Peut-on vraiment dépenser son argent comme on veut?


Je n’ai aucun problème avec les gens qui ont des voitures de luxe, ou autre chose qui coûte une fortune. C’est leur argent, ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Ce qui est plus choquant par contre, c’est ceux qui se croient mieux que les autres parce qu’ils ont des objets plus chers et plus luxueux. Cependant, ces gens pourraient beaucoup à des organismes d’aide ou encore à la recherche en ayant quelque chose d’utile et plus durable comme l’exemple d’un étui pour le téléphone incrusté de diamants.
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Peut-on vraiment dépenser son argent comme on veut?

 

L'étui de téléphone incrusté de diamants de Drake... (PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK)

L’étui de téléphone incrusté de diamants de Drake

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

OLIVIA LÉVY
La Presse

Le chanteur Drake a dépensé 400 000 $US pour un étui d’iPhone incrusté de diamants. Franck Ribéry, le joueur de soccer vedette du Bayern de Munich, a créé une polémique en exhibant au jour de l’An sur les réseaux sociaux une côte de boeuf, recouverte de feuilles d’or, hors de prix.

 Est-ce indécent? Peut-on vraiment dépenser son argent comme on l’entend?

Et si votre meilleur ami achetait une Porsche flamboyante ou s’offrait un voyage luxueux? Vous le jugeriez? Pourquoi?

«Oui, on peut faire ce qu’on veut avec notre argent, mais il faut vivre avec le jugement des autres et on juge beaucoup, moi le premier, car je suis conseiller financier!», lance Michel-Olivier Marcoux, qui confie qu’il voit beaucoup de gens qui vivent au-dessus de leurs moyens, d’où le jugement sur leurs dépenses.

Il pense aussi que la jalousie ou l’envie teintent parfois les jugements.

Pour l’homme d’affaires et ex-dragon François Lambert, avoir de l’argent est une chose, mais l’exhiber en est une autre.

«Il y a des choses qui ne se font pas, surtout au Québec. Tu ne peux pas flasher avec ton argent, montrer en quelque sorte que tu es meilleur. Manger une côte de boeuf en or, c’est vouloir montrer qu’on est supérieur. C’est ça, le problème, et c’est une erreur de l’exposer sur les réseaux sociaux.»

Hélène Belleau, professeure à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), estime que l’argent est un révélateur

«Ce qu’on juge, ce sont les choix que nous faisons, car l’argent est derrière tout et il est révélateur de notre mode de vie, de notre façon de la concevoir, de nos valeurs et priorités. Dans notre société, dès qu’une personne sort de la norme, on va la juger et vouloir la remettre dans le droit chemin. Est-ce l’argent qui choque ou le fait de sortir du cadre?», s’interroge-t-elle.

Ce qui choque souvent, ce sont les dépenses extravagantes.

«Dans l’absolu, chacun devrait pouvoir dépenser et investir son argent comme il l’entend», pense Geneviève Krebs, coach et auteure du livre Et si tout me réussissait. «C’est lorsque les comportements viennent heurter la morale que cela pose un problème éthique, dit-elle. Ce n’est pas tant le fait d’avoir beaucoup d’argent qui est montré du doigt, c’est ce qu’on en fait, surtout lorsque les choix frôlent le gaspillage, le non-sens, la provocation. La somme investie est jugée comme « inutile » et « choquante », alors qu’elle pourrait soutenir des causes comme la recherche médicale ou les actions qui oeuvrent pour que tout individu puisse se nourrir à sa faim.»

Pour François Lambert, tout est une question de perception.

«Guy Laliberté qui s’offre un voyage dans l’espace, ça passe, mais ça ne passe plus quand il demande un crédit d’impôt! Il a perdu son capital de sympathie. La limite avec l’argent est toujours très sensible, et pas toujours rationnelle», dit-il.

L’homme d’affaires cite en exemple le fait qu’il possède une Lamborghini.

«Je pourrais aller dans les soirées, la montrer et être le gars au-dessus de ses affaires, mais je préfère m’en servir pour les bonnes causes, notamment pour les enfants parce que c’était mon rêve depuis que je suis tout petit d’avoir une Lamborghini. Ça, honnêtement, les gens n’ont pas de problème quand je m’affiche de cette façon, je le vois bien.»

Le choix de la voiture est un sujet qui touche une corde sensible quand il s’agit de dépenser (ou pas) de l’argent. Et il faut assumer les choix plus flamboyants.

«Il y a tellement de gens qui jugent! Il faut prendre en considération l’image que projettent certaines marques d’automobiles comme Porsche ou Mercedes, souligne le conseiller financier Michel-Olivier Marcoux. Certains veulent se faire remarquer, d’autres veulent rester discrets mais une marque comme Porsche peut avoir une image négative auprès des employés et des clients.»

François Lambert pense qu’au Québec, il existe, à tort, encore cette mentalité de ne pas vouloir acheter une voiture trop luxueuse, surtout quand on est entrepreneur ou chef d’entreprise.

«La raison? Pour que les employés ne demandent pas d’augmentation de salaire! Parce que si le patron s’est acheté une grosse voiture, ils vont penser qu’il roule sur l’or et demanderont une augmentation! C’est ridicule! Les employés devraient être fiers de la réussite du patron, car ils font aussi partie de l’entreprise!»

L’argent est encore tabou, on en parle peu.

«C’est lié à notre passé religieux et à la figure avare de Séraphin qui est très présente», estime Hélène Belleau, auteure de L’amour et l’argent. «Dans un couple, vous savez, beaucoup de gens gèrent séparément leur budget pour éviter que le conjoint ait son mot à dire sur les dépenses de l’autre, parce qu’ils les jugent et n’ont pas les mêmes priorités. Alors pour les dépenses plus extravagantes, certains ne les font pas ou alors les cachent!»

Michel-Olivier Marcoux pense que la relation que nous avons avec l’argent est en train de changer

. «J’ai 29 ans, et avec les gens de mon âge, on parle ouvertement de nos salaires, on est décomplexés. Pour nous, avoir de l’argent, c’est avoir la liberté de pouvoir réaliser nos rêves. On ne voit pas ça de manière négative.»

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Voici le premier pantalon indestructible qui dure 100 ans


Un pantalon qui dure 100 ans, donc plus qu’une vie d’adulte. Il résiste au feu, imperméable, extensible, protège du vent … Il est très cher, mais peut-être pour certains travailleurs, cela finirait par être rentable.
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Voici le premier pantalon indestructible qui dure 100 ans

 

Céline Deluzarche
Journaliste

Résistant à l’abrasion, à la torsion, aux déchirures, au vent et à l’eau, ce pantalon permet même de traverser un feu sans se brûler ! À contre-courant de la fast-fashion, ce vêtement durable a été mis au point par une startup en collaboration avec un groupe spécialiste des textiles militaires.

Des vêtements toujours moins chers pour vendre toujours plus : tel est le modèle économique de la plupart des enseignes de mode. Les marques à petit prix ont ainsi instauré le concept de « fast fashion », qui conduit à un énorme gaspillage textile. En France, 2,5 milliards de vêtements sont ainsi mis sur le marché chaque année, soit 600.000 tonnes selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Une personne achète aujourd’hui 60 % de vêtements en plus qu’il y a 15 ans et les conserve moitié moins longtemps, révèle une étude McKinsey.

À contre-pied de cette tendance, la startup Vollebak vient de lancer un pantalon conçu pour durer… 100 ans. Il a été testé avec une machine mécanique qui frotte inlassablement le tissu jusqu’à ce que les fibres cèdent. Résultat :

« Alors qu’un tissu polyester classique résiste à 25.000 tours, chaque fibre de notre pantalon était intacte après 100.000 cycles », assure Nick Tidball, le cofondateur de Vollebak.

Outre sa résistance exceptionnelle aux déchirures et à l’abrasion, le « 100 Years Pants » est imperméable, respirant, extensible, coupe-vent, et permet même « de marcher à travers un feu».

Bref, il sera difficile d’en venir à bout, à moins d’être déchiqueté par un grizzly.

Le pantalon Vollebak est vendu 575 euros… pour une durée de vie affichée de 100 ans. © Vollebak, Sun Lee

Le pantalon Vollebak est vendu 575 euros… pour une durée de vie affichée de 100 ans. © Vollebak, Sun Lee

    Un sandwich de trois couches de tissu

    Conçu à l’origine pour les soldats opérant en situations extrêmes, ce pantalon est fabriqué dans un tissu spécial développé par la marque suisse Schoeller, spécialisée dans les textiles techniques pour la police et les militaires.

    Alors que la plupart des vêtements résistants au feu sont lourds, inconfortables et contiennent des produits chimiques, le « 100 Years Pants » promet d’être « un des pantalons les plus confortables que vous n’ayez jamais porté », garantit Nick Tidball.

    Le secret de ce matériau innovant ? Un sandwich de trois couches de tissu différents. La couche extérieure fait office de protection contre le vent et l’eau. Celle du milieu joue le rôle « d’airbag » : elle peut gonfler de 1.000 fois sa taille instantanément et former ainsi une barrière ignifugeinfranchissable. La couche intérieure, tissée en fibre aramide ultra-fine, consolide le tout et apporte le confort.

    En mode survie

    En outre, le pantalon est doté de 5 poches, dont 4 zippées, et renforcé à tous les endroits les plus sollicités (fesses, genoux…). Chaque couture est doublée avec du fil spécial ultra-résistant conçu pour la torsion et l’étirement, et les chevilles sont protégées par une membrane en polyuréthane que, « même des crampons ne peuvent pas traverser ». Il est équipé de boucles de paracorde dans une petite puce sous la ceinture. Cette corde en nylon multibrins a d’ailleurs été utilisée par les cosmonautes pour s’arrimer dans l’espace !

    « Elle pourra éventuellement vous servir à allumer un feu si vous ne disposez de rien d’autre sous la main », souligne la marque.

    Veste en graphène et blouson en Kevlar

    Ce n’est pas la première fois que la marque s’illustre pour ses vêtements indestructibles. En 2017, elle avait sorti un blouson renforcé en Kevlar, également conçu pour durer 100 ans, et une veste phosphorescente. En juillet 2018, elle avait présenté la première veste en graphène capable de se transformer en véritable radiateur. Reste à savoir qui est prêt à débourser 575 euros ($ 853 canadien) (même avec frais de port offerts vers l’Europe) pour s’offrir un tel pantalon. Certes, cela représente seulement 5,75 euros par an… à condition de vivre suffisamment longtemps pour vérifier la promesse, ce qui ne sera pas évident si vous vivez des aventures aussi dangereuses que celles prévues par le vêtement.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • La startup Vollebak a mis au point un pantalon conçu pour durer 100 ans.

  • Résistant aux flammes, imperméable, respirant et extensible, il est constitué d’un sandwich de trois couches de tissu.

  • La marque est spécialiste des vêtements innovants, avec déjà à son actif, la première veste en graphène.

https://www.futura-sciences.com

Récupération des invendus des épiceries: une année record, dit Moisson Montréal


Montréal peut être fier malgré la difficulté de nourrir toutes les personnes dans le besoin d’avoir mis sur pied un projet pour diminuer le gaspillage alimentaire dans les épiceries et a redistribuer à des organismes communautaires.
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Récupération des invendus des épiceries: une année record, dit Moisson Montréal

 

Récupération des invendus des épiceries: une année record, dit Moisson Montréal

Archives Métro

Le programme de récupération de nourriture en supermarché a permis à 1,2 million de kilos d’invendus d’éviter les vidanges à Montréal lors de la dernière année, et de plutôt servir à nourrir des gens dans le besoin. Une année record, estime François Jolicoeur, de Moisson Montréal.

Moisson Montréal redistribue la nourriture obtenue à une longue liste d’organismes communautaires qui s’occupent de nourrir les Montréalais.

M. Jolicoeur, directeur du développement des affaires de l’organisme de bienfaisance, se réjouit du fait que la récolte de nourriture en supermarché leur a permis de mettre la main sur 500 000 kg de viande, des denrées qui se retrouvent plus rarement dans leurs entrepôts.

Les épiceries partenaires du programme sont une centaine et appartiennent aux trois grandes bannières, soit Métro, Loblaws et Sobeys. Le programme de récupération en épicerie existe depuis l’année 2013-2014. Et il a connu une croissance continue depuis, souligne M. Jolicoeur.

«Cela permet deux choses», dit-il. C’est pour le bénéfice des quelque 250 organismes communautaires que Moisson Montréal dessert dans la ville, et aussi, «ça nous aide à lutter contre le gaspillage alimentaire».

Les camions de Moisson Montréal sillonnent les rues de Montréal et se rendent dans les supermarchés participants. Ceux-ci ont déjà mis la nourriture — près de la date de péremption, mais toujours comestible — de côté ou encore au congélateur pour la viande.

«On a des protocoles pour s’assurer que la nourriture périssable soit conservée dans de bonnes conditions et soit encore propre à la consommation», indique-t-il.

Le mot-clé est «rigueur», laisse-t-il tomber. Il cite par exemple le taux de rejet moyen de la viande récupérée: il n’est que de 7%, indique-t-il, ce qui signifie que la très grande majorité des barquettes de poulet, de porc ou de boeuf sont distribuées aux organismes communautaires.

Moisson Montréal se réjouit de la vitalité de ce projet qui permet de nourrir ceux dans le besoin tout en réduisant le gaspillage alimentaire. Recyc-Québec dit avoir offert du financement au programme, ce qui a permis de financer les équipements et les fournitures nécessaires à son déploiement à plus grande échelle en 2015 et 2016.

En 2017-2018, Moisson Montréal a redistribué près de 16 millions de kilos de nourriture et d’autres produits essentiels. Environ 136 500 personnes en ont bénéficié en 2017.

https://journalmetro.com/

À 11 ans, elle imagine une corbeille intelligente pour lutter contre le gaspillage


    Une jeune fille de 11 an a créé en Angleterre une corbeille intelligente qui peut éviter du gaspillage de fruits, légumes, et même fromage. Son invention pourrait être commercialisée.
    Nuage

     

À 11 ans, elle imagine une corbeille intelligente pour lutter contre le gaspillage

 

La corbeille mise au point par Rumaan Malik vous prévient lorsque la date limite de consommation approche.

Jeter des fruits car vous avez « oublié » de les manger et qu’ils ne sont plus comestibles, cela vous arrive (trop) souvent? Rumaan Malik a trouvé la solution.

Lauréate d’un concours d’inventions organisé par un supermarché en ligne britannique, la jeune fille de 11 ans a été recompensée pour son « Alarm Cup », une corbeille de fruits qui vous rappelle qu’il est temps de consommer son contenu, relate The Independent.

Le principe? Il est très simple. Vous programmez une date limite d’utilisation lorsque vous placez les fruits dans la corbeille. Deux jours avant l’échéance, vous recevez une alerte.  D’autres aliments comme le fromage et les légumes peuvent être placés dans cette corbeille intelligente.

L’invention de Rumaan Malik est en passe d’être commercialisée par Ocado, l’enseigne à l’origine du concours.

https://www.7sur7.be/

Des robes en peau de bananes: la nouvelle idée d’une entreprise de mode pour réduire le gaspillage


Quoique les peaux de banane, feuilles d’ananas et autres matières organiques sont compostables, il est intéressant de faire des vêtements de façon plus naturels et sûrement moins pollueurs
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Des robes en peau de bananes: la nouvelle idée d’une entreprise de mode pour réduire le gaspillage

 

Une banane | Mauro Cateb via Flickr CC License by

Une banane | Mauro Cateb via Flickr CC License by

 

Repéré par Camille Jourdan

Repéré sur Fast Company

Circular Systems utilise aussi d’autres matériaux comme le chanvre ou les feuilles d’ananas.

On connaissait les baskets en plastique recyclé pour dépolluer les océans; voici maintenant les robes en peau de bananes et les T-shirts en écorce de sucre de canne. Dans un récent article, Fast Company présente Circular Systems, une entreprise de l’industrie de la mode qui recycle les déchets alimentaires pour en faire des vêtements.

À l’origine de cette initiative: Isaac Nichelson.

Dans les années 90, ce défenseur de longue date d’une «industrie de la mode durable» prend conscience de la quantité de produits chimique qui sont utilisés pour produire du tissu. Pourtant, pas plus tard que dans les années 60, «97% des fibres utilisées dans les vêtements étaient issues de produits naturels», rappelle Fast Company.

«Aujourd’hui, [l’industrie de la mode] est tellement extractive et destructrice. Et nous regardons nos ressources diminuer alors que la population augmente», s’inquiète Nichelson.

Avec l’aide d’un scientifique, Yitzac Goldstein, et d’un des artisans de la légalisation du chanvre au Canada, Geof Kime, l’industriel a donc créé Circular Systems.

270 millions de tonnes de peau et de tiges de bananes par an

Tous les trois sont partis d’un constat: des tonnes de nourriture sont gaspillés ou détruites à perte chaque année. Exemple, rapporte Fast Company: nous mangeons 100 milliards de bananes par an, ce qui crée pas moins de 270 millions de tonnes de déchets que l’on laisse pourrir ou que l’on brûle.

«Les brûler pollue l’air, et les laisser pourrir libère du méthane dans l’atmosphère, ce qui contribue au réchauffement climatique», développe le magazine.

Autre constat, souligné sur le site de Circular Systems: chaque année, 32 millions d’hectares de paille de riz sont brûlés en Inde.

L’entreprise de Nichelson a choisi de se concentrer pour le moment sur cinq matières: les peaux de bananes, les feuilles d’ananas, les fibres de lin, les écorces de sucre de canne et les tiges de chanvre. Avec ces différents matériaux, Circular Systems assure pouvoir produire 250 millions de tonnes de fibres par an, soit 2,5 fois la demande actuelle.

Alors, prêts à porter un pantalon en feuilles d’ananas ?

http://www.slate.fr/

La mention «meilleur avant» favorise le gaspillage alimentaire


Êtes-vous de ceux qui jeter les aliments quand, arrive à la date de péremption ? Pourtant, la plupart des aliments sont encore bons pour la consommation. Peut-être que l’idée de changer la notification aiderait à diminuer le gaspillage alimentaire
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La mention «meilleur avant» favorise le gaspillage alimentaire

 

Une récente étude démontre que les Canadiens sont... (ARCHIVES LA PRESSE)

 

Une récente étude démontre que les Canadiens sont parmi les plus grands gaspilleurs de nourriture dans le monde.

BOB WEBER
La Presse Canadienne

Ne jetez pas votre pot de yogourt même si la date inscrite dans la mention «meilleur avant» est dépassée depuis quelques jours, prévient une enquête nationale visant à réduire l’immense gaspillage alimentaire au Canada.

Le Conseil national zéro déchet soutient que la mention «meilleur avant» sur les étiquettes des aliments crée de la confusion et représente une cause majeure de gaspillage alimentaire au pays.

D’après Denise Philippe, conseillère politique senior au sein du Conseil national zéro déchet, les gens ne savent pas ce que veut véritablement dire la date «meilleur avant». Selon Mme Philippe, qui a participé à la rédaction du rapport, lorsque les consommateurs voient cette indication, ils croient que l’aliment représente un risque pour la santé une fois la date échue. Ce qui n’est pas le cas, rassure-t-elle.

Une récente étude démontre que les Canadiens sont parmi les plus grands gaspilleurs de nourriture dans le monde. Chaque citoyen canadien jetterait près de 400 kilogrammes de nourriture par année, dont 47% à la maison.

Le Conseil national zéro déchet combat ces pertes depuis 2016 et l’étiquette «meilleur avant» semble représenter un ennemi majeur.

À l’exception de rares produits comme les oeufs, la date «meilleur avant» réfère à un niveau de qualité du produit et non pas à un enjeu de sécurité. Denise Philippe ajoute que bien des produits alimentaires affichent une date, alors qu’ils n’en ont même pas besoin.

«Une croustille peut probablement être légèrement plus croquante si on la mange avant la date et légèrement moins croquante après. Et vous seriez étonné de savoir à quel point un yogourt peut se conserver longtemps», mentionne la membre du comité.

Le vocabulaire utilisé et l’inscription ambiguë de la date contribuent aussi à confondre les consommateurs, d’après Mme Philippe.

Ce qui a pour conséquence d’envoyer des tonnes d’aliments sains et comestibles directement à la poubelle dans les cuisines résidentielles ou dans les épiceries.

«Des palettes entières d’humus parfaitement comestible sont retirées des épiceries juste avant l’échéance de leur date »meilleur avant«», déplore Denise Philippe.

Celle-ci propose que le Canada uniformise sa terminologie en utilisant des expressions comme «consommer avant», «congeler avant» ou «a meilleur goût avant» afin de départager si la date représente un enjeu de santé ou de qualité.

D’autres recommandations sont suggérées dans le rapport du comité, dont celle d’harmoniser les règles entourant les dons de nourriture et l’envoi de nourriture à l’enfouissement. L’étude réclame aussi un meilleur contrôle des inventaires chez les transformateurs et les détaillants alimentaires.

Le gouvernement fédéral s’est engagé à réduire le gaspillage alimentaire de moitié d’ici 2030. Il prépare aussi la rédaction d’une politique nationale de l’alimentation qui devrait s’attaquer au gaspillage.

http://www.lapresse.ca/