La plus vieille forêt fossile du monde découverte en Chine


Bien avant que la Chine soit la Chine quelque chose comme 360 millions d’années, il y avait une forêt, les arbres n’étaient pas comme aujourd’hui, ils ressemblaient plus à un marécage herbeux.
Nuage


La plus vieille forêt fossile du monde découverte en Chine



Céline Deluzarche
Journaliste
 

D’une superficie de 250.000 mètres carrés, une forêt primitive datant de 360 millions d’années vient d’être découverte dans l’est de la Chine. Peuplée d’une unique espèce, elle n’avait pas grand chose à voir avec nos forêts actuelles mais a joué un rôle biologique important.

Ne vous imaginez pas une jungle tropicale ou des rangées de magnifiques chênes-lièges : la forêt primitive découverte dans une mine à côté du village de Jianchuan dans le Xinhang (est de la Chine) ressemblait davantage à un marécage herbeux qu’à nos forêts actuelles. Décrite dans la revue Current Biology, cette forêt fossile datant du Dévonien supérieur (entre 360 et 375 millions d’années), était constituée de lycophytes, les plus anciennes plantes vasculaires connues. Ces dernières, qui ne possèdent ni graines ni fruits, se reproduisent via des spores. Aujourd’hui réduites à des herbes de quelques centimètres de haut, les lycophytes pouvaient autrefois mesurer jusqu’à plusieurs mètres, à l’instar de Guangdedendron micrum, l’unique espèce de la forêt de Xinhang, dont la taille variait entre 1 et 7 mètres.

Les traces fossilisées de Guangdedendron micrum, l’unique espèce qu peuplait cette forêt du Dévonien. © Deming Wang et al., Current Biology, 2019

Les traces fossilisées de Guangdedendron micrum, l’unique espèce qu peuplait cette forêt du Dévonien. © Deming Wang et al., Current Biology, 2019

De petits arbres très denses en bord de littoral

« Avec une grande densité et une petite taille des arbres, la forêt de Xinhang devait être très semblable à un champ de canne à sucre », suggère Deming Wang, professeur à l’université de Pékin et principal auteur de l’étude.

Située près de la ligne de l’équateur de l’époque, la forêt a poussé dans un milieu côtier. Avec son système racinaire avancé, Guangdedendron micrum a pu jouer un rôle de stabilisation du littoral à la manière de mangroves actuelles. D’après les auteurs, l’existence de forêts de cette taille pourrait expliquer la chute du niveau de CO2 atmosphérique observée à cette époque.

Deux autres forêts fossiles datant du Dévonien ont déjà été découvertes aux États-Unis et en Norvège, mais celle-ci les dépasse de loin en superficie (250.000 mètres carrés) et en nombre d’arbres.

https://www.futura-sciences.com/