Lire le passé dans l’empreinte des gouttes de pluie


Quelle idée d’étudier les gouttes d’eau pour en apprendre un peu plus sur le passé environnemental de notre planète. Enfin surement que malgré tout cette lecture est beaucoup plus sur quoiqu’hypothétique que de lire dans l’avenir a travers les cartes, la boule de cristal ou encore l’horoscope …
Nuage

 

Lire le passé dans l’empreinte des gouttes de pluie

 

Les géologues ont la preuve formelle que de l’eau liquide existait en abondance sur notre planète il y a 2,7 milliards d’années, et même probablement déjà il y a quatre milliards d’années.

PHOTOTHÈQUE LA PRESSE

Laurent Banguet
Agence France-Presse
Paris

Certains affirment lire l’avenir dans le marc de café. Des chercheurs américains, eux, se sont penchés sur les empreintes laissées au sol par les gouttes de pluie pour lire le passé: celui de la Terre voici 2,7 milliards d’années.

À l’époque, le Soleil était encore jeune et brillait plus faiblement qu’aujourd’hui, jusqu’à 30% de moins. En théorie, ses rayons n’étaient même assez puissants pour que la température dépasse 0° C à la surface de la Terre.

Et pourtant, les géologues ont la preuve formelle que de l’eau liquide existait en abondance sur notre planète à cette date, et même probablement déjà il y a quatre milliards d’années.

Comment sortir de ce «paradoxe du jeune Soleil faible»? Les scientifiques avancent traditionnellement plusieurs théories pour expliquer une température compatible avec de l’eau à l’état liquide, principalement une atmosphère beaucoup plus dense qu’aujourd’hui, une forte concentration de gaz à effet de serre (GES) ou une combinaison des deux.

Pour tenter de résoudre cette contradiction, des spécialistes en sciences de la Terre et en exobiologie de l’Université de Washington à Seattle (États-Unis) ont choisi une autre méthode: observer les impacts de gouttes d’eau fossilisés voici 2,7 milliards d’années, retrouvés sur des roches volcaniques en Afrique du Sud, pour en déduire la nature de l’atmosphère qui prévalait à l’époque.

Aussi originale qu’elle puisse paraître, l’idée est simple: plus l’atmosphère est dense, plus une goutte de pluie peine à la traverser. La vitesse à laquelle la goutte touche le sol est donc inversement proportionnelle à la pression atmosphérique.

En étudiant la taille des impacts des gouttes, les chercheurs peuvent donc en déduire leur vitesse, et par extension la nature de l’atmosphère.

Mais l’impact d’une goutte dépend aussi d’autres paramètres, notamment la taille de cette goutte.

«Des recherches ont montré qu’une goutte de pluie dépasse rarement six millimètres à la surface de la Terre», indépendamment de la pression atmosphérique, expliquent les auteurs de l’étude dans un communiqué.

«Dans l’atmosphère d’aujourd’hui, ces grosses gouttes de pluie tombent à une vitesse d’environ 9 mètres par seconde, mais si l’atmosphère ancienne était plus épaisse, cette vitesse aurait été plus faible et par conséquent la taille des empreintes au sol plus petites», ajoutent-ils.

Pour résoudre cette équation à multiples inconnues, Sanjoy Som et son équipe ont donc tout simplement fait tomber des gouttes de différentes tailles dans une cendre volcanique de même composition que les roches sud-africaines renfermant les impacts fossiles.

Il ne leur restait plus alors qu’à comparer les deux séries d’empreintes.

Selon l’étude, publiée mercredi dans la revue britannique Nature, «si les plus grosses empreintes ont été effectivement laissées par les plus grosses gouttes, la pression atmosphérique voici 2,7 milliards d’années ne pouvait pas dépasser deux fois celle que nous subissons actuellement».

Mais ces très grosses gouttes étant relativement rares, il est plus probable que l’atmosphère ancienne était comparable à celle d’aujourd’hui, et peut-être même moitié moins dense, estiment les chercheurs.

Une forte concentration en gaz à effet de serre serait donc la principale explication à cette température élevée de la Terre à l’époque, concluent-ils.

Ces recherches sur l’atmosphère terrestre sont également riches d’enseignements pour la recherche de planètes propices à l’apparition de la vie et elles bénéficient d’ailleurs à ce titre de financements de la Nasa et de la Commission européenne.

«La Terre d’aujourd’hui et la Terre antique sont comme deux planètes différentes», résume Sanjoy Som, qui travaille désormais pour la Nasa.

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Cinq victimes du changement climatique


Au Québec, l’automne nous a offert plusieurs jours de douceurs qui n’était pas habituelle, nous avons apprécier ces belles journées mais, cela ne veut pas dire que c’est mieux ailleurs. Des pays vont souffrir probablement plus vite que nous des conséquences des changements climatiques
Nuage
 

Cinq victimes du changement climatique

Un Birman constate les dégâts causés à un pont par une inondation, en octobre dernier. De tels spectacles pourraient se multiplier en Birmanie dans les prochaines années.

Un Birman constate les dégâts causés à un pont par une inondation, en octobre dernier. De tels spectacles pourraient se multiplier en Birmanie dans les prochaines années.

Photo: AFP

 

Charles Côté
La Presse

Il est «injuste» de «demander aux plus pauvres et plus vulnérables de supporter seuls le poids le plus lourd de l’impact du changement climatique», a affirmé lundi le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors d’un forum au Bangladesh.

À deux semaines de la conférence de Durban sur le climat où on constatera encore une fois l’inaction dans le domaine, voici cinq pays jugés vulnérables aux changements climatiques.

Les Montréalais se réjouissent du temps inhabituellement doux en ce mois de novembre, un avant-goût de notre climat futur, mais les perspectives climatiques sont beaucoup moins réjouissantes pour les pays où les conditions de vie sont déjà très difficiles.

Selon le plus récent rapport sur la vulnérabilité aux changements climatiques (Climate Vulnerability Report 2010), les trois quarts des morts anticipées qu’on pourrait porter au compte du phénomène à l’horizon 2030 concernent les enfants d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud.

Birmanie

Le pays de 60 millions d’habitants souffrira de plusieurs aspects du climat futur, comme les tempêtes tropicales plus dévastatrices, à cause entre autres de la hausse du niveau des océans, et les inondations. Le régime en place affirme agir en luttant contre la déforestation et en construisant des dizaines de barrages et digues pour tenter de prévenir les inondations et améliorer l’irrigation. Néanmoins, tous les voyants sont au rouge pour le pays à l’horizon 2030. Les Birmans subiront des effets aigus des changements climatiques dans les quatre aspects étudiés (santé, météo, perte d’habitat et économie).

Mozambique

La plus grande partie des 21 millions d’habitants du pays et ses principales infrastructures se trouvent dans les plaines côtières et sont donc vulnérables à la hausse du niveau de la mer. À l’intérieur des terres, la désertification attribuable au changement climatique touche 5000 personnes par année, un chiffre qui devrait tripler en 2030. Les solutions d’adaptation sont coûteuses pour ce pays où les trois quarts des habitants vivent avec moins de 2$ par jour.

Maldives

Comptant 345 000 habitants, cet archipel de 1190 îles de l’océan Indien culmine à 2,3 mètres. Autant dire qu’il est menacé d’être rayé de la carte. Si les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) gardent leur tendance actuelle, les Maldives seront englouties bien avant la fin du siècle. La lutte contre l’érosion côtière accapare déjà 16% de toute l’économie du pays. Le tourisme, principale industrie nationale, souffre déjà, car les récifs coralliens qui attirent les plongeurs du monde entier sont endommagés par l’érosion. Les Maldives ont décidé de prêcher par l’exemple en devenant un pays «carboneutre», c’est-à-dire qui n’ajoute plus de carbone dans l’atmosphère.

République dominicaine

Destination bien connue des vacanciers québécois et pays qui jouit d’un niveau de vie enviable par rapport à son voisin Haïti, la République dominicaine a tout à perdre dans le climat de l’avenir. Son agriculture subira des pertes de 100 millions par année, avec la baisse des récoltes de riz et de maïs. Le tourisme pourrait aussi souffrir, en raison des effets de la hausse des océans sur les lieux de villégiature. Les récifs coralliens, attraction touristique majeure, sont «extrêmement vulnérables» aux conditions climatiques futures, ce qui toucherait en outre les pêcheries.

Guinée-Bissau

C’est le pays le plus vulnérable aux changements climatiques. Plus de 60% de son économie est liée à sa zone côtière, où les mangroves servent à la fois de protection pour les rizières et de pouponnière pour les crevettes, une des principales pêcheries commerciales du pays. Et ces mangroves sont menacées par la hausse des océans, même si le pays de 1,4 million d’habitants n’est pas dans une région exposée aux cyclones.

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