Pour résister à la chaleur des villes, les escargots ont des coquilles plus claires


La couleur des coquilles des escargots pourrait être due à leur environnement. Les escargots de ville sont plus clairs alors que ceux de campagnes sont plus sombres. Il se peut aussi qu’il y aurait d’autres facteurs.
Nuage

 

Pour résister à la chaleur des villes, les escargots ont des coquilles plus claires

 

Une escargot jaune  | Martin Cooper via Flickr CC License by

Une escargot jaune | Martin Cooper via Flickr CC License by

Repéré par Camille Jourdan

Repéré sur The Atlantic

Une étude montre que les escargots n’ont pas la même couleur selon qu’ils vivent dans des milieux urbains ou naturels.

Gris ou marron, rayés ou mouchetés, les escargots font partie de ces animaux qui présentent une grande variété de couleurs. Des chercheurs néerlandais ont justement tenté de relier la couleur de leur coquille à leur habitat. Et il semblerait qu’en ville, où les températures sont généralement plus élevées, les escargots seraient plus clairs qu’à la campagne ou en forêt, rapporte The Atlantic.

Les conclusions des scientifiques, emmenés par Niels Kerstes, du Centre de la Biodiversité Naturalis, s’appuient sur une étude «citoyenne»: via l’application SnailSnap, les passionnés de gastropodes (mais aussi tous les autres) envoient des photographies d’escargots. Grâce à la géolocalisation, les chercheurs peuvent déterminer où est prise l’image, et donc où cet escargot vit.

Ils trient ensuite ces données en quatre catégories: les escargots des champs, ceux des espaces naturels tels que les forêts, ceux des espaces verts urbains, et ceux des zones «grises» des villes, tels que les espaces commerciaux, résidentiels ou industriels.

Du jaune et des rayures pour combattre la chaleur

Les premiers résultats montrent qu’il y a davantage d’escargots jaunes dans les espaces urbanisés qu’ailleurs. Pour Kerstes et son équipe, ce phénomène serait dû à la chaleur; la bétonisation et le manque d’arbres font souvent grimper la température des villes.

Or, «les escargots aux couleurs sombres absorbent davantage les radiations que leurs cousins jaunes, résume The Atlantic, ce qui peut expliquer le fait qu’ils soient moins adaptés à la ville, où ils auraient donc trop chaud ou passeraient trop de temps à tenter de se cacher du soleil».

Les escargots des villes semblent également avoir plus de rayures sur le dessous de leur coquille que sur le dessous; or, une étude plus ancienne montrait déjà que les escargots rayés se refroidissaient plus vite que les autres, rappelle The Atlantic.

«Pas de bandes noires là où la coquille est exposée au soleil, mais des rayures en dessous, pour mieux se rafraîchir»; tel pourrait être, à en croire les résultats de SnailSnap, le compromis adopté par les escargots urbains.

Si cette étude mérite d’être confirmée, elle montre en tout cas que les escargots des villes ne sont pas les mêmes que ceux des campagnes. Pour le généticien Angus Davison, de l’université de Nottingham, d’autres facteurs pourraient expliquer ces différences de couleurs, tels que les prédateurs: les oiseaux ne chasseraient pas autant certains escargots que d’autres, en fonction de l’apparence de leur coquille, développe The Atlantic.

Quoi qu’il en soit, SnailSnap démontre comment ces animaux s’adaptent à leur milieu de vie… certainement pour survivre dans un environnement modifié par l’être humain.

http://www.slate.fr/story/