MMS: non, ce traitement à base de chlore n’est pas «miraculeux»


Comment peut-on se faire avoir de la sorte avec des pseudoscientifique. Des traitements qui guérirait des maladies comme la malaria, sida, cancer, et même l’autisme, qui en fait est une solution qui s’apparente à l’eau de Javel.
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MMS: non, ce traitement à base de chlore n’est pas «miraculeux»


CASIMIRO VIA GETTY IMAGES

Il n’y a pas que la substance qui est douteuse.

  • Agence Science-Presse

    Une substance contenant du chlore qui prétend guérir la malaria, le sida, le cancer… et l’autisme. Si cette affirmation à elle seule semble douteuse, le livre qui en fait la promotion n’en est pas moins en vente chez Amazon, où il semble obtenir un certain succès. Après vérification, le Détecteur de rumeursconstate qu’il n’y a pas que la substance qui est douteuse.

    L’origine de la rumeur

    L’Américain Jim Humble, ancien membre de l’église de Scientologie et fondateur de sa propre église — Genesis II Church of Health and Healing — aurait découvert ce traitement « miraculeux » en 1996 (selon son site web). Depuis, le MMS (pour Miracle Mineral Solution) aurait soi-disant guéri 75 000 personnes souffrant de malaria et « d’autres maladies » en Afrique. Jim Humble proclame avoir découvert ce traitement alors qu’il prospectait… de l’or en Amérique du Sud. Il ne possède aucune expertise en médecine et se serait décrit comme un dieu venu de la galaxie d’Andromède.

    Dès les années 2000, il commercialise sur Internet son produit (une mixture à base de chlorite de sodium) et vend des livres qui en font la promotion — le premier, The Miracle Mineral Solution of the 21st Century, est paru en 2009, et en est déjà à sa 4e édition. Le MMS, une fois acheté — la bouteille se vend 27 dollars — doit être « activé » en y ajoutant un liquide acide, comme du jus de citron ou du jus de fruits. Le mélange ainsi obtenu, du dioxyde de chlore, s’apparente aux agents de blanchiment ou désinfectants communément utilisés à la maison.

    Or, Humble ne se contente plus de le vendre contre la malaria. Dans ses livres subséquents et sur son site web, il affirme que le MMS peut aussi servir à éradiquer le sida, le cancer… et l’autisme. Des propos repris par ses disciples et par les promoteurs du produit.

    En vente chez Amazon

    Un reportage du magazine Wired paru le mois dernier critiquait la multinationale Amazon qui contribue à vendre toutes sortes d’ouvrages pseudoscientifiques. Le magazine s’indignait tout particulièrement du fait qu’on suggère aux parents d’enfants autistes « des traitements comprenant la consommation d’une substance similaire à l’eau de Javel ».

    Le journaliste a voulu d’ailleurs tester Amazon en publiant lui-même un faux livre sur l’autisme et le dioxyde de chlore : son collage de textes pris sur Wikipédia a été accepté en moins de deux heures.

    Amazon a retiré de sa boutique certains des livres mentionnés dans le reportage, mais l’ouvrage original de Jim Humble, celui publié en 2009, reste encore disponible.

    Les faits et les dangers réels du chlore

    D’autres reportages avaient, au fil du temps, détaillé cette escroquerie. L’émission The Fifth Estate (CBC) avait par exemple, en 2015, tracé un portrait de l’affaire, particulièrement de la promotion de ce traitement par ses disciples. En 2018, un vendeur de MMS avait été condamné par un tribunal de Colombie-Britannique à 18 mois de prison.

    Cette condamnation, la première du genre au Canada, découlait du fait que Santé Canada avait été alerté sur le MMS et avait publié un premier communiqué dès mai 2010. D’autres avertissements ont suivi en soulignant les dangers de consommer du chlorite de sodium et en spécifiant que sa vente est interdite.

    On peut y lire entre autres que le « MMS contient une substance chimique semblable à l’eau de Javel et est proposé comme traitement pour un large éventail de problèmes de santé, y compris de graves maladies comme le cancer. […] Son ingestion peut notamment entraîner une intoxication, une insuffisance rénale et des dommages aux globules rouges réduisant la capacité du sang de transporter l’oxygène. Elle peut également provoquer des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements et la diarrhée. »

    Alertée également, la Food and Drug Administration (FDA), l’agence gouvernementale américaine, a émis un communiqué en juillet 2010 avisant de cesser immédiatement l’utilisation du MMS.

    Malgré ces signalements, des reportages ont fait état au fil des années de cas d’intoxications et d’un décès, celui d’une Américaine suite à l’ingestion de MMS.

    Vous croyez avoir découvert un traitement miracle ? Avant de l’acheter, le Détecteur de rumeurs vous propose ces quelques conseils :

  • S’il y avait un traitement « miracle », celui-ci ferait assurément la manchette des grands médias. Aucun « Big Pharma » ne pourrait l’en empêcher.

  • Avant de l’essayer, discutez-en avec votre médecin ou votre pharmacien.

  • Aucun médicament ou traitement ne peut prétendre à lui seul guérir une panoplie de maladies ou de cancers.

  • Les témoignages sensationnels ne sont jamais un gage d’efficacité… surtout si aucune étude ne permet de savoir combien de gens ont essayé le produit, et chez quel pourcentage d’entre eux il ne s’est rien passé… ou combien ont eu des effets secondaires graves !

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Elle simule un cancer pour financer un voyage en Europe


    Les parents sont là pour protéger leurs enfants, mais aussi leur donner une bonne leçon. Cette femme a simulé un cancer à phase terminale pour soutirer de l’argent a sa famille, l’entourage et des inconnus pour aller se balader et festoyer en Europe. Elle va finir ses vacances en prison et avec une grosse amende.
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Elle simule un cancer pour financer un voyage en Europe

 

© Facebook .

Une jeune Australienne de 24 ans n’a pas hésité à simuler un cancer en phase terminale pour escroquer son entourage…

Hanna Dickenson avait confié à ses parents qu’elle souffrait d’une tumeur cancéreuse et qu’il ne lui restait plus que quelques semaines à vivre si elle ne suivait pas immédiatement un traitement de la dernière chance en Europe. Avec leur aide, elle a ainsi réussi à récolter 25.000 euros, principalement issus de dons de l’entourage de la famille, mais aussi d’anonymes émus de son sort.

Les parents sous le choc

Le père a raconté cette improbable mésaventure au site d’info australien News.com:

« Nous étions en train de dîner et mon épouse me dit qu’Hannah n’a plus que six semaines à vivre, qu’elle est en soins palliatifs et a désespérément besoin de 40.000 dollars (australiens) ». 

Elle passait du bon temps

Quand ils se sont rendu compte de la supercherie, le choc a été total. La jeune fille menait en réalité un train de vie fastueux à l’étranger, passait du bon temps en Europe ou en Thaïlande et partageait même ses soirées arrosées sur Facebook. De quoi attiser la curiosité de ses parents qui n’ont finalement pas hésité à la dénoncer auprès de la police.

Trois mois de prison ferme

Hanna Dickenson a finalement été condamnée à trois mois de prison ferme et à une amende de 42.000 dollars australiens (soit 26.400 €) par un tribunal de Melbourne. Le juge David Starvaggi a notamment insisté sur l’indignité de la fraude:

« Hannah Dickenson a porté atteinte au coeur même de la nature humaine. »

http://www.7sur7.be/7s7/fr/

Des annonces trop alléchantes pour être vraies dans les réseaux sociaux


Virus, piratage, avec les fausses annonces À tous ceux qui cliquent sur des liens et partager sans vérifier si cela est vrai, dans les annonces bidons de billets d’avion, de pizza gratuits, d’un coupon avec un montant d’argent d’Ikea par exemple, sachez que souvent, ce sont souvent des annonces bidons et pire cela peut laisser une porte d’entrer à virus, un ver, un piratage de votre ordinateur … Est-ce que cela vaut la peine de risquer d’entre infecté pour au cas que ce soit vrai ? Allez voir le vrai site d’une compagnie s’ils parlent de ces beaux cadeaux …
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Des annonces trop alléchantes pour être vraies dans les réseaux sociaux

 

Les fausses offres dans les médias sociaux peuvent avoir pour but de propager des virus ou des vers informatiques.

Les fausses offres dans les médias sociaux peuvent avoir pour but de propager des virus ou des vers informatiques. Photo : Associated Press/Paul Sakuma

Si vous utilisez Facebook fréquemment, vous avez sûrement remarqué des annonces qui vous promettent des articles, des voyages ou des repas gratuits si vous les aimez ou les partagez. Sachez que la plupart de ces propositions sont fausses.

Radio-Canada avec CBC

Ces offres, partagées un nombre incalculable de fois dans les médias sociaux, utilisent illégalement le nom et le logo d’entreprises bien connues.

Une résidente de Calgary, Arthene Riggs, a remarqué dans son fil Facebook une offre de billets gratuits d’Air Canada.

« Ma sœur avait partagé cette publication et je me disais que je n’avais rien à perdre. J’ai essayé, mais ensuite, ça s’est transformé en cauchemar », dit-elle.

Facebook a suspendu son compte, lui disant qu’elle avait propagé du pollupostage dans les réseaux sociaux. Après de nombreuses et longues démarches, elle a pu faire rétablir son compte.

Dangers potentiels

 

Des annonces du genre sont monnaie courante. De nombreux internautes ont transmis récemment un coupon de 100 $ de la chaîne Ikea, une autre escroquerie. La publication est particulièrement populaire dans les Maritimes, à quelques semaines de l’ouverture du magasin Ikea de Dartmouth.

« Soyez informés qu’il ne s’agit pas d’un site web d’Ikea, que l’entreprise n’est pas associée à ce site et qu’elle n’a jamais autorisé cette offre », affirme une porte-parole de la société.

Au-delà de la suspension de son compte Facebook, les dangers d’aimer une publication, de la diffuser et de répondre à des sondages sont réels.

Un expert en marketing au Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse, Ed McHugh, précise que certaines de ces fausses offres ont comme objectif d’infecter votre ordinateur ou votre appareil en y introduisant un virus ou un ver. Dans d’autres cas, des pirates informatiques veulent simplement s’amuser aux dépens d’internautes crédules.

« Vous ne savez pas à quel genre de parasite vous vous exposez. Ça pourrait détruire votre appareil et même potentiellement ceux de vos amis » , dit Ed McHugh.

Air Canada et Pizza Hut

 

La fausse offre d’une paire de billets d’Air Canada circule dans les médias sociaux depuis près de deux ans.

Une fausse offre de billets gratuits d'Air Canada

Une fausse offre de billets gratuits d’Air Canada   Photo : Facebook

Le 23 septembre 2015, la société aérienne a publié un avertissement dans sa page Facebook et en a publié un autre récemment sur son site web. Une porte-parole, Isabelle Arthur, précise d’ailleurs qu’Air Canada a contacté Facebook et a demandé au fournisseur de services de fermer le site web à la source de ces fausses offres.

La chaîne de restauration rapide Pizza Hut a aussi été victime de telles annonces. L’an dernier, elle a publié un avertissement dans sa page Facebook, précisant qu’un faux coupon circulait dans les médias sociaux, promettant une pizza gratuite de Pizza Hut. L’entreprise qualifie cette offre d’escroquerie.

Facebook explique à ses membres qu’en aimant ou faisant circuler du pollupostage, ils peuvent sans le vouloir installer des programmes malveillants sur leur appareil ou donner accès à des comptes aux pirates, qui peuvent ensuite envoyer encore plus de pourriels. La société enjoint d’ailleurs à ses clients de lui rapporter tous les cas de fausses publications.

Comment distinguer le vrai du faux?

  • Réfléchissez avant de cliquer sur un lien. Est-il raisonnable qu’Air Canada offre deux billets gratuits à tous?
  • Vérifiez les sources en appelant l’entreprise à l’origine de l’offre.
  • L’entreprise a-t-elle un site web? Sinon, posez-vous des questions.
  • Si la page Facebook associée à l’annonce ne fournit aucune information sur l’entreprise derrière l’offre, ayez des doutes sur sa validité.
  • Et si c’est trop beau pour être vrai, c’est probablement faux.

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Que faire contre les escrocs de l’amour?


La dot qui est toujours en vigueur dans certains pays attire des gens mal intentionnés. Des Indo-Canadiens se marient avec des Indiennes en Inde pour prétendre, qu’elles pourront les suivre au Canada et ainsi profiter de la dot. Malheureusement, ces escrocs (parfois, des hommes aussi se font prendre) ne sont pas pénalisés pour leur vol au Canada et c’est bien dommage et injuste
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Que faire contre les escrocs de l’amour?

 

Une Indienne en pleurs.

Une Indienne en pleurs. Photo : iStock

Le Canada doit en faire plus contre les mariages frauduleux, disent des Indiennes. Au moins 30 000 femmes auraient été victimes d’escroquerie de la part d’Indiens établis en Occident qui leur ont promis de les aider à émigrer. En réalité, ils n’ont plus donné signe de vie après les noces, non sans avoir touché une importante somme d’argent à titre de dot.

Un reportage de Thomas Gerbet, correspondant en Inde

Un Indien m’a raconté une blague qui circule sur les habitants de la région du Pendjab. « Savez-vous quel est le premier mot que les parents pendjabis murmurent à l’oreille de leur enfant?… Canada. » Cette histoire est révélatrice de l’attrait que ces Indiens du nord-ouest ont pour notre pays.

La majorité des 1,3 million d’Indiens qui vivent au Canada proviennent de cette seule et même région. Les histoires à succès de sikhs établis chez nous sont ancrées dans la culture locale et notre pays est vu comme l’eldorado. De nombreuses familles pendjabies rêvent donc que leur fille épouse un Indo-Canadien pour qu’elle y déménage et puisse jouir d’un meilleur avenir. Certains membres de la communauté, mal intentionnés, l’ont bien compris…

Une Indienne en pleurs.

Kanchi (nom modifié) est en larmes. Elle ne veut pas être nommée. La dentiste de 28 ans a été victime d’une terrible arnaque qui a jeté la honte sur toute sa famille.

Une Indienne en pleurs. Photo : iStock

Le 2 février 2015, elle se marie au Pendjab avec un Indo-Canadien de Vancouver. Ses parents ont trouvé le jeune homme par une petite annonce matrimoniale dans un journal indien. Ils se sont rendu compte par la suite que les tantes des futurs mariés étaient amies, donc ils n’ont pas posé beaucoup de questions.

« Je ne voulais pas me marier de la sorte, raconte Kanchi. Je voulais être indépendante, mais comme ça arrive toujours en Inde, personne ne m’a soutenue. Il est venu en Inde en janvier, et en février nous étions mariés », explique la victime.

Dès le lendemain de la cérémonie, la famille du marié demande 60 000 $ à titre de dot en invoquant la nécessité pour leur fils d’acheter une maison au Canada.

« Il m’avait pourtant dit qu’il en possédait déjà une », s’étonne alors Kanchi.

Il m’a dit que si je ne payais pas, il ne me ferait pas venir au Canada. Kanchi, victime d’escroquerie

La famille de Kanchi refuse de donner une telle somme, surtout qu’elle a déjà distribué 500 grammes d’or pur à la belle famille lors des noces, l’équivalent de 27 000 $.

Après deux mois de mariage, l’homme repart au Canada en lui promettant de l’aider pour qu’elle émigre et le rejoigne.

« Depuis, je ne lui ai parlé que deux ou trois fois », se désole Kanchi.

 Elle qui rêvait de poursuivre des études de dentiste au Canada et d’y travailler, son rêve s’écroule. Elle réalise assez vite qu’elle est victime d’une escroquerie.

Les mains d'une mariée en Inde

Les mains d’une mariée en Inde Photo : iStock

La jeune femme porte plainte en Inde pour « fraude sur la dot ». Même si exiger une dot est interdit en Inde, le Code criminel reconnaît tout de même l’existence de la coutume et les dérives qui peuvent en résulter.

Les deux familles vivant en Inde, elles ont tenté de mener une médiation en l’absence du mari.

« Ils ont proposé de payer une partie du mariage », raconte Kanchi. J’ai retiré ma plainte.

Mais ils n’ont toujours pas payé. Je dois tout recommencer à zéro.

J’aimerais qu’il y ait une loi au Canada pour l’obliger à revenir en Inde. Kanchi, victime de fraude

Le pire dans cette histoire, c’est que Kanchi ne peut même pas demander le divorce, car ils ne sont pas officiellement mariés. En effet, elle a été victime d’une supercherie lors de la signature du contrat de mariage officiel qui, en Inde, se déroule dans les jours qui suivent la cérémonie religieuse.

« Lui et sa famille ne voulaient pas signer tant qu’on ne leur avait pas versé les 60 000 $, explique-t-elle. Ma famille a mis de la pression sur la sienne. Ils ont fini par céder et se sont déplacés au bureau. Là, j’ai signé ma partie et ils m’ont demandé de sortir. Je leur ai fait confiance… »

Je ne veux plus aller au Canada; une fois que cette histoire sera terminée, j’irai ailleurs. Kanchi

La dot est en quelque sorte le prix à payer par la famille d'une fille pour qu'elle épouse un garçon et déménage dans sa famille, comme le veut la tradition. Cela prend généralement la forme d'une somme d'argent, mais aussi de biens (voiture, meubles, appareils électroniques...). Il n'est pas rare que la dot représente plusieurs fois le revenu annuel d'une famille. Beaucoup de ménages consacrent la moitié de leur épargne au financement du mariage.

La dot est en quelque sorte le prix à payer par la famille d’une fille pour qu’elle épouse un garçon et déménage dans sa famille, comme le veut la tradition. Cela prend généralement la forme d’une somme d’argent, mais aussi de biens (voiture, meubles, appareils électroniques…). Il n’est pas rare que la dot représente plusieurs fois le revenu annuel d’une famille. Beaucoup de ménages consacrent la moitié de leur épargne au financement du mariage. Photo : iStock

« C’est du crime organisé », s’insurge Amanjot Kaur Ramoowalia, présidente de l’association Helping Hapless qui vient en aide aux victimes.

Elle estime que plus de 30 000 femmes du Pendjab ont été ainsi piégées par des Indiens résidant dans des pays occidentaux. Jusqu’à présent, les chiffres qui circulaient dans la presse indienne faisaient état de 15 000 à 20 000 victimes.

Certaines femmes attendent justice depuis 20 ans. Leur vie est gâchée. Amanjot Kaur Ramoowalia, présidente de l’association Helping Hapless.

« Une femme du Pendjab s’est mariée à un homme de Toronto qui lui promettait de la parrainer pour émigrer au Canada. Elle lui a donné plus de 50 000 $ de dot. Mais, ça ne lui suffisait pas. Il lui a demandé une avance d’argent de 10 000 $ pour l’aider à acheter un commerce au Canada. La famille de la mariée a vendu une partie de ses terres pour pouvoir fournir l’argent. Elle le lui a envoyé et il ne l’a jamais parrainé. »

Oui, c’est vrai, les gens sont naïfs. Mais la pression sociale est très forte. Amanjot Kaur Ramoowalia, présidente de l’association Helping Hapless.

« Le Canada devrait avoir une loi pour que les fraudeurs soient obligés de rentrer en Inde jusqu’à la fin de la procédure judiciaire, estime Mme Ramoowalia. La victime, elle, ne peut pas aller au Canada pour le poursuivre. »

La présidente de l’association aimerait que le Canada trouve une façon d’aider ces femmes. Elle compte faire le voyage jusqu’à Ottawa, le mois prochain, pour conscientiser des députés.

Que peut faire le Canada?

« L’enquête d’un crime en Inde tombe sous la responsabilité de la police de juridiction locale », donc en Inde, explique le sergent de la GRC Harold Pfleiderer.

Le ministère de l’Immigration ne semble pas pouvoir aider ces femmes davantage, « comme la fraude a lieu avant qu’une demande d’immigration ne soit soumise », indique le porte-parole Rémi Larivière.

Une Indienne.

Une Indienne. Photo : iStock

Daljit Kaur est une avocate de Chandigarh, au Pendjab. Elle traite ce genre de dossiers pour le compte de la NRI Commission of Punjab (NRI signifie « Non-Resident Indian »).

Elle raconte un cas : une jeune femme de Patiala, au Pendjab, épouse un Indien établi au Canada.

« Le gars est venu, il a touché la dot, est resté 15 jours, puis est retourné au Canada. C’est à ce moment-là qu’il a commencé à donner des excuses : « Je vais t’aider à émigrer, mais il me manque encore des papiers. » Etc, etc. Durant deux ans, ce cirque a continué. »

La jeune femme a fini par porter plainte. Elle a reçu 53 000 $ de compensation, à peu près l’équivalent de la dot qui avait été versée.

« L’homme a payé, car il a eu peur. »

Ce qui a mis de la pression, c’est le renforcement de la loi indienne (article 498 de l’Hindu marriage act) :

« Maintenant, les gens qui ont signé l’acte de mariage, la famille proche, peuvent aussi être arrêtés. »

La victime peut même récupérer de l’argent sur la valeur de la maison des beaux-parents.

« Ce ne sont pas juste des femmes qui sont victimes. Il y a de plus en plus d’hommes aussi. J’ai trois cas comme ça actuellement sur mon bureau. »

Une femme indienne a par exemple épousé un Indo-Canadien, a déménagé au Canada, a commencé des études, a attendu de recevoir sa résidence permanente, puis elle a quitté son mari pour faire venir son petit ami resté en Inde.

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Arnaques : comment les Canadiens se font piéger


De plus en plus des fraudes via internet ou par téléphones se font faisant miroiter beaucoup d’argent, de l’amour ou des menaces pour des revenus non payés auprès du gouvernement. La BBB a fait un palmarès des fraudes au Canada, mais ces mêmes arnaques sont aussi dans d’autres pays. Malheureusement beaucoup se font prendre
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Arnaques : comment les Canadiens se font piéger

 

Des billets canadiens de 50 et 100 $

Des billets canadiens de 50 et 100 $   Photo : CBC

L’organisme Better Business Bureau (BBB) de la Colombie-Britannique a publié le palmarès annuel des 10 principales escroqueries enregistrées dans tout le Canada en 2016. L’arnaque à l’embauche, qui a coûté aux victimes plus de cinq millions de dollars, figure au sommet de la liste.

Radio-Canada avec La Presse canadienne

Bien que la somme d’argent perdue soit loin d’être la plus importante au classement, les fausses campagnes de recrutement ont constitué le plus grand nombre d’escroqueries à travers tout le pays l’année dernière, indique Danielle Primrose, directrice du BBB.

Le principe est simple : un escroc prétend embaucher un candidat par téléphone ou par Internet et lui demande ses informations bancaires afin de pouvoir être payé. Le faux employeur peut ainsi se servir allègrement dans le compte en banque de la victime.

« Les escrocs sont de plus en plus ingénieux, note Danielle Primrose. Ils font remplir tout un tas de papiers et de documents aux victimes pour rendre les choses très similaires aux procédures similaires. Ils vont jusqu’à vous envoyer une prime à la signature qu’ils vous demandent ensuite de rembourser ou de transférer à un autre employé ».

Le plus rentable : la fraude amoureuse

Le stratagème qui s’est avéré être le plus rentable pour les criminels est celui des fraudes amoureuses : 17 millions de dollars dérobés aux Canadiens. Les fraudes envers les Canadiens ont totalisé 91 millions de dollars en 2016, soit près de 30 millions de dollars de plus que l’année précédente, précise le BBB.

Malgré ces chiffres en augmentation, l’organisme affirme que la plupart des arnaques ne sont pas rapportées aux autorités.

« Nous estimons que les 91 millions ne représentent qu’environ 5 % des vraies pertes. Si vous faites le calcul, ça peut porter le chiffre à 1,8 milliard », commente Danielle Primrose qui explique que de nombreuses victimes ont honte ou bien ne savent qu’il est utile de rapporter une fraude.

En 2016, le Bureau de la concurrence et le Centre antifraude du Canada ont reçu près de 90 000 plaintes, comparativement à un peu moins de 70 000 en 2015.

LE PALMARÈS

  1. Les fausses offres d’emploi (5,3 millions $) – Un employeur, que vous n’avez probablement jamais contacté, vous fait miroiter un emploi. Il vous demande de déposer un chèque, en précisant que l’argent vous sera éventuellement retourné. Aucun employeur ne vous fera pareille demande, précise le Bureau de la concurrence.

  2. Les fraudes amoureuses (17 millions $) – Un fraudeur utilise une fausse identité et de fausses photos pour séduire en ligne. Ces arnaqueurs gagnent la confiance des personnes qu’ils rencontrent en ligne, leur font la cour, et ensuite les manipulent pour leur soutirer de l’argent. Souvent, l’arnaqueur prétend qu’il voyage à l’extérieur du pays pour expliquer pourquoi un rendez-vous en personne ne peut avoir lieu. Et pour soutirer des sous, il peut faire valoir, par exemple, qu’un membre de sa famille a besoin de soins médicaux urgents.

  3. Vols d’identité (11 millions $) – Le fraudeur dérobe votre identité de toutes sortes de façons, parfois par piratage informatique et aussi en trouvant des factures et des relevés bancaires dans votre bac à recyclage. Il se sert ensuite de ces précieuses données pour obtenir des cartes de crédit ou louer une propriété. Même les enfants peuvent se faire voler leur identité. Il est recommandé de changer fréquemment les mots de passe.

  4. Un prêt accordé, mais avec des frais payables à l’avance (1,1 million $) – Ces fraudeurs profitent de gens qui ne peuvent obtenir de prêt autrement dans un établissement financier.

  5. Fraudes lors d’achats en ligne (8,6 millions $) Les possibilités sont illimitées selon ce qui est recensé par le Bureau de la concurrence. Produits contrefaits, de faux sites web, des objets achetés qui n’arrivent jamais, des essais gratuits trompeurs ou des cadeaux d’échantillons — avec par la suite des frais mensuels sur les cartes de crédit du consommateur qui a accepté de les recevoir.

  6. Fausses demandes de virement (13 millions $) – Les entreprises sont gravement touchées par le harponnage. Le fraudeur va utiliser l’identité d’un membre de la direction d’une entreprise et demande qu’un virement soit effectué à une fausse adresse de courriel de cette même entreprise. Le consommateur reçoit alors un courriel qui semble légitime et transfère des fonds.

  7. Fraude d’option binaire (7,5 millions $)On vous promet un rendement élevé pour votre argent si vous l’investissez. En fait, il ne s’agit pas d’un investissement, mais d’un pari non réglementé où vous avez une chance sur deux de perdre. Les gains se feront attendre — mais pas les pertes.

  8. Faux gains de loterie (3 millions $)Sans avoir acheté de billet, vous êtes contacté par quelqu’un qui vous annonce que vous avez gagné un gros lot! On vous informe que vous n’avez qu’à payer l’impôt ou des frais d’assurance et la cagnotte est à vous. Souvent, il s’agit d’une importante loterie américaine.

  9. Faux appels de l’Agence du revenu du Canada (4,3 millions $) Un agent vous contacte par courriel ou par téléphone: il vous explique que vous devez de l’argent, parfois menace de lourdes sanctions ou pénalités si l’argent n’est pas immédiatement transmis ou encore demande des renseignements personnels prétextant vouloir vérifier votre identité. L’Agence ne fera jamais de menaces au téléphone et ne vous demandera pas d’informations personnelles par courriel ou par téléphone, précise le Bureau de la concurrence.

  10. Fausses recommandations en ligne et contenu commandité (montant indéterminé) – Les critiques positives et recommandations de produits ou de services sur les médias sociaux ne sont pas toujours véridiques, et souvent sont formulées par des personnes rémunérées dans ce but, est-il indiqué par les partenaires de ce palmarès.

Le Bureau de la Concurrence rappelle que si une offre semble « être trop belle pour être vraie », c’est probablement le cas.

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Arnaque à l’enfant cancéreux : des photos de varicelle détournées sur Facebook


Ce genre de message, je l’ai fuie comme la peste. Une photo pour ramasser de l’argent sur un réseau social d’une personne, d’un enfant malade comme le cancer, sans avoir été appuyer par un organisme connu, ou un site réputé, peut être une arnaque. Il est mieux de ne pas cliquer  sur j’aime, ni donner des commentaires (même si c’est Amen) et encore moins partager. Soyons un peu plus septique sur les demandes d’argent sur les réseaux sociaux, qu’importe la raison. Cliquer ou partager au cas où, est de faire continuer l’arnaque
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Arnaque à l’enfant cancéreux : des photos de varicelle détournées sur Facebook

 

 

Une mère se plaint du manque de réaction du réseau social face à un compte escroc, qui a utilisé les images d’enfants, dont le sien, pour obtenir de l’audience.

 

 Thierry Noisette

En août 2016, une mère de famille britannique, Sarah Allen, avait lancé un appel au gouvernement, demandant la distribution gratuite des vaccins contre la varicelle. Son fils de 2 ans, Jasper, venait d’être atteint d’une varicelle particulièrement sévère, et il avait dû être hospitalisé cinq jours, couvert de centaines de boutons. À cette occasion, plusieurs photos du petit garçon ont été diffusées dans la presse, y compris sur Internet.

Mais, rapporte la BBC, ces images ont été reprises par des escrocs, qui les ont faites passer pour celles d’une victime de cancer.

Ils les ont utilisées sur une page Facebook, en prétendant que le réseau social donnerait de l’argent pour l’opération de l’enfant si suffisamment de gens aimaient le post ou laissaient des commentaires. Le texte y accompagnant les photos de l’enfant disait :

« Ce petit bébé a le cancer et nous avons besoin d’argent pour la chirurgie.
Facebook a décidé d’aider en donnant
1 J’aime = 2 dollars
1 commentaire = 4 dollars
1 partage = 8 dollars.
Ne faites pas défiler l’écran sans entrer de texte. Amen. »

1,2 million de partages

 

Plusieurs heures après que la BBC a signalé ce post, le réseau social l’a effacé mais tout en laissant le compte de son créateur actif. La mère explique :

« Nous avions été prévenus que des gens pourraient prendre ses photos… parce que si vous googlez « varicelle » [« chickenpox » en anglais], ses images sont là. Nous étions donc bien conscients que cela pourrait arriver, mais pas de cette façon, pour dire qu’il avait le cancer. »

Un post qui mettait en scène le petit Jasper a été partagé 1,2 million de fois depuis le 1er février, indique la BBC. Sarah Allen dit avoir écrit plusieurs fois à Facebook, après avoir été alertée par des internautes. Elle s’est plaint plusieurs fois de violation de copyright, et a reçu le 10 février un message en retour lui disant que le compte en question était supprimé pour avoir violé les règles du site.

Pourtant, 24 heures plus tard le compte était de retour, sans explication. Il postait à nouveau des images d’enfants – mais plus du sien cette fois. Un des messages montrait des enfants en hôpital, et affirmait que l’internaute endurerait des années de malheur s’il passait la page sans aimer et partager le post.

« Ce qui est répugnant, c’est que ce ne sont pas que des photos de Jasper, mais celles d’une centaine d’autres familles. Facebook doit agir », se scandalise Sarah Allen.

Beaucoup d’arnaques à l’émotion

 

Ce procédé n’est pas rare, explique un spécialiste de la sécurité informatique, Graham Cluley, cité par la BBC :

« Beaucoup d’arnaques utilisent ce genre d’images émotionnelles – souvent c’est fait pour gagner de l’argent. Ils peuvent plus tard envoyer un post disant que vous avez gagné un prix et essayer de vous faire indiquer votre numéro de mobile, et puis vous faire signer pour un service à tarif supérieur, ou vous demander d’autres informations personnelles.

 

Le problème, c’est que les gens croient des choses postées en ligne, et qu’ils devraient être beaucoup plus attentifs à ce qu’ils aiment et partagent. »

 

Le détournement d’image d’enfant malade pour tromper des personnes émues, via les réseaux sociaux, fait l’objet d’un article dans HoaxBuster, le site anti-canulars du Web : il cite le cas récent d’une autre photo volée d’enfant, à laquelle l’usurpateur fait dire le contraire du message initial (un enfant en réalité très entouré, qui prétendument se plaint de sa solitude). La version volée a obtenu des millions de « like » et de commentaires.

Autre cas l’an dernier avec un scandale en Espagne – où les photos n’étaient pas usurpées : un père avait beaucoup médiatisé sa fillette, atteinte d’une maladie rare, entre 2008 et 2016 ; ce qui lui a permis de lever des centaines de milliers d’euros, prétendument pour la faire soigner. Or, l’enfant est bien malade, mais pas au risque d’une mort prématurée, contrairement à ce que prétendait son père. Et l’argent récolté n’est pas passé en soins : le père a été démasqué après des années de mensonges.

http://tempsreel.nouvelobs.com/

Au lieu de se moquer, aidons les seniors à mieux comprendre internet


Les personnes âgées veulent profiter d’internet en toute quiétude sans être obligées de se méfier de tout. Si on ne fait que donner des directives directes, ils disent souvent : Je ne connais rien, c’est trop compliqué, je ne suis pas bon là-dedans. Pourtant, ce n’est pas compliqué, mais nous devons prendre le temps de discuter, de conseiller ..
Nuage

 

Au lieu de se moquer, aidons les seniors à mieux comprendre internet

 

Mireille Caunesil, considérée en 2010 comme «la doyenne de l'internet» I PHILIPPE DESMAZES / AFP

Mireille Caunesil, considérée en 2010 comme «la doyenne de l’internet» I PHILIPPE DESMAZES / AFP

Jamie Winterton

Directrice stratégique

Traduit par Nora Bouazzouni

Ce n’est pas parce qu’ils sont bêtes que les seniors se font arnaquer sur internet. C’est parce qu’on ne leur apprend pas à s’en prémunir.

En juin dernier, l’internet tout entier a poussé un «aaawww» en découvrant l’histoire de cette grand-mère très polie qui commençait et finissait chacune de ses recherches sur Google par s’il vous plaît et merci.

«Je me suis dit que comme quelqu’un avait dû mettre [ces résultats] là, il fallait le remercier, a-t-elle expliqué à la Canadian Broadcasting Corp.Pour tout vous dire, je ne sais pas comment ça marche. Ça reste un mystère pour moi.»

Si les jeunes américains constituent la majorité des internautes, les seniors, eux, sont plus nombreux à s’y mettre que leurs enfants. En 2015, 81% des Américains âgés de 50 à 64 ans disaient se servir d’internet au moins de manière occasionnelle, tout comme 58% des 65 ans et plus. Une ressource fantastique pour les seniors, en particulier pour les personnes à capacité physique restreinte. Internet leur permet de rester en contact plus facilement avec leur famille, se découvrir de nouvelles passions et communiquer avec des gens qui partagent leurs centres d’intérêts.

Les victimes idéales

Mais ce nouveau monde qui s’ouvre à eux n’est pas tendre avec les personnes les plus vulnérables.

D’après le FBI, les seniors sont des cibles privilégiées des escroqueries sur internet «car ils sont les plus susceptibles d’avoir des “bas de laine”, d’être propriétaires de leur maison ou d’avoir une excellente solvabilité –ce qui fait d’eux les victimes idéales».

De plus, «les gens nés dans les années 1930, 1940 et 1950 ont reçu une éducation basée sur la politesse et la confiance. Les malfaiteurs profitent de cela, sachant qu’il est compliqué, voire impossible pour ces personnes de dire “non” ou bien de leur raccrocher au nez». Des escrocs conscients de l’exceptionnelle vulnérabilité de cette population et qui rivalisent d’imagination pour exploiter leurs faiblesses.

Certaines de ces cyberarnaques copient leurs méthodes sur celles du porte-à-porte, des escroqueries par courrier ou par téléphone, excepté qu’elles tirent désormais profitent de l’incroyable efficacité des communications sur internet. Pensez à toutes ces histoires déchirantes reçues par e-mail, conclues par des demandes de virements exorbitants; ces sollicitations pour des associations caritatives imaginaires; ces prix ou ces cadeaux gagnés; ou encore toutes ces menaces de clôturer un compte en banque, résilier une mutuelle ou suspendre des remboursements de la sécu dans le but de récupérer des données personnelles.

Ou, plus courant, ce stratagème visant à faire apparaître une fenêtre pop-up sur l’ordinateur d’un internaute, l’informant que sa machine a été infectée et va s’éteindre à moins de laisser un tiers y accéder. Ou bien ce message, vraisemblablement envoyé par un proche, enjoignant l’utilisateur à aller «voir ce super site!». Ces combines ne touchent pas que les seniors, mais ceux qui les envoient partent du principe que leur méconnaissance des usages du web en font des cibles privilégiées, plus faciles à piéger.

L’ordinateur, un problème?

Alors, que faire? De nombreux éditeurs de logiciels et autres professionnels de la sécurité, exaspérés par le succès de ces arnaques en tous genres, estiment qu’on ne peut rien pour ces soi-disant «utilisateurs débiles» et leurs mots de passe moisis. S’il est vrai, au sens tautologique, que vider internet de tous les êtres humains en ferait un réseau exceptionnellement sûr, être «débile» et être «mal informé» sont deux choses très différentes. Des tas de gens intelligents n’ont simplement aucune idée de comment se prémunir des escroqueries sur internet –les seniors, par exemple.

Comme l’écrivait sur Slate la journaliste Josephine Wolff, dans son article judicieusement intitulé Dire que les humains sont le «maillon faible» de la sécurité informatique est dangeureux et n’aide personne, autant d’erreurs de jugement prouvent que c’est la technologie qui est en échec face aux humains, pas l’inverse.

«Un ordinateur est censé améliorer la vie des gens, dit-elle, et pourtant, bizarrement, on a fini par leur dire que c’était eux, le problème.»

Arracher papi et mamie de leur clavier (ou quiconque ne sait pas quoi faire devant une pop-up jargonneuse sur les contrôles ActiveX) n’est clairement pas la solution. Mais à voir le rythme auquel se multiplient les escroqueries visant les seniors, nous devrions être capables de mieux informer ce public particulièrement vulnérable. De nombreuses ressources pédagogiques sur la cybersécurité et les données privées sont pourtant mises à disposition des seniors, notamment par l’Association américaine des personnes retraitées, (AARP), mais ne parviennent pas, semble-t-il, à toucher leur cible. Pour comprendre ce qui empêche ces informations de circuler correctement, j’ai dû contacter des personnes qui ne travaillent pas dans la sécurité informatique et qui ne sont pas, comme moi, des digital natives. Il me fallait des gens très, très différents de moi. J’ai donc appelé mes parents.

Dialogue entre générations

Ma mère est assistante juridique dans un grand cabinet d’avocats, et elle le fait très bien. Elle navigue entre les détails les plus complexes des législations fiscale et immobilière, telle une Isabelle Autissier du droit. Avant de prendre sa retraite, mon père a travaillé dans le secteur bancaire –simple guichetier, il a terminé vice-président. Ce sont des gens très intelligents, mais qui n’ont pas grandi avec internet.

-«Donc, ai-je commencé, affalée dans le canapé de la maison où j’ai grandi, où est-ce que vous allez pour trouver des informations sur la sécurité informatique?»

-«On t’appelle», ont-ils répondu à l’unisson, sans la moindre hésitation.

-«Bon, OK, mais imaginez que je travaille, je ne sais pas, pour l’Office national des forêts. Vous iriez où?»

-«Il n’y a nulle part part où trouver de bonnes infos» a répondu mon père, après un instant de réflexion. La télé m’angoisse, parce qu’elle joue sur la peur, mais sans fournir de réponse.»

-«Donc vous pensez qu’il faudrait une espèce de programme pédagogique sur la cybersécurité? Qui soit à la portée de tous?»

Ma mère a froncé les sourcils et secoué la tête. «Non, je ne crois pas. S’ils passaient ce genre de chose, les gens zapperaient sûrement sur Star Trek.» Elle n’avait pas tort.

-«J’apprends beaucoup de choses au travail, a-t-elle ajouté. On a un chouette service informatique. Je pourrais aussi prendre des cours à la fac. Mais ce genre de choses n’intéresse pas les gens dont ce n’est pas le métier.»

-«Mais ce que t’apprennent les gens au travail ne s’applique pas forcément à la maison,a nuancé mon père. J’ai davantage de quoi être inquiet ici qu’avant, au bureau.»

Mon père a raison, l’apprentissage de l’informatique sur le lieu de travail n’est pas exhaustif. Mais ça les a vraiment aidés. Par exemple, ils sont passés maîtres dans l’art de débusquer le spear-phishing. Ils savent qu’un e-mail n’est pas toujours ce qu’il prétend être, qu’il peut s’agir d’une entourloupe imaginée par quelqu’un qui connaît bien leurs habitudes, ce qu’ils aiment ou n’aiment pas, et utilise ces données pour les pousser à cliquer sur un lien malveillant ou à fournir des informations personnelles.

Méfiance, méfiance

«Je suis devenu paranoïaque quand j’ouvre un e-mail, m’a avoué mon père. D’abord, il faut s’assurer de connaître l’expéditeur.»

Très bon conseil. Au travail de ma mère, le service de sécurité informatique envoie même de faux messages de spear-phishing aux employés qui, s’ils cliquent, les redirigent vers des ressources pédagogiques sur la cybersécurité. C’est une super idée –mais qui nécessite d’embaucher quelqu’un qui s’y connaît.

«Il faut que ce soit tous publics, insiste ma mère. J’aime bien apprendre de nouvelles choses, mais il faut que ça aille vite. Quels éléments doivent me faire tiquer? Ça peut être des choses bizarres dans l’adresse e-mail, par exemple. Ou bien le fait de ne jamais cliquer sur un lien qu’on nous envoie si on ne sait pas ce qu’il y a derrière. Ce sont des choses qui peuvent servir à tout un chacun.»

On a continué à parler de sécurité sur internet et mes parents ont reconnu que sans leur service informatique (et dans un univers parallèle où je serais garde forestière), ils n’auraient aucune information adéquate sur le sujet. Puisque les 65 ans et plus représentent aujourd’hui 13% de la population des États-Unis, et que ce chiffre est en augmentation, on ne peut laisser aux employeurs l’entière responsabilité de la sécurité de nos seniors sur internet.

J’ai quitté le domicile parental plutôt satisfaite de leurs connaissances sur le sujet. Je mesurai aussi leur chance: ils ont beaucoup appris grâce à leur service informatique, et leur fille qui travaille dans la sécurité en ligne s’engage, dès qu’ils seront tous deux à la retraite, à les tenir au courant des évolutions en matière de cyber-escroqueries. Il est difficile de créer de nouvelles passerelles d’apprentissage, surtout si elles doivent être accessibles à tous. Comme me l’a rappelé ma mère, la caricature du senior incapable d’apprendre de nouvelles choses ne s’applique pas à la majorité des personnes concernées. Le problème, ce n’est pas la capacité d’apprentissage des seniors; c’est qu’il n’y a personne pour leur apprendre quoi que ce soit.

Une solution: vous

Certains employeurs se sont donné pour mission de remplir ce rôle, mais ça ne suffit pas. Quand ils auront pris leur retraite, les gens auront toujours besoin d’aide pour continuer d’assurer leur protection sur internet. Comme mentionné plus haut, l’AARP a d’excellentes ressources à disposition des seniors, des astuces pour empêcher l’usurpation d’identité ou repérer le spear-phishing sur les réseaux sociaux aux fiches expliquant ce qu’est le ransomware –mais il faut les chercher pour les trouver. Certaines associations de seniors ont commencé à proposer des cours sur la sécurité informatique. Une intention louable, mais ceux qui en ont le plus besoin ne pourront ou ne voudront pas forcément en profiter. La télé caricature éhontément le sujet et la couverture médiatique grand public est bien trop sporadique pour que l’on puisse compter sur elle pour toucher un maximum de gens.

Mais si vous êtes inquiet pour vos parents, il reste une solution: vous. Alors préparez-leur un bon gâteau au chocolat, asseyez-vous avec eux et parlez d’internet. Il y aura peut-être un malaise, comme le jour où vous avez eu la discussion. Mais en matière de cybersécurité, la seule façon d’avancer, c’est la protection –et non l’abstinence. Et qui sait, ils ne seront peut-être pas les seuls à apprendre quelque chose.

http://www.slate.fr/