L’éléphant, gardien des stocks de carbone en Afrique Centrale


La disparition d’un animal, d’une plante a un effet domino sur la biodiversité. Si les éléphants disparaissaient, cela serait une catastrophe pour l’environnement. Grâce aux éléphants, les arbres les plus résistants grandissent, car ils piétinent les plus faibles, ils permettent aussi la germination de nombreuses graines leurs de leurs déplacements, ce qui renouvelle la biomasse en Afrique Centrale. Ces arbres absorbes donc plus de carbone, c’est un plus en ces temps de changements climatiques
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L’éléphant, gardien des stocks de carbone en Afrique Centrale

L'éléphant, gardien des stocks de carbone en Afrique Centrale© Pixabay

Par Juliette de Guyenro

Des chercheurs ont étudié l’impact des éléphants sur la réduction des stocks de carbone en Afrique Centrale : en façonnant leur habitat, ils piétinent les plus petits arbres et dégagent de la place pour les spécimens plus importants qui absorbent le carbone en plus grande quantité. Leur extinction pourrait donc menacer l’équilibre naturel de la biomasse de la région.

Les éléphants entretiennent précieusement les stocks de carbone en Afrique centrale. C’est le constat de l’étude réalisée par le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, menée par Fabio Berzaghi et se basant sur des mesures collectées dans le bassin du Congo. Pour structurer leur habitat, les éléphants de la région piétinent les plus petites espèces d’arbres avec une faible capacité à absorber le carbone, ce qui permet de libérer l’espace pour que de plus grands spécimens se développent. Conséquence : un niveau plus élevé de carbone serait stocké par les forêts et participerait au bon équilibre de la biomasse dans la région. A l’inverse, la diminution ou disparition de ces mêmes pachydermes pourrait engendrer l’expansion de forêts constituées de ce qu’on appelle le « soft-wood« , des arbres à faible absorption en carbone, entrainant notamment une perte de stockage de cet élément.

Des données difficiles à collecter

Pour vérifier leur hypothèse et arriver à cette conclusion, les scientifiques ont collecté des mesures leur permettant de comparer les différentes forêts se trouvant autour du bassin du Congo. Ils ont pu notamment remarquer une corrélation entre la présence des éléphants dans certaines d’entre elles et le nombre et la taille des arbres situés dans la même zone.

Mais le processus a été difficile à analyser. L’impact des éléphants sur leur environnement et la biomasse forestières d’Afrique centrale est un processus qui s’allonge sur une centaine d’années. Pour compléter leur étude, les chercheurs ont donc usé des technologies informatiques pour créer une simulation et visualiser l’impact des éléphants sur les forêts sur plusieurs années.

Une compétitivité réduite

Selon l’abondance des éléphants dans les forêts, la concurrence entre les différents types d’arbre varie. En supprimant les petits arbres, mesurant environ 30cm de diamètre, les éléphants réduisent leur nombre et donc la compétitivité pour l’eau, la lumière et l’espace qui existe entre les différents végétaux. Les espèces qui survivent peuvent alors atteindre des tailles plus grandes et stocker plus de carbone.

« Les éléphants de forêt sont des gestionnaires naturels qui éclaircissent les forêts en ‘élaguant’ ou en enlevant les petits arbres. Ces animaux augmentent la croissance des grands arbres et la production de bois » explique Fabio Berzaghi.

Les éléphants participent également à la germination de plus de 100 espèces d’arbres en dispersant leurs graines lors de leurs déplacements. Ils favorisent donc le renouvellement de la biomasse en Afrique centrale.

Les éléphants, l’animal « gagnant-gagnant »

La présence des pachydermes dans la région a un impact entièrement positif sur l’environnement. Les préserver serait donc un pari « gagnant-gagnant » selon l’étude du laboratoire. Cela permettrait une meilleure conservation de la faune sauvage tout d’abord, mais aussi de favoriser la biodiversité. Enfin, en augmentant son stockage, ils permettent de limiter la présence de carbone dans l’atmosphère et donc de lutter contre le changement climatique.

Problème : les éléphants d’Afrique sont aujourd’hui classés dans les catégories « vulnérables » et « en danger » de la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Or, leur extinction pourrait avoir des conséquences graves sur l’environnement.  Selon les chercheurs du laboratoire, leur disparition pourrait en effet entrainer une baisse de 7% de la biomasse à la surface des terres d’Afrique centrale et la perte de 3 milliards de tonnes de carbone dans les forêts de la région.

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Le Saviez-Vous ► Pourquoi les koalas enlacent-ils les arbres ?


Les koalas sont des animaux mignons surtout quand on les voit étreindre un arbre. Ce comportement n’est pas sans raison surtout quand il fait très chaud pour un animal couvert de fourrure. Il semble que pour eux, c’est rafraîchissant.
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Pourquoi les koalas enlacent-ils les arbres ?

Par Marie Privé

Pourquoi les koalas se lovent-ils contre les troncs d’arbres ? À cette question, des chercheurs australiens apportent une réponse surprenante : en période de forte chaleur, les koalas utilisent cette méthode… pour rafraîchir leur corps.

Comment les koalas peuvent-ils supporter les températures brûlantes de l’été australien avec une telle fourrure sur le dos ? C’est ce qu’ont cherché à savoir des scientifiques de l’université de Melbourne. Leur postulat de départ : l’été, pour se rafraîchir, les koalas exposeraient plutôt la partie antérieure de leurs corps à l’air, car c’est à cet endroit (au niveau du torse et du ventre notamment) que leur fourrure est la plus fine et la moins isolante. Leurs travaux vont finalement invalider cette hypothèse.

Grâce à des caméras infrarouges permettant d’observer la chaleur du corps des koalas et de leur environnement, les chercheurs ont décelé un comportement aussi surprenant qu’intéressant : en période de forte chaleur, les koalas – qui dorment entre 18 et 20 heures par jour – partent à la recherche des arbres les plus frais, grimpent dessus et les enlacent pour rafraîchir leur corps.

Transfert de chaleur

Les experts ont ainsi pu remarquer que les arbres choisis par les koalas pour s’y lover étaient plus frais que l’air ambiant, parfois jusqu’à 5 degrés de différence

« Il semblerait qu’en se couchant sur un arbre frais, les koalas puissent transférer la chaleur de leur corps à l’arbre », expliquait l’écophysiologiste et coauteur de l’étude* Andrew Krockenberger à ABC Science en 2014.

Les images thermiques tirées de l’étude permettent de s’en rendre bien compte.

L’avantage de cette technique ? Contrairement à d’autres méthodes de réduction de la chaleur corporelle, comme le lèchement ou le halètement, celle-ci ne provoque pas de déshydratation. Des résultats qui soulignent l’importance de la présence d’arbres pour la survie des koalas – et ce pour une autre raison que la nourriture – alors que les vagues de chaleur risquent de se multiplier dans les années à venir… et que 80 % de leur habitat naturel a déjà été détruit.

Selon l’ONG Australian Koala Foundation (AKF), les koalas sauvages ne sont plus que 80 000 aujourd’hui contre 10 millions il y a environ 200 ans. Le mammifère est classé « vulnérable » dans la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)

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