4 types de fraudes à surveiller pendant les Fêtes


En cette période de l’année, les arnaques en tous genres veulent profiter des fêtes pour se remplir leurs poches. Il est important de ne pas donner nos renseignements personnels a n’importe qui même si cela semble fiable.
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4 types de fraudes à surveiller pendant les Fêtes

Une jeune femme appuie sur l'écran de son téléphone cellulaire.

La période des Fêtes est un temps fort pour les activités frauduleuses.

PHOTO : ISTOCK9

Vous vous préparez à faire vos courses de Noël? Veillez également à prendre quelques précautions lors de vos achats, car la période des Fêtes est un temps fort pour les activités frauduleuses.

Plusieurs stratagèmes apparaissent à cette période-ci de l’année et les fraudeurs savent profiter de ceux et celles qui ne font pas assez attention, indique Jeff Thomson, analyste à l’unité antifraude la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Voici quelques-unes des principales arnaques, selon Jeff Thomson.

1. Arnaque à la carte SIM

La GRC observe une hausse récente de vols d’identité au moyen d’attaques visant la carte SIM des téléphones cellulaires.

La procédure est la suivante. Les escrocs envoient un courriel d’hameçonnage qui semble provenir de votre fournisseur de réseau cellulaire. Le courriel mentionne que vous avez gagné une quantité de données gratuites – ou quelque chose d’équivalent – et vous invite à cliquer sur un hyperlien pour réclamer votre « prix ».

Des informations personnelles sont ensuite demandées afin de supposément mettre à jour votre profil auprès du fournisseur. Les escrocs se servent alors de celles-ci pour le contacter et avoir accès à votre téléphone intelligent.

Si votre compte de banque, votre compte courriel ou vos comptes de réseaux sociaux sont liés à votre téléphone, les fraudeurs peuvent à présent y avoir accès, explique Thomson.

Si vous recevez une offre promotionnelle par courriel de votre fournisseur de réseau cellulaire, mieux vaut l’appeler pour vérifier si l’offre est réelle.

2. Hameçonnage téléphonique

Ce type de fraude est peut-être plus courant : une personne prétendant travailler pour l’Agence du revenu du Canada vous appelle pour vous demander un paiement dû et vous menace d’une arrestation si vous refusez de payer.

Une variation plus insidieuse de cette forme d’hameçonnage est apparue et connaît une hausse importante, selon la GRC.

La ruse employée cette fois pour convaincre les victimes est d’affirmer que leur numéro d’assurance sociale (NAS) est compromis. Après avoir obtenu ce NAS et d’autres informations personnelles, les escrocs prétendent qu’un suivi sera fait par les services de police ou des équipes d’enquête. Celui-ci se traduit bien souvent par une demande où les victimes sont incitées à transférer leur argent dans un compte « sécuritaire » afin d’éviter une fraude.

Jeff Thomson rappelle que le personnel des agences canadiennes n’appelle pas les individus pour leur demander des informations personnelles et qu’il faut conséquemment se méfier de ce type d’appels.

3. Fraudes liées au magasinage en ligne

Une autre fraude fréquente est l’ensemble de produits contrefaits ou de mauvaise qualité vendus sur Internet. Pour éviter de se faire berner, Jeff Thomson recommande de magasiner seulement sur des sites reconnus et d’utiliser seulement des méthodes de paiement qui offrent des protections pour les cartes de crédit.

Si votre achat vous semble trop beau pour être vrai, c’est que c’est probablement le cas, dit Thomson.

4. Prêts fallacieux

Les personnes à la recherche d’argent supplémentaire pour leurs achats de Noël sont particulièrement vulnérables à ce type d’arnaque. Les escrocs offrent alors un prêt, puis demandent immédiatement des informations personnelles ou des remboursements.

Jeff Thomson conseille de faire preuve de vigilance et d’emprunter de l’argent seulement auprès d’institutions reconnues.

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Une coalition contre les applications d’espionnage de partenaire voit le jour


Le stalkerware a l’origine était à l’origine de surveiller les enfants ou les employeurs, ce que je ne suis pas d’accord .. Il semble être utilisé aussi pour espionner les moindres faits et gestes d’une personne. Un organisme travaille pour des victimes de violence conjugale, de harcèlement, d’abus et de fraude. Le but est d’informer les gens des possibilités d’être espionné avec leur téléphone, mais il y a des moyens de prévention. Ce que je ne comprends pas, pourquoi Google, Apple et autres autorisent que ces applications soit offertes a tous.
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Une coalition contre les applications d’espionnage de partenaire voit le jour

Une jeune femme préoccupée fixe son téléphone cellulaire.

Les personnes qui soupçonnent leur partenaire ou ex-partenaire d’avoir installé un logiciel espion sur leur appareil sont souvent sans ressource.

PHOTO : GETTY IMAGES / ANTONIO GUILLEM

Radio-Canada

    Des entreprises de cybersécurité, des organismes venant en aide aux victimes de violence conjugale et des activistes numériques ont formé cette semaine une coalition visant à freiner la propagation de « stalkerware », ces applications de surveillance de téléphone qui permettent d’espionner son conjoint ou sa conjointe à son insu, et à venir en aide aux victimes. 

    Stalkerware est une contraction de stalker (harceleur) et software (logiciel). Ces applications peuvent être téléchargées sur le téléphone d’une victime à son insu et permettent de surveiller à distance ses faits et gestes.

    Avec elles, on peut notamment être au fait des appels téléphoniques, des messages texte, des courriels, des activités en ligne, de la liste de contacts, de l’agenda électronique et de la position géographique de sa victime. Dans certains cas, il est même possible d’allumer le microphone de son téléphone ou de prendre des photos.

    Lorsqu’il est conçu pour fonctionner de manière furtive, sans notification, le stalkerware peut être un outil robuste pour le harcèlement, la surveillance, la fraude et l’abus. Ce genre d’abus peut être terrifiant et traumatisant, et soulève des préoccupations en matière de sécurité et vie privée, a expliqué la directrice du Réseau national de centres sur la violence domestique, Erica Olsen, par voie de communiqué.

    Son organisme figure parmi les dix qui forment la Coalition Against Stalkerware (coalition contre le stalkerware). Des entreprises d’antivirus comme Kapersky et la firme de cybersécurité Malwarebytes figurent aussi parmi les organisations membres.

    La coalition a lancé mardi le site web StopStalkerware.org (Nouvelle fenêtre), qui offre des ressources pour les victimes de ces applications. Le but est de sensibiliser le public quant à leur existence et de rediriger les victimes vers les organismes. Il est pour l’instant seulement disponible en anglais.

    D’après les informations sur le site web, 70 % des femmes victimes de cyberharcèlement ont aussi vécu de la violence domestique ou sexuelle. Il s’agit, selon la coalition, d’un phénomène genré.

    Stopper le stalkerware

    Ces applications sont souvent présentées comme des outils destinés aux parents qui veulent surveiller leurs enfants ou aux employeurs pour leur permettre de surveiller leur personnel alors qu’elles sont principalement utilisées pour espionner des partenaires.

    C’est entre autres pour cette raison que les différents logiciels d’antivirus pour téléphones cellulaires ne les détectent pas toujours comme étant des logiciels malveillants. La coalition espère donc établir des normes sur le stalkerware pour toute l’industrie de la cybersécurité et permettre aux victimes de détecter si ces applications se trouvent sur leur téléphone à leur insu.

    À terme, le but serait carrément de rayer le stalkerware de la carte numérique.

    Nous voulons que ces applications soient désactivées, que le développement d’applications de la sorte soit interrompu et que les personnes qui se servent de stalkerware soient emprisonnées pour avoir collecté des informations numériques hautement personnelles, a expliqué Eva Galperin, directrice de la cybersécurité de l’Electronic Frontier Foundation, une organisation de protection des libertés sur Internet membre de la coalition.

    Des trucs pour vous protéger

  • Un harceleur a besoin d’avoir physiquement accès à votre appareil mobile et doit connaître son mot de passe pour installer une application. Changez le mot de passe régulièrement et gardez-le secret.

  • Des spécialistes affirment que si vous soupçonnez qu’un logiciel-espion a été installé sur votre téléphone, l’effacer ou tenter de l’éteindre pourrait attiser la colère de votre harceleur et vous mettre en danger. Diana Galeano, du refuge pour femmes Nellie’s de Toronto, conseille à ses clientes de faire inspecter leur téléphone par leur fournisseur d’accès afin qu’il vérifie si des applications suspectes s’y trouvent et de changer de téléphone au besoin.

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Faux artistes, vraies arnaques


Je ne comprends pas comment des personnes se font prendre de la sorte. Bon peut-être que je ne suis aucune vedette dans les réseaux sociaux, même si je peux aimer certains artistes, je ne suis pas une fan au point de vouloir tout savoir. Ce qui m’interpelle, des fraudeurs qui se font passer pour des artistes québécois est bien les mots qu’on n’utilise pas au Québec et les fautes a profusion (donc plus que moi)  De plus, sitôt qu’on parle d’argent pour réclamer un prix ou pour faire un don dans une conversation privée, devraient allumer les lumières de la méfiance.
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Faux artistes, vraies arnaques

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Marc Hervieux

Marie-Mai, Marc Dupré, Marc Hervieux… des arnaqueurs, souvent africains, utilisent le nom et les photos d’artistes québécois pour frauder des fans. Notre journaliste s’est créé un compte Instagram et s’est rapidement fait contacter par des imposteurs.

ÉMILIE BILODEAU
LA PRESSE

Des fans pris pour cible

Les faux comptes d’artistes créés pour escroquer pullulent sur Facebook et Instagram

L’entourage de Marie-Mai dépense énormément d’énergie à faire fermer les faux comptes qui utilisent le nom de la chanteuse sur les réseaux sociaux.

« Il en pleut des faux comptes, commente Marie-Mai. Presque tous les jours, on doit en fermer. Tous les jours, on doit effectuer un contrôle. »

L’artiste ne se pose pas en victime. Elle est attristée que des fans se fassent piéger par des escrocs au point d’en perdre de l’argent.

« C’est très frustrant. Ça me fait de la peine pour les fans qui pensent vraiment qu’ils ont un accès à moi. Ils [les fraudeurs] profitent de la naïveté de certaines personnes. Ça m’enrage ! Ça me choque ! »

Marie-Mai se retrouve aussi dans des situations embêtantes à cause des arnaqueurs. À la fin d’une séance de signature d’autographes, une fan s’est présentée à la chanteuse.

« Elle était convaincue que j’avais eu la discussion avec elle, sur le web, que j’étais lesbienne », cite l’artiste en exemple.

La chanteuse n’est pas la seule artiste ciblée par les malfaiteurs. Au cours des dernières années, des extorqueurs ont utilisé l’identité d’au moins une vingtaine de personnalités québécoises, dont celle de Marc Hervieux. Chaque fois, le ténor a dénoncé l’arnaque sur sa page Facebook et le compte du faussaire a rapidement été supprimé. Le chanteur ignore toutefois si des victimes se sont fait prendre au point d’envoyer de l’argent aux fraudeurs.


« C’est effrayant ! Les gens ont l’impression que tout à coup, ils ont un contact avec des gens qu’ils aiment beaucoup. Ils sont heureux de communiquer avec un artiste qu’ils aiment tant. Mais ce n’est pas nous », se désole Marc Hervieux.

Au moins une personne a aussi utilisé le nom de Dan Bigras pour solliciter des dons, il y a un an et demi. Le fraudeur prétendait que l’argent serait versé au Refuge des jeunes, un organisme que Dan Bigras parraine depuis près de 30 ans.

Le manège a cessé, mais il a repris, sous une nouvelle forme, dans les derniers mois.

« Ils [les faussaires] avaient l’air de faire des compliments aux personnes qu’ils approchaient, de vouloir les rencontrer, puis à un moment, ils leur demandaient un don », raconte l’artiste qui a été prévenu par des internautes vigilants.


« Bien voyons donc !, s’exclame-t-il. Je ne demande jamais de don sur les réseaux sociaux. Je ne fais jamais de demande en mariage. Je ne sollicite rien sur Facebook », déclare Dan Bigras.

Un iPhone en prix

L’animatrice Annie-Soleil Proteau s’est aussi mise à recevoir des messages étranges, sur Instagram, au cours de l’année.

« On m’écrivait : “J’ai participé à ton concours et j’ai gagné. Merci de me faire gagner un iPhone. Quand est-ce que je vais le recevoir ?” »

Sur le coup, la chroniqueuse culturelle à l’émission Salut Bonjour ne comprenait pas pourquoi on lui envoyait ces messages. Jamais elle n’avait organisé de concours ni fait tirer d’iPhone. Quelques semaines se sont écoulées et un internaute lui a appris qu’un individu utilisait son nom et ses photos sur Instagram. Puis, au mois d’août dernier, certaines personnes lui ont annoncé qu’elles s’étaient fait frauder de quelques centaines de dollars à quelques milliers de dollars.

« Je me suis mise à capoter. J’ai compris que quelqu’un utilisait mon nom et ma face pour arnaquer des gens », souligne l’animatrice, en colère.

Elle a d’ailleurs consulté un expert en cyberfraude qui soupçonne que l’imposteur serait établi au Congo.

La plupart des gens finissaient par comprendre que ce n’était pas moi, que je n’avais rien à voir là-dedans, que c’était une fraude et qu’ils s’étaient fait avoir. Mais il y en a qui ont vraiment pensé que c’était moi qui les arnaquais. Annie-Soleil Proteau

Annie-Soleil Proteau a eu beaucoup de difficulté à faire fermer le compte qui s’appelait « anniesoleil.proteauoff » ; le sien s’appelle « anniesoleil.proteau ». D’abord, le fraudeur a bloqué la vraie Annie-Soleil Proteau de sorte qu’elle ne puisse rien voir du compte utilisant ses photos. Puis, malgré les centaines de personnes qui lui écrivaient pour lui dire qu’ils avaient dénoncé le compte à Instagram, rien ne bougeait.

La situation est devenue plus sérieuse vers la fin d’août. Un dimanche après-midi, elle a passé quatre heures à répondre à des messages de fans, dont certains avaient été victimes de l’arnaque. Ceux-ci avaient composé un numéro de téléphone payant qui leur avait été fourni pour réclamer un iPhone 10. Les victimes se sont retrouvées avec une facture de téléphone salée et ce sont les fraudeurs qui se sont enrichis.

Elle a décidé de publier une photo et un message pour prévenir ses fans et, surtout, pour critiquer l’inertie d’Instagram. Quelques heures plus tard, le compte a finalement disparu de la plateforme sociale.

Douze faux comptes « officiels »

Nathalie Ménard est une fan d’Éric Lapointe. Elle n’approuve pas les gestes présumés de violence que le chanteur a commis contre une femme, mais elle ne renie pas l’entrevue qu’elle a accordée à La Presse bien avant que des accusations ne soit portées contre l’artiste.

Chaque année, Nathalie Ménard assiste à trois ou quatre spectacles de son chanteur préféré. Elle publie aussi des photos du rockeur sur les réseaux sociaux. Des « éric68 », « éric188 » ou « éric232323 » la contactent parfois sur la messagerie privée d’Instagram en prétendant qu’ils sont LE Éric Lapointe.

« L’autre jour, il y en a un qui me faisait croire que c’était vraiment Éric et qu’il sortait de studio. Eille, le cave ! Voir qu’en sortant de ton studio, tu m’écris. Come on, je n’ai pas 16 ans », s’exclame-t-elle.

Nathalie Ménard défie parfois les falsificateurs en leur posant des questions pointues, notamment sur ses nombreux tatouages. Il faut dire que Nathalie Ménard et Éric Lapointe portent le même dessin sur le bras gauche, le serpent de la pochette de l’album Ma peau.

D’habitude, Nathalie Ménard coupe court aux discussions avec les faux Éric Lapointe, car elle est convaincue que les charlatans n’habitent même pas le Québec. Ils utilisent des termes comme « manager », au lieu de gérant, ou « sponsors », au lieu de commanditaires. Leurs messages sont aussi bourrés de fautes d’orthographe et de syntaxe.

Pour La Presse, elle a toutefois entretenu une conversation plus longue avec un certain « eric_lapointre_officiel ». Le vrai compte d’Éric Lapointe s’appelle « eric.lapointe_officiel », sans coquille dans le nom de famille.

Celui-ci a demandé à la Joliettaine son lieu de résidence, son âge, si elle avait des enfants, si elle était mariée et si elle croyait en l’amour sur le web. Il lui a mentionné qu’il la trouvait belle. Après avoir échangé quelques dizaines de messages, Éric Lapointre (sic) lui a offert d’avoir accès en exclusivité aux dates de ses prochains spectacles et à des gros lots.

Tout ce qu’elle devait faire, c’est de remplir « une recharge » Neosurf de 150 $ dans un « bureau à tabac », un dépanneur en québécois.

Nathalie Ménard n’a pas pu se retenir. Elle lui a écrit : « va arnaquer quelqu’un d’autre ».

Le faussaire lui a répondu : « ta mère ».

Le vrai du faux

La Presse a fait parvenir des captures d’écran de huit faux Éric Lapointe « officiel » au porte-parole de Facebook. En moins de 24 heures, les comptes ont été fermés. Le hic, c’est que Facebook n’a pas été en mesure de distinguer le vrai compte du chanteur parmi les faux. L’authentique a aussi été supprimé.

« Il [le gestionnaire des réseaux sociaux d’Éric Lapointe] essaie de se brancher avec les codes et ça ne fonctionne pas. Instagram ne reconnaît même plus le courriel et le nom d’utilisateur qu’il a utilisés pour ouvrir le compte », a indiqué une personne de l’entourage du chanteur.

Notons que ce dernier a été accusé de voies de fait contre une femme le 25 octobre dernier.

Facebook demande à ses abonnés de dénoncer les faux comptes à l’aide du bouton « signaler » affiché sur la page de chaque utilisateur.

« Nous ne tolérons pas les fausses déclarations sur nos plateformes et nous travaillons rapidement pour éliminer les comptes frauduleux », a répondu la société américaine, par écrit.

Pour éviter de tomber dans le piège de fraudeurs, Facebook recommande à ses utilisateurs de ne suivre que les comptes qui possèdent un badge bleu. Ceux-ci ont été authentifiés. Facebook affirme également que toute arnaque doit être dénoncée, tant à l’entreprise qu’aux policiers.

— Avec Maryse Tessier, La Presse

« Tu es le vrai Marc Dupré ? »

Dix heures. C’est le temps qui s’est écoulé entre l’instant où notre journaliste a publié une photo du chanteur Marc Dupré et le premier message qu’elle a reçu d’un hameçonneur sur Instagram. Marcdupre_off_compre_prive lui a tout bonnement lancé un « salut », en message privé.

Notre journaliste s’est empressée de vérifier l’identité du chanteur en lui demandant s’il était le vrai Marc Dupré. Sa réponse nous a laissés perplexes :

« Je comprends parfaitement ta réaction, mais je ne suis pas un Dieu ni ce genre d’homme qui use de sa célébrité pour dénigrer les autres. »*

Marc Dupré (le faux !) nous a souvent fait languir plusieurs heures avant de répondre à nos questions. Somme toute, après quatre messages, il a commencé à nous aguicher :

« Tu es vraiment une fan et cela mérite une récompense. »

Il a ensuite proposé à notre reporter, qui s’appelle groupiemtl sur Instagram dans le cadre de ce reportage, de lui consacrer du temps libre pour passer un moment avec elle. Il faut dire que la journaliste a prétendu avoir assisté à 22 spectacles du chanteur !

Trois jours après le début de la conversation entre la vraie journaliste et le faux chanteur, celui-ci nous a écrit :

« Pour la rencontre, tu seras vraiment priée de faire quelque chose, car j’aide vraiment les personnes démunies vivant dans les pays pauvres, tu sais. »

Le faux Marc Dupré nous a alors demandé de verser 500 euros, le jour même, « dans le but de secourir les orphelins et les démunis dans les pays pauvres notamment en Afrique ».

Notre journaliste a voulu savoir comment lui faire parvenir l’argent. Le faux chanteur nous a demandé de nous rendre dans un « bureau de tabac » pour y acheter des coupons Neosurf, des cartes prépayées pour faire des achats sur l’internet, ou de faire parvenir l’argent par Western Union à son « représentant qui se trouve présentement dans un pays appelé le Mali ».

Notons qu’il est impossible de suivre le parcours de l’argent envoyé par l’entremise de Western Union.

Éric Lapointe (ericlapointe232323) a aussi engagé la discussion avec notre journaliste en lui envoyant des bisous. Lorsque nous lui avons demandé s’il était le vrai Éric Lapointe, il a répondu : « oui, bien sûr fan ! ». « C’est ici que je parle à mes fans », a-t-il enchaîné.

Le prétendu Éric Lapointe nous a rapidement offert sa « carte fan », qui permet d’avoir accès à tous ses spectacles en loge VIP pour l’année 2019, avec six amis, des dédicaces et, surtout, un voyage pour deux personnes vers la destination de notre choix.

Tous ces cadeaux seraient offerts en échange de 500 $ à lui faire parvenir en coupons Neosurf.

À la fin des deux discussions, nous avons révélé notre véritable identité aux fraudeurs et nous leur avons demandé une entrevue.

Marc Dupré a dit ne pas comprendre pourquoi l’on doutait de lui. Il a réitéré qu’il était le vrai Marc Dupré. Puis, le lendemain de notre demande d’entrevue, le compte marcdupre_off_compre_prive a mystérieusement disparu d’Instagram.

Le faux Éric Lapointe, lui, a simplement cessé d’utiliser le compte ericlapointe232323.

Des fraudeurs organisés

Des euros, un bureau de tabac, le Mali… Mais qui tombe dans le piège de ces fraudeurs avec des signaux aussi évidents ?

Assurément quelques personnes, croit Éric Lessard. L’expert en fraude sur les réseaux sociaux affirme que les escrocs qui utilisent l’identité de personnalités québécoises s’y prennent de la même manière que dans les stratagèmes amoureux. Ils complimentent, charment et envoûtent leurs victimes potentielles. Ils leur proposent ensuite une rencontre privée ou des billets dans une loge, quelque chose que les admirateurs ont toujours cru inaccessible, quelque chose dont ils rêvent.

« C’est toujours le même stratagème, souligne M. Lessard. Ils veulent te faire vivre quelque chose d’unique, mais quelque part dans la chaîne, tu vas devoir payer. »

Selon lui, les fraudeurs viennent souvent de pays de l’Afrique de l’Ouest et ils ne travaillent pas dans l’obscurité de leur sous-sol, mais bien de manière organisée.

Ce sont des business. Ils sont installés dans de grands bureaux et commettent toutes sortes de fraudes. Ils sont payés à la commission. On les assoit derrière un écran, ils se font passer pour une dame super sexy ou pour un artiste, et ils vont à la pêche sur le web. Éric Lessard, expert en fraude sur les réseaux sociaux

Le Centre antifraude du Canada, géré par la Gendarmerie royale du Canada, ne possède aucune statistique concernant les fraudeurs qui se font passer pour des artistes canadiens.

Sue Labine, superviseure des opérations du centre d’appel, confirme toutefois que dans ce genre de situation, les « criminels sont principalement localisés à l’étranger ».

Même si les montants des fraudes ne sont pas toujours élevés, Mme Labine indique que les victimes devraient toujours porter plainte à leur service de police locale ainsi qu’au Centre antifraude du Canada.

Elle affirme aussi que les internautes devraient se méfier de toute personne qui demande un transfert d’argent par Western Union sur les réseaux sociaux.

« Si vous envoyez de l’argent à un fraudeur, il est très rare que la transaction puisse être retracée. On encourage aussi toutes les victimes à communiquer avec Western Union. »

La Sûreté du Québec n’a pas enregistré de plaintes concernant des fans qui se seraient fait duper par de faux artistes, mais cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de cas, affirme Hugo Fontaine, lieutenant aux communications de l’organisation.

Certaines victimes ne veulent pas dénoncer la fraude, car ils ont honte de s’être fait prendre, dit-il.

« Il y a des gens qui ne sont pas conscients de s’être fait avoir. Il y a aussi des personnes qui ne voient pas la pertinence, pour un petit montant, de rapporter la fraude », explique le lieutenant.

M. Fontaine ne s’en cache pas : certains pays d’Afrique collaborent mieux que d’autres pour enrayer les fraudes. Pour donner du poids aux enquêtes et éradiquer les arnaqueurs, il insiste sur le fait que les victimes doivent porter plainte.

*Les nombreuses fautes d’orthographe ont été corrigées dans les messages pour améliorer la lecture du texte.

« C’est désolant »

Deux artistes témoignent de leur lutte contre les faux comptes

Marc-André Fortin : « Ils demandaient 300 $ à mes fans »

Le chanteur Marc-André Fortin a fait face à des fraudeurs infatigables, l’été dernier. Au mois de juillet, une première fan lui a signalé qu’un individu utilisait son nom et ses images sur Facebook. Le gagnant de Star Académie 2005 a réussi à faire fermer le compte sans trop de problèmes.

Quelques semaines plus tard, de faux comptes avec son nom sont apparus quotidiennement sur les réseaux sociaux. Dans tous les cas, les escrocs tentaient de charmer leurs victimes, puis ils leur demandaient de l’argent.

« Ce qui est plus grave, c’est qu’ils demandaient 300 $ à mes fans en échange d’une carte de membre VIP. Franchement, il faut le faire ! », s’exclame l’artiste.

Marc-André Fortin ignore si certaines personnes ont envoyé de l’argent aux fraudeurs.

« Je trouve ça bien désolant. Ç’a été de l’ouvrage de signaler tous ces comptes, mais c’est surtout désolant pour les gens qui sont plus vulnérables. »

Daniel Boucher : « L’envie de leur sacrer un bon coup… »

Au printemps dernier, une femme a contacté le chanteur Daniel Boucher pour le prévenir que quelqu’un utilisait son identité sur Instagram.

« J’ai reçu un message qui me disait : “Il veut nous voir, tes fans, sur vidéo avec peu de vêtements. Je voulais juste te le faire savoir.” »

Le faux compte a été signalé et fermé.

Mais les fraudeurs ont continué à utiliser le nom du chanteur. Ils tentent de soutirer de l’argent à leurs victimes ou leur demandent des données personnelles sur Facebook et Instagram.

Le vrai Daniel Boucher ne peut jamais voir les comptes frauduleux parce que les escrocs lui bloquent l’accès.

« Ça me donne envie de mettre mes bottes capées et de leur sacrer un bon coup dans le cul », dit-il au sujet des fraudeurs.

https://www.lapresse.ca/

Que faire si vous recevez des appels indésirables d’outre-mer?



Nous avons de plus en plus affaire à des appels dans un seul but d’avoir nos infirmations personnelles. Il y a entre autres des numéros de téléphone qui viennent de d’autres continents et mieux vaut ne pas répondre. On peut bloquer ces numéros, mais ils peuvent quand même revenir un jour ou l’autre.
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Que faire si vous recevez des appels indésirables d’outre-mer?

Mains qui tiennent un téléphone cellulaire et une carte de crédit.

La récente vague d’appels frauduleux vous expose à une fraude d’identité ou même à de l’extorsion.

PHOTO : ISTOCK

Radio-Canada

Depuis quelque temps, une vague d’appels frauduleux touche le Québec et le Canada. Plusieurs entités gouvernementales comme le Centre antifraude du Canada et la GRC ont publié des mises en garde à cet égard. Mais que faire si vous êtes la cible de tels appels? Petit guide en cinq étapes.

Selon Lisanne Roy Beauchamp, superviseure des opérations du centre d’appel au Centre antifraude du Canada, ces appels vous exposent à deux types de fraudes, soit la fraude sur l’identité et celle sur l’extorsion. Dans certains cas, les escrocs chercheront à obtenir votre numéro d’assurance sociale (NAS). Dans d’autres cas, ils tenteront de vous convaincre de leur verser de l’argent par transfert bancaire ou carte de crédit, sous différentes menaces (une enquête criminelle à votre sujet, par exemple).

Si vous êtes la cible de ce genre d’appel, gardez en tête les conseils suivants.

1. Ne répondez pas

Si vous recevez un appel d’un numéro inconnu et suspicieux, ne répondez pas (petit indice : le numéro risque d’être très long). Si par mégarde vous répondez, raccrochez tout de suite. Souvent, les appels suspicieux proviennent d’endroits aussi divers que le Congo, la France ou l’Ontario. Il est important de ne pas répondre. Ne rappelez pas, les appels provenant de loin, des frais de longue distance élevés peuvent vous être chargés. De plus, des frais peuvent être facturés à la minute. Les escrocs voudront vous garder le plus longtemps au téléphone afin de faire augmenter ces frais; ne leur donnez pas cette chance.

2. Ne rappelez pas

En plus de risquer d’engager les frais mentionnés ci-haut, le fait de rappeler vous met plus à risque de tomber dans le piège des malfrats. En effet, ils sont bien préparés et auront une réponse plausible à n’importe quelle question que vous leur posez, selon Lisanne Roy Beauchamp.

Si cela vous inquiète ou vous fait douter et que vous désirez rappeler, attendez 5 minutes et appelez le numéro affiché publiquement par le véritable organisme que prétendent incarner les potentiels escrocs, jamais le numéro qui vous a appelé.

3. Ne donnez aucun renseignement personnel et ne transférez surtout pas d’argent

Aucun organisme gouvernemental ne contacte les gens pour signaler le blocage de leur numéro d’assurance sociale. De plus, si un tel organisme devait vous demander des renseignements personnels, il passerait par plusieurs étapes préalables afin de confirmer votre identité.

Ne cédez pas aux menaces des crapules. Il vaut mieux raccrocher la ligne au nez d’un agent ou d’une agente du gouvernement que d’envoyer votre argent à un malfrat.

4. Bloquez le numéro entrant (mais ce n’est pas infaillible)

Les escrocs utilisent la technique de falsification des données de l’appel, qui est facilement accessible, pour induire les victimes en erreur. Ne présumez pas que les numéros de téléphone qui apparaissent sur votre afficheur sont authentiques.

Sur les téléphones Apple et Android, vous pouvez facilement bloquer un numéro.

Consultez la marche à suivre d’Apple (Nouvelle fenêtre)

Consultez la marche à suivre d’Android (Nouvelle fenêtre)

Toutefois, la technique n’est pas infaillible et vous risquez de recevoir un appel semblable, mais d’un autre numéro.

En effet, les escrocs utilisent des téléphones VoIP (ou voix sur IP) : les conversations transitent via Internet plutôt que par le réseau téléphonique commuté traditionnel. Les numéros de téléphone ne sont donc pas reliés à une ligne fixe et peuvent facilement être falsifiés. Si vous en bloquez un, les malfrats ont plusieurs autres « faux » numéros en banque.

Une autre façon de diminuer le nombre d’appels entrants indésirables est d’inscrire votre numéro de téléphone sur la Liste nationale de numéros de télécommunication exclus du Canada (Nouvelle fenêtre). L’inscription sur cette liste réduira les appels non sollicités, surtout de la part des télévendeurs et télévendeuses, mais ne les éliminera pas entièrement.

5. Si vous êtes victimes, faites-le savoir

Rapportez la fraude à la police, au Centre antifraude du Canada et au véritable organisme gouvernemental dont l’identité a été volée. Si vous avez déjà donné des renseignements personnels, communiquez avec Equifax et Trans Union pour ajouter une alerte à la fraude à votre compte.

Vers un système de blocage universel

Selon Mme Roy Beauchamp, les appels ne seraient pas le fait d’un seul groupe de fraudeurs, mais de plusieurs groupes différents qui opèrent de la même manière, ce qui rend la tâche difficile aux organismes qui tentent de maîtriser la situation.

Il est à noter qu’à la demande du CRTC, les entreprises de téléphonie travaillent à l’élaboration d’un système de blocage universel des appels indésirables, qui doit être en place d’ici décembre. Il ne reste plus qu’à espérer qu’une solution efficace et à long terme soit trouvée pour contrer ce fléau.

En attendant, méfiez-vous!

https://ici.radio-canada.ca/

Voyez comment les centres d’appels frauduleux fonctionnent en Inde


Si vous recevez un téléphone de technicien de Microsoft, raccrocher qu’importe le sujet qu’il veut aborder avec vous et porter plainte. C’est des gens de l’Inde qui essaie d’arnaquer des personnes du Canada et des États-Unis et d’autres pays d’ailleurs.
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Voyez comment les centres d’appels frauduleux fonctionnent en Inde


Un travailleur au téléphone.

Un travailleur d’un centre d’appels

PHOTO : RADIO-CANADA / TWITTER/CBCMARKETPLACE

De faux techniciens informatiques de l’étranger réussissent à soutirer de l’argent à des gens qui leur ont fait confiance. L’émission Marketplace de CBC, en collaboration avec La facture, a réussi à infiltrer un centre d’appels en Inde.

Des milliers de Canadiens reçoivent des alertes qui leur disent que leur ordinateur est infecté par un virus. Ces alertes sont fausses, mais des centaines de personnes par année sont piégées.

Vie de fraudeur

Un travailleur de centre d’appels à Mumbai en Inde a accepté de collaborer à notre reportage. Il a porté sur lui une caméra cachée. Étonnamment, ces fraudeurs ressemblent à n’importe quels autres travailleurs d’une entreprise. Des dizaines de personnes travaillent le soir pour joindre les Occidentaux le jour.

Les images que nous avons obtenues montrent que l’approche est simple et efficace. Ces travailleurs s’identifient comme des techniciens d’assistance informatique. Notre collaborateur a enregistré des conversations :

Il y a un problème concernant votre identité. Votre identité est menacée présentement par deux personnes non autorisées. Avez-vous autorisé quelqu’un à utiliser votre identité? Travailleur d’un centre d’appels

Sous des airs de vie de bureau se cachent des téléphonistes persuasifs et agressifs. Leur but est de soutirer le plus d’argent possible. Pour y arriver, ils font peur, ils intimident leur client et ils sont directifs.

 Je veux que vous alliez à votre ordinateur. Je vais vous montrer comment bloquer les gens qui ne sont pas autorisés, a capté notre collaborateur.

Le propriétaire des lieux nous affirme que ses activités sont légales. Néanmoins, selon les sources de nos collègues de Marketplace, des employés de ce centre d’appels se livrent à des activités frauduleuses le soir et la nuit.

Un travail comme un autre

L’expert Benoît Dupont, titulaire de la Chaire de recherche en prévention de la cybercriminalité de l’Université de Montréal, connaît bien ce milieu. Ils savent que ce sont des fraudes, mais ils ne les conçoivent pas comme telles.

Je vous appelle parce que je sais que vous êtes trop vieux et que vous ne connaissez pas bien les ordinateurs. Travailleur d’un centre d’appels en Inde

Ces travailleurs fraudeurs sont prêts à tout pour conclure une fausse vente. Parce que la fraude, c’est payant.

Vous gardez une commission sur chaque dollar que vous arrivez à arnaquer à des victimes canadiennes ou américaines, a souligné Benoît Dupont.

Le chercheur en rajoute. Ces travailleurs voient leurs victimes venant de pays développés riches et donc il y a un sentiment de revanche. […] En se disant : « Mais voilà, je rétablis un système de justice sociale envers les Canadiens ou des Américains très riches fortunés… donc, finalement je n’ai pas à me sentir coupable de leur extorquer cet argent-là ».

Des milliers de victimes au Canada

France Bouffard a reçu un de ces appels. C’est la panique. Une personne disant travailler pour Microsoft lui a dit que son ordinateur était infecté par un virus. Elle devait agir, et vite. Mme Bouffard ne voulait pas perdre le précieux contenu de son appareil, donc elle a fait ce qu’on lui a demandé.

 Les seuls mots que j’entendais c’était danger, sécurité, virus, ordinateur, Microsoft. C’est sûr que c’est ce qui a retenu mon attention, dit-elle.

Elle a payé 399 $ US pour un antivirus, donc plus de 500 $ CA.

 Quand j’ai vu que c’était un antivirus qu’ils m’installaient, quand j’ai vu que c’était pour me coûter des frais, j’ai voulu arrêter tout ça. On m’a dit : “Non, Madame, si vous fermez votre ordinateur il risque de ne plus s’allumer”. Donc, j’ai réalisé que mon ordinateur était pris en otage.

Il y a des centaines de centres d’appels frauduleux en Inde. Rien ne nous indique que l’appel reçu par Mme Bouffard provient de l’entreprise que nous avons infiltrée.

Microsoft prend les grands moyens

Microsoft reçoit 11 000 plaintes chaque mois pour ce type de fraude de partout dans le monde. L’entreprise a mis sur pied une escouade pour enquêter sur les joueurs derrière cette fraude. Elle travaille en collaboration avec les corps policiers de plusieurs pays et les autorités indiennes.

En janvier dernier, l’escouade a permis la perquisition et la fermeture de plusieurs centres d’appels en Inde. Il y a eu quelques arrestations, mais il n’y a pas d’accusations encore.

Courtney Gregoire, chef de la sécurité numérique chez Microsoft, a affirmé à nos collègues de Marketplace que la prochaine étape doit être le dépôt d’accusations contre ces individus :Parce que nous espérons que les criminels prendront conscience de leurs activités frauduleuses.

Elle souligne également que ce sont clairement des organisations criminelles et nous voulons que les consommateurs se plaignent. Ils ne doivent pas être embarrassés de le faire.

Nous pensons qu’il faut une collaboration du privé et du public. […] Nous voulons des engagements pour une action globale des gouvernements et des corps policiers à l’échelle mondiale. Courtney Gregoire, chef de la sécurité numérique, Microsoft

Des antennes au Canada

Par ailleurs, la Gendarmerie royale du Canada nous a confirmé enquêter sur une fraude semblable, celle de l’Agence du revenu du Canada, sur le territoire canadien.

Souvent, les organisations, ou les personnes qui sont derrière les fraudes, vont utiliser des personnes sur le terrain au Canada ou dans les juridictions qu’ils vont viser pour les aider à faire avancer leur crime. Ça peut être des personnes qui vont les aider à déplacer de l’argent, nous a confirmé le sergent Guy-Paul Larocque, officier responsable par intérim du Centre antifraude du Canada.

Cette enquête est le projet Octavia. Près de 12 enquêteurs ont été affectés à ce dossier. La GRC collabore avec les autorités indiennes et les partenaires du Five Eyes (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et États-Unis). Des résultats de cette enquête sont attendus sous peu.

Depuis un an, il y a eu 39 centres d’appels frauduleux fermés et 45 arrestations en Inde. Mais personne n’est derrière les barreaux. Le sergent Larocque nous affirme que ça se passe chez eux, donc c’est un système qui est complètement différent du nôtre. On a peu, ou pas, d’influence là-dessus.

L’application de la loi se limite au Canada. Donc, quand il y a des arrestations qui sont faites dans un autre pays […] ça ne veut pas dire que les gens vont être rapatriés au Canada pour faire face à des accusations criminelles. Sergent Guy-Paul Larocque du Centre antifraude du Canada

L’internet, endroit rêvé pour s’inventer un cancer


C’est une des raisons que je ne partage pas sur les réseaux sociaux surtout sur Facebook des gens qui disent avoir le cancer et souvent accompagnés de divers problèmes. Ils reçoivent des encouragements et des dons. Le problème est que souvent, c’est des gens qui recherchent l’appât du gain ou qu’ils souffrent du syndrome de Munchhausen via Internet. Faut dire qu’il y tellement d’information sur le cancer, qu’il est facile de s’inventer une maladie.
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L’internet, endroit rêvé pour s’inventer un cancer

Certaines histoires sont trop belles pour être vraies. D'autres, trop tristes... (PHOTOMONTAGE LA PRESSE)


PHOTOMONTAGE LA PRESSE

VIOLAINE BALLIVY
La Presse

Certaines histoires sont trop belles pour être vraies. D’autres, trop tristes pour ne pas avoir été inventées de toutes pièces. Il ne faut pas toujours se fier aux apparences… surtout sur l’internet.

Jennifer Halford n’avait pas 35 ans quand elle a découvert qu’elle souffrait d’une forme particulièrement agressive de cancer du sein. Quelques mois plus tôt, elle avait perdu sa fille cadette de 4 ans, emportée par la maladie. Quelques mois plus tard, elle perdrait sa maison, rasée par les incendies historiques de Fort McMurray. 

Destin tragique auquel il est difficile de rester insensible : sa communauté l’a soutenue, on lui a offert de l’argent, des jouets pour ses autres enfants, des vêtements. Puis un jour, tout s’est arrêté. D’un coup. La sympathie s’est transformée en colère. Jennifer Halford n’a jamais eu le cancer. Les nausées causées par la chimio, la perte de ses cheveux, elle avait tout inventé.

À sa première comparution en cour, Jennifer Halford a plaidé coupable à six chefs d’accusation. Le juge s’est montré clément : il a opté pour 2 ans de sursis et 100 heures de travaux communautaires

« Elle n’a pas agi pour l’appât du gain, mais pour compenser un manque d’attention, de soins psychologiques et physiques, de soutien émotionnel », avait plaidé son avocat.

En d’autres termes : elle ne souffrait pas d’un cancer, mais probablement du syndrome de « Munchhausen par internet ».

L’expression revient au professeur Marc Feldman, qui a été l’un des premiers à étudier comment le syndrome de Munchausen – un désordre psychologique en vertu duquel le patient simule une maladie ou un traumatisme, aussi appelé « trouble factice » – se transpose dans l’internet. Et surtout, s’y développe à la vitesse grand V. 

« On voit beaucoup plus de cas depuis le développement de l’internet », remarque Marc Feldman.

Chercher et trouver de l’information médicale (plus ou moins crédible) sur le web est un jeu d’enfant, tant les sites à prétention scientifique sont nombreux.

« Avant, les gens devaient passer des heures dans les bibliothèques pour s’informer des signes et symptômes des maladies, parler à des médecins, etc., pour berner quelques personnes de leur entourage. Maintenant, avec les forums et les réseaux sociaux, ils peuvent toucher rapidement 10 000 personnes avec leur histoire », explique l’expert, auteur du livre Dying to Be Ill (« Mourir d’envie d’être malade »).

Le cancer est la maladie la plus souvent retenue parce qu’elle est assez commune, bien documentée, s’étire souvent sur plusieurs années et attire immédiatement la sympathie – qui imaginerait qu’une personne a menti sur son diagnostic ?

« Des gens vont raser leurs cheveux et leurs sourcils pour imiter les effets de la chimio, suivre des régimes draconiens et perdre beaucoup de poids. Ils réussissent à berner leur famille, parfois même leur conjoint », dit Marc Feldman, aussi psychiatre.

Et même leur médecin, quand le malade va jusqu’à s’infliger des blessures ou s’administrer des substances toxiques.

L’appât du gain

Les malades recherchent essentiellement de l’attention, de la compassion. Un besoin essentiel de l’être humain, rappelle Samuel Vassière, professeur de psychiatrie à l’Université McGill, spécialiste des troubles factices.

« L’évolution a sélectionné deux traits indispensables à la survie de l’espèce : savoir être attentif au besoin des autres et bien s’occuper d’eux, et savoir solliciter l’attention et les soins des autres. » La maladie inventée comble ce dernier besoin. 

« En faisant semblant d’être vulnérable, on reçoit de l’attention, des soins, de l’amour. La ligne entre la tromperie et l’autotromperie est floue. » – Samuel Vassière, professeur de psychiatrie à l’Université McGill

Pour certains, la maladie permet de donner un « sens à sa vie », dit Samuel Vassière. « En s’autodiagnostiquant sur l’internet, les malades – imaginaires ou non – retrouvent un cadre prévisible d’expériences, une communauté de souffrants qui valident leurs sentiments et les rassurent, poursuit le professeur. Ils trouvent ainsi une identité. »

Ceci explique cela : la plupart des malades inventent ainsi leur maladie sans jamais solliciter de dons du public, satisfaits de l’attention des autres (ils en recevront souvent malgré tout, de témoins touchés par leur drame). Mais d’autres le font dans ce seul but. Marc Feldman explique que ces gens font plutôt preuve d’un comportement malicieux, répréhensible. Les juges sont alors généralement plus sévères, remarque-t-il.

La blogueuse australienne Belle Gibson a ainsi été condamnée, en 2018, à une amende de 450 000 $ CAN pour avoir faussement prétendu avoir guéri son cancer du cerveau grâce à un régime particulier expliqué dans un livre de recettes et une application de son cru.

Les sites tels GoFundMe ont été accusés de faciliter ce genre d’escroquerie en permettant trop facilement à tout un chacun de quémander des dons. Une Américaine a lancé le site GoFraudMe (« Allez, fraudez-moi », plutôt que « Allez, financez-moi »), frustrée d’avoir été flouée par une sollicitation frauduleuse, accusant GoFundMe de ne pas vérifier le dossier médical des solliciteurs. GoFundMe réplique qu’elle interdit à ses participants de mentir ou de tromper les internautes.

« Dans les rares cas où les autorités ou un usager découvriront qu’une campagne est utilisée à mauvais escient, les donateurs seront remboursés. » – Caitlin Stanley, porte-parole de GoFundMe

À la Société canadienne du cancer, on recommande néanmoins de faire des recherches avant de sortir son portefeuille

« Généralement, les sollicitations sont faites de bonne foi et les fraudes sont assez rares quand la collectivité est derrière, que des gens connaissent le malade, le voient, note André Beaulieu, porte-parole de l’organisme. Mais il faut faire attention. Des fois, même la famille est leurrée. »

La Société n’a toutefois pas remarqué d’impact sur les dons reçus après la condamnation de faux malades.

Marc Feldman se décrit comme un « optimiste » en affirmant que le syndrome de Munchausen peut être guéri, « à condition que la personne accepte de reconnaître qu’elle a menti, ce qui n’est vraiment pas facile, puis de suivre une thérapie ». « C’est un gros défi pour les médecins », opine Samuel Vassière.

D’abord pour reconnaître la maladie, puis pour la traiter. Ironiquement, le trouble réel dont souffrent les personnes atteintes du syndrome de Munchausen serait donc encore plus difficile à soigner que la maladie qu’elles avaient inventée.

Trois cas de cancers inventés

Dan Mallory

L’auteur du roman à succès La femme à la fenêtre (The Woman in the Window, publié sous pseudonyme), Dan Mallory, a admis, en février dernier, qu’il n’avait jamais souffert d’un cancer du cerveau, comme il l’avait pourtant affirmé. Dan Mallory avait également faussement prétendu que l’un de ses frères et sa mère avaient succombé à un cancer, alors que sa mère est en rémission depuis plusieurs années et que son frère n’en a jamais été atteint. L’auteur a reconnu ses mensonges après une enquête du New Yorker. Il a alors attribué ses dérives au trouble bipolaire dont il souffre (réellement).

Candace Ann Streng

Cette Américaine a été condamnée à 28 mois de prison pour avoir faussement prétendu souffrir d’un cancer du sein avancé et recueilli quelque 40 000 $ CAN en dons pour financer le recours à des traitements expérimentaux. Selon Marc Feldman, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à souffrir de troubles factices.

Belle Gibson

La blogueuse australienne Belle Gibson s’est enrichie en commercialisant une application et un livre de recettes qui auraient guéri le cancer du cerveau… dont elle n’a jamais souffert. Elle a été reconnue coupable de fraude en 2017 et condamnée à rembourser l’équivalent de 450 000 $ CAN perçus illégalement. Ce qu’elle n’a toujours pas fait : lors d’une comparution en cour en juin dernier, elle a déclaré ne pas avoir les moyens de rembourser cette somme. Selon des documents déposés par les procureurs, elle aurait pourtant dépensé près de 120 000 $ CAN lors de divers voyages depuis deux ans, a rapporté The Guardian.

https://www.lapresse.ca/

Les arnaques des fraudeurs par courriel sont de plus en plus sophistiquées


J’en reçois beaucoup de courriel bidons, je ne sais pas trop pourquoi j’ai beau les bloqués, ils reviennent en changeant quelque peu leur adresse courriel. J’ai eu la Caisse Populaire, des banques européennes, FedEx, des fausses factures, etc. … En tout cas, bien que bloqué, il est important de ne pas cliquer sur les liens qu’ils indiquent dans leur message et ne jamais donnés des informations confidentiels comme les mots de passe …
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Les arnaques des fraudeurs par courriel sont de plus en plus sophistiquées


Les arnaques des fraudeurs par courriel sont de plus en plus

DUSANPETKOVIC VIA GETTY IMAGES

David Paddon
La Presse Canadienne

Près de 100 campagnes de cybercriminalité ont visé le Canada entre le 1er janvier et le 1er mai de cette année.

TORONTO — Les fraudeurs se montrent de plus en plus créatifs dans l’enrobage de courriels contenant des liens et des pièces jointes dangereux, et les entreprises canadiennes semblent plus susceptibles de se laisser prendre au piège que celles d’autres pays.

«Nous avons tout vu, des faux papiers de divorce aux faux diagnostics médicaux, qui ne s’adressent parfois même pas au destinataire du courriel», a observé Ryan Kalember, vice-président principal de Proofpoint, lors d’une entrevue réalisée en marge d’une conférence sur la cybersécurité à Toronto.

«Les humains sont des créatures naturellement curieuses. Nous allons nous faire avoir jusqu’à un certain point.»

Une analyse récente de Proofpoint a révélé que près de 100 campagnes de cybercriminalité avaient visé le Canada entre le 1er janvier et le 1er mai de cette année, en plus de milliers de campagnes génériques ayant rejoint le Canada par l’entremise d’internet.

Un type de logiciel malveillant observé par Proofpoint était DanaBot, qui a été utilisé pour envoyer des leurres évoquant Postes Canada.

«Nous avons vu plusieurs campagnes s’appuyer sur l’image de marque de Postes Canada. Et ce n’est pas inhabituel. Les leurres de livraison de colis figurent toujours dans le top cinq en termes d’hameçonnage efficace pour les fraudeurs», a expliqué M. Kalember.

Pour les personnes qui reçoivent de tels courriels, le danger est de télécharger par inadvertance un logiciel susceptible de saisir des mots de passe, envoyer davantage de pourriels frauduleux pour atteindre d’autres victimes ou verrouiller l’accès aux fichiers système.

David Masson, directeur national de Darktrace au Canada, une entreprise spécialisée dans la cybersécurité, reconnaît que les escroqueries visant à détourner des marques connues sont assez courantes à travers le monde et que l’expérience du Canada est similaire.

Mais le spécialiste note aussi que, selon les résultats d’une analyse effectuée par Darktrace l’année dernière, ses clients canadiens étaient environ trois fois plus susceptibles de télécharger des logiciels malveillants que ses clients d’autres pays.

https://quebec.huffingtonpost.ca