Les singes capucins utilisaient déjà des outils en pierre il y a 3.000 ans


Les capucins sont des singes intelligents depuis fort longtemps. Depuis 3 000, ils savent se servir des pierres comme outils. Cependant ce qui a changer avec le temps est la taille des pierres, qui laissent a penser qu’ils ont aussi évolué dans leur alimentation en prenant des noix dont l’écale est plus dure à casser.
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Les singes capucins utilisaient déjà des outils en pierre il y a 3.000 ans


Nathalie Mayer
Journaliste


Le Parc national de la Serra da Capivara (Brésil) abrite de nombreux groupes de singes capucins. Tous utilisent des outils. Depuis quelque 3.000 ans, révèlent de récentes fouilles. Et les chercheurs ont même découvert des preuves d’évolution dans l’usage de ces outils au fil du temps.

Des galets arrondis. Ce sont les outils en pierre que des chercheurs ont mis au jour sur un site du Parc national de la Serra da Capivara (Brésil). Des outils que des singes capucins utilisaient déjà il y a 3.000 ans pour fendre des graines et des noix. Mais ce qui a surtout retenu l’attention des chercheurs de l’University College London (Royaume-Uni), c’est que la taille de ces outils semble avoir évolué au fil du temps. De quoi suggérer que les capucins de la région ont su adapter leurs outils à des aliments de dureté variable.

Les pierres les plus anciennes apparaissent relativement légères et de petites tailles. Elles sont endommagées sur presque toutes les surfaces, mais ne présentent aucun résidu de noix. Et quelque chose semble avoir changé il y a environ 300 ans. Les pierres-outils deviennent alors beaucoup plus volumineuses. Elles semblent avoir été destinées à ouvrir des aliments assez durs.

Exemples d’outils en pierre utilisés par les singes capucins du Brésil depuis 3.000 ans. © University College London

Exemples d’outils en pierre utilisés par les singes capucins du Brésil depuis 3.000 ans. © University College London

Des outils qui évoluent au fil du temps

Ce n’est finalement qu’il y a une centaine d’années que les capucins auraient commencé à s’intéresser aux noix de cajou et à fabriquer des outils adaptés à leur ouverture. Cependant les chercheurs ne disposent d’aucune preuve montrant qu’une même population de singes est à l’origine de tous ces outils différents. Peut-être différentes populations ont-elles élu domicile dans la région au fil du temps.

Comprendre la façon dont les capucins ont utilisé les outils à travers les âges pourrait aider à révéler les origines de cette pratique, y compris chez d’autres primates… comme l’Homme. Les plus anciens outils de pierre fabriqués par des singes, des chimpanzés, ont été retrouvés en Côte d’Ivoire et datés de 4.000 ans. Les plus anciens outils de pierre connus remontent à 3,3 millions d’années. Ils sont attribués à Australopithecus afarensis ou à Kenyanthropus platyops.

https://www.futura-sciences.com/

Médusavirus, le virus géant qui remet en question des aspects de l’évolution


Comment s’il n’avait pas assez de virus dans ce monde qu’il faut qu’il découvre au Japon, un virus capable de changer en quelque chose de dure un peu comme une pierre. Cela fait penser au mythe de Méduse, une femme qui changeait tous ceux qui la regardait. En plus, ce virus va peut-être changer sur l’origine de l’apparition des virus.
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Médusavirus, le virus géant qui remet en question des aspects de l’évolution

 

On voit une tête de Méduse sculptée dans la pierre.

Une tête de Méduse Photo: iStock / bisla

Renaud Manuguerra-Gagné

Des chercheurs japonais ont trouvé une créature microscopique qui semble surgir de la mythologie antique : un virus dont les proies sont transformées en pierre. Cela n’est toutefois que la pointe de l’iceberg, et ses caractéristiques pourraient changer notre façon de concevoir l’origine des virus.

Un virus géant trouvé dans une source d’eau chaude au Japon pourrait changer certaines perceptions sur la place qu’occupent ces microbes dans le monde vivant.

Des chercheurs de l’Université de Tokyo ont nommé ce nouveau venu Médusavirus, en l’honneur de la créature de la mythologie grecque capable de transformer en pierre tous ceux qui osent soutenir son regard. Ce nom lui a été attribué en partie à cause de ses proies, des animaux unicellulaires appelés amibes qu’on retrouve dans la vaste majorité des cours d’eau.

Lorsque le virus infecte l’une d’elles et la fait éclater, les autres amibes dans son environnement immédiat vont se défendre en créant une coque protectrice très dure, donnant ainsi l’impression qu’elles se sont changées en pierre.

Simplement observer Médusavirus au microscope a de quoi surprendre, car il est couvert d’environ 2660 piques qui encerclent sa capsule sphérique comme des défenses contre les envahisseurs inconnus.

On voit une reconstruction en 3D du Médusavirus.

Une reconstruction en 3D du Médusavirus Photo : G. Yoshikawa et al./J. Virol. (CC BY 4.0)

Or, ce ne sont pas ses caractéristiques extérieures ni son comportement qui ont fasciné le plus les chercheurs. Le véritable trésor se trouvait dans son matériel génétique(Nouvelle fenêtre)!

Des virus géants qui brouillent les cartes

Les virus sont incapables de se reproduire seuls et n’ont pas de besoins propres pour survivre. Ces caractéristiques uniques, combinées à leur origine incertaine, font que leur statut d’être vivant fait toujours l’objet de débats dans la communauté scientifique.

L’une des plus surprenantes découvertes récentes concernant les virus implique un sous-groupe nommé « virus géants ». Ces derniers sont exceptionnellement gros, autant par leur taille physique que par celle de leur matériel génétique, qui est bien plus volumineux que ce qu’on observe chez la vaste majorité des virus.

Découverts pour la première fois en 1992, il aura fallu une décennie pour comprendre qu’on avait vraiment affaire à un virus et non pas à une bactérie. Depuis, plusieurs autres représentants de ce type ont été découverts et, chaque fois, leur grande taille et leurs caractéristiques qui brouillent la limite entre les virus et les formes de vie plus complexes ont intrigué les chercheurs.

Une origine inversée

Au cœur de l’ADN de Médusavirus, les chercheurs ont trouvé des outils organisationnels qui n’ont jamais été vus auparavant chez des virus, mais qui sont courants dans le reste du monde vivant : des histones.

L’ADN est une structure très organisée qui ne flotte pas librement. Il s’organise en s’enroulant autour de protéines que l’on appelle histones, un peu comme un fil qui s’enroule autour d’une bobine. Chez des êtres complexes, cette organisation aide à activer ou à bloquer certains gènes.

Tout être moins complexe que, par exemple, des animaux ou des plantes, n’a pas besoin d’histones, car il ne possède pas assez d’ADN pour qu’une telle mesure soit nécessaire. Or, les chercheurs ont découvert non pas un, mais bien cinq types d’histones chez Médusavirus.

Les virus sont connus pour voler parfois du matériel génétique à leurs hôtes, mais en analysant le génome de Médusavirus, les chercheurs ont remarqué que ce pillage n’était pas la source de tous les éléments hors de l’ordinaire présents dans son génome.

Certains de ces éléments, comme des enzymes nécessaires à la fabrication d’ADN, semblent même avoir des caractéristiques uniques, laissant croire que cette molécule complexe a évolué chez le virus lui-même.

D’un autre côté, les amibes qui servent de cible à Médusavirus semblent avoir plusieurs gènes d’origine virale dans leur génome, ce qui suggère qu’un échange d’information s’est fait dans les deux sens entre ces espèces depuis une longue période de temps.

Pour plusieurs chercheurs, les virus seraient apparus peu de temps après les premières formes de vie cellulaires. L’idée la plus répandue concernant leur origine est qu’ils proviennent de cellules qui ont dégénéré aux débuts de la vie sur Terre et qui auraient perdu la capacité de se reproduire seules.

Or, cet assemblage de caractéristiques pourrait laisser croire que certains virus ont évolué indépendamment des autres organismes complexes et pourraient même avoir partagé des gènes qui aident à leur évolution.

https://ici.radio-canada.ca/

L’évolution spectaculaire du poulet en 60 ans témoigne de notre impact sur la nature


 

Alors que la nature met des millions d’années pour qu’un animal évolue, l’humain peut réussir en moins de cent ans. Le poulet est un bon exemple.
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L’évolution spectaculaire du poulet en 60 ans témoigne de notre impact sur la nature

TAWATCHAIPRAKOBKIT VIA GETTY IMAGES

Des chercheurs ont remarqué que la volaille, domestiquée il y a 8000 ans, a subi des transformations radicales en quelques décennies.

Corps énormes, pattes difformes et coeurs défaillants… les hommes ont totalement modifié la morphologie des poulets d’élevages en quelques décennies, selon une étude publiée mercredi dans la revue Royal Society Open Science.

« Le poulet d’élevage moderne est méconnaissable par rapport à ses ancêtres ou à ses congénères sauvages », explique à l’AFP Carys Bennett de l’université de Leicester en Angleterre, coauteur de l’étude mettant en avant « un squelette surdimensionné, une composition chimique des os et une génétique distinctes ».

Originaire d’Asie du Sud-Est, le poulet a été domestiqué il y a environ 8.000 ans mais ce n’est qu’à partir des années 1950 et la recherche de rythmes de croissance très élevés que les poulets d’élevages ont rapidement formé une nouvelle espèce morphologique, précise l’étude.

« Il n’a fallu que quelques décennies pour produire une nouvelle forme d’animal contre des millions d’années normalement », précise Jan Zalasiewicz, également de l’Université de Leicester et coauteur de l’étude.

Recherché pour sa chair et ses oeufs, le poulet est actuellement la viande la plus consommée dans le monde: aujourd’hui la planète en héberge 23 milliards.

« La masse totale des poulets domestiques est trois fois supérieure à celle de toutes les espèces d’oiseaux sauvages réunies », fait remarquer Carys Bennett.

S’ils permettent de nourrir une large partie de l’humanité, les poulets d’élevage d’aujourd’hui sont également un bel exemple de la façon dont nous modifions les organismes vivants qui se développent sur la Terre et « un marqueur potentiel de l’Anthropocène », la période actuelle marquée par l’influence de l’homme sur les processus terrestres, notent les chercheurs.

Une évolution « tragique si l’on considère les conséquences pour ces oiseaux », précise Carys Bennett.

Agence France-Presse

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Les ouragans jouent un rôle dans la sélection naturelle de lézards


Les catastrophes naturelles peuvent être une cause des sélections naturelles. Vous vous souvenez des ouragans Maria, Irma et Harvey qui ont ravagé les îles des Caraïbes et aussi la Floride, Louisiane, et le Texas ? Les lézards qui avaient 3 choses en communs ont pu survivre malgré la force du vent destructeur.
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Les ouragans jouent un rôle dans la sélection naturelle de lézards

Un lézard Anolis carolinensis.

Cette espèce de lézard est physiquement mieux adaptée à survivre à une catastrophe naturelle comme un ouragan, ont observé des chercheurs. Photo : iStock

Une espèce peut-elle évoluer afin de mieux survivre aux vents destructeurs des ouragans? C’est ce que croient des chercheurs après avoir constaté que certains membres d’une espèce de petits lézards des Caraïbes, dotés de caractéristiques précises, sont sortis indemnes du passage d’ouragans.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Jusqu’à maintenant, on croyait les ouragans trop destructeurs pour jouer un rôle dans la sélection naturelle. On estimait que la survie des animaux au passage de catastrophes naturelles était due non pas à l’adaptation, mais surtout à la chance. Un petit lézard des Caraïbes pourrait toutefois changer cette perception.

Et c’est par hasard qu’une équipe de chercheurs français et américains a fait cette découverte. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature.

À l’été 2017, l’équipe se trouvait aux îles Turks et Caicos, dans les Caraïbes, afin d’étudier des populations de lézards anolis, de petits lézards qui vivent dans les arbres.

Leur passage dans les îles Turks et Caicos coïncidait avec une saison des ouragans particulièrement active. D’août à octobre, plusieurs tempêtes, dont le trio Maria, Irma et Harvey, ont ravagé les îles des Caraïbes en plus de frapper la Louisiane, le Texas et la Floride.

Ces ouragans ont forcé les chercheurs à suspendre leurs travaux, mais après quelques mois, ils ont pu retourner sur place pour constater l’impact des tempêtes sur leurs lézards.

Bien que les vents de 200 km/h aient complètement changé le paysage, certains de leurs lézards étaient toujours là, bien vivants. Les chercheurs ont capturé une centaine de survivants pour les étudier.

Les lézards qui ont survécu avaient trois points en commun : de très longs doigts et des pattes arrière plus courtes, et les adultes étaient plus petits que la moyenne enregistrée avant l’ouragan.

Pour les chercheurs, il était possible que ces caractéristiques aient aidé les lézards à s’accrocher et à ne pas être emportés par les vents pendant l’ouragan, contrairement à de plus gros animaux.

Évolution extrême

Une sélection aussi rapide serait une surprise. L’évolution est un procédé extrêmement lent. Pour que la sélection naturelle entraîne une différence chez une espèce, il faut des centaines de milliers d’années, et même là, les différences peuvent être assez subtiles.

Des changements rapides dans l’environnement, tels que ceux provoqués par les changements climatiques, ne laissent pas à ce mécanisme le temps d’agir. Beaucoup d’animaux n’ont pas le temps de s’adapter et disparaissent.

Mais plusieurs animaux ont déjà certaines des qualités nécessaires pour survivre à un brusque changement d’environnement. Ultimement, l’espèce entière évoluera en fonction de ces caractéristiques.

Des lézards dans le vent

Les chercheurs ont par la suite voulu confirmer leur hypothèse en laboratoire.

Un à la fois, ils ont placé les lézards sur un bâton et ont simulé des vents d’ouragan avec une souffleuse à feuilles. En filmant leurs cobayes au ralenti, les chercheurs ont pu observer comment les animaux réagissaient et ont pu déterminer si leurs attributs favorisaient leur survie lors de grands vents.

Par précaution, un filet avait aussi été installé pour empêcher les lézards de se blesser.

Les chercheurs ont pu constater que, soumis à de forts vents, les animaux se plaçaient face aux rafales et s’accrochaient solidement au bâton. Mais, chez certains lézards, les pattes arrière perdaient ensuite leur emprise et ils étaient alors emportés par le vent.

Les scientifiques ont remarqué que les lézards qui avaient de plus longs doigts et de plus petites pattes arrière parvenaient à s’accrocher de manière beaucoup plus efficace que les autres et pouvaient ainsi résister aux vents.

Si ces traits passent à la génération suivante, on aura alors une preuve de la sélection naturelle par ouragans.

Autre exemple

Ce ne serait toutefois pas la première fois que des événements soudains entraînent des changements chez les animaux. Un cas classique, observé à Londres au 18e siècle, a été causé par de la suie provenant de la combustion du charbon.

Les cendres qui recouvraient les arbres ont favorisé la survie de papillons gris qui s’y camouflaient mieux que des papillons blancs, lesquels étaient plus facilement repérables par les oiseaux.

Les chercheurs franco-américains estiment que leurs travaux pourront aider les spécialistes à prévoir comment des écosystèmes pourraient s’adapter aux conditions extrêmes qui semblent de plus en plus fréquentes.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1115917/ouragans-selection-naturelle-lezards-caraibes

Les six dégoûts essentiels aux humains


Le dégout que ce soit une mauvaise hygiène, de certains animaux, de lésion, d’insecte sert à diminuer les risques de maladies. Probablement une intuition en rapport à leur environnement et l’évolution des maladies
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Les six dégoûts essentiels aux humains

 

Deux pommes pourries.

Le dégoût est une réponse innée pour éviter, ou du moins diminuer, les risques d’infection et de transmission de maladies. Photo : iStock

Le dégoût est reconnu depuis longtemps comme une émotion dont l’évolution au cours des siècles a permis à nos ancêtres d’éviter les infections de toutes sortes. Des chercheurs britanniques montrent aujourd’hui qu’il se structure autour de six thèmes différents liés à l’évitement d’animaux ou de personnes, et à des habitudes.

Un texte d’Alain Labelle

C’est la première fois que des chercheurs utilisent la perspective de la maladie pour analyser la nature du dégoût, ce qui leur a permis d’établir six catégories qui le déclenchent :

  • De la nourriture pourrie;
  • Une mauvaise hygiène;
  • Des animaux et des insectes;
  • La sexualité;
  • Les difformités physiques;
  • Les lésions et blessures.

Le dégoût est ainsi une réponse du corps pour éviter, ou du moins diminuer, les risques d’infection et de transmission de maladies.

Les chercheurs de l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (LSHTM) affirment que l’établissement de ces catégories peut aider à mieux cibler les messages de santé publique, par exemple pour encourager le lavage des mains ou contrer la stigmatisation associée à certaines maladies.

Des rats fouillent dans des sacs de poubelle.

Les animaux et insectes inspirent le dégoût. Photo : iStock/Chanawat Phadwichit

Ce type de comportement d’évitement de la maladie est très répandu chez les animaux, ce qui nous porte à croire qu’il est très ancien du point de vue de l’évolution. Le professeur Val Curtis, LSHTM

Le professeur Val Curtis et son équipe ont interrogé plus de 2500 personnes sur Internet, énumérant 75 scénarios potentiellement dégoûtants auxquels elles pourraient devoir faire face, comme des personnes présentant des signes évidents d’infection, des lésions cutanées purulentes, ou encore des objets grouillant d’insectes.

Les participants devaient évaluer la force de leur réaction de dégoût pour chaque scénario sur une échelle allant de « pas de dégoût » à « dégoût extrême ».

Parmi tous les scénarios présentés, les plaies purulentes ont été jugées les plus dégoûtantes. Le manquement aux normes d’hygiène de base, comme le fait d’avoir une mauvaise odeur corporelle, a également été jugé particulièrement dégoûtant.

Une plaie ouverte avec du pus.

Les infections purulentes inspirent aussi le dégoût. Photo : iStock

Le dégoût d’hier à aujourd’hui

C’est en analysant les réponses des participants que les chercheurs ont été en mesure de déterminer les six catégories communes de dégoût. Elles se rapportent toutes à divers types de menaces de maladies infectieuses rencontrées chez nos ancêtres.

Par exemple, le fait de manger de la nourriture pourrie menait à des maladies comme le choléra. Un contact intime avec des personnes malpropres risquait de transmettre la lèpre, des pratiques sexuelles exposaient un individu à la syphilis et le contact avec des plaies ouvertes pouvait conduire à la peste ou à l’infection par la variole.

Éviter les parasites

Ces résultats confirment la « théorie de l’évitement parasitaire », selon laquelle la notion du dégoût a évolué chez les animaux, ce qui les encourage à adopter des comportements visant à réduire le risque d’infection.

Un comportement qui est reproduit par l’humain, le dégoût incitant celui-ci à agir de manière particulière, ce qui minimise chez lui le risque d’être exposé aux maladies.

Une meilleure compréhension du dégoût nous permet de mieux comprendre les mécanismes du comportement d’évitement des maladies et nous aidera à mettre au point de nouvelles méthodes pour garder notre environnement, les animaux et nous-mêmes en bonne santé. Le professeur Val Curtis, LSHTM

Différences entre hommes et femmes

Ces travaux montrent qu’il existe des différences entre les sexes dans leurs réactions aux différents scénarios dégoûtants qui leur ont été présentés. Par exemple, les femmes évaluent les scénarios plus intensément que les hommes.

Une réalité qui concorde avec le fait que les hommes sont connus pour se livrer à des comportements plus risqués que les femmes.

Les catégories les plus dégoûtantes pour les participantes étaient liées aux comportements sexuels à risque et aux animaux porteurs de maladies.

Avant cette étude, l’équipe avait prédit que les types de dégoût correspondraient directement aux catégories de menaces potentielles de maladies.

Cependant, ce travail a permis de constater que les types de dégoût étaient plus étroitement liés aux mesures que les gens doivent prendre pour éviter les maladies, par exemple en ne touchant pas les lésions cutanées ou en ne s’approchant pas des personnes ayant une mauvaise odeur corporelle.

Il est certain, d’après ces résultats, que les gens ont un sens intuitif de ce qu’ils doivent éviter dans leur environnement, et notre coévolution avec les maladies n’y serait pas étrangère.

Micheal de Barra, Université Brunel de Londres

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Biological Sciences.

https://ici.radio-canada.ca/

Pourquoi les théories du complot fascinent


Personnellement, je ne suis pas adepte de la théorie du complot, même si certains points seraient intriguant. Il y a des sujets qui font du tort aux gens, par exemple, les vaccins contre des maladies mortelles qui ont pourtant protéger une génération d’individus.
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Pourquoi les théories du complot fascinent

 

© ap.

Jeanne Poma

Les tours du World Trade Center, Charlie Hebdo, les extraterrestres, … Si certaines théories du complot sont inoffensives, d’autres peuvent avoir des effets extrêmement graves. Pourquoi l’être humain se laisse-t-il régulièrement tenter par ces théories fumeuses?

En Californie, une épidémie de rougeole vient d’atteindre un niveau qui nous ramène aux années 1990 et ce malgré l’introduction du vaccin en 1963. Le retour de cette maladie est dû aux mouvements « anti-vax » qui gagnent du terrain. Pour les adeptes de cette théorie, le vaccin serait extrêmement nocif et uniquement mis au point pour enrichir les laboratoires pharmaceutiques. Peu importe si cette maladie est mortelle, le vaccin est plus dangereux encore. Il y a cette théorie puis celle où l’on dit que personne n’a marché sur la lune, que tout a été tourné à Hollywood.

Nous n’aimons pas l’idée que quelque chose de terrible puisse se produire à l’improviste

Des chercheurs comme Karen Douglas, professeure à l’Université du Kent, ont voulu savoir pourquoi de telles croyances persistaient. Selon elle, cela fait partie de la logique de l’évolution. Nous sommes méfiants des autres groupes qui viendraient déstabiliser notre sécurité. Ceux qui croient aux conspirations semblent avoir un besoin intrinsèque et presque narcissique d’unicité. C’est l’idée qu’une personne a l’impression d’avoir accès à de rares informations ou à d’autres explications « secrètes » sur certains événements mondiaux. Celui qui croit devient expert et possède un savoir que ne possèdent même pas les soi-disant experts.

Il y a aussi les anxieux qui ne supportent pas l’idée de vivre dans un monde où des évènements terribles comme des meurtres de masse puissent avoir lieu sans contrôle.

« Il est donc psychologiquement réconfortant pour certaines personnes de croire en une conspiration bien organisée de personnes puissantes qui sont responsables de ces événements », affirme Stephan Lewandowsky, professeur de Psychologie à l’Université de Bristol.

Présenter des faits ne convaincra pas un adepte du complot

Lewandowsky a constaté que plus une personne croit en une conspiration, moins elle est susceptible de faire confiance aux faits scientifiques. Les preuves sont réinterprétées comme d’autres preuves de la conspiration. Une personne va croire à une théorie en fonction de sa psychologie et de ses idéaux. Nous sommes attirés par des modèles et nous acceptons de plus en plus les choses sans preuves. Nous disposons d’une quantité gigantesque d’informations sur le web mais nous acceptons des coquilles vides, remettant en doute tous les fondamentaux.

La stratégie la plus efficace reste l’éducation. Pour que chacun puisse mieux identifier les sources dignes de confiance. Certains sites web s’appliquent déjà à le faire. Les adeptes des conspirations sont peu susceptibles de changer leurs opinions, mais ceux qui « ne sont pas pleinement engagés » peuvent encore changer d’avis.

Enfin, nous pouvons tous être plus attentifs quant à ce que nous partageons sur les réseaux sociaux. Malgré les titres alléchants, portons une attention plus particulière aux contenus des articles que nous partageons.

http://www.7sur7.be/

Extinctions de masse des espèces: comment la vie rebondit


On parle beaucoup de la sixième grande extinction et probablement qu’il aura aussi beaucoup de victimes chez l’être humain qui a accélérer le mouvement. Cependant, la terre dans son histoire a toujours démontré que chaque extinction amenée un renouveau. Juste à penser aux dinosaures, ils ont disparu, enfin pas tous, ceux-là, ont évolué pour s’adapter aux changements, mais les dinosaures en moins, l’être humain a pu vivre dans un monde moins dangereux
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Extinctions de masse des espèces: comment la vie rebondit

 

Animaux | woodleywonderworks via Flickr CC License by

Animaux | woodleywonderworks via Flickr CC License by

 

David Bond

La valse des espèces, avec ses périodes d’extinctions, est partie intégrante de l’histoire de la vie.

Depuis la mort des dinosaures, la vie sur Terre n’avait jamais connu pareille pression mortelle. Nous sommes en effet rentrés dans ce que les scientifiques appellent la sixième grande extinction. Et les humains pourraient bien être parmi les victimes, selon une récente étude. Une telle extinction signifie la perte d’un très grand nombre d’espèces, ce qui creuserait un trou énorme dans les écosystèmes de la planète, mais laisserait la place à toutes sortes de formes de vie étranges et merveilleuses, susceptibles d’évoluer dans les niches écologiques laissées vacantes.

Pour savoir comment la vie rebondit après une extinction de masse, regardons vers le passé. Il y a eu cinq grandes extinctions de masse dans l’histoire de la Terre, la sixième étant celle que j’ai proposé avec des collègues. Notre hypothèse s’appuie notamment sur la comparaison des taux de variation dans l’histoire géologique des cinq extinctions. Et elle semble suggérer que, cette fois, les signes avant-coureurs sont réels.

Alors, faisons preuve de pessimisme et supposons que l’apocalypse va nous emporter. À quoi ressemblera la Terre après cet Armageddon?

Il y a 251 millions d’années, lors du passage entre la période géologique du Permien et celle du Trias, le vivant connut la plus grande crise de son histoire: 90% des espèces disparurent alors. Même les insectes subirent des pertes énormes, cas unique dans leur longue histoire.

La cause de cette méga-extinction est attribuée en grande partie aux effets de ce que les spécialistes appellent les «traps de Sibérie», éruptions volcaniques en série accompagnées d’énormes épanchements de lave et d’émissions de gaz à effet de serre dans ce qui est aujourd’hui le nord de la Russie. Cela a conduit à un réchauffement climatique, à l’acidification des océans, à la tombée de pluies acides sans oublier l’appauvrissement en oxygène des océans et la contamination par des métaux toxiques tels que le mercure. Imaginez les plus sombres prévisions climatiques qui sont produites aujourd’hui, et saupoudrez de quelques catastrophes supplémentaires.

La poignée d’espèces qui a survécu à la crise Permien-Trias a donné la vie à toutes les autres créatures ultérieures. Depuis, il n’y a pas eu de telle restructuration profonde des écosystèmes. Peut-être parce que la règle darwinienne de la «survie du plus adapté» a rendu les descendants plus robustes aux changements.

Les trilobites ont prospéré pendant 270 millions d’années, mais n’ont pas survécu au Trias. Heinrich Harder

À quoi notre planète ressemblait-elle à l’époque du Trias inférieur? Sur une Terre qui ne comportait qu’un super continent, la Pangée, il faisait chaud –chaud comme l’enfer!– et apparemment sans aucune vie sur de vastes étendues. Aux tropiques, la température de l’eau atteignait 45 degrés Celsius. Dans le vaste désert de la Pangée, il faisait probablement encore plus chaud.

À cause de cette chaleur, il n’y a pas de traces d’animaux terrestres, de reptiles marins et de poissons dans les registres fossiles, sauf pour les hautes latitudes, sans doute un peu plus fraîches. De ce fait, il existe plusieurs «lacunes» de plusieurs millions d’années chacune pour cette période géologique, sortes de trous dans la chronologie.

La majeure partie du charbon que renferme aujourd’hui la Terre provient de la transformation de grandes quantités de fougères de l’espèce Glossopteris, victime de la grande extinction. Une disparition qui a créé un trou de 12 millions d’années dans les archives des fossiles. Une série de «traces fongiques» sur des roches où l’on distingue un grand nombre de spores, serait également un signe de la catastrophe : d’énormes quantités de végétaux morts et de matières animales auraient été source de nourriture abondante pour les champignons. Globalement, la chaleur et la destruction des sols causées par les pluies acides (ces terrains ravinés auraient dégagé une odeur de vanille) auront rendu la planète inhabitable durant cette période.

Sans plantes, il n’y a pas d’herbivores. Sans herbivores, pas de carnivores. L’un des rares survivants «de taille» sur cette Terre désolée était un lézard, Lystrosaurus, reptile végétarien bizarroïde qui, en l’absence de prédateurs et de compétiteurs, s’est diversifié avec un certain succès pendant le Trias.

Ce reptile herbivore a dominé le sud de la Pangée avant l’avènement des dinosaures. Nobu Tamura, CC BY

Le carnage a été pire encore dans les océans, où jusqu’à 96% des espèces se sont éteintes. La perte de toutes les espèces de coraux constructeurs de récifs a conduit à un trou de 10 millions d’années dans les registres des fossiles du Trias inférieur. Imaginez : un monde sans récifs coralliens, sans toute la diversité des êtres vivants qu’ils abritent.

Mais la Terre n’était pas tout à fait morte. De même que Lystrosaurus sur Terre, il y a eu des réussites dans le milieu marin au milieu de toute cette désolation. Claraia par exemple, une espèce de bivalve similaire à la coquille Saint-Jacques a survécu à la fin du Permien, puis s’est rapidement diversifiée pour occuper les niches laissées vacantes par l’annihilation presque totale des brachiopodes, habitants du plancher océanique au Permien. Claraia était robuste et pouvait résister à des niveaux d’oxygène très bas – un trait bien pratique quand la plupart de la vie présente dans les fonds marins était privée d’oxygène.

Claraia, espèce survivante des fonds marins. Musée Gröden/Wolfgang Moroder, CC BY-SA

Le destin funeste des dinosaures

Peut-être l’extinction la plus célèbre et spectaculaire est celle qui vu la mort des dinosaures (non-aviaires) il y a environ 66 millions d’années à la limite des périodes Crétacé et Tertiaire. De même importance que la fin du très populaire T. rex, le remplacement, à l’autre bout de la chaîne alimentaire, du micro plancton a mis un terme à la formation des célèbres falaises de craie du Crétacé qui sont si répandues à travers l’Europe (le nom de cette période géologique vient du mot allemand «Kreide», ce qui signifie la craie).

Que ce soit à cause d’une météorite, ou de massives éruptions volcaniques, ou un peu des deux, l’extinction qui a tué les dinosaures a été plus modeste que celle du Permien-Trias : seulement 75% de perte globale pour le vivant et une récupération plus rapide. Soit la Terre elle-même s’est remise plus rapidement, ou bien, après le «grand massacre» 185 millions d’années plus tôt, la vie était devenue plus apte à s’adapter à, et à évoluer en situation de stress.

Bien entendu, nous savons que les dinosaures n’ont pas exactement disparu. Les oiseaux sont leurs représentants super-évolués, descendants des quelques dinosauriens survivants des événements du Crétacé-Tertiaire. Personne ne peut nier leur succès évolutif depuis 66 millions d’années, date de la disparition du T-Rex aux allures de poulet.

Après que les dinosaures ont disparu, la vie est repartie de l’avant. Jay Matternes

Les crocodiles et les alligators, plus proches parents vivants des oiseaux, sont également d’éminents survivants. Alors qu’il est évident que la capacité des oiseaux à s’envoler vers des oasis de calme et d’abondance leur a permis de se développer au milieu des bouleversements d’alors, on comprend moins pourquoi les crocodiles ont survécu. Certaines théories suggèrent qu’ils ont pu se maintenir et prospérer grâce à leurs organismes à sang froid (contre le supposé sang chaud des dinosaures), leurs habitats d’eau douce ou saumâtre, et même leur QI élevé!

Au-delà des morts et destructions des extinctions, voici de bonnes nouvelles : la vie sur Terre a toujours pris le dessus même quand elle a été très sévèrement atteinte. Sans extinction, il n’y a pas d’évolution, les deux sont intrinsèquement liés.

Les premiers dinosaures ont évolué 20 millions d’années après les pertes du Permien-Trias. Leur évolution a été presque certainement entraînée par un rafraîchissement du climat au cours de ce que l’on a appelé l’épisode pluvial du Carnien (une période où il pleuvait beaucoup), une végétation luxuriante et des pans entiers d’écosystèmes à coloniser.

Les dinosaures ont vécu pendant 165 millions d’années avant de mourir, mais sans leur disparition, les humains ne seraient probablement pas ici aujourd’hui pour faire des dégâts.

Si les êtres humains sont condamnés, alors nous ne serons plus là pour voir ce qui évoluera pour nous remplacer. Soyez assurés que nous, géologues, n’attachons pas trop d’importance à notre disparition. Car nous savons que la Terre est plus grande que nous, et qu’elle va rebondir.

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