La somptueuse prison des hauts dirigeants saoudiens


Être dans la haute société et être suspect de corruption et être dans un grand hôtel 5 étoile en guise de prison, c’est comme prendre des vacances. Nombre de prisonniers changeraient leur place n’importe quand avec ces hauts dignitaires
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La somptueuse prison des hauts dirigeants saoudiens

 

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Une purge sans précédent a affecté les hautes sphères de l’Arabie Saoudite. Au total, une trentaine de dirigeants ont été arrêtés dans le cadre d’une vaste opération anticorruption menée samedi 4 novembre dernier. 

Un nettoyage orchestré par Mohammed ben Salmane, le jeune prince héritier, soupçonné d’éliminer des concurrents pour mieux consolider son pouvoir. Dans l’attente d’un procès, les détenus séjournent au Ritz-Carlton de Riyad, l’un des plus majestueux hôtels cinq étoiles de la ville.

Onze membres de la famille royale, quatre ministres en exercices, plusieurs anciens ministres ou vice-ministres, des responsables militaires et d’importants hommes d’affaires. Tel est le profil des personnalités arrêtées samedi soir en Arabie Saoudite dans ce qui a été qualifié de purge sans précédent dans l’histoire du pays.

Jusqu’à 900 euros la nuit

Cette vaste opération anticorruption a été diligentée par le prince Mohammed ben Salmane avec l’objectif inavoué de consolider son pouvoir. Si ces arrestations en série ont surpris par leur caractère aussi soudain qu’inattendu, elles ont eu comme premier effet de déloger la clientèle du prestigieux hôtel Ritz-Carlton de Riyad. Celle-ci a dû plier bagages samedi dernier « vers 23h00 » avant d’être conduite en navettes vers d’autres hôtels de la ville.

Le luxueux cinq étoiles, dont les tarifs oscillent -hors taxe- entre 270 et 900 euros la nuit, a été en effet réquisitionné pour héberger les prisonniers de haut rang fraîchement privés de liberté. En Arabie Saoudite, être accusé de crimes graves et de haute trahison semble offrir une détention provisoire à la hauteur de son statut.

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Dans l’attente de leur procès, les accusés peuvent profiter des dizaines d’hectares de jardins, de l’une des 500 chambres spacieuses, d’un spa de classe mondiale et d’une piscine intérieure.

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Eviter l’insulte et le mépris

Si de l’extérieur ce traitement de faveur prête à sourire, il est qualifié de normal dans un royaume gouverné par une alliance de diverses branches – parfois concurrentes- de la famille royale.

Mépriser ou insulter un patriarche d’une famille ou un haut responsable pourrait avoir de lourdes conséquences et rompre les liens qui lient la société saoudienne.

« Il n’aurait pas pu être mis en prison » atteste un haut responsable dans les colonnes du quotidien britannique. « C’était la solution la plus digne que nous pouvions trouver. »

Pour autant, comme l’évoque un professeur de Sciences politiques à la retraite de l’université des Emirats, les normes sociétales tendent à s’effondrer en Arabie et les liens entre les tribus et les clans ne sont plus aussi forts qu’autrefois.

Internet et lignes téléphoniques coupés

« Il y a une disposition culturelle dans ce pays pour traiter tout le monde à égalité. Si ces princes sont reconnus coupables, ils iront en prison. Il y a plus de 30 millions d’Arabes et une grande classe moyenne qui se comportent comme de la même façon qu’ailleurs dans le monde. Cette classe moyenne, qui aspire à une Arabie Saoudite du 21e siècle, sera heureuse de les voir en prison, s’ils le méritent ».

La date du procès n’a pas encore été fixée. En attendant, le Ritz-Carlton reste fermé à sa clientèle.

« En raison de circonstances imprévues, les lignes Internet et téléphoniques de l’hôtel sont actuellement déconnectées jusqu’à nouvel ordre », précise la direction de l’hôtel.

L’hôtel Ritz-Carlton est situé dans le quartier diplomatique de Riyad. Lieu de séjour des grands de ce monde, il a récemment hébergé Donald Trump. © reuters.

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L’ADN de la tête d’Henri IV coïncide avec celui de Louis XVI


L’histoire de la France viens de vérifier des faits historiques sur l’histoire de la royauté … qui certains de ces rois on eu une fin tragique. Cette étude du profil génétique pourrait mettre aussi un nouvel éclairage sur les conséquences de la consanguinité
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L’ADN de la tête d’Henri IV coïncide avec celui de Louis XVI

 

À gauche, un portrait du roi Henri IV,... (Photo : AFP)

À gauche, un portrait du roi Henri IV, et à droite, la tête momifiée du roi de France acquise par le brocanteur français Joseph-Émile Bourdais dans une vente aux enchères en 1919. Elle a été authentifiée scientifiquement en 2010, mais certains contestent cette conclusion.

PHOTO : AFP

Agence France-Presse
Paris

Coup double pour une équipe de scientifiques franco-espagnole rassemblée autour de Philippe Charlier: ils ont trouvé un profil génétique commun entre la tête momifiée d’Henri IV et du sang séché provenant de son descendant, Louis XVI, validant l’authenticité des deux restes royaux.

Ces travaux, dont les résultats sont publiés lundi en ligne par la revue Forensic Science International, «montrent qu’Henri IV et Louis XVI ont le même patrimoine génétique passant par les pères», a expliqué à l’AFP le Dr Charlier, médecin légiste à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, en région parisienne, et grand spécialiste des énigmes historiques.

En confirmant par la génétique «la véracité de l’arbre généalogique entre Henri IV et Louis XVI», l’étude apporte un argument supplémentaire à l’authentification de la tête d’Henri IV, contestée par certains.

Retrouvée en 2008, après plusieurs siècles de pérégrinations, la tête du roi Henri IV avait été authentifiée en 2010, sur la base de nombreux recoupements scientifiques et historiques, par une équipe d’une vingtaine de spécialistes conduite par le Dr Charlier. Mais ils avaient alors échoué à extraire l’ADN.

Quant au sang attribué à Louis XVI, analysé en 2011 par une équipe italo-espagnole pilotée par Carles Laluela-Fox (Institut de biologie évolutive de Barcelone), il a été récupéré dans une sorte de gourde possédée par une famille aristocratique italienne.

Cette gourde aurait contenu un mouchoir qui avait trempé dans le sang royal, le jour où Louis XVI fut guillotiné, le 21 janvier 1793.

Sept générations séparent ces deux rois de France au destin tragique, Louis XVI descendant en ligne directe paternelle d’Henri IV, assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610.

L’enfant du miracle

C’est précisément l’ADN «paternel», l’ADN du chromosome Y, qui a parlé, balayant les derniers doutes sur l’authenticité de la tête d’Henri IV, selon le Dr Charlier.

L’Institut de biologie évolutive de Barcelone a travaillé sur un échantillon «provenant du plus profond de la gorge de l’individu» et a pu extraire un ADN partiellement exploitable.

La tête d’Henri IV a été séparée de son corps en 1793, sous le régime de la Terreur, lors de la profanation de la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France.

Elle n’est réapparue qu’au XIXe siècle dans une collection privée d’un comte allemand, avant d’être acquise en 1919 par un antiquaire de Dinard, puis revendue à un couple de retraités passionnés d’Histoire. Ceux-ci l’ont léguée au chef actuel de la maison de Bourbon, Louis de Bourbon.

La confirmation de la lignée paternelle entre Henri IV et Louis XVI apporte aussi indirectement une réponse aux historiens qui pouvaient douter que Louis XIV soit bien le fils de Louis XIII, et non de Mazarin. «L’enfant du miracle» était né plus de 20 ans après le mariage de Louis XIII, le premier fils d’Henri IV, avec Anne d’Autriche.

Des parcelles du coeur de Louis XIII et de celui de Louis XIV sont conservées à la basilique Saint-Denis, mais l’équipe du Dr Charlier n’a pas été autorisée à les étudier.

Parfois surnommé «l’Indiana Jones des cimetières», le Dr Charlier a notamment révélé l’empoisonnement au mercure d’Agnès Sorel, favorite de Charles VII.

Plus récemment, il a travaillé sur des fragments du coeur de Richard 1er d’Angleterre, dit Richard Coeur de Lion.

 «Les résultats sont imminents», a-t-il déclaré, avant son départ pour la Transylvanie où il doit étudier des squelettes de prétendus vampires.

Quant à l’équipe de Carles Lalueza-Fox, maintenant qu’elle a la confirmation que le sang séché est bien celui de Louis XVI, elle pourrait tenter de déchiffrer le génome complet du dernier monarque absolu de l’Histoire de France et en tirer des informations sur la famille royale, comme la consanguinité ou la susceptibilité aux maladies.

http://www.lapresse.ca