Archéologie : des tombes de chevaux découvertes dans le Calvados


J’ai comme l’impression que le futur centre pénitentiaire dans le Calvados en France, va attendre longtemps avant d’être construite. Cette région est riche en découverte archéologique. Elle s’étend en plusieurs siècles et même millénaires. Des romains, des gaulois, les celtes ont foulée cette terre et ont laissé leurs traces. Ce qui a le plus surpris, est un char  vieux de 2 500 ans avec les ossements humains et deux chevaux. Les archéologues croient que ces chevaux avaient un statut particulier.

Nuage


Archéologie : des tombes de chevaux découvertes dans le Calvados


Archéologie : des tombes de chevaux découvertes dans le Calvados© Chris-Cécile Besnard-Vauterin, Inrap

Par Juliette de Guyenro

A Ifs, dans la périphérie de Caen, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), a mis au jour un site archéologique qualifié « d’exceptionnel » par les chercheurs. Parmi les découvertes, des sépultures d’hommes mais également des tombes de chevaux.

Depuis le début de juillet, une équipe constituée d’une dizaine de chercheurs de l’Inrap a débuté une opération de fouilles préventives sur l’emplacement d’un futur centre pénitentiaire à Ifs, dans la périphérie de Caen (Calvados). Le site, qui s’étend sur une surface de 5,8 hectares, a dévoilé de nombreuses découvertes datant des périodes gauloise, romaine et du haut Moyen-Age. Parmi les découvertes les plus surprenantes : deux sépultures de chevaux.

Trois phases d’occupation

Les chercheurs ont pu découper le site en trois phases différentes d’occupation. La première pourrait remonter au Ve siècle avant Jésus-Christ, et serait caractérisée par un site constitué de plusieurs enclos d’habitation présentant des traces de fondation de bâtiments, quelques silos, des traces de parcelles agricoles mais aussi de nombreuses sépultures. Parmi elles, trois ensembles funéraires, réunissant chacun « une dizaine voire une vingtaine de morts inhumés », d’après le rapport de l’Inrap.

L’un de ces ensembles s’organise autour d’un monument funéraire enfermant une tombe à char. Un vestige exceptionnel qui correspond à un type de sépulture qui serait connu dans le monde celtique, dans lequel est enfoui le défunt avec un char de guerre. Dans celui découvert sur le site d’Ifs, les chercheurs ont mis au jour des cerclages de roues du char sur lequel était déposé le défunt.

Des chevaux au statut privilégié

Mais c’est autour de la tombe à char que la découverte qui a le plus émerveillé les chercheurs se situe : des chevaux enterrés à trois endroits différents à proximité de squelettes humains.

« C’est quelque chose d’exceptionnel », estime Chris-Cécile Besnard-Vauterin, responsable scientifique des fouilles, dans un article de Liberté Caen. « Cette tombe sort du commun. Il n’y a qu’un autre exemple de connu dans l’Ouest, à Orval dans la Manche, mais là, il s’agit d’une tombe datant d’il y a 2 500 ans. »

La présence de ces sépultures et leur proximité avec les humains interroge sur le statut particulier de ces animaux. Selon les chercheurs, ces bêtes auraient pu avoir un statut privilégié à cette époque.

Plusieurs siècles d’histoire

Sur deux autres habitats du site, différentes époques ont été étudiées. Plus au nord, un système plus complexe d’enclos d’habitation se dévoile et daterait des trois derniers siècles avant notre ère, selon les chercheurs. Le site se caractérise alors par des fossés profondément ancrés dans le sol et par une abondance de mobilier, notamment à vocations domestique et agricole. Parmi les vestiges, de nombreux restes de faune d’élevage ont été excavés, mais également des fragments de céramiques et de terre cuite ou encore du mobilier métallique.

D’autres vestiges encore appartiendraient à l’époque de l’Antiquité jusqu’au IIe siècle après Jésus-Christ. Et enfin, la partie orientale du site aurait été occupée entre le VIIIe et le Xe siècle, période correspondant au haut Moyen-Age. Là, on pourrait observer les traces de constructions sur poteaux, ainsi que des aménagements abritant des ateliers artisanaux, dont un métier à tisser. Au total, sur l’entièreté du site et les différentes périodes couvertes, 60 tombes humaines ont été découvertes.

Les archéologues, qui se réjouissent d’une telle découverte, voient en ce site l’opportunité d’étudier une occupation continue sur plusieurs siècles.

https://www.geo.fr/

Le Savez-Vous ►Science décalée : 704 traumatismes crâniens… dans les albums d’Astérix


Les scientifiques ne font pas toujours des recherches sérieuses, ils peuvent aussi s’amuser. C’est le cas ici avec les aventures d’Astérix le Gaulois. Ils ont tenu compte des ethnies, des blessures, des situations et de la potion magique pour dénombrer les traumatismes crâniens. Malgré les conflits, un fait qui est rare, est qu’il n’y a eu aucun mort et que la guérison était généralement rapide. Pourtant, la médecine était loin d’être aussi efficace qu’aujourd’hui.
Nuage

 

Science décalée : 704 traumatismes crâniens… dans les albums d’Astérix

 

Par Janlou Chaput, Futura

Des neurologues ont passé en revue les 34 albums des aventures d’Astérix le Gaulois. Ils ont relevé en tout 704 cas de traumatismes crâniens, mais aucun d’eux ne s’est révélé irréversible ou mortel. Leur conclusion : s’il vaut mieux ne pas être Romain, surtout face à un Gaulois qui vient d’avaler de la potion magique, il ne faut pas non plus oublier de bien attacher son casque !

L’image de la science n’est pas toujours des plus drôle. On associe souvent les chercheurs à des rats de laboratoires, perdus dans leurs pensées irrationnelles et déconnectés complètement de la réalité. Certains correspondent au portrait. Mais la recherche se compose avant tout d’hommes et de femmes, dont certains ne sont pas dénués d’humour. La preuve avec ces neurologues germains qui ont consacré du temps et un article scientifique aux traumatismes crâniens qui se sont produits au fil des albums d’Astérix le Gaulois…

Le contexte : Astérix, témoin d’une époque ravagée par les guerres

« Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petibonum… »

C’est en ces mots que commencent toutes les aventures d’Astérix, compagnon d’Obélix et de Panoramix, habitants d’un modeste village breton dirigé par le chef Abraracourcix.

L’époque est difficile pour la Gaule. Les légions romaines, réputées pour leur discipline, ont vaincu les troupes celtes de Vercingétorix à Alésia deux ans plus tôt. Jules César, dictateur à vie, a pris le contrôle de la plus grande partie de l’Europe occidentale et du monde méditerranéen au terme de guerres violentes causant des milliers de victimes.

Les techniques de médecine sont beaucoup moins performantes que celles dont on dispose aujourd’hui. Impossible, à l’époque, de regarder les dégâts causés au cerveau par exemple. Heureusement, un témoin de ces temps lointains a laissé des traces dans nos BD pour que scientifiques et historiens reconstituent les conditions de vie de la période gallo-romaine. Des neurologues de la Heinrich Heine Universität de Düsseldorf (Allemagne) en ont profité pour étudier l’ampleur des traumatismes crâniens. Leurs résultats ont été décrits en 2011 dans la revue Acta Neurochirurgica.

Les légionnaires romains ont conquis presque toute la Gaule. Un seul village leur résiste... et leur cause bien des difficultés. Le centurion, à droite, en garde les séquelles au niveau de son œil gauche. Son compagnon prend des risques en n'attachant pas mieux son casque... © webast, Fotopédia, cc by nc nd 2.0

Les légionnaires romains ont conquis presque toute la Gaule. Un seul village leur résiste… et leur cause bien des difficultés. Le centurion, à droite, en garde les séquelles au niveau de son œil gauche. Son compagnon prend des risques en n’attachant pas mieux son casque… © webast, Fotopédia, cc by nc nd 2.0

L’étude : les traumatismes crâniens passés à la loupe

Les scientifiques ont étudié dans le détail les 34 albums de la série des aventures d’Astérix. Ont été relevés : les indices attestant d’une ecchymose périorbitale (œil au beurre noir), les signes d’une parésie du nerf hypoglosse (la langue pendante), l’importance des troubles neurologiques (confusions, aphasies, etc.), mais aussi l’appartenance ethnique des victimes et des coupables, l’absorption ou non de potion magique et la présence ou non d’un casque sur la tête au moment du choc. Il faut être précis pour une analyse statistique fine !

Le constat est sans appel. Parmi les 704 cas de traumatismes crâniens retrouvés, 698 apparaissent chez des hommes. Dans les deux tiers des cas, les victimes sont romaines. Malgré tout, 120 Gaulois, 59 bandits ou pirates, 20 Goths, 14 Normands, 8 Vikings, 5 Britanniques et 4 extraterrestres comptent parmi les blessés.

Les coupables sont, dans 87 % des situations, des Gaulois. Astérix et Obélix contribuent à eux deux à 57,6 % des lésions crâniennes. Les légionnaires romains ont causé 32 des blessures et ne sont pas uniquement des victimes. Parmi les traumatisés du cerveau, 70,5 % portaient malgré tout un casque. Mais la violence du choc (puisque dans 98,8 % des cas, il s’agissait d’un coup porté, et seuls 8 cas d’étranglements ont été relevés) et la lanière mal attachée ont fait s’envoler la protection dans 87,7 % des situations.

Autre fait marquant : la majorité des traumatismes (83 %) sont intervenus consécutivement à l’absorption par le responsable d’une boisson décrite ainsi par les auteurs :

« Cette substance contient du gui et est supposée conférer une force surhumaine. En réalité, les personnages qui avalent cette potion magique avant de frapper causent des lésions cérébrales plus sévères. »

Cette image obtenue par scanner montre un traumatisme crânien. Le crâne a été déformé suite à un choc qui lèse certaines régions du cerveau. Il n'est pas toujours mortel mais peut entraîner de lourdes conséquences neurologiques. © Rehman et al., Wikipédia, cc by 2.0

Cette image obtenue par scanner montre un traumatisme crânien. Le crâne a été déformé suite à un choc qui lèse certaines régions du cerveau. Il n’est pas toujours mortel mais peut entraîner de lourdes conséquences neurologiques. © Rehman et al., Wikipédia, cc by 2.0

Justement, la gravité des traumatismes a été jugée grâce à l’échelle de Glasgow, établie dans les années 1970 par des scientifiques écossais. En tout, 390 d’entre eux sont sévères, contre 89 modérés et 225 cas bénins. Heureusement, aucun mort ni aucun dommage permanent n’est à signaler. Si la quasi-totalité des individus s’est remis en quelques minutes ou quelques heures, le druide Panoramix a montré des signes inquiétants d’aphasie et de désorientations qui se sont étalés sur plusieurs semaines. Tout a fini par rentrer dans l’ordre.

Ces données étonnent les scientifiques. Eux qui pensaient que les violences de l’Antiquité entraînaient des lésions cérébrales irréversibles ont été surpris, du fait également des méthodes diagnostiques et thérapeutiques nettement inférieures aux nôtres. Ils reconnaissent qu’il faut peut-être creuser davantage la piste de la potion magique pour comprendre les raisons d’une telle résistance. En effet, dans le gui, on retrouve de la lectine, dont on connaît les vertus pour soigner les tumeurs cérébrales. Peut-elle aussi réparer des traumatismes crâniens ?

Cela « nécessite d’être clarifié dans des études ultérieures ».

L’œil extérieur : les scientifiques ne manquent pas d’humour

Bien évidemment, cette étude menée avec tout le sérieux qui caractérise les scientifiques tend à rappeler qu’il faut aussi s’amuser. Au milieu de publications qui traitent toutes des différents problèmes et solutions rencontrés en neurochirurgie, un brin d’humour n’a jamais fait de mal.

L’article a d’ailleurs été bien accueilli dans le monde scientifique. Karl Schaller, un de leurs collègues de l’université de Genève, note tout particulièrement l’intérêt porté sur la lanière du casque bien trop rarement fixée, limitant l’efficacité des protections. Et de conclure que la prochaine étape serait de comparer avec d’autres bandes dessinées, pour voir par exemple si la Panthère rose fait preuve d’autant de violence…

https://www.futura-sciences.com/

Les Gaulois embaumaient les têtes de leurs ennemis vaincus!


Je n’imaginais pas les Gaulois de cette façon. Après une bataille, ils coupaient les têtes des vaincus, les amenaient sur leur cheval pour les momifier et les exposés devant leur portes de maison. Une triste époque
Nuage

 

Les Gaulois embaumaient les têtes de leurs ennemis vaincus!

 

Têtes coupées

Reconstitution du dépôt d’armes et de têtes coupées du site du Cailar, dans le Gard, et ses trophées impressionnants.

CRÉDITS: DAVID GEOFFROY (COURT-JUS PRODUCTION), L. PERNET ET R. ROURE

Par Bernadette Arnaud

Les auteurs grecs et latins ont décrit la macabre pratique des têtes coupées chez les Celtes. De nouveaux travaux révèlent celle de leurs momifications !

Têtes coupées. Dans sa Géographie, l’auteur grec Strabon (63 av.J.C – 24 ap.J.C) rapportait que les Celtes*, peuples de farouches guerriers, se livraient à de redoutables pratiques… Un rite impressionnant était en effet de trancher la tête des vaincus à la fin des batailles!

L’historien raconte ainsi qu’« au retour du combat, ils attachaient les têtes de leurs ennemis à l’encolure de leurs chevaux pour, une fois rentrés chez eux, les enclouer devant leurs portes… » ; à l’entrée de bâtiments publics, ou des maisons. Des représentations gravées ou sculptées de ce rituel des têtes coupées se retrouvent dans tout l’art celte de l’Age du Fer.

Sculpture de têtes coupées celtes, retrouvées sur l’oppidum d’Entremont (Provence), en 1877. ©Leemage/AFP

Depuis quelques décennies, des découvertes archéologiques ont attesté ces comportements à Roquepertuse (Bouche-du-Rhône), Entremont (Provence), ou Ribemont-sur-Ancre (Somme) –y compris de crânes transpercés d’énormes clous. Mais l’archéologue Réjane Roure et son équipe de l’UMR 5140 -CNRS/LaBex Archimède de l’Université Paul-Valery Montpellier 3, viennent de faire une découverte majeure au Cailar, au sud de Nîmes (Gard) : l’embaumement de têtes-trophées ! Parmi plus de 2800 ossements, cet autre comportement évoqué dans l’Antiquité a pu être identifié.

Crâne cloué, d’Ullastret (Catalogne). ©Arxiu Museu d’Arqueologia de Catalunya-Ullastret

Dans un article publié dans la revue Journal of Archaeological Science*, les spécialistes dévoilent avoir analysé chimiquement –par spectromètre de masse et chromatographie en phase gazeuse– des crânes exhumés sur le site du Languedoc, occupé par des populations Celtes dès le IV/IIIe siècle avant notre ère.

 Et avoir ainsi constaté, sur une dizaine d’échantillons « la présence de biomarqueurs de résine de conifère et des molécules organiques de composés aromatiques obtenus après chauffage, des substances diterpénoïdes », indique Réjane Roure jointe par Sciences et Avenir.

Restes humains de « têtes coupées »  retrouvées sur le site archéologique du Cailar, dans le Gard. ©Fouille Programmée Le Cailar-UMR5140-ASM

Ce qui confirme, pour la première fois, les récits des historiens antiques décrivant il y a plus de 2000 ans que les Celtes:

« oignaient d’huile de cèdre [les têtes] et les exhibaient à leurs hôtes, refusant de les rendre même en échange de leur poids en or » !

Ces « butins » momifiés -après soustraction des parties molles (langues, cerveau), étaient ensuite sauvegardés dans des caisses transmises de générations en générations.

Guerriers celtes de Roquepertuse (Bouches-du-Rhône). ©L.Damelet / CNRS

« Par la conservation de la partie la plus symbolique de l’individu, ces comportements étaient sans doute une forme d’hommage au vaincu tout en représentant de façon très concrète, la valeur du guerrier vainqueur », ajoute Réjane Roure. 

D’abord révulsé par ce spectacle qu’il avait vu dans bien des endroits lors d’un voyage en Gaule, le savant grec Poseidonios, témoin oculaire, avait reconnu s’y être accoutumé par la suite « en le supportant avec sérénité » ! C’est aux Romains que l’on doit d’avoir mis un terme à cette pratique.

VIDEO: « Quand les Gaulois perdaient la tête : enquête archéologique sur les « têtes coupées » », réalisé par David Geoffroy, L. Pernet, L. Roure, Cours-jus Production

https://www.sciencesetavenir.fr

Le Saviez-Vous ► Que signifient les noms Astérix et Obélix ?


Les bandes dessinées de ma jeunesse, Tintin ainsi qu’Astérix et Obélix, ces irréductibles gaulois étaient les principaux que nous avions à la maison Leurs patronymes n’ont pas été choisis au hasard, certains savent qu’Astérix fait référence au signe *, mais c’est plus que cela. Obélix, n’est pas en reste, quoi que si vous penser qu’il se relie aux obélisques, alors vous êtes sur la mauvaise route
Nuage

 

Que signifient les noms Astérix et Obélix ?

 

 

 

par Sandrine Campese

 

Le trente-sixième album de la bande dessinée Astérix, intitulé Le Papyrus de César, perpétue la tradition instaurée par Goscinny et Uderzo, en attribuant aux personnages des noms éloquents et dans l’air du temps.

Jugez plutôt : l’éditeur romain Promoplus et son majordome Kefélapolis, les Gaulois Rézowifix, « connecté » aux nouvelles, et Doublepolémix, colporteur sans frontières… L’occasion de revenir aux sources et de nous interroger sur l’origine et le sens des patronymes de nos deux héros moustachus : Astérix et Obélix.

« Astérix » est dérivé d’astérisque

Signifiant « petite étoile » (asteriskos en grec, de astêr, « étoile »), l’astérisque est représenté par le symbole *. Placé à la suite d’un mot, il renvoie à une note de bas de page ; placé devant un mot, il en signale une forme particulière.

Remplacez la terminaison –isque par –ix, en référence au chef gaulois Vercingétorix, et vous obtenez « Astérix ». Mais ce nom a également un sens caché ! Nous l’avons vu, le grec astêr signifie « étoile ». Quant au mot celte rix, il se traduit par « roi ». Littéralement, Astérix est le «  roi des étoiles ». Un nom prédestiné pour une star de bande dessinée !

Ce que les créateurs n’avaient pas prévu, en baptisant ainsi leur personnage principal, c’est que ce nom deviendrait populaire au point d’éclipser celui dont il était issu : l’astérisque.

Difficile, quand on a appris le patronyme du guerrier gaulois avant même de soupçonner l’existence du signe typographique, de ne pas s’emmêler les pinceaux une fois arrivé à l’âge adulte. De plus, si l’on se prive de bien articuler le mot « astérisque », on bascule inévitablement vers « astérix ».

Et Obélix dans tout ça ? Facile, on doit son nom à l’obélisque…

Raté !

« Obélix », quant à lui, vient de l’obèle

Comme « Astérix », le nom « Obélix » dérive d’un autre signe typographique : l’obèle. Loin d’être une coïncidence, ces choix constituent un hommage à la mémoire du grand-père de Goscinny, imprimeur-typographe.

Issu du grec obelos, « broche » (à rôtir), l’obèle correspond à l’origine au signe ÷, utilisé aujourd’hui pour la division. Puis il a pris la forme d’une croix latine, simple ou double , pour marquer les passages modifiés ou ajoutés dans les manuscrits anciens.

Utilise-t-on encore l’obèle ? Oui, après le nom d’une personne ou d’une date pour signaler un décès. Mais aussi comme appel de note, en complément de l’astérisque. À l’image du « couple » formé par Astérix et Obélix, l’astérisque et l’obèle sont intimement liés !

À tous les « déçus » qui étaient convaincus qu’Obélix découlait d’obélisque (obéliskos en grec), il est évident que l’imposant monument égyptien n’est pas sans rappeler la carrure du Gaulois aux nattes rousses, tout aussi impressionnante

En conclusion, rappelons que l’astérisque et l’obélisque, sont, à l’image de nos deux irréductibles, de genre masculin.

https://www.projet-voltaire.fr

Des Gaulois enterrés en Grande-Bretagne ?


Quand on pense gaulois, l’image des irréductibles gaulois nous vient en tête. Mais au-delà de la bande dessinée, ce peuple a vécu il y a très longtemps et on cherche encore à comprendre leur histoire. Cette découverte aidera sûrement d’en apprendre un peu plus
Nuage

 

Des Gaulois enterrés en Grande-Bretagne ?

 

Pointe de lance du 2e Age du Fer (425-25 av.J.C) provenant d'une tombe de guerrier du cimetière de Pocklington, dans le Yorkshire, en Angleterre. CREDIT: MAP Archaeology

Pointe de lance du 2e Age du Fer (425-25 av.J.C) provenant d’une tombe de guerrier du cimetière de Pocklington, dans le Yorkshire, en Angleterre. CREDIT: MAP Archaeology

Par Bernadette Arnaud

150 squelettes de l’Age du Fer ont été exhumés près du village de Pocklington, à l’est du comté du Yorkshire, au nord de l’Angleterre.

 

NÉCROPOLE. Ensevelis depuis 2500 ans avec, à leur côté, des pointes de lance et des épées, 150 squelettes particulièrement bien conservés ont été mis au jour dans une importante nécropole de Pocklington datant du second Age du Fer (425 à 25 avant notre ère), dit La Tène. Il s’agirait de la plus importante découverte jamais réalisée en Angleterre concernant cette période. L’une des 75 tombes contenait même l’unique bouclier de cette période jamais retrouvé en Grande-Bretagne. A en juger par les rites d’inhumation observés par les archéologues, ces dépouilles pourraient avoir appartenues à des populations dites « de la culture d’Arras », terme créé en 1940 par le célèbre archéologue australien Gordon Childe (1892-1957) pour baptiser ces groupes aux coutumes funéraires indéniablement proches de celles de peuples celtes du nord de la Gaule.  Les poteries et autres perles de verre et d’ambres retrouvées attesteraient également de cette origine.

Bracelet de bronze orné de corail provenant de la nécropole de Pocklington. © MAP Archaeology

La découverte, réalisée à l’occasion d’aménagements immobiliers, a motivé l’intervention des archéologues du Map Archaeological Practice dont le siège est à Malton (Yorkshire). Ils espèrent ainsi compléter l’histoire mal connue du peuplement ancien de la Grande-Bretagne, en tenant à déterminer notamment, par des analyses génétiques, si ces vestiges appartenaient à des populations récemment immigrées sur le continent ou déjà installées sur place.

« Ces vestiges matériels sont identiques à ceux retrouvés en Champagne et dans le bassin parisien à la même époque, à l’instar des tombes à char et des épées dégagées en 2003 à Roissy », explique Laurent Olivier conservateur du département des âges du Fer au Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, près de Paris.

Des liens établis très tôt

Les liens entre les populations gauloises du nord de la France et celles de l’Angleterre sont effet attestés très tôt.

« Dans des textes de César, les rapports entre certains peuples du continent et les îles britanniques étaient clairement établis. Des traditions rapportent même qu’entre le 5e et le 3esiècle avant notre ère, des groupes originaires de la Gaule Belgique, c’est-à-dire la région située au nord de la Marne, de la Champagne actuelle jusqu’au Rhin, avaient peuplé l’Angleterre« , précise l’archéologue qui rappelle que cette période de l’âge du Fer a été très marquée par de grands mouvements de populations.

Dans l’Antiquité, Ptolémée, dans son ouvrageGéographie présentant l’ensemble des connaissances géographiques du monde gréco-romain, donnait même le nom de Parisii aux habitants qui peuplaient alors la Gaule Belgique et les Ardennes. L’exhumation de ce cimetière devrait conduire à la plus grande étude sur des groupes de l’âge du fer jamais menée en Grande-Bretagne.

http://www.sciencesetavenir.fr/

Découverte de la plus vieille taverne de France


L’alcool, les beuveries, ne datent pas d’hier. Quelque part en France des vestiges d’un établissement comparable à un bar avant notre ère, a été mise à jour
Nuage

 

Découverte de la plus vieille taverne de France

 

Vestiges d'une ancienne taverne découverte sur l'antique site de Lattara, datée du 2e siècle avant notre ère. Les trois cercles rouges sont des restes de four. CREDIT: Fouilles de Lattes - CNRS

Vestiges d’une ancienne taverne découverte sur l’antique site de Lattara, datée du 2e siècle avant notre ère. Les trois cercles rouges sont des restes de four. CREDIT: Fouilles de Lattes – CNRS

Par Bernadette Arnaud

Au sud de Montpellier, les vestiges d’une taverne datant du 2e siècle avant notre ère a été mise au jour. Une innovation importée de Rome dans un monde gaulois en pleine mutation.

 

TAVERNE. Ah, ces Gaulois! Toujours prompts à lever le coude ! On connaissait depuis longtemps leur goût pour les grands banquets, mais on ne savait pas vraiment depuis quand les Gallis’étaient mis à fréquenter des tavernes, ni où ces établissements étaient apparus. Voici qui est chose faite ! La première tabernae jamais trouvée en France vient d’être découverte dans la région de Lattara, près de Lattes dans l’Hérault. Et elle a 2100 ans ! A 5 km au sud de Montpellier, Lattara est une antique cité portuaire située dans la province très tôt romanisée de la Narbonnaise. C’est à l’intérieur des remparts de la ville, dans des niveaux datés du 2e siècle avant notre ère, qu’ont été mis au jour les vestiges de ce premier « café du commerce ». Il est composé de deux corps de bâtiments, dans lesquels trônaient trois fours en terre cuite, ainsi que des supports de meules.

« Nous pensions avoir découvert une boulangerie! », explique Gaël Piques, (CNRS, Archéologie des Sociétés Méditerranéennes) dans un récent article publié avec Benjamin Luley (Gettysburg College) dans la revue Antiquity.

Une grande banquette en fer à cheval

Mais très vite, les restes d’une salle à manger dotée d’une grande banquette en fer à cheval, avec un foyer central sont dégagés. Puis une fosse emplie de déchets alimentaires et de reliquats de pièces de boucherie: des scapula de bœufs, des jarrets de moutons…

« Des quantités trop importantes pour correspondre à une consommation privée », poursuit l’archéologue.

Des débris de vases à boire, des plats, quelques fragments d’amphores ainsi que des pièces de monnaies marseillaises complètent le tableau.

« Nous venions de découvrir une taverne ! », s’enthousiasme Gaël Piques.

Le concept de ce nouveau type d’établissement jusqu’alors inconnu en Gaule romaine a peut-être été apporté à Lattara dans les paquetages des légions de Rome. Dans ce monde gaulois en pleine romanisation, la cité, en bordure de lagune, était en effet un port commercial où s’échangeaient des biens avec l’Italie mais aussi l’Espagne et la Grèce. Vin, huile, sauces de poisson – le célèbre garum – transitaient par ses quais. En 2013, l’analyse de contenus d’amphores étrusques et la découverte de presse à raisins sur ce même site avaient déjà constitué la première preuve de viticulture en France, montrant que la production de vin dans cette région du Languedoc-Roussillon avait débuté dans la région dès 500 avant Jésus-Christ. Que la première taverne soit retrouvée trois siècles plus tard sur le plus ancien site de production de vin de France ne manque pas de piquant.

Qui étaient les Gaulois?

Dans l’Antiquité, les Grecs appelaient Celtes toutes les populations qui occupaient l’espace celtique, alors que les Romains, eux, les dénommentGalli (Gaulois). Jusqu’à la conquête de César, entre 58 et 51 avant notre ère, la « Gaule » est un espace morcelé en une série de territoires sans unités, dominés par des peuples souvent en conflits. Mais des zones en bordure de Méditerranée sont déjà sous domination romaine depuis le 2e siècle avant notre ère. C’est le cas de la Narbonnaise.

http://www.sciencesetavenir.fr/

Le Saviez-Vous ►Astérix : vérités et Incongruités


Les bandes dessinées ne représentent pas nécessairement la réalité. Pour ce qui est de la collection Astérix,  certains faits sont vrais, mais pas toujours dans la bonne époque. Cependant, comme toutes oeuvres de fiction, ce qui compte, c’est de plaire aux lecteurs
Nuage

 

Astérix : vérités et Incongruités

 


(Photo)

Le village gaulois :


(Photo)

Les bandes dessinées d’Astérix illustrent un tout petit village paisible, qui résiste à l’envahisseur romain, à l’époque de Jules César. Les Gaulois étaient organisés en divers clans qui vivaient pour la majorité en modestes villages. Ils étaient en effet menés par des chefs, qui étaient des guerriers et de bons administrateurs, mais  ils n’étaient pas portés sur des boucliers! Leur rôle était entre autres de mener leurs hommes au combat et de gérer leur communauté, appuyés par une aristocratie dirigeante.


(Photo)

Oui les Gaulois aimaient les bagarres, mais ils étaient aussi de patients agriculteurs et surtout de très habiles métallurgistes! Les druides existaient dans certaines communautés et assuraient surtout la communication entre les habitants et le monde divin, tout en enseignant diverses traditions aux enfants.


(Photo)

Des menhirs?

(Photo)

Il y a cependant des petits détails incongrus dans l’univers gaulois d’Astérix, notamment la présence… de menhirs! Les Gaulois ont connu leur expansion essentiellement entre le 5ème siècle avant notre ère et le 1er siècle. Or, les traditions gauloises/celtiques impliquant des monuments de gigantesques pierres comme les menhirs étaient révolues depuis bien longtemps!


Photo:
Stonehenge

Ces premiers monuments de pierre en Europe occidentale remontent effectivement à 7000-6000 av. J.-C. et les derniers construits à environ 2000 av. J.-C., soit bien avant les Gaulois et l’époque de Jules César!

Jules César et Rome :


(Photo)

Jules César est un personnage bien incarné dans Astérix, qui se promène constamment avec les symboles du triomphe militaire, plus particulièrement la couronne de lauriers! Si nous prenons pour acquis que les histoires d’Astérix se déroulent après sa victoire sur les Gaules, nous nous situons environ vers le début des années 40 av. J.-C.


(Photo)

Il aurait donc été complètement impensable qu’un symbole de la ville de Rome ait existé à cette époque… soit le Colisée! Aussi appelé l’amphithéâtre flavien, car il fut construit sous cette dynastie d’empereurs, le Colisée a été achevé en l’an 80 de notre ère. Il est donc impossible qu’Astérix et Obélix aient pu y combattre des lions affamés! 


(Photo)

L’armée romaine :


(Photo)

Les albums et films d’Astérix ont aussi toujours mis en vedette la puissante armée romaine, souvent ridiculisée par les Gaulois. Si l’habillement et les armes comme le pilum (javelot), le gladius (petite épée) et les sandales sont fidèles à la réalité, il faut toutefois avouer qu’Astérix et Obélix n’auraient jamais pu s’engager dans la légion romaine!


Photo:
Colonne trajanne

En effet, seuls les citoyens romains pouvaient faire partie de la légion. Les autres nationalités comme les Gaulois, les Égyptiens, les Grecs, etc., pouvaient combattre dans l’armée romaine, mais dans des troupes dites auxiliaires et avec leur propre équipement. Alors… Astérix légionnaire? Hum…

Ce ne sont que quelques exemples. Profitez bien de ce temps de repos et amusez-vous à identifier vous-mêmes les vrais et les faux dans les dessins animés de vos Gaulois préférés!

http://www.historiatv.com/