Ouïghours: «Plus personne ne peut ignorer l’existence des camps en Chine»


Est-ce qu’on a appris quelque chose depuis tous ces siècles de civilisations ? Des guerres dont 2 qui fut mondiale ? Alors que nous sommes si savant, si techno, il y a encore des races qui croient que d’autres ethnies sont inférieurs à l’aube de 2020. En Chine, il y a des camps de détention dont 1 million de personnes incarcérées, des villes et des villages entiers ont été vidés de leurs habitants à cause de leur religion, leur culture. C’est un génocide culturel ni plus, ni moins. On ne peut pas fermer les yeux sur ce genre d’autorité.
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Ouïghours: «Plus personne ne peut ignorer l’existence des camps en Chine»

PHOTO THOMAS PETER, ARCHIVES REUTERS

D’après des organisations de défense des droits de la personne, plus d’un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, sont détenus dans des camps de rééducation politique au Xinjiang. Sur la photo, des travailleurs marchent le long de la clôture de ce qui est officiellement connu comme un centre de formation professionnelle à Dabancheng.

« Ce n’est pas assez de se dire préoccupé, maintenant, il faut dénoncer. » Le représentant du Congrès mondial ouïghour au Canada, Memet Tohti, n’a pas été particulièrement surpris par le contenu des documents classifiés détaillant le fonctionnement d’un vaste système de détention de la minorité musulmane en Chine.

AGNES GRUDA
LA PRESSE

« Ça fait des années que nous alertons le gouvernement canadien à ce sujet », a-t-il souligné en entrevue téléphonique, mardi.

Mais cette gigantesque fuite provenant de l’intérieur de l’appareil étatique chinois, et diffusée par le Consortium international des journalistes d’enquête dimanche dernier, ne permet plus à la communauté internationale d’ignorer cette politique de détention extrajudiciaire et de lavage de cerveau visant la minorité ouïghoure.

« Aujourd’hui, plus personne ne peut prétendre ignorer l’existence du plus vaste réseau de camps d’incarcération depuis la Seconde Guerre mondiale », fait valoir Memet Tohti.

Des camps qui s’inscrivent dans une politique visant « la destruction de tout un groupe ethnique avec sa langue, sa culture et sa religion ».

Nous sommes profondément préoccupés par la situation des droits de la personne à laquelle sont confrontés les Ouïghours musulmans et les autres minorités en Chine. Un porte-parole d’Affaires mondiales Canada en réaction à la publication des « Chinaleaks »

« Ça fait des années qu’ils se disent préoccupés, le Canada doit clairement condamner la Chine, tout ça va bien au-delà d’une simple violation des droits de la personne », plaide Memet Tohti.

Selon le chercheur allemand Adrian Zenz, jusqu’à 1,8 des quelque 10 millions d’Ouïghours, soit près d’une personne sur cinq, croupiraient dans ces camps de rééducation idéologique, qui ont proliféré à la faveur d’une campagne de répression qui s’est accélérée autour de 2015-2016.

Les documents qui ont fait l’objet de la récente fuite révèlent « d’une façon poignante l’ampleur et le degré de sophistication du système d’incarcération », souligne France-Isabelle Langlois, directrice du bureau d’Amnistie internationale à Montréal.

« Nous sommes dans un monde orwellien, face à une grande entreprise d’anéantissement culturel », résume-t-elle.

Génocide culturel

Pour Marie Lamensch, coordonnatrice de l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne, les documents publiés ce week-end « prouvent qu’il y a une intention d’enfermer tous ces gens pour détruire leur culture, et que des ordres sont donnés spécifiquement à cette fin ».

En d’autres mots, l’incarcération systématique des Ouïghours n’est ni fortuite ni accidentelle, mais s’inscrit dans le cadre d’une politique qui répond à tout le moins à la définition de « génocide culturel », selon Marie Lamensch.

Le cas échéant, ajoute-t-elle, ces documents pourraient aussi servir de preuves devant la justice.

Jusqu’à maintenant, nous n’avions que les photos satellites et les témoignages des survivants pour confirmer l’existence de ces camps. Kayum Masimov, un Montréalais d’origine ouïghoure

Les documents internes, qui émanent vraisemblablement d’une personne haut placée du régime chinois, confirment à 100 % ce que tous les Ouïghours, dont la majorité ont perdu contact avec un ou plusieurs de leurs proches, savent déjà, souligne M. Masimov.

« Les faits ne font plus de doute, il y a plus de 1 million de personnes incarcérées, des villes et des villages entiers ont été vidés de leurs habitants, on parle de torture, de viol, de lavage de cerveau », dit Kayum Masimov. Lui aussi est déçu de l’inaction du Canada.

En juillet dernier, le Canada, avec une vingtaine d’autres pays, a publié une déclaration commune appelant la Chine à mettre fin à son système d’incarcération arbitraire et aux autres violations des droits des Ouïghours.

Lundi, dans la foulée des révélations des « Chinaleaks », la Grande-Bretagne a appelé l’ONU à demander que des inspecteurs puissent visiter les camps d’internement que Pékin continue à décrire comme des « centres de formation ».

Les documents publiés dimanche révèlent qu’il s’agit en réalité d’un réseau de centres de détention dont les prisonniers subissent un contrôle physique et mental absolu, restent incarcérés pendant un minimum de 12 mois, et n’ont droit qu’à un appel à un proche par semaine – droit qu’ils peuvent se faire retirer en guise de punition.

Le Canada a demandé à plusieurs reprises à la Chine de libérer tous les Ouïghours emprisonnés arbitrairement, rappelle le porte-parole d’Affaires mondiales Canada, Adam Austen.

Il fait référence à des déclarations adoptées à l’ONU en septembre et novembre 2018, en mars 2019, ainsi qu’à la déclaration commune de juillet dernier.

Ottawa a également « soulevé directement auprès des Chinois » le sort de Husein Celil, un citoyen canadien d’origine ouïghoure détenu depuis 13 ans en Chine sous des accusations de terrorisme.

Mais des militants ouïghours espèrent que la communauté internationale, incluant le Canada, ira plus loin, en lançant une enquête sur les camps chinois ou encore en sanctionnant le régime de Pékin.

« On pourrait sûrement revoir nos relations commerciales avec la Chine », avance pour sa part France-Isabelle Langlois, d’Amnistie internationale.

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Des espions parmi nous



Pour moi, l’espionnage se fait entre les pays comme les États-Unis, la Russie, etc. Des fois, je me demande si je suis dans un autre monde. Le Rwanda à de grandes blessures à cause du génocide. Même si cette période noire est derrière eux, il reste des coins sombres qui continuent a contrôler les gens même à l’extérieur du pays. Je trouve monstrueux qu’on attire des jeunes pour aller étudier à l’étranger pour devenir des espions et s’ils refusent, ils risquent de payer de leur vie. C’est une situation inadmissible. Cette jeune étudiante ne veut pas donner les renseignements récoltés, car elle sait que des gens vont mourir. Elle devrait être protégée pour ce refus.
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Des espions parmi nous


On associe souvent l’espionnage à de grandes puissances comme la Chine ou la Russie, pas à un pays comme le Rwanda. Or, nous avons appris qu’une Rwandaise a reconnu avoir espionné au Québec pour le compte de son gouvernement. Une affaire qui lève le voile sur une face plus sombre du gouvernement de Paul Kagame, louangé pour avoir piloté la renaissance du Rwanda, ravagé par un génocide il y a 25 ans.

Par Chantal Lavigne

En 2008, Nadège* est étudiante à l’université à Kigali, la capitale rwandaise, lorsqu’elle apprend que le gouvernement offre des bourses d’études à l’étranger. La jeune femme pose sa candidature et obtient une bourse de la francophonie pour venir au Québec. Elle présume qu’il s’agit d’une récompense pour son excellence scolaire et pour son travail de cadre au sein du FPR, le parti au pouvoir au Rwanda. Mais elle découvre rapidement qu’en échange, elle devra remplir une mission : espionner un Canadien d’origine rwandaise ici.

« On m’a dit : “il y a un homme au Canada, tu dois le retrouver dans le but de découvrir où se trouvent ses parents” », raconte la jeune femme, qui a accepté de nous rencontrer.

Le couple recherché, lui explique-t-on, a commis un acte de terrorisme au Rwanda, avant de s’enfuir à l’extérieur du pays.

Nadège assure que sa sécurité aurait été en jeu si elle avait refusé de collaborer.

À l’étranger, y compris au Canada, le Rwanda est souvent présenté comme une Singapour africaine, où règnent ordre et propreté. Un pays qui, sous la gouverne de son président Paul Kagame, a su renaître de ses cendres, après un génocide qui a fait 800 000 morts en 1994, en majorité des membres de la minorité tutsie.

Le président Kagame est invité dans les plus grands forums internationaux. Il était au G7 dans Charlevoix en 2018 et encore à Biarritz en août dernier. Le Rwanda sera l’hôte du prochain sommet du Commonwealth en juin prochain.

Mais derrière cette image brillante se cacherait un régime de plus en plus autoritaire qui ne tolère aucune dissidence et qui surveille et traque ses critiques, même à l’étranger.

Formations d’espionnage avec des militaires

Nadège est une jeune femme à la voix douce et à l’allure timide, qu’on peine à associer au mot espionne.

Avant son départ, elle affirme avoir suivi une formation au camp militaire de Gako pour apprendre les rudiments d’espionnage.

« Ça consistait à savoir comment approcher les gens, comment les suivre. Il y avait aussi des mises en situation », décrit-elle.

 Illustration : Radio-Canada/Jasmin Simard

Une trentaine de personnes assistaient à la formation, selon elle. Elle affirme toutefois ignorer si, parmi elles, se trouvaient d’autres étudiants chargés d’espionner à l’étranger.

« On ne pouvait pas le savoir. C’est ce qu’on répétait chaque fois. Tu dois être quelqu’un de discret, de secret. Personne ne le savait à part moi. Même mon mari. »

À son arrivée au Québec, en 2010, Nadège se met au travail. Elle suit l’homme ciblé par son gouvernement à quelques reprises et se rend à des fêtes rwandaises pour tenter de s’en rapprocher. Mais sans grand succès. Le jeune homme se méfie.

« Les gens se disent qu’il y a des espions qui arrivent ici, dit-elle. Qu’ils sont envoyés par le gouvernement rwandais qui leur veut du mal. »

De vrais professionnels

Au cours de notre enquête, nous avons en effet constaté qu’un climat de crainte régnait au sein d’une partie de la diaspora rwandaise. Plusieurs dissidents n’ont jamais voulu nous parler, persuadés que le gouvernement rwandais les surveille jusqu’ici. Jusqu’à quel point leurs craintes sont-elles fondées?

Sans vouloir commenter spécifiquement le cas du Rwanda, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) nous écrit « avoir constaté à maintes reprises que des États étrangers prenaient pour cible des collectivités précises au Canada ».

Toutefois, un rapport secret de 2014 de l’Agence des services frontaliers du Canada affirme que des espions rwandais harcèlent des réfugiés ici.

Le document déposé en Cour fédérale dans un autre dossier d’immigration décrit un « système bien documenté de répression des critiques du gouvernement, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Rwanda ».

Des cas d’espionnage rwandais ont aussi été rapportés dans les médias dans le passé en Suède, en Australie et en Belgique.

 Illustration : Radio-Canada/Jasmin Simard

« Les Rwandais ont la réputation d’être actifs et efficaces en ayant acquis toutes les ficelles du métier d’agent de renseignement. Ce sont de vrais professionnels », souligne Guy Rapaille, qui a longtemps dirigé le comité de surveillance des services de renseignement belges.

Il affirme même avoir été informé en 2017 et en 2018 de la présence en Europe de membres des services de renseignement rwandais, chargés d’éliminer ou de faire pression sur des opposants. Il précise toutefois n’avoir jamais eu vent de l’assassinat d’un dissident en Europe.

Menaces, disparitions et assassinats

Par contre, certaines personnes en Europe ont déjà été victimes de menaces sérieuses.

En 2011, la police de Londres a avisé les dissidents rwandais René Mugenzi et Jonathan Musonera que leur vie était mise en danger par le gouvernement rwandais.

En 2014, Judi Rever, une journaliste et auteure indépendante de Montréal, est en reportage en Belgique, lorsqu’elle est abordée à son hôtel par un représentant de la Sûreté de l’État.

« Vous êtes madame Judi Rever? » lui demande-t-il.

 Illustration : Radio-Canada/Jasmin Simard

À l’époque, elle prépare un livre sur les crimes commis par les troupes de Paul Kagame pendant et après le génocide.

« Il m’a dit qu’ils avaient des informations crédibles indiquant que l’ambassade rwandaise en Belgique constituait une menace contre ma vie », raconte-t-elle.

Deux gardes du corps en voiture blindée vont la suivre jour et nuit durant son séjour d’une semaine en Belgique.

« Pour la première fois de ma vie, je me suis dit : “c’est très sérieux”, dit-elle. Je me suis dit : “le régime est prêt à tout faire pour m’empêcher de travailler.” »

« Ils n’hésitent pas à tuer leurs opposants en dehors de leur pays”, confirme Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale chez Human Rights Watch. C’est quelque chose qu’on a documenté depuis les années 90. »

Lewis Mudge et son organisation ont dû quitter le Rwanda en 2018 en raison de leurs critiques du gouvernement rwandais. L’organisme de défense des droits de la personne a enquêté sur de nombreux cas de menaces, de torture, de disparitions, de tentatives d’assassinat et de meurtres au Rwanda, mais aussi à l’étranger : au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud.

 Illustration : Radio-Canada/Jasmin Simard

L’un des cas les plus célèbres est celui, en 2014, du colonel Patrick Karegeya, un ancien dirigeant des services de renseignement rwandais. Il a été étranglé dans sa chambre d’hôtel de Johannesburg, en Afrique du Sud.

Deux semaines plus tard, lors d’un discours public, le président Paul Kagame tient des propos troublants :

« Si vous décevez le pays, si vous souhaitez du mal à son peuple, vous finirez par en subir les conséquences. Il ne reste qu’à savoir comment.  »

Dans la foulée de cette affaire, le département d’État américain s’est dit « troublé par une succession de meurtres d’exilés rwandais qui semblent avoir une motivation politique ».

Plus récemment, la justice sud-africaine a lancé des mandats d’arrêt contre deux Rwandais, vraisemblablement liés au gouvernement rwandais.

Nadège demande l’asile…

Nadège, elle, parviendra grâce à des connaissances à retrouver le couple recherché par les autorités rwandaises. Mais elle assure n’avoir jamais transmis l’information à son gouvernement. C’est qu’elle a été ébranlée, dit-elle, par des attaques rapportées contre des Rwandais à l’étranger.

« J’ai pris conscience que c’est pour les tuer qu’on recherche les gens qui sont à l’extérieur. C’est là que j’ai commencé à me demander ce que je fais. »

Elle affirme que le représentant du haut-commissariat du Rwanda au Canada, à qui elle devait transmettre les informations, a commencé à s’impatienter devant son peu de progrès. Elle coupe tout contact avec lui, déménage et, en août 2013, demande l’asile politique au Canada.

« Elle n’a pas terminé sa mission. Elle n’a pas révélé l’intégralité de l’information sensible qu’elle a pu recueillir. Donc aucune vie n’a été mise en danger », plaide son avocate Meryam Haddad.

Mais en octobre 2014, le Tribunal de l’Immigration rejette la demande d’asile. Le commissaire conclut que Nadège a effectué de l’espionnage, que cet espionnage contrevient aux valeurs d’un État démocratique, et qu’il est donc contraire aux intérêts du Canada.

Selon lui, Nadège a accepté volontairement d’espionner en échange d’une bourse d’études. La Rwandaise devra donc être expulsée du territoire canadien.

Il reste toutefois un dernier recours : convaincre l’Agence des services frontaliers que les risques que Nadège court au Rwanda sont plus grands que la menace qu’elle représente pour le Canada. C’est ce qu’on appelle un examen des risques avant renvoi.

« Je pourrais être maltraitée ou tuée si je retournais au Rwanda, parce qu’en ne remplissant pas ma mission d’espionnage, j’ai trahi le gouvernement rwandais. »

– Nadège

Près de cinq ans plus tard, elle n’a toujours pas de réponse.

Nous avons tenté sans succès à plusieurs reprises d’obtenir des commentaires du haut-commissariat du Rwanda au Canada. Nous n’avons pas réussi à joindre le diplomate rwandais que Nadège affirme avoir rencontré. Il a depuis quitté le Canada.

*Pour des raisons de sécurité, nous avons changé son nom et modifié certains détails de son récit.

Chantal Lavigne journaliste, Yanic Lapointe réalisateur télé, Melanie Julien chef de pupitre, André Guimaraes développeur, Jasmin Simard illustrateur. Avec la collaboration de Charlie Debons pour l’image de couverture.

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Génocide: l’Arménie remercie les États-Unis pour un «vote historique»


Je crois qu’il est important d’officialiser des événements dans l’histoire humaine. De nommer les choses par leur nom. Lors de la Première Guerre mondiale, plus 1 million d’Arméniens ont été tué par l’Empire ottoman. Les États-Unis a reconnu ces faits comme un génocide et personnellement, je trouve important de le souligner. Sauf comme certains Arméniens le souligne, qu’il semble que ce soit une affaire politique dans le but de punir la Turquie.
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Génocide: l’Arménie remercie les États-Unis pour un «vote historique»

PHOTO AFP

Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d’Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l’Empire ottoman.

(Erevan) L’Arménie a remercié les États-Unis pour le «vote historique» de la Chambre des représentants, qui a reconnu formellement le «génocide arménien», au grand dam de la Turquie.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Certains regrettaient cependant que ce vote ait eu lieu, selon eux, pour satisfaire à des considérations de politique étrangère et «pour punir la Turquie».

Une résolution appelant à «commémorer le génocide arménien» a été adoptée en séance plénière mardi par 405 voix sur 435, avec une rare union entre démocrates et républicains américains.

Le premier ministre arménien Nikol Pachinian a salué un «vote historique», dans un message sur Twitter, estimant que cette résolution «est un pas audacieux vers la vérité et la justice historique qui offre également un réconfort à des millions de descendants des survivants du génocide arménien».

«L’Arménie remercie profondément les membres de la Chambre des représentants pour leur vote résolu et impressionnant […] qui fait la preuve de leur fidélité infinie à la vérité, la justice, l’humanité, la solidarité et aux valeurs universelles des droits humains», a déclaré pour sa part le ministère arménien des Affaires étrangères, dans un communiqué.

Ce sentiment était largement partagé dans les rues d’Erevan. En avril, chaque année, des centaines de milliers de personnes se réunissent au mémorial qui domine la ville pour commémorer le début des massacres, en 1915. 

«Je suis si heureux que les États-Unis aient finalement reconnu le génocide arménien», confie Korioun Hakobian, cordonnier de 69 ans.

«D’autres pays vont désormais suivre l’exemple américain», est-il convaincu.

Le génocide arménien est reconnu par une trentaine de pays et la majorité des historiens. Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d’Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l’Empire ottoman, alors allié de Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

Mais la Turquie refuse l’utilisation du terme «génocide», évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps.


À des milliers de kilomètres de l’Arménie, la star de la téléréalité Kim Kardashian s’est réjouie du «nombre incroyable» de députés ayant soutenu la résolution. Selon les estimations, entre 500 000 et 1,5 million d’Américains ont, comme elle, des origines arméniennes.

En Arménie, certains ont cependant relativisé la portée du vote américain, rappelant qu’il intervient au moment où les relations entre Ankara et Washington, deux alliés au sein de l’OTAN, traversent de fortes tensions.

«Le génocide continue d’être un instrument politique, une carte à jouer entre les mains des puissances mondiales», a ainsi déclaré Souren Manoukian, historien du Musée du Génocide à Erevan, appelant à «considérer cette résolution à travers le prisme de la politique étrangère des États-Unis à l’égard de la Turquie».

Une habitante de la capitale arménienne, Satik Avanesian, 48 ans, partage ce point de vue :

 «D’un côté, je suis contente que la Chambre américaine ait adopté la résolution. Mais de l’autre, c’est tellement dommage que ce soit fait pour punir la Turquie. Cela ne me donne aucune satisfaction». 

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Enquête sur les femmes autochtones : le rapport dénonce un « génocide canadien »


En 40 ans, des milliers de femmes et de filles autochtone (le nombre pourrait être plus élevé.) ont disparu ou assassiné sans que des enquêtes sérieuses soient engagées. La justice ne semble pas existé pour ces femmes. Le rapport qualifie cela comme un génocide canadien, alors qu’avant ils parlaient de génocide culturel qui à mon avis est plus ciblé pour les Premières Nations. Ces femmes ont le droit à la sécurité et au respect comme toutes les femmes canadienne.
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Enquête sur les femmes autochtones : le rapport dénonce un « génocide canadien »


Deux femmes autochtones se réconfortent lors d'une séance de témoignages de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Deux membres d’une famille se réconfortent lors d’une séance de témoignages de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées à Winnipeg, en 2017. Photo: La Presse canadienne / John Woods

Laurence Niosi

Les Autochtones sont victimes d’un génocide qui vise particulièrement les femmes, lit-on dans le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) dont Radio-Canada a obtenu copie. Les commissaires lancent 18 « appels à la justice » en guise de recommandations, dont la création d’un ombudsman et d’organismes de surveillance de la police.

« Comme de nombreux témoins l’ont exprimé, ce pays est en guerre et les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA autochtones sont en état de siège », écrivent les commissaires en introduction du rapport, qui doit être présenté aux différents paliers de gouvernement lundi.

Dans ce rapport de 1192 pages, qui se divise en deux volumes, le mot « génocide » est cité 122 fois. Un terme que la commissaire Michèle Audette avait déjà employé en entrevue à Radio-Canada pour décrire le sort de centaines de femmes disparues et assassinées, et qui va plus loin encore que la Commission de vérité et de réconciliation. Le rapport de la Commission de 2015 avait plutôt parlé d’un « génocide culturel » à l’endroit des peuples autochtones.

« Même si le génocide canadien vise tous les peuples autochtones, il cible particulièrement les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA [NDLR : Bispirituel, lesbienne, gai, bisexuel, transgenre, queer, en questionnement, intersexe et asexuel] autochtones », lit-on dans le sommaire du rapport.

Le fondement de ce génocide, poursuit le rapport, repose sur les structures coloniales, comme en font foi la Loi sur les Indiens, la rafle des années 1960, ou encore le système de pensionnats autochtones.

« Ce colonialisme, cette discrimination et ce génocide expliquent les taux élevés de violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA autochtones », écrivent les commissaires.

Le génocide, selon les Nations unies, se manifeste notamment par le meurtre de membres du groupe visé ou encore l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe.

Le rapport des commissaires s’appuie sur les témoignages de 2380 personnes recueillis à travers le pays depuis le début de l’enquête, en 2016.

Critiquée par les familles notamment, l’enquête a été ponctuée de dizaines de démissions et de licenciements. Les commissaires auraient voulu une prolongation de leur mandat de deux ans « pour faire le travail correctement » et entendre tous les survivants. Ils ont fini par avoir six mois.

Création d’un poste d’ombudsman

Dans le document, les commissaires formulent 18 « appels à la justice » regroupant 231 recommandations qui touchent des domaines aussi vastes que la sécurité, la santé ou encore l’industrie minière.

Parmi ces appels, les commissaires demandent la création d’un ombudsman national « des droits des Autochtones et des droits de la personne », de même que la mise sur pied « d’un tribunal des droits des Autochtones et des droits de la personne ».

Le rapport exige également des gouvernements fédéral et provinciaux la mise sur pied d’organismes autochtones civils de surveillance de la police. Des organismes « robustes et bien financés » qui veilleraient à superviser notamment les enquêtes qui touchent les Autochtones.

Le rapport demande en outre aux différents paliers de gouvernement de mettre en place un plan d’action national qui toucherait l’éducation, la santé, l’emploi, la sécurité et les soins de santé.

En guise de conclusion, les commissaires estiment qu’il faut « un véritable changement de paradigme » pour abolir « le colonialisme qui règne au sein de la société canadienne, dans tous les ordres de gouvernement et dans les institutions publiques ». Un changement de paradigme pour mettre fin à la normalisation de la violence et à une « indifférence lamentable » de la société même sur le sort de ces femmes, écrit le rapport.

Plus d’un millier de femmes autochtones ont disparu ou ont été assassinées dans les 40 dernières années, mais la Gendarmerie royale du Canada et des organismes autochtones estiment que ce chiffre serait beaucoup plus élevé.

Avec des informations de Yannick Donahue, de Jean-François Villeneuve et de Guy Bois

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Raconter l’horreur sans transmettre la haine


 Le Rwanda a des leçons a donner au monde entier pour s’être relever du génocide de Tutsis par le Hutus. Ils ne veulent pas oublier la perte des millions de personnes àla suite a ces horreurs, il y a 25 ans. Cependant, ils veulent que leur histoire soit gravé dans l’humilité et l’harmonie entre rescapés et bourreaux. Même les écoles organisent des visites guidées pour expliquer l’origines du génocide et de se considérer les deux ethnies comme des Rwandais. Ils veulent que les jeunes puissent avoir un esprit critique pour lutter contre de telles horreurs et qu’il est important de comprendre que même qu’il y avait des Hutus gentils à cette époque et que les enfants des bourreaux sont innocents … C’est un discours plein d’espoir
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Raconter l’horreur sans transmettre la haine

 

Vingt-cinq ans après le  génocide de 1994 contre les Tutsis, le Rwanda est un pays très jeune. Soixante pour cent de la population est née après le drame. Transmettre la mémoire de cette tragédie aux nouvelles générations est donc aujourd’hui une priorité dans le pays.

Par Jean-François Bélanger

Edmond Niyonsaba revient régulièrement à Ntarama. Plusieurs fois par année, lorsqu’il en a le temps et les moyens, il emprunte un transport en commun pour venir marcher dans le jardin paisible autour de cette église en ruines. Parfois, l’envie lui prend dès le réveil. Un besoin irrépressible d’échanger avec les siens, de retrouver ses racines.

 Edmond Niyonsaba regarde des crânes exposés dans une vitrine.

Edmond Niyonsaba à l’église de Ntarama. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Car ses parents se trouvent ici, quelque part. Peut-être dans l’ossuaire au pied du monument érigé juste à côté. Peut-être parmi les dizaines de crânes exposés dans une vitrine dans ce qui reste de l’église. Les ossements ont été laissés sur place comme preuve de l’horreur absolue qui s’est déroulée ici.

Le 15 avril 1994, 5000 Tutsis ont été massacrés dans cette église. Ils pensaient être à l’abri dans la maison du Seigneur, mais le rempart symbolique s’est révélé dérisoire face à la folie meurtrière des génocidaires Hutus. Déchaînés, ils ont lancé des grenades par les fenêtres avant d’entrer à l’intérieur pour achever les survivants à coups de machettes.

Des crânes dans une vitrine.

Les crânes de victimes du génocide sont exposés au mémorial de Ntarama. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Edmond se trouvait à l’intérieur avec ses parents. Il n’avait que six ans. Il a survécu sans savoir comment. Sa tête porte encore la trace du coup de machette qu’il a reçu. Une longue cicatrice d’une quinzaine de centimètres. S’il a perdu connaissance sur le coup, sa mémoire d’enfant a tout enregistré du terrible massacre qui a précédé.

« Je vais peut-être finir par oublier des noms et des visages, mais les cris et les pleurs, je ne pourrai jamais les oublier. Ces cris et ces pleurs, je vais devoir vivre avec toute ma vie. » – Edmond Niyonsaba, rescapé du génocide

Le jeune Edmond Niyonsaba regarde des crânes empilés sur des étagères. Une longue cicatrice est clairement visible sur sa tête.

Edmond Niyonsaba à l’église de Ntarama en 2004. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

J’avais rencontré Edmond pour la première fois 15 ans plus tôt, en avril 2004. C’était alors un adolescent à la silhouette frêle, perdu dans des vêtements trop grands. Et pourtant, malgré sa jeunesse, une impression étonnante se dégageait de lui. Il était calme et posé, s’exprimait à voix basse, pesant chacun de ses mots.

Il décrivait l’horreur avec la familiarité de celui qui l’a connue de trop près et qui se sait maintenant condamné à la revivre encore et encore. Car Edmond, en tant que rare rescapé, se sentait investi d’une mission : tout dire, tout raconter.

L’homme que je retrouve en 2019 paraît moins fragile. Edmond porte désormais une barbiche, soigneusement rasée, et sa mince couche de cheveux masque à peine sa cicatrice. Il parle toujours d’une voix douce et lente et n’a rien perdu de sa volonté de témoigner.

Gros plan d'Edmond Niyonsaba.

Edmond Niyonsaba à l’église de Ntarama. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

« Si j’ai survécu, c’est grâce à Dieu, mais survivre porte également une responsabilité. On doit absolument dire aux nouvelles générations ce qui s’est passé si on ne veut pas voir l’histoire se répéter.  » – Edmond Niyonsaba, rescapé du génocide

Et pour lui, les nouvelles générations ont un nom : Joëlla, 4 ans, et Elliot, 4 mois. Ses deux enfants sont sa fierté. La matérialisation du rêve d’un orphelin de fonder un jour une famille, l’incarnation d’une volonté de survivre. Une volonté qu’il partage avec son épouse, Donatha, elle-même orpheline et rescapée du génocide. Au Rwanda, il est de coutume de donner des noms en langue kinyarwanda en plus des prénoms chrétiens. Ces noms, c’est Edmond qui les a choisis et ils ont une signification.

La famille pose devant une maison.

Edmond Niyonsaba, son épouse, Donatha, et leurs deux enfants, Joëlla et Elliot. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

« Joëlla, qui est née la première, s’appelle aussi Igihozo, ce qui signifie consolatrice, dit-il. Et Elliot, je l’ai appelé Ishami, ce qui veut dire branche… comme la branche d’un arbre généalogique qui part de moi et qui poursuit la lignée familiale. »

Edmond leur a aussi donné le nom de son père, Cassius.

Assis dans son salon, il regarde avec tendresse sa fille de 4 ans décliner les noms des couleurs en français, une langue qu’il maîtrise mal. Puis il esquisse un large sourire lorsqu’il entend la gamine marteler une récitation, apprise à l’école, à la gloire de ses parents.

« J’aime beaucoup mon papa, j’aime beaucoup ma maman. J’aime aussi mes frères et sœurs. Mais avant tout, je dois aimer le Seigneur Jésus qui m’a sauvée. »

La petite fille, vêtue d'une robe élégante, tient une poupée dans ses bras.

La fille d’Edmond Niyonsaba, Joëlla. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

La petite ne connaît rien de l’histoire de sa famille.

« Elle est trop petite encore », précise Donatha.

Mais les parents se préparent depuis des années à ce moment où ils vont lui annoncer pourquoi elle n’a ni grands-parents, ni oncles, ni tantes.

« Si on ne lui dit pas la vérité, elle va l’apprendre ailleurs, dit Edmond, et ce ne sera pas de la bonne façon. Il faut bien choisir les mots pour éviter de créer de la haine. Il faut dire aussi que ce ne sont pas tous les Hutus qui ont fait ça. Certains ont fait du bien. Et les enfants de ceux qui ont fait du mal, ils sont innocents. Ils ne doivent pas être blâmés pour les actes de leurs parents. »

Edmond et Donatha vivent pauvrement. Un choix : toutes leurs économies doivent servir à payer l’école des enfants. L’éducation est, à leurs yeux, la clé du salut de leur famille et du pays, comme elle a été auparavant un instrument de sa descente aux enfers.

« Avant le génocide, les enfants apprenaient à l’école les différences entre les Hutus et les Tutsis, dit Donatha. Ils apprenaient la haine. Aujourd’hui, les enfants doivent apprendre que nous sommes tous des Rwandais. »

Un jeune enfant.

Au Rwanda, l’âge moyen est de 20 ans. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Reconstruire une nation

Le défi est de taille. Car le Rwanda est un pays jeune. L’âge moyen est d’à peine 20 ans. Soixante pour cent de la population a moins de 25 ans et, donc, n’a pas connu le génocide. Par conséquent, transmettre la mémoire de la tragédie figure aujourd’hui au sommet des priorités de la Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG).

Diogène Bideri parle avec conviction de la nécessité de préserver les témoignages des rescapés, car, précise-t-il, beaucoup sont vieux et mourront bientôt. Mais il ajoute du même souffle :

« On va aussi vers le bourreau, car cette personne-là qui a été reconnue coupable et a purgé sa peine, elle a aussi quelque chose à dire. »

Diogène Bideri est devant une plaque portant les noms des victimes du génocide rwandais.

Diogène Bideri, rescapé du génocide et conseiller juridique principal de la Commission nationale de lutte contre le génocide. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

En marchant dans les jardins du mémorial de Kigali, qui renferme les dépouilles d’un quart de million de victimes du génocide, le conseiller juridique de la CNLG décrit la forme que doit prendre, à ses yeux, l’enseignement de cette page sombre de l’histoire du pays.

« Ce qu’on veut montrer, ce n’est pas la tragédie. Non. On veut montrer que les gens peuvent vivre après une tragédie et livrer un message positif : les victimes et les bourreaux peuvent vivre ensemble, construire une nation et se battre pour la paix. » – Diogène Bideri, rescapé du génocide, conseiller juridique principal du CNLG

À l'avant-plan, une femme regarde le sol.

Des étudiants se recueillent devant le caveau où reposent les victimes, au Mémorial du génocide de Kigali. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Apprendre à vivre en harmonie

Une pluie intense s’abat sur le mémorial de Kigali alors qu’un groupe d’élèves se dirige vers l’intérieur du musée après s’être recueilli devant le caveau où reposent les victimes.

Le guide, Jean-Claude Mugabe, dirige la visite du musée, insistant sur les causes profondes du génocide. Il raconte la période coloniale, l’attention trop grande donnée à l’origine ethnique des habitants. Il parle du rôle délétère de la propagande d’État et des médias haineux. Il détaille les conséquences catastrophiques de cette spirale de la violence sciemment entretenue

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Delphine Umuhoza regarde attentivement la photo d'une victime.

Delphine Umuhoza visite avec sa classe le mémorial du génocide de Kigali. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Mais lorsque les étudiants entrent dans la pièce où sont disposées les photos des disparus ou dans celle, plus loin, qui renferme les ossements, la visite se passe de commentaires. L’atmosphère se fait lourde, le silence, assourdissant. Delphine Umuhoza s’arrête devant la photo d’un homme sans nom. Elle tend la main, touche la photo. Puis porte la main à son visage pour essuyer la larme qui coule sur sa joue.

La même scène se répète dans la salle à l’étage où sont exposées les photos de dizaines d’enfants.

« C’est ma première visite ici, précise l’étudiante de 20 ans. Voir les photos et les corps de tous ces gens qui ont été tués, ça m’a vraiment touchée. En voyant ces enfants, ces bébés, je ne peux pas m’expliquer pourquoi ils ont été tués. Ils ne connaissaient même pas leur ethnie. Ils étaient tous des enfants de Dieu. »

Des jeunes regardent la photo en noir et blanc d'un bambin.

Des photos d’enfants victimes du génocide au Mémorial de Kigali. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Si les étudiants sont tous sous le choc au terme de leur visite, leur enseignant et le guide cherchent surtout à éveiller leur conscience et faire appel à leur capacité d’analyse.

« Le message que l’on veut transmettre à la jeune génération, c’est qu’il est essentiel de développer son esprit critique pour ne pas que l’histoire se répète. Parmi les jeunes qu’on amène ici, il y a des enfants des bourreaux et d’autres qui viennent de familles de rescapés. Nous essayons de les mettre ensemble pour montrer comment on peut vivre en harmonie, sans haine », explique Albert Rutikanga, enseignant et fondateur de Peace Education Initiative Rwanda.

Ce message, c’est aussi celui qu’Edmond et Donatha veulent transmettre à Joëlla et Elliot. Ils se donnent le temps de le faire correctement, d’ici quelques années, lorsqu’ils seront assez vieux pour comprendre.

M. Niyonsaba joue avec sa fillette dans un parc.

Edmond Niyonsaba avec sa fille Joëlla. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Et d’ici là, Edmond savoure chaque moment avec eux, accompagne avec bonheur sa fille à la piscine ou sur une balançoire, lui refuse rarement une crème glacée ou des bonbons.

Comme une promesse faite à lui même il y a longtemps : tout faire pour donner à ses enfants l’enfance heureuse et insouciante qu’il n’a pas connue.

https://ici.radio-canada.ca/

Les corps de 5.400 victimes du génocide de 1994 découverts au Rwanda


 

Après plus de 20 ans, les corps sont retirer des charniers au Rwanda. On parle à toutes les années d’un génocide lors de la première guerre mondiale, pourtant d’autres pays ont vécu aussi de tel drame. Environs 8 000 Tutsis et Hutus ont été tué a tous les jours pendant 100 jours
Nuage

 

Les corps de 5.400 victimes du génocide de 1994 découverts au Rwanda

 

© photo news.

Les autorités rwandaises ont communiqué la découverte des corps de 5.400 personnes victimes du génocide de 1994.

 Les dépouilles ont été extraites de 26 charniers situés dans les districts de Masaka et de Kicukiro (Kigali), a indiqué jeudi Naphtal Ahishakiye, secrétaire de direction d’Ibuka, organisation représentant des survivants du génocide.

Un résident de Kicukiro, survivant du génocide, a guidé les autorités jusqu’aux charniers, a précisé M. Ahishakiye.

La recherche d’éventuels autres charniers se poursuit, a encore dit M. Ahishakiye.

Quelque 18.000 corps ont été retrouvés depuis avril. Plus de 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués en l’espace de 100 jours en 1994.

https://www.7sur7.be/

Un génocide environnemental prévu


Au Québec, nous sommes en mode d’élections et comme dans tous les pays, les candidats font mille promesses .. De quoi bâiller ! Pendant qu’on s’entête avec les signes religieux, l’environnement est vraiment malade. Et si on ne fait rien, alors on aura bien plus de problèmes de ce qu’on a aujourd’hui et qui va couter plus cher pour la santé, l’économie et plus de gens demanderons d’immigrer pour chercher à survivre.
Nuage

 

 

Un génocide environnemental prévu

 

«L’heure est grave ! Citoyens de cette Terre, réveillons-nous ! Si ces partis sont en tête, c’est parce que nous nous apprêtons à voter pour eux», écrit l'auteur.

Photo: Olivier Zuida Le Devoir «L’heure est grave ! Citoyens de cette Terre, réveillons-nous ! Si ces partis sont en tête, c’est parce que nous nous apprêtons à voter pour eux», écrit l’auteur.

Serge Fortier

La communauté scientifique mondiale sonne l’alerte depuis plusieurs décennies. L’ONU donne à peine deux ans pour effectuer un changement radical de cap sur notre surconsommation avant que le point de non-retour arrive.

Le réchauffement climatique apporte son lot de problèmes qui commencent à se faire sentir de plus en plus au Québec. Périodes plus fréquentes et plus longues de canicule ayant causé la mort, pluies et vents plus forts et destructeurs, augmentation des problèmes d’insectes et de maladies dans les cultures. Il faut être déconnecté de la réalité pour ne pas voir le mur qui se dresse devant l’avenir de l’humanité.

Malgré l’urgence climatique, et bien que tous les partis présents au débat des chefs aient reçu la déclaration d’urgence climatique appuyée par la majeure partie de la société civile, seuls deux partis sur les quatre présents au débat priorisent ce dossier dans leur programme.

On s’apprête à mettre au pouvoir des décideurs de notre avenir pour quatre ans et les deux partis en tête des sondages n’ont rien de solide pour amorcer les changements requis. Ce n’est que la sacro-sainte économie de surconsommation qui prime. Celle-là même qui nous a menés vers le mur auquel fait face notre environnement vital.

Et ne jouons pas à l’autruche. Un environnement détruit, c’est adieu l’économie, la santé, le contrôle de l’immigration, l’équité sociale et tous les autres sujets qui ne sont qu’une poussière dans l’oeil alors qu’on a une poutre dans l’autre et que les deux partis en tête des sondages n’ont même pas de plan pour y remédier.

L’heure est grave ! Citoyens de cette Terre, réveillons-nous ! Si ces partis sont en tête, c’est parce que nous nous apprêtons à voter pour eux. Cela revient à dire que nous devenons complices du génocide environnemental vers lequel s’apprêtent à nous entraîner ces politiciens du XIXe siècle.

Jamais dans l’histoire, citoyenne et citoyen, le mandat que nous nous apprêtons à donner n’aura été aussi chargé de responsabilité envers l’avenir ! Si certains politiciens ne comprennent pas l’urgence climatique, de grâce, ayons au moins un minimum de respect envers l’avenir que nous réservons à nos enfants. Sommes-nous trop bien roulés dans la ouate pour nous rendre compte de l’importance de notre vote le 1er octobre pour l’avenir de nos conditions de vie sur cette Terre ?

Les études montrent qu’il y a plus de possibilités d’emploi en amorçant le virage environnemental qu’en conservant notre économie destructrice telle qu’on la connaît. Mais ça prend du courage pour prendre ce virage !

Un achat, c’est un vote ! Un vote, c’est une responsabilité. Des responsabilités entraînent des conséquences. Souhaitons-nous avoir la responsabilité d’être complices des malheurs que vivront nos enfants ? N’oublions pas qu’on a les politiques et les politiciens qu’on mérite ! Après tout, c’est nous qui leur donnons le pouvoir de décider de notre avenir.

https://www.ledevoir.com/1537011165