Votre chat est-il droitier ou gaucher ?


Il est plus difficile d’étudier les chats que les chiens. Les chats étant plus indépendants, ne font pas nécessairement ce que l’on veut. Il faut donc les observer dans leur comportement naturel. Ainsi, vous saurez si votre chat est droitier ou gaucher.
Nuage

 

Votre chat est-il droitier ou gaucher ?

 

chat droitier

Une étude publiée dans la revue Animal Behaviour en ce début d’année aborde un sujet inédit, et fait une découverte amusante : les chats utilisent comme nous un côté plus que l’autre avec leur patte, on peut donc les qualifier de droitier ou gaucher. Et vous, votre chat est-il droitier ou gaucher ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, à l’heure où le chat domine internet, il faut savoir que les scientifiques en savent très peu sur son comportement spécifique. Autant, le chien est bien connu, et même si les théories scientifiques autour du comportement du chien évoluent sans cesse, il y a des données. Mais le chat nous offre un désert expérimental : en effet, il n’est pas si facile à étudier ! Car il est très difficile de trouver une motivation capable de faire travailler un chat dans un protocole, et l’observation sur le terrain est délicate, avec son caractère indépendant.

Une étude américaine a publié ce mois-ci  a voulu tester si le chat avait une préférence dans l’utilisation de ses pattes. Et autant, on avait déjà montré que le chat avait des préférences dans l’utilisation de sa patte sur des exercices contraints (comme appuyer sur un levier pour avoir une récompense dans un dispositif expérimental), mais on n’avait jamais observé les chats sur des comportements spontanés et naturels !

Quelle patte préfèrent utiliser les chats ?

L’étude a porté sur 44 chats (20 femelles, 24 mâles) chez leur propriétaire, en observant le côté privilégié dans trois situations : l’entrée dans la litière, la descente d’un escalier, et se coucher sur le côté. Un test alimentaire a aussi été réalisé, avec une tour sur 3 niveaux obligeant le chat à utiliser une patte pour récupérer les croquettes. Chaque situation a été observée et notée 50 fois.

Les résultats montrent que le chat a bien une patte dominante, qu’il va utiliser plus souvent dans les mêmes situations. Par contre, il n’y a pas de différence entre la droite et la gauche, contrairement aux humains par exemple chez qui 90% des gens sont droitiers. Chez les chats, ceux qui utilisent une patte dominante sont la moitié à être droitier, et l’autre moitié est gaucher.

En pratique, 73% des chats étudiés ont une latéralisation dans l’utilisation du membre inférieur (autrement dit : une patte préférée) pour récupérer la nourriture, 70% pour descendre l’escalier et 66% pour entrer dans la litière. Par contre, il y a beaucoup moins de chats avec une préférence pour se coucher d’un côté ou de l’autre : seul 25% des chats avaient un côté préféré. La latéralisation concerne vraiment l’utilisation de la patte.

Mais les chats sont constants : ceux qui ont une préférence s’y tiennent dans la réalisation des différents comportements testés, et utilisent préférentiellement toujours la même patte. Ceux qui mangent avec la patte droite ont tendance aussi à l’utiliser en premier pour entrer dans la litière ou descendre une marche.

Ce qui fait, pour résumer grossièrement, que les trois quarts des chats sont latéralisés, dont la moitié de droitiers, et l’autre moitié de gauchers !

Les mâles préfèrent utiliser leur patte gauche, et les femelles la droite

De plus, l’étude a relevé une différence significative, entre mâles et femelles : les mâles qui ont une patte dominante sont plutôt gauchers, et les femelles droitières !

Ce résultat avait déjà été observé dans une étude précédente, en 2009. Cette étude portait sur des comportements contraints, on peut donc maintenant étendre ces résultats à des comportements spontanés et naturels.

Il est bien trop tôt pour oser interpréter ce résultat. On avait émis l’hypothèse chez les chiens, où il y a aussi une latéralisation, que les hormones pouvaient être un facteur intervenant, mais cette étude sur les chats vient entacher cette hypothèse, puisque les 44 chats de l’étude étaient stérilisés.

Les résultats suggèrent bien l’existence de différences entre la structure du cerveau et la fonction chez les mâles et les femelles, mais il n’y a aucun moyen pour l’heure de comprendre les mécanismes à l’œuvre, ni même la cause exacte. Il faut encore beaucoup d’observation, et plus de données, pour s’orienter sur une cause potentielle.

L’étude a également montré que le test alimentaire permet de connaître le statut droitier ou gaucher du chat avec une relativement bonne confiance.

Cette étude est un bel exemple de progression dans le savoir scientifique, en particulier en éthologie. Elle vous montre comment les scientifiques doivent lutter contre l’envi d’interpréter trop vite, et où se situe actuellement la recherche sur l’éthologie du chat. Cela montre aussi que le savoir progresse véritablement petit pas par petit pas. Finalement, le chat nous réserve encore bien des mystères sur son comportement, il est vraiment important de rester humble par rapport à notre connaissance de l’animal et de son intelligence.

Dr Stéphane Tardif
Docteur vétérinaire et rédacteur pour Wamiz

https://wamiz.com/

Le comportement des fourmis zombies est modifié par le changement climatique


Il y a 47 millions d’années, existait aussi des fourmis parasités, mais mordaient uniquement des feuilles. À cause des changements climatiques ont provoqué une adaptation pour qu’elles mordent et s’agrippent à des branches pour mieux libérer les spores
Nuage

Le comportement des fourmis zombies est modifié par le changement climatique

Fourmi zombie

Cette fourmi charpentière parasitée a mordu dans une feuille.

© DAVID HUGHES, PENN STATE

Par Anne-Sophie Tassart

Les fourmis zombies ne mordent pas forcément dans une feuille avant de mourir. Elles peuvent également planter leurs mandibules dans une branche. Des chercheurs viennent d’expliquer pourquoi.

Une fois parasitées par un champignon Ophiocordyceps unilateralis, certaines fourmis comme par exemple l’espèce Camponotus leonardi deviennent de véritables marionnettes. Au terme du parasitisme, le champignon met à profit les dernières forces de son hôte pour le fixer dans un lieu propice jusqu’à sa mort : une branche ou alors une feuille. Ce moment est une étape clé dans le cycle de vie du champignon car il va conduire à la formation d’un pédoncule, à l’arrière de la tête de la fourmi, qui va disséminer des spores. Des chercheurs de l’Université d’Etat de Pennsylvanie (Etats-Unis) ont tenté de comprendre pourquoi un substrat est choisi plutôt qu’un autre.

Mordre dans une branche pour éviter de tomber avec les feuilles durant l’automne

Les scientifiques ont analysé la corrélation entre le climat et le substrat mordu par la fourmi (branche ou feuille) mais aussi le type de forêt (tropicale ou tempérée). Ils ont confirmé que dans les forêts tropicales où les feuilles de nombreux arbres persistent toute l’année, les fourmis zombies mordent préférentiellement celles-ci. Dans les forêts tempérées, notamment aux Etats-Unis et au Japon, les insectes mordent les branches.

« Nous avons montré que le développement du champignon dans les forêts tempérées est plus long que la durée pendant laquelle les feuilles sont présentes (sur les arbres, NDLR), ainsi les fourmis sont manipulées pour mordre les branches », notent les biologistes dans leur étude parue le 28 mai 2018 dans le journal Evolution.

Ainsi, l’insecte mort ne tombe pas au sol en même temps que la feuille durant l’automne, ce qui empêcherait le champignon de disséminer ses spores. Les chercheurs ont par ailleurs remarqué que les fourmis des régions tempérées ne se contentent bien souvent pas de mordre le rameau : 90% de celles qui ont été examinées avaient également les pattes enroulées autour du support, afin d’être le plus stable possible.

La fourmi de gauche vient tout juste de mourir. Celle de droite est morte depuis un certain temps : le champignon a poussé hors de sa tête et s’est desséché © Kim Fleming

Les toutes premières fourmis zombies mordaient dans des feuilles

Si l’Europe n’abrite plus aujourd’hui de fourmis « zombifiées » par des Ophiocordyceps unilateralis, le fossile d’un tel insecte datant de 47 millions d’années a été découvert en Allemagne. Durant cette période, la Terre ne comptait que des forêts au feuillage persistant d’un pôle à l’autre conduisant les fourmis zombies à mordre uniquement des feuilles. A mesure que les températures diminuaient dans les futures zones tempérées, les champignons poussant les fourmis à mordre dans des tiges étaient favorisés par la sélection naturelle, les autres échouant à se reproduire. Ce comportement aurait alors évolué indépendamment dans différentes régions du globe démontrant par ailleurs l’incroyable capacité d’adaptation de Ophiocordyceps unilateralis.

https://www.sciencesetavenir.fr/

Des femelles bonobos accompagnent la future maman lors de l’accouchement


Les bonobos ont des comportements qui ressemblent aux humains. Dernièrement, les scientifiques on observer des femelles qui se tenaient prête à aider une maman à mettre au monde son bébé au cas qu’elle aurait besoin d’aide. Ce comportement ne se retrouve pas chez les chimpanzés.
Nuage

 

Des femelles bonobos accompagnent la future maman lors de l’accouchement

 

Une femelle bonobo et son petit.

Une femelle bonobo et son petit. Photo : iStock

Des femelles bonobos (Pan paniscus) protègent et soutiennent leurs congénères qui accouchent, montrent de nouvelles observations réalisées en captivité.

Un texte d’Alain Labelle

Ces observations réalisées par des scientifiques italiens et français des universités de Pise et Claude Bernard Lyon laissent ainsi à penser que les humains (Homo sapiens) ne sont pas les seuls mammifères à accompagner leurs femelles durant le processus difficile de l’accouchement.

En fait, cette étude constitue la première preuve quantitative basée sur des enregistrements vidéo de la dynamique sociale autour de trois naissances chez le bonobo, un grand singe considéré comme le plus proche parent des humains avec le chimpanzé.

Jusqu’à aujourd’hui, cette caractéristique de socialisation liée à l’accouchement était considérée comme distinctive de notre espèce.

Une femelle bonobo transporte son petit sur son dos.

Une femelle bonobo transporte son petit sur son dos. Photo : iStock

Le saviez-vous?

En 2013, des primatologues américains avaient montré que les jeunes bonobos réconfortent leurs pairs ébranlés par une expérience déplaisante, des comportements très similaires à ceux observés chez des enfants.

Les comportements observés

L’éthologiste Elisa Demuru du Musée d’histoire naturelle de l’Université de Pise en Italie et ses collègues ont filmé ces comportements en 2009, 2012 et 2014 dans deux jardins zoologiques européens où les grands singes circulent librement dans des zones boisées.

À ces occasions, des bonobos femelles se tenaient à proximité et fournissaient protection et soutien à une congénère qui donnait naissance à son bébé.

Les singes accompagnatrices ont également fait des gestes laissant à penser qu’elles étaient prêtes à tenir le bébé avant sa naissance et au moment de l’expulsion.

Ces comportements s’ajoutent à d’autres, observés dans la nature en 2014.

Ainsi, expliquent les chercheurs, la naissance chez les bonobos peut être un événement social comme chez les humains.

La mère bonobo pourrait facilement accoucher sans aide. Auteurs des travaux

Bien que d’autres études soient nécessaires pour la confirmer, les chercheurs émettent l’hypothèse que les similitudes observées entre les bonobos et les humains seraient liées à l’importance de la vie en groupes chez ces espèces.

Pas chez les chimpanzés

Chez les chimpanzés, aucun comportement similaire n’a été observé. Selon les primatologues, les femelles chimpanzés sont plus compétitives et maintiennent des liens sociaux moins importants que les bonobos ou les humains.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Evolution and Human Behavior.

https://ici.radio-canada.ca/

Le Saviez-Vous ► Pourquoi trouve-t-on les chatons si mignons?


Pourquoi les chatons nous attirent plus que les chiots, les chatons ont un peu l’aspect des bébés, selon les chercheurs, qui par instinct, on veut les protéger sans compter que nous aimons la douceur de la fourrure, de leur binette si mignonne
Nuage

 

Pourquoi trouve-t-on les chatons si mignons?

 

/

A kitten licking its paw | Eric Han via Unsplash License by

Repéré par Aurélie Rodrigues

C’est à cause de notre instinct.

 

Repéré sur The Guardian

Vivre avec un chat peut s’avérer être une tâche ardue: réveils en pleine nuit, miaulement intempestif pour avoir de la pâtée, oiseaux morts dans la cuisine, petit «cacadeau» caché dans un coin du salon, morsures et griffures à répétition… Pourtant, près de 30% des foyers français possèdent un chat comme animal de compagnie –bien loin devant les 20% qui possèdent un chien.

Mais pourquoi trouve-t-on ces petites boules de poiles si mignonnes?

Dean Burnett, spécialiste en neurosciences, maître de conférences à l’université de Cardiff et cat lover s’est penché sur la question pour The Guardian.

L’être humain a besoin de contacts doux et réconfortants

Des études ont montré que les primates cherchent instinctivement un contact doux et agréable –de préférence celui de ses parents ou d’un proche.

Comme l’explique The Guardian, ce besoin pourrait provenir d’une évolution du concept de «toilettage social»: une pratique gratifiante et importante dans le développement des jeunes primates et autres mammifères.

Plus la fourrure est «attrayante» et douce plus notre envie sera puissante. La fourrure douce et duveteuse des chatons fait partie des éléments qui font que nous les trouvons mimis –cela explique aussi pourquoi il est très rare de trouver des animaux «visqueux» ou «écailleux» mignons.

Le «schéma enfant» ou «Kindchenschema»

Lors de ses premières recherches sur la mignonnerie des animaux, Konrad Lorenz, un scientifique et éthologue autrichien, a créé l’expression «Kindchenschema». Ce mot-valise désigne l’aptitude humaine à réagir de façon innée à des êtres vivants ressemblant à des bébés. Plus ils ressemblent à un bébé, plus on les trouvera mimi. La taille de la tête et des yeux disproportionnée par rapport au reste du corps est une composante importante. C’est pourquoi nous trouvons que les chatons sont si mignons: eux-aussi eux aussi adoptent ces caractéristiques.

L’instinct de prendre soin de plus faible que soi

Certains animaux conservent leur fourrure douce et duveteuse à l’âge adulte, tout en restant de petite taille. Pourtant, notre cerveau sera plus attiré par un bébé chat plutôt que par un chat adulte. Comme le précise The Guardian, notre cerveau est en quelque sorte «piraté» par des processus neurologiques puissants. Ce phénomène s’explique par notre besoin instinctif de prendre soin des bébés et des êtres que nous considérons plus vulnérables que nous.

La prochaine fois, si on vous accuse de trop aimer les chats, vous pourrez toujours dire que votre cerveau a été «piraté».

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► Le syndrome de Noé : qu’est-ce que cette maladie mentale qui consiste à accumuler trop d’animaux ?


Une maladie mentale qu’on a sans doute déjà eue connaissance et mal juger ces personnes qui accumulent des animaux dans des conditions épouvantables. En fait, c’est une maladie mentale appelé syndrome de Noé. Ces gens ont comme une obligation de sauver des animaux et plus il y a d’animaux, plus ils perdent le contrôle et n’arrivent plus a donner les soins appropriés et cela tourne à la maltraitance animale. Des recherches doivent être faites pour donner de meilleurs traitements, car la récidive est presque à 100 % ou ces personnes, surtout des femmes seules vont choisir le suicide
Nuage

 

Le syndrome de Noé : qu’est-ce que cette maladie mentale qui consiste à accumuler trop d’animaux ?

syndrome de noé

Il existe une forme de maltraitance animale largement sous-estimée : elle consiste à accumuler des animaux sans se rendre compte qu’on ne peut subvenir à leurs besoins. Souvent, les associations de protection animale doivent saisir les animaux détenus dans de mauvaises conditions chez des personnes souffrant de ce syndrome de Noé

Le Dr Sarah Jeannin, psychologue clinicienne et Docteur en éthologie, nous explique ce qu’est cette maladie psychiatrique.

Ce terme métaphorique tire son origine d’un récit biblique que l’on trouve dans le livre de la Genèse : Dieu ordonne à Noé de recueillir dans son arche un couple de chaque espèce animale, afin de repeupler la planète après le Déluge.

Les personnes souffrant du syndrome de Noé croient sauver des animaux

Les personnes souffrant du syndrome de Noé sont investies d’une mission de sauvetage : elles ont un besoin irrépressible d’obtenir et de contrôler toujours plus d’animaux (de toutes sortes) sans avoir les moyens de les accueillir dans des conditions décentes.

Ce besoin est associé à un déni de leur souffrance. Après avoir sorti les animaux de la « misère », elles ne cessent d’en recueillir de nouveaux au point de ne plus pouvoir les assumer.

Ces individus, aussi appelées des « collectionneurs » (en anglais, « animal hoarders ») se considèrent comme des bienfaiteurs ; le déni est l’un des principaux symptômes ! Le comble de ce trouble est donc que la personne se transforme petit à petit en ce qu’elle détestait au départ : une personne maltraitant les animaux !

Syndrome de Noé : quelles conséquences pour les animaux victimes ? 

Découverts affamés et malades, de nombreux animaux doivent être euthanasiés à chaque intervention des associations. Dans d’autres situations moins « dramatiques », les animaux ont beaucoup de mal à supporter cette « promiscuité » et bien que leur santé physique ne soit pas mise en péril, ces conditions d’hébergement portent néanmoins atteinte à leur bien-être. Ils ne sont plus libres d’éviter les interactions avec leurs congénères, ce qui est problématique pour une espèce comme le chat par exemple, qui est moins sociale que le chien ! Ils ne peuvent pas explorer librement leur environnement etc. Il y a une réelle contrainte de l’humain qui souhaite paradoxalement les protéger.

syndrome de noe

Saisie chez des particuliers qui vivaient dans 10 m² avec 60 animaux – © Fondation 30 Millions d’amis

Comment prendre en charge les malades souffrant du syndrome de Noé ? 

C’est un problème très répandu, qui cause plus de souffrance animale que tous les actes de cruauté intentionnels réunis et qui est nettement sous-estimé. Il est donc essentiel d’éduquer et de sensibiliser les gens à cette pathologie pour arrêter les dérives et éviter les situations de maltraitance. Le syndrome de Noé peut se retrouver à tous les âges, quel que soit le sexe ou la condition socio-économique de la personne, mais des études récentes montrent qu’il touche majoritairement les femmes, les personnes seules et en particulier les personnes âgées (Ferreira et al, 2017).

On trouve une brève description de ce syndrome dans la dernière édition du DSM V, manuel qui répertorie les différents troubles mentaux (American Psychiatric Association, 2014), incluse dans la section « trouble obsessionnel compulsif et troubles apparentés ». Néanmoins, il reste plusieurs points à élucider : le syndrome de Noé est-il une pathologie à part entière ? La manifestation délirante d’un trouble psychotique ? Quelles sont les causes, les origines de ce syndrome (carence affective, abus, traumatismes) ? De nouvelles recherches sont nécessaires pour mieux comprendre son trouble et le soigner. D’une part parce que sans soins adaptés après l’intervention, la récidive des malades s’élève à près de 100% ! Et d’autre part, parce que les malades, privés de leurs animaux, peuvent tenter de mettre fin à leurs jours.

Ainsi, les personnes souffrant du syndrome de Noé présentent un besoin frénétique d’aider les bêtes et oublient la réalité au détriment des besoins vitaux des animaux qu’elles sauvent. Ce trouble nous rappelle une fois de plus que « l’amour de suffit pas » ! Pour respecter le bien-être de l’animal, il est nécessaire de répondre à ses besoins éthologiques (physiques et psychiques). L’animal doit être considéré pour ce qu’il est et pas uniquement pour ce qu’il apporte (combler une carence affective, réparer un traumatisme etc.).

Dr. Sarah Jeannin

Psychologue clinicienne, Docteur en Ethologie.

Responsable scientifique et formatrice au centre de formation Animal University.

Consultante en médecine vétérinaire du comportement à la clinique vétérinaire du Pont de Neuilly, aux côtés du Dr Thierry Bedossa.

Chercheuse associés au LECD de l’Université Paris Nanterre

https://wamiz.com/chats/

En demande-t-on trop à son chien ?


    Avoir un chien demande une réflexion importante de ce que nous attendons d’un chien et d’être apte a répondre a ses besoins physiques et psychologiques. Malheureusement, nombre de personne ne prennent pas le temps d’y penser vraiment. Un chien est un animal social et le laisser des heures seul n’est pas pour un chien. Qu’il doit répondre à tous les ordres sans s’occuper de ses besoins n’est pas digne d’un maitre et encore bien des aspects qu’il est important à réfléchir avant d’adopter un chien
    Nuage

     

    En demande-t-on trop à son chien ?

    chien triste

    Voici une question philosophique intéressante, et particulièrement complexe. On se positionne souvent par rapport au ressenti de l’animal, son bien-être, mais du point de vue d’un humain.

    Qu’en est-il réellement pour le chien ? S’adapter à un mode de vie humain n’est-il pas trop exigent par rapport à ses besoins naturels ? 

    Le chien est un animal social. En terme éthologique, cela signifie que son espèce a tendance à constituer des groupes qui vivent ensemble : il est donc très compétent pour s’adapter à d’autres individus. Ce qui rend le chien si exceptionnel, c’est qu’en plus, il peut développer ce type de relation avec d’autres espèces, comme c’est le cas avec l’homme depuis sa domestication, c’est-à-dire environ 10.000 ans !

    Donc le chien est très compétent pour adapter son comportement en fonction de l’humain avec qui il vit. L’adage dit « le chien lèche la main qui le frappe », cela signifie qu’il n’est pas rancunier, et peut même vivre dans un état de résignation sociale assez rapidement. Mais on ne se rend pas toujours compte de l’effort que fait le chien, par rapport à ses besoins naturels.

    1. Lui demander de rester seul 

    D’une manière générale, le chien, en tant qu’animal social, a besoin avant tout de présence autour de lui, et d’interactions (et il apprécie le contact physique, contrairement au chat). Le jeu social, qu’il a avec des congénères, ou des humains, peut occuper une part non négligeable de sa journée. C’est la première limite à s’imposer : on demande souvent à son chien de rester seul trop longtemps. Et ce n’est clairement pas un facteur de bien-être pour lui : anxiété, frustration, défaut d’activité… les conséquences néfastes sont variables d’un chien à l’autre (de l’absence de conséquence à des troubles comportementaux majeurs…).

    Tout futur propriétaire de chien se doit de se poser cette question en premier : a-t-il le temps et l’énergie pour fournir au chien les heures d’activité et d’attention qu’il demande, et ce pendant 15 ans ? Trop de personnes réalisent après coup le travail que représente un animal, et cela nuit à leur relation, et au bien-être du chien.

    Au final, il est donc difficile de donner trop d’attention à son chien. C’est plutôt nous qui n’arrivons pas à satisfaire ses besoins. Ce qu’on lui demande en trop, c’est de s’adapter à notre mode de vie mouvementé. Et dans ce cadre-là, il y a d’autres difficultés qui sont discutables.

    chien couverture

    2. Lui demander de faire ses besoins dehors

    L’apprentissage de la propreté est un bel exemple. Il s’agit, pour le chien, d’apprendre à éliminer à l’extérieur du domicile. Or, si l’humain a une belle notion de la propriété et des limites entre « l’intérieur » et « l’extérieur », ces notions sont étrangères au chien. Il faut donc lui apprendre à faire dans un emplacement plutôt favorable pour lui (avec une récompense par exemple), que le chien va délimiter selon ses critères. Et c’est la grosse difficulté : il faut pour cela que son maître soit clair et précis dans son éducation.

    Je vais illustrer avec un cas pratique : pendant des années, on recommandait d’utiliser un journal pour inciter le chiot à faire dessus, et ensuite lui apprendre à faire dehors. On demandait donc au chien d’apprendre à faire sur le journal, puis ensuite le journal devenait interdit : cette logique pouvait heurter le chien, qui ne comprend pas pourquoi un jour il est récompensé sur le journal, et pas le lendemain. Il est bien plus cohérent d’apprendre au chien à s’exécuter dehors directement (avec des renforcements positifs, par exemple).

    Gardez donc à l’esprit que le chien n’a pas la notion de propreté, et qu’il apprendra juste une habitude (faire sur l’herbe, dans le caniveau, pendant la balade…) qui en soit, ne correspond à aucun de ses comportements naturels d’élimination.

    3. Lui demander d’être d’un trop grand soutien

    Donc ce qu’on peut affirmer, c’est qu’on pèche souvent par incompréhension vis-à-vis du chien, en lui demandant trop d’efforts pour nous comprendre, sans tenir compte de ses besoins fondamentaux. L’humain peut être un partenaire exigeant, et le chien subit de plein fouet ses émotions, sans que son propriétaire s’en rende forcément compte. Il faut donc être soi-même bien dans sa peau, et ne pas compter sur le chien pour corriger un trouble dans sa vie d’humain : le chien risque de souffrir de ce statut de compensation, comme une éponge émotionnelle.

    On le voit très bien avec les chiens de travail, comme les chiens guide ou d’assistance. Ce rôle leur procure une grande satisfaction sociale (les races sélectionnées en sont souvent très demandeuses), mais on constate les efforts conséquents que réalise le chien tous les jours pour son maître. D’où l’importance d’avoir une relation saine et équilibrée avec le chien, afin que ces efforts soient pour lui un plaisir !

    Mais au-delà du chien de travail, il est donc important de ne pas faire du chien une réponse à notre propre détresse sociale. Une relation trop fusionnelle, avec un chien en dépendance affective, qui ne supporte pas l’absence de son maître un seul instant, est une relation déséquilibrée.

    4. Lui demander de répondre à toutes vos attentes

      chien ordre marcher laisse

      On sollicite trop souvent le chien pour des petites requêtes qui n’ont aucun sens dans un monde canin. Et pour le coup, cet apprentissage est un fil rouge qui dure toute la vie du chien.

      Par exemple, observez le comportement des enfants de maternelle quand on ouvre les portes des classes : un flot d’enfants courant et hurlant se précipitent souvent dans la cours. Imaginez maintenant que cette effusion de joie se trouve brutalement réprimée par un coup de laisse, et un rappel à l’ordre « Tais-toi ! ». Cela paraît grotesque, c’est pourtant exactement ce qu’on inflige à nos chiens, très souvent.

      On ne se rend pas compte de la quantité d’interdits avec lesquels on vit en permanence, toute la journée. Nous réalisons ces apprentissages dès le plus jeune âge, et cela paraît tellement évident pour nous qu’on ne les voit plus forcément. Mais il faut se méfier du nombre d’ordres qu’on donne à son chien, et de la nature coercitive de ces  requêtes.

      « Fais pas ça », « Mange pas ça », « Arrête de courir », « Chuuut », « Viens ici »… Je vois parfois des chiens se promener, mais de leur point de vue, la balade ressemble plus à une marche forcée pour faire les besoins rapidement qu’à une promenade d’exploration et de défoulement. Et le pire, c’est que le propriétaire, attentif à la rue, ne se rend pas compte de la quantité d’ordres qu’il donne à son chien. Pour lui, c’est naturel. Pour son chien, ça ne l’est pas.

      La conséquence : la résignation acquise

      A terme, le danger est que le chien ne cherche même plus à exprimer ses besoins. Si chaque fois qu’il manifeste un désir ou un besoin, il reçoit l’ordre de rester sage, il finit par ne plus éprouver ce désir. On appelle ce statut la résignation aquise : c’est un état mental auquel tous les animaux peuvent être confrontés (nous inclus), qui traduit l’absence presque totale de motivation et de plaisir dans la réalisation des comportements quotidiens. Or, il est fréquent de voir des chiens qui ont renoncé à exprimer leur besoins fondamentaux, et les propriétaires ne s’en rendent pas toujours compte. On peut observer des comportements de stress et d’anxiété, comme les TOC, les léchages abusifs, etc… mais ce n’est pas systématique, et souvent, les propriétaires ne détectent pas cette situation.

      La relation développée avec un chien ne doit donc pas s’établir sur un rapport asservissant systématique, cela doit être une relation équilibrée, où le chien peut, et est même invité à exprimer ses envies, et surtout ses besoins ! Il y a un écart entre offrir un petit plaisir de temps en temps, et céder systématiquement au caprice. Et on peut tout à fait faire preuve d’autorité et de rigueur, sans se priver : l’équilibre se doit d’être le maître mot de la relation !

      Dr Stéphane Tardif

      Docteur vétérinaire et rédacteur pour Wamiz

      https://wamiz.com

      La séduction animale en huit temps


      La séduction chez les animaux n’est pas quelque chose de vraiment romantique, car c’est pour mieux choisir qui sera le meilleur atout pour la nouvelle progéniture. Que ce soit par la danse, le chant, le combat ou même l’âge, chaque espèce animale a son mode de séduction
      Nuage

       

      La séduction animale en huit temps

       

      Un couple de Paradisiers rouges... (PHOTO TIRÉE DU COMPTE DE BIRDS OF PARADISE SUR PINTEREST)

       

      Un couple de Paradisiers rouges

      PHOTO TIRÉE DU COMPTE DE BIRDS OF PARADISE SUR PINTEREST

       

      SILVIA GALIPEAU
      La Presse

      Quand on sait que le panda produit naturellement près de mille parfums, que le chant de l’alouette connaît des centaines de variations et que nombre d’insectes offrent des cadeaux à leur dulcinée, la question se pose : que peut nous apprendre la nature en matière de drague ? Huit choses à savoir.

       

      1. Le mâle séduit, la femelle choisit

      Dans la plupart des espèces animales, c’est le mâle qui chante, danse ou se bat pour attirer l’attention de la femelle qui, par la suite, choisira le plus beau, le plus talentueux ou le plus fort des mâles disponibles. Pourquoi ? Disons pour résumer que deux stratégies s’affrontent : la quantité contre la qualité.

      D’un côté, « les mâles veulent copuler le plus possible pour assurer leur descendance », résume l’éthologue et primatologue Daniel Paquette.

      Et les femelles, elles, cherchent à sélectionner les meilleurs gènes.

      « Parce qu’elles portent les bébés, leur stratégie de reproduction ne peut donc pas être d’en avoir le plus possible. Elles visent plutôt la qualité de la progéniture. »

      2. Que les meilleurs chanteurs (et danseurs) gagnent

      L’alouette est capable de chanter pendant 40 minutes sans s’arrêter. En faisant sa parade nuptiale, l’albatros adopte plus de 20 postures différentes. Non, cela ne relève pas du tout de la coquetterie. En fait, chanter ou danser demande une force et une énergie insoupçonnées. C’est précisément ce que la femelle juge et évalue ici : lequel de ses prétendants a le plus de puissance et de vigueur ? Lequel léguera les meilleurs gènes à sa descendance ? Certainement pas les piètres danseurs !

       « La danse est une arme de séduction massive ! », dit le scientifique et humoriste Boucar Diouf, qui a écrit un livre sur le sujet (Pour une raison X ou Y).

      Une arme qui a autant de succès chez les humains, dit-il.

      « C’est démontré qu’un gars qui a une guitare sur son dos a bien plus de chance avec les filles qu’un humoriste qui raconte des blagues ! Ça, la cigale l’a compris ! »

      3. Gare aux cadeaux empoisonnés

      Tout comme le chant ou la danse, ce n’est pas (que) pour leurs beaux yeux que les mâles offrent des cadeaux aux femelles. En fait, quand un oiseau marin dépose un petit poisson au pied de sa douce, ou quand un goéland régurgite son dernier repas, c’est plutôt pour démontrer ses qualités de pêcheur, sa capacité à nourrir la femelle et éventuellement ses petits. Mais tous les mâles ne sont pas si bien intentionnés. Certaines espèces de mouches emballent leurs cadeaux d’une soie.

      « Ils gagnent du temps : pendant que la femelle déballe le cadeau, ils peuvent s’accoupler plus longtemps ! », illustre l’auteur Jean-Baptiste de Panafieu, qui vient de publier Séduire comme une biche, un essai sur le sujet.

      Et il y a pire : d’autres offrent carrément des paquets vides, afin de profiter gratuitement de la femelle pendant le déballage…

      4. L’avantage d’être bon bricoleur

      Chez certaines espèces, tout particulièrement chez les oiseaux, les mâles bricoleurs sont les plus appréciés des femelles. Toujours selon la logique voulant qu’il faille choisir le meilleur géniteur et le meilleur protecteur, chez les mésanges, notamment,

       « il y a véritablement une observation très poussée de la femelle lorsque le mâle fait son nid, poursuit Jean-Baptiste de Panafieu. Il faut que la construction soit belle et solide pour attirer la femelle ». « La femelle va pondre si le nid lui plaît. Et si le nid lui plaît vraiment, elle va aussi couver les petits. Sinon ? Elle les laisse au mâle et va voir ailleurs… »

      5. Le succès des femelles d’expérience

      De manière générale, les femelles préfèrent les mâles plus âgés, parce qu’ils sont plus forts, plus expérimentés et plus aptes à les protéger. Mais dans certains cas, ce sont plutôt les mâles qui favorisent les femelles d’expérience.

      « Les mâles chimpanzés préfèrent les femelles plus vieilles, car elles sont plus expérimentées comme mères et plus expérimentées sexuellement », signale le spécialiste des comportements animaux Daniel Paquette (à qui l’on doit Ce que les chimpanzés m’ont appris), en soulignant au passage que contrairement aux humaines, les femelles chimpanzés ne traversent pas de ménopause.

      6. Tout est dans la nature

      Un couple de cygnes noirs... (PHOTO THINKSTOCK) - image 1.0

       

      Un couple de cygnes noirs

      PHOTO THINKSTOCK

      Un exemple ? Chez les cygnes noirs d’Australie, 20 % des couples sont composés de deux mâles.

      « Et ils vont se débrouiller pour obtenir des petits, soit en séduisant une femelle et en la chassant après la ponte, reprend Jean-Baptiste de Panafieu, soit en piquant des oeufs à des couples hétéros. »

       Mieux : les petits auront ici une meilleure espérance de vie, car ils seront protégés par deux mâles. Sur le littoral européen, certaines espèces d’oiseaux forment carrément des « trouples », soit des couples composés de deux femelles et un mâle, s’accouplant entre eux et produisant plus de petits que la moyenne.

      7. Infidèle un jour…

      Un couple de ara hyacinthe. Ces perroquets sont... (Photo tirée du compte de PARROTS sur Pinterest) - image 1.1

      Un couple de ara hyacinthe. Ces perroquets sont monogames.

      PHOTO TIRÉE DU COMPTE DE PARROTS SUR PINTEREST

      On a longtemps cru que les oiseaux étaient des exemples de monogamie. Chez certaines espèces d’oiseaux marins (notamment les mouettes), on voit des couples se former, avoir des petits, s’en occuper ensemble, et durer jusqu’à la mort. Or, des recherches d’ADN récentes ont permis de démontrer que la réalité était tout autre.

      Ainsi, chez certains, « jusqu’à la moitié des petits sont d’un père non officiel », rit Jean-Baptiste de Panafieu.

      Et cette extra conjugalité n’est pas exclusive aux oiseaux, loin de là. Chez les marmottes, un petit sur trois est ainsi « illégitime ».

      8. Le mot de la fin

      Bien sûr, les parallèles avec l’espèce humaine sont faciles, rapides et surtout amusants à faire.

      « L’anthropomorphisme, pour faire sourire, c’est acceptable », dit Boucar Diouf.

      Mais n’allez surtout pas tirer ici de grandes leçons de vie.

      « Il est toujours extrêmement dangereux de faire des parallèles entre les mondes animal et humain », conclut le directeur général de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), biologiste et éthologue Luc-Alain Giraldo.

      Dans son livre Dans l’oeil du pigeon, il défend précisément cette thèse. Parce qu’au-delà des parades nuptiales, il y a aussi des pratiques animales franchement moins roses.

      « Ce n’est pas glamour, ce n’est pas romantique, mais dans la nature, il y a aussi plein d’animaux chez qui les mâles prennent de force les femelles. »

      Le meilleur (ou le pire) exemple est certainement celui de la punaise de lit. Imaginez-vous que madame n’a pas d’« orifice génital ». Monsieur, à l’inverse, en guise d’organe reproducteur, est doté d’un « poignard ». Pour la féconder, il doit donc littéralement la percer. Moins romantique que ça, tu meurs…

      http://www.lapresse.ca/