé dans les années 60, dans le désert californien, une communauté, la Manson Family, se prenait pour la réincarnation du Christ et avait fomenté une série de meurtres pour provoquer l’avènement d’une lutte entre Blancs et Noirs dont il pensait que les premiers ressortiraient victorieux.

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Un gourou de la séduction invite les hommes blancs à agresser des Japonaises


Avec une telle mentalité, ce gars est un danger public !! Un gars de la pire espèce et le pire c’est que d’autres hommes ont assisté à ses conférences et vont pour plusieurs essayer ces trucs d’intimidations et d’abus envers des femmes prétextant qu’elles aiment cela.  »Faut-tu » être complètement taré pour penser de cette manière ? Il ose appeler cela de la séduction !
Nuage

 

Un gourou de la séduction invite les hommes blancs à agresser des Japonaises

 

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Le choquant discours de ce «coach en séduction» suisse a semé l’émoi sur la Toile. Julien Blanc, de la société Real Social Dynamics basée à Los Angeles, propose toutes sortes de trucs aux hommes timides qui veulent «se faire» plusieurs femmes.

Le globe-trotteur parcourt le monde pour donner des conférences pour attirer les femmes. Sa méthode?

«Harcelez-les, intimidez-les, serrez-leur fort le cou, elles adorent.»

L’expert qui se définit comme un proxénète sur son site officiel facture 3 000 $ pour enseigner sa théorie, puis la prouve en allant harceler, voire intimider les femmes dans la rue.

Un véritable gourou 

Dans l’une de ses vidéos intitulée «Comment un Blanc baise les Asiatiques à Tokyo (et toutes les astuces pour y arriver)», Blanc fait la promotion des agressions sexuelles envers les Japonaises. Il y explique que le Japon est un paradis pour les hommes blancs, car les Japonaises n’osent pas se défendre. Sur les images, il attrape une inconnue et la force à simuler un acte de fellation dans la rue.

«Dans la culture asiatique et plus particulièrement chez les bouddhistes, on appelle ça la Gaman: l’art d’endurer avec dignité une situation insupportable ou embarrassante. Traduction du coach: un Occidental peut donc tout se permettre avec une Asiatique», explique Le Figaro.

La vidéo tournée et partagée par une féministe japonaise a déclenché un scandale sur la Toile. Le gourou est accusé de tourisme sexuel et d’appel au viol.

Une campagne anti-Julien Blanc a vu le jour sur les réseaux sociaux. Les internautes sont invités à signaler ses comptes et à utiliser le mot-clic #takedownjulienblanc.

Pour l’instant, les comptes de Blanc sont toujours actifs. Par contre, son séminaire qui devait se tenir le 6 novembre dans un hôtel de Melbourne a été annulé.

 

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Ciblé en France, un gourou prospère au Québec


La France a chassé Raël, il s’est installé au Québec et voilà qu’Olivier Manitara de L’Ordre des Esséniens, et d’autres du même groupe avaient été condamné et surveillé en France, que le gourou s’exile deviner où ?
Nuage

 

Ciblé en France, un gourou prospère au Québec

 

Chaque dimanche, des dizaines de personnes vêtues de blanc se réunissent sur un domaine de 103 acres à Cookshire-Eaton, en Estrie, pour entendre parler pendant des heures Olivier Manitara – un «fils du Soleil» autoproclamé. Certains experts voient beaucoup de similitudes entre ce groupe et l’Ordre du temple solaire.

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

L’Ordre des Esséniens n’a pas fait de vagues depuis l’exil de son leader de la France au Québec, il y a 10 ans. Mais selon l’État français, la dévotion des membres pour les archanges et la «Lumière éternelle» cache des idées inquiétantes sur l’imminence de la fin du monde.

Un groupe aux «thèses apocalyptiques» dont le gourou a été condamné au criminel et que l’État français recommande d’avoir à l’oeil prend de l’expansion au Québec depuis 10 ans, tout en bénéficiant d’exemptions fiscales et en distribuant des reçus aux fins d’impôt.

L’Ordre des Esséniens, un groupe dont le principal centre d’activités se trouve à deux heures de Montréal, n’a jamais été inquiété par les autorités depuis qu’il s’est établi au Québec.

Des dizaines de personnes (de 60 à 100, selon les versions) résidant sur un domaine de 103 acres à Cookshire-Eaton, en Estrie, y vénèrent des «archanges» ainsi que des divinités égyptiennes et des figures du christianisme.

Ils reçoivent chaque dimanche des dizaines de personnes vêtues de blanc pour entendre parler Olivier Martin dit Manitara – un «fils du Soleil» autoproclamé – , qui dirige le mouvement et qui dit se faire transmettre par des forces surnaturelles le texte des «Évangiles esséniens», signé de sa main.

Le groupe est qualifié de «secte» par la principale organisation française de soutien aux victimes de dérives religieuses, l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (UNADFI).

Un «sinistre individu»

L’Ordre des Esséniens se défend d’être un groupe guidé par des thèses apocalyptiques et explique promouvoir plutôt «le respect et l’harmonie avec la nature»

Mais, selon l’administration française chargée de surveiller les sectes et de lutter contre leurs dérives, les Esséniens ne sont pas inoffensifs.

«La vigilance à l’égard de ce groupe est motivée par l’utilisation de thématiques New Age multiples, empreintes de références à des théories de fin du monde et de thèmes ufologiques [liés aux extraterrestres]», écrit dans un rapport publié en 2011 la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), l’administration chargée de conseiller le premier ministre français sur ce sujet.

En entrevue à La Presse, le président de la MIVILUDES, Serge Blisko, qualifie Olivier Manitara de «sinistre individu».

«[Olivier] Manitara dirige un groupe de plusieurs centaines de personnes entre la France et le Québec. C’est un ordre un peu mystique, un peu franc-maçon, mais en dehors de tous les circuits officiels.»

M. Blisko ajoute que ce groupe «ressemble beaucoup» à l’Ordre du temple solaire (OTS). Au milieu des années 90, des dizaines de membres de cette secte franco-québécoise ont préféré partir pour la planète Sirius (à travers des suicides collectifs et des massacres) plutôt que vivre la déchéance de l’humanité. Au total, 5 tueries ont fait 74 morts.

En 2000, la police française a fait une descente dans la «communauté alternative» de Terranova, dans l’Aveyron, alors dirigée par Olivier Manitara. Huit membres du groupe ont notamment été accusés devant le tribunal correctionnel.

Manitara et sa conjointe ont été condamnés à huit et dix mois de prison avec sursis pour abus de biens sociaux, soit l’utilisation à des fins personnelles d’argent appartenant à une société par un dirigeant de celle-ci. La décision a été confirmée en appel.

Son avocat de l’époque, Jean-Pierre Joseph, parle d’un simple chèque d’entreprise fait au nom du leader spirituel, avec l’accord des membres du groupe.

«C’était un groupe qui vivait autrement. Et quand on vit autrement, ça dérange tout le monde», plaide-t-il.

«L’heure du choix approche»

Frédérique Bonenfant est chercheuse universitaire au Centre de ressources et d’observation de l’innovation religieuse (CROIR) de l’Université Laval. Elle étudie depuis quelques années l’activité d’Olivier Manitara et de ses disciples.

Selon elle, les adeptes de l’Ordre attendent bel et bien une fin du monde, mais cela ne fait pas d’eux un groupe dangereux. L’attente de cet «armageddon» – une «guerre entre les anges et les démons» – , Olivier Manitara n’en parle pas dans ses livres. Mme Bonenfant en a plutôt entendu parler dans les conférences du leader.

«Ce n’est pas le genre de choses qu’il écrit, a-t-elle ajouté. Parce que ça fait peur aux gens.»

«C’est un nouveau mouvement religieux qui n’a aucune dérive sectaire», assure-t-elle.

La MIVILUDES en est beaucoup moins certaine.

Selon son avant-dernier rapport, le groupe attendait la fin du monde pour 2012, clamant que «l’heure du choix approch[ait]» et qu’une «nouvelle humanité se lèverait». «L’humanité [est] aujourd’hui en train de revivre ce que vécurent nos ancêtres atlantes», ces habitants d’une île mythique engloutie par les mers.

Hitler a «fécondé l’humanité»

La journaliste française Marina Ladous a infiltré l’Ordre des Esséniens pendant plusieurs mois, en 2011 et 2012.

«C’était une longue enquête, on a mis très longtemps à entrer chez eux, a-t-elle affirmé en entrevue avec La Presse. On cherchait un groupe qui travaillait sur l’internet et s’intéressait à l’apocalypse. C’est là où ils se rapprochent de l’OTS. Ils attendent quelque chose. […] C’est ce qu’on avait vu avec l’OTS. C’est d’ailleurs deux anciens de l’OTS qui nous ont dit d’aller les voir.»

Dans le reportage Les gourous de l’apocalypse, diffusé à Canal+ il y a deux ans, la journaliste et un collègue tissent des liens entre l’Ordre des Esséniens et l’OTS, notamment quant au langage utilisé. Les deux organisations ont aussi en commun d’avoir un enfant sacré – les Esséniens s’en défendent – et de faire des cérémonies initiatiques en cercle avec de grands vêtements blancs, soutiennent les auteurs du reportage.

Selon le documentaire, Olivier Manitara serait par ailleurs obsédé par Hitler et le placerait avec Jésus et Bouddha parmi les hommes qui ont «fécondé l’humanité».

Les Esséniens poursuivent Canal+ et les deux journalistes pour le contenu du reportage. Après deux revers, la Cour de cassation a accepté en mai dernier d’examiner la plainte. Dans ce dossier, l’Ordre des Esséniens est défendu par Jean-Marc Florand, qui compte Raël parmi ses clients.

Les représentants de l’ordre au Québec assurent condamner toute attitude antisémite. Ils allèguent que les journalistes ont été malhonnêtes dans le montage vidéo des extraits relatifs au fascisme et que les propos d’Olivier Manitara sont sortis de leur contexte.

Suite à la publication de cet article, Marina Ladous souhaite préciser qu’elle «ignorait totalement les tentatives de « poursuites » de la Fondation Essenia» au moment de formuler ses commentaires.

Olivier Manitara est le fondateur et le leader... (PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK) - image 2.0

Olivier Manitara est le fondateur et le leader spirituel de l’Ordre des Esséniens.

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Le gourou Olivier Manitara

 

1964: Naissance en Normandie, «de parents modestes», sous le nom d’Olivier Martin.

1983-1984: «Première expérience mystique» de Manitara. Il voit apparaître un mystique bulgare mort en 1944. (Tiré de son site personnel.)

1992: Établissement de la première communauté menée par Manitara: Terrenova, dans l’Aveyron.

2000: Arrestation après une descente de police à Terranova. Avec neuf disciples, il fera face à plusieurs chefs d’accusation.

2003: Olivier Manitara est acquitté de la plupart des chefs d’accusation, mais condamné à huit mois de prison avec sursis pour abus de biens sociaux.

2008: Dans l’année suivant l’achat du domaine de Cookshire, Manitara s’installe au Québec.

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