Le Saviez-Vous ► Les 5 infos insolites à savoir sur la fourmi


Nous sommes tous d’accord que les fourmis sont des insectes extraordinaires. Il existe plusieurs espèces avec des particularités qui lui sont propres comme la fourmi kamikaze, pillarde ou en encore balle de fusil. Des atouts qui sont nécessaires dans leur environnement.
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Les 5 infos insolites à savoir sur la fourmi

Les 5 infos insolites à savoir sur la fourmi© pixabay

Par Chloé Gurdjian

La fourmi est réputée pour ses facultés extraordinaires. Voici de quoi en savoir un peu plus sur cet insecte.

La fourmi la plus rapide

La fourmi la plus rapide du monde, c’est elle : Cataglyphis bombycina, plus communément appelée fourmi argentée saharienne. Comme son nom l’indique, l’insecte vit dans le désert du Sahara. Des scientifiques l’ont filmée parcourant 85,5 cm par seconde (soit 108 fois sa propre longueur par seconde), en 47 foulées, ne touchant le sol entre chaque foulée que pendant 7 millisecondes. Ramené à l’échelle humaine, cet animal qui mesure seulement quelques millimètres va ainsi 10 fois plus vite que le sprinter jamaïcain Usain Bolt !

La fourmi la plus dangereuse

Vivant dans les forêts humides d’Amérique du Sud, Paraponera clavata a de quoi faire peur ! Aussi surnommée « fourmi balle de fusil », ses morsures sont incroyablement douloureuses… comparables à une blessure par arme à feu. L’insecte, qui mesure jusqu’à 2,5 cm, produit un venin contenant un peptide neurotoxique et paralysant appelé « poneratoxine », dont les effets peuvent durer jusqu’à 24 heures. Dans certaines communautés amazoniennes, le passage à l’âge adulte s’effectue en plongeant sa main dans un gant rempli de ces fameuses fourmis.

La fourmi est utilisée… comme point de suture !

Originaires d’Afrique, les fourmis légionnaires du genre Dorylus sont réputées pour la puissance de leurs morsures. Aveugles, elles ne lâchent pas prise une fois qu’elles ont attrapé leur proie. Et c’est de cette faculté que se servent certaines populations, comme les Maasaï. Afin de refermer leur blessure, ils attrapent des fourmis soldats, leur font mordre la plaie, puis leur arrachent le corps.

La fourmi, reine de la stratégie

Les différentes espèces de fourmis ont mis au point d’impressionnantes tactiques pour combattre l’ennemi, avec des stratégies différentes selon l’enjeu. Des scientifiques ont déjà observé une fourmi partir en éclaireur, puis revenir avec des soldats. A la fin du combat, les fourmis blessées qui peuvent être sauvées sont ramenées à la fourmilière afin d’être soignées ! Quant à Camponotus cylindricus, elle est surnommée la « fourmi kamikaze ». Afin de sauver sa colonie, elle n’hésite pas à s’accrocher à l’ennemi et à se faire exploser l’abdomen, afin de répandre une substance collante mortelle. Autre exemple, celui de Temnothorax pilagens, aussi appelée « fourmi pillarde ». Celle-ci a la capacité d’employer un camouflage chimique pour infiltrer d’autres colonies de fourmis sans se faire détecter. L’objectif est de subtiliser des larves et des ouvrières, afin de les réduire en esclavage.

La fourmi élève des pucerons !

Certaines espèces de fourmis raffolent du miellat, les déjections liquides et sucrées des pucerons. Du coup, les fourmis les protègent des prédateurs, les soignent et les nettoient, les changeant même de plante lorsque la sève vient à manquer. Telles des agricultrices avec leurs vaches, elles vont ensuite traire les pucerons, récoltant le précieux liquide sur leur abdomen. En revanche, les espèces de fourmis qui ne se nourrissent pas de miellat dévorent les pucerons.

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Un raid de fourmis immortalisé dans l’ambre


Les fourmis et termites d’hier et d’aujourd’hui ne semblent pas avoir changé leur mode de vie malgré les millions d’années qui les séparent. Il y a parmi les fourmis celles qui s’adonnent avec d’autres espèces d’insectes et d’autres sont des envahisseurs
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Un raid de fourmis immortalisé dans l’ambre

 

Cette scène de prédation entre fourmis et termites date de plus de dix millions d’années.

Une scène de bataille entre fourmis légionnaires d’une part et termites et fourmis Azteca d’autre part, figée dans l’ambre il y a plus de dix millions d’années, montre que la cohabitation pacifique entre espèces existait déjà à la fin de l’Oligocène

Les Azteca ne gardaient pas toujours bien leurs cités contre les légions étrangères. Un morceau d’ambre jaune issu de la formation de Totolapa atteste que c’était déjà le cas au Mexique au milieu du Miocène (il y a 23 à 5,3 millions d’années).

Cet ambre contenant trois fourmis du genre Azteca, trois termites du genre Nasutitermes et une fourmi légionnaire du genre Neivamyrmex a été découvert dans la formation de Totolapa au Chiapas. À partir des études géologiques et des datations disponibles, notamment de celles de la formation sœur de Simojovel, voisine, les chercheurs estiment qu’il date de la fin de l’Oligocène (33,9 à 23 millions d’années) au milieu du Miocène, et serait dû à plusieurs coulées de sève successives d’un arbre de la famille des légumineuses, Hymenaea mexicana.

La scène saisie dans la sève fossilisée il y a plus de dix millions d’années témoigne probablement de l’attaque par des fourmis légionnaires de la termitière, qui abritait aussi une population d’Azteca sans doute en cohabitation pacifique avec les termites. Dans l’ambre, la fourmi soldat tient en effet dans ses mandibules le corps d’un termite Nasutitermes, et en observant la scène de près, les chercheurs ont constaté que l’abdomen d’un autre termite était lacéré, ce qu’ils ont interprété comme le fait d’autres fourmis soldats.

Aujourd’hui encore, la cohabitation dans une termitière de termites et de certaines autres espèces d’insectes, tout particulièrement de fourmis, est un phénomène fréquent. Certaines termitières accueillent ainsi des douzaines d’espèces étrangères, sans que cela leur soit particulièrement nuisible, ni profitable, si ce n’est qu’elle se repaissent des cadavres des individus d’autres espèces.

On apprend ainsi que l’inquilinisme, c’est-à-dire le fait que certains organismes profitent du corps ou du nid d’autres organismes sans leur nuire (ce qui serait du parasitisme), ni leur profiter (ce qui serait de la symbiose) existait déjà au Miocène au Mexique. Tout comme la prédation guerrière des fourmis légionnaires.

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