Le Saviez-Vous ► Les Hollandais à la conquête des mers au XVIIe siècle


Aujourd’hui, aller en mer vers aux 4 coins du monde demande des connaissances multiples dont la géographie. Ces cartes ne sont pas faites par avions ou GPS, mais par des explorateurs qui sont partis à la conquête du nouveau-monde. Au XVIIe siècle, c’est les Hollandais qui sont passé maître en cartographie. Ils ont surpasser tous les atlas du temps et en plus, ils ont traduit le tout en plusieurs langues. Ils ont aussi profité pour conquérir divers domaines comme le commerce …
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Les Hollandais à la conquête des mers au XVIIe siècle



Isabelle Bernier
Historienne

Au XVIIe siècle, les Hollandais règnent sur la quasi-totalité des mers. La vocation maritime et commerciale des Provinces-Unies résulte en grande partie de sa lutte contre l’Espagne. Les navigateurs hollandais commencent par visiter les mers froides délaissées par les Espagnols, puis la fermeture du port de Lisbonne à leurs navires en 1580 les incitent à se lancer vers l’océan Indien sur la route des épices. C’est la naissance d’un vaste empire commercial hollandais au détriment des Portugais, avec l’aide involontaire des Anglais qui ont anéanti l’Invincible Armada espagnole en 1588.

Le Spitzberg (en mer de Barents) est découvert en 1596 par le Hollandais Willem Barents, qui cherche le passage du nord-est atlantique et arctique vers la Chine et les Indes, découverte pour laquelle les Provinces-Unies ont promis une forte prime. Il tente de passer par le nord de la Nouvelle-Zemble, mais la navigation dans les glaces est désastreuse pour des marins mal équipés. Obligé d’hiverner à 76° de latitude nord, Barents veut rejoindre le continent mais périt avec la majorité de son équipage. Vers 1875, un navire norvégien découvre sur la côte orientale de la Nouvelle-Zemble, un abri et des objets utilisés par Barents et ses marins.

Tableau décrivant la mort de Willem Barents le 20 juin 1597 en Nouvelle-Zemble, par Christiaan Portman en 1836. National Maritime Museum, Greenwich, Londres. © Wikimedia Commons, domaine public

Tableau décrivant la mort de Willem Barents le 20 juin 1597 en Nouvelle-Zemble, par Christiaan Portman en 1836. National Maritime Museum, Greenwich, Londres. © Wikimedia Commons, domaine public

Une cartographie abondante et de plus en plus complète

La maîtrise des mers par les navigateurs hollandais, va de pair avec le développement de leur superbe cartographie nautique. Contrairement à l’Angleterre et la France, cette cartographie n’est pas monopolisée par les commanditaires, en l’occurrence les Compagnie des Indes. Les cartographes mettent librement en vente une grande quantité de guides, cartes marines et atlas qui décrivent progressivement toutes les mers du globe. Présentes sur les murs de tous les intérieurs aisés tels que les dépeignent les tableaux de Vermeer, les cartes marines animent la vie quotidienne des Hollandais.

Tableau L'art de la peinture par Johannes Vermeer en 1666-1667. Musée des Beaux-Arts, Vienne, Autriche. © Wikimedia Commons, domaine public

Tableau L’art de la peinture par Johannes Vermeer en 1666-1667. Musée des Beaux-Arts, Vienne, Autriche. © Wikimedia Commons, domaine public

L’édition hollandaise étend son hégémonie à l’Europe entière : les grands éditeurs d’Amsterdam au XVIIe siècle, sont les Blaeu père et fils : ils possèdent la plus importante imprimerie d’Europe et apportent des améliorations notables aux techniques d’impression. Ils sont les cartographes attitrés de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (la VOC) et malgré leur devoir de réserve vis-à-vis de la Compagnie, ils inondent le marché international de cartes et d’atlas traduits notamment en anglais et en français. L’Atlas Major de Jan Blaeu (600 cartes et plus de 3.000 pages), est l’ouvrage le plus cher de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Il est disponible en édition latine, néerlandaise, française, anglaise et espagnole ; la bibliothèque de l’Université d’Amsterdam abrite actuellement l’exemplaire ayant appartenu à Colbert.

Page de titre de l'Atlas Novus (qui donnera l'Atlas Major en 1665) par Willem et Johannes Blaeu, imprimé à Amsterdam en 1645. Bibliothèque de l'Université de Californie (UCLA), Los Angeles, USA. © Wikimedia Commons, domaine public.

Page de titre de l’Atlas Novus (qui donnera l’Atlas Major en 1665) par Willem et Johannes Blaeu, imprimé à Amsterdam en 1645. Bibliothèque de l’Université de Californie (UCLA), Los Angeles, USA. © Wikimedia Commons, domaine public.

Les marins hollandais sont les plus aguerris d’Europe

Dès 1600, Amsterdam a supplanté Anvers comme premier port d’Europe : les entrepôts de la Compagnie des Indes orientales y regorgent de tissus exotiques (soie et coton), de porcelaines, d’épices, de thé, de café et de tabac, et les chantiers navals occupent des milliers d’artisans.

Que ce soit pour la pêche, la navigation lointaine ou la guerre navale, la marine hollandaise est sans équivalent : avec 6.000 navires et plusieurs dizaines de milliers d’hommes d’équipage, elle équivaut à l’ensemble des autres flottes européennes. Dès la fin du XVIe siècle, les chantiers navals hollandais conçoivent un navire de commerce performant et économique, la flûte, capable de manœuvrer avec de plus faibles effectifs que les bâtiments de même tonnage.

Les Néerlandais sont réputés pour être des marins aguerris : ils sont accoutumés aux mers difficiles car leur apprentissage se fait en mer du Nord. Mais la population hollandaise ne suffit pas à équiper les navires, surtout ceux de la Compagnie des Indes Orientales : environ la moitié des matelots arrive d’Allemagne et des pays scandinaves.

Navire marchand hollandais ou flûte, par Wenceslaus Hollar, XVIIe siècle. Fonds Thomas Fisher, livres rares, bibliothèque de l'Université de Toronto, Canada. © Wikimedia Commons, domaine public

Navire marchand hollandais ou flûte, par Wenceslaus Hollar, XVIIe siècle. Fonds Thomas Fisher, livres rares, bibliothèque de l’Université de Toronto, Canada. © Wikimedia Commons, domaine public

De nouvelles routes maritimes

La route maritime suivie par les navires hollandais dans l’océan Indien, améliore l’itinéraire inauguré par les Portugais en raccourcissant le voyage de six mois. Dans l’Atlantique, ils gagnent la zone des alizés de nord-est, s’approchent des côtes brésiliennes, puis changent de cap et retraversent l’océan vers le sud-est, en direction du Cap de Bonne-Espérance. Autour de la zone du Cap, les navires sont souvent secoués par de violentes tempêtes venues du nord-est. C’est ainsi que l’explorateur néerlandais Hendrik Brouwer découvre en 1610, une nouvelle route qui évite le long trajet de l’île Maurice à l’Inde, en cinglant droit vers l’est à la hauteur du Cap. Bien au large de l’actuelle Australie, il met le cap vers le nord et rejoint l’île de Java.

Le retour s’effectue par le nord de l’océan Indien, sans escale en Inde. Les navires se ravitaillent au Cap qui sert d’escale à de nombreuses flottes. Au milieu du XVIIe siècle, des colons hollandais s’y installent, rejoints après 1685, par des huguenots français chassés par la Révocation de l’Édit de Nantes. Au XVIIIe siècle, le Cap et ses 15.000 habitants est la plus grosse colonie européenne du continent africain.

Navire de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales croisant au large du Cap de Bonne-Espérance, anonyme, 1762. William Fehr Collection, château de Bonne-Espérance, Le Cap, Afrique du Sud. © Wikimedia Commons, domaine public.

Navire de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales croisant au large du Cap de Bonne-Espérance, anonyme, 1762. William Fehr Collection, château de Bonne-Espérance, Le Cap, Afrique du Sud. © Wikimedia Commons, domaine public.

La naissance de l’empire commercial des Indes néerlandaises

Les Hollandais se taillent aux Indes Orientales (Sumatra, Java, Bornéo, Timor, Macassar et Moluques) un puissant empire maritime fondé sur le monopole du commerce des épices. Pour cela, ils ont évincé les Portugais qui les avaient précédés au XVIe siècle, dans les océans Indien et Pacifique. En 1602 est créée la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales ou Vereenigde Oostindische Compagnie, plus connue sous le sigle VOC. Le navigateur hollandais Linschoten publie un traité contenant des instructions nautiques sur le voyage en Orient : traduit en français, en allemand et en anglais, le Routier de Linschoten acquiert une notoriété immense auprès des marins d’Europe du Nord et devient la bible des capitaines de navires marchands pendant tout le XVIIe siècle.

Page de titre du Grand Routier de Mer de Jan Huyghen Van Linschoten, imprimé en français à Amsterdam en 1638. Bibliothèque nationale de France. © Gallica, BNF

Page de titre du Grand Routier de Mer de Jan Huyghen Van Linschoten, imprimé en français à Amsterdam en 1638. Bibliothèque nationale de France. © Gallica, BNF

La VOC va entretenir une flotte de 200 navires et plus de 10.000 agents aux Indes Orientales : elle détient le monopole de tout le commerce à l’est du cap de Bonne-Espérance et à l’ouest du détroit de Magellan, avec le droit de faire la guerre, de fonder des comptoirs, de traiter avec les souverains locaux, de rendre la justice et de battre monnaie — ce sont des droits régaliens.

Sa maîtrise de la cartographie est totale : elle possède son bureau hydrographique dirigé par un cartographe attitré, lié par le secret. Ses dessinateurs reproduisent des cartes réservées à l’usage exclusif des navigateurs de la VOC. Pour les régions trop peu connues, les capitaines reçoivent à leur départ des cartes vierges sur lesquelles figurent seulement les lignes de rhumbs (mesures d’angles délimitées par deux directions du vent). Ainsi, les archives royales de La Haye conservent des séries de cartes sur lesquelles les côtes d’Australie apparaissent au fur et à mesure de leur découverte au XVIIe siècle.

Carte de L'Archipel oriental ou asiatique, par Johannes Blaeu en 1659. Catalogue Sotheby's 2017. © Wikimedia Commons, domaine public

Carte de L’Archipel oriental ou asiatique, par Johannes Blaeu en 1659. Catalogue Sotheby’s 2017. © Wikimedia Commons, domaine public

https://www.futura-sciences.com/

L’épave du HMS Terror sur le point de dévoiler ses secrets


Deux navires sont partis en 184 5 de l’Angleterre en expédition sous John Franklin pour trouver le passage du Nord-Ouest qui relie les océans Atlantique et Pacifique. Pour une raison inconnus les deux bateaux, le HMS Terror et le HMS Erebus ont fait naufrage. En 2014 et 2016, des archéologues ont pu retrouver les épaves dans le Grand Nord canadien. En début août, une expédition a pu visiter de l’extérieur de quoi avait l’air le HMS Terror. Depuis le temps, il est surprenant de voir que l’épave est très bien conserver.
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L’épave du HMS Terror sur le point de dévoiler ses secrets

Un homme en combinaison de plongée s'approche de l'épave.

Les membres d’une équipe d’archéologues de l’agence Parcs Canada ont exploré pour la première fois l’intérieur du navire HMS Terror.

PHOTO : PARCS CANADA

Une équipe d’archéologues de Parcs Canada dévoile des images inédites menées à l’intérieur du célèbre navire HMS Terror disparu mystérieusement avec le HMS Erebus dans les profondeurs de l’océan Arctique canadien. Cette découverte majeure pourrait éclairer des pans entiers de l’expédition dirigée en 1845 dans des conditions désastreuses par l’explorateur John Franklin.

Des eaux sombres et glaciales surgissent meubles en bois, assiettes en céramique, bouteilles en verre et même des étagères qui semblent maintenues dans un état de conservation exceptionnel. Comme figées dans le temps, ces trouvailles n’ont pas vu la lumière depuis 170 ans.

Le HMS Terror est très bien conservé, lance, fébrile, Marc-André Bernier.

En entrevue téléphonique, l’archéologue qui fait partie de l’équipe a du mal à dissimuler sa joie.

Jusqu’à maintenant, on avait seulement réussi à voir l’extérieur de l’épave. Mais cette fois, on a pu prendre des images incroyables de l’intérieur même du bateau, qui comprend les quartiers de l’équipage. C’est du jamais vu!

On voit des assiettes en céramique.

Des artefacts ont été filmés à l’intérieur de l’épave du HMS Terror.

PHOTO : PARC CANADA

L’expédition Franklin fascine historiens et archéologues depuis des lustres. Malgré des recherches intensives pour retrouver les deux fleurons de la marine britannique de l’époque, ce n’est que récemment qu’ont été repérées les épaves des navires partis d’Angleterre en 1845 pour trouver le fameux passage du Nord-Ouest, qui relie les océans Atlantique et Pacifique à l’extrême nord du pays.

C’est en 2016 qu’on localise enfin le HMS Terror, à environ 25 mètres de profondeur au large de l’île du Roi-Guillaume, située dans le Grand Nord. Deux ans auparavant, on retrouvait l’HMS Erebus à 100 kilomètres plus au sud dans le golfe de la Reine-Maud. Ces deux découvertes corroborent les témoignages des Inuit de la région dont les récits de l’expédition ratée se sont partagés de génération en génération.

C’est chargé en émotion, car on a par exemple la chance de pouvoir voir une couchette d’un officier avec certains de ses objets restés sur la table. À voir tous ces objets posés et immobiles, on a l’impression que le navire a été littéralement abandonné. Marc-André Bernier, archéologue Parcs Canada

Partie le 7 août de Cambridge Bay, au Nunavut, l’équipe d’archéologie subaquatique a exploré le site pendant sept jours dans des eaux avoisinant le 0 degré Celsius.

À l’aide d’un véhicule – une sorte de robot téléguidé pouvant naviguer dans des endroits étroits muni de projecteurs lumineux et d’une caméra haute définition – les chercheurs ont réussi à filmer pour la première fois les entrailles du navire. Ce qu’ils ont découvert était au-delà de leurs espérances.

On a pu pénétrer dans toutes les pièces du premier pont, c’est l’endroit où l’équipage vivait. Il y a des zones communes et des cabines représentant presque une trentaine d’espaces clos. Il y a là des lits, des bureaux. Et dans les cabines des officiers, on peut voir des étagères avec des assiettes, des verres, des bols ou des bouteilles, ajoute M. Bernier.


Exploration sous-marine de l’épave du HMS Terror de l’expédition de Franklin

À la recherche du Graal

Les chercheurs ne sont pas au bout de leur surprise. Après avoir capté des images claires de plus de 90 % du pont inférieur du navire, au fur et à mesure de leur fouille marine, ils découvrent la cabine de Francis Crozier, le commandant du HMS Terror. C’est l’endroit le mieux préservé du bateau, précise l’archéologue.

Beaucoup de sédiments se sont infiltrés par les fenêtres de la poupe. C’est idéal puisqu’en recouvrant les artefacts, le sédiment qui permet de créer un environnement moins riche en oxygène a probablement préservé l’intérieur de la pièce, en particulier les matières organiques, comme le papier.

De toutes les cabines explorées, seule celle du capitaine reste fermée. Les raisons demeurent encore inconnues. Mais derrière la porte close, la chambre pourrait contenir des trésors uniques comme de la documentation écrite ainsi que le journal de bord.

On y a découvert le bureau du capitaine, des armoires à cartes, deux thermomètres et des boîtes contenant sans doute des instruments scientifiques, ajoute l’archéologue. Les quartiers personnels du capitaine, c’est le centre névralgique du navire. On y tient ici les registres relatifs au voyage. On peut s’attendre à trouver une multitude de précieux documents.

Les bonnes conditions météorologiques nous ont permis de plonger 48 fois vers l’épave. Ce que l’on a d’abord constaté, ce sont les conditions de préservation, surtout dans la cabine du capitaine. Tout le mobilier est encore en place avec le bureau, les tiroirs et probablement une foule de documents sauvegardés. Marc-André Bernier, archéologue Parcs Canada

De nombreuses questions persistent en ce qui concerne l’expédition de Franklin. L’archéologue, qui se trouve au site de l’Erebus, prochaine étape d’exploration pour son équipe, espère que ces nouvelles découvertes permettront de comprendre ce qui s’est réellement passé pour les membres de l’équipage. Au moins 133 marins sont morts dans des circonstances mystérieuses. Des circonstances qui favorisent de nombreuses hypothèses.

Notre prochaine étape consiste à analyser les images enregistrées à l’intérieur de l’épave. Avec ces nouveaux renseignements, on va pouvoir perfectionner notre connaissance des récits historiques et inuit de l’expédition de Franklin. C’est un jalon très important. Notre inventaire ouvrira une porte sur de nouvelles voies d’études, dit-il.

Ce projet archéologique est l’un des plus importants de l’histoire canadienne. À la suite d’un accord signé en 2018 avec le Royaume-Uni, tous les artefacts découverts appartiendront dorénavant à la fois au gouvernement du Canada et aux Inuit.

Les futures expéditions sur le HMS Terror, qui se trouve à 25 mètres de profondeur, devront se faire de façon sécuritaire. Il reste que l’on a potentiellement une richesse inestimable de documents ou autres objets très fragiles, alors il faut vraiment bien préparer le prochain coup pour ne pas les endommager, conclut M. Bernier.

https://ici.radio-canada.ca/

Ces archéo­logues ont décou­vert la tombe perdue de l’ex­plo­ra­teur qui a baptisé l’Aus­tra­lie


Avoir fait des recherches, ils n’auraient peut-être pas trouvé la tombe de l’explorateur qui a baptisé l’Australie. Il faut croire que le hasard fait bien les choses.
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Ces archéo­logues ont décou­vert la tombe perdue de l’ex­plo­ra­teur qui a baptisé l’Aus­tra­lie

 

La tombe d’un célèbre explo­ra­teur a été décou­verte sur un site en pleine construc­tion, au cœur de Londres. Près de la station de métro Euston Station, les restes du corps du capi­taine Matthew Flin­ders ont ainsi été exca­vés par des archéo­logues, rapporte le Natio­nal Geogra­phic.

Cet explo­ra­teur britan­nique a été le premier à mener une expé­di­tion navale autour de l’Aus­tra­lie, dès 1803, et c’est même lui qui a nommé le pays. Décédé en 1814, il avait été enterré dans un cime­tière londo­nien. 

Trou­ver et iden­ti­fier les restes de Matthew Flin­ders, c’était comme trou­ver une aiguille dans une botte de foin », a expliqué Helen Wass, l’ar­chéo­logue en chef sur le projet.

Tombé dans l’ou­bli, le cime­tière avait été réamé­nagé en parc muni­ci­pal, le St. James Gardens. Les pierres tombales avaient alors été reti­rées, et il ne restait aucun moyen d’iden­ti­fier les corps des quelque 60 000 personnes enter­rées là. Très vite, une légende a émergé, racon­tant que les restes de Matthew Flin­ders s’étaient retrou­vés sous le quai numéro 15. C’est fina­le­ment grâce à la cuirasse qui tapis­sait le cercueil que les archéo­logues ont pu iden­ti­fier le corps.

« S’il n’avait pas eu de cuirasse sur son cercueil, ou s’il avait été en étain, nous l’au­rions déterré et nous n’au­rions jamais su de qui il s’agis­sait », a assuré l’ar­chéo­logue.

C’est la construc­tion de la liai­son ferro­viaire à grande vitesse HS2, qui reliera Londres à Birmin­gham, qui a mené les archéo­logues à la tombe du capi­taine. Avant le début des travaux, les corps enter­rés dans l’an­cien cime­tière sont en effet tous exhu­més, pour être enter­rés ailleurs.

« Il y a litté­ra­le­ment des dizaines de milliers de tombes ici. Nous n’avions aucune idée de l’en­droit où Matthew Flin­ders était censé être enterré dans le vieux cime­tière. C’est un coup de chance incroyable », s’est réjouit Helen Wass. 

Sources : Natio­nal Geogra­phic

https://www.ulyces.co

Le Saviez-Vous ► Pourquoi l’Australie a-t-elle été découverte si tard par les Européens?


Je me demande, si les indigènes d’Australie ont regretté comme les Amérindiens, tout le changement qu’à apporter l’Europe sur leur environnement. ? Si l’Australie n’a pas été découvert avant c’est avant tout une question d’argent et de commerce. En plus, ce que connaissaient les navigateurs de ce pays était terne.
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Pourquoi l’Australie a-t-elle été découverte si tard par les Européens?

 

 

La côte nord-ouest de l'Australie prise depuis la station spatiale internationale. Photo NASA/EarthKAM.org

La côte nord-ouest de l’Australie prise depuis la station spatiale internationale. Photo NASA/EarthKAM.org

Quora — Traduit par Iris Engintalay

L’Australie n’a vu son premier Européen qu’un siècle après l’Amérique.

 

Réplique du Duyfken, en 2006. Photo Rupert Gerritsen CC BY-SA via wikicommons

Pourquoi l’Australie a-t-elle été découverte si tard par les Européens alors que le tour du monde avait été fait en 1522 et que l’Asie du Sud-Est a été une plaque tournante du commerce pendant des siècles?

La réponse de Bernard Doyle, Australien de cinquième génération et fasciné par le reste du monde.

L’explorateur néerlandais Willem Janzoon est le premier Européen à avoir mis le pied en Australie à bord du Duyfken en 1606, soit un peu plus d’un siècle après la découverte du continent américain (si l’on ne tient pas compte de possibles voyages antérieurs de Vikings en Amérique du Nord). Ce délai peut sembler étonnamment long, mais si l’on pense aux dangers que représentait la traversée de l’océan au XVIe siècle et au sous-développement de la navigation à cette époque, ce n’est pas si surprenant. Bien que la péninsule malaise ait été marquée par une forte activité commerciale des Portugais à partir de 1511 et des Néerlandais à Java autour de 1600, ce n’est que lorsque Willem Janzoon débarque dans la région du cap York que les Européens apprennent l’existence de l’Australie. Et jusqu’à la première expédition de James Cook 160 ans plus tard (1768-1770), ils n’auront pas d’idée précise de sa forme ni de ses dimensions.

La première colonie européenne en Australie n’apparaît qu’en 1788, soit 182 ans après sa découverte. Comment l’expliquer?

Des voyages à visée uniquement commerciale

La première et principale raison est que les voyages d’exploration étaient alors uniquement à visée commerciale. Pendant des milliers d’années, le commerce lucratif entre l’Europe et l’Asie s’est effectué par voie terrestre, via la route de la soie ou au travers du golfe Persique. En 1453, Constantinople tombe aux mains des Ottomans, qui commencent à percevoir de lourds impôts sur les marchandises qui passent par leurs territoires. C’est la recherche d’autres routes vers l’Asie qui donne son élan à ce que l’on appelle «l’Âge des découvertes». À l’origine, ces découvertes sont essentiellement axées sur le commerce. Armer des navires est coûteux et les voyages en haute mer sont dangereux. Une fois que les routes maritimes vers l’Inde et les Indes orientales ont été cartographiées, l’accent se porte sur le commerce et la conquête. Les commerçants ne sont guère disposés à envoyer de coûteux navires dans de nouveaux voyages exploratoires alors qu’ils peuvent tirer de vastes profits des terres déjà découvertes. À cette époque, les épices valent littéralement leur pesant d’or.

C’est le commerce qui mène à la cartographie des côtes ouest, sud et nord de l’Australie.

Au début du XVIIe siècle, les Néerlandais commencent à s’impliquer activement dans le commerce en Asie, principalement autour de Java et de la péninsule malaise.

Hendrik Brouwer. | Domaine public via Wikimedia.

Voici Hendrik Brouwer, un navigateur néerlandais qui deviendra plus tard gouverneur des Indes orientales. En 1610, il découvre qu’en naviguant à des latitudes situées entre les 40e et 50e parallèles dans l’hémisphère Sud, la traversée de l’océan Indien est beaucoup plus rapide, passant d’un an à six mois. Cet itinéraire est alors baptisé la route de Brouwer, avant de devenir les Quarantièmes Rugissants.

Un problème de longitude

S’il était facile de connaître sa latitude (position au nord ou au sud de l’Équateur), il était beaucoup plus difficile de déterminer sa longitude (position à l’est ou à l’ouest du méridien de Greenwich) et ce n’est que dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle que le problème est finalement résolu. C’est pourquoi de nombreux navires néerlandais dérivent trop à l’est, se retrouvant sur la côte ouest, nord ou sud de l’Australie, un pays désolé, à la population primitive et sans opportunité de faire du commerce.

Les Néerlandais effectuent quelques voyages d’exploration. On retient surtout le navigateur Abel Tasman, à qui l’on doit la découverte de régions de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande lors d’une expédition en 1644. Après 1644, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales décourage activement la poursuite de l’exploration du continent australien, considérée comme trop coûteuse et peu susceptible de générer des profits. La carte de l’Australie de 1644 restera donc la même jusqu’au premier voyage de James Cook, 126 ans plus tard.

Un lieu idéal pour déporter des criminels

Les autres nations européennes sont occupées ailleurs. À cette époque, l’Espagne et le Portugal sont en déclin et font du commerce dans des régions d’Asie très éloignées de l’Australie; il n’y a donc aucune chance qu’ils explorent le pays, et encore moins qu’ils s’y installent. La France, quant à elle, est occupée à commercer et explorer en Amérique du Nord et en Inde, et n’a donc aucun intérêt à partir à la découverte de l’Australie.

Melchisedech Thevenot (1620?-1692): Hollandia Nova detecta 1644; Terre Australe decouverte l’an 1644, basé sur la carte du cartographe néerlandais Joan Blaeu. Domaine public via Wikimedia commons.

Du débarquement de Willem Janzoon en 1606 jusqu’à l’exploration de la côte est de l’Australie par James Cook, l’Australie (alors connue sous le nom de Nouvelle-Hollande) est perçue comme un endroit désolé au bout du monde, sans perspectives de commerce ou d’implantation. La visée des voyages de Cook est explicitement scientifique et exploratoire.

Photo DR.

Cook a publié un récit très lu de ses trois voyages, et dans sa description de la côte est de l’Australie, il explique avec enthousiasme comment elle peut être transformée pour l’agriculture. Après la perte des colonies américaines en 1776, l’Angleterre a besoin d’un endroit où envoyer ses prisonniers. À la lecture de la glorieuse description de Cook de la côte est de l’Australie (baptisée Nouvelle-Galles-du-Sud par l’explorateur) et étant donné son isolement, le gouvernement britannique y verra le lieu idéal où déporter ses criminels.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► 3 Véritables “Indiana Jones” de l’histoire


Les premiers archéologues ont ouvert la voie à cette science pour découvrir des civilisations disparues, pour que le monde puisse admirer, leurs trésors et leurs histoires qui auraient peut-être resté dans des légendes ou pire être oublié à jamais
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3 Véritables “Indiana Jones” de l’histoire


(Source)

Les films d’aventures mettant en vedette Harrison Ford, dans le rôle du mythique archéologue Indiana Jones, ont créé un bel engouement pour l’archéologie au gré des décennies. Par ses aventures rocambolesques, ce personnage a fait rimer cette discipline avec le voyage, les trésors et… le danger. Bien que le métier d’archéologue soit en réalité beaucoup plus axé sur la méthode et la science, voici deux hommes et une femme qui ont réalisé de grandes découvertes marquantes et qui ont pu être une inspiration pour le personnage du docteur Jones.

1- Gaston Maspero (1846-1916):


(Source)

Dès ses études en France, Gaston Maspero a été attiré par les langues orientales et par cette contrée encore peu connue qu’était l’Égypte, où les explorateurs ne cessaient de faire des découvertes de momies et d’objets fabuleux. C’est en 1880 qu’il eut enfin la chance de partir en Égypte afin d’y fonder une mission archéologique française permanente. À la mort d’Auguste Mariette, un an plus tard, il devint le directeur du nouveau Service des antiquités égyptiennes.


Photo:
À l’entrée de la cachette de Deir el-Bahari

À ce titre, il voulut arrêter le pillage et le commerce d’antiquités égyptiennes. Il participa à de nombreuses fouilles, tout en effectuant un travail policier en arrière-plan afin d’identifier certains pilleurs. C’est ainsi qu’il découvrit les Textes des pyramides à Saqqarah, fit désensabler le Sphinx et parvint surtout à découvrir la cachette des momies royales de Deir el-Bahari en 1881. 


Photo:
Couloir de la cachette de Deir-el Bahari

Avec son collaborateur Emil Brush, Maspero voyait en effet passer sur le marché noir des objets portant les cartouches de grands pharaons de l’histoire de l’Égypte ancienne, comme celle de Ramsès II, dont les tombes avaient été pillées depuis très longtemps dans la Vallée des Rois. En suivant ces objets, ils purent ainsi identifier une famille de pilleurs, les Abd el-Rassoul, qui les menèrent à une fosse de 11 mètres de profondeur dans la falaise de Deir el-Bahari, près du temple d’Hatshepsout. C’est ainsi que Gaston Maspero et son collaborateur découvrirent la cachette de 50 momies, dont celles des plus grands pharaons de l’Égypte ancienne, cachées par des prêtres au 11e siècle av. J.-C. Grâce à cette découverte, les visiteurs peuvent aujourd’hui admirer les momies des Thoutmosis, de Séthi 1er et bien entendu, de Ramsès II.

II- Gertrude Bell (1868-1926):


(Source)

Née dans une famille très fortunée d’Angleterre, Gertrude Bell a choisi la voie de l’indépendance et de l’aventure très tôt dans sa vie. Elle fut l’une des premières femmes diplômées en histoire de l’Université d’Oxford, alors qu’on commençait à peine à accepter les dames dans certaines disciplines universitaires, leur demandant toutefois de tourner le dos aux professeurs pendant les cours! Avec ce diplôme et un revenu familial important, elle put satisfaire son besoin d’aventure en participant à des fouilles archéologiques en Israël, en Turquie, puis au Moyen-Orient. 


Photo:
Identification d’artefacts en Irak

Ces voyages lui permirent de se familiariser avec les sites antiques de ces régions, avec les méthodes de l’archéologie et lui permirent aussi d’apprendre la langue arabe, ce qui allait devenir un atout pour elle dans le contexte de la Première Guerre mondiale. Elle participa à des fouilles sur les sites jadis occupés par les plus anciennes civilisations de l’humanité comme les Sumériens, les Babyloniens et les Assyriens et contribua à les documenter et à les faire connaître en Europe.


Photo:
Gertrude Bell entre Winston Churchill et Laurence d’Arabie

Ses connaissances du désert et de la langue arabe en firent donc une diplomate et une espionne idéale dans le cadre de la Grande Guerre, alors que les Britanniques songeaient à reprendre les territoires du Moyen-Orient à l’Empire ottoman. Elle put dialoguer avec les populations du désert et aider le pouvoir anglais à déterminer les frontières de nouveaux pays qu’allaient être entre autres l’Irak et la Syrie. Son amour pour l’ancienne Mésopotamie fut tel qu’elle participa à la fondation du musée de Bagdad, dont une salle porte encore son nom aujourd’hui.

III- Hiram Bingham (1875-1956):


(Source)

Hiram Bingham est né quant à lui à Hawaï en 1875. Dans sa jeunesse, il rêvait déjà de voyages et de découvertes. Il étudia de ce fait l’Amérique latine à l’Université de Yale, puis à Harvard, où il obtint son doctorat. En épousant une jeune femme d’une famille très fortunée, il put financer le voyage de ses rêves en Amérique du Sud, alors qu’il espérait découvrir les vestiges d’anciennes civilisations précolombiennes. 


(Source)

C’est ainsi qu’il s’enfonça dans la jungle en empruntant les anciennes routes commerciales des Andes en passant par le Venezuela, la Colombie, l’Argentine et le Pérou. En 1911, alors qu’il recherchait les vestiges d’une ancienne cité inca appelée Vilcabamba, un fermier lui mentionna l’existence d’importantes ruines qui se trouvaient dans la montagne que son peuple appelait « Machu Picchu », qui signifie « la vieille montagne ».


(Source)

Lorsqu’Hiram Bingham atteignit le sommet de cette montagne, après plus de deux heures de montée exténuante, il fut stupéfait. Il réalisa dès lors qu’il venait de découvrir les ruines d’une cité inconnue des Incas, que les conquérants espagnols n’avaient sans doute jamais visitée. Bien qu’il ait cru à tort avoir trouvé Vilcabamba, il a néanmoins révélé au monde entier le génie architectural et agricole du peuple inca.

Ces hommes et cette femme ont affronté à leur façon divers dangers afin de vivre de leur passion pour l’histoire, le voyage et surtout… l’archéologie.

Evelyne Ferron Spécialiste en histoire ancienne,

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