Une larve dévoreuse de plastique, nouvel espoir pour l’environnement


Les scientifiques ont remarquer  que la larve de la fausse teigne serait assez vorace pour manger le polyéthylène en peu de temps. Une solution à développer qui serait peut-être intéressante, vue que la décomposition du plastique peut prendre entre 100 à 400 ans
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Une larve dévoreuse de plastique, nouvel espoir pour l’environnement

 

La découverte d'une larve capable de dévorer le polyéthylène, l'une des... (Photo archives AFP)

JEAN-LOUIS SANTINI
Agence France-Presse
Washington

La découverte d’une larve capable de dévorer le polyéthylène, l’une des matières plastiques les plus résistantes, utilisées dans de nombreux emballages, offre la perspective de biodégrader rapidement ce polluant qui s’accumule dans l’environnement, notamment les océans.

«Les déchets plastiques sont un problème environnemental mondial, surtout le polyéthylène, particulièrement résistant et qui très difficilement dégradable naturellement», explique Federica Bertocchini, une chercheuse au Centre espagnol de la recherche nationale (CSIC), auteur de la découverte de cette larve de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella), un papillon très répandu.

Chaque année, quelque 80 millions de tonnes de polyéthylène sont produites dans le monde, précisent ces chercheurs dont la découverte est publiée lundi dans la revue américaine Current Biology.

Cette larve, élevée commercialement en grand nombre pour servir d’appât pour la pêche, est à l’état sauvage un parasite des ruches qui se niche dans la cire d’abeilles, partout en Europe.

Cette scientifique, également apicultrice amateur, a observé que les sacs en plastique dans lesquels elle plaçait la cire des ruches infectée par ce parasite, étaient rapidement criblés de trous.

D’autres observations avec un sac de supermarché au Royaume-Uni, soumis à une centaine de ces larves, ont montré que celles-ci pouvaient endommager le plastique en moins d’une heure.

«Extrêmement rapide»

Des trous commençaient à apparaître après seulement quarante minutes et au bout de douze heures, la masse de plastique du sac était réduite de 92 milligrammes, ce qui est considérable, expliquent ces chercheurs.

Ils soulignent que ce taux de dégradation est «extrêmement rapide» comparativement à d’autres découvertes récentes telles que celle d’une bactérie, l’an dernier, qui peut également dégrader certains plastiques, mais au rythme de 0,13 milligramme par jour seulement.

Les auteurs de cette dernière découverte pensent que la larve de la fausse teigne de la cire n’ingère pas seulement le plastique, mais qu’elle le transforme ou le brise chimiquement avec une substance produite par ses glandes salivaires.

«L’une des prochaines étapes sera de tenter d’identifier ce processus moléculaire et de déterminer comment isoler l’enzyme responsable», expliquent-ils.

«S’il s’agit d’une simple enzyme, on pourra alors la fabriquer à une échelle industrielle grâce à la biotechnologie», estime Paolo Bombelli de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, un des principaux coauteurs de ces travaux.

Selon lui, «cette découverte pourrait être un outil important pour éliminer les déchets de plastique polyéthylène qui s’accumulent dans les décharges et les océans.»

400 ans dans la nature

Le polyéthylène est surtout utilisé pour l’emballage et compte pour 40% de la demande totale des produits plastiques en Europe dont 38% se retrouvent dans des décharges.

Mille milliards de sacs plastiques sont utilisés dans le monde chaque année et chaque individu utilise en moyenne chaque année plus de 230 de ses sacs, produisant plus de 100 000 tonnes de déchets.

Actuellement, le processus de dégradation chimique de ces déchets plastiques avec des produits très corrosifs comme l’acide nitrique peut prendre plusieurs mois.

Laissés dans la nature, il faut environ un siècle pour que ces sacs de plastique se décomposent complètement. Pour les plastiques les plus résistants, ce processus peut prendre jusqu’à 400 ans.

Environ huit millions de tonnes de plastique sont déversées tous les ans dans les mers et océans du globe, selon une étude publiée en 2015 dans la revue américaine Science.

Les scientifiques pensent qu’il pourrait y avoir jusqu’à 110 millions de tonnes de déchets en plastique dans les océans. Des petits fragments de plastiques peuvent absorbés par les poissons et les autres espèces marines.

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Le Saviez-vous ►L’animal qui détecte la plus haute fréquence sonore est…


Si on demande qu’elle espèce animale détecterait la plus haute fréquence sonore, je crois que la majorité dirait les chauves-souris. Et bien non, c’est un insecte qui détient la palme … Mais il est chassé justement par les chauves-souris. 
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L’animal qui détecte la plus haute fréquence sonore est…

 

Fausse teigne de la cire

Fausse teigne de la cire  Photo :  Ministère de l’agriculture de l’Ontario

La fausse teigne de la cire, un papillon européen, est l’animal capable de détecter la plus haute fréquence enregistrée, ont découvert des scientifiques écossais.

Les travaux du Dr James Windmill et de ses collègues de l’Université de Strathclyde montrent que l’insecte lépidoptère peut percevoir des fréquences sonores atteignant 300 kHz.

Par comparaison, l’oreille humaine perçoit des fréquences sonores allant jusqu’à 20 kHz. Certains animaux comme les cétacés, les chiens et les chauves-souris peuvent se rendre jusqu’à 160 kHz.

Une chauve-souris s'approche d'un appât, une fausse teigne de la cire, lors d'une étude américaine réalisée à l'Université Wake Forest.Une chauve-souris s’approche d’un appât, une fausse teigne de la cire, lors d’une étude américaine réalisée à l’Université Wake Forest.  Photo :  William Conner et Nickolay Hristov

« D’autres animaux, comme les chauves-souris, utilisent les ultrasons pour communiquer. Il est maintenant clair que ce papillon les utilise de façon encore plus élaborée. » — Dr Windmill

Les chercheurs ne peuvent pour le moment expliquer comment le papillon a développé cette habileté, mais une partie de l’explication pourrait bien venir de leur principal prédateur, la chauve-souris. Il est possible que l’espèce ait développé cette capacité pour éviter la mort en utilisant un système de communication similaire à son ennemi, affirment les auteurs de ces travaux publiés dans les Biology Letters.

Selon eux, cette découverte représente un pas dans la bonne direction en vue de la création de nouvelles technologies comme des microphones et la conception de systèmes microacoustiques.

Ils veulent maintenant approfondir leur compréhension de l’oreille de la teigne et de celles d’autres insectes.

Le saviez-vous?
La fausse teigne de la cire, Galleria mellonella en latin, a une envergure de 30 à 41 mm. Elle est également appelée teigne des ruches parce que les larves se nourrissent des rayons de cire des ruches et sont ainsi considérées comme une nuisance pour de nombreux apiculteurs.

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