Le Saviez-Vous ► Les Hollandais à la conquête des mers au XVIIe siècle


Aujourd’hui, aller en mer vers aux 4 coins du monde demande des connaissances multiples dont la géographie. Ces cartes ne sont pas faites par avions ou GPS, mais par des explorateurs qui sont partis à la conquête du nouveau-monde. Au XVIIe siècle, c’est les Hollandais qui sont passé maître en cartographie. Ils ont surpasser tous les atlas du temps et en plus, ils ont traduit le tout en plusieurs langues. Ils ont aussi profité pour conquérir divers domaines comme le commerce …
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Les Hollandais à la conquête des mers au XVIIe siècle



Isabelle Bernier
Historienne

Au XVIIe siècle, les Hollandais règnent sur la quasi-totalité des mers. La vocation maritime et commerciale des Provinces-Unies résulte en grande partie de sa lutte contre l’Espagne. Les navigateurs hollandais commencent par visiter les mers froides délaissées par les Espagnols, puis la fermeture du port de Lisbonne à leurs navires en 1580 les incitent à se lancer vers l’océan Indien sur la route des épices. C’est la naissance d’un vaste empire commercial hollandais au détriment des Portugais, avec l’aide involontaire des Anglais qui ont anéanti l’Invincible Armada espagnole en 1588.

Le Spitzberg (en mer de Barents) est découvert en 1596 par le Hollandais Willem Barents, qui cherche le passage du nord-est atlantique et arctique vers la Chine et les Indes, découverte pour laquelle les Provinces-Unies ont promis une forte prime. Il tente de passer par le nord de la Nouvelle-Zemble, mais la navigation dans les glaces est désastreuse pour des marins mal équipés. Obligé d’hiverner à 76° de latitude nord, Barents veut rejoindre le continent mais périt avec la majorité de son équipage. Vers 1875, un navire norvégien découvre sur la côte orientale de la Nouvelle-Zemble, un abri et des objets utilisés par Barents et ses marins.

Tableau décrivant la mort de Willem Barents le 20 juin 1597 en Nouvelle-Zemble, par Christiaan Portman en 1836. National Maritime Museum, Greenwich, Londres. © Wikimedia Commons, domaine public

Tableau décrivant la mort de Willem Barents le 20 juin 1597 en Nouvelle-Zemble, par Christiaan Portman en 1836. National Maritime Museum, Greenwich, Londres. © Wikimedia Commons, domaine public

Une cartographie abondante et de plus en plus complète

La maîtrise des mers par les navigateurs hollandais, va de pair avec le développement de leur superbe cartographie nautique. Contrairement à l’Angleterre et la France, cette cartographie n’est pas monopolisée par les commanditaires, en l’occurrence les Compagnie des Indes. Les cartographes mettent librement en vente une grande quantité de guides, cartes marines et atlas qui décrivent progressivement toutes les mers du globe. Présentes sur les murs de tous les intérieurs aisés tels que les dépeignent les tableaux de Vermeer, les cartes marines animent la vie quotidienne des Hollandais.

Tableau L'art de la peinture par Johannes Vermeer en 1666-1667. Musée des Beaux-Arts, Vienne, Autriche. © Wikimedia Commons, domaine public

Tableau L’art de la peinture par Johannes Vermeer en 1666-1667. Musée des Beaux-Arts, Vienne, Autriche. © Wikimedia Commons, domaine public

L’édition hollandaise étend son hégémonie à l’Europe entière : les grands éditeurs d’Amsterdam au XVIIe siècle, sont les Blaeu père et fils : ils possèdent la plus importante imprimerie d’Europe et apportent des améliorations notables aux techniques d’impression. Ils sont les cartographes attitrés de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (la VOC) et malgré leur devoir de réserve vis-à-vis de la Compagnie, ils inondent le marché international de cartes et d’atlas traduits notamment en anglais et en français. L’Atlas Major de Jan Blaeu (600 cartes et plus de 3.000 pages), est l’ouvrage le plus cher de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Il est disponible en édition latine, néerlandaise, française, anglaise et espagnole ; la bibliothèque de l’Université d’Amsterdam abrite actuellement l’exemplaire ayant appartenu à Colbert.

Page de titre de l'Atlas Novus (qui donnera l'Atlas Major en 1665) par Willem et Johannes Blaeu, imprimé à Amsterdam en 1645. Bibliothèque de l'Université de Californie (UCLA), Los Angeles, USA. © Wikimedia Commons, domaine public.

Page de titre de l’Atlas Novus (qui donnera l’Atlas Major en 1665) par Willem et Johannes Blaeu, imprimé à Amsterdam en 1645. Bibliothèque de l’Université de Californie (UCLA), Los Angeles, USA. © Wikimedia Commons, domaine public.

Les marins hollandais sont les plus aguerris d’Europe

Dès 1600, Amsterdam a supplanté Anvers comme premier port d’Europe : les entrepôts de la Compagnie des Indes orientales y regorgent de tissus exotiques (soie et coton), de porcelaines, d’épices, de thé, de café et de tabac, et les chantiers navals occupent des milliers d’artisans.

Que ce soit pour la pêche, la navigation lointaine ou la guerre navale, la marine hollandaise est sans équivalent : avec 6.000 navires et plusieurs dizaines de milliers d’hommes d’équipage, elle équivaut à l’ensemble des autres flottes européennes. Dès la fin du XVIe siècle, les chantiers navals hollandais conçoivent un navire de commerce performant et économique, la flûte, capable de manœuvrer avec de plus faibles effectifs que les bâtiments de même tonnage.

Les Néerlandais sont réputés pour être des marins aguerris : ils sont accoutumés aux mers difficiles car leur apprentissage se fait en mer du Nord. Mais la population hollandaise ne suffit pas à équiper les navires, surtout ceux de la Compagnie des Indes Orientales : environ la moitié des matelots arrive d’Allemagne et des pays scandinaves.

Navire marchand hollandais ou flûte, par Wenceslaus Hollar, XVIIe siècle. Fonds Thomas Fisher, livres rares, bibliothèque de l'Université de Toronto, Canada. © Wikimedia Commons, domaine public

Navire marchand hollandais ou flûte, par Wenceslaus Hollar, XVIIe siècle. Fonds Thomas Fisher, livres rares, bibliothèque de l’Université de Toronto, Canada. © Wikimedia Commons, domaine public

De nouvelles routes maritimes

La route maritime suivie par les navires hollandais dans l’océan Indien, améliore l’itinéraire inauguré par les Portugais en raccourcissant le voyage de six mois. Dans l’Atlantique, ils gagnent la zone des alizés de nord-est, s’approchent des côtes brésiliennes, puis changent de cap et retraversent l’océan vers le sud-est, en direction du Cap de Bonne-Espérance. Autour de la zone du Cap, les navires sont souvent secoués par de violentes tempêtes venues du nord-est. C’est ainsi que l’explorateur néerlandais Hendrik Brouwer découvre en 1610, une nouvelle route qui évite le long trajet de l’île Maurice à l’Inde, en cinglant droit vers l’est à la hauteur du Cap. Bien au large de l’actuelle Australie, il met le cap vers le nord et rejoint l’île de Java.

Le retour s’effectue par le nord de l’océan Indien, sans escale en Inde. Les navires se ravitaillent au Cap qui sert d’escale à de nombreuses flottes. Au milieu du XVIIe siècle, des colons hollandais s’y installent, rejoints après 1685, par des huguenots français chassés par la Révocation de l’Édit de Nantes. Au XVIIIe siècle, le Cap et ses 15.000 habitants est la plus grosse colonie européenne du continent africain.

Navire de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales croisant au large du Cap de Bonne-Espérance, anonyme, 1762. William Fehr Collection, château de Bonne-Espérance, Le Cap, Afrique du Sud. © Wikimedia Commons, domaine public.

Navire de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales croisant au large du Cap de Bonne-Espérance, anonyme, 1762. William Fehr Collection, château de Bonne-Espérance, Le Cap, Afrique du Sud. © Wikimedia Commons, domaine public.

La naissance de l’empire commercial des Indes néerlandaises

Les Hollandais se taillent aux Indes Orientales (Sumatra, Java, Bornéo, Timor, Macassar et Moluques) un puissant empire maritime fondé sur le monopole du commerce des épices. Pour cela, ils ont évincé les Portugais qui les avaient précédés au XVIe siècle, dans les océans Indien et Pacifique. En 1602 est créée la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales ou Vereenigde Oostindische Compagnie, plus connue sous le sigle VOC. Le navigateur hollandais Linschoten publie un traité contenant des instructions nautiques sur le voyage en Orient : traduit en français, en allemand et en anglais, le Routier de Linschoten acquiert une notoriété immense auprès des marins d’Europe du Nord et devient la bible des capitaines de navires marchands pendant tout le XVIIe siècle.

Page de titre du Grand Routier de Mer de Jan Huyghen Van Linschoten, imprimé en français à Amsterdam en 1638. Bibliothèque nationale de France. © Gallica, BNF

Page de titre du Grand Routier de Mer de Jan Huyghen Van Linschoten, imprimé en français à Amsterdam en 1638. Bibliothèque nationale de France. © Gallica, BNF

La VOC va entretenir une flotte de 200 navires et plus de 10.000 agents aux Indes Orientales : elle détient le monopole de tout le commerce à l’est du cap de Bonne-Espérance et à l’ouest du détroit de Magellan, avec le droit de faire la guerre, de fonder des comptoirs, de traiter avec les souverains locaux, de rendre la justice et de battre monnaie — ce sont des droits régaliens.

Sa maîtrise de la cartographie est totale : elle possède son bureau hydrographique dirigé par un cartographe attitré, lié par le secret. Ses dessinateurs reproduisent des cartes réservées à l’usage exclusif des navigateurs de la VOC. Pour les régions trop peu connues, les capitaines reçoivent à leur départ des cartes vierges sur lesquelles figurent seulement les lignes de rhumbs (mesures d’angles délimitées par deux directions du vent). Ainsi, les archives royales de La Haye conservent des séries de cartes sur lesquelles les côtes d’Australie apparaissent au fur et à mesure de leur découverte au XVIIe siècle.

Carte de L'Archipel oriental ou asiatique, par Johannes Blaeu en 1659. Catalogue Sotheby's 2017. © Wikimedia Commons, domaine public

Carte de L’Archipel oriental ou asiatique, par Johannes Blaeu en 1659. Catalogue Sotheby’s 2017. © Wikimedia Commons, domaine public

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La moitié des espèces d’arbres euro­péens sont main­te­nant en voie d’ex­tinc­tion


Alors qu’on sait qu’il est important de planter beaucoup d’arbres partout sur la Terre, l’Europe est en train de perdre 42 % le nombre d’espèces d’arbres qui sont en voie d’extinction, ainsi que 58 % des plantes endémiques sont aussi en difficultés.. Les causes sont bien sûr les maladies, parasites, les plantes envahissantes mais aussi la déforestation et l’exploitation forestière non-durable en plus des feux de forêts.
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La moitié des espèces d’arbres euro­péens sont main­te­nant en voie d’ex­tinc­tion


Une forêt finlan­daise
Crédits : Niilo Isotalo

par  Nicolas Pujos

L’Union inter­na­tio­nale pour la conser­va­tion de la nature (UICN) vient de publier un rapport qui évalue à 42 % le nombre d’es­pèces d’arbres euro­péens qui sont en voie d’ex­tinc­tion, comme le rappor­tait la BBC vendredi 27 septembre.

En plus du pour­cen­tage effroya­ble­ment élevé d’es­pèces d’arbres euro­péens en voie d’ex­tinc­tion, le rapport pointe égale­ment le fait que 58 % des plantes endé­miques, c’est-à-dire qui n’existent nulle part ailleurs sur Terre, sont aussi mena­cées.

Pour Greg Hilton-Taylor, cher­cheur au sein de l’UICN, ces résul­tats sont on ne peut plus alar­mants.

« Les arbres sont essen­tiels à la vie sur Terre et les arbres euro­péens, dans toute leur diver­sité, consti­tuent une source de nour­ri­ture et un abri pour d’in­nom­brables espèces animales telles que les oiseaux et les écureuils », assure-t-il.

Les causes de cette tragé­die sont nombreuses, clai­re­ment iden­ti­fiées et souvent d’ori­gine humaine : les para­sites et les mala­dies, la concur­rence des plantes enva­his­santes, la défo­res­ta­tion, l’ex­ploi­ta­tion fores­tière non-durable, les chan­ge­ments dans l’uti­li­sa­tion des terres et les feux de forêts

Pour Luc Bas, direc­teur du bureau régio­nal euro­péen de l’UICN, « ce rapport montre à quel point la situa­tion est catas­tro­phique pour de nombreuses espèces sous-esti­mées et sous-évaluées, qui consti­tuent l’épine dorsale des écosys­tèmes euro­péens et contri­buent à la santé de la planète ».

Source : BBC

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Le Saviez-Vous ► Les traces discrètes de l’esclavage en France


Après avoir parlé de l’esclavage aux États-Unis (le passé d’Angela et l’épave du dernier négrier américain) et au Canada (Des traces de l’esclavage). Nous voilà en Europe, des pays on profiter de cette manne avec la vente d’esclave en provenance d’Afrique. Nous sommes en France, plus précisément à Nantes. Il semble en effet que cette ville soit plus ouverte pour parler de l’esclavage, même si l’histoire demeure discrète.
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Les traces discrètes de l’esclavage en France

Dieudonné Boutrin regarde une maquette d'un navire négrier.

Dieudonné Boutrin, descendant d’un esclave martiniquais, souhaite bâtir une grande réplique d’un bateau négrier à des fins éducatives.

PHOTO : RADIO-CANADA / YANIK DUMONT BARON

Yanik Dumont Baron

2019-08-27 | Mis à jour hier à 7 h 41

Il y a 400 ans, les premiers esclaves africains débarquaient sur les côtes américaines. Des expéditions financées par des Européens, qui en ont aussi tiré de riches profits. Un passé peu discuté aujourd’hui sur le Vieux Continent, même s’il en demeure des traces bien visibles pour celui qui sait où regarder.

Barbara Chiron dirige un organisme de sensibilisation à l’histoire de la traite transatlantique. Sur les murs du centre-ville de Nantes, elle voit beaucoup de traces de son passé négrier : des visages sculptés dans la pierre, des inscriptions, des symboles maritimes.

La jeune femme montre du doigt la façade d’un de ces grands édifices. Il s’agit d’un de ces imposants bâtiments qui donnent une allure prestigieuse à la ville portuaire, jadis plus important port de traite de France.

Là, on a une très belle figure d’une personne africaine, qu’on reconnaît avec ses boucles d’oreilles, ses boules et ses cheveux crépus. Barbara Chiron, directrice de l’organisme Les anneaux de la mémoire

Une tête sculptée dans la pierre incrustée au-dessus d'une fenêtre.

La façade d’un édifice au centre-ville de Nantes affichant une tête d’esclave sur une corniche.

PHOTO : RADIO-CANADA / YANIK DUMONT BARON

Ces choses-là […] disaient quelque chose aux gens qui arrivaient. Voilà, vous arrivez dans une ville qui fait du commerce, vous entrez dans une ville internationale. Vous entrez dans une ville faste!, précise Barbara Chiron.

En empruntant une rue portant le nom de l’un de ces armateurs nantais dont la fortune reposait en partie sur l’esclavage, Barbara Chiron se rappelle des paroles d’un abolitionniste français du XVIIIe siècle.

Il y a une expression de l’abbé Grégoire qui disait que l’argent sanglant des mers se lavait à Nantes dans la beauté.

Du doigt, elle montre un autre de ces édifices construits avec les profits du commerce de la mer. Bâti sur la sueur des esclaves africains envoyés dans les colonies françaises d’Amérique.

Les murs de ce bâtiment sont hauts, blancs. Propres. Les fenêtres et les portes sont nombreuses. Les balcons sont noirs. Faits d’un délicat fer forgé, fabriqué dans la région, précise Barbara Chiron, avec du fer qui servait à la fois pour faire des balcons et à la fois pour les fers des esclaves.

Des mêmes forges sont en effet sortis les fers qui ont emprisonné les Africains et ceux qui ornent les balcons nantais. Une ironie de l’histoire qui passe inaperçue pour celui qui ne sait pas.

Une traite qui était bien payante

Nantes est la ville française qui discute le plus ouvertement de son passé d’esclavagiste. Davantage que Bordeaux, La Rochelle ou Le Havre, d’autres ports dont l’économie a longtemps été liée à la traite des Noirs.

À Nantes, le passé est assez bien détaillé dans son musée d’histoire. La directrice scientifique, Krystel Gualdé, tire une certaine fierté d’une grande aquarelle d’époque contenant le détail des transactions pour acquérir des esclaves en Afrique.

Sur ce plan, des esclaves entassés dans une cale, sur un autre étage, des marchandises sont alignées.

Un plan détaillé d’un négrier exposé à Nantes.

PHOTO : RADIO-CANADA / YANIK DUMONT BARON

Le navire La Marie Séraphique est dépeint sur l’eau, de côté. Quatre dessins montrent, de haut, les différents étages du navire avec leurs cargaisons respectives.

Celui représentant l’entrepont montre bien à quel point les esclaves étaient entassés, cordés lors de la traversée

Des conditions encore plus inouïes que ce que les historiens avaient imaginé.

Au bas de l’aquarelle, une comptabilité bien minutieuse qui donne froid dans le dos : une liste précise des objets embarqués à bord, puis échangés contre des esclaves.

Le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants africains est aussi listé : 184 hommes, 58 femmes, 47 garçons, 9 fillettes. Puis une autre colonne : morts à déduire.

Ce sont les gens qui n’ont pas survécu à la traversée, explique Krystel Gualdé.

Un exercice comptable légitime en 1769, mais qui paraît aujourd’hui morbide et inhumain.

Une comptabilité qui rappelle aussi que la traite négrière n’était qu’une facette d’un grand commerce triangulaire duquel l’Europe a tiré d’importants profits.

Krystel Gualdé devant une toile illustrant une femme qui se fait servir par une domestique noire.

Krystel Gualdé, directrice scientifique du Musée d’histoire de Nantes

PHOTO : RADIO-CANADA / YANIK DUMONT BARON

Dans ce commerce, les Africains tenus en esclavage dans les Amériques fournissaient aussi à très bas coût une matière première, comme le sucre ou le café, qui était rapportée en Europe pour être transformée et vendue à fort prix.

C’est l’appât du gain, rappelle Krystel Gualdé, du gain rapide. C’est ce goût-là qui fait que la traite négrière et l’esclavage vont se développer.

Et enrichir des nations comme la France, le Portugal et l’Angleterre.

Un passé trop caché?

La plupart des touristes qui passent par Nantes ne voient probablement qu’une version bien plus abrégée de l’histoire négrière de la cité. Une histoire qui défile sous leurs pas, le long de la Loire.

Le mémorial a été construit près du site où étaient livrés les esclaves au port de Nantes.

Accès au Mémorial de l’abolition de l’esclavage créé par Krzysztof Wodiczko et l’architecte Julian Bonder.

PHOTO : REUTERS / STEPHANE MAHE

Cette histoire s’inscrit d’abord sur le sol d’une promenade. On y retrouve 1744 plaques de verre réparties sur plusieurs centaines de mètres. Sur chaque plaquette, le nom d’un navire qui a quitté Nantes pour mener une expédition négrière.

La promenade mène vers un mémorial sous-terrain dédié à l’abolition de l’esclavage. Une structure de béton invitant à la réflexion. L’endroit est beau, bien fait. Et discret.

À Nantes, ils sont plusieurs à croire que ce n’est pas assez. Barbara Chiron, par exemple, croit que la France devrait s’intéresser davantage aux répercussions actuelles de la traite négrière d’il y a 400 ans.

À ses yeux, la distance d’avec les anciennes colonies efface l’urgence d’agir.

 Ça se voit plus quand on habite les États-Unis, parce qu’on côtoie les anciens esclaves, alors qu’en France métropolitaine […] on ne peut pas le palper, on ne peut pas le toucher.

Un passé à mieux détailler dans les livres d’histoire

Dieudonné Boutrin, lui, veut aussi que les Français parlent davantage de leur passé d’esclavagiste. Qu’ils se mettent davantage dans la peau de ces Africains embarqués de force, transformés en machine à produire des richesses.

Cet après-midi, il regarde fièrement un grand conteneur bleu installé dans une zone industrielle de Nantes. Une pièce importante d’un rêve qu’il caresse depuis des années.

Ce descendant d’esclaves martiniquais souhaite bâtir une grande réplique d’un bateau négrier. Un navire qui voyagerait en pièces dans des conteneurs. Une embarcation éducative qu’il pourrait déplacer pour éduquer, sensibiliser.

On utilise le bateau comme symbole, comme caisse à outils, explique-t-il. Les gens pourront mieux comprendre le mécanisme de l’esclavage, le côté business de l’esclavage.

Dieudonné Boutrin peine à trouver le financement pour son projet. Des difficultés qu’il attribue à un désir de ne pas trop parler d’une partie bien compliquée de son histoire.

Napoléon Bonaparte, il a rétabli l’esclavage. C’est un héros pour tout le monde en France. Mais pour les Guadeloupéens, c’est un assassin!  Dieudonné Boutrin

Je ne suis pas là pour faire le procès de Bonaparte, mais je dis, c’est l’histoire de France. Nous pouvons regarder le passé en face.

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Climat: les canicules seront plus longues, prévient une étude


On prend de plus en plus conscience des changements climatiques avec ses inondations, sécheresse, vague de chaleur. Cela n’ira pas en s’améliorant surtout si nous ne faisons pas de geste concret pour diminuer l’impact. Si nous ne le faisons pas pour nous, pensons à nos enfants et ceux qui suivront.
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Climat: les canicules seront plus longues, prévient une étude

PHOTO DMITRI LOVETSKY, ASSOCIATED PRESS

Selon l’étude, dans un monde à +2 °C, la probabilité de canicules de plus de deux semaines devrait augmenter de 4 % en moyenne, avec des risques encore plus importants dans le Nord de l’Asie, le centre de l’Europe et l’est de l’Amérique du Nord.

(Paris) Canicules, sécheresses, pluies… Déjà plus intenses et plus fréquents, les extrêmes météo des étés de l’hémisphère Nord vont aussi durer plus longtemps, même avec un réchauffement de la planète limité à +2 °C, selon une étude publiée lundi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

« Les événements météorologiques extrêmes sont généralement analysés en terme d’intensité et de fréquence, mais c’est souvent leur persistance qui provoque les effets les plus graves », notamment sur la santé humaine et sur l’agriculture, souligne cette étude parue dans la revue Nature Climate Change.

Les chercheurs se sont donc penché sur les risques que ces périodes de vagues de chaleur ou de précipitations s’allongent, notamment dans les zones tempérées de l’hémisphère Nord.

« Si le monde se réchauffe de 2 °C par rapport aux niveaux pré-industriels, nous pourrions voir un changement majeur des conditions météo d’été », a commenté dans un communiqué Peter Pfleiderer, du centre de recherche Climate Analytics.

Selon l’étude, dans un monde à +2 °C, la probabilité de canicules de plus de deux semaines devrait augmenter de 4 % en moyenne, avec des risques encore plus importants dans le Nord de l’Asie, le centre de l’Europe et l’est de l’Amérique du Nord.

La probabilité de persistance de périodes à la fois chaudes et sèches est similaire, mais avec des pics régionaux importants, jusqu’à 20 % dans l’est de l’Amérique du Nord.

Les risques d’une période de sept jours de précipitations importantes augmentent eux de 26 %, faisant peser des menaces d’inondations.

« Nous pouvons prévoir des impacts de plus en plus importants des événements météo extrêmes pendant l’été, mais nos recherches montrent qu’en limitant le réchauffement à 1,5 °C, comme prévu dans l’Accord de Paris sur le climat, les réduiraient considérablement », a noté dans un communiqué Carl-Friedrich Schleussner, de Climate Analytics.

« Ayant à l’esprit le fait qu’avec le rythme actuel de réductions des émissions [de gaz à effet de serre], le monde se dirige vers 3 °C, notre étude souligne le besoin urgent d’action », a-t-il ajouté.

L’accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement à +2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, voire à +1,5 °C. 

Mais le monde s’est déjà réchauffé de +1 °C, entraînant déjà une augmentation des canicules, sécheresses ou tempêtes. Et les signes d’une persistance plus longue de ces événements sont déjà là, note l’étude.

Par exemple, l’Europe a vécu en 2018 une période chaude et sèche particulièrement longue, d’avril à septembre, interrompue par de brèves périodes de rafraichissement et de pluie, entrainant notamment une baisse des récoltes de blé en Allemagne de 15 %, selon les chercheurs.

Et au printemps 2016, trois périodes rapprochées de plusieurs jours consécutifs de pluies avaient contribué au débordement de la Seine à Paris. 

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Au Groenland, 11 milliards de tonnes de glace ont fondu en un jour


La calotte glacière fond a vu d’oeil, cette fonte de 11 milliards de tonnes de glace en une seule journée soit jeudi, c’est comme 4,4 millions de piscines olympiques. Il est probable que la canicule qui a frappé l’Europe et les incendies en Sibérie soit relier à cette fonte qui arrive plutôt cette année.
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Au Groenland, 11 milliards de tonnes de glace ont fondu en un jour


L’équivalent de 4,4 millions de piscines olympiques s’est déversé dans l’océan.

CLIMAT – Un chiffre désolant et effrayant. La calotte glacière du Groenland a perdu près de onze milliards de tonnes de glace en une seule journée, ce jeudi 1er août. Cette masse, qui équivaut à 4,4 millions de piscines olympiques, selon CNN, s’est déversée dans l’océan. Après des mois de températures records, cette fonte a été la plus importante. 

Selon Ruth Mottram, scientifique en climatologie à l’Institut météorologique danois citée par CNN vendredi, la calotte a fondu “de manière persistante” au cours des quatre derniers mois, enregistrant ainsi des températures record. D’habitude, elle fond en été mais commence ce processus à la fin du mois de mai. Cette année elle a commencé au début du mois. 

Les scientifiques ont enregistré jeudi des températures -non confirmées pour le moment- de 2,7 °C à 3000 mètres d’altitude, un niveau qui serait proche d’un nouveau record si elles étaient confirmées.

La canicule qui a touché l’Europe la semaine dernière ainsi que les incendies sans précédent qui frappent actuellement la Sibérie sont évoqués pour expliquer cette situation alarmante.

À noter que le point culminant de la calotte glaciaire du Groenland (3200 mètres) a également été touché mercredi 30 juillet. Cela n’est arrivé que neuf fois en 2000 ans, dont deux dans la dernière décennie, note Le Parisien. 

https://www.huffingtonpost.fr/

Les premières violences entre êtres humains remonteraient à 30.000 ans


Est-ce le premier meurtre de l’humanité ? Peut-être pas, mais il serait le premier meurtre découvert en Europe, il y a 30.000 ans avant JC. C’est grâce à la technologie d’aujourd’hui que les paléontologues peuvent affirmer que cet homme en Transylvanie en Roumanie a subit des violences mortelles.
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Les premières violences entre êtres humains remonteraient à 30.000 ans


Julien Hernandez
Rédacteur scientifique

Grâce à de nouvelles analyses d’un fossile de crâne dépourvu de mandibule, découvert en 1941 en Transylvanie du Sud (Roumanie) dans la grotte Pestera Cioclovina, des chercheurs pensent que le premier meurtre de la civilisation européenne remonte à 30.000 ans avant notre ère.

Les violences interpersonnelles et les guerres sont inhérentes à l’histoire de l’Humanité. Le contexte archéologique du crâne retrouvé en 1941 est toujours mal connu des scientifiques mais ce dernier – appelé Cioclovina calvaria -constitue un des plus anciens fossiles d’humains européens et l’un des mieux préservés. Ce crâne, c’est celui d’un homme que l’on a cru auparavant être une femme. Son sexe vient d’être officiellement confirmé il y a peu, grâce à sa morphologie osseuse ainsi que l’analyse de son ADN. 

Des analyses plus poussées

Des descriptions antérieures font état, grâce à l’observation de deux cicatrices guéries, d’un traumatisme qui aurait eu lieu avant la mort de cet individu au niveau du front. Cependant, la cause d’une large fracture sur le fossile était encore discutée au sein de la communauté scientifique.

Le saviez-vous ?

Chez les primates non-humains, on retrouve aussi beaucoup de violences et de meurtres après cette période du paléolithique supérieur.

Après que certains chercheurs ont émis l’hypothèse d’un coup qui aurait causé la mort, un paléontologue allemand, un chercheur en géologie roumain et un spécialiste des sciences médico-légales britannique ont décidé de réévaluer ce traumatisme à l’aide d’une inspection visuelle, d’une tomographie par ordinateur – une technique d’imagerie médicale – et d’une simulation expérimentale du même traumatisme associée à une comparaison médicale. Grâce à cet arsenal, les scientifiques affirment que la preuve est irréfutable : ce fossile est bien la trace des premières violences entre personnes, voire du premier meurtre, au sein de la période du paléolithique supérieur en Europe. 

L'homme de Cioclovina est la trace du premier meurtre au sein du paléolithique supérieur en Europe. © Chris J Mitchell, Pexels

L’homme de Cioclovina est la trace du premier meurtre au sein du paléolithique supérieur en Europe. © Chris J Mitchell, Pexels

Pourquoi la violence est-elle apparue ici ?

Les investigateurs considèrent que cet homicide a été commis parallèlement à l’avènement des « industries » osseuses et lithiques. Ce n’est peut-être donc pas les rapports sociaux qui sont la cause de ces violences, mais une révolution technologique de l’époque qui aurait permis aux premiers Homo sapiens de fabriquer des armes pour prendre le dessus sur leurs semblables. Des violences qui n’étonnent guère les auteurs de l’étude puisque l’on en retrouve nombre de traces dans toutes les périodes ultérieures telles que l’Antiquité.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Cioclovina calvaria a été découvert en 1941 dans une grotte en Roumanie.

  • Jusqu’à présent les scientifiques peinaient à définir la date des blessures et la cause de la mort.

  • Il semblerait, sans doute possible, que ce soit le premier meurtre de l’histoire du paléolithique supérieur en Europe.

https://www.futura-sciences.com

Ce photo­graphe docu­mente la vie palpi­tante des souris naines


Les souris naines sont un rongeur d’Europe, leur longueur de vie est environ 3 ans et pèse à peine  6 grammes. Elles sont magnifiques.
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Ce photo­graphe docu­mente la vie palpi­tante des souris naines


Crédits : Dean Mason / Windows on Wild­life

par  Suzanne Jovet

La souris naine est le plus petit rongeur d’Eu­rope. Même si elle dépasse rare­ment les 3 ans et les six grammes, sa vie est remplie d’aven­tures, montre le photo­graphe Dean Mason.

Sur ses clichés, on peut notam­ment la voir utili­ser sa queue préhen­sile en l’en­rou­lant autour des tiges pour se dépla­cer. C’est le seul mammi­fère à pouvoir le faire

Dean Mason est un photo­graphe spécia­lisé dans la faune et la flore depuis près de 20 ans. Cet Anglais de 53 ans soigne son anxiété en passant beau­coup de temps au plein air. C’est ainsi qu’il est tombé amou­reux des souris naines, une passion rare.

Dean Mason et sa femme ont créé des ateliers bapti­sés Windows on Wild­life, qui offrent la possi­bi­lité à de nombreux photo­graphes d’im­mor­ta­li­ser les souris naines élevées par le couple.

 « Photo­gra­phier des souris naines est fasci­nant. Elles peuvent être incroya­ble­ment rapides et consti­tuer un défi pour les photo­graphes », indique Dean.

Crédits : Dean Mason / Windows on Wild­lifeCrédits : Dean Mason / Windows on Wild­life

Source : Windows on Wild­life


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