Culture de l’emballage


On nous fait croire que pour bien faire les choses, il faut beaucoup de flafla pour rendre hommage aux gens disparus, à l’amitié, l’amour et toutes les émotions que nous vivons. Quand au physique, nous disons que l’intérieur est plus important que l’extérieur et pourtant ce n’est pas ce qui se passe.
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Culture de l’emballage



Nous vivons dans un monde où les funérailles comptent plus que l’homme mort, le mariage plus que l’amour et le physique plus que l’intellect. Nous vivons dans la culture de l’emballage qui méprise le contenu.


Eduardo Galeno

Disparu depuis des jours, il rentre chez lui à temps pour ses propres funérailles


Je n’ose pas imaginer ce qu’ils ont pu ressentir quand ils ont cru leur fils mort, et par la suite vivant. C’est une suite émotions qui devaient être très fortes.
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Disparu depuis des jours, il rentre chez lui à temps pour ses propres funérailles

 

par  Ulyces

Paye ton ascenseur émotif. Au Paraguay, lorsqu’un jeune homme de 20 ans porté disparu depuis trois jours est finalement rentré chez lui, il a trouvé sa famille en pleine funérailles. Les siennes. Ils avaient cru l’enterrer quelques heures plus tôt, raconte le journal argentin Perfil.

Juan Ramón Alfonso Penayo, un adolescent du village paraguayen de Santa Teresa, proche de la frontière avec le Brésil, a causé une tristesse effroyable à ses parents et ses proches en disparaissant sans crier gare le 14 juin. Sans nouvelles de lui, sa famille a contacté les autorités. Et le lendemain, la police les a prévenus qu’un corps avait été découvert dans les environs du village…

Seulement voilà, la victime – car il s’agissait probablement d’un meurtre lié au trafic de drogue – avait été brûlée par ses bourreaux après son assassinat. Après s’être rendus à la morgue à la demande des autorités pour identifier le corps, les parents, face au défunt défiguré par les flammes, ont cru reconnaître leur fils sur la table métallique. Frappés de plein fouet par la tragédie, ils ont organisé l’enterrement et les funérailles de leur fils le lendemain.

Juan est alors rentré à la maison en pleine veillée funèbre. S’il n’a pas confié à la police la raison précise de sa disparition, on peine à imaginer ce qu’ont dû ressentir ses parents, outre l’immense soulagement de le voir vivant. Le cadavre, lui, a été repris par la morgue, et personne n’est encore venu le réclamer.

Source : Perfil

http://www.ulyces.co

Au Japon, des funérailles pour les chiens robots hors d’usage


Que le Japon recycle des robots hors d’usage, c’est une très bonne chose, mais c’est avant que débute ce processus, les moines bouddhistes célèbrent selon la tradition les funérailles de ces chiens robots. Ils prient pour la transition des âmes, car selon eux, toutes choses même une machine à une conscience.
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Au Japon, des funérailles pour les chiens robots hors d’usage

 

AFP/GETTY IMAGES

Pendant que certains Chinois mangent les leurs, les Japonnais se recueillent pour dire au revoir à leurs versions robotisées…

  • Agence France Presse

Encens et sutra récité par un moine : les rituels de funérailles traditionnelles sont respectés, mais ce n’est pas à un être humain que l’on dit adieu ce jeudi dans un temple à l’est de Tokyo, c’est à une centaine de chiens robots.

Alignés devant le choeur du temple pluricentenaire de Kofukuji de la ville d’Isumi (préfecture de Chiba), les 114 robots sont de vieux modèles du célèbre chien AIBO lancé par Sony en 1999. Hors d’usage et sans possibilité de réparation, ils ont dû être mis au rebut par leurs propriétaires.

La fumée de l’encens emplit le temple pendant qu’un moine récite des sutras, priant pour une transition paisible des âmes des défunts.

Seule entorse à la tradition, un petit robot, bien « vivant » celui-là, explique ce qui attend les chiens après la cérémonie.

Les propriétaires ne sont pas présents, mais chacun a envoyé une lettre indiquant le nom de son ancien animal de compagnie et racontant des souvenirs partagés avec lui.

« Je me sens soulagé de savoir qu’il y aura une prière pour mon AIBO », dit ainsi l’une de ces lettres, tandis que dans une autre, un propriétaire a écrit : « J’ai pleuré lorsque j’ai pris la décision de lui dire adieu », ajoutant, « s’il-vous-plaît, aidez d’autres AIBOs ».

Car une fois les funérailles achevées, les chiens sont précautionneusement rangés dans du papier bulle et des cartons, direction les locaux d’A FUN, une société spécialisée dans la réparation de produits électroniques « vintage ».

Leurs parties encore fonctionnelles serviront de stock de pièces détachées pour redonner vie à d’autres robots cassés.

C’est A FUN qui organise ces funérailles collectives et plus de 800 modèles d’AIBO ont déjà eu droit à leur cérémonie.

Conscience

« Il y a beaucoup de personnes qui nous envoient leur robot parce que je pense que ça les apaise de faire don de leur corps plutôt que de le jeter comme une simple machine », explique Nobuyuki Norimatsu, son dirigeant.

Pour Bungen Oi, le moine du temple, ces cérémonies ne sont pas du tout absurdes.

« L’essence du bouddhisme habite toute chose. (…) Même les machines ont une conscience alors c’est pour cela qu’on pratique cette cérémonie », explique-t-il à l’AFP.

AIBO a été le premier robot domestique capable de développer une certaine personnalité. Sony a lancé la première génération en juin 1999 et le petit chien a connu un succès immédiat. Le premier lot de 3000 exemplaires s’est arraché en moins de 20 minutes, malgré un prix élevé de 250 000 yens (plus de 1800 euros) l’exemplaire.

Au fil des années, plus de 150 000 chiens ont été écoulés. Mais en 2006, confronté à des difficultés financières, Sony a cessé de fabriquer le robot AIBO. Le groupe a maintenu une « clinique » de réparation ouverte jusqu’en 2014, avant de la fermer elle aussi, laissant les maîtres de ces chiens sans secours en cas de problème.

À leur grand soulagement, d’anciens ingénieurs du groupe ont pris le relais en créant A FUN.

Si en janvier dernier Sony a dévoilé une nouvelle version de son célèbre robot chien, connecté et dopé cette fois à l’intelligence artificielle, il n’a pas relancé la réparation de son ancêtre du vingtième siècle

https://quebec.huffingtonpost.ca/

La plus ancienne église de Nîmes mise au jour


Une très ancienne église découvertes à Nîmes en France, ainsi des sépultures qui viennent témoigner de la transition païenne à chrétienne et l’évolution des rites funéraires
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La plus ancienne église de Nîmes mise au jour

 

fragment de stèle d'une tombe de l'église de nimes du ve siècle

Un fragment de stèle de la fin du IIe ou du IIIe siècle, utilisé dans l’architecture de la tombe privilégiée. L’inscription évoque un enfant nommé Albina ou Sabina et son père.

© R. Bénali, Inrap

Des fouilles menées par l’Inrap dans la cité du Gard ont révélé une partie d’une église et des sépultures datant du début du Ve siècle.

François Savatier

Seulement 330 mètres carrés de fouilles préventives ont suffi à révéler la plus ancienne église de Nîmes  ! Le bâtiment, dont l’équipe de Marie Rochette, de l’Inrap, a mis au jour une partie, date du début du Ve siècle – soit quelque années après l’installation d’un premier évêque à Nîmes.

Sur place, rien de spectaculaire  : un arc de fondation délimite une partie de l’abside remplie de sépultures. Les quelque 130 inhumations constituent en fait la principale moisson scientifique des chercheurs, puisqu’elles documentent la transition entre les habitudes funéraires païennes et les nouveaux rites chrétiens. Si les bébés et petits enfants sont encore enterrés au sein d’amphores, les tombes d’adultes sont constituées de caissons de bois ou de pierre, souvent en matériaux de réemploi (stèles, inscriptions, dalles, marches, caissons de plafond, tuiles en terre cuite ou en pierre, colonnes, moulures…). Ces nombreux emprunts témoignent de la proximité de la nécropole du Haut Empire où les mausolées romains, en ruine, ont été démontés.

Dans l’ensemble, cette découverte témoigne de l’évolution de la culture funéraire entre l’Antiquité et le Moyen-Âge chrétien, ce qui est rarissime. Les archéologues vont donc poursuivre leur étude en se livrant à une étude stratigraphique (les tombes de diverses époques se succèdent selon un ordre qu’il faut établir) et anthropologique (statures, pathologies, etc.) qui leur permettra de documenter un temps de transition mal connu.

 L. Wozny, Inrap

L’abside de l’église contient de nombreuses sépultures.

L. Wozny, Inrap

F. Leroy, Inrap

Nombre des tombes retrouvées, comme ce caveau préparé pour un enfant, sont constituées de matériaux récupérés dans les nécropoles romaines plus anciennes situées à proximité.

F. Leroy, Inrap

http://www.pourlascience.fr/

Le Saviez-Vous ► Les pleureuses : un métier ancestral


Personnellement, je croyais que les pleureuses dans les obsèques étaient choses du passé. Il semble que non. Bien sûr, que ce métier n’est pas en vogue en Occident quoiqu’en Grande-Bretagne, ce service est offert et en Orient, c’est un métier qui a toujours de l’avenir. J’avoue que je n’aime pas l’idée que des personnes inconnues soient louées pour pleurer à ma mort
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Les pleureuses : un métier ancestral

 

Les pleureuses : un métier ancestral

Chacun voudrait avoir des funérailles qui sortent de l’ordinaire. Vouloir que l’on se souvienne de nous est quelque chose d’humain. Tout comme il est naturel de vouloir des funérailles dignes de ce nom pour un être aimé. Depuis les temps ancestraux, il existe des personnes qui peuvent rendre des funérailles totalement hors du commun. Il s’agit des pleureuses. Généralement féminines, ces professionnelles sont engagées par les familles endeuillées pour feindre le chagrin lors de funérailles. L’objectif étant de rendre un hommage plus important au défunt.

Si dans quelques régions du monde, le métier de pleureuses existe encore, cette profession s’est peu à peu éteinte mais il y a plusieurs siècles, la majorité des funérailles ne pouvaient pas se faire sans pleureuses.

Les pleureuses dans l’Antiquité et au Moyen-Âge

Egypte Antique : Aux origines des pleureuses

En Egypte Antique : Aux origines des pleureuses

C’est certainement à l’époque de l’Egypte Antique, soit de nombreux siècles avant notre ère, que le métier de pleureuse est apparu pour la première fois. Généralement appelées pour les funérailles royales, les pleureuses rythmaient le transport de la dépouille du défunt.

Elles émettaient des cris et scandaient des versets. De nombreuses fresques et sculptures ont représenté ces marches funèbres rythmées par les pleureuses.

Dans la Rome Antique : En tête du cortège

Métier de pleureuse dans la rome antique

Dans la Rome Antique, on faisait également appel à des pleureuses pour qu’elles rythment le cortège funèbre.

Placées en tête de ce dernier, elles avaient pour objectif d’améliorer l’aspect des funérailles en récitant des lamentations. Dans L’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, Louis de Jaucourt décrit cet usage de pleureuses dans la Rome Antique.

« Les Romains pour s’épargner la peine d’offrir une affliction extérieure dans les funérailles de leurs parents et de leurs amis, ou pour augmenter l’aspect de leur deuil, établirent l’usage d’un chœur de pleureuses, qu’ils plaçoient à la tête du convoi, et qui par des chants lugubres, et par des larmes affectés, tâchoient d’émouvoir le public en faveur du mort que l’on conduisoit au bûcher. Elles avoient à leur tête une femme qui régloit le ton sur lequel elles devoient pleurer […] » est-il écrit à la définition de « Pleureuses » dans la première édition de l’Encyclopédie en 1751.

Le Moyen-Âge : Les pleureuses anéanties par l’Eglise Catholique

Durant l’époque du Moyen-Âge, c’est surtout dans les pays anglo-saxons que les pleureuses sont engagées. En effet, la montée du Christianisme et la pression de l’Eglise Catholique ont rendu l’exercice des pleureuses beaucoup plus rare.

Les pleureuses : un métier encore d’actualité

Les pleureuses en France : Très répandues avant le XIXème siècle

En France, le métier de pleureuse a quelque peu disparu depuis les années 1960 comme le souligne Jean-Luc Laffont dans son ouvrage « Les pleureuses et crieuses d’enterrements dans la France méridionale ».

Toutefois, avant le XIXème siècle, la présence de pleureuses lors de funérailles était très fréquente.

« La coutume d’avoir des personnes vêtues de deuil et payées pour pleurer aux funérailles, semble fort ancienne. Cet usage paraît avoir été plus généralement répandu en France, où il se conserve encore de nos jours, et d’où il s’était propagé dans le nord de l’Italie, ainsi que j’en ait été convaincu par plusieurs monuments » a écrit Camille Bonnard dans « Costumes des XIIIème, XIVème et XVème siècles ».

En Grande-Bretagne, on paye des « figurants endeuillés »

Histoire des pleureuses

Il faut très certainement traverser la Manche et se rendre au Royaume-Uni pour remarquer que l’appel à des pleureuses est une chose très demandée encore de nos jours.

En Grande-Bretagne, une société s’est même fondée en proposant un type de services de pleureuses. Baptisée Rent-a-Mourner (comprenez, « Louez une pleureuse »), cette société propose aux familles endeuillées de payer les services de plusieurs professionnels qui s’inviteront à des obsèques. Ces « figurants endeuillés » se détachent du rôle traditionnel des pleureuses dans le sens où les familles font appel à leurs services plutôt lorsque peu de personnes risquent d’être aux obsèques.

Ils se doivent tout de même de donner l’impression d’avoir connu intimement le défunt en ayant reçu des informations détaillées sur sa vie.

En Chine et à Taïwan, les pleureuses sont fortement demandées

Mais c’est certainement à l’autre bout du monde, dans l’extrême Orient, que la tradition des pleureuses se perpétue encore de nos jours. En effet, en Chine et à Taïwan, des femmes sont encore engagées par les familles endeuillées pour rendre « vos obsèques inoubliables » comme a titré L’Express dans un article paru en 2011.

On y suit alors la vie d’une pleureuse Chinoise nommée Hu Xianglian. Recrutée par une famille endeuillée, on découvre sa profession durant une cérémonie d’obsèques. Après avoir feint une profonde tristesse, récité un discours à la mémoire du défunt, la pleureuse et sa bande de musiciens vont se donner en spectacle et même offrir un spectacle de danse. N’y voyez-là aucune marque de non-respect envers le défunt car, dans les traditions chinoise et taïwanaise, la joie fait également partie du cérémonial funéraire.

« Comme l’adieu au mort est un moment très important, il faut que la cérémonie soit animée et spectaculaire. Sinon les enfants seront mal vus par le village. […] Si les descendants ne pleurent pas assez fort, cela va être considéré par les gens du voisinage comme un manquement à la piété filiale. […] Il faut exprimer la douleur à la place de la famille. C’est un métier très éprouvant » explique la pleureuse professionnelle dans les lignes de l’article de L’Express.


Crédits visuels :
  • Crédit visuel de l’article : © Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons, via Wikimedia Commons

http://www.obseques-organisation.com/

Il assiste à son propre enterrement


Je ne sais pas si on peut demander ce genre d’arrangement funérailles dans mon coin de pays, j’ose espérer que non. Je trouve cela tellement glauque
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Il assiste à son propre enterrement

 

 

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Il assiste à son propre enterrement, les yeux grands ouverts et une cigarette à la main

Le 3 mars dernier, devant sa maison de San Juan à Porto Rico, Fernando de Jesus Diaz Beato, 26 ans, a été assassiné de 15 balles tirées à bout portant. Une enquête de police a été ouverte, mais pour l’instant, aucune piste ne mène à de potentiels suspects. Pour son enterrement, les proches ont fait le choix de voir Diaz Beato

« Comme il était dans la vie, quelqu’un d’heureux et de très actif » raconte l’une de ses sœurs.

La famille a donc fait appel à des services de pompes funèbres aux services quelque peu conventionnels,et le résultat en a impressionné plus d’un… En effet, grâce au travail parfait de ceux qui se sont occupés de son corps, Diaz Beato a pu apparaître à ses propres funérailles comme s’il était vivant. Une volonté évoquée par la famille, qui ne souhaitait en aucun cas le voir allonger dans un cercueil.

Ainsi, pour rendre hommage au jeune défunt, l’organisme l’a assis sur une chaise, les jambes croisées, l’a habillé de ses vêtements préférés, lui a mis un cigare entre les doigts et a fait en sorte qu’il garde les yeux ouverts. Une surprise qui a beaucoup touché la famille, qui a eu l’impression de voir le jeune homme en pleine forme, comme elle l’a toujours vue.

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« C’est la neuvième fois que l’on nous demande des services un peu particuliers comme ce type de mise en scène. En revanche, c’est la première fois qu’on va jusqu’à rouvrir les yeux d’une personne décédée pour donner le sentiment qu’elle est encore vivante » explique Damaris Marin, propriétaire et directeur des pompes funèbres Marin Funeral Home.

Bien que le résultat ait scotché famille et proches, tous ont avoué avoir été agréablement surpris de le voir comme il était dans la vraie vie, une toute dernière fois.

« On voulait quelque chose de différent, et surtout, on voulait qu’il soit à son avantage » explique Ihizz Beato, l’une des sœurs de la victime.

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Le Saviez-Vous ►La petite histoire du corbillard – Véhicule du dernier voyage


Faire un dernier voyage, un dernier tour en auto pour se rendre au dernier repos. Le Corbillard a fait beaucoup chemin depuis que les hommes portent leur mors à leur dernière demeure
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La petite histoire du corbillard – Véhicule du dernier voyage

Véhicule ayant une place bien particulière dans l’imaginaire collectif, le corbillard constitue pour plusieurs un objet solennel associé à l’image traditionnelle du « croque-mort » habillé de noir.

En tant que moyen d’amener les dépouilles des défunts vers leur dernière demeure, il a existé dans toutes les cultures sous différentes formes et de multiples appellations. Au point de vue étymologique, le mot « corbillard » provient de la ville française de Corbeil.

À l’origine, il désignait une sorte de péniche qui faisait la navette entre Corbeil et Paris. Il a ensuite été employé pour décrire un carrosse bourgeois. Quant à son sens actuel, il date de 1798.

La genèse

L’ancêtre du corbillard moderne naquit au Moyen Âge européen, époque où l’on adopta la coutume de construire des sarcophages de plus en plus lourds pour les défunts. Ces coffres (souvent faits de pierre) ne pouvant être transportés sur le lieu de l’inhumation, on les assembla sur place et ce furent plutôt les dépouilles mortelles qui furent déplacées. Sur son lit de mort, le défunt recevait les derniers sacrements (aspersion d’eau bénite, fumigation d’encens) par un ecclésiastique puis son corps était enveloppé dans un linceul de grosse toile appelée « sarpillière ». Seul le visage restait apparent. Le corps enveloppé était alors placé sur un brancard, appelé « bière », pour être porté, sur une courte distance, jusqu’au sarcophage selon un parcours rituel immuable. Après avoir déposé le corps dans le sarcophage et procédé au rituel de présentation du défunt, la « sarpillière » était cousue, enveloppant le visage. Les pauvres n’avaient pour leur part droit qu’à la « sarpillière » cousue pour être inhumés directement en terre et souvent en fosse commune.

Pour des raisons de respect, de nombreux rituels n’autorisèrent pendant longtemps que l’usage de la force humaine pour le déplacement des corps; l’emploi d’animaux comme le cheval étant tenu dans plusieurs cas comme étant indigne.

 Il fallut attendre le 18e siècle et une certaine sophistication des rites funéraires pour que se répande la pratique de transporter les défunts à l’aide d’un char hippomobile, lequel prit alors le nom de corbillard.

Au 19e siècle, ce dernier connut une importante expansion et des entreprises se constituèrent pour se lancer dans ce qui était devenu une industrie prospère. Parallèlement à cela, des véhicules magnifiques qui peuvent presque être qualifiés d’œuvres d’art furent assemblés à l’intention des clientèles aisées qui ne manquèrent pas d’ajouter ainsi tout le décorum voulu à leurs funérailles…

L’ère moderne

corbillard 1963

Avec les débuts de l’automobile au tournant du 20e siècle, le cheval céda peu à peu sa place au moteur à essence. Selon les historiens, ce fut le 15 janvier 1909 à Chicago que se déroulèrent les premières funérailles en Amérique à employer un corbillard motorisé. Le défunt se nommait Wilfred A. Pruyn et était de son état conducteur de taxi. Ne possédant aucun corbillard sans chevaux, l’entrepreneur funèbre H.D. Ludlow s’empressa de se procurer un véhicule automobile qu’il surmonta du châssis nécessaire au transport du cercueil. Le cortège qui traversa Chicago peu de temps après fut un tel succès que Ludlow décida de conserva le véhicule artisanal pendant les neuf semaines qui suivirent. Dans ce court laps de temps, quatorze autres dépouilles mortuaires l’empruntèrent pour rejoindre à leur tour le cimetière. Le corbillard moderne venait de naître bien qu’il eût encore un long chemin à parcourir pour devenir le véhicule que l’on connaît aujourd’hui…

En 2001, la compagnie Accabuilt, basée à Lima en Ohio, était devenue le principal fabricant de corbillards en Amérique du Nord, contrôlant pas moins de 70 % d’un marché certes modeste en comparaison des autres segments de l’industrie automobile, mais très stable. Elle produisait environ 1 500 véhicules par année (des modèles Cadillac et Lincoln) qu’elle revendait à un prix moyen de 80 000 $ US.

Par Éric Laliberté, bachelier en histoire

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