Les californiens ne sentent même pas ces séismes lents et pourtant…


Les chercheurs comprennent mieux ce qui se passent sous les pieds des Californiens et de la fameuse faille de San Andreas qui est reconnu depuis longtemps qu’un jour un séisme viendra séparer cet état. Ce qu’ils ont compris, c’est que dans quelques années, le séisme sera énorme, ce sera une vraie catastrophe humaine, et financière
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Les californiens ne sentent même pas ces séismes lents et pourtant…

 

La Californie, cette région du Sud-ouest américains qui fait tant rêver, est l'un des endroits sur Terre qui la plus de séismes. La raison ? La faille de San Andréas, bordure d'une plaque tectonique qui se déplace doucement. Cependant, des scientifiques alertent, cette situation pourrait être plus dangereuse que prévue. 

Crédits : WIkipédia Commons

par Louison

La Californie, cette région du Sud-ouest américain qui fait tant rêver, est l’un des endroits sur Terre où se déroulent le plus de séismes. La raison ? La faille de San Andreas, bordure d’une plaque tectonique qui se déplace doucement. Cependant des scientifiques lancent l’alerte, car cette situation pourrait être plus dangereuse que prévu.

Petit rappel : la Californie c’est quoi ?

 

La Californie, c’est ni plus ni moins que l’État qui génère le plus de richesses aux États-Unis. Elle représente 13 % du PIB du pays, abrite des villes comme Los Angeles ou San Francisco et enfin c’est là-bas que se trouve la Silicon Valley. Actuellement, la Californie peut être considérée comme trop riche, mais quelles que soient les richesses, elle en consomme plus qu’elle n’en produit.

san francisco

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Crédits : Pixabay

Une richesse en danger à cause des séismes

Les scientifiques alertent aujourd’hui sur des mouvements inattendus et imprévus. Ils estiment que la Californie souffrira d’un séisme majeur  – de magnitude 7 – d’ici 30 ans. Ce qui les a aiguillés dans cette direction, c’est le fait que les mouvements de la faille ont changé. En effet, celle-ci se déplaçait depuis longtemps, et bouge encore de 3 cm par an en moyenne. Le problème, c’est que ce mouvement est devenu saccadé. Certaines années, la faille ne bouge pas tandis qu’elle peut avancer de 10 cm pendant d’autres. Cela veut dire que l’énergie qui se libérait en continu avant va s’accumuler avant de se relâcher d’un coup.

Ce genre de séismes n’est pas ressenti par une personne vivant sur le sol. Cependant, ces petits à-coups sont à l’origine de plus grosses secousses. Par exemple : le séisme de magnitude 6 qui a frappé Parkfield en 2004. Si une telle catastrophe venait à ce produire, on estime que les coûts de reconstruction s’élèveraient au minimum à 300 milliards de dollars.

Pour arriver à de tels résultats, les scientifiques ont sondé 145 km de sol le long la faille pendant 7 ans. Ils ont utilisé des robots qui possédaient des sonars embarqués. Ceux-ci ont permis de créer un modèle en 3D de ce qui ce passe sous les pieds des Californiens.

Si en moyenne rien n’a changé, pourquoi dire que la situation empire ?

En fait, ces petits séismes sporadiques vont faire en sorte d’augmenter la pression souterraine alors que rien ne bouge. En effet, il est arrivé qu’il n’y ai pas de séismes pendant 2 ans. Cela veut dire que l’à-coup généré au moment de la libération de l’énergie va lui aussi se trouver amplifié. Quand la pression se relâche, l’énergie qu’il va falloir libérer pour refaire bouger la faille s’accroît, et ainsi de suite. Il s’agit d’un cercle vicieux qui se termine par un séisme.

Si ce cycle n’était pas d’actualité avant, c’est parce que l’on pensait que l’énergie se libérait de façon fluide et constante.

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La Californie attend son apocalypse


Je me souviens il y a pas mal d’années, on parlait de la faille de San Andreas et d’un gros tremblement de terre qui sera désastreuse pour la Californie. Les scientifiques aimeraient préparer la population californienne de Big One. Car un jour, ce séisme destructeur sera une réalité. Plus les années passent, plus la force de cette catastrophe est crainte.
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La Californie attend son apocalypse

 

Extrait du film San Andreas.

Extrait du film San Andreas.

Simon Clair et Stylist

Tout le monde le sait. D’ici peu, la Californie devrait être ravagée par le Big One, un gigantesque séisme. Un désastre en sursis que beaucoup d’habitants envisagent encore comme une fiction.

C’est un matin ensoleillé en Californie du Sud. Et ce sont 7,5 millions de personnes qui s’activent pour aller au travail. Comme tous les jours, plusieurs milliers d’entre elles ont pris leur voiture pour rejoindre des comtés situés de l’autre côté de la célèbre faille de San Andreas, qui traverse l’État du nord au sud comme une longue cicatrice. Malheureusement, beaucoup d’entre eux ne feront jamais le trajet retour. 

À 10 h du matin, l’un des plus gros séismes jamais enregistrés vient de s’abattre sur l’État: 7,8 sur l’échelle de Richter. La terre n’a tremblé que deux minutes mais Palm Springs, San Bernardino, Los Angeles, San José ou San Francisco ont été très sévèrement touchés. Sous l’effet du choc, 1.500 buildings se sont littéralement effondrés et 300.000 autres bâtiments ont été en partie détruits.

En tout, le tremblement de terre a fait 1.800 morts et 53.000 blessés. On dénombre désormais 1.600 incendies un peu partout dans la région et la majorité des axes de communication ont été coupés. Coincés au milieu des ruines et des décombres, 255.000 sans-abri ne peuvent même pas appeler les secours tant les réseaux téléphoniques sont saturés. Pendant des semaines, peut-être même des mois, les survivants vont devoir se débrouiller sans eau ni électricité et attendre que quelqu’un vienne les chercher, malgré les risques de répliques sismiques.

«The Great California ShakeOut»

Pour reconstruire les villes, les routes ou les ponts, il faudra des années. Pour effacer le traumatisme du séisme, il faudra des vies entières.

«La vitesse à laquelle les choses reviendront à la normale après ce désastre dépend de vous. Soyez préparés.»

C’est sur ces mots que se termine la vidéo mise en ligne par l’Institut d’études géologiques des États-Unis.

Car derrière les chiffres et les détails de ce scénario catastrophe digne d’une partie ratée de SimCity, les scientifiques américains tiennent avant tout à rappeler que tout ça est bien sérieux. Pour preuve, ils organisent chaque année une répétition générale surnommée «The Great California ShakeOut», à laquelle participent plus de 6 millions de personnes à travers tout l’État.

The Great California ShakeOut I MARK RALSTON / AFP

Chacun y révise soigneusement les gestes à faire le jour J: rester à l’intérieur, s’abriter sous une table ou un meuble solide, se couvrir la tête et le torse, tourner le dos aux fenêtres, s’agripper à l’objet qui vous sert d’abri. Autant de choses qu’il ne faudra pas oublier le moment venu. Quand il arrivera enfin. Ce fameux Big One que tout le monde redoute comme l’Apocalypse.

Bombe à retardement

Il faut reconnaître que la Californie a effectivement toutes les raisons d’avoir peur. Car à écouter les chercheurs qui planchent quotidiennement sur le sujet, ce n’est pas un mais deux Big One qui menacent la côte Ouest.

«L’un des deux aura lieu dans le nord-ouest du Pacifique. C’est un séisme de magnitude 9 qui démarrera après une rupture de la faille de Cascadia, qui va de la Californie du Nord au Canada. Le sol se déplacera de 10 à 20 mètres. Mais plus au sud de la Californie, on attend aussi un Big One sur la faille de San Andreas. Ce sera un tremblement de terre de magnitude 8», détaille John Vidale, directeur du Southern California Earthquake Center (SCEC).

Et s’il parle au futur et avec une telle certitude, c’est parce qu’on sait que les plaques tectoniques se déplacent de plus de trois centimètres par an, se frottent les unes aux autres et finissent par casser, occasionnant des activités sismiques. Située en plein sur la zone de contact entre la plaque nord-américaine et la plaque pacifique, la Californie est de loin l’une des régions les plus exposées au monde. Et les derniers grands séismes enregistrés dans l’État datent maintenant de plus d’un siècle: le tremblement de terre de Fort Tejon en 1857 et celui de San Francisco en 1906.

San Francisco 1906 et 2006 I JUSTIN SULLIVAN / Getty Images North America / AFP

Tôt ou tard, la Californie devra donc faire face à de nouveaux séismes en forme de bombes à retardement. Et plus le temps passe, plus les dégâts seront conséquents, précise Pascal Bernard, sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris:

«La probabilité que ça arrive augmente au fil des années. Les plaques tectoniques se déplacent d’environ 3 centimètres et demi par an. Mais par exemple, une zone de la faille de San Andreas est restée coincée depuis cent soixante ans. L’élastique continue donc de se tendre au fil des années mais il finira forcément par casser. Décennies après décennies, les risques sont plus élevés. Et ce n’est pas linéaire au niveau de la violence potentielle. Si on multiplie par deux le temps, on multiplie par huit l’énergie du séisme à venir.»

Selon les derniers calculs, les probabilités que ce terrible tremblement de terre ait lieu dans les trente prochaines années sont d’une chance sur deux. Même le meilleur des films catastrophe n’aurait pas fait un aussi bon trailer.

Peur sur la ville

Ce n’est que depuis quelques années que les Californiens s’intéressent à ce qui se passe sous leurs pieds.

«À Los Angeles, avant les années 1930, on n’avait pas vraiment réalisé que la faille de San Andreas occasionnait des séismes réguliers et très puissants. Puis peu à peu, on a commencé à comprendre la tectonique des plaques. Quant à la zone au nord de la Californie, c’est dans les années 1980 qu’on s’est rendu compte qu’il y avait des tremblements de terre. C’est à cette époque qu’est née la crainte du Big One», explique John Vidale.

D’autant plus qu’en 1989, le 17 octobre, San Francisco a déjà eu affaire aux prémisses du Big One. Pendant presque vingt secondes, le séisme de Loma Prieta, d’une magnitude de 6,9 sur l’échelle de Richter, a secoué violemment la ville, laissant dans les mémoires un traumatisme durable. La chanteuse Jennifer Herrema, qui vivait là-bas à l’époque, n’a rien oublié:

«C’était un décor de guerre. Il y avait des débris un peu partout, des gens allongés sur des civières et on pouvait voir plusieurs incendies qui s’étaient déclarés aux quatre coins de San Francisco. Au-dessus de nous, on entendait le bruit des hélicoptères qui survolaient la ville et dans la rue, des camions de pompiers nous dépassaient à toute vitesse. Au final, beaucoup de gens sont morts. L’une des plus grosses autoroutes aériennes s’est effondrée, tout comme une partie du pont entre San Francisco et Oakland. Des voitures ont quasiment plongé dans la baie.»

En termes de puissance, le tremblement de terre de Loma Prieta était pourtant bien loin de celui que tout le monde redoute. Car selon les estimations, le Big One ferait plus de 213 milliards de dollars de dégâts dans les villes californiennes. Un chiffre qui pourrait même être rapidement multiplié par deux ou trois dans le cas d’un scénario qui fait peur: le déclenchement en série.

Loma Prieta I JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Car en cassant, une faille sensibilise bien souvent la zone qui l’entoure. C’est comme ça qu’est apparu un séisme de magnitude 8 seulement quelques mois après le séisme de magnitude 9,3 qui a frappé Sumatra en 2004.

Selon Egill Hauksson, professeur en géophysique au laboratoire sismologique de l’Institut californien de technologie, «un séisme de magnitude 7 aura soudainement 300 fois plus de chances d’avoir lieu dans la première semaine qui va suivre le Big One».

Une sorte de loi meurtrière des séries. «C’est ce qui pourrait arriver de pire.»

Désastre bientôt en salle

Difficile de rester serein dans cette atmosphère de fin du monde. D’autant plus que presque chaque année, Hollywood y va de son film sur le sujet, à grand renfort d’effets spéciaux et d’exagérations grossières. Earthquake de Mark Robson avait ouvert le bal en 1974 en mettant en scène Charlton Heston et Ava Gardner tentant de survivre après qu’un séisme avait réduit en miettes l’intégralité de Los Angeles.

Devant le succès en salles, le film de tremblement de terre est presque devenu un genre en soit, avec des titres comme The Great Los Angeles Earthquake (1990), 10.5 (2004) ou 10.0 Earthquake (2014). En 2015, c’est l’énorme production San Andreas –dans laquelle se réveille brusquement toute la faille du même nom– qui faisait d’impressionnants scores au box-office, malgré un scénario bodybuildé à la limite du ridicule.

«Grâce à ces films, nous restons conscients des risques sismiques et du fait qu’il faut s’y préparer. Mais ils ne sont tellement pas réalistes qu’ils ne permettent pas aux gens de se rendre compte de la situation. Et le plus gros problème est que ce genre de film laisse croire qu’il n’y a rien à faire contre ces séismes», commente John Vidale.

Pourtant, des villes commencent tout de même à adapter leurs infrastructures aux normes sismiques. Mais dans la pratique, ce sont souvent les quartiers les plus riches des villes les plus riches qui en profitent le plus, tandis que les zones défavorisées sont laissées à la merci du séisme. Quant aux exercices de sensibilisation, c’est un vrai imbroglio administratif:

«La question est de savoir qui doit payer pour préparer les gens. Le gouvernement fédéral voudrait que ce soit l’État de Californie et inversement», reprend John Vidale.

En attendant, le web commence à héberger toute une série de théories du complot surfant sur cette peur du Big One.

«J’ai déjà entendu dire que la Californie allait être coupée en deux et que l’un des deux morceaux tomberait dans l’océan», rigole Egill Hauksson.

Certains sites complotistes soutiennent même que le séisme d’Haïti en 2010 aurait été volontairement déclenché par les États-Unis pour tester la mise au point d’une arme sismique capable de créer des tremblements de terre.

«Nous ne sommes même pas capables de prédire correctement les séismes. Alors comment voulez-vous qu’on puisse les utiliser comme arme?», reprend Egill Hauksson.

Vous êtes donc prévenus, quand très prochainement le sol commencera à trembler, ce ne sera ni un exercice, ni l’attaque de la Corée du Nord, ni le tournage du prochain film à succès, mais bien le fameux Big One qui fait déjà frémir la Californie. Et il sera trop tard pour s’enfuir.

http://www.slate.fr/

Big One: inquiétante activité près de la faille de San Andreas


Depuis que je suis petite que j’entends parler de la faille de San Andreas, qu’un jour un gros tremblement de terre viendra changer la face de la côte Ouest des États-Unis, ce que les Américains appelle le BIG ONE.
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Big One: inquiétante activité près de la faille de San Andreas

 

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La faille de San Andreas.Photo Gentside

Depuis quelques jours, la Californie est en état d’alerte. L’État américain a en effet enregistré dans la semaine une activité sismique inhabituelle autour de la faille géologique de San Andreas. Des observations qui ne laissent rien présager de bon. 

Les géologues craignent en effet que cette faille, ou plus exactement ce système de failles, s’anime sous les contraintes tectoniques. Actuellement, celui-ci cumule plusieurs segments à  risque sur près de 1 300 kilomètres, le long de la jonction entre la plaque du Pacifique et celle de l’Amérique.

L’activité tectonique de la faille de San Andreas est sous haute surveillance. Ces cinq derniers jours, 200 mini-séismes, de magnitude 1,4 à  4,3 sur l’échelle de Richter, ont été enregistrés au niveau du Salton Sea, un lac salé californien, d’après le Los Angeles Times. 

UNE FAILLE PARALLÈLE NOUVELLEMENT DÉCOUVERTE

Le point se situe à deux heures environ de Los Angeles et à moins de 10 kilomètres du sud du système de failles. Mais les observations ne s’arrêtent pas là. Encore plus récemment, les chercheurs ont identifié une autre ligne de faille, parallèle à  la principale.

«Cela représente un nouveau danger pour la région avec des implications importantes pour les modèles de failles et par conséquent pour les prédictions sismiques», explique dans un rapport l’équipe de l’Institut d’océanographie Scripps et du Laboratoire de sismologie au Nevada.

La faille, nouvellement répertoriée sous le nom de «Trough Fault Salton» est passée durant tout ce temps inaperçue en raison de sa localisation, sous le lac Salton Sea. Pour l’identifier, les chercheurs ont dû sonder la couche de sédiments du plan d’eau à  l’aide de plusieurs instruments de pointe.

LE FANTÔME DU «BIG ONE»

L’activité sismique inhabituelle au niveau de cette faille parallèle à  San Andreas laisse craindre l’arrivée de ce que les chercheurs appellent le «Big One». Ce séisme de haute magnitude (supérieure à  une magnitude 7) sur l’échelle de Richter pourrait complètement dévaster la côte Ouest des États-Unis.

Le dernier grand tremblement de terre de ce genre remonte à 1906. D’une magnitude évaluée à  7,8, il a été provoqué par un mouvement le long de la partie nord de la faille de San Andreas et a fait plus de 3 000 morts avec des dégâts matériels se chiffrant à quelque 500 millions de dollars. Dans la partie sud de la faille, le dernier séisme remonte à  1857.

Autant dire que le Big One est particulièrement redouté dans la région. Selon les statistiques, le phénomène à  l’origine d’un tel séisme se produirait environ tous les 100 ans. D’ordinaire, le risque qu’un phénomène de magnitude supérieur à 7 se produise dans le sud de la Californie est de 1 sur 10 000, a expliqué Morgan Page, scientifique de l’Institut de géophysique américain repris par LiveScience.

Néanmoins, l’activité récente aurait fait passer le risque à entre 1 sur 300 et 1 sur 100, soit un risque 100 fois plus élevé, d’après l’USGS. Les spécialistes sont donc sur le qui-vive même si la situation ne leur est pas étrangère. 

UN «BIG ONE» RÉELLEMENT IMMINENT?

En effet, ce n’est pas la première fois que la faille de San Andreas montre de telles manifestations. En 2001 et 2009, d’autres activités sismiques inhabituelles avaient été enregistrées toujours dans la région au sud de la faille mais celles-ci n’ont eu aucune conséquence. Certains spécialistes ont ainsi voulu tempérer les inquiétudes.

«Des séismes peuvent être précédés par des essaims sismiques mais ce n’est pas systématique», souligne Jean-Paul Montagner, sismologue à  l’Institut de Physique du Globe de Paris repris par Sciences & Avenir.

Si la région est sous-tension depuis 160 ans (et le dernier séisme de 1857), l’impact de petites secousses sur la survenue d’une autre potentiellement plus forte est incertain.

«La quantité d’énergie libérée par de petits séismes est juste minuscule en terme d’énergie totale pour les séismes. Même si on ajoute tous les petits, ils ne comptent pas vraiment pour beaucoup », a commenté Morgan Page.

D’après l’USGS, un séisme de magnitude 7 par exemple libère un million d’énergie en plus qu’un séisme de magnitude 3.

Encore aujourd’hui, les séismes restent des phénomènes largement imprévisibles. Difficile donc d’évaluer avec exactitude l’imminence du Big One tant redouté. Bien que le niveau d’alerte soit redescendu depuis la détection des petits séismes, les spécialistes poursuivent leur surveillance et appellent surtout à  maintenir la vigilance.

«Nous vivons dans un pays à séismes et nous devrions être préparé à  tout moment», a conclu Morgan Page.

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Mais pourquoi ces roches ne tombent-elles pas ?


Près de la faille de San Andreas, il y a des rochers qui se tiennent en équilibre et depuis des millénaires, elles sont figées dans le temps en équilibre parfait
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Mais pourquoi ces roches ne tombent-elles pas ?

 

Ces roches équilibristes ont survécu à des dizaines de séismes. Nick Hinze / Nevada Bureau of Mines & Geology

Ces roches équilibristes ont survécu à des dizaines de séismes. Nick Hinze / Nevada Bureau of Mines & Geology

Par Joël Ignasse

En équilibre depuis 10 000 ans dans une zone qui a connu des dizaines de séismes, ces roches défiaient les géologues. Aujourd’hui, ils ont compris les raisons de leur stabilité.

SAN ANDREAS. C’est dans les montagnes de San Bernardino, toutes proches de la faille de San Andreas que sont retrouvées ces pierres drôlement empilées. Elles semblent être en équilibre précaire et pourtant, elles demeurent dans leurs fragiles configurations depuis au moins 10 000 ans et ont résisté à entre 50 et 100 tremblements de terre importants.

Deux failles qui s’annulent

Image © Lisa Grant Ludwig.

Lisa Grant Ludwig, de l’université de Californie à Irvine, a analysé le terrain autour de 36 de ces blocs de granit curieusement disposés et effectué des mesures sismiques. Ils sont situés à seulement 7 kilomètres de la faille de San Andreas et également à 10 kilomètres d’une autre faille moins connue, celle de San Jacinto.

Avec son équipe, la scientifique a même reproduit avec un rocher et une poulie une des configurations rocheuses afin de déterminer quelle énergie de secousse était nécessaire pour la faire tomber. Et la le mystère s’est quelque peu épaissi : en effet tous les blocs de granit auraient dû chuter suite aux nombreux tremblements de terre qu’a connu la région. Les calculs ayant été fait sur la base de trois séismes d’intensité 7,4, 7,8 et 7,9 sur l’échelle de Richter.

RISQUES.

 » Ce fût un véritable casse-tête scientifique. Comment ces roches pouvaient-elles être ici, juste à côté de la faille de San Andreas ? «  se remémore Lisa Ludwig.

Après quelques dix années d’études et de recherches, elle publie enfin dans la revue Seismological Research Lettersune explication du phénomène. En fait, autour de ces blocs, les secousses sont beaucoup moins puissantes qu’elles ne le devraient, en raison d’interactions entre les deux failles.

 » Cela crée des motifs de rupture qui stoppent les ondes sismiques « , explique-t-elle.

Image © Lisa Grant Ludwig.

Outre apporter la solution à une vieille énigme, cette étude pourrait aussi avoir des répercussions sur les modèles sismiques dans une région qui se prépare à « The Big One », un séisme catastrophique qui pourrait se produire dans les prochaines années sur la côte ouest.

« Ces failles s’influencent l’une, l’autre. Et il semble qu’elles aient parfois rompues ensemble dans le passé. Cet article suggère que nous devrions envisager l’impact d’une rupture impliquant les deux failles à la fois. Ce qui n’est pas le cas dans les scénarios établis par les secours ou les calculs des ingénieurs affectés aux travaux publics », conclut Lisa Ludwig.

A l’intérieur d’un canyon, en plein de coeur de la faille. A gauche, on peut toucher la plaque Pacifique, à droite la plaque Amérique du Nord. © France USA Media

Vue du sommet d’une colline formée par le frottement des plaques nord-américaine et pacifique. Au centre de la photo, on distingue clairement un corridor : à gauche, des roches de granit dont les strates descendent de gauche à droite (situées sur le côté Pacifique) ; à droite, des roches dont les strates remontent de gauche à droite (situées sur le côté Amérique). © Crédit : France USA Media.

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