Le Saviez-Vous ► Le chevalier d’Eon, homme ou femme ? Ce que disent les archives sur son sexe


Si le chevalier Eon ne m’est pas vraiment inconnu, c’est bien grâce aux mots croisés. Alors qu’il maîtrisait parfaitement l’art du déguisement allant jusqu’à se travestir au sexe opposé, il a fini par mettre le doute sur sa véritable identité sexuelle chez certaines personnes.
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Le chevalier d’Eon, homme ou femme ? Ce que disent les archives sur son sexe


Par Léia Santacroce

Le chevalier d’Eon peint par Thomas Stewart.© Philip Mould / Wikimedia Commons.

Charles d’Eon de Beaumont, diplomate de Louis XV passé maître dans l’art du travestissement, a toujours maintenu l’ambiguïté sur son sexe. Dans un ouvrage paru début octobre sur les archives diplomatiques françaises, le ministère des Affaires étrangères fait la lumière sur cette affaire.

Pour fêter les 10 ans du transfert des archives du Quai d’Orsay à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le ministère des Affaires étrangères a fait paraître début octobre un ouvrage qui fourmille de pépites historiques : Archives diplomatiques françaises : conservation, mémoire, découvertes (éditions La Martinière).

Parmi les documents présentés : le compte-rendu d’autopsie du chevalier d’Eon (1728 – 1810), tour à tour soldat, espion et diplomate de Louis XV. En attestent les mots du chirurgien et les dessins du peintre Charles Turner : le maître du travestissement était bel et bien doté d’un « organe masculin parfaitement développé », dixit Cédric Lefebvre, archiviste interrogé par France Inter.

Sans contrefaçon, le chevalier d’Eon était un garçon

Roi du déguisement (notamment célébré par Mylène Farmer dans sa chanson Sans Contrefaçon), Charles d’Eon de Beaumont est auréolé de moult légendes. Travesti en femme, il serait notamment parvenu à approcher la tsarine Elisabeth Ire à Saint-Pétersbourg et à la convaincre de faire alliance avec la France pendant la guerre de Sept ans (1756-1763).

Ont suivi des années en Angleterre, un temps comme secrétaire de l’ambassade de France, avant de se brouiller avec le roi.

« L’ancien agent secret se mue alors en agent provocateur, arborant des vêtements féminins dans tout Londres et affirmant à qui veut l’entendre avoir toujours été une femme. De quoi renforcer sa légende et le mystère qui l’entoure », peut-on lire sur le site de France Inter.

Un mystère aujourd’hui levé.

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Le Saviez-Vous ► 30 millions d’agents : Les animaux sont-ils le futur de l’es­pion­nage ?


Vous vous souvenez en avril dernier du béluga qui semblait domestiqué avait approché des pêcheurs en Norvège ? On a cru que c’était un espion pour le compte des Russes. Est-ce vrai ? Personne ne peut l’affirmer. Quoiqu’il en soit, il existe bel et bien des organisations qui utilisent des animaux pour l’espionnage. Il y a à les animaux marins, les oiseaux et des animaux terrestres. Pour ma part, on devrait laisser les animaux s’occuper de leurs propres tâches au lieu de les mêler aux idioties humaines.
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30 millions d’agents : Les animaux sont-ils le futur de l’es­pion­nage ?


Espions redoutablement discrets, les animaux accèdent à des endroits hors de portée des humains. Et leur intelligence est de mieux en mieux comprise.


par Mathilda Caron

Le mystère du beluga

Dans le nord de la Norvège, aux confins de l’océan Arctique, les vagues viennent mourir contre le récif aussi vite qu’elles naissent. En explo­­sant sur les coques de quelques bateaux, l’eau glacée inonde leurs ponts. Ce 25 avril 2019, près de l’île d’Ingøya, un petit groupe de pêcheurs attend patiem­­ment que des pois­­sons se prennent dans ses filets lorsqu’il aperçoit un animal au loin. Sous le ciel gris, les trois frères Joar, Havard et Erlend Hesten sont inter­­­loqués devant son corps laiteux, qui contraste avec les flots verdâtres. Ils découvrent avec surprise qu’il s’agit d’un béluga. L’ani­­mal s’ap­­proche sans crainte, comme s’il avait besoin d’aide, puis suit le navire jusqu’à Hammer­­fest, sur le conti­nent.

Un détail les intrigue : le cétacé porte un harnais, sur lequel ils parviennent à lire une inscrip­­tion :

« Équi­­pe­­ment de Saint-Péters­­bourg». Les trois hommes prennent des photos, des vidéos et envoient le tout à la direc­­tion de la pêche norvé­­gienne. Le béluga est rapi­­de­­ment soupçonné d’ap­­par­­te­­nir à l’ar­­mée russe et d’être… un espion. « Il a incon­­tes­­ta­­ble­­ment été entraîné », déclare Martin Biuw, cher­­cheur à l’Ins­­ti­­tut de recherche marine norvé­­gien de Bergen.

Or la marine russe « est connue pour entraî­­ner les belu­­gas à conduire des opéra­­tions mili­­taires », ajoute le biolo­­giste de la direc­­tion des pêches norvé­­gienne Jorgen Ree Wiig. « Ils gardent les bases navales, aident les plon­­geurs ou retrouvent de l’équi­­pe­­ment perdu. »

Même si « personne ne peut affir­­mer qu’il s’agit d’un animal mili­­taire », dixit Martin Biuw, et que certains croient recon­­naître en lui un théra­­peute pour enfants, les soupçons demeurent.

Car le voisin russe a l’ha­­bi­­tude de former des animaux à des fins d’es­­pion­­nage. En annexant la Crimée il y a cinq ans, à la faveur d’un mouve­­ment de rébel­­lion en Ukraine, Moscou a récu­­péré la flotte de mammi­­fères marins sur-entraî­­nés qui se trou­­vait dans la base mili­­taire de Sébas­­to­­pol.

Crédits : Jorgen Ree Wiig

Cette armada animale formée sous l’Union sovié­­tique a vite été reprise en main.

« Les ingé­­nieurs de l’Ocea­­na­­rium créent de nouveaux instru­­ments en vue d’uti­­li­­ser plus effi­­ca­­ce­­ment les grands dauphins et les otaries. Nos spécia­­listes œuvrent pour conce­­voir des appa­­reils envoyant un signal de détec­­tion d’une cible sous-marine par le dauphin sur l’écran d’un ordi­­na­­teur », explique un employé du centre de forma­­tion de dauphins à l’agence de presse russe RIA Novosti.

Mais à en croire Kiev, la forma­­tion à échoué. « Les animaux ont refusé de coopé­­rer avec les dres­­seurs russes et de manger. Ils en sont morts », a rapporté le repré­­sen­­tant ukrai­­nien pour la Crimée, Boris Babin.

En 2016, le minis­­tère de la Défense russe a aussi acheté plusieurs dauphins au delphi­­nium de Moscou, sans préci­­ser ce qu’il enten­­dait en faire. Les Améri­­cains doivent avoir une petite idée sur la ques­­tion. Aux États-Unis, la DARPA (l’agence de recherche mili­­taire du Penta­­gone) songe à utili­­ser des pois­­sons et autres animaux marins afin de détec­­ter les sous-marins enne­­mis dans les eaux inter­­­na­­tio­­nales. En 2018, elle annonçait le lance­­ment du Persistent Aqua­­tic Living Sensors (PALS), un projet qui consiste à placer des capteurs sur des animaux marins afin qu’ils réagissent au passage de submer­­sibles dans leur envi­­ron­­ne­­ment. Russes et Améri­­cains s’épie­­raient ainsi en eaux profondes, comme du temps de la guerre froide.

Zoo d’es­­pions

Dans les années 1960, le Krem­­lin et la Maison-Blanche ont investi beau­­coup de temps et d’argent afin de déter­­mi­­ner comment les animaux pour­­raient deve­­nir des espions. Les experts du Zoo IQ de Hot Springs, dans l’Ar­­kan­­sas, avaient notam­­ment passé un contrat avec le gouver­­ne­­ment pour former des animaux spécia­­li­­sés dans le travail de défense et de rensei­­gne­­ment.

« Il n’y a jamais eu un animal que nous ne pouvions pas entraî­­ner », confie le direc­­teur prin­­ci­­pal du programme, Bob Bailey.

Bailey doit cette idée à Burrhus Frede­­ric Skin­­ner, un psycho­­logue influencé par les travaux du célèbre méde­­cin et physio­­lo­­giste russe Ivan Pavlov. Formé à l’uni­­ver­­sité de Saint-Péters­­bourg, Pavlov est célèbre pour avoir montré l’exis­­tence d’un « réflexe condi­­tionné » chez le chien.

Au milieu du XXe siècle, Skin­­ner popu­­la­­rise pour sa part le « condi­­tion­­ne­­ment opérant ». Cette forme de dres­­sage par la répé­­ti­­tion repose sur deux éléments : le renfor­­ce­­ment posi­­tif, par l’ajout d’un stimu­­lus agis­­sant sur l’or­­ga­­nisme, et le renfor­­ce­­ment néga­­tif, par le retrait d’un stimu­­lus. Le psycho­­logue entre­­prend d’in­­fluen­­cer le compor­­te­­ment d’un animal au cours d’une expé­­rience. Il enferme un rat affamé dans une boite où se trouve un levier. Si le rat actionne ce levier, un morceau de nour­­ri­­ture tombe auto­­ma­­tique­­ment. Ce levier devient ainsi la seule chose impor­­tante pour le rongeur. En répé­­tant une action, il prend l’ha­­bi­­tude de la faire.

Crédits : IQ Zoo

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Skin­­ner reçoit un finan­­ce­­ment de la Défense pour un programme de recherche impliquant des pigeons. Le projet n’abou­­tit fina­­le­­ment pas mais il donne une idée à deux de ses étudiants. L’un d’eux, Keller Breland, ouvre le Zoo IQ avec sa femme, en 1955 à Hot Springs. Les visi­­teurs payent pour les voir pratiquer ce condi­­tion­­ne­­ment opérant sur des ratons-laveurs. Dix ans plus tard, Bob Bailey rejoint le Zoo IQ, au moment où des agences gouver­­ne­­men­­tales commencent à s’y inté­­res­­ser.

« Ils sont venus vers nous pour résoudre des problèmes épineux », explique Bailey.

C’est ainsi que naît le Navy’s Marine Mammal Program.

Jusqu’aux années 1960, la plupart des animaux utili­­sés lors de conflits étaient terrestres ou aériens. Pendant la Première Guerre mondiale, les moutons servaient à démi­­ner les terrains, les chevaux à trans­­por­­ter les soldats, les chiens à livrer des messages et les pigeons prenaient des photos. Mais quand l’océan se peuple de sous-marins russes et sovié­­tiques, chacun trouve un moyen de voir sous l’eau sans être vu.

Cher­­cheuse en écolo­­gie marine à l’uni­­ver­­sité norvé­­gienne de Trømso, Marie-Anne Blan­­chet a passé 15 ans à entraî­­ner des mammi­­fères marins.

« Ils ont des capa­­ci­­tés de nage et de plon­­gée qui sont évidem­­ment extrêmes, et ils sont beau­­coup moins soupçon­­nables que des plon­­geurs humains », explique-t-elle.

La plupart du temps, ils sont envoyés pour faire du repé­­rage, mais ils peuvent aussi réali­­ser des missions plus méti­­cu­­leuses.

« Je sais que des dauphins ont déjà été utili­­sés pour placer des mines sous les bateaux enne­­mis », raconte Martin Biuw.

Cet exemple rappelle les chiens anti-chars envoyés par les Sovié­­tiques se faire sauter sous les blin­­dés alle­­mands, pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Le proces­­sus d’en­­traî­­ne­­ment reste le même pour tous les animaux, c’est du condi­­tion­­ne­­ment opérant », pour­­suit Marie-Anne Blan­­chet.

Cela dit, certaines espèces s’avèrent plus effi­­caces que d’autres. Les dauphins souf­­fleurs et les phoques se sont montrés très perfor­­mants lors de plusieurs études, tandis que les bélu­­gas sont trop sensibles au froid et ne font pas preuve du même profes­­sion­­na­­lisme. On ne les a pas moins enrô­­lés pour effec­­tuer certaines tâches.

« Bien que les diffé­­rentes armées aient toujours été très à l’aise avec le fait d’uti­­li­­ser des animaux, les missions pour lesquelles ils sont entraî­­nés sont plus secrètes », pour­­suit Marie-Anne Blan­­chet. « En prin­­cipe, ce sont des missions de recon­­nais­­sance. »

Mais jusqu’où peuvent-ils aller ?

Matou acous­­tique

Pour les services de rensei­­gne­­ment, un animal a l’avan­­tage de ne pas être soupçon­­nable. La CIA a ainsi cher­­ché à s’ap­­puyer sur l’ap­­pa­­rence inof­­fen­­sive (quoique) des chats. Dans les années 1960, elle lance l’opé­­ra­­tion « Acous­­tic Kitty ». Le but est de créer un chat-espion en lui implan­­tant des micros et des trans­­met­­teurs radio afin qu’il écoute des conver­­sa­­tions à des endroits stra­­té­­giques. Pour sa première mission, le félin est lâché dans un parc près de l’am­­bas­­sade d’URSS, mais il est immé­­dia­­te­­ment renversé par un taxi. Des montagnes d’ef­­forts sont terras­­sés en une seconde. L’échec est patent. Après plusieurs tenta­­tives, les experts concluent qu’en­­traî­­ner des « chats espions » ne paye pas.

Jack H. Hethe­­ring­­ton croit davan­­tage en eux. Ce physi­­cien de l’uni­­ver­­sité du Michi­­gan juge son chat si doué qu’il signe un article scien­­ti­­fique de sa patte. Le nom F. D. C. Willard qui appa­­raît sous l’ar­­ticle e 1980 « L’hé­­lium 3 solide : un anti­­fer­­ro­­ma­­gné­­tique nucléaire » est ainsi celui de l’ani­­mal. Une étude parue dans la revue Beha­­viou­­ral Processes en 2016 montre d’ailleurs que les félins ont une mémoire épiso­­dique et qu’ils comprennent certaines lois de la physique.

Acous­­tic Kitty

Ces recherches ne permettent pour l’heure pas à la CIA, au FSB ou à la DGSI de les enrô­­ler. Fina­­le­­ment, les agences s’en remettent à de bonnes vieilles méthodes. En 2016, le Liban capture un vautour qui porte une bague d’iden­­ti­­fi­­ca­­tion israé­­lienne ainsi qu’un émet­­teur. Les auto­­ri­­tés liba­­naises sont persua­­dées qu’il s’agit d’une tactique d’es­­pion­­nage de la part d’Is­­raël, et ce ne serait pas la première fois. Quelques mois plus tôt, des membres du Hamas ont capturé un dauphin équipé de camé­­ras, au large de la bande de Gaza. Ils le suspectent immé­­dia­­te­­ment d’ap­­par­­te­­nir à l’État hébreux. À la même période, l’Inde accu­­sait le Pakis­­tan de lui envoyer des pigeons espions.

En théo­­rie, les candi­­dats au poste d’es­­pion sont nombreux : les pieuvres démontrent des capa­­ci­­tés d’in­­tru­­sion hors du commun et les primates étonnent par leurs apti­­tudes quasi-humaines. Leurs compor­­te­­ment sont d’au­­tant plus promet­­teurs que nous avons encore beau­­coup à en apprendre sur eux.

« Je ne pense pas qu’ils pour­­ront un jour commu­­niquer quoi que ce soit par eux-mêmes », nuance Martin Biuw. « Mais ils peuvent aider les services de rensei­­gne­­ment par le biais d’équi­­pe­­ments plus évolués, comme une caméra ou un micro plus sophis­­tiqués, augmen­­tés d’IA, par exemple. »

Couver­­ture : Animal AI Olym­­pics

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Le Saviez-Vous ► Une bataille navale de la Seconde Guerre mondiale a eu lieu dans le fleuve Saint-Laurent au Québec


J’ai appris beaucoup sur ce billet une partie de l’histoire du Québec lors de la Deuxième Guerre mondiale. En fait, je ne me souviens pas que ces faits ont été présentés dans les cours d’histoire à l’école secondaire. Bien sûr, on parlait de guerre avec les colons qui ont conquis l’Amérique surtout quand l’Angleterre et la France étaient en guerre, les Français et anglais étaient aussi en guerre en Amérique. Il semble que je ne sois pas la seule (heureusement) qui ignore cette partie de l’histoire de sous-marins allemand présent dans le fleuve Saint-Laurent et autres eaux canadienne. Le pire a cette époque la barrière de la langue (anglais, français),a été un obstacle important lors des premiers signes de la présence de ces sous-marins et l’armée n’a pas vraiment été efficace sauf vers la fin
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Une bataille navale de la Seconde Guerre mondiale a eu lieu dans le fleuve Saint-Laurent au Québec

Un U-Boat

Sous-marins allemands dans les eaux québécoises

 

Pierre Vennat
Journaliste-historien

Ce texte a d’abord été publié dans le magazine en ligne HistoMag’44, no77 (mai 2012). Il est reproduit avec l’aimable autorisation de ses éditeurs.

Au printemps 1942, quand les Québécois surent que des sous-marins allemands s’aventuraient jusqu’à torpiller des navires dans le fleuve Saint-Laurent, en face de Rimouski, ils réalisèrent que la guerre n’était pas aussi lointaine que certains voulaient leur faire croire et que l’ennemi, somme toute, était à leurs portes.

Un U-Boat

Un U-Boat

On ne sait trop quand le premier sous-marin allemand se pointa au Québec, mais l’on sait que le 11 mai 1942, le gardien du phare de Cap des Rosiers, au Québec, appela sans attendre la base militaire de Gaspé, après avoir appris qu’un pêcheur gaspésien avait aperçu un « tuyau de poêle » qui dépassait de l’eau. Plusieurs autres pêcheurs s’étaient également plaints de filets déchiquetés, ce qui semblait confirmer la thèse d’un sous-marin et le gardien du phare fut dès lors convaincu qu’un étrange sillon qu’il avait lui-même aperçu dans la journée, avait été causé par un périscope.

Malheureusement, le personnel de la base de Gaspé ne parlait pas français et notre gardien de phare ne parlait pas anglais. Son cri d’alarme demeura donc incompris pendant quelques jours. Mais le gardien de phare avait vu juste : le « tuyau de poêle » était bel et bien le périscope du sous-marin U-553 sous les ordres du commandant Karl Thurmann,

Une heure avant minuit, en ce 11 mai 1942, le sous-marin fit surface dans la nuit et aperçut le navire britannique SS Nicoya. Deux torpilles furent lancées dans sa direction, mais une seule suffit. Le SS Nicoya coula immédiatement. Deux heures et 45 minutes plus tard, c’est le cargo néerlandais Leto qui fut coulé.

Les forces de l’armée et de la marine canadiennes avaient été complètement prises par surprise. Douze personnes avaient perdu la vie, les premières victimes de la guerre en sol canadien. Il y eut heureusement des survivants et les Gaspésiens, qui avaient mis à l’eau leurs bateaux de pêche pour leur venir en aide, les acheminèrent à l’Anse au Verseau et à Cloridorme où les habitants furent d’une aide précieuse dans l’évacuation des rescapés.

Pour la première fois depuis la guerre de 1812 contre les Américains, le Canada était attaqué sur son propre territoire, mais cette fois-ci,  le gouvernement a tout fait pour que la population ignore le danger. La stratégie du gouvernement canadien fut de taire au maximum cet épisode de son histoire, afin « de ne pas divulguer des informations importantes à l’ennemi ». C’est pour cette raison que l’invasion du fleuve Saint-Laurent par les Allemands demeure encore aujourd’hui, un chapitre d’histoire largement inconnu des Québécois.

Ces premiers succès encouragèrent les Allemands à envoyer de nouveaux sous-marins dans l’embouchure du Saint-Laurent et le 6 juillet, trois navires marchands furent coulés coup sur coup : les SS Dinaric, SS Haineault et le SS Anastasios, toujours au large de Cap Chat, tandis que le SS Frederika Lensen fut lui aussi attaqué quelques jours plus tard au large de Grande Vallée, mais heureusement, ne fut pas coulé. On ignore le nombre de pertes humaines causées par ces attaques.

Les attaques se multiplièrent jusqu’en octobre 1942. Pas moins de 15 autres navires furent coulés, faisant au moins 231 morts connues.

La pire tragédie imputable aux sous-marins allemands durant cette période est survenue hors des eaux québécoises mais toujours en eaux canadiennes. Il s’agit du traversier SS Caribou,, un bâtiment évidemment civil, qui faisait la navette entre Sydney en Nouvelle-Écosse et Port-aux-Basques, Terre-Neuve et qui, coulé par une torpille, entraîna dans  la mort 136 personnes, dont dix enfants.

Ces attaques ne pouvaient pas être tenues secrètes éternellement, vu le nombre considérable de gens de la région qui étaient au courant. Sasville Roy, député de Gaspé, plongea le ministre de la Marine Angus MacDonald dans l’eau bouillante en l’interrogeant de son siège de député et déclencha tout un débat sur la présence des sous-marins ennemis dans les eaux québécoises.

Amenant des faits précis pour appuyer sa thèse, Sasville Roy déclara que « nos gens se demandent comment il se fait que des avions survolent la région quand il ne se passe rien et disparaissent quand l’ennemi attaque », allant jusqu’à affirmer que quel que soit le nombre de navires coulés dans le fleuve ou dans le golfe ou dans les environs de Terre-Neuve, « la bataille du Saint-Laurent a été perdue par imprévoyance et manque d’organisation ».

Carte du fleuve Saint-Laurent

Carte du fleuve Saint-Laurent

Il était difficile pour le ministre de réfuter les faits puisque vers la fin de juillet 1942, à midi pile,  par une belle journée, un sous-marin allemand torpilla un navire à Griffin-Cove, exactement en face de la maison du député Roy. Comme la bataille s’engageait, un de ses voisins téléphona d’urgence à Gaspé, demandant qu’on informe la base aérienne. La bataille se poursuivit pendant une heure et demie et pourtant, aucun hydravion de la base de Gaspé, située à seulement six kilomètres de là, ne se pointa. Il n’en vint que le lendemain après-midi, alors que, bien sûr, le sous-marin ennemi avait depuis longtemps plié bagage.

Le député Roy mentionna trois autres attaques survenues en septembre et affirma que toute la population de son comté savait qu’aucun avion canadien n’avait participé à ces batailles au cours desquelles des navires avaient été coulés par des sous-marins ennemis.

Citant un cinquième cas, le député Roy souligna que toujours en septembre, un sous-marin fut repéré par le gardien du phare de Cap-des-Rosiers. Le gardien téléphona  aussitôt à l’officier en charge des opérations de défense dans le secteur. Quelques minutes plus tard, un convoi s’approcha en direction du phare, là même où le gardien avait aperçu le sous-marin. Des jeunes filles du village montèrent alors dans le clocher de l’église du village pour voir ce qui allait se passer et en peu de temps, le convoi arriva au-dessus du sous-marin, deux navires ont été coulés en quelques minutes mais aucun avion ne s’est montré pour aider les corvettes.

« La population civile savait et surveillait ce qui allait se produire. Seuls la marine et la aérienne semblaient l’ignorer », lança le député Roy aux Communes.

Le ministre MacDonald rétorqua en promettant que les défenses du Saint-Laurent seraient lus fortes en 1943 qu’elles ne l’avaient jamais été.

« Nous aurons plus de navires pour monter la garde. Mais je ne puis garantir que même si nous triplons le nombre de navires de guerre, aucun coulage ne se produira. C’est impossible et cela serait impossible, même si toute la marine canadienne abandonnait les postes où elle nous défend pour monter la garde dans le golfe Saint-Laurent. Aucun pays ne peut le faire. »

La capture de l’espion Janowski

Quant aux espions allemands qui auraient pu se trouver dans la région du Saint-Laurent, le ministre déclara que chacun devait réaliser que de parler de la prise ou de la capture d’espions serait rendre service à l’ennemi. Mais un cas, au moins, est connu.

Le 8 novembre 1942, un message codé d’un  sous-marin allemand se trouvant dans la baie des Chaleurs et ayant pour mission d’embarquer un espion et de le ramener en Europe fut intercepté par l’armée canadienne. Se rendant compte qu’ils étaient découverts, les Allemands prirent la poudre d’escampette et abandonnèrent leur espion en sol québécois.

Werner Janoski se cacha d’abord dans une grange abandonnée. Janowski, officier de l’Abwher parlait un français impeccable, mais se prétendant né à Québec, son accent curieux intrigua l’hôtelier Earl Annett, de New Carlisle, où il s’était présenté pour louer une chambre. Puis Janowski commit quelques bourdes. Il voulut payer sa chambre avec un vieux billet canadien qui avait été retiré de circulation en 1920. Puis il sentait le diesel, curieux pour quelqu’un qui prétendait être arrivé par autobus, d’autant que les horaires d’autobus venaient d’être changés avec le passage à l’heure avancée et que par conséquent, il était impossible qu’il soit arrivé à l’heure qu’il prétendait être arrivé. Et enfin, il alluma sa cigarette avec des allumettes françaises et eut la maladresse d’abandonner le carton sur le comptoir de l’hôtel.

Il n’en fallut pas plus pour que les Annett appellent la police, mais Janowski avait réussi à partir et à monter à bord d’un train en direction de l’ouest. Prévenue, la police l’attendait à Bonaventre, où il fut capturé par un agent de la Police provinciale qui le remit ensuite aux mains de la Gendarmerie royale. Dans sa valise, se trouvait un radio émetteur. Janowski, une fois interné, agit comme agent double et achemina, sous contrôle de la GRC, de faux messages en Allemagne, destinés à dérouter l’ennemi. C’est le seul cas connu d’espion capturé au Québec.

Jean-Paul Desloges, nommé coordonnateur

Afin d’éviter les incidents de l’année précédente, le premier ministre William Mackenzie King annonça, au printemps 1943, la nomination du chef d’escadrille (major d’aviation) Jean-Paul Desloges, héros de la bataille aérienne de Grande-Bretagne, comme officier de coordination de la défense de la région de Gaspé et du Saint-Laurent. Sa tâche consistait à coordonner le travail dans la région de  la marine, l’armée et l’aviation actives, l’armée de réserve, la Gendarmerie royale, la Police provinciale du Québec, les Comités de protection civile et le Service de détection des sous-marins, afin qu’ils collaborent ensemble et se tiennent au courant de ce que chacun faisait. Des milliers de civils de la région furent appelés à contribuer au Service de détection des sous-marins ainsi qu’aux Comités de protection civile.

 

Le chef d’escadrille Desloges, ancien policier de la Gendarmerie royale du Canada, s’était joint à l’aviation canadienne comme pilote dès 1937, et avait été l’un des premiers officiers canadiens engagés dans la Bataille de Grande-Bretagne. Blessé au combat en août 1940, il perdit un œil et avait dû être rapatrié au pays et fut éventuellement promu commandant d’escadre (lieutenant-colonel d’aviation). Après quelques mois au poste d’officier de coordination de la lutte contre les sous-marins dans le Bas Saint-Laurent, le commandant d’escadre Desloges avait été nommé attaché de l’air de la mission canadienne à Alger auprès du Comité de libération de la France libre et, en mai 1944, alors qu’il faisait une tournée des aérodromes français de l’Afrique du Nord, il devait trouver la mort dans l’écrasement de l’avion qui le transportait et fut inhumé à Rabat, au Maroc.

Dès le début de juin 1943, des cours spéciaux de détection de sous-marins et d’avions suspects  furent donnés par des instructeurs qualifiés aux habitants de chaque localité des bords du Saint-Laurent. Des exercices de détection et d’alerte furent faits et une double campagne d’éducation populaire fut entreprise pour inviter la population à collaborer à cette défense collective d’une part, mais également pour inviter les gens à garder le plus grand secret sur le mouvement des navires. Enfin, un triple réseau de communications téléphoniques fut également mis en place de façon à fonctionner 24 heures sur 24.

En 1943, les U-boot allèrent surtout semer la terreur dans d’autres eaux, mais firent néanmoins deux incursions dans les eaux canadiennes pour tenter d’aider des prisonniers de guerre allemands à s’enfuir du Canada. C’est ainsi qu’en septembre 1943, le U-536 pénétra dans la Baie des Chaleurs pour embarquer des fugitifs, évadés d’un camp de prisonniers de guerre de Bowansville, en Ontario. Mais, prévoyant le coup, la marine canadienne avait dépêché un destroyer, trois corvettes et cinq dragueurs de mines avec mission de fermer la Baie et d’en chasser les sous-marins. Finalement, le seul évadé qui avait réussi à se rendre jusque sur les bords du Saint-Laurent fut arrêté mais le U-536 réussit à s’enfuir.

En octobre l944, les U-Boats revinrent toutefois dans le golfe du Saint-Laurent et le 14 octobre, la frégate militaire HMCS Magog fut torpillée au large de Pointe-des-Monts, à seulement 200 milles (330 kilomètres) de la ville de Québec. Bien que considérée une perte totale, la frégate ne coula pas. Idem pour le SS Fort Thompson, qui fut attaqué le 2 novembre, à seulement 170 milles (270 kilomètres) de la Vieille capitale (Québec).

Le SS Shawinigan, coulé en novembre 1944 avec 94 hommes à bord.

Le SS Shawinigan, coulé en novembre 1944 avec 94 hommes à bord.

Malgré le désastre du ferry SS Caribou, le service de traversiers entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve continua ses activités, mais cette fois-ci les traversiers étaient escortés par des navires militaires. C’est ainsi que le 25 novembre 1944, la corvette HMCS Shawinigan qui escortait le traversier SS Burgeo, fut torpillée par un U-Boat allemand. Les 94 hommes à bord disparurent au fond de l’eau et aucun cadavre ne fut même retrouvé.

Les attaques se poursuivirent encore quelque temps. En fait, la dernière attaque en eaux canadiens survint moins d’un mois avant la fin de la guerre alors que le sous-marin allemand U-190 coula le HMCS Esquimalt au large de la capitale de la Nouvelle-Écosse, Halifax.

On recense donc 28 attaques et 23 bateaux coulés ainsi que des centaines de victimes dans les eaux canadiennes par des sous-marins allemands, la plupart dans le golfe et le fleuve Saint-Laurent, en territoire québécois.

Pourtant, encore aujourd’hui, la plupart des gens, tant ici au Québec qu’en Europe, ignorent complètement l’existence de cette page d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale qui ensanglanta les eaux du Saint-Laurent.

http://www.lequebecetlesguerres.org/

Les poupées connectées: des espionnes en herbe, selon des associations de consommateurs


Qu’importe le moment qu’on offre ce genre de poupée à des enfants, il est important de prendre conscience que ce jouet a un gros problème de sécurité via Internet
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Les poupées connectées: des espionnes en herbe, selon des associations de consommateurs

 

Rédaction du HuffPost avec AFP

À l’approche des célébrations de Noël, des associations de défense des consommateurs mettent en garde. Certains jouets connectés sont susceptibles de se transformer en « espions » en herbe, contrôlables à distance par un simple téléphone portable, préviennent les organismes américains et européens qui ont décidé de porter plainte.

Les craintes des défenseurs de la vie privée portent notamment sur deux jouets: « Mon amie Cayla » et « i-Que », qui requièrent l’utilisation d’une application sur téléphone ou tablette pour fonctionner, explique l’Association européenne de défense des consommateurs (BEUC) dans un communiqué publié mardi à Bruxelles.

Ils sont manufacturés par Genesis Toys, qui se revendique numéro 1 mondial du jouet connecté, basé à Hong Kong.

Les enfants ont la possibilité de poser des questions simples aux poupées qui leur répondent. Toutes les conversations sont téléchargées, de façon cryptée, sur un serveur tiers.

Une étude de l’organisme indépendant de protection des consommateurs norvégiens (Forbrukkerradet), sur laquelle se basent les plaintes des différentes associations et que l’AFP a pu consulter, souligne toutefois que le fonctionnement de « Cayla » et « i-Que » comme de simples écouteurs Bluetooth les rend particulièrement vulnérables.

« Il est très facile pour n’importe qui de se connecter à la poupée. Donc, si vous êtes à proximité de la poupée et qu’elle est allumée, il est facile pour un inconnu par exemple de se connecter et de parler au travers de la poupée et d’écouter ce que les gens disent au travers de cette connexion », a expliqué à l’AFP Finn Myrstad, responsable de la section Services numériques au Conseil norvégien des consommateurs.

« C’est un problème de sécurité qui a été signalé au fabricant il y a presque deux ans. Ils auraient dû l’avoir réparé depuis », a-t-il regretté.

Le rapport norvégien fait une recommandation simple, une légère modification: exiger un accès « physique » pour la connexion, comme presser un bouton pour valider le jumelage entre appareils.

Où finissent les données?

Dans son communiqué, le BEUC déplore en outre que toute parole prononcée par l’enfant joueur soit transférée vers la compagnie Nuance Communications, spécialisée dans la technologie de reconnaissance vocale.

Dans leur projet de plainte contre Genesis Toys et Nuance Communications devant la Commission fédérale du Commerce (FTC), quatre associations américaines soulignent que Nuance – qui affirme utiliser les données recueillies pour améliorer ses produits – vend sa technologie à des agences militaires, de renseignement et de police.

Au moins 18 associations de défense des consommateurs et de protection de l’enfance dans 15 pays européens et aux États-Unis vont porter le dossier devant les autorités concernées. Un troisième jouet, « Hello Barbie », est concerné par l’étude norvégienne. Le cas de la poupée, non commercialisée en Europe, avait déjà été soulevé chez nos voisins du sud par les défenseurs de la sécurité en ligne.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► Une petite histoire des bouffons du Roi


On voit souvent dans les films du temps du Moyen-âge, des gens habillés en bouffon dans le but de divertir le roi. Ces personnes avaient un statut particulier et pouvaient être très proche du roi
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Une petite histoire des bouffons du Roi

Photo: Yvon Deschamps

Yvon Deschamps, incontestablement un des plus grands humoristes du Québec, est né le 31 juillet 1935. Profitons de ses 80 ans pour nous intéresser à l’histoire de l’humour et plus particulièrement aux ancêtres des humoristes actuels: les bouffons du roi!

Des mots aux origines très anciennes

Photo: « Fou du roi », William Merritt Chase (1874)

On les appelait bouffon ou fou du roi. Saviez-vous que ces deux noms tirent leurs origines du grec et du latin? Le mot bouffon nous viendrait en effet d’anciennes cérémonies religieuses de la Grèce antique appelées « bouffonies », pendant lesquelles on sacrifiait un boeuf. L’origine du fou du roi vient quant à elle du latin. Le mot « follis » signifie un sac d’air vide, laissant sous-entendre que les fous du roi étaient parfois un peu simples d’esprit.

Un métier du Moyen Âge

Photo: « Laughing Jester », possiblement par Jacob Cornelisz van Oosstsanen (circa 1500)

Les bouffons ont commencé à travailler dans les cours royales d’Europe au Moyen Âge, en lien avec la montée en puissance des rois. Ces derniers voulaient se divertir simplement pendant les repas et comment ils étaient souvent entourés de gens qui ne cherchaient qu’à user de flatteries, ils désiraient aussi entendre la vérité. Comme les bouffons étaient souvent des gens un peu simplets, ils étaient incapables de mesquineries et disaient ce qui leur passaient par la tête!

Des gens d’une classe à part

Photo: Le bouffon loyal du Roi Lear

Les bouffons n’appartenaient à aucune classe sociale précise et ils étaient classés en deux catégories: naturels ou officiels. Les bouffons dits naturels étaient souvent des simples d’esprits alors que les autres étaient choisis pour leur intelligence et leur capacité à faire rire, en usant surtout de l’ironie. Les deux étaient officiellement excusés pour leurs pitreries. Un parce qu’il ne pouvait s’en empêcher, et l’autre par permission légale du roi. Bien qu’ils ne faisaient parti d’aucune catégorie, ils étaient en même temps très proches du roi, au point d’avoir le droit de se moquer de lui et de ses travers. Certains ont même servi d’espions royaux!

Un uniforme particulier

Photo: Le fou du roi tenant une marotte, Heinrich Vogtherr (1540)

Pour se distinguer des autres classes de gens présents à la cour, la plupart des bouffons avaient un uniforme. Celui-ci devait être coloré et le bouffon devait porter un chapeau qui pouvait rappeler parfois les oreilles d’un âne, souvent agrémenté de grelots. Il disait des blagues, chantait et dansait lors des banquets. Mais il pouvait également frapper sur la tête des gens avec sa marotte, soit un bâton dit de la folie, surmonté d’une tête à l’allure grotesque!

Deux bouffons célèbres

Photo: Henry VIII et sa famille. Dans l’alcôve de gauche, Jane la Folle et dans l’alcôve de droite, William Sommers (1545)

Le roi Henry VIII d’Angleterre et sa deuxième épouse, Anne Boleyn, ont chacun eu un fou et une folle à leur service, que nous retrouvons dans les archives de la cour anglaise du 16e siècle. Jane la Folle, une femme chauve à l’esprit un peu simple, semble avoir accompagné Anne Boleyn un peu partout alors que cette dernière était la maîtresse puis l’épouse d’Henry VIII. Le roi lui-même avait son bouffon, William Sommers, qui parvenait même, par l’humour, à faire réaliser au souverain qu’il dépensait trop. Les gens de la cour des Tudors le craignait, car il pouvait aisément les humilier face au roi. 

Spécialiste en histoire ancienne, Evelyne Ferron

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Le Saviez-Vous ► Le top des disparitions mystérieuses


Des disparitions d’aviateurs, d’artistes, d’enfants, et autres qui sont demeuré des mystères, car il a été impossible de retrouver leur trace morte ou vivant
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Le top des disparitions mystérieuses

 

Le monde regorge d’histoires de disparitions non-élucidées. Ces affaires bien troublantes, ne laissent souvent derrière elles aucune trace, si ce n’est que des spéculations et hypothèses. Voici 10 histoires de disparitions mystérieuses, qui continuent d’intriguer et de déconcerter.

Richey Edwards

disparitions étranges

En février 1995, Richey Edwards, le guitariste des Manic Street Preachers,  un groupe punk gallois,  se volatilisa sans laisser de traces. Le musicien était attendu aux États-Unis pour débuter une tournée quand il fut aperçu pour la dernière fois quittant un hôtel de Londres pour se rendre à son appartement à Cardiff. Sans nouvelles, ses proches contactèrent les autorités. On trouva son véhicule deux semaines plus tard, abandonné  dans le parking d’une station de service.  Après 13 longues années sans aucun signe de vie de la part de leur fils, les parents d’Edwards le déclarèrent légalement mort. Sa disparition reste encore aujourd’hui inexpliquée, mais beaucoup de ses fans espèrent qu’il est bien vivant, quelque part, à profiter de son anonymat.

Les enfants de la famille Sodder

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Rien n’est plus angoissant pour un parent que de perdre son enfant. Pour George et Jenny Sodder,  cette angoisse s’est multipliée par cinq la nuit du réveillon de Noël de 1945. Quand leur résidence fut la proie des flammes, les Sodder crurent perdre cinq de leurs dix enfants. Pourtant, on ne retrouva aucun corps dans les débris de l’incendie. L’absence de corps ainsi que la découverte du fil de téléphone coupé laissa présager que Martha, Jennie, Louis, Maurice et Betty n’auraient pas péri, mais plutôt qu’ils auraient été enlevés. Malgré tout, l’affaire n’a jamais été résolue, au grand désarroi de George et Jenny Sodder.

Jim Thompson

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Espion américain durant la Deuxième Guerre mondiale, Jim Thompson était un homme hors du commun. Après la guerre, il s’installa en Thaïlande pour y démarrer sa compagnie de production et d’exportation de soie. Quand en mars 1967, il ne revint pas d’une promenade dans les Cameron Highlands, en Malaisie, on débuta alors une chasse à l’homme. Malheureusement, on ne retrouva aucune trace de l’homme d’affaire. Son passé en tant qu’espion laisse penser certains qu’il aurait été kidnappé. Sa disparition continue toujours d’intriguer les curieux et sa maison à Bangkok est devenue une attraction touristique.

Le vol 19

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Constitué de 5 avions torpilleurs de la marine américaine, le vol 19 a capté l’attention du public en décembre 1945 en disparaissant entre la Floride et les Bahamas.  Sans nouvelle des torpilleurs, la marine envoya un hydravion à leur recherche. Celui-ci explosa dans les airs au-dessus de ce que l’on nomme aujourd’hui le triangle des Bermudes. On attribuât l’explosion à un défaut mécanique. On ne retrouva aucune trace des 5 avions et de leur équipage. C’est d’ailleurs cette histoire qui donna à cette région géographique la fameuse réputation quelle possède aujourd’hui.

La colonie de Roanoke

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Roanoke était la première colonie de peuplement anglaise en Amérique. En 1587, 110 colons anglais s’installèrent sur cette île de Caroline du Nord. Quand, en 1590, un navire anglais revint approvisionner la colonie, tous les membres de celle-ci avaient disparus. Le seul indice marquant était le mot Croatoan, gravé sur un poteau. Ce mot désignait le nom d’une tribu amérindienne ainsi qu’une île non loin de Roanoke.

Amelia Earhart

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Cette aviatrice américaine reconnue internationalement en 1928 pour avoir été la première femme à traverser l’Atlantique en avion, disparue alors qu’elle tentait de franchir un nouveau record.  En 1937, elle entreprit de faire le tour du globe par l’est. Malheureusement, elle et son navigateur, Fred Noonan, disparurent  quelque part au-dessus du Pacifique. N’ayant jamais rejoint son point de ravitaillement sur l’île Howland, il est presque certain que son avion manqua d’essence et termina au fond de l’océan. Pourtant, plusieurs théories voudraient qu’elle ait survécu. On dit qu’elle aurait peut-être atterrie en catastrophe sur une petite île ou qu’elle aurait été capturée par l’armée japonaise.

Louis Aimé Augustin Le Prince

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Cet inventeur français était un pionnier du cinéma. En septembre 1890, il prit un train en direction de Paris. À l’arrivée de celui-ci, on ne retrouva aucune trace de lui, même ses bagages avaient disparus. L’affaire était si mystérieuse que même Scotland Yard s’en mêla. Malheureusement, on ne découvrit jamais la vérité. Une théorie avance que c’est Thomas Edison, le fameux inventeur américain, qui aurait fait disparaitre Le Prince. En compétition directe avec ce dernier pour des brevets d’inventions, on spécule qu’Edison avait tout à gagner dans cette disparition.

Frédéric Valentich

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Le 21 octobre 1978, Frédéric Valentich, aux commandes d’un Cessna 182, contacte la tour de contrôle de Melbourne en Australie. Le jeune pilote déclare au contrôleur aérien qu’il est suivi par un appareil qu’il n’arrive pas à identifier. Selon ses dires, le véhicule non-identifié projette une lumière verte et métallique. La conversation est interrompue brusquement. On ne retrouvera jamais Valentich ni son avion. Plusieurs personnes ont attribué sa mystérieuse disparition aux ovnis.

Cynthia Anderson

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Alors qu’elle se rendait à son travail un beau matin de 1981, Cynthia Anderson, âgée alors de 20 ans, disparue. Quand ses supérieurs se présentèrent au bureau, la jeune secrétaire ne pouvait être trouvée. Son véhicule était bien dans le stationnement du bureau, mais sa sacoche ainsi que les clefs de sa voiture elles avaient elles aussi disparues. Étrangement, un roman Arlequin se trouvait sur son bureau, ouvert sur une page racontant l’enlèvement de l’héroïne de l’histoire. Plus de 30 ans après, on ne connait toujours pas les causes de sa disparition.

D. B. Cooper

disparitions étranges 

D. B. Cooper est le pseudonyme que s’était donné un célèbre pirate de l’air. Le 24 novembre 1971, après avoir obtenu la rançon de 200 000 dollars qu’il réclamait pour relâcher les passagers d’un Boeing 727, le criminel sauta de l’avion en parachute en plein vol. Cooper ne fut jamais retrouvé…

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Le Saviez-Vous ► L’assassinat d’Abraham Lincoln élaboré à Montréal?


Est-ce que Montréal a été témoin d’un complot du président des États-Unis Abraham Lincoln en avril 1865 ? Que des suppositions, cependant, il semble quand même que cela soit possible, étant donner que John Wilkes Booth aurait été entendu dans un lieu public avec des propos plutôt menaçant devant sa future victime. Bien sûr d’autres indices sont présents, mais cela n’aurait pas été assez pour établir hors de tout doute ce lien avec Montréal
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L’assassinat d’Abraham Lincoln élaboré à Montréal?

 

Abraham Lincoln... (PHOTOTÈQUE LA PRESSE)

Abraham Lincoln

PHOTOTÈQUE LA PRESSE

Andy Blatchford
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

L’anniversaire d’un lien peu connu entre le Canada et l’assassin du président américain Abraham Lincoln sera souligné sans cérémonie cette semaine: il y a 150 ans, John Wilkes Booth rencontrait des leaders confédérés à Montréal. Six mois après sa visite dans la métropole, Booth ouvrait le feu sur le président Lincoln, l’atteignant à la nuque.

 

John Wilkes Booth a assassiné le président américain Abraham Lincoln en avril 1865.

PHOTO AP/PC

Certains indices laissent croire que le mystérieux voyage de Booth à Montréal, en octobre 1864, a été l’élément précurseur de l’assassinat de Lincoln dans un théâtre de Washington, en avril 1865. À l’époque, la cause des Confédérés bénéficiait d’une sympathie considérable à Montréal, une ville considérée comme un lieu de prédilection pour les agents des États confédérés d’Amérique.

Mais les autorités n’ont jamais trouvé de preuves permettant d’établir un lien avéré entre l’assassinat du président et le séjour de Booth à Montréal.

«Il est clair que Booth est venu Montréal, et il pourrait bien avoir discuté de son plan, mais nous n’avons jamais été en mesure de le déterminer», explique Adam Mayers, auteur de Dixie & The Dominion: Canada, the Confederacy and the War for the Union.

«Ce qui fait toujours l’objet d’un débat, c’est de savoir si ses sympathisants au Canada ont été impliqués de façon concrète dans le complot pour assassiner Lincoln, et bien entendu, cela n’a jamais été prouvé.»

Même sans lien canadien confirmé, des preuves laissent penser que le séjour de Booth à Montréal, six mois avant l’assassinat, pourrait avoir établi les bases du complot.

Les livres d’histoire montrent que le célèbre acteur de théâtre s’est enregistré le 18 octobre 1864 au prestigieux St-Lawrence Hall, un hôtel du Vieux-Montréal réputé être le quartier général des Confédérés au Canada.

Des témoins auraient vu Booth discuter avec des responsables des États confédérés et l’auraient entendu exprimer ouvertement son mépris envers Lincoln.

Les remarques faites par Booth lors d’une partie de billard dans le salon de l’hôtel ont pris tout leur sens six mois plus tard, a écrit Clayton Gray dans son livre Conspiracy in Canada, publié en 1950.

«De face ou de dos, cela ne fait pas de différence», aurait dit un Booth éméché à son interlocuteur, avec qui il parlait de la prochaine élection présidentielle américaine, en novembre 1864.

«Le contrat d’Abe est presque terminé, et qu’il soit réélu ou non, il sera fini…»

«J’aime votre style canadien. Je devrais afficher un air canadien, parce que certains d’entre nous […] pourraient devoir s’installer ici bientôt.»

John Wilkes Booth a aussi laissé derrière lui de l’argent canadien entouré de son propre mystère.

Quand les autorités ont coincé puis tué Booth en Virginie quelques semaines après l’assassinat de Lincoln, il avait sur lui une lettre de change de l’Ontario Bank à Montréal, datée du 27 octobre 1864.

Un livret bancaire de la même institution, estampillé de la même date, a aussi été découvert dans ses effets personnels.

«Il a encaissé toutes sortes de monnaies et il avait une traite bancaire quand ils l’ont capturé, rappelle M. Mayers. Il l’avait dans sa poche, et c’est pour cela que tout le monde dit qu’il y a un «lien canadien» avec l’assassinat.»

À travers son compte bancaire, le lien entre Booth et Montréal s’est poursuivi après sa mort.

Son compte à l’Ontario Bank, une institution acquise par la Banque de Montréal en 1906, est resté ouvert avec un solde de 455 $ pendant une période indéterminée après sa mort.

«La famille a refusé [l’argent] ou ne voulait rien savoir de ce compte», a indiqué une porte-parole de la Banque de Montréal, Jessica Leroux, dans un courriel, en attribuant l’information à un livre écrit en 1967 par l’historien de l’institution, Merrill Denison.

Selon Mme Leroux, les avoirs bancaires de Booth ont été décrits au fil des ans comme de «l’argent taché de sang».

Le chef des services secrets confédérés au Canada, Jacob Thompson, avait lui aussi un compte à l’Ontario Bank. Lors du procès des conspirateurs ayant participé à l’assassinat de Lincoln, des témoins ont déclaré que Thompson avait été vu avec Booth au St-Lawrence Hall.

«Les espions et les badauds pouvaient difficilement ignorer le fait que John Wilkes Booth, une célébrité bien connue, parlait à de hauts responsables des États confédérés», a écrit l’auteur Michael W. Kauffman dans son livre, American Brutus: John Wilkes Booth and the Lincoln Conspiracies.

«Ce qu’il a fait [à Montréal] fait toujours l’objet d’un débat. Des témoins ont déclaré en 1865 avoir vu Booth avec différents responsables, parlant ouvertement de leur complot contre Lincoln. Mais la valeur de ce témoignage n’a pas été comprise de tous; après tout, il décrivait un niveau d’imprudence qui défiait le bon sens.»

Durant la guerre de Sécession, les Confédérés ont utilisé Montréal comme base, en grande partie pour sa sophistication et le bon réseau de communications dont bénéficiait la ville, affirme M. Mayers.

Il ajoute que plusieurs d’entre eux, pour échapper aux grandes chaleurs de l’été dans le sud des États-Unis, allaient passer leurs vacances dans les Cantons-de-l’Est.

Au Canada, les sudistes bénéficiaient de la sympathie des habitants.

«Ils détestaient les Yankees», rappelle M. Mayers au sujet des Canadiens de l’époque, qui considéraient les gens de la Nouvelle-Angleterre comme des expansionnistes agressifs.

Dans son livre, M. Mayers rappelle à quel point John Wilkes Booth était populaire à Montréal et comment il avait «électrisé» le public en octobre 1864 avec ses représentations du Marchand de Venise de William Shakespeare et de The Charge of the Light Brigade d’Alfred Tennyson.

Mais malgré tout le soutien dont bénéficiaient les sudistes à Montréal, la ville et le Canada ont été la source d’une immense vague de compassion après l’assassinat du président Lincoln.

Certains vestiges liés à Abraham Lincoln sont encore présents dans la métropole, près de 150 ans après sa mort.

L’Université McGill abrite la plus importante collection d’objets liés à Lincoln hors des États-Unis. On y trouve notamment des images, des prospectus et des sculptures. Parmi les objets exposés figure aussi un bout de tissu que le médecin a enroulé autour de la tête de Lincoln après que celui-ci a été atteint par le tir de Booth. Il est encore taché du sang du président.

http://www.lapresse.ca