Éruption : le volcan Mayon, aux Philippines, crache des fontaines de lave


Depuis un bout de temps, on soupçonnais que le mont Mayon serait éruption, l’alerte a monté d’un cran qu’ils ont évacué des milliers de personnes aux Philippines et ils craignent qu’ils en aient plus bientôt. Pour le moment, jaillissent des colonnes de lave qui doit être de toute beauté à regarder, malgré les dégâts que cela pourra faire
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Éruption : le volcan Mayon, aux Philippines, crache des fontaines de lave

 

 

Le spectacle des fontaines de lave du Mayon a fait venir des touristes mais le danger du volcan est bien réel : une éruption d’intensité maximale serait imminente. © Guardian News

Laurent Sacco
Journaliste

Le volcan Mayon, aux Philippines, est entré en éruption depuis presque deux semaines. Les autorités ont fait évacuer plus de 60.000 personnes dans un rayon d’au moins 9 km en prévision du paroxysme des éruptions qui semble imminent. En attendant, le monstre crache des fontaines de lave impressionnantes.

Le volcan Mayon se fait de plus en plus menaçant depuis quelques jours aux Philippines. Le niveau d’alerte a donc été monté d’un cran (il est désormais à 4) mais les autorités sont inquiètes car le niveau 5 pourrait être bientôt atteint, représentant un danger maximal. La zone d’évacuation a ainsi été augmentée : elle se trouve désormais dans un rayon de 9 km autour du volcan.

Le nombre de personnes déplacées a donc rapidement augmenté cette semaine. Mardi matin, il était d’au moins 39.250 (il s’agit de personnes provenant d’une zone de sécurité de 8 km). Par ailleurs, des réfugiés avaient aussi quitté la région du fait des retombées de cendres, augmentant également ce nombre. Au total, il est question aujourd’hui de plus de 60.000 personnes.

Des fontaines de lave hautes de 500 à 600 m au sommet du Mayon

 

Le Philippine Institute of Volcanology and Seismology, souvent abrégé en Phivolcs, publie régulièrement des communiqués sur l’état de l’activité éruptive du Mayon. Il a ainsi précisé qu’entre ce mardi et ce mercredi (il est déjà jeudi aux Philippines) 5 fontaines de lave impressionnantes s’étaient élevées sporadiquement depuis le sommet du volcan. Durant entre sept minutes et plus d’une heure, celles-ci pouvaient atteindre des hauteurs de 500 à 600 m au-dessus du cratère (le Mayon culmine à 2.462 m). Elles ont paradoxalement été parfois accompagnées de panaches de cendre qui, eux, montaient de 3 à 5 km. Des coulées pyroclastiques ont également été émises et des coulées de lave se sont étendues sur 1 et 3 km, le tout accompagné par des émissions de dioxyde de soufre à hauteur de 2.466 tonnes par jour environ.

Toutefois, selon le directeur du Phivolcs, Renato Solidum, l’activité du Mayon reste pour le moment inférieure à celle de 1984 (où 73.000 personnes avaient été évacuées), bien qu’elle soit du même type (un mélange d’éruptions stromboliennes et vulcaniennes).

https://www.futura-sciences.com

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Des vents dignes d’un ouragan attisent les incendies de Californie


C’est pire qu’un film de catastrophe, c’est une réalité que les Californiens vivent. La météo n’a pas aidé pour contenir le feu, des vents puissants ont fait rage et a propager le monstre enflammé
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Des vents dignes d’un ouragan attisent les incendies de Californie

 

Des milliers de pompiers enchaînaient les nuits blanches... (PHOTO AFP)

Des milliers de pompiers enchaînaient les nuits blanches sur plusieurs fronts à Los Angeles et dans le comté de Ventura, à 45 minutes au nord, entre le Pacifique et les collines boisées d’Ojai (photo).

PHOTO AFP

 

MARC RALSTON, ELODIE MAZEIN
Agence France-Presse
Los Angeles et Washington

Attisés par des vents parfois dignes d’un ouragan de catégorie 1, les incendies poursuivaient leur course galopante dans la région de Los Angeles où des ordres d’évacuation affectant des centaines de milliers de personnes se multipliaient, y compris au coeur de la métropole californienne.

«Comme prévu les vents se sont renforcés de manière dramatique. Restez sur vos gardes et préparez-vous en cas d’évacuation», a tweeté dans la nuit le porte-parole des pompiers de Californie.

Au moins 230 000 personnes ont dû quitter leur domicile depuis le départ des premiers feux lundi à travers cette région du sud de la Californie, dans l’ouest des États-Unis.

Des milliers de pompiers enchaînaient les nuits blanches sur plusieurs fronts à Los Angeles et dans le comté de Ventura, à 45 minutes au nord, entre le Pacifique et les collines boisées d’Ojai.

Les bourrasques les plus puissantes, selon les services météorologiques de Los Angeles, ont atteint mercredi soir 136 km/h, et les autorités prévoyaient des vents soufflant jusqu’à entre 80 et 120 km/h jusqu’à samedi.

«Avec la chaleur, cela forme un environnement très menaçant», a averti le maire de Los Angeles Eric Garcetti jeudi lors d’une conférence de presse.

Le brasier le plus dévastateur, le «Thomas Fire», a détruit près de 39 000 hectares et n’était contenu qu’à 5%, selon le dernier bilan communiqué par le porte-parole des pompiers du comté de Ventura. Il a entraîné un décès, détruit plus de 150 structures depuis lundi et menace encore 15 000 structures.

«C’est une incroyable tragédie», a déploré Rick Macklin, porte-parole des pompiers du comté de Ventura.

Fausse alerte à Malibu

Le Creek Fire a détruit quinze habitations et en menaçait 15 autres. Celui de Skirball, au coeur de Los Angeles, menaçait le musée du Getty Center, ses oeuvres de Monet et Rembrandt, et le quartier de Bel-Air prisé des milliardaires comme Beyoncé ou l’entrepreneur Elon Musk.

Mercredi, des flammes de plus de dix mètres ont avalé la luxuriante végétation des collines du quartier où se dressent des demeures dignes de châteaux toscans ou de palais minimalistes. Quatre maisons ont été réduites en cendres sur Moraga Lane, où se trouve la propriété et le vignoble de Rupert Murdoch, le Moraga Estate, estimé à 30 millions de dollars.

Onze autres demeures ont été abîmées et près de 200 hectares avalés par les flammes dans cette zone dont certaines sections sont fermées au public par de lourdes grilles, et où des milliers de personnes ont dû évacuer à la hâte mercredi, dont la mannequin Chrissy Teigen, épouse enceinte du chanteur John Legend. Le chanteur Lionel Richie a quant à lui annulé une performance pour venir aider son ex-épouse à fuir.

Un feu a démarré dans la ville côtière de Malibu qui jouxte Los Angeles mais il a été rapidement maîtrisé.

Plusieurs sections des autoroutes 405 et 101 avaient dû être temporairement fermées, occasionnant des embouteillages monstres dans une agglomération déjà connue pour un trafic infernal. Pendant quelques heures la route pour aller de Ventura à Santa Barbara était fermée.

En 1961, un feu historique avait consumé 500 habitations du quartier sur les collines de Los Angeles.

La prestigieuse université UCLA restait fermée jeudi à cause des feux tout comme plusieurs autres facultés et près de 300 écoles.

«C’est une décision difficile car les examens finaux commencent samedi», ont indiqué les dirigeants d’UCLA dans un communiqué, soulignant que le campus ne se trouvait pas dans la zone d’évacuation mais que la qualité de l’air était dans la catégorie «moyenne».

L’année 2017 a été la plus mortelle en Californie à cause d’incendies. Plus de 40 personnes sont mortes en octobre dans plus d’une dizaine de feux qui ont ravagé une partie du nord viticole et ont rasé plus de 10 000 bâtiments.

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Après Irma et avant José, course contre la montre aux Antilles


Du jamais vue, des ouragans puissants se forment et fait au temps de dégâts. Île Saint-Martin dans les Caraïbes a été détruite à 95 % et le pire l’ouragan Jose semble prendre presque la même trajectoire.
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Après Irma et avant José, course contre la montre aux Antilles

 

La ville de Marigot, à Saint-Martin, a été... (PHOTO Martin BUREAU, AFP)

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La ville de Marigot, à Saint-Martin, a été saccagée par Irma.

PHOTO MARTIN BUREAU, AFP

 

ROMAIN FONSEGRIVES, VALENTINE AUTRUFFE, CÉCILE REMUSAT AVEC TIPHAINE LE LIBOUX À PARIS
Agence France-Presse
MARIGOT

Entre protéger et évacuer, les îles caribéennes de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, déjà dévastées par le passage d’Irma, étaient engagées samedi dans une course contre la montre avant l’arrivée de l’ouragan José, qui va interrompre le travail des secours.

José, rehaussé en niveau 4, a commencé à affecter vers 10 h les deux îles, passées en vigilance maximale, synonyme de confinement total. Le phénomène doit durer jusqu’à dimanche 6 h. L’ouragan passera à 100 km au nord de Saint-Martin, déjà détruite à 95% par Irma, qui a touché Cuba samedi et doit atteindre dimanche la Floride.

Le passage de deux ouragans «aussi puissants» au même moment sur l’Atlantique est «sans précédent connu», selon Météo-France.

«Des vagues puissantes avec des creux de 6 à 8 mètres, de fortes pluies orageuses et des rafales de vents allant jusqu’à 130 km/h» sont attendues, contre plus de 300 km/h pour Irma.

Une nouvelle épreuve pour les habitants, déjà sous le choc. À l’aéroport de Gustavia (Saint-Barth), certains ont patienté des heures dans l’espoir d’évacuer, non sans tensions. Les derniers départs ont eu lieu samedi matin, a constaté une correspondante de l’AFP.

Toutes les liaisons aériennes et maritimes avec les deux îles sont désormais interrompues.

Pour les évacuations, priorité avait été donnée aux blessés, femmes et enfants.

«Les femmes raccompagnent les enfants en métropole, ou au moins sur un lieu sûr en Guadeloupe», selon une infirmière à l’aéroport de Grand-Case dans la partie française de Saint-Martin.

Neuf abris capables d’abriter «1600 personnes» sont prévus à Saint-Martin, selon la ministre française Annick Girardin, qui reste dans l’île pendant l’ouragan.

«En colère après Paris»

Avant le confinement, les gens manquaient d’information. Certains, rassemblés à l’aéroport, demandaient aux secouristes ou gendarmes la localisation des abris, selon un journaliste de l’AFP sur place.

«Nous sommes là pour veiller à ce que tout le monde ait un abri samedi avant midi», avait précisé la ministre. «Notre défi c’est zéro mort pendant José», a dit une source de sécurité à l’AFP.

Dans l’île franco-néerlandaise jonchée de détritus, morceaux de tôles, murets ou poubelles pourraient devenir des projectiles dangereux.

Les autorités comptent attendre que José soit passé pour distribuer eau et nourriture.

 En attendant, «3000 rations alimentaires ont été distribuées» et «100 000 le seront», a indiqué samedi un responsable de la sécurité civile.

«Il nous reste 12 bouteilles d’eau, pour trois, pour se laver et boire» alors qu’il fait «une chaleur torride», a témoigné au téléphone Olivier Toussaint, habitant de Saint-Barth, calfeutré.

«La préfecture a bien fait son travail avant l’ouragan, mais maintenant je suis en colère après Paris et sa gestion de crise. On voit des militaires qui sont là, mais ils n’ont pas de matériel», a déploré un capitaine de la sécurité civile, 50 ans.

Sécurité difficile à assurer

Sur l’île, entre pillage et rumeurs d’évacuation, «on n’arrive pas à sécuriser tous les points», a dit vendredi à l’AFP le major Mertz, détaché à Marigot.

Le chaos profite aux pilleurs qui ont dévalisé des magasins.

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte a averti samedi les auteurs de pillages que la police et l’armée étaient prêtes à agir si nécessaire.

Il a reconnu que les pillages n’étaient toujours pas «sous contrôle» dans la partie néerlandaise de l’île, soulignant que les circonstances étaient «compliquées».

En France, le président Emmanuel Macron a convoqué une réunion de crise à l’Élysée samedi soir, centrée notamment sur la sécurité.

Un premier coût des dommages a été évalué samedi à 1,2 milliard d’euros par la Caisse centrale de réassurance (CCR).

L’ouragan Irma a fait au moins dix morts et sept disparus dans les îles françaises, selon le dernier bilan.

Cela porte à 25 le total des personnes ayant trouvé la mort dans les Caraïbes, si l’on ajoute six décès dans les îles Vierges britanniques, quatre dans les îles Vierges américaines, deux dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, deux à Porto-Rico, une à Barbuda.

Irma, repassé en catégorie 3, a atteint Cuba samedi matin et se dirigeait vers la Floride où les autorités ont appelé 6,3 millions de personnes à évacuer.

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Les incendies provoquent de nouvelles évacuations en Colombie-Britannique


Le Canada est reconnu pour la richesse de ses forêts et quand la météo n’est pas très conciliante avec l’environnement, alors c’est un désastre. Encore cette année, une province canadienne est aux prises avec des incendies monstres
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Les incendies provoquent de nouvelles évacuations en Colombie-Britannique

 

PC/JONATHAN HAYWARD

Quelque 161 foyers d’incendie sont encore actifs

Des milliers de personnes ont dû être évacuées pendant le week-end dans l’ouest du Canada, où de forts vents ont attisé les incendies qui ravagent le centre de la Colombie-Britannique depuis plus d’une semaine.

La progression des flammes a contraint les autorités à prendre de nouvelles mesures d’évacuation, dont la principale concerne la ville de Williams Lake qui compte quelque 11 000 habitants.

Les ordres d’évacuation, annoncés samedi soir, concernent quelque 24 000 personnes dans la région, et les autorités estiment qu’environ 60% ont déjà quitté leurs domiciles, rapporte dimanche la chaine publique CBC.

Les évacués sont accueillis dans la ville de Kamloops, au sud de Williams Lake.

Avant les nouvelles mesures d’évacuation, les autorités estimaient à plus de 17 000 le nombre de personnes chassées de chez elles, depuis que la province a décrété l’état d’urgence, le 7 juillet, en raison des nombreux incendies qui se sont déclarés à cause de la chaleur et du temps sec.

Quelque 161 foyers d’incendie étaient encore actifs dimanche, a indiqué une porte-parole du service des incendies de Colombie-Britannique, Navi Saini.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► Il y a 75 ans : l’internement des Canadiens d’origine japonaise


Lors de la Deuxième Guerre Mondiale, le Canada a aussi des histoires sombres à cette époque. Il y avait des camps d’internement qui regroupaient des allemands, juifs, communistes et autres, mais c’est surtout les japonnais qui ont payé le prix, même ceux qui sont nés au pays. C’est l’Histoire, mais on sent qu’elle revient avec les musulmans à notre époque. Demain, quel groupe qui serait discriminé pour sa race, sa religion … ? On n’apprend pas des évènements du passé, on les reproduit avec quelques variantes quelque part dans le monde
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Il y a 75 ans : l’internement des Canadiens d’origine japonaise

 

Des femmes et des enfants d'origine japonaise internés à Hastings Park, à Vancouver, durant la Deuxième Guerre mondiale. (Archives de Vancouver, 1942)

Des femmes et des enfants d’origine japonaise internés à Hastings Park, à Vancouver, durant la Deuxième Guerre mondiale. (Archives de Vancouver, 1942) Photo : Radio-Canada/Archives de Vancouver

Le 26 février 1942, le ministre de la Défense nationale du Canada déclarait tous les Japonais « ennemis étrangers » et exigeait leur évacuation à au moins 160 kilomètres de la côte ouest canadienne. Soixante-quinze ans plus tard, peu nombreux sont les survivants qui peuvent encore transmettre cette page d’histoire à la nouvelle génération.

Un texte de Francis Plourde

Les deux grands-pères de Troy Kimura, enseignant dans une école de Coquitlam, en banlieue de Vancouver, ont tout perdu durant la Deuxième Guerre mondiale. Le premier était né au Japon, l’autre au Canada, et leurs familles pratiquaient la pêche de subsistance le long des côtes du nord de la Colombie-Britannique.

Lorsque la Loi sur les mesures de guerre a été décrétée pour déplacer les Japonais et les Canadiens d’origine japonaise dans des camps d’internement, à la suite de l’attaque des Japonais contre la base américaine de Pearl Harbor en 1941, ils ont dû quitter la côte pour se retrouver à Kamloops, dans l’intérieur de la province.

Mais de cet épisode de l’histoire familiale, ils ont peu parlé.

« On ne m’a pas beaucoup raconté. Dans ma famille, peu voulaient donner des détails sur ce qui s’est passé. On parle peu de ces histoires-là dans la communauté japonaise, note le jeune homme. Peut-être qu’on préfère célébrer le beau temps plutôt que de parler du mauvais temps. »

Pendant longtemps, les survivants se sont tus sur cette page sombre de l’histoire canadienne. L’historien Greg Robinson, à l’Université du Québec à Montréal, a observé ce mutisme dans ses recherches sur le traitement des Japonais en sol nord-américain durant la Deuxième Guerre mondiale.

C’est sûr qu’il y avait énormément de honte et le silence reflétait cette honte. Ils avaient été convaincus que c’était leur propre faute et que personne ne s’y intéressait. Ils ne voulaient pas transmettre le fardeau de cette histoire à leurs enfants. Greg Robinson, professeur d’histoire à l’Université du Québec à Montréal

Une discrimination basée sur la race

Dès les premières années de la Deuxième Guerre mondiale, le Canada ouvre des camps où seront internés des soldats allemands, des Juifs, des communistes, mais surtout des immigrants japonais, italiens, allemands et autrichiens.

Mais contrairement aux Italiens, aux Allemands et aux Autrichiens, pour la plupart des citoyens étrangers, la vaste majorité des 22 000 Japonais internés étaient citoyens canadiens. Certaines familles étaient même établies depuis le XIXe siècle.

À la suite de la déclaration du 26 février 1942, les habitants d’origine japonaise de Colombie-Britannique sont d’abord dirigés vers un camp temporaire installé sur les terrains du parc Hastings de Vancouver, puis déplacés vers des camps de détention à l’intérieur de la province, en Alberta et au Manitoba.

L’heure du repas à Hastings Park. Photo : Archives de Vancouver

Dès leur arrivée dans les camps d’internement, les Japonais ont vu leurs biens confisqués. Photo : Archives de Vancouver

À Hastings Park, dans l’est de Vancouver, les Canadiens japonais doivent dormir dans des dortoirs aménagés pour leur internement. Photo : Archives de Vancouver

Certains Japonais ont dû dormir dans d’immenses gymnases transformés en dortoirs lors de leur internement en 1942. Photo : Archives de Vancouver

À Hastings Park, les femmes et les enfants ont été séparées des hommes. Des classes ont été organisées pour que les enfants continuent d’apprendre. Photo : Archives de Vancouver

Mal logés, mal habillés et mal nourris, ils vivent dans des conditions difficiles. Les familles sont logées soit dans des immeubles abandonnés, occupant chacune quelques mètres carrés, ou dans des cabanes au toit recouvert de toiles goudronnées.

« C’était une restriction aléatoire des droits fondamentaux des citoyens. Si ça avait été juste des étrangers, ça aurait été affreux, mais ça n’aurait pas marqué la démocratie d’une telle façon, souligne Greg Robinson. C’était leur héritage racial, leur religion qui étaient ciblés par une majorité hostile, tout ça sous la supervision du gouvernement. »

Les Canadiens d’origine japonaise ont aussi été les seuls dont les biens étaient confisqués. Rapidement, le gouvernement canadien met en vente tout ce qui leur appartient – bateaux de pêche, fermes, maisons, magasins, etc. – souvent à un prix dérisoire.

Pire encore, estime l’historien, les fonds tirés de la vente des biens saisis serviront à payer la construction des camps d’internement.

Le Canada pire que les États-Unis

Si l’internement de Japonais a aussi eu lieu aux États-Unis, la situation était pire au Canada.

Au sud de la frontière, les Japonais qui avaient la citoyenneté américaine ont été libérés peu après un jugement de la Cour suprême du pays. Les mesures ont pris fin après la guerre.

Au Canada, les mesures discriminatoires ont continué jusqu’en 1949. Après la guerre, le gouvernement a obligé les Canadiens d’origine japonaise à se déplacer vers l’est du pays sous peine d’être déportés dans un Japon ravagé.

En 1949, le Canada permet finalement à ceux qui ont choisi l’exil de revenir au pays s’ils ont un répondant. Cette même année, les Canadiens d’origine japonaise retrouvent leurs droits de citoyens, dont le droit de vote.

Le Québec, voie de salut

Après la guerre, une majorité préfère toutefois s’établir au Québec, particulièrement à Montréal.

Dans les camps, des religieuses et des prêtres catholiques francophones les ont aidés en ouvrant des écoles. Après, on a invité les Canadiens japonais à se réinstaller à Montréal, ce qui a contribué au fait que Montréal a la plus grande communauté japonaise francophone, même de nos jours. Greg Robinson, historien à l’UQAM

C’est le choix que font aussi les grands-parents de Donald Watanabe, qui vit aujourd’hui à Montréal. Ses deux grands-pères ainsi que son oncle, après être sortis des camps, se sont installés au Québec.

« Comme nous sommes tous les deux des minorités, on vit dans une situation très spéciale, je pense que les Québécois ont su et connu la situation que les Japonais ont connue à ce moment-là. Ils étaient donc plus accueillants », croit-il.

Des excuses tardives

Le gouvernement canadien attendra jusqu’à 1988 pour présenter des excuses officielles aux survivants des camps d’internement. Il offrira 240 millions de dollars en réparation à la communauté japonaise.

Pour la tante de Troy Kimura, qui avait vécu cette période, c’était une libération.

« Ses parents étaient déjà décédés à ce moment, elle était la plus âgée et la porte-parole de la famille, se souvient-il. J’ai vu comment ce pardon l’a affectée, comment c’était important pour elle. »

Vingt-quatre ans après les excuses du gouvernement canadien, la Colombie-Britannique a aussi présenté ses excuses, en 2012. Un an plus tard, elle était suivie du conseil municipal de Vancouver,

« pour sa complicité, son inaction de même que [pour] avoir failli à protéger ses résidents d’origine japonaise ».

Pour Greg Robinson, les blessures persistent toujours aujourd’hui, malgré la résilience des Canadiens d’origine japonaise.

« Ça a bloqué l’effort de guerre du gouvernement canadien, ça a représenté une fissure dans la société canadienne. Si les Canadiens japonais se sont refait une vie et ont contribué à bien des égards au Canada multiculturel, dit-il, le Canada s’est infligé une blessure inutile en agissant contre ses propres citoyens. »

Une mémoire à conserver

Pour les petits-enfants de ceux qui ont vécu les camps, le devoir de mémoire devient aujourd’hui plus important que jamais, à la lumière de l’élection de Donald Trump et de son décret visant les citoyens de sept pays à majorité musulmane.

Donald Watanabe travaille maintenant à recréer une association des Canadiens japonais pour souligner leur apport à la société québécoise. Si son oncle et ses deux grands-pères ne sont plus là pour partager leur histoire, celle-ci survit à travers des souvenirs de cette période. En vidant la maison de sa tante, récemment, Donald Watanabe a retrouvé des photos de cette époque dans de vieilles boîtes.

« Pour la première fois, j’ai vu mon oncle et mon grand-père dans les camps, dit-il. Pour moi c’est précieux, c’est quelque chose que je garderai avec moi pour le reste de ma vie. »

L’oncle de Donald Watanabe, Hajime Jimmy Nakawatase à l’hiver 1943-1944 près de Revelstoke, en Colombie-Britannique. Le grand-père de Donald Watanabe, Zensuke Nakawatase, était cuisinier dans les camps. Photo prise en juillet 1942 près de Hope en Colombie-Britannique.   Photo : Fournies par Donald Watanabe

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La Californie face à une multiplication d’incendies dantesques


Au Québec, nous sommes heureusement très loin de la moyenne des feux en été, ailleurs le feu est destructeur. En Californie, ça brûle fort et a plusieurs endroits. Certains sont naturels alors qu’au moins un feu est causé par un pyromane récidiviste, une horreur ! Pour plusieurs, c’est toute une vie qui part en fumée
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La Californie face à une multiplication d’incendies dantesques

 

Les pompiers luttent contre un incendie géant surnommé Blue Cut, au nord de San Bernardino, le 16 août 2016 en Californie (c) Afp

Les pompiers luttent contre un incendie géant surnommé Blue Cut, au nord de San Bernardino, le 16 août 2016 en Californie (c) Afp

Vents violents, températures caniculaires et végétation desséchée contribuent à une série d’incendies dantesques en Californie forçant des dizaines de milliers de personnes à fuir les flammes.

 

« L’activité des feux a bondi ces dernières semaines, en nombre mais aussi en dangerosité », remarque Daniel Berlant, porte-parole de Calfire, l’agence de prévention et d’information californienne sur les incendies.

Le redoutable feu de Blue Cut, dans la forêt nationale Angeles au sud de la Californie, ceux de Soberanes et Chimney au centre de cet Etat de l’ouest américain, le plus peuplé du pays, et enfin le « Clayton fire » au nord, font actuellement rage, déplaçant des communautés entières. 

Deux jours après avoir démarré pour des raisons encore inconnues, l’incendie de Blue Cut s’étendait sur 12.545 hectares et n’était maîtrisé qu’à 4%. Caractérisé par une vitesse fulgurante à cause de rafales de vent à 50 km/h, il semble « courir vers vous« , remarque Michael Lopez, porte-parole d’Inciweb, site d’information sur les incendies.

Il a placé plus de 82.500 personnes sous ordre d’évacuation obligatoire, dont tous les habitants des petites villes de Wrightwood et Lytle Creek. Jeudi 18 août au soir, une petite partie des résidents d’Hesperia, Oak Hills ou de Phelan allaient être autorisés à retourner chez eux, a indiqué le bureau du shérif de San Bernardino. Beaucoup des évacués avaient trouvé refuge chez des proches. Alors que les motels de la région sont pleins, ou ont doublé leurs prix, et que les résidents n’ont pas le droit de retourner chez eux, certains se trouvent forcés de recourir aux centres d’hébergement d’urgence. Colette Martinez, 50 ans, réfugiée avec son mari et son fils dans le centre de la Croix-Rouge installé dans le lycée Sultana à Hesperia, oscillait entre soulagement d’être en sécurité et angoisse :

« on ne sait pas si on aura une maison dans laquelle retourner », a-t-elle expliqué à l’AFP, les larmes aux yeux.

Paysages apocalyptiques

Aucun décès n’est pour l’heure à déplorer. Deux pompiers se sont retrouvés encerclés mardi par les flammes mais n’ont été que légèrement blessés. Les évaluations sur le nombre de bâtiments détruits étaient en cours. Parmi eux, le mythique motel et restaurant de l’ancienne route 66, le Summit Inn, a été totalement rasé par les flammes. Datant de 1952, il avait été rendu célèbre par des clients comme Elvis Presley. Le long de l’autoroute 138, collines et montagnes arborées ou broussailleuses ont été transformées en paysages apocalyptiques : des arbres, des voitures carbonisées, des routes couvertes de cendres, un ciel sombre traversé d’avions répandant des produits chimiques. Toute la région est enveloppée d’une épaisse fumée âcre et noire.

Près de 1.600 pompiers venus de tout le sud de la Californie combattent les flammes ou participent aux opérations d’évacuation. Plus au nord, près de Santa Barbara, un nouveau foyer, le Rey Fire, a débuté jeudi 18 août dans l’après midi et s’est propagé à une vitesse stupéfiante à 200 hectares. Encore 150 km plus haut environ, près de San Luis Obispo et de ses vignobles, le feu de Chimney avait quant à lui détruit ou abîmé 52 bâtiments, et n’était qu’au tiers maîtrisé après cinq jours. Celui de Soberanes près de la spectaculaire falaise de Big Sur a mobilisé près de 5.000 pompiers. Maîtrisé aux deux tiers, il a calciné en quatre semaines plus de 32.000 hectares et a causé la mort d’un conducteur de bulldozer.

Pyromane récidiviste

Quatre mille personnes ont également dû fuir face au Clayton Fire, causé par un pyromane arrêté par les autorités et suspecté d’être multi-récidiviste. Ce brasier près des régions viticoles de Sonoma et Napa a déjà détruit 268 bâtiments.

Depuis le début de l’année, environ 4.600 feux se sont déclarés en Californie et ont dévasté 121.000 hectares, d’après Daniel Berlant, porte-parole de Calfire, l’agence californienne de prévention et information sur les feux. 

« La saison des feux s’étend, elle dure maintenant toute l’année », constate Michael Lopez. 

Sept personnes ont perdu la vie depuis le début de l’année en Californie à cause des feux, des dizaines ont été blessées, précise Daniel Berlant, interrogé par l’AFP. 

« On approche des mille » bâtiments détruits, constate-t-il. L’an dernier avait été « particulièrement destructeur avec 2.000 habitations détruites ». M. Berlant rappelle que la saison des feux, qui dure habituellement jusqu’en octobre, est loin d’être terminée.

http://www.sciencesetavenir.fr/

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L’horaire du retour des évacués à Fort McMurray est dévoilé


Des résidents qui ont été évacués à cause du feu de forêt de Fort McMurray pourront éventuellement retourner chez eux, si les services de bases sont en fonction. Mais, dans quelle condition, ils vont retrouver leur maison ? L’eau ne sera probablement pas potable, c’est toute une organisation  qui demande beaucoup de patience, d’argent (des millions) pour retrouver une vie quelque peu normale
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L’horaire du retour des évacués à Fort McMurray est dévoilé

 

Un quartier dévasté par le feu de forêt de Fort McMurray.

Un quartier dévasté par le feu de forêt de Fort McMurray.   PHOTO : JONATHAN HAYWARD

Les résidents de Fort McMurray ont reçu de bonnes nouvelles samedi puisque les autorités municipales ont publié le calendrier pour le retour progressif dans la ville et qu’un peu de pluie est tombé sur la région.

LA PRESSE CANADIENNE

La Municipalité régionale de Wood Buffalo, qui comprend Fort McMurray, a diffusé un échéancier quartier par quartier pour les résidents de la ville du nord de l’Alberta chassés de leur domicile au début du mois de mai par un énorme incendie de forêt.

Les habitants de Lower Townsite, Anzac, Gregoire Lake Estates et de la Première Nation 468 de Fort McMurray seront les premiers à rentrer chez eux le 1er juin.

Le retour dans les quartiers Parsons Creek, Stone Creek, Timberlea, Eagle Ridge et Dickinsfield est prévu pour le 2 juin.

Les résidents des quartiers Thickwood, Wood Buffalo, Gregoire, Prairie Creek et Saprae Creek Estates pourront retourner à Fort McMurray le 3 juin.

Le retour des résidents des quartiers Waterways, Abasand, Beacon Hill, Grayling Terrace et Draper se fera le 4 juin.

« La Municipalité régionale de Wood Buffalo travaillera fort durant les jours et les semaines à venir afin de rétablir les services pour les résidents », peut-on lire dans le communiqué.

Nous avons hâte de vous accueillir et nous apprécions votre résilience et votre patience. Communiqué de la municipalité régionale de Wood Buffalo

Les températures plus basses et le taux d’humidité plus élevé des derniers jours ont aidé les pompiers à contenir l’imposant incendie de 5000 kilomètres carrés. Vendredi soir, les avis d’évacuation pour les installations de l’industrie pétrolière au nord de Fort McMurray avaient été levés.

Dans un communiqué, les autorités municipales ont prévenu que les dates annoncées n’étaient pas définitives et que le retour progressif visait à assurer la sécurité des résidents ainsi que leur accès aux services essentiels.

La province de l’Alberta a annoncé que le retour à Fort McMurray se fera seulement si le feu ne menace plus la ville, que les infrastructures essentielles, comme l’hôpital, sont réparées et puissent offrir un service de base, que les services d’urgence, comme les pompiers, la police et le 911 sont remis en service, que les zones dangereuses sont sécurisées et que le gouvernement local est rétabli.

Dans un message publié sur Twitter, le gouvernement provincial a signalé que les travailleurs de l’industrie pétrolière souhaitant retourner dans les installations au nord de la ville pouvaient emprunter l’autoroute 63, qui traverse Fort McMurray, mais qu’ils n’avaient pas le droit de s’arrêter dans la municipalité et qu’ils ne pourraient pas acheter de l’essence après avoir passé Wandering River, à environ 200 kilomètres au sud de la cité.

Selon Environnement Canada, la région pourrait recevoir encore de la pluie dimanche.

Vendredi, Chad Morrison, un haut responsable du service de gestion des incendies de forêt de l’Alberta, avait affirmé que la province prévoyait déployer 1000 pompiers additionnels au cours des deux prochaines semaines, en plus des 1100 déjà présents sur le terrain.

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