Le Saviez-Vous ► Comment on apprend la propreté aux enfants à travers le monde


Les bébés sont propres surtout vers 3 ans, quoique certains le sont plus tôt. On utilise des couches jetables ou lavables. Ailleurs, dans le monde, cela peut être différents dépendant du contexte économique, tradition, travail, disponibilité des couches… Quelle méthode est le mieux ? Des culottes avec une fente ? Des lavements peu après la naissance pour que les bébés soient propres au moins à 2 ans ?
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Comment on apprend la propreté aux enfants à travers le monde

 


Potty training | David D via Flickr CC License by

Potty training | David D via Flickr CC License by

Alma Gottlieb

Couches, pots et pantalons fendus, à deux ans ou dès la naissance, il existe plus d’une voie pour éduquer son enfant à être propre.

Un enfant de deux ans est-il trop jeune pour apprendre à faire ses besoins sur le pot? Pour la plupart des petits, c’est effectivement trop tôt. En particulier pour les garçons. C’est en tous cas ce que les pédiatres américains répondraient à cette question. Aujourd’hui, seul un enfant américain sur deux peut se passer de couches à l’âge de trois ans.

Si elles lisaient cela, les grands-mères chinoises seraient effarées, et diraient probablement qu’à l’aide des «pantalons fendus», la plupart des enfants peuvent être propres dès l’âge deux ans. Ce vêtement traditionnel est en effet pourvu d’une ouverture sur la couture de l’entrejambe, qui permet aux enfants d’uriner et de déféquer à leur guise sans souiller leurs vêtements. C’est le vêtement de prédilection de tous les petits Chinois qui vivent à la campagne.

Pas de modèle unique pour élever un enfant

Quand il s’agit d’évoquer les différentes méthodes d’entraînement à la propreté (et bien d’autres sujets concernant l’éducation des enfants), chacun a tendance à présenter son choix comme la seule option valable.

De nos jours, les parents sont confrontés à des conseils soi-disant fondés scientifiquement et présentés comme pertinents pour tous les enfants, même lorsque les différentes stratégies en question sont en conflit direct les unes avec les autres. Avec plus de 2.000 livres de conseils parentaux imprimés en anglais et pléthore de blogs sur l’éducation des enfants –il existe même une parodie du genre–, on comprend aisément pourquoi beaucoup de parents se sentent perdus quant à la façon d’élever leurs enfants.

En tant qu’anthropologue, j’étudie depuis 25 ans les pratiques liées à l’éducation des enfants dans le monde. Ayant vécu avec mon mari (l’écrivain Philip Graham) dans de petits villages de la forêt tropicale d’Afrique de l’Ouest pendant de longues périodes, je suis convaincue que nous, humains, sommes une espèce résiliente, capable de prospérer dans une foule de contextes différents.

La découverte de l’incroyable diversité des façons d’élever les enfants à travers le monde nous a incités à repenser et à modifier certaines des pratiques d’éducation des enfants de notre propre famille (autour du partage du lit, de l’indépendance et des tâches ménagères, par exemple).

Qu’on se le dise: il n’existe pas de modèle unique qui conviendrait à tous les parents du monde pour élever ses enfants. Pour diffuser ce message, mes collègues et moi-même avons écrit un essai intitulé «A World of Babies: Imagined Childcare Guides for Eight Societies», fondé sur nos études ethnographiques de terrain au long cours en Israël et dans les territoires palestiniens, en Chine, au Portugal, au Pérou, au Danemark, en Côte d’Ivoire, en passant par une communauté somalo-américaine de Minneapolis.

En détaillant les multiples solutions apportées aux défis quotidiens auxquels sont confrontés les parents du monde entier, nous espérons montrer qu’il existe plus d’une voie pour élever un enfant adapté à la vie en société –et permettre aux parents angoissés de se détendre!

Apprendre la propreté dès la naissance?

Alors, pourquoi les parents choisissent-ils une pratique éducative donnée plutôt qu’une autre? Souvent, c’est pour des raisons qui ont trait à l’argent et la disponibilité des produits. Étudions le cas de l’apprentissage de la propreté.

En Côte d’Ivoire, les mères Beng commencent à «entraîner» les intestins de leurs nourrissons quelques jours après leur naissance. Elles administrent en effet des lavements aux bébés deux fois par jour, à partir du jour où le cordon ombilical desséché du nouveau-né tombe. Avec cette pratique, au bout de quelques mois seulement, l’enfant ne défèque plus du tout en journée.

Comment expliquer une telle pratique, apparemment extrême? D’une part, les couches jetables ne sont pas disponibles dans les villages Beng –comme dans la plupart des pays du Sud. Et même si elles étaient vendues sur les marchés locaux, peu de familles pourraient se les acheter, dans des régions où l’on vit de l’agriculture de subsistance.

Rappelons aussi que pour la planète, les couches jetables posent problème, étant le troisième plus grand article de consommation dans les décharges, tandis leur production nécessite quelque 7 milliards de gallons de pétrole chaque année.

Mais la disponibilité et le coût des couches n’expliquent pas tout. La vie professionnelle et les valeurs d’une société donnée sont aussi des facteurs déterminants dans les choix des parents.

En Côte d’Ivoire (comme ailleurs en Afrique subsaharienne), les bébés Beng passent la plupart de leurs journées au dos de quelqu’un. Souvent, cette personne n’est pas la mère, puisqu’elle travaille dans les champs pour nourrir sa famille nombreuse. La société Beng (contrairement à la société chinoise traditionnelle) qualifie aussi tous les excréments (y compris ceux des bébés) de sales, et la pensée d’un bébé qui défèque sur le dos de quelqu’un produit du dégoût.

Compte tenu de l’attitude locale vis-à-vis des excréments, aucune baby-sitter ne s’occuperait d’un enfant susceptible de déféquer sur son dos quand elle le porte. Par conséquent, commencer un apprentissage de la propreté dès la naissance permet d’aider les mères à continuer de travailler aux champs. En ce sens, l’apprentissage précoce de la propreté favorise un approvisionnement alimentaire adéquat pour la famille de la mère.

Un observateur occidental pourrait frémir d’horreur à l’évocation de cette pratique, imaginant qu’il s’agit d’un traumatisme précoce pour l’enfant, qui en gardera forcément des séquelles émotionnelles. Mais, si l’on fait abstraction des ravages de la pauvreté qui peuvent mettre en péril leur santé et réduire les opportunités éducatives et économiques, ces bébés très tôt entraînés à la propreté semblent devenir des adultes aussi heureux et adaptés à la vie en société que les enfants qui portent des couches.

Le rôle du contexte culturel

Par rapport à ce qui la motive, cette pratique n’est pourtant pas si aussi exotique qu’elle y paraît de prime abord à un lecteur non-Beng.

Aux États-Unis et en Europe, le travail des femmes peut également dicter le calendrier d’entraînement au pot, mais avec un démarrage plus tardif. Beaucoup de crèches n’acceptent que les enfants complètement propres. Si une mère qui travaille manque d’options pour faire garder son enfant à domicile, elle peut s’efforcer de former son tout-petit à la propreté le plus tôt possible, afin de retourner travailler à plein temps.

Pour les mères au foyer ou les mères qui travaillent et dont les parents vivent suffisamment près pour prendre soin de leur enfant, différents contextes peuvent présider aux décisions en matière d’apprentissage de la propreté. Dans les territoires palestiniens, par exemple, de nombreuses femmes commencent à apprendre la propreté à leur enfant dès l’âge de 14 ou 15 mois. Ce n’est possible que parce qu’elles ne travaillent pas à l’extérieur de la maison; elles ont le temps. Une Palestinienne qui travaille commencera cet apprentissage plus tard, peut-être vers l’âge de deux ans. Comme les femmes de la famille élargie hamula») s’occupent de l’enfant pendant que la mère travaille, il n’y a pas de nécessité à commencer plus tôt l’apprentissage de la propreté.

Quand on prend la peine d’explorer le contexte local de la vie quotidienne des gens, certaines pratiques qui peuvent nous sembler exotiques, voire abusives –pantalons fendus, lavements infantiles– semblent soudain moins étranges.

Ouvrir l’esprit de nouveaux parents inquiets à d’autres manières d’élever des enfants peut apaiser leur angoisse de «mal faire» et de nuire à l’avenir de leur enfant. En réalité, il existe de nombreuses «bonnes façons» d’élever un enfant.

http://www.slate.fr/

Ces jumeaux qui vivaient il y a 30 000 ans ont été reconstitués virtuellement


Avec la technologie d’aujourd’hui, il est possible de reconstituer des visages de crâne même s’ils sont mort depuis plusieurs milliers d’années à la condition que les ossements soient très bien conservé surtout avec les millénaires qui nous séparent. Même sans cela, il est remarquable selon les chercheurs que ces homo sapiens avec leurs décorations avaient un niveau de culture insoupçonnées
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Ces jumeaux qui vivaient il y a 30 000 ans ont été reconstitués virtuellement

Crédits : Visual Science

Un garçon et une fille qui vivaient il y a environ 30 000 ans ont été virtuellement ramenés à la vie par une collaboration entre le studio Visual Science, l’Institut d’ethnologie et d’anthropologie de l’Académie des sciences russe et le Nauka o+ Science Festival, d’après Motherboard. Les visages de ces deux enfants du peuple Sungir, décédés à 10 et 13 ans, ont été recréés en 3D.

Enterrés l’un à côté de l’autre dans l’oblast de Vladimir, une région de l’ouest de la Russie, le corps décoré d’ocre rouge et la tombe pleine de cadeaux, ces deux enfants appartenaient au premier peuple humain à s’être installé en Europe du nord et de l’est. Par la modélisation 3D et le scan au laser des deux jeunes gens, l’équipe de scientifiques a réussi à produire des images – certes un peu confuses – de leurs adorables visages.

Les restes de Sungir 2 et Sungir 3 – grosse panne d’inspiration ce jour-là –, découverts dans les années 1960, ont été si bien préservés grâce aux vêtements à base de peau de mammouth qu’ils portaient, que les chercheurs ont réussi à mettre au point des images d’une impressionnante précision. Une vidéo de la reconstruction permet de voir l’étonnante scène de nos jeunes ancêtres ouvrir les yeux.

Pour Ivan Konstantinov, PDG de Visual Science, compagnie qui a déjà conçu des visuels 3D du virus Zika, le projet était une excellente manière de mettre en valeur ce « trésor mondial » qu’est selon lui la culture Sungir.

« Les vêtements spéciaux et les éléments décoratifs suggèrent un incroyable niveau de développement culturel parmi les Homo sapiens qui vivaient il y a 30 000 ans. »

Source : Motherboard

http://www.ulyces.co

Les Gaulois, amateurs de boomerang


Les archéologues semblent avoir trouvé un site vraiment intéressant a étudier. Et pour ceux qui pensent que les boomerangs sont d’origine Australienne, l’histoire prouve que bien des peuples ont utilisé cet outil. Celui des Gaulois était particulier, par sa forme, et quelques petits détails, mais, il semble qu’il servait pour la chasse
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Les Gaulois, amateurs de boomerang

Le « bâton de jet » gaulois découvert sur le site d’Urville-Nacqueville – Cyril Damourette

Des archéologues français ont découvert le premier boomerang gaulois. Il se trouvait dans l’un des principaux ports d’embarquements pour l’Angleterre à l’époque, jusqu’ici inconnu.

On ne sait si les vacanciers qui arpentent aujourd’hui les plages du Cotentin, chères à Boris Vian, sont adeptes du freesbee et d’autres objets volants. Mais il y a plus de deux mille ans, on pouvait probablement y apercevoir d’adroits Gaulois chassant les mouettes au boomerang. C’est ce que vient de montrer une découverte réalisée précisément sous l’une de ces plages, celle d’Urville-Nacqueville près de la Hague. Constamment trempé d’eau salée, le site a l’immense avantage de conserver la matière organique, et en particulier le bois, matériau de choix des Gaulois. Et c’est ainsi, dans un ancien fossé, qu’une équipe d’archéologues français a découvert le seul boomerang gaulois connu à ce jour. Il date de 120 à 80 ans av. J.-C., soit une trentaine d’années avant la conquête de la Gaule.

Face à ce morceau de bois plat et légèrement cintré, impossible de ne pas penser à un boomerang. Un objet volant, en tout cas. Et c’est ce que vont confirmer les analyses par la suite. Appelé en renfort, un spécialiste des boomerangs, Luc Bordes, du CNRS, l’examine attentivement.

Il constate que le fabricant du boomerang savait manifestement ce qu’il faisait. Il a choisi un bois léger, probablement du pommier ou du poirier. C’est toujours celui souvent employé par les fabricants des boomerangs actuels en Europe. Leur prédécesseur gaulois a sélectionné une branche courbe et y a taillé l’objet. Il en a sans doute soigneusement choisi les dimensions, d’un cinquantaine de centimètres de large et un peu moins d’un centimètre d’épaisseur. Elles offrent en effet une très grande stabilité en vol. Il en a méticuleusement poli les pales. Et profilé les bords : comme pour un avion, il s’agit d’un ingrédient important pour que le boomerang s’élève. Et le bout des pales est relevé, un paramètre essentiel pour atteindre des altitudes importantes.

La question que se posent alors les archéologues est : est-ce vraiment un boomerang ? Est-il susceptible de revenir dans la main de celui qui l’a lancé ? L’équipe décide d’en réaliser une réplique avec les outils d’époque, pour faire des tests.

Réponse : ce n’est pas à proprement parler à un boomerang. Car il n’est pas destiné à revenir dans la main du lanceur. Exit, donc, les jeux d’adresse auxquels se livraient certains aborigènes australiens du XIXe siècle. La majorité des bâtons de ce type, retrouvés par les archéologues ou décrits par les ethnologues, vont à peu près droit au but, sans demi-tour. Ce sont des armes de chasse.

Mais alors, que chassaient les Gaulois ? Lapin, lièvre, petit gibier ? Peu probable, car les bâtons nécessaires sont en général plus épais, plus grands et plus lourds. Il est plus vraisemblable que le bâton d’Urville, comme c’est le plus fréquent, serve à chasser les oiseaux. Soit pour les rabattre vers un filet. Soit en les atteignant directement. En général, les chasseurs visent un groupe d’oiseaux, prenant son envol ou déjà dans les airs. Ceux-ci sont fréquents dans les marais qui bordent alors le site d’Urville-Nacqueville. Et de nombreux ossements retrouvés lors des fouilles attestent que ces Gaulois ne dédaignaient pas les oiseaux : Fous de Bassan, goéland marin, bernache (genre d’oie), fuligule (canard plongeur), Guillemot de Troï Bref, les archéologues ont sans doute retrouvé un exemplaire de la mystérieuse arme de jet en bois que les Gaulois utilisaient pour chasser les oiseaux, et que mentionnera le géographe grec Strabon quelques décennies plus tard.

(plus d’informations sur le boomerang gaulois voir  plus bas)

Un port vers l’Angleterre

Petit plaisir de fouilles, le boomerang n’est pas cependant ce qui intéresse le plus l’équipe. L’important, c’est que ce site était une sorte d’ancêtre du tunnel sous la Manche.

Car jusqu’ici, « nous ne savions pas vraiment quelles relations entretenaient les Gaulois du continent avec leurs voisins de la future Grande-Bretagne », explique le responsable des fouilles, Anthony Lefort, de l’université de Bourgogne et du CNRS.

Faute de sites archéologiques, en particulier. Dans la région de Calais, personne ne sait, par exemple, où est Portus Itius, le port d’où s’embarqua César pour ses expéditions peu probantes vers la Grande-Bretagne. Sur la Manche, il y a bien un probable port identifié près de Saint-Malo, avec des indices de commerce transmanche. Mais les archéologues n’avaient pu fouiller qu’une toute petite partie du site pour cette période. Sinon, rien.

Ici, à Urville, les archéologues pensent avoir trouvé, enfin, un port important. D’abord, il y a tous ces bracelets en schiste noir. Matériau brut, ébauche, produit fini : toutes les étapes de la fabrication sont représentées sur le site. Les vestiges d’un atelier de confection, donc. Or ce schiste vient vraisemblablement de la région d’en face, le Dorset, en Angleterre à une centaine de kilomètres seulement. Et c’est précisément là que des archéologues britanniques ont découvert dans les années 1970 un grand port de la même époque, à Hengistbury Head.

En outre, il y a des indices très nets qu’Urville-Nacqueville accueillait des immigrés d’Angleterre. D’abord que certains adultes y sont inhumés en position fœtale comme dans le Dorset, alors qu’ils étaient généralement incinérés dans cette partie de la Gaule. Ensuite, parce que certaines des maisons y sont rondes, comme dans le Dorset, alors qu’elles sont rectangulaires chez les Gaulois de Normandie.

Enfin, ce n’est pas un site ordinaire. Parce que visiblement, pas mal d’argent y transite. Les archéologues ont en effet trouvé huit pièces en or, des statères. Anecdotique ? Non, car il ne s’agit pas, comme souvent, d’un trésor caché en attendant des jours meilleurs. Ici ce sont les pièces tombées des poches ou des bourses des passants gaulois, en seulement quelques décennies. Or en général, les Gaulois les plus riches sont des chefs, des aristocrates. Ils vivent dans des oppida, site de hauteur fortifiés. À Urville, il n’y a rien de tout cela. Il n’y a pas d’enceinte, et les défunts du cimetière semblent être de simples quidams.

En outre, les archéologues y ont trouvé un ensemble d’objets et de matières plutôt exotiques dans la région : ambre de la Baltique, perles de corail, lampes à huile méditerranéennes, dés à jouer. Ainsi que du vin. Or à l’époque, en Normandie, on paraît se ficher du vin comme de son dernier calva. Les tessons sont rarissimes. Ici, il y en a, et les Gaulois d’Urville semblent l’avoir utilisé comme offrande sur leurs bûchers funéraires.

Riches, joueurs, buveurs de vins italiens : le commerce transmanche à l’époque semble juteux pour les habitants d’Urville. Grâce aux taxes sans doute, sur les marchandises, comme le suggère un passage de la Guerre des Gaules.

Nicolas Constans

Note :

  • Le boomerang d’Urville fait à peu près 150 grammes et atteint souvent une cinquantaine de mètres.
  • Les fouilles se font seulement pendant les grandes marées. Car ce sont les seules périodes qui laissent aux archéologues à peu près vingt jours de travail continu.
  • Un article scientifique sur le boomerang, auquel ont également collaboré François Blondel et Patrice Méniel, est en train d’être soumis à la revue Gallia. Concernant le site, d’autres publications sont disponibles là.
  • Le boomerang n’est pas une exclusivité australienne, loin de là. Dans l’histoire, de nombreuses populations ont utilisé des boomerangs et autres bâtons de jet. Ou en tout cas il s’agit de l’utilisation la plus vraisemblable d’objets retrouvés par des archéologues, souvent confirmée par des tests. Le plus ancien objet de ce type date de 23 000 ans et a été découvert dans une grotte à la frontière slovaquo-polonaise. Il y en a deux de la même période que celui d’Urville mais ils sont quelques siècles plus anciens, venant d’Allemagne et des Pays-Bas. Mais la découverte la plus exceptionnelle est sans doute la vingtaine de boomerangs luxueux retrouvés dans la tombe de Toutankhamon. Des peintures égyptiennes décrivent assez clairement une chasse aux oiseaux en Égypte, où un officiel debout sur sa barque, aidé de servantes et de rabatteurs, entreprend de chasser des oiseaux avec cette arme.
  • Ce boomerang gaulois possède une particularité curieuse : il est recouvert cinq lamelles de fer, régulièrement espacées. Les tests n’ont pas permis de trancher. S’agissait de lester le boomerang, pour rendre sa trajectoire plus droite ? Ou le cuirasser un peu, pour amoindrir les chocs ? Quelques indices de réparations le suggèrent.
  • Pour le boomerang d’Urville et la plupart des exemplaires historiques, l’état du bois ne permet pas de mesurer un réglage important: une légère torsion des pales, qui lui permet de mieux planer et d’avoir une trajectoire plus stable. Les Gaulois l’obtenaient sans doute en ramollissant le bois à chaud (vapeur, trempage). Les chercheurs ont effectué ce réglage empiriquement.
  • Le bâton d’Urville ne revient pas dans la main du lanceur. En revanche, les tests ont montré qu’il amorce une légère boucle. Ce qui lui procure deux petits avantages. Celle de « ratisser » en quelque sorte la zone où se trouve sa cible. Mais surtout celle de retomber à plat, d’où un risque moindre de se casser.

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