Des fourmis rouges adeptes de l’esclavagisme


Un comportement assez étrange des fourmis rousses, ils s’infiltrent dans des colonies pour enlever des cocons et ensuite les élevé comme des esclaves. Des fois, c’est étranges comment certains comportements ressemblent à ceux des humains
Nuage

 

Des fourmis rouges adeptes de l’esclavagisme

 

Nathalie Mayer
Journaliste

Dans le monde des fourmis, il s’en passe parfois de belles. Certaines, par exemple, n’hésitent pas à réduire leurs voisines en esclavage. Les chercheurs tentent aujourd’hui de comprendre comment elles ont pu en arriver là.

Les fourmis peuvent parfois se montrer cruelles. C’est le cas notamment des fourmis rousses de l’espèce Formica sanguinea. Chaque été, elles infiltrent le nid d’une autre espèce — la Formica fusca, par exemple — pour kidnapper des cocons qu’elles élèveront comme des esclaves. Un comportement étonnant que des chercheurs tentent aujourd’hui d’expliquer.

À l’université de Lausanne (Suisse), ils ont séquencé et cartographié le génome de 15 espèces de Formica. Ils ont ainsi pu établir un arbre généalogique. À sa base, toutes les espèces de fourmis Formica formaient des colonies sans avoir recours à l’esclavagisme. Rapidement, certaines se sont cependant mises à parasiter des espèces voisines pour qu’elles élèvent leurs petits.

Les Formica sanguinea font partie du sous-genre Raptiformica. Elles réduisent les fourmis du sous-genre Serviformica, comme les Formica fusca, en esclavage. © Schmutzler-Schaub, Fotolia

Les Formica sanguinea font partie du sous-genre Raptiformica. Elles réduisent les fourmis du sous-genre Serviformica, comme les Formica fusca, en esclavage. © Schmutzler-Schaub, Fotolia

Un comportement inscrit dans les gènes ?

Et il semblerait que ce soit ces mêmes espèces qui aient évolué ensuite vers l’esclavagisme. En effet, les espèces présentant ces deux types de comportements partagent les mêmes branches de l’arbre généalogique. Mais, sachant qu’il existe pas moins de 175 espèces de Formica, ces conclusions sont-elles fiables ?

Des études plus détaillées seront nécessaires pour s’en assurer. En attendant, les chercheurs tentent aussi d’identifier les gènes responsables de ce comportement, peut-être des gènes codant pour une sorte de déguisement chimique permettant aux fourmis esclavagistes de s’infiltrer sans trop de risque dans le nid de leurs proies…

https://www.futura-sciences.com/

DES FOURMIS POUR DÉTECTER LES SÉISMES


Il semble plus difficile de prévoir un tremblement de terre que la météo mais beaucoup croient que se tourner vers les animaux serait profitable, mais pourquoi pas aussi les insectes comme les fourmis ? Une étude qui mérite d’être explorée
Nuage

 

DES FOURMIS POUR DÉTECTER LES SÉISMES

 

Par Michel Alberganti

Le dernier tremblement de terre qui a frappé le sud-ouest de la Chine à Ya’an, dans le district de Lushan (magnitude 6,6 à 7) a fait plus de 200 morts et, sans doute, des milliers de blessés. Chaque événement de ce type nous rappelle la difficulté sur laquelle bute la science en matière de prévision de tels tremblements de terre.

Or, la plupart des victimes pourraient être épargnées si les populations étaient averties, ne serait-ce quelques heures avant le séisme. La multiplication des sismographes et autres observations par satellite ne semblent pas suffisantes pour obtenir une telle alerte. 

Faudra-t-il se tourner vers les animaux et certains de leurs sens dont la sensibilité dépasse parfois celle des meilleurs instruments de mesure? Une équipe de chercheurs de l’université Duisbourg Essen a misé sur une espèce de fourmis, la fourmi rousse des bois, formica rufa, que l’on trouve dans une bonne partie de l’Europe, en particulier dans les forêts de conifères. 


Le site des foumilières observées par les chercheurs. Photo : Gabriele Berberich et al.

 

Pendant trois ans, les chercheurs ont filmé, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les fourmis avec des caméras haute définition dans le bassin Neuwied (Eifel) en Allemagne. Cette observation continue a permis de mettre en évidence l’emploi du temps très routinier de ces insectes. La corrélation entre les événements sismiques et cette activité régulière révèlent une perturbation de l’activité des fourmis quelques heures avant un tremblement de terre.

La phase de repos nocturne ainsi que l’activité diurne disparaissent. Il faut attendre le jour suivant pour que les fourmis reprennent le rythme habituel. Les chercheurs poursuivent l’analyse des 45 000 heures de vidéo qu’ils sont enregistrées grâce à une logiciel développé en collaboration avec leurs collègues de l’université de Dortmund.

Les raisons qui poussent les fourmis à réagir de la sorte avant un séisme restent mystérieuses. De même, les chercheurs ignorent comment les insectes réagiraient à des tremblements de terre de magnitude supérieure à 4 car ces phénomènes ne se sont pas produits pendant leurs trois années d’expérience.


Image naturelle à gauche et thermique à droite des colonies de fourmis.
Source: Gabriele Berberich et al. avec Geog Dittié

 

Dans l’immédiat, l’équipe dirigée par Gabriele Berberich va mettre au point un système d’alerte basé sur l’analyse de l’activité des fourmis. Ensuite, après 6 mois de test, le système sera installé dans une région à plus forte sismicité.

Les recherches à plus long terme doivent permettre d’éliminer les facteurs perturbateurs, comme les changements météorologiques, afin d’isoler avec certitude ceux qui viennent de la perception de l’activité sismique par les fourmis. Les limites actuelles conduisent les chercheurs à ne pas présenter leur système comme un outil de prévision des tremblements de terre. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Animals le 4 février 2013.

Il est donc trop tôt pour savoir sur les fourmis seront aux tremblements de terre ce que les grenouilles sont à la météo. Mais les chercheurs allemands ont bon espoir. Et l’enjeu justifie largement toutes les tentatives pour découvrir un moyen d’alerter les populations assez tôt pour qu’elles puissent quitter leurs habitations.

http://www.slate.fr