En demande-t-on trop à son chien ?


    Avoir un chien demande une réflexion importante de ce que nous attendons d’un chien et d’être apte a répondre a ses besoins physiques et psychologiques. Malheureusement, nombre de personne ne prennent pas le temps d’y penser vraiment. Un chien est un animal social et le laisser des heures seul n’est pas pour un chien. Qu’il doit répondre à tous les ordres sans s’occuper de ses besoins n’est pas digne d’un maitre et encore bien des aspects qu’il est important à réfléchir avant d’adopter un chien
    Nuage

     

    En demande-t-on trop à son chien ?

    chien triste

    Voici une question philosophique intéressante, et particulièrement complexe. On se positionne souvent par rapport au ressenti de l’animal, son bien-être, mais du point de vue d’un humain.

    Qu’en est-il réellement pour le chien ? S’adapter à un mode de vie humain n’est-il pas trop exigent par rapport à ses besoins naturels ? 

    Le chien est un animal social. En terme éthologique, cela signifie que son espèce a tendance à constituer des groupes qui vivent ensemble : il est donc très compétent pour s’adapter à d’autres individus. Ce qui rend le chien si exceptionnel, c’est qu’en plus, il peut développer ce type de relation avec d’autres espèces, comme c’est le cas avec l’homme depuis sa domestication, c’est-à-dire environ 10.000 ans !

    Donc le chien est très compétent pour adapter son comportement en fonction de l’humain avec qui il vit. L’adage dit « le chien lèche la main qui le frappe », cela signifie qu’il n’est pas rancunier, et peut même vivre dans un état de résignation sociale assez rapidement. Mais on ne se rend pas toujours compte de l’effort que fait le chien, par rapport à ses besoins naturels.

    1. Lui demander de rester seul 

    D’une manière générale, le chien, en tant qu’animal social, a besoin avant tout de présence autour de lui, et d’interactions (et il apprécie le contact physique, contrairement au chat). Le jeu social, qu’il a avec des congénères, ou des humains, peut occuper une part non négligeable de sa journée. C’est la première limite à s’imposer : on demande souvent à son chien de rester seul trop longtemps. Et ce n’est clairement pas un facteur de bien-être pour lui : anxiété, frustration, défaut d’activité… les conséquences néfastes sont variables d’un chien à l’autre (de l’absence de conséquence à des troubles comportementaux majeurs…).

    Tout futur propriétaire de chien se doit de se poser cette question en premier : a-t-il le temps et l’énergie pour fournir au chien les heures d’activité et d’attention qu’il demande, et ce pendant 15 ans ? Trop de personnes réalisent après coup le travail que représente un animal, et cela nuit à leur relation, et au bien-être du chien.

    Au final, il est donc difficile de donner trop d’attention à son chien. C’est plutôt nous qui n’arrivons pas à satisfaire ses besoins. Ce qu’on lui demande en trop, c’est de s’adapter à notre mode de vie mouvementé. Et dans ce cadre-là, il y a d’autres difficultés qui sont discutables.

    chien couverture

    2. Lui demander de faire ses besoins dehors

    L’apprentissage de la propreté est un bel exemple. Il s’agit, pour le chien, d’apprendre à éliminer à l’extérieur du domicile. Or, si l’humain a une belle notion de la propriété et des limites entre « l’intérieur » et « l’extérieur », ces notions sont étrangères au chien. Il faut donc lui apprendre à faire dans un emplacement plutôt favorable pour lui (avec une récompense par exemple), que le chien va délimiter selon ses critères. Et c’est la grosse difficulté : il faut pour cela que son maître soit clair et précis dans son éducation.

    Je vais illustrer avec un cas pratique : pendant des années, on recommandait d’utiliser un journal pour inciter le chiot à faire dessus, et ensuite lui apprendre à faire dehors. On demandait donc au chien d’apprendre à faire sur le journal, puis ensuite le journal devenait interdit : cette logique pouvait heurter le chien, qui ne comprend pas pourquoi un jour il est récompensé sur le journal, et pas le lendemain. Il est bien plus cohérent d’apprendre au chien à s’exécuter dehors directement (avec des renforcements positifs, par exemple).

    Gardez donc à l’esprit que le chien n’a pas la notion de propreté, et qu’il apprendra juste une habitude (faire sur l’herbe, dans le caniveau, pendant la balade…) qui en soit, ne correspond à aucun de ses comportements naturels d’élimination.

    3. Lui demander d’être d’un trop grand soutien

    Donc ce qu’on peut affirmer, c’est qu’on pèche souvent par incompréhension vis-à-vis du chien, en lui demandant trop d’efforts pour nous comprendre, sans tenir compte de ses besoins fondamentaux. L’humain peut être un partenaire exigeant, et le chien subit de plein fouet ses émotions, sans que son propriétaire s’en rende forcément compte. Il faut donc être soi-même bien dans sa peau, et ne pas compter sur le chien pour corriger un trouble dans sa vie d’humain : le chien risque de souffrir de ce statut de compensation, comme une éponge émotionnelle.

    On le voit très bien avec les chiens de travail, comme les chiens guide ou d’assistance. Ce rôle leur procure une grande satisfaction sociale (les races sélectionnées en sont souvent très demandeuses), mais on constate les efforts conséquents que réalise le chien tous les jours pour son maître. D’où l’importance d’avoir une relation saine et équilibrée avec le chien, afin que ces efforts soient pour lui un plaisir !

    Mais au-delà du chien de travail, il est donc important de ne pas faire du chien une réponse à notre propre détresse sociale. Une relation trop fusionnelle, avec un chien en dépendance affective, qui ne supporte pas l’absence de son maître un seul instant, est une relation déséquilibrée.

    4. Lui demander de répondre à toutes vos attentes

      chien ordre marcher laisse

      On sollicite trop souvent le chien pour des petites requêtes qui n’ont aucun sens dans un monde canin. Et pour le coup, cet apprentissage est un fil rouge qui dure toute la vie du chien.

      Par exemple, observez le comportement des enfants de maternelle quand on ouvre les portes des classes : un flot d’enfants courant et hurlant se précipitent souvent dans la cours. Imaginez maintenant que cette effusion de joie se trouve brutalement réprimée par un coup de laisse, et un rappel à l’ordre « Tais-toi ! ». Cela paraît grotesque, c’est pourtant exactement ce qu’on inflige à nos chiens, très souvent.

      On ne se rend pas compte de la quantité d’interdits avec lesquels on vit en permanence, toute la journée. Nous réalisons ces apprentissages dès le plus jeune âge, et cela paraît tellement évident pour nous qu’on ne les voit plus forcément. Mais il faut se méfier du nombre d’ordres qu’on donne à son chien, et de la nature coercitive de ces  requêtes.

      « Fais pas ça », « Mange pas ça », « Arrête de courir », « Chuuut », « Viens ici »… Je vois parfois des chiens se promener, mais de leur point de vue, la balade ressemble plus à une marche forcée pour faire les besoins rapidement qu’à une promenade d’exploration et de défoulement. Et le pire, c’est que le propriétaire, attentif à la rue, ne se rend pas compte de la quantité d’ordres qu’il donne à son chien. Pour lui, c’est naturel. Pour son chien, ça ne l’est pas.

      La conséquence : la résignation acquise

      A terme, le danger est que le chien ne cherche même plus à exprimer ses besoins. Si chaque fois qu’il manifeste un désir ou un besoin, il reçoit l’ordre de rester sage, il finit par ne plus éprouver ce désir. On appelle ce statut la résignation aquise : c’est un état mental auquel tous les animaux peuvent être confrontés (nous inclus), qui traduit l’absence presque totale de motivation et de plaisir dans la réalisation des comportements quotidiens. Or, il est fréquent de voir des chiens qui ont renoncé à exprimer leur besoins fondamentaux, et les propriétaires ne s’en rendent pas toujours compte. On peut observer des comportements de stress et d’anxiété, comme les TOC, les léchages abusifs, etc… mais ce n’est pas systématique, et souvent, les propriétaires ne détectent pas cette situation.

      La relation développée avec un chien ne doit donc pas s’établir sur un rapport asservissant systématique, cela doit être une relation équilibrée, où le chien peut, et est même invité à exprimer ses envies, et surtout ses besoins ! Il y a un écart entre offrir un petit plaisir de temps en temps, et céder systématiquement au caprice. Et on peut tout à fait faire preuve d’autorité et de rigueur, sans se priver : l’équilibre se doit d’être le maître mot de la relation !

      Dr Stéphane Tardif

      Docteur vétérinaire et rédacteur pour Wamiz

      https://wamiz.com

      La séduction animale en huit temps


      La séduction chez les animaux n’est pas quelque chose de vraiment romantique, car c’est pour mieux choisir qui sera le meilleur atout pour la nouvelle progéniture. Que ce soit par la danse, le chant, le combat ou même l’âge, chaque espèce animale a son mode de séduction
      Nuage

       

      La séduction animale en huit temps

       

      Un couple de Paradisiers rouges... (PHOTO TIRÉE DU COMPTE DE BIRDS OF PARADISE SUR PINTEREST)

       

      Un couple de Paradisiers rouges

      PHOTO TIRÉE DU COMPTE DE BIRDS OF PARADISE SUR PINTEREST

       

      SILVIA GALIPEAU
      La Presse

      Quand on sait que le panda produit naturellement près de mille parfums, que le chant de l’alouette connaît des centaines de variations et que nombre d’insectes offrent des cadeaux à leur dulcinée, la question se pose : que peut nous apprendre la nature en matière de drague ? Huit choses à savoir.

       

      1. Le mâle séduit, la femelle choisit

      Dans la plupart des espèces animales, c’est le mâle qui chante, danse ou se bat pour attirer l’attention de la femelle qui, par la suite, choisira le plus beau, le plus talentueux ou le plus fort des mâles disponibles. Pourquoi ? Disons pour résumer que deux stratégies s’affrontent : la quantité contre la qualité.

      D’un côté, « les mâles veulent copuler le plus possible pour assurer leur descendance », résume l’éthologue et primatologue Daniel Paquette.

      Et les femelles, elles, cherchent à sélectionner les meilleurs gènes.

      « Parce qu’elles portent les bébés, leur stratégie de reproduction ne peut donc pas être d’en avoir le plus possible. Elles visent plutôt la qualité de la progéniture. »

      2. Que les meilleurs chanteurs (et danseurs) gagnent

      L’alouette est capable de chanter pendant 40 minutes sans s’arrêter. En faisant sa parade nuptiale, l’albatros adopte plus de 20 postures différentes. Non, cela ne relève pas du tout de la coquetterie. En fait, chanter ou danser demande une force et une énergie insoupçonnées. C’est précisément ce que la femelle juge et évalue ici : lequel de ses prétendants a le plus de puissance et de vigueur ? Lequel léguera les meilleurs gènes à sa descendance ? Certainement pas les piètres danseurs !

       « La danse est une arme de séduction massive ! », dit le scientifique et humoriste Boucar Diouf, qui a écrit un livre sur le sujet (Pour une raison X ou Y).

      Une arme qui a autant de succès chez les humains, dit-il.

      « C’est démontré qu’un gars qui a une guitare sur son dos a bien plus de chance avec les filles qu’un humoriste qui raconte des blagues ! Ça, la cigale l’a compris ! »

      3. Gare aux cadeaux empoisonnés

      Tout comme le chant ou la danse, ce n’est pas (que) pour leurs beaux yeux que les mâles offrent des cadeaux aux femelles. En fait, quand un oiseau marin dépose un petit poisson au pied de sa douce, ou quand un goéland régurgite son dernier repas, c’est plutôt pour démontrer ses qualités de pêcheur, sa capacité à nourrir la femelle et éventuellement ses petits. Mais tous les mâles ne sont pas si bien intentionnés. Certaines espèces de mouches emballent leurs cadeaux d’une soie.

      « Ils gagnent du temps : pendant que la femelle déballe le cadeau, ils peuvent s’accoupler plus longtemps ! », illustre l’auteur Jean-Baptiste de Panafieu, qui vient de publier Séduire comme une biche, un essai sur le sujet.

      Et il y a pire : d’autres offrent carrément des paquets vides, afin de profiter gratuitement de la femelle pendant le déballage…

      4. L’avantage d’être bon bricoleur

      Chez certaines espèces, tout particulièrement chez les oiseaux, les mâles bricoleurs sont les plus appréciés des femelles. Toujours selon la logique voulant qu’il faille choisir le meilleur géniteur et le meilleur protecteur, chez les mésanges, notamment,

       « il y a véritablement une observation très poussée de la femelle lorsque le mâle fait son nid, poursuit Jean-Baptiste de Panafieu. Il faut que la construction soit belle et solide pour attirer la femelle ». « La femelle va pondre si le nid lui plaît. Et si le nid lui plaît vraiment, elle va aussi couver les petits. Sinon ? Elle les laisse au mâle et va voir ailleurs… »

      5. Le succès des femelles d’expérience

      De manière générale, les femelles préfèrent les mâles plus âgés, parce qu’ils sont plus forts, plus expérimentés et plus aptes à les protéger. Mais dans certains cas, ce sont plutôt les mâles qui favorisent les femelles d’expérience.

      « Les mâles chimpanzés préfèrent les femelles plus vieilles, car elles sont plus expérimentées comme mères et plus expérimentées sexuellement », signale le spécialiste des comportements animaux Daniel Paquette (à qui l’on doit Ce que les chimpanzés m’ont appris), en soulignant au passage que contrairement aux humaines, les femelles chimpanzés ne traversent pas de ménopause.

      6. Tout est dans la nature

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      Un couple de cygnes noirs

      PHOTO THINKSTOCK

      Un exemple ? Chez les cygnes noirs d’Australie, 20 % des couples sont composés de deux mâles.

      « Et ils vont se débrouiller pour obtenir des petits, soit en séduisant une femelle et en la chassant après la ponte, reprend Jean-Baptiste de Panafieu, soit en piquant des oeufs à des couples hétéros. »

       Mieux : les petits auront ici une meilleure espérance de vie, car ils seront protégés par deux mâles. Sur le littoral européen, certaines espèces d’oiseaux forment carrément des « trouples », soit des couples composés de deux femelles et un mâle, s’accouplant entre eux et produisant plus de petits que la moyenne.

      7. Infidèle un jour…

      Un couple de ara hyacinthe. Ces perroquets sont... (Photo tirée du compte de PARROTS sur Pinterest) - image 1.1

      Un couple de ara hyacinthe. Ces perroquets sont monogames.

      PHOTO TIRÉE DU COMPTE DE PARROTS SUR PINTEREST

      On a longtemps cru que les oiseaux étaient des exemples de monogamie. Chez certaines espèces d’oiseaux marins (notamment les mouettes), on voit des couples se former, avoir des petits, s’en occuper ensemble, et durer jusqu’à la mort. Or, des recherches d’ADN récentes ont permis de démontrer que la réalité était tout autre.

      Ainsi, chez certains, « jusqu’à la moitié des petits sont d’un père non officiel », rit Jean-Baptiste de Panafieu.

      Et cette extra conjugalité n’est pas exclusive aux oiseaux, loin de là. Chez les marmottes, un petit sur trois est ainsi « illégitime ».

      8. Le mot de la fin

      Bien sûr, les parallèles avec l’espèce humaine sont faciles, rapides et surtout amusants à faire.

      « L’anthropomorphisme, pour faire sourire, c’est acceptable », dit Boucar Diouf.

      Mais n’allez surtout pas tirer ici de grandes leçons de vie.

      « Il est toujours extrêmement dangereux de faire des parallèles entre les mondes animal et humain », conclut le directeur général de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), biologiste et éthologue Luc-Alain Giraldo.

      Dans son livre Dans l’oeil du pigeon, il défend précisément cette thèse. Parce qu’au-delà des parades nuptiales, il y a aussi des pratiques animales franchement moins roses.

      « Ce n’est pas glamour, ce n’est pas romantique, mais dans la nature, il y a aussi plein d’animaux chez qui les mâles prennent de force les femelles. »

      Le meilleur (ou le pire) exemple est certainement celui de la punaise de lit. Imaginez-vous que madame n’a pas d’« orifice génital ». Monsieur, à l’inverse, en guise d’organe reproducteur, est doté d’un « poignard ». Pour la féconder, il doit donc littéralement la percer. Moins romantique que ça, tu meurs…

      http://www.lapresse.ca/

      Les jeunes chimpanzés font comme maman


      Les chimpanzés sont un peu comme nos enfants, ils apprennent par le jeu par imitation. Une éthologue a pu constater que la mère des chimpanzés avait beaucoup d’influence envers leurs petits avec les outils qui entre dans leur jeu. Si la mère n’utilise pas un tel outil, les petits le délaisseront à l’âge adulte.
      Nuage

       

      Les jeunes chimpanzés font comme maman

       

      Deux jeunes chimpanzés

      Deux jeunes chimpanzés Photo : iStock

      Les jeunes chimpanzés préfèrent s’amuser avec des objets similaires à ceux que leur mère utilise comme outils, ont observé des éthologues français.

      Un texte d’Alain Labelle

      La chercheuse Noémie Lamon et ses collègues du Laboratoire de cognition comparée de l’Université de Neuchâtel ont étudié pendant des années les comportements d‘une communauté de chimpanzés sauvages en Ouganda pour constater que les jeunes chimpanzés apprennent à maîtriser des outils grâce au jeu.

      La maman est donc un modèle non seulement pour la maîtrise d’outils, mais aussi lors d’activités purement ludiques.

      Noémie Lamon

      Un jeune chimpanzé

      Un jeune chimpanzé Photo : iStock

      Apprendre en manipulant des objets

      De façon naturelle, les chimpanzés ont tendance à manipuler les objets de leur environnement. Ces comportements les aident dans leur développement psychomoteur et leur permettent plus tard de manipuler adéquatement des outils.

      Si le jeu est le précurseur de l’utilisation d’outils, la chercheuse s’est demandé ce qui influençait le choix des objets manipulés par les jeunes. Pour l’établir, son équipe a suivi un groupe de 37 chimpanzés, de la communauté de Sonso en Ouganda, âgés de 5 mois à plus de 50 ans.

      Nous avons noté toutes les manipulations d’objets, comprenant le jeu, mais aussi l’utilisation d’outils. Noémie Lamon

      Le répertoire d’outils de ce groupe comprend des feuilles ou des branches qu’on secoue, entre autres.

      Les objets retenus par les petits pour jouer en premier lieu sont la végétation ligneuse, comme des branches et des feuilles.

      Dans ce groupe, les chimpanzés mâles se servent des branches pour, par exemple, intimider d’autres mâles. En outre, tous les membres du groupe construisent leur nid avec des branches.

      Les feuilles, quant à elles, sont utilisées comme support pour écraser les parasites trouvés lors de séances d’épouillage. Les mâles, eux, les déchirent. Un son qui a comme effet d’attirer vers eux l’attention des femelles en ovulation. Les feuilles sont aussi utilisées pour essuyer des souillures d’excréments, de sperme, de sang ou de boue.

      Une culture différente

      Ce groupe de chimpanzés est particulier, puisqu’il ne se sert pas de bâtons pour chercher de la nourriture, un comportement présent chez presque tous les groupes de chimpanzés en Afrique.

      Ainsi, même si dans leur tendre enfance les jeunes de la communauté Sonso jouent avec des bâtons qui pourraient se révéler fort utiles comme outils, ils les abandonnent dès l’âge de 10 ans, date du passage à l’âge adulte, parce que leur mère ne s’en sert pas.

      À l’inverse, plus la mère utilise un certain type d’outils, plus son petit est susceptible de jouer avec ce même genre d’objet.

      « Si le fait que la mère sert de modèle à ses petits semble assez logique, ce qui est intéressant, c’est qu’elle soit le seul modèle », explique Noémie Lamon.

      Les petits ne seraient donc pas influencés par ce que font les autres membres du groupe, qui passent pourtant aussi beaucoup de temps à proximité. Noémie Lamon

      De l’importance de la mère

      Ce résultat montre que même au niveau du jeu, seuls les comportements de la mère comptent.

      Une autre étude de la même chercheuse avait mis en évidence que l’acquisition d’un nouvel outil (une éponge à base de mousse végétale) passait par l’imitation de la mère.

      Les présents travaux, dont le détail est publié dans la revue Animal Behaviour, indiquent que l’influence de la mère survient bien plus tôt, déjà au niveau du jeu.

      http://ici.radio-canada.ca

      Le Saviez-Vous ► 3 choses fausses que vous pensez savoir sur eux


      La croyance populaire sur les chiens est souvent augmentée par les vidéos qu’on voit un peu partout sur le Web et du fait que nous avons tendance à leur donner des émotions humaines Les chiens ont un langage par leur comportement qu’on l’on peut mal interpréter.
      Nuage

       

      3 choses fausses que vous pensez savoir sur eux

       

      Chien

      3 idées reçues sur les chiens totalement fausses.

      © CATERS/SIPA

      Par Anne-Sophie Tassart

      Bien que les chiens soient nos compagnons depuis des milliers d’années, nous conservons certaines idées fausses à leur sujet. Voici 3 croyances  qui ont été contredites par les chercheurs.

      Fidèle compagnon de l’Homme depuis des milliers d’années, le chien (Canis lupus familiaris) est un animal encore mal compris : certaines idées reçues ont la vie dure. L’anthropomorphisme, ou la tendance à attribuer à un animal (ou à autres choses) des sentiments humains, n’y est pas pour rien dans ces erreurs. Certaines vidéos virales qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux contribuent à propager ces interprétations inexactes du comportement canin.

      Non, les chiens n’aiment pas forcément les câlins

      Si entre humains, une étreinte peut avoir un effet apaisant, ce n’est pas forcément le cas pour nos compagnons à quatre pattes. En effet, dans un papier paru sur le site Psychology Today, Stanley Coren, un neuropsychologue américain et spécialiste canin affirme que 4 chiens sur 5 montrent des signes de stress lorsqu’ils sont câlinés par une personne, familière ou inconnue. C’est en observant plus de 250 photos de chiens enlacés que le chercheur a constaté que 81,6 % de ces animaux s’en trouvent stressés, contre seulement 7,6% appréciant l’étreinte amicale dont ils sont l’objet. Suivant son caractère, l’animal peut ressentir de l’anxiété et de l’inconfort, détournant le regard, abaissant ses oreilles et se léchant de manière compulsive, pendant l’étreinte. D’autres peuvent vivre cet acte comme une agression. Enfin, certains chiens peuvent apprécier les étreintes : ouf.

      Non, les chiens ne voient pas en noir et blanc

      La croyance commune veut que les chiens ne soient capables de percevoir le monde qu’en noir et blanc : erreur ! Ces animaux ont une vision bien plus complexe que cela. Même si leur spectre de vision est plus étroit que le nôtre, ils sont néanmoins sensibles au marron, au bleu et au jaune tout comme les chats. Cependant, les chiens ont une meilleure perception du mouvement que nous. Conséquence : lorsque nous voyons une image continue sur notre télévision, ces animaux voient une série d’images qui clignotent très rapidement à cause du rafraichissement de l’écran qui se produit 60 fois par seconde. Mais ce phénomène ne les empêchent pas d’avoir un réel intérêt pour le petit écran et plus particulièrement pour les sons qu’il diffuse surtout s’il s’agit de jappements et d’aboiements.

      Non, ce chien ne se sent pas coupable

      Le chien a fait une bêtise et sous les réprimandes de son maître (muni de son smartphone), il s’éloigne et semble se cacher. Ce genre de vidéos fait régulièrement le buzz sur les réseaux sociaux : un animal penaud qui semble s’excuser, ça plaît. Sauf que la réalité est tout autre : selon une étude parue en 2015 dans la revue Behavioural Processes, ces animaux ne ressentent pas de culpabilité. Et d’après une autre étude, l’attitude fuyante du chien serait en réalité une réponse au comportement négatif de son maître, qu’il ait fait une bêtise ou non. Il ne s’agit donc pas ici de culpabilité mais bien de crainte.

      https://www.sciencesetavenir.fr

      Une tenue de plongée révolutionnaire pour "voler" dans l’océan


      Oceanwings vous connaissez ? Et un wingsuit, le fait de voler dans les airs comme une chauve-souris ? Bien le Ocenawings, c’est un peu la même chose, mais utilisée en apnée dans l’océan. Pour le moment, il n’est pas encore en mode de fabrication, mais il sera utile pour l’étude des animaux marins, des soins et l’identification sans stresser l’animal
      Nuage

       

      Une tenue de plongée révolutionnaire pour « voler » dans l’océan

       

      OceanWings

      La tenue créée par Pierre Frolla permet de « planer » dans l’océan.

      © BORIS HORVAT / AFP

      Par Sciences et Avenir avec AFP

      Pierre Frolla, un champion d’apnée, a développé une combinaison de plongée qui permet de glisser dans l’eau.

      C’est l’histoire d’un champion d’apnée, aussi amateur de chute libre, qui a décidé de faire de la plongée autrement. Son rêve : approcher au plus près les grands animaux marins. Il est devenu réalité grâce à une idée de génie : s’inspirer de la discipline du wingsuit  (sport qui consiste à sauter d’une falaise et à voler grâce à une combinaison spéciale) pour planer dans l’océan.

      Faire de la sensibilisation autrement

      Entre 1996 et 2007, Pierre Frolla, né en principauté monégasque il y a quarante-deux ans, est d’abord athlète de haut niveau. Il enchaîne les records en apnée. Quatre de France, deux d’Europe, et encore quatre au niveau mondial. Puis, las de cette « recordite«  comme il dit, il prend conscience de la nécessité de sensibiliser le public à la fragilité du milieu marin.

      « Mais je voulais le faire de façon différente de gens tels que Nicolas Hulot, en continuant à plonger et en cherchant à aller au contact des plus gros animaux, cachalots, raies manta ou requins, pour réaliser des choses qui touchent les gens », confie le quadragénaire.

      MONACO. Avec cet objectif, le champion crée plusieurs écoles de plongée en apnée ou en scaphandre à Monaco, tournées vers cette thématique environnementale et ouvertes aux enfants dès 8 ans. La dernière, créée en 2013 avec la princesse Charlène, est dédiée au sauvetage en mer. Mais Pierre Frolla ne souhaite pas se limiter aux sorties avec les enfants de ces écoles. Alors avec une marque leader dans le domaine de la plongée, il développe d’abord une combinaison dans un souci esthétique puis ensuite réfléchit à un moyen de révolutionner sa discipline.

      « Voler » en apnée pendant 3 à 4 minutes

      Son inspiration viendra du wingsuit dont il a suivi l’essor avec intérêt.

      « Pouvoir parcourir en apnée de longues distances sans aucun effort » : voilà l’objectif.

       Le premier prototype prend vie il y a 4 ans. La combinaison en néoprène couvre le corps et se déploie aussi entre les jambes et sous les bras. Mais le premier jet met en évidence quelques défauts :

      « C’était très bien pour glisser en descendant. Mais sans mes palmes, j’avais toujours besoin de quelqu’un pour me remonter », dit-il.

      Mais Pierre Frolla a trouvé la solution depuis quelques mois : quatre petites cartouches de gaz de 38 grammes vissées à des percuteurs. Une fois déclenchées, quelle que soit la profondeur, elles permettent de remonter seul à la surface grâce à une poche gonflable placée dans le dos, sous la combinaison.

      © BORIS HORVAT / AFP

      NÉOPRÈNE. L’innovation de son « Oceanwings » (le nom de sa combinaison) tient donc à la fois à la forme, au procédé de remontée et au matériau utilisé, un néoprène très souple qui permet de moins flotter et donc de glisser plus facilement dans les courants donnant l’impression de voler pendant 3 à 4 minutes. La sensation procurée par cette combinaison révolutionnaire, seul Pierre Frolla peut en parler aujourd’hui, car il n’existe que trois prototypes, qui sont tous à sa taille. Par ailleurs, aucune commercialisation n’est (pour l’instant) envisagée.

      Un déplacement souple et calme pour attirer les animaux

      L’objectif de cette tenue est « de s’approcher au contact des animaux, sans avoir besoin de faire des mouvements avec les bras et les jambes, et donc d’inverser la tendance, c’est à dire d’attirer leur curiosité et de les faire venir à moi », explique-t-il.

      À terme, Pierre Frolla prévoit donc d’autres usages éthologiques ou vétérinaires pour cette innovation, comme la pratique de biopsies sur des animaux ou encore la facilitation de leur identification.

      © BORIS HORVAT / AFP

      https://www.sciencesetavenir.fr

      Pour lutter contre l’effet de groupe, le chimpanzé est aussi nul que l’homme


      Un comportement social observé chez le chimpanzé qui s’avère inutile, car il n’est pas une question de survie, ni de se nourrir est comparable chez l’être humain. Un singe fait quelque chose de différent alors son clan fini par imiter et cela devient une coutume comme l’être l’humain qui par exemple juste à voir les piercings, la mode en général etc ..
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      Pour lutter contre l’effet de groupe, le chimpanzé est aussi nul que l’homme

       

      Un chimpanzé dans un zoo japonais, le 16 février 2009 | Yoshikazu TSUNO / AFP

      Un chimpanzé dans un zoo japonais, le 16 février 2009 | Yoshikazu TSUNO / AFP

      Elise Costa

      Lorsqu’un soigneur du refuge pour chimpanzés de Chimfunshi voit l’une des femelles s’insérer un brin d’herbe dans l’oreille, il n’en pense pas grand-chose. Jusqu’à ce qu’il observe un nombre croissant de chimpanzés se trimballant à leur tour avec un brin d’herbe dans l’oreille. Qu’est-il en train de se passer?

       

      Quel est notre rapport aux animaux? Comment nous nous épaulons et parfois, nous détruisons? Cet été, Slate vous raconte des histoires extraordinaires d’animaux sauvages et domestiques à travers le monde pour nous aider à comprendre qui ils sont et qui nous sommes.

      En 2007, un membre de l’équipe de Chimfunshi se promène dans le parc. Chimfunshi est un sanctuaire pour chimpanzés situé au nord de la Zambie, en Afrique australe. Dans les années 1980, Sheila et David Siddle ont décidé d’ouvrir ce centre de soins après avoir recueilli un bébé chimpanzé mal en point. Si ce couple de Britanniques a d’abord fait sourire, ils ont vite été adoubés par la primatologue superstar Jane Goodall, ce qui leur a valu une certaine reconnaissance internationale. Aujourd’hui, Chimfunshi réunit près de 140 chimpanzés. Ils vivent séparés en quatre groupes, quatre communautés qui ne se côtoient pas. En ce matin de 2007 donc, le membre de l’équipe –premier témoin de l’affaire– se trouve au milieu du groupe 4. C’est alors qu’il remarque Julie.

      Julie est une femelle chimpanzé de 18 ans. Il la voit ramasser un brin d’herbe séché, semblable à de la paille. Elle ne joue pas avec. Elle ne le mâchonne pas. Elle regarde son brin d’herbe, puis se le met dans l’oreille. Elle le laisse là tandis qu’elle va se reposer. Elle le garde pour jouer. Elle l’a toujours quand elle part faire la toilette de son fils Jack. La tige ocre pendouille hors de l’orifice, le long de son visage. Le soigneur sourit. Après tout, pourquoi pas? Peut-être que ça l’amuse. De nombreux cas d’animaux farceurs ont bien été répertoriés au cours des dernières années (par exemple en 2006 par Mim Eichler Rivas, dans son livre Beautiful Jim Key), tout comme on sait que le rire est un état non réservé aux êtres humains (l’étude de Jaak Panksepp et Jeff Burgdorf a ainsi montré, en 2003, que les rats pouvaient aussi se poiler).

      Mais la blague devient récurrente. À leur tour, différents soigneurs voient Julie ramasser un long brin d’herbe séchée, se le mettre dans l’oreille et vaquer à ses occupations. Ils se demandent ce qu’elle fiche. Son brin d’herbe ne sert à rien. Il n’a d’autre utilité que d’être là, dans son oreille. L’affaire dure un moment.

      Contrairement à ce qu’on croyait, le chimpanzé peut imiter ses congénères

       

      En 2010, le professeur néerlandais Edwin van Leeuwen décide d’aller voir de lui-même si ce qui se raconte est vrai. L’éthologue raconte par mail la première fois qu’il a posé le pied à Chimfunshi:

      «Le sanctuaire est un endroit incroyable pour ces chimpanzés qui ont été victimes du comportement profondément cruel et stupide de certains hommes. Ils peuvent se remettre sur pied et devenir à nouveau eux-mêmes, trouvant une nouvelle famille chimpanzé, dans un parc naturel immense. Merveilleux! (…) Et là, il y a cette femelle qui se met très souvent ce brin d’herbe dans l’oreille, ce qui semble lui plaire – en tous cas elle ne semble pas stressée ni rien – puis qui retourne à sa vie de chimpanzé… ce qui est vraiment drôle à voir!»

      C’est drôle, dit Edwin van Leeuwen, car se fourrer un brin d’herbe dans l’oreille n’est pas un comportement typique du chimpanzé. Depuis le temps que les scientifiques étudient le Pan troglodytes, cela se saurait. Mais le propre des scientifiques est aussi d’être curieux. Cela ne sert à rien a priori mais cela soulève une question: pourquoi Julie fait-elle ça?

      Avec l’aide de l’équipe zambienne, Van Leeuwen décide alors de filmer les chimpanzés des quatre groupes (à cette époque, ils sont 94 primates à être logés au parc). Tous les jours, pendant un an.

      Et petit à petit, le phénomène s’étend. Dans le groupe 4, de plus en plus de chimpanzés adoptent le même comportement que Julie. Cela commence par son fils Jack (4 ans), puis ses amis Kathy (13 ans), Val (12 ans), Miracle (11 ans), et ainsi de suite. De manière étrange, la chose ne se propage pas aux autres groupes. Seule la bande de Julie procède à ce rituel caractéristique.

      «C’est devenu, explique Edwin van Leeuwen, un signe distinctif du groupe. Très peu d’entre eux ne l’ont jamais fait, à peu près 80% des membres du groupe se sont mis un brin d’herbe dans l’oreille… ce qui veut dire qu’ils l’ont socialement appris.»

      À la fin de la période d’observation, l’homme récupère près de sept cent cinquante heures de tournage. Il découvre ce que le brin d’herbe dans l’oreille n’est pas: il n’est pas un comportement social lié à l’évolution de l’espèce; il n’est pas motivé par un quelconque facteur écologique; il n’est pas un mécanisme de survie; il n’a aucun but biologique. En un mot, il ne sert à rien.

      «C’est devenu une tradition!», dit-il.

      Ce que le comportement des chimpanzés dit de nous

      Le consensus veut pourtant, en psychologie cognitive, que les chimpanzés soient incapables de surimitation ou de copie aveugle.

      Chez l’être humain, «les expérimentations montrent que les gens copient des actions irrationnelles “parce que c’est comme cela qu’on fait”. Ce processus est crucial pour la construction de la culture humaine et de l’identité du groupe. On ne le trouve pas chez les chimpanzés.» 

      Dans la revue SociologieS(octobre 2011), on lit: «Alors que les enfants ont tendance à “surimiter” (overimitation) les gestes qu’un expérimentateur effectue devant eux, même s’ils sont clairement inutiles, les chimpanzés ne copient que les manipulations qui permettent effectivement d’obtenir une récompense (Whiten et al., 2005).»

      L’étude de Van Leeuwen publiée en 2014 sur le brin d’herbe dans l’oreille («grass-in-the-ear behavior») montre l’inverse.

      «Les chimpanzés ne s’imitent pas simplement quand cela est nécessaire –pour manger ou survivre. Ils le font parfois sans raison apparente, comme les êtres humains, peut-être pour être comme l’autre (bien qu’évidemment, nous ne connaissons pas leur motivation).» 

      Autrement dit, les chimpanzés peuvent aussi choisir d’arborer un accessoire tendance et lancer une mode. À moins qu’il ne s’agisse d’une blague qui va trop loin.

      Car plus étonnant: lorsque Julie –it-girl de la tendance du brin d’herbe dans l’esgourde– décède en mai 2013, l’équipe de Chimfunshi rapporte avoir observé que d’autres membres de son groupe perpétuaient la tradition. Un geste qui nous ressemble énormément.

      «Ce sont nos similitudes et différences [avec les chimpanzés] qui peuvent nous aider à comprendre l’évolution des comportements socio-cognitifs: quand notre culture, notre coopération, notre sociabilité ont commencé, et pourquoi? Nous avons besoin de références non humaines pour répondre à ces questions.»

      Méfiance: entre la capacité à agir pour la beauté de la chose et le besoin de rigueur scientifique, nous n’en sommes plus qu’à quelques chromosomes près.

      http://www.slate.fr/

      Traduire le langage des dauphins d’ici 2021, le pari fou de cette start-up


      Comme tout autre animal, il serait bien de comprendre leur langage, leurs sons, enfin leur communication. Des chercheurs croient qu’avec l’Intelligence artificielle pourrait donner un sérieux coup de main à traduire la communication des dauphins. On ne sait jamais, et c’est peut-être plus réaliste que la colonisation sur Mars
      Nuage

       

      Traduire le langage des dauphins d’ici 2021, le pari fou de cette start-up

       

      DOLPHINS

      Le HuffPost  |  Par Grégory Rozières

      Parler aux animaux, un vieux rêve qui pourrait devenir réalité? C’est le pari d’une start-up suédoise, qui espère arriver à déchiffrer ce que disent les dauphins d’ici 2021, rapporte Bloomberg.

      La société, Gavagai (en référence à la théorie sur le langage du philosophe Quine), n’est pas spécialisée dans l’éthologie, mais dans l’intelligence artificielle. Elle travaille notamment depuis quelques années au développement d’un algorithme capable de comprendre les différents langages humains.

      Mais pour une durée de quatre ans, le programme va désormais être utilisé, en partenariat avec l’Institut royal de technologie suédois, pour tenter de trouver un sens aux sons produits par les dauphins.

      Pendant tout ce temps, les chercheurs vont analyser les communications de dauphins en captivité et espèrent que le programme développé par Gavagai va réussir à isoler le signal dans le bruit, à donner un sens aux sons.

      Le PDG de la société, Lars Hamberg, estime dans The Local que l’idée de communiquer à terme avec des dauphins est « très réaliste, au vu des récentes avancées dans la science et la technologie, notamment concernant l’intelligence artificielle du langage ».

      Selon lui, l’avantage de son programme, c’est qu’il cherche du sens plutôt qu’une structure et apprend en se nourrissant d’exemples.

      Reste à voir si le résultat sera à la hauteur du coup de publicité. Comme le rappelle National Geographic, si de nombreux chercheurs estiment que les dauphins ont la possibilité d’élaborer des systèmes complexes de communication, les preuves manquent à l’appel.

      Qui sait, l’intelligence artificielle permettra peut-être de percer à jour celle, plus naturelle, des dauphins.

      http://quebec.huffingtonpost.ca

      Les fourmis, ces as de la livraison


      L’intelligence ne dépend nullement de la grosseur du cerveau en croire l’expérience avec des fourmis. Mis dans un contexte avec des éléments naturels et artificiels, les ouvrières choisissent ce qui est plus utiles et plus malléables pour leur travail
      Nuage

       

      Les fourmis, ces as de la livraison

       

      Une expérience scientifique inédite révèle que ces insectes sociaux sont capables d’utiliser des outils nouveaux pour ravitailler leurs colonies.

       

      PAR CLARA BRUNEL

      Les fourmis n’ont pas dit leur dernier mot ! Alors qu’on pensait l’utilisation délibérée d’outils réservée aux primates et aux oiseaux, ces insectes sociaux viennent à leur tour de prouver leur aptitude à exploiter des objets. Pour mettre leur célèbre pragmatisme à l’épreuve, des chercheurs de l’université hongroise de Szeged (dans le sud du pays) ont soumis à deux espèces différentes des substances contenant de l’eau et du miel ainsi qu’un éventail d’accessoires susceptibles d’acheminer ces vivres jusqu’à leur nid.

      Résultat : les minuscules cobayes ont jeté leur dévolu sur les éléments les plus faciles à manipuler, parmi lesquels des fragments d’éponge ou de papier, par ailleurs absents de leur environnement. Dirigée par István Maák, l’équipe de scientifiques en a conclu qu’en dépit de cerveaux microscopiques les fourmis prenaient en compte aussi bien les propriétés des outils que celles des liquides transportés. Outre une ingéniosité rare, l’expérience a surtout révélé de véritables capacités d’apprentissage.

      « Certaines espèces de fourmis utilisaient déjà de la boue ou des grains de sable pour absorber puis introduire des liquides dans leur fourmilière. Mais c’est la première fois qu’elles se montrent capables de choisir les moyens les plus adaptés à leurs besoins », observe Patrizia d’Ettorre, professeur d’éthologie à l’université Paris-XIII, interrogée par New Scientist .

      Aphaenogaster subterranea et Aphaenogaster senilis

      Pour examiner un tel comportement, le groupe a mis une grande variété d’éléments naturels et artificiels à la disposition des espèces étudiées – Aphaenogaster subterranea et Aphaenogaster senilis. D’une manière générale, ces deux populations d’ouvrières ont préféré recourir à des outils inconnus au bataillon. Si les premières ont choisi de la terre pour convoyer le miel dilué, elles ont absorbé le nectar brut à l’aide de petits bouts d’éponge préalablement rapetissés. Suivant la même stratégie, les deuxièmes ont étanché la mixture à l’aide de morceaux de papier, boudant les aiguilles de pin et autres brindilles pourtant à leur portée. Les scientifiques imputent avant tout ce choix à la maniabilité de ces objets, dont le poids a vraisemblablement joué.

      « Contrairement à d’autres, ces fourmis ne sont pas en mesure de dilater leur abdomen, reprend l’éthologue. Elles ont dû trouver une solution pour tirer profit de cette précieuse nourriture. »

      « Les fourmis évoluent dans un environnement extrêmement compétitif, ajoute Valerie Banschbach, directrice du département biodiversité de la faculté de Roanoke, en Virginie. La sélection naturelle peut favoriser l’usage de tels outils pour aider [ces dernières] à sustenter la colonie. »

      La reine peut dormir tranquille.

      http://www.lepoint.fr/

      L’amitié inter-espèces demeure un accident


      L’amitié inter-espèces existe t-elle vraiment ? On peut habitué un chat et un chien à vivre ensemble, une souris et un chat et un oiseau. L’homme peut donner des petits écureuils a une maman chatte pour les nourrir. Mais dans la nature cela est plus un accident qu’autre chose. Beaucoup on vu la lionne qui a adopté une gazelle dans les médias, mais si elle a faim, cette petite gazelle sera sur le menu
      Nuage

       

      L’amitié inter-espèces demeure un accident

       

      Les Montaigne et La Boétie de Star Wars : Chewbacca et Han Solo, en 1977. MayThe4thBeWithYou © NANA PRODUCTIONS/SIPA

      Les Montaigne et La Boétie de Star Wars : Chewbacca et Han Solo, en 1977. MayThe4thBeWithYou © NANA PRODUCTIONS/SIPA

      Par Sylvie Rouat

      Entretien avec Pierre Jouventin, écoéthologue, directeur de recherche émérite au CNRS.

      Une lionne recueille une petite antilope, un léopard réconforte un bébé babouin… Compassion ou anecdote ? Le point avec un éthologue qui a lui-même adopté une louve.

       

      Sciences et Avenir : On observe parfois d’étonnantes scènes d’adoptions inter-espèces. Comment expliquer de tels comportements ?

      Pierre Jouventin : L’adoption inter-espèces est un sujet intéressant, mais difficile, car il se trouve au carrefour de l’éthologie, de la science du comportement, et de l’éthique. Pour les militants de la cause des animaux, elle montre que ces derniers s’entendent tous, que la tendresse est un sentiment universel. De leur côté, les scientifiques préfèrent ignorer le sujet, qu’ils estiment anecdotique. Ce comportement s’observe pour des espèces sociables. Chez celles-ci, le très jeune animal ne connaît pas encore son espèce. Il s’identifie, par imprégnation sociale, au groupe dans lequel il vit et grandit. Ce phénomène a été mis en évidence par l’éthologue Konrad Lorenz avec des œufs d’oie : après l’éclosion, les petits lui ont emboîté le pas comme s’il était leur parent, car les oisons sont programmés pour suivre la première chose qui leur passe sous les yeux à la naissance, que ce soit un humain ou une voiture de pompier. Dans le cas de la lionne, si elle vient de perdre son petit, qu’elle est « en mal d’enfant » et qu’elle tombe sur une petite gazelle, elle l’adopte. Elles n’ont pas grand-chose en commun, mais cela fait de belles photos…

      Vous et votre famille avez vécu avec une louve, Kamala *. Un cas d’adoption inter-espèces…

      Il y a une trentaine d’années, en effet, un directeur de zoo nous a confié cette jeune louve qui n’avait pas encore ouvert les yeux. Elle nous a pris pour ses parents ! Nous sommes devenus sa famille, une famille recomposée dont l’un des membres était d’une autre espèce. Kamala se croyait humaine et vivait avec nous comme au sein d’une troupe de loups. Car nous avons des points communs avec cet animal. On l’oublie, à l’heure des supermarchés, mais l’homme a longtemps traqué le gros gibier en groupe. Et qu’est-ce qu’une meute, sinon l’association de plusieurs individus réunis pour chasser ensemble de grosses proies ? La sélection par l’homme du chien, qui descend du loup, a débuté il y a 36.000 ans, soit 25.000 ans avant qu’ils ne se sédentarisent. Entre eux deux, c’est donc une vieille histoire ; un exemple ancien d’adoption inter-espèces. Des hommes préhistoriques ont dû prendre avec eux un louveteau très jeune, et celui-ci, qui se pensait dans sa meute, devait les aider à chasser. Ce loup était-il altruiste ? Lorsque ma compagne se baignait et que notre louve la ramenait au rivage, était-ce par altruisme ? En réalité, elle se comportait avec elle comme elle l’aurait fait avec un de ses louveteaux. Elle était programmée pour défendre son groupe et son patrimoine génétique. C’est de la mécanique, avec ses règles.

      L’adoption est-elle le propre des mammifères ?

      Non, l’exemple des oies de Lorenz montre que cela concerne aussi les oiseaux. Mais c’est un accident qui, normalement, ne se produit pas dans la nature. D’ailleurs, la lionne et l’antilope ne vivent ensemble que si la première est repue. Lorsqu’elle a faim, l’affaire est vite réglée. Pour que le lien s’établisse, il faut que le parent adoptant soit dans un état physiologique de manque, qu’il s’ennuie, ou que l’humain interfère en liant deux espèces : en confiant un petit cochon ou un chaton à une chienne, par exemple. Mais là où nous avons tendance à discerner de l’amour et de la tendresse, il n’y a rien d’autre qu’un mécanisme éthologique… Et nous projetons ce que nous voulons y voir !

      Les animaux s’occupent parfois de leurs congénères malades ou handicapés. Sont-ils capables de compassion ?

      Bien sûr ! L’empathie chez les animaux est scientifiquement prouvée. Elle est liée aux neurones miroirs, qui permettent par exemple à un singe de copier le geste d’un congénère. C’est aussi grâce à eux que nous pouvons nous mettre à la place d’autrui afin de ressentir les mêmes émotions. Les mammifères supérieurs ont tendance à s’identifier à l’autre, et plus encore s’il s’agit de proches ou de membres de leur famille. C’est une empathie programmée. Pour ce qui est de l’aide aux handicapés, elle a été observée chez de multiples animaux, mais nous ne savons pas l’interpréter. Nous sommes là dans une zone frontière : à quel moment s’arrête la science ? Si un chien va tous les jours sur la tombe de son maître, est-ce que cela a un sens ? Y va-t-il pour son maître enterré là ou pour la nourriture que des gens déposent à son intention ?

      Mais les frontières ne sont-elles pas en train de bouger, au fur et à mesure des découvertes scientifiques ?

      Oui, tout à fait. Longtemps, on a cru que l’homme était le seul à se reconnaître dans un miroir. Puis on a découvert, grâce à des expériences, que les chimpanzés se reconnaissaient eux aussi. Mais aussi, ces dernières années, les dauphins, les éléphants, les cochons… Les compétences humaines ne sont pas spécifiques. L’homme est un animal. Original, extraordinaire, certes, mais un animal quand même ! Et le propre de l’homme n’existe pas. Darwin l’a dit en son temps : entre nous et les autres espèces, il n’y a pas de différence de nature, mais seulement de degré. Depuis 2000 ans, on oppose l’instinct à l’intelligence. Or il y a un mélange d’inné et d’acquis chez l’homme, comme chez l’animal… quoique peut-être en proportions différentes.

      Propos recueillis par Sylvie Rouat

      * Kamala, une louve dans ma famille, Flammarion, 2012.

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      Les animaux pratiquent-ils l’automédication ?


      Les animaux semblent savoir quelles plantes ont des propriétés médicinales pour soigner les maux qu’ils souffrent. Peut-on parler d’automédication comme chez l’être humain ?
      Nuage

       

      Les animaux pratiquent-ils l’automédication ?

       

      Selon la primatologue Sabrina Krief, les chimpanzés se transmettent la connaissance des soins. ©CATERS NEWS AGENCY/SIPA

      Selon la primatologue Sabrina Krief, les chimpanzés se transmettent la connaissance des soins. ©CATERS NEWS AGENCY/SIPA

      Par Loïc Chauveau

      De nombreux animaux ont recours aux plantes pour se soigner. Peut-on pour autant parler d’automédication ?

      HERBORISTE. La médecine n’est pas le propre de l’homme, ni même de ses cousins primates. Aristote notait déjà que chiens et chats se purgeaient en consommant des plantes. Depuis, les éthologues ont constaté que les porcs du Mexique recherchent les racines de grenade, qui contiennent un alcaloïde efficace contre le ténia. Le tigre indien, lui, ingère des fruits qui éliminent les parasites présents dans les intestins des herbivores dévorés. Et le loup d’Amérique du Sud consomme une solanacée contre les troubles gastriques.

      Médication animale pour soi et pour les autres 

      En avril 2013, Mark Hunter, biologiste à l’université du Michigan (États-Unis), contestait pourtant dans la revue Science le terme d’automédication, car chez certaines espèces, il ne s’agit pas tant de se guérir soi-même que de soigner les autres. Les fourmis des bois incorporent ainsi à leurs nids une résine antimicrobienne tirée de conifères pour prévenir toute invasion microbienne. Les papillons monarques infectés par des parasites protègent leurs œufs en choisissant pour pondre des plantes indemnes de pathogènes. S’agit-il de pratiques innées ou acquises ? Difficile de trancher.

       Cependant, « il y a un parallèle fort à établir avec l’épigénétique chez les humains. Nous comprenons désormais que les choix diététiques faits par les parents influencent la santé à long terme des enfants », s’étonne Mark Hunter.

      De son côté, après des années d’observation, la primatologue française Sabrina Krief, du Muséum national d’histoire naturelle et commissaire de l’exposition Sur la piste des grands singes, estime que chez les chimpanzé, une partie au moins de la connaissance des soins par les plantes est transmise par le groupe. 

       

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