Le cerveau « tourne au ralenti » quand il fait chaud


Avec les canicules que nous avons connus cet été, et qui sait s’il n’y en aura pas d’autres cette année, la climatisation est rendue une nécessité. Sans climatisation, le corps subit des conséquences et le cerveau n’aime vraiment pas avoir trop chaud.
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Le cerveau « tourne au ralenti » quand il fait chaud

Le cerveau « tourne au ralenti » quand il fait chaud


Vous avez l’impression que votre cerveau « tourne au ralenti » lorsqu’il fait chaud ? Ce n’est pas surprenant. Une équipe de chercheurs affirme que la chaleur réduit les fonctions cognitives.

Dormir sans climatisation a des conséquences sur le cerveau

Selon des chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health, la chaleur réduirait les fonctions cognitives de notre cerveau. Leurs travaux viennent confirmer l’importance de mettre en place un certain nombre de précautions lorsqu’il fait chaud.

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont fait appel à des étudiants tous en bonne santé. Ces derniers ont été séparés en deux groupes : une partie dormait avec la climatisation dans sa chambre et l’autre sans. À leur réveil, les participants devaient passer un test cognitif.

Ces tests ont été réalisés sur une période de douze jours au milieu de laquelle a eu lieu un épisode caniculaire qui a duré cinq jours.

La chaleur rend le cerveau plus lent

À la suite de ces tests, les chercheurs ont constaté que la chaleur avait effectivement un impact sur le cerveau. Les étudiants qui ont réalisé ces tests alors qu’ils dormaient sans climatisation dans la pièce avaient de moins bon résultats que l’autre groupe.

Selon les chercheurs, les étudiants du groupe dormant sans climatisation étaient plus lents à répondre. Dans un des tests en effet, « la vitesse de leurs réponses s’est révélée réduite de 13,4% » affirment nos confrères du magazine de santé Le Progrès.

Pour rappel, la canicule a de nombreux effets sur le corps (vasodilatation, augmentation de la transpiration, accélération de la respiration, risque de déshydratation…). En 2018, une vague de fortes chaleurs a provoqué l’enregistrement de 1.600 décès en excès.

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Faire régulièrement des mots croisés ou du sudoku améliorerait les fonctions cognitives


Les mots croisés et le sodoku sont d’excellents moyens pour faire travailler notre cerveau pour qu’il soit fonctionnel plus longtemps. Cela n’empêchera peut-être pas la démence, mais au moins comme le corps, le cerveau a besoin de travailler pour garder la forme.
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Faire régulièrement des mots croisés ou du sudoku améliorerait les fonctions cognitives

Faire régulièrement des mots croisés ou du sudoku améliorerait les fonctions cognitives

Le 21 mai 2019.

Selon une vaste étude anglaise, pratiquer des mots croisés ou du sudoku régulièrement après 50 ans aurait des effets bénéfiques sur la fonction cognitive du cerveau qui fonctionnerait mieux et plus longtemps. 

Les mots croisés et le sudoku aident le cerveau à fonctionner mieux et plus longtemps

Des chercheurs de l’université d’Exeter et le King’s College de Londres se sont penchés sur l’influence des mots croisés et des « casse-têtes numériques » comme le sudoku, ainsi que sur la fonction cognitive des personnes âgées, à travers une vaste étude menée auprès de 19.078 volontaires. Les résultats de cette enquête ont été publiés dans la revue International Journal of Geriatric Psychiatry le 11 février dernier et sur le site de l’université d’Exeter le 16 mai 2019. 

Des tests ont ainsi été menés sur des personnes âgées de 50 à 93 ans pour évaluer leur fonction cognitive, « notamment le raisonnement, l’attention focalisée et soutenue, le traitement de l’information, la fonction exécutive, la mémoire de travail et la mémoire épisodique », peut-on lire dans la revue.

Et le résultat est sans appel :

« L’utilisation régulière d’énigmes de mots et de chiffres aide notre cerveau à mieux fonctionner plus longtemps ».

Les mots croisés et le sudoku ne préviendraient toutefois pas forcément la démence

Selon le Docteur Anne Corbett, de la faculté de médecine de l’université d’Exeter, qui a dirigé la recherche, « plus les participants s’engageaient régulièrement dans les mots croisés et le sudoku, plus leurs performances sont précises dans diverses tâches d’évaluation de la mémoire, d’attention et de raisonnement ».

Des performances également plus rapides. Dans certaines régions, l’amélioration a été spectaculaire concernant la résolution des problèmes.

Les fonctions cérébrales des personnes faisant régulièrement des jeux de lettres et de chiffres équivaudraient à dix ans de moins que leur âge réel concernant les tests de raisonnement grammatical, et à huit ans de moins pour la mémoire à court terme. Mais attention, les chercheurs précisent toutefois qu’il est pour le moment impossible de dire si la pratique de ces jeux a une influence sur le risque de démence plus tard dans la vie. 

Aurélie Giraud

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Pour contrer l’Alzheimer, on joue à Super Mario


Ce n’est pas parce que l’on vieillit qu’on ne peut rien contre le vieillissement du cerveau. En effet, plusieurs tests dans différents domaines montrent que le cerveau peut s’adapter et améliorer les fonctions cognitives.
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Pour contrer l’Alzheimer, on joue à Super Mario

 

JEAN-BENOIT LEGAULT
La Presse Canadienne
Montréal

Les personnes âgées qui veulent améliorer leur mémoire et leur attention devraient commencer à jouer à Super Mario.

Il ne reste simplement qu’à les convaincre de s’asseoir devant la console.

« On sait que les activités stimulantes cognitivement ont un effet sur notre cerveau et on a observé qu’on est moins à risque d’Alzheimer si on a une vie qui est stimulante intellectuellement, a expliqué la docteure Sylvie Belleville, la directrice scientifique du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. La mémoire est plus en santé quand on vieillit. »

La docteure Belleville et son équipe ont voulu savoir si les jeux vidéo et la réalité virtuelle pourraient être exploités pour améliorer la qualité de vie des personnes vieillissantes.

Des études précédentes avaient décelé des différences au niveau cérébral chez les jeunes qui étaient de grands amateurs de jeux comme Super Mario, Angry Birds ou Call of Duty. Une facette demeurait toutefois nébuleuse : est-ce que ces jeunes développaient ces différences en jouant, ou bien étaient-ils attirés par ces jeux parce qu’ils possédaient déjà ces différences ?

La docteure Belleville a donc recruté des personnes âgées qui ont été divisées aléatoirement en trois groupes : un groupe qui jouait aux jeux vidéo, un groupe qui apprenait le piano par logiciel et un troisième groupe qui ne faisait rien – et c’est là que ça s’est compliqué.

« On a eu beaucoup, beaucoup de mal à intéresser les personnes âgées à Super Mario. Ça a été très difficile. On a perdu plusieurs de nos participants. Ils voulaient tous aller en musique, a dit Mme Belleville. Mais ce n’est pas la technologie, parce que l’enseignement était aussi fait par un logiciel. C’est parce que la musique, ça les intéressait, mais les jeux vidéo, ils n’ont aucun intérêt pour ça ! »

Éventuellement, on a demandé à des personnes âgées de 55 à 75 ans qui ne jouaient pas du tout aux jeux vidéo d’y jouer 30 minutes par jour, cinq jours par semaine, pendant six mois. Super Mario a été choisi, car c’est un jeu qui demande beaucoup d’exploration spatiale, dans lequel les gens se baladent dans différents univers.

Les chercheurs ont constaté une amélioration de la mémoire et de l’attention des personnes âgées qui ont joué à ce jeu. Ils ont aussi mesuré un agrandissement de l’hippocampe – une région du cerveau étroitement impliquée dans la mémoire, la mémoire spatiale et l’exploration spatiale – et une augmentation d’une région du cerveau associée au contrôle et à l’attention visuelle.

L’effet observé chez le groupe de la musique était davantage au niveau auditif.

« J’ai été très surprise, mais j’ai aussi été ravie, parce que ça montre bien la plasticité cérébrale dans le vieillissement, a réagi la docteure Belleville, qui enseigne aussi au département de psychologie de l’Université de Montréal. C’est certain que jouer à ce type de jeu a un effet sur le cerveau, même quand on est plus âgés. Et c’est intéressant parce que ça montre que c’est quand même un effet assez spécifique. On n’a pas un effet global sur tout le cerveau. »

« On pense que […] des activités cognitivement stimulantes […] créent des réseaux, ça façonne notre cerveau, et ça fait en sorte que quand arrive une maladie, ou quand arrive le vieillissement normal, on a plus de réserves pour combattre, on est capable de recruter des régions différentes, a-t-elle ajouté. On a un cerveau plus actif, plus plastique, qui fait en sorte que les changements dans notre cerveau auront moins d’impact sur notre comportement. La maladie d’Alzheimer est peut-être là, mais elle n’a pas autant d’effet. »

La docteure Belleville et son équipe ont également mis à l’essai un jeu plus « sérieux » qui avait été développé spécifiquement pour entraîner le multitâches, une des capacités qui diminue avec l’âge. Le multitâches, rappelle-t-elle, est important puisqu’on l’utilise constamment, par exemple quand on se balade dans la rue en même temps qu’on cherche notre carte de transport en commun.

« On a obtenu des résultats incroyables autant chez les personnes âgées que chez les personnes à risque d’Alzheimer, a dit Mme Belleville. Ils augmentent leur attention divisée, ils sont plus flexibles dans leur capacité à allouer leur attention et ils augmentent l’activation d’une région du lobe frontal impliquée dans le multitâches. »

Les chercheurs ont enfin exploité la puissance de la réalité virtuelle pour mesurer la cognition d’une manière « plus proche de la vraie vie ». Ils ont ainsi créé une boutique dans laquelle le sujet doit faire des achats, ou encore une balade en voiture pendant laquelle il doit donner des instructions au conducteur. Ils ont constaté que c’est un bon reflet des capacités de mémoire, bien plus que les listes de mots aléatoires qu’on demande habituellement aux gens de mémoriser et de régurgiter.

« Il y a beaucoup de potentialité au niveau thérapeutique, a assuré la docteure Belleville. On développe des programmes que les personnes âgées peuvent utiliser pour prévenir le déclin des fonctions cognitives. Notre espoir est que si on prévient le déclin cognitif, peut-être qu’on pourrait prévenir l’impact de la maladie l’Alzheimer dans la vie des personnes. »

https://www.lapresse.ca/

Le cannabis nuit réellement au cerveau des ados


Un adolescent ou adolescente qui consomme l’alcool et cannabis met leur avenir sur une corde raide. Il est clairement établi que des troubles de mémoire de l’attention et d’apprentissage peuvent subvenir avec les années. Sans compter des troubles psychiatriques peuvent apparaitre.
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Le cannabis nuit réellement au cerveau des ados

 

 La consommation d'alcool et de cannabis partagent une nocivité commune sur le cerveau  | M@XONGS  via Flickr CC License by

La consommation d’alcool et de cannabis partagent une nocivité commune sur le cerveau | M@XONGS via Flickr CC License by

Repéré par Peggy Sastre

Et ce plus gravement que l’alcool, même si les deux substances ont une nocivité commune sur certaines fonctions cognitive

 

Repéré sur The American Journal of Psychiatry

Les effets délétères de la consommation d’alcool et de cannabis sur notre cervelle sont connus depuis belle lurette. En particulier, un excès de boisson endommage des fonctions cognitives comme la fluidité verbale, la vitesse de traitement de l’information ou encore l’habileté visuo-spatiale, quand l’abus de fumette compromet davantage la mémoire, l’apprentissage ou l’attention. Des effets observés tout au long de la vie, mais dont la nocivité est logiquement accrue pour le cerveau en développement.

Menée par une équipe de chercheurs dirigés par Patricia Conrod de l’université de Montréal, une étude s’est penchée sur 3.826 ados –dont 47% d’adolescentes– pour analyser, année après année, l’incidence de la consommation d’alcool et de cannabis sur le développement cognitif. La cohorte (d’origine européenne à 58%) choisie par les scientifiques jouit d’un degré de représentativité élevé, vu qu’elle équivaut à 5% des élèves inscrits au lycée entre 2012 et 2013 dans la région métropolitaine de Montréal.

Chaque année et durant quatre ans, ces individus ont été soumis à différents tests mesurant plusieurs paramètres de leur intelligence –mémoire à court et long terme, raisonnement perceptif, inhibition, mémoire de travail–, des tests ensuite mis en regard de leur consommation d’alcool et de cannabis, déterminée par un questionnaire standardisé.

Comme l’avaient conclu de précédentes études, il en ressort que la consommation d’alcool et de cannabis partagent une nocivité commune, notamment sur la mémoire, mais que certains dégâts du cannabis sur l’intelligence sont plus prononcés chez les adolescents et adolescentes. Des observations indiquant une neurotoxicité spécifique et durable du cannabis sur le cerveau en développement, touchant en particulier les fonctions cérébrales régulant l’inhibition, ce qui contribue à expliquer pourquoi la consommation de marijuana est associée à une augmentation du risque de développer une schizophrénie comme d’autres troubles psychiatriques.

http://www.slate.fr/story/

Faire du sport nous rend-il vraiment plus intelligent?


 

Pour avoir une mémoire plus performante, il suffit de bouger sans nécessairement être un athlète de haut niveau.
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Faire du sport nous rend-il vraiment plus intelligent?

 

 Et que ça saute !  | Tambako the Jaguar via Flickr CC License by

Et que ça saute ! | Tambako the Jaguar via Flickr CC License by

Repéré par Peggy Sastre

Les effets sur la mémoire d’une activité physique se confirment.

La chose est connue: que ce soit pendant ou après une activité aérobique intense –tout exercice qui augmente la consommation d’oxygène de l’organisme–, nos fonctions cognitives sont améliorées. Ce qui est un peu plus obscur, par contre, ce sont à la fois les causes, les mécanismes et l’ampleur de ces effets. À la suite de plusieurs études montrant comment les fonctions exécutives de notre cerveau (logique, stratégie, planification, mémoire de travail, etc.) sont les premières à bénéficier d’un peu d’efforts musculaires, des chercheurs en psychologie expérimentale et en neurosciences de l’université Louis-et-Maximilien de Munich et de l’université de Londres ont voulu tester l’effet de différentes postures et niveaux d’activité sur une partie de notre intelligence.

Il ressort de leur étude, publiée dans le British Journal of Psychology, que la mémoire visuelle est améliorée par l’activité physique –marcher sur un tapis de course ou faire du vélo d’appartement– et la station debout. Un travail qui permet d’en savoir un peu plus sur les origines neurales des bénéfices du sport sur la cervelle.

Et qui pourrait aussi dévoiler un défaut commun à bien des travaux en psychologie cognitive, où les sujets sont analysés assis et au repos. Des conditions qui n’ont rien d’optimales pour Thomas Töllner, auteur principal de l’étude.

«Si la société moderne est devenue de plus en plus sédentaire, commente-t-il, nos cerveaux pourraient néanmoins être les plus performants lorsque nos corps sont actifs.»

Reste qu’un corps au repos n’est pas automatiquement le signe d’une cervelle raplala: les besoins énergétiques quotidiens des champions d’échecs sont ainsi similaires à ceux des marathoniens

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http://www.slate.fr/

Des difficultés à vous concentrer ? Vous êtes peut-être déshydraté


On parle beaucoup l’importance de s’hydrater cet été, surtout avec les grandes chaleurs. On sait qu’une déshydratation affecte les capacités physiques. Maintenant, il faut savoir que cela affecte aussi nos fonctions cognitives telles que l’humeur, la concentration …
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Des difficultés à vous concentrer ? Vous êtes peut-être déshydraté

 

Crédits : iStock

par Brice Louvet

Même une légère déshydratation peut affecter négativement votre performance cognitive, selon une nouvelle méta-analyse publiée dans la revue Medicine & Science in Sports & Exercise.

Des chercheurs du Georgia Institute of Technology (États-Unis) ont examiné les résultats de plus de 30 études sur la déshydratation. Ils constatent aujourd’hui qu’un petit déficit d’eau corporelle suffit à nuire à notre humeur et à notre façon de penser, en particulier quand il s’agit de tâches qui nécessitent un traitement complexe ou une importante concentration.

« Maintenir son attention lors d’une longue réunion, conduire une voiture, ou un travail monotone dans une usine chaude qui vous oblige à rester vigilant, par exemple, explique Mindy Millard-Stafford, co-auteure de l’étude. Les fonctions d’ordre supérieur comme faire des maths sont également altérées ».

Bien qu’il n’y ait pas de règle spécifique, les chercheurs ont constaté que les troubles dus à une légère déshydratation avaient tendance à commencer lorsque les gens perdaient environ 2 % du volume total d’eau dans leur corps.

« Il y a déjà beaucoup de documentation quantitative sur les conséquences d’une perte d’eu dans l’organisme, cela affecte les capacités physiques comme l’endurance musculaire ou votre capacité à réguler la température de votre corps, poursuit la chercheuse. Nous voulions voir si les fonctions cognitives pouvaient également être affectées ».

Bien qu’il n’y ait pas d’exigences quotidiennes spécifiques pour la consommation d’eau, les Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de la médecine suggèrent que les hommes devraient consommer environ 3 litres d’eau par jour, tandis que les femmes devraient en consommer environ 2,5 litres. Cela varie d’une personne à l’autre, et inclut toutes les sources d’eau disponibles (nourritures et boissons). L’exposition à la chaleur ou faire un exercice intense augmentera également la quantité d’eau requise pour un bon fonctionnement de l’organisme, tant physique que sur le plan cognitif.

Les personnes âgées peuvent, par ailleurs, se déshydrater plus facilement, car elles perdent la sensation de soif et leurs reins sont moins aptes à concentrer l’urine, ce qui signifie qu’elles retiennent moins de liquide. Les personnes ayant une masse graisseuse élevée sont également plus à risque concernant la déshydratation, car elles ont tendance à avoir moins de réserves d’eau que les personnes plus minces.

Rappelons néanmoins que tout se consomme avec modération – même les substances aussi vitales que l’eau. Boire trop d’eau, c’est-à-dire dépasser les 4 ou 5 litres en un temps réduit (hors activité intense ou période de canicule) diminue le taux de sodium, qui lui-même entraîne une hyper-hydratation qui peut causer un œdème cérébral. Dans les cas les plus graves (au-delà des 15 litres d’eau par jour), des troubles de la conscience ou des crises convulsives pouvant mener au coma peuvent survenir.

Source

https://sciencepost.fr/

Les pigeons meilleurs que les humains en mode multitâche


Un petit cerveau comme un pigeon ne veut rien dire. Ils ont plus de densité de cellules nerveuses dans le cerveau que l’être humain. Ils peuvent réussir en mode multitâche plus vite que les humains ..
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Les pigeons meilleurs que les humains en mode multitâche

 

La chercheuse Sarah Letzner et l'un des sujets de ses expériences.

La chercheuse Sarah Letzner et l’un des sujets de ses expériences.   Photo : Katja Marquard

Les pigeons sont capables de basculer d’une tâche à l’autre aussi rapidement que les humains, et même plus rapidement dans certaines situations.

Un texte d’Alain Labelle


Pour en arriver à ce constat, des biopsychologues allemands ont effectué les mêmes expériences comportementales pour tester les oiseaux et les humains.

La Dre Sara Letzner et ses collègues de l’Université de la Ruhr à Bochum émettent l’hypothèse que la cause du léger avantage des oiseaux en mode multitâche est leur densité neuronale supérieure.

Pendant longtemps, explique la Dre Letzner, les scientifiques ont pensé que le cortex cérébral des mammifères était la cause anatomique de leur capacité cognitive. Leur cortex cérébral se compose de six couches corticales.

Chez les oiseaux, cependant, une telle structure n’existe pas.

Cela signifie que la structure du cortex des mammifères ne peut pas être la raison décisive des fonctions cognitives complexes telles que le multitâche. Dre Sara Letzner

Le pallium des oiseaux n’a donc pas de couches comparables à celles du cortex humain. Toutefois, ses neurones s’y retrouvent plus densément que ceux des humains dans le cortex cérébral.

Malgré son petit cerveau, le pigeon possède une grande densité de neurones dans son pallium.

Malgré son petit cerveau, le pigeon possède une grande densité de neurones dans son pallium. Photo : iStock

Cerveau de pigeon, vraiment?

Par exemple, les pigeons ont six fois plus de cellules nerveuses dans le cerveau que les humains par millilitre cubique. Par conséquent, la distance moyenne entre deux neurones des pigeons est 50 % plus courte que chez les humains.

Comme la vitesse à laquelle les signaux des cellules nerveuses sont transmis est la même chez les oiseaux et les mammifères, les chercheurs ont estimé que l’information est traitée plus rapidement dans le cerveau aviaire que dans le cerveau des mammifères.

Dans leurs travaux, les chercheurs ont testé cette hypothèse à l’aide d’un exercice multitâche effectué par 15 humains et 12 pigeons. Dans l’expérience, les participants humains et aviaires ont dû arrêter une tâche en cours et passer à une autre tâche le plus rapidement possible. Le passage à la seconde tâche a été effectué soit en même temps que la première tâche a été arrêtée, soit elle a été retardée de 300 millisecondes.

Les résultats montrent que lors du deuxième exercice les pigeons ont un avantage sur les humains en raison de leur plus grande densité de cellules nerveuses. Ils étaient en effet 250 millisecondes plus rapides que les humains.

C’est à cause de leur petit cerveau densément rempli de cellules nerveuses que les oiseaux peuvent réduire le temps de traitement dans des tâches nécessitant une interaction rapide entre différents groupes de neurones. Dre Letzner

Sur l’intelligence des oiseaux

Les chercheurs dans le domaine des neurosciences cognitives se demandent depuis longtemps comment il est possible que certains oiseaux, comme les corbeaux ou les perroquets, soient assez intelligents pour rivaliser avec les chimpanzés en termes de capacités cognitives, malgré leur petit cerveau et l’absence de cortex.

Selon la Dre Letzner, ces travaux apportent un début de réponse à ce mystère.

Les détails de ces travaux sont publiés dans le journal Current Biology.

http://ici.radio-canada.ca