Une exposition tout entière consacrée au « caca » à Québec


Disons qu’au premier abord, c’est une idée saugrenue, cependant avec toute les dernières découvertes sur le microbiote intestinal, cette exposition qui sera prête seulement en 2021 dans la ville de Québec promet d’être intéressante.
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Une exposition tout entière consacrée au « caca » à Québec

La cuvette d'une toilette est levée.

L’exposition, qui sera présentée du 17 juin 2021 au 5 septembre 2022, s’intitule provisoirement M comme caca.

PHOTO : ISTOCK

Hadi Hassin

Aussi inusité que cela puisse paraître, le Musée de la civilisation de Québec se prépare à consacrer une exposition d’envergure sous le thème des excréments.

L’exposition, qui sera présentée du 17 juin 2021 au 5 septembre 2022, s’intitule provisoirement M comme caca.

La direction du musée souhaite en faire une attraction à vocation internationale et permettre ainsi à celle-ci de voyager aux quatre coins du monde.

Un appel d’offres a d’ailleurs été affiché plus tôt ce mois-ci sur le système électronique du gouvernement du Québec en lien avec l’une des zones de l’exposition.

Le Musée de la civilisation voudrait notamment réaliser une oeuvre dite « installative » qui sera intégrée dans le parcours de l’exposition. Une zone en soi, à la fois artistique, immersive (et) interactive, peut-on lire dans un appel d’offres publié le 20 décembre.

Les objectifs de l’exposition sont établis, confirme la porte-parole du musée Agnès Dufour, mais il demeure trop tôt pour en étaler tous les détails.

On est rendu à 30-40 % de (la conception de) l’exposition, explique-t-elle. On sait qu’on va l’aborder par l’histoire, l’art et la science.

Briser les tabous

Le Musée de la civilisation de Québec aspire par-dessus tout à transformer le regard des visiteurs sur le caca, tout en les sortant de leur zone de confort, afin qu’ils ne voient plus les excréments comme un déchet, mais bien une ressource.

Si le thème des excréments est encore trop peu abordé artistiquement, c’est en raison des notions de tabou et de dégoût qui l’entourent. Voilà pourquoi on maximisera les contenus sociétaux au détriment de ceux plus anatomiques ou biologiques.

Enjeu d’hygiène planétaire, poison mortel, fuel, source d’énergie écologique, espoir de guérison, le caca est la ressource inépuisable la plus sous-estimée du monde. Extrait de l’appel d’offres

Il sera entre autres question de l’histoire sociétale des excréments, du traitement des déchets et son impact sur l’environnement puis des découvertes scientifiques liées au microbiote intestinal.

Le musée a par ailleurs fait appel à la scénographe Jeanne Poulin afin de faire de l’exposition une oeuvre dans laquelle on pénètre littéralement. L’objectif ici est provoquer un crescendo émotif chez les visiteurs.

Même si l’exposition s’adressera au grand public, la tranche d’âge 18-45 ans est privilégiée.

On va probablement s’adresser aux enfants avec des ateliers ou des activités culturelles sous un angle plus abordable et plus familier. Agnès Dufour, porte-parole du Musée de la civilisation de Québec

Un emoji d'excrément

Un emoji d’excrément

PHOTO : CATHERINE CONTANT

L’émoji caca n’est-il pas celui qui génère le plus de produits dérivés aujourd’hui? s’interroge le musée dans son appel d’offres.

Les excréments au musée en quelques faits insolites :

  • Au zoo de Prague, il n’y a pas que les animaux qui fascinent les visiteurs. Les excréments de ces bêtes y connaissent un certain succès. En y faisant un petit tour, vous découvrirez des échantillons de toutes formes, origines et couleurs. Des excréments moulés d’animaux disparus sont également exposés.

  • Au début des années 2000, l’artiste belge de renommée mondiale Wim Delvoye dévoile une machine-sculpture qui reproduit de A à Z le système digestif humain. L’oeuvre intitulée Cloaca a été exposée à la Galerie de l’UQAM en 2009, d’où plus de 4000 curieux l’ont visitée. Nourrissez-la et vous en récolterez les fruits.

  • Détrompez-vous, la fascination pour les excréments ne date pas d’hier. En 1965, Pablo Picasso peint son tableau La pisseuse, sur laquelle une figure, accroupie, évacue son urine dans un décor naturel. Plus tôt, en 1631, c’est le hollandais Rembrandt qui réalise son oeuvre La Femme qui pisse.

Avec la collaboration de Mathias Marchal

https://ici.radio-canada.ca/

L’intelligence artificielle s’invite dans vos toilettes


L’intelligence artificielle s’intéresse à nos étrons, surtout que l’on sait maintenant que notre microbiote intestinal est une mine d’information sur notre état de santé en général. Des chercheurs sont en quête de photos d’excréments humains sur une base volontaire pour les classifier et créer ainsi une base de données qui pourraient être utilisées par tout le monde dont ceux qui souffre de problèmes gastriques.
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L’intelligence artificielle s’invite dans vos toilettes


Fabrice Auclert
Journaliste

C’est parfaitement anonyme et aussi très sérieux. Des chercheurs du MIT et une startup ont créé la première intelligence artificielle capable de diagnostiquer les problèmes intestinaux. Sur la base du volontariat, les internautes peuvent envoyer des photos de leurs selles pour compléter cette immense base de données et entraîner l’IA.

L’intelligence artificielle est de plus en plus présente au quotidien, grâce notamment au développement de l’apprentissage automatique et du deep learning, qui lui permet d’analyser le monde et d’y apporter de nouvelles solutions. Après avoir maîtrisé des jeux vidéo, créé des vidéos réalistes ou encore complété des recherches, l’IA s’attaque désormais aux fèces humaines.

Les excréments sont une véritable mine d’informations médicales. L’aspect visuel permet de renseigner sur l’état de la flore intestinale, le régime alimentaire, et apporte des informations sur les dysfonctionnements et maladies du système digestif. Un groupe de chercheurs souhaite créer un outil capable d’analyser automatiquement les images des selles pour évaluer la santé des patients. Le projet est une collaboration entre des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Auggi, un coach virtuel pour la santé intestinale sous forme d’application, et Seed, une start-up concentrée sur la santé du microbiome.

Les internautes appelés à contribuer pour la science

Pour créer une intelligence artificielle capable de diagnostiquer les problèmes intestinaux, les chercheurs ont d’abord besoin d’une banque d’images conséquente des selles humaines. Ils ont d’abord commencé leurs recherches en créant de fausses selles à partir de pâte à modeler. Ensuite, ils ont parcouru le web à la recherche d’images réelles, et ont trouvé leur bonheur sur des forums en ligne, comme Reddit, où de nombreux utilisateurs discutent de leurs fèces et partagent des photos… Cependant, le matériel disponible était loin d’être suffisant.

Les chercheurs ont donc lancé une nouvelle campagne #GiveAShit qui demande à tous les internautes d’envoyer des photos de leurs matières fécales. Le nom est un jeu de mots sur l’expression anglaise qui signifie « se soucier » ou « faire attention à », et qui se traduit littéralement par « donner une merde ». Concrètement, il faut se rendre sur seed.com/poop/ avec son smartphone, car le site refuse les images en provenance d’un ordinateur. Appuyez sur le bouton « I accept the DARE », puis renseignez votre adresse e-mail, le moment de la journée à laquelle vous déféquez habituellement, et prenez une photo de votre étron, ou demandez un rappel dans la période indiquée.

Un site internet, visible depuis son téléphone mobile, permet d'envoyer les photos de sa grosse commission. © Seed Health

Un site internet, visible depuis son téléphone mobile, permet d’envoyer les photos de sa grosse commission. © Seed Health

    Une base de données de 100.000 images de fèces

    Les images sont anonymisées, puis analysées par une équipe de gastro-entérologues, qui les classifient parmi l’une des sept catégories de l’échelle de Bristol. Les chercheurs espèrent ainsi créer une base de données de 100.000 images qui serviront d’entraînement pour l’intelligence artificielle. L’IA devra apprendre seule à les classifier sur l’échelle de Bristol pour atteindre les mêmes résultats que les médecins.

    Les chercheurs espèrent ainsi créer un outil de diagnostic accessible à tous, et qui pourrait être notamment utilisé par les patients souffrant de problèmes gastriques.

    « Ils s’efforcent chaque jour à prendre des décisions sur quoi manger et la quantité d’exercice physique nécessaire pour maîtriser leurs symptômes. Il est essentiel de construire cette base de données et de développer ces outils de surveillance simples pour permettre à ces patients de le faire de chez eux, » a indiqué David Hachuel, cofondateur d’Auggi.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Nos excréments, par leur forme et leur couleur, en disent beaucoup sur notre santé.

  • Des chercheurs ont décidé de créer une immense base de données pour faciliter le diagnostic.

  • Une IA va apprendre, seule, à classifier la matière fécale pour épauler les médecins.

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Le parasite le plus ancien trouvé dans des excréments de puma fossilisés


Le Toxascaris leonina est un ver rond qui parasite les chiens et les chats. Les chercheurs croyaient que ce parasite était apparu avec les animaux domestiques, mais voilà cette hypothèse s’avère fausse. L’excrément d’un puma vieux de 17 milles ans en Argentine, démontre en effet que ce parasite était présent bien avant l’apparition de l’homme
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Le parasite le plus ancien trouvé dans des excréments de puma fossilisés

À gauche, le coprolithe de puma (échelle 20 mm) et à droite, un œuf de Toxascaris leonina grossi 400 fois (échelle 20 µm). © CONICET

À gauche, le coprolithe de puma (échelle 20 mm) et à droite, un œuf de Toxascaris leonina grossi 400 fois (échelle 20 µm). © CONICET


Nathalie Mayer
Journaliste

Toxascaris leonina est un ver rond, un parasite courant chez le chien et le chat.

Et des scientifiques du Conseil national de la recherche scientifique et technique d’Argentine (CONICET) viennent d’en isoler l’ADN dans un coprolithe — comprenez un excrément minéralisé ou plus populairement, du caca fossilisé — de puma trouvé dans un abri rocheux dans les montagnes du Nord-Ouest de l’Argentine, à plus de 3.500 mètres d’altitude. Un coprolithe particulièrement bien conservé dans son environnement froid et sec et vieux de quelque 17.000 ans, ce qui en fait la plus ancienne preuve au monde de l’existence de ces vers. Ces vers auraient donc infecté la faune d’Amérique du Sud avant même l’arrivée sur place des premiers humains. Une arrivée qui remonte, selon les estimations, à 11.000 ans seulement.

Les chercheurs pensaient pourtant que Toxascaris leonina — qui vit attaché à la muqueuse intestinale de son hôte — avait infecté les carnivores sauvages locaux par contact avec nos mammifères domestiqués. Ils comptent maintenant comparer les nouvelles séquences ADN à celles d’autres, trouvées sur différents sites archéologiques, dans l’espoir de mieux comprendre l’histoire évolutive des parasites et de leurs hôtes.

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Ces villages russes sont enva­his par des essaims de mouches apoca­lyp­tiques


Des mouches a ne plus finir qui sortent de partout. Tout cela parce qu’un agriculteur a voulu prendre des excréments de poulet dont des mouches avaient pondu leurs oeufs.
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Ces villages russes sont enva­his par des essaims de mouches apoca­lyp­tiques


Crédits : 1TV.ru

par  Mathilda Caron


Plusieurs villages de l’Ou­ral, en Russie, ont été enva­his par d’énormes essaims de mouches, semant la panique parmi les habi­tants, rappor­tait le Guar­dian le 14 juin.

Ils parlent d’un véri­table « film d’hor­reur » et ramassent des quan­ti­tés effrayantes d’in­sectes morts.

« Chaque jour, il y a de quoi remplir un seau », raconte l’un d’entre eux. « Vous ne pouvez pas étendre votre linge dehors, ouvrir vos fenêtres et encore moins sortir », a confié une femme à la télé­vi­sion russe.

L’in­va­sion aurait commencé après qu’un agri­cul­teur a utilisé illé­ga­le­ment des tonnes d’ex­cré­ments de poulets comme engrais, prove­nant d’un élevage de volailles local dans lesquelles des mouches avaient pondu des millions d’œufs. Les auto­ri­tés ont confirmé qu’elles avaient ouvert une enquête sur l’uti­li­sa­tion non auto­ri­sée de « déchets dange­reux pour l’en­vi­ron­ne­ment ».

Cepen­dant, le présumé respon­sable, Andreï Savchenko, nie sa respon­sa­bi­lité.

« Les mouches existent depuis des millions d’an­nées et elles sont partout, ce n’est qu’une ques­tion de nombre », dit-il. 

« Mais qui peut déter­mi­ner le nombre de mouches accep­table ou non ? »

Peut-être qu’à un saut de mouche par jour, on a fran­chi la limite.

Source : The Guar­dian

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Cette montagne américaine est menacée par 66 tonnes d’excréments


Le Mont Denali est la plus haute montagne en Amérique du Nord, il se situe en Alaska. C’est une montagne que beaucoup d’alpinistes ont voulu l’affronter. Comme il n’y a pas d’endroit pour se soulager, les alpinistes déféquaient sur la montagne, surtout dans des crevasses. Le hic, les glaces fond et les excréments ne sont pas décomposés et on estime des dizaines de tonnes d’excréments qui se retrouvent dans l’eau et la contamine de bactéries fécales.
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Cette montagne américaine est menacée par 66 tonnes d’excréments

 

Les déjections commencent à réapparaître au premier camp de base, situé à 2.200 mètres d’altitude. © Freesolo Adventures, Flickr

Les déjections commencent à réapparaître au premier camp de base, situé à 2.200 mètres d’altitude. © Freesolo Adventures, Flickr

Céline Deluzarche
Journaliste

Le Denali, plus haute montagne d’Amérique du Nord, voit ses glaciers fondre à vue d’œil et avec eux, les déjections congelées des milliers d’alpinistes qui gravissent ses pentes. Des déchets subrepticement dissimulés dans des crevasses mais qui ressurgissent des années après.

L’air pur du Mont Denali, le point culminant d’Amérique du Nord, pourrait bien sentir un peu moins bon dans les années à venir. Cette montagne (ex Mont McKinley) de 6.190 mètres d’altitude au sud de l’Alaska risque de voir ressurgir les milliers de tonnes d’excréments laissés par les alpinistes au fil du temps.

Le sommet est en effet particulièrement fréquenté : 1.200 personnes tentent chaque année son ascension, considérée comme un trophée dans le monde de l’alpinisme. Chaque grimpeur générant environ un demi-kilo de déjections durant une course de 18 jours, cela représente plus de 66 tonnes d’excréments accumulés au cours du dernier siècle, a calculé le site USA Today. Initialement, les alpinistes avaient pris l’habitude de déposer leurs déchets dans des crevasses plus ou moins profondes du glacier Kahiltna, la route la plus commune pour accéder au sommet. L’idée généralement répandue était que la glace finirait par les broyer et qu’ils se décomposeraient alors naturellement. Erreur : les déjections congelées sont en réalité restées intactes et sont descendues en contrebas.

« Ils refont surface sous d’autres glaciers moins hauts où ils commencent à fondre », témoigne Michael Loso, glaciologue du Service des parcs nationaux américains.

Ce dernier étudie le problème depuis plusieurs années et affirme être très préoccupé par la fonte des glaciers qui s’accélère. Durant les 50 dernières années, leur surface a ainsi diminué de 8 %, d’après les études du parc national. Conséquence : les déjections commencent à réapparaître au premier camp de base, situé à 2.200 mètres d’altitude.

« On pourrait en retrouver dès le début de la saison des ascensions, au mois d’avril, alerte Michael Loso. Elles auront le même aspect et sentiront aussi mauvais que lorsqu’elles ont été déposées ».

Des rivières contaminées aux bactéries fécales

Le problème ne concerne malheureusement pas seulement les grimpeurs : les microbes des excréments survivent en effet parfaitement à leur séjour dans la neige. Des analyses menées dans les rivières alimentées par le glacier ont ainsi révélé la présence de bactéries fécales E.coli, même si leur taux demeure en-dessous des normes en vigueur pour les bases de loisir.

Face à ce problème, les guides du parc Denali ont décidé depuis cette année d’obliger leurs clients à redescendre leurs excréments en-dessous de 4.300 mètres d’altitude et à côté du camp de base (mais pas l’urine, trop lourde à transporter). Le Service de parcs nationaux teste également depuis 2001 des toilettes portables, des sortes de bidons munis de sacs favorisant la biodégradation des déjections. La discipline semble plutôt bien suivie par les grimpeurs, généralement soucieux de l’environnement.

Sur les pentes de l’Himalaya, des pieds et des mains de cadavres

Le mont Denali n’est pas le seul sommet à voir des choses indésirables ressurgir à la faveur du réchauffement climatique. Sur les pentes de l’Everest dans l’Himalaya, ce sont des cadavres qui refont surface. Trois cents alpinistes y sont décédés depuis 1921 et les deux tiers des corps n’ont jamais été retrouvés.

« Des mains et des jambes ont réapparu sur le camp de base 4 ces dernières années », explique un responsable d’une ONG locale.

En 2018, ce sont les corps entiers de deux alpinistes islandais disparus il y a 30 ans qui ont été découverts au pied d’un glacier.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Avec la fonte de la neige, des dizaines de tonnes de déjections humaines réapparaissent sur les pentes du Mont Denali, en Alaska.
  • Les excréments dégelés des alpinistes contaminent l’eau qui descend du glacier.
  • Dans l’Himalaya, ce sont des cadavres qui ressurgissent à la faveur du réchauffement climatique.

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Un premier Québécois atteint d’échinococcose alvéolaire


L’échinococcose alvéolaire est une infection parasitaire et sans traitement elle est fatale dans 90 %. Ce petit garçon a quand même été chanceux que son médecin a pu diagnostiquer cette infection à temps. Cette contamination est rare, au Canada, seulement 6 personnes ont été affectées. Ce parasite provient des oeufs d’excrément surtout des renards, coyotes ou loup, mais peut aussi venir de chien et rarement les chats.
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Un premier Québécois atteint d’échinococcose alvéolaire

 

 

CAROLINE TOUZIN
La Presse

Un enfant des Laurentides a contracté une infection grave causée par un parasite qui se retrouve sous forme d’oeufs présents dans les excréments de renards, de coyotes, de loups et de chiens domestiques.

Il s’agit du premier cas d’échinococcose alvéolaire (EA) signalé au Québec, selon les autorités de santé publique qui ont enquêté sur la source de l’infection.

Les conséquences auraient pu être funestes pour le jeune Québécois.

« Selon la littérature, en l’absence de traitement, cette infection est fatale dans 90 % des cas dix ans après le diagnostic », explique la Dre Geneviève Perreault de la Direction de santé publique des Laurentides en entrevue à La Presse.

Cette infection parasitaire se caractérise par une période d’incubation longue, soit de 5 à 15 ans.

Le malade atteint perd alors du poids et souffre de douleurs abdominales, d’un malaise général et d’une insuffisance hépatique.

Des métastases larvaires peuvent ensuite se propager vers d’autres organes, comme la rate, les poumons et le cerveau.

La direction de la santé publique des Laurentides a été alertée au printemps dernier après que l’enfant eut consulté un médecin pour de la fatigue, une atteinte au foie et un faible poids pour son âge.

L’enfant a passé des examens d’imagerie médicale – échographie et tomographie – qui ont révélé une masse volumineuse au foie. Après avoir fait une biopsie de l’organe, son médecin a posé un diagnostic d’EA.

Comme c’est la première fois qu’un médecin voyait cela au Québec, l’équipe traitante a envoyé le dossier de l’enfant à une équipe française spécialisée qui a confirmé le diagnostic et proposé un traitement aux antiparasitaires pendant un an.

Enquête de la santé publique

L’enquête de la santé publique, elle, ne faisait que commencer.

« Ce qui nous préoccupait, c’était de découvrir si la maladie avait été acquise au Québec ou à l’étranger, explique la Dre Perreault, dans le but de savoir s’il se passait quelque chose avec notre faune. »

Comment l’enfant a-t-il pu contracter cette maladie rare chez l’humain ? se sont demandé les autorités de santé publique. En effet, cette maladie ne se transmet pas de personne à personne.

« Ça ne s’attrape pas facilement. L’humain est un hôte accidentel. »– La Dre Geneviève Perreault, médecin spécialiste en médecine préventive et en santé publique

Les canidés sauvages comme les renards, les coyotes et les loups constituent le principal réservoir de l’infection. Toutefois, les chiens domestiques et, plus rarement, les chats peuvent aussi être des hôtes de l’infection, explique la Dre Perreault.

L’humain doit avoir ingéré accidentellement des oeufs présents dans les excréments de ces bêtes pour être infecté. Les oeufs sont très résistants et peuvent vivre jusqu’à un an dans un sol frais et humide. Une transmission par la consommation de légumes, de petits fruits ou d’eau non traitée est aussi possible. D’autres sources, comme la terre et les carrés de sable, ont été identifiées, mais sont moins probables.

Dans certaines régions du monde, particulièrement en Europe, en Chine, au Japon et en Amérique du Nord, l’EA est présente chez les canidés de façon « endémique ».

Plus près de chez nous, en Ontario, l’EA a été diagnostiquée chez des chiens domestiques, et le parasite a été identifié chez des renards et des coyotes dans le sud de la province. De rares cas d’infections chez des humains ont été rapportés en Alberta (cinq cas) et au Manitoba (au moins un).

Maladie acquise au Québec

Or, l’enfant des Laurentides n’avait jamais voyagé à l’extérieur du Québec, ont découvert les autorités de santé publique. Autre indice : la maison de l’enfant est située près d’un parc national. Des renards sont fréquemment aperçus sur son terrain. Un potager y est cultivé depuis plusieurs années.

Le chien de la famille, mort il y a deux ans sans diagnostic précis, aurait aussi pu infecter l’enfant puisque la bête aimait se rouler dans les carcasses de lièvres et de rongeurs.

Toutes ces informations permettent de croire que la maladie a été acquise au Québec, conclut la Dre Perreault.

La thèse du sol contaminé par les renards est la plus probable, selon elle.

« L’infection serait alors attribuable au chien domestique, qui aurait été en contact avec les selles des renards ou encore avec des rongeurs infectés – des hôtes intermédiaires du parasite. » – La Dre Geneviève Perreault

L’enfant a aussi pu contracter le parasite après avoir consommé des petits fruits ou des légumes du jardin contaminés par les excréments des renards.

Aucun autre membre de la famille n’a été infecté.

Comme l’EA n’est pas une maladie à déclaration obligatoire au Québec, les autorités de santé publique ont alerté le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et celui de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation pour qu’ils fassent preuve d’une vigilance accrue face à cette maladie.

« On va suivre son évolution dans l’environnement », conclut la Dre Perreault, qui rappelle que des mesures simples de prévention peuvent être mises en place, comme clôturer son terrain pour empêcher les animaux sauvages d’y accéder, éviter de nourrir lesdites bêtes, bien se laver les mains après avoir touché à un animal ainsi que laver les fruits et les légumes des potagers avant de les manger.

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Le Saviez-Vous ► Faut-il manger du riz quand on a la diarrhée ?


Légende urbaine ou vérité ? Un des remèdes de grand-mère en cas de diarrhée est de manger du riz. Est-ce efficace ? Pour ma part, je faisais de l’eau de riz pour mes enfants mélangé avec un peu du jus, car ce n’était pas vraiment ragoûtant de voir cette matière visqueuse.. Est-ce que tous les riz se valent ?
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Faut-il manger du riz quand on a la diarrhée ?

 

Bol de riz blanc.

Bol de riz blanc.

© MARTIN LEE/REX/REX/SIPA

 

Si vous (ou vos enfants) êtes un habitué de la gastro ou des voyages en Inde, vous êtes également certainement familier de ce conseil : en cas de diarrhée, mangez du riz. A suivre ?

C’est bien connu, nos mères et nos grand-mères l’ont toujours répété : le riz, ça constipe. Info ? Croyance ? Et basée sur quelles réalités scientifiques ? Petite enquête intérieure au cœur des intestins. Pour comprendre le pourquoi des humeurs changeantes de nos intestins (un coup c’est mou, un coup c’est dur), il faut d’abord se pencher sur les selles. Autrement dit, le caca, c’est quoi ? Eh bien c’est une sorte de pâte composée d’eau, de bactéries et de fibres alimentaires non digérées. Quand cette mixture est trop riche en eau et est évacuée trop souvent, on parle de diarrhée. A l’inverse, quand le mélange manque de liquide, les selles sont dures et ont du mal à se frayer un chemin jusqu’à la sortie. On parle de constipation.

La diarrhée : quand le côlon se laisse déborder

Le responsable du dosage en eau, c’est le côlon. Quand tout va bien, il est censé fabriquer l’étron de consistance idéale, avec juste ce qu’il faut de liquide. Un travail complexe quand on sait que la pâte qui lui est apportée par l’intestin précédent (le grêle) ressemble à de la soupe. Le côlon doit donc assécher ce potage. L’image d’une éponge qu’on essore est séduisante mais d’un point de vue physique, ça ne se passe pas tout à fait comme ça. En réalité, dans les cellules de la paroi intestinale sont logées de petites pompes qui transportent les minéraux (le sel essentiellement) de l’intérieur du côlon vers l’intérieur du corps. Pour équilibrer les concentration en sels de part et d’autre de la paroi intestinale, l’eau, par osmose, suit. Enfin, quand on est en bonne santé.

Car en cas de gastro-entérite, un virus maléfique nommé rotavirus empêche le gros intestin d’effectuer sa tâche correctement. La même chose se produit lors de certaines infections bactériennes. La réabsorption intestinale est alors perturbée car les petites pompes décrites ci-dessus ne peuvent plus assurer leur tâche. Du coup, l’eau reste dans le côlon, et finit par sortir par les voies naturelles en entraînant les déchets de la digestion. C’est la diarrhée.

Riz et diarrhée : les meilleurs ennemis

Que viendrait faire le riz dans cette histoire ? Eh bien, pour être franc, pas grand chose, mais quand même. Parce qu’en cas de diarrhée, le côlon est donc mis à rude épreuve. Et le riz (uniquement s’il est blanc) est un aliment sans résidus : autrement dit, une fois que votre bol de riz a franchi l’intestin grêle, il n’en reste rien. Or, pas de déchet égale pas de selle ! Et pas de selle signifie que le côlon peut se reposer un peu.

Mais la diarrhée, ce n’est pas que des excréments liquide, c’est aussi du caca fréquent. On l’a vu, la première tâche du côlon, c’est un travail d’essorage. Mais le gros intestin œuvre également dans la vitesse du transit. En temps normal, les aliments sont poussés grâce à des mouvements réflexes de l’intestin (les mouvements péristaltiques). Sans nous demander notre avis puisqu’il est doté de son système nerveux autonome, le côlon se contracte régulièrement afin d’appuyer sur son continu et de le pousser vers la sortie. Un peu comme on chasserait le dentifrice de son tube. Or, en cas de diarrhée, ces mouvements sont accélérés, d’où un besoin accru de se rendre sur le trône. Là encore, le riz n’a finalement que peu d’influence : son seul pouvoir réside toujours dans son absence de déchet. Sans caca à pousser, le péristaltisme a tendance à ralentir.

Manger du riz en cas de diarrhée ?

En conclusion : ça ne coûte rien de manger du riz en cas de diarrhée, et c’est même recommandé. Les petits grains blancs ne pourront que faire du bien à votre côlon malmené. Mais ça n’est pas un remède miracle qui dispenserait de consulter le médecin… car certains médicaments offrent des effets autrement plus efficaces. Ah, et dernier détail, le riz « anti diarrhée », il doit être blanc. Car le riz complet, chargé de fibres, aurait lui, sur votre système digestif déjà mal en point, un effet aggravant.

Marina Lena

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