Le Saviez-Vous ► Les traces discrètes de l’esclavage en France


Après avoir parlé de l’esclavage aux États-Unis (le passé d’Angela et l’épave du dernier négrier américain) et au Canada (Des traces de l’esclavage). Nous voilà en Europe, des pays on profiter de cette manne avec la vente d’esclave en provenance d’Afrique. Nous sommes en France, plus précisément à Nantes. Il semble en effet que cette ville soit plus ouverte pour parler de l’esclavage, même si l’histoire demeure discrète.
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Les traces discrètes de l’esclavage en France

Dieudonné Boutrin regarde une maquette d'un navire négrier.

Dieudonné Boutrin, descendant d’un esclave martiniquais, souhaite bâtir une grande réplique d’un bateau négrier à des fins éducatives.

PHOTO : RADIO-CANADA / YANIK DUMONT BARON

Yanik Dumont Baron

2019-08-27 | Mis à jour hier à 7 h 41

Il y a 400 ans, les premiers esclaves africains débarquaient sur les côtes américaines. Des expéditions financées par des Européens, qui en ont aussi tiré de riches profits. Un passé peu discuté aujourd’hui sur le Vieux Continent, même s’il en demeure des traces bien visibles pour celui qui sait où regarder.

Barbara Chiron dirige un organisme de sensibilisation à l’histoire de la traite transatlantique. Sur les murs du centre-ville de Nantes, elle voit beaucoup de traces de son passé négrier : des visages sculptés dans la pierre, des inscriptions, des symboles maritimes.

La jeune femme montre du doigt la façade d’un de ces grands édifices. Il s’agit d’un de ces imposants bâtiments qui donnent une allure prestigieuse à la ville portuaire, jadis plus important port de traite de France.

Là, on a une très belle figure d’une personne africaine, qu’on reconnaît avec ses boucles d’oreilles, ses boules et ses cheveux crépus. Barbara Chiron, directrice de l’organisme Les anneaux de la mémoire

Une tête sculptée dans la pierre incrustée au-dessus d'une fenêtre.

La façade d’un édifice au centre-ville de Nantes affichant une tête d’esclave sur une corniche.

PHOTO : RADIO-CANADA / YANIK DUMONT BARON

Ces choses-là […] disaient quelque chose aux gens qui arrivaient. Voilà, vous arrivez dans une ville qui fait du commerce, vous entrez dans une ville internationale. Vous entrez dans une ville faste!, précise Barbara Chiron.

En empruntant une rue portant le nom de l’un de ces armateurs nantais dont la fortune reposait en partie sur l’esclavage, Barbara Chiron se rappelle des paroles d’un abolitionniste français du XVIIIe siècle.

Il y a une expression de l’abbé Grégoire qui disait que l’argent sanglant des mers se lavait à Nantes dans la beauté.

Du doigt, elle montre un autre de ces édifices construits avec les profits du commerce de la mer. Bâti sur la sueur des esclaves africains envoyés dans les colonies françaises d’Amérique.

Les murs de ce bâtiment sont hauts, blancs. Propres. Les fenêtres et les portes sont nombreuses. Les balcons sont noirs. Faits d’un délicat fer forgé, fabriqué dans la région, précise Barbara Chiron, avec du fer qui servait à la fois pour faire des balcons et à la fois pour les fers des esclaves.

Des mêmes forges sont en effet sortis les fers qui ont emprisonné les Africains et ceux qui ornent les balcons nantais. Une ironie de l’histoire qui passe inaperçue pour celui qui ne sait pas.

Une traite qui était bien payante

Nantes est la ville française qui discute le plus ouvertement de son passé d’esclavagiste. Davantage que Bordeaux, La Rochelle ou Le Havre, d’autres ports dont l’économie a longtemps été liée à la traite des Noirs.

À Nantes, le passé est assez bien détaillé dans son musée d’histoire. La directrice scientifique, Krystel Gualdé, tire une certaine fierté d’une grande aquarelle d’époque contenant le détail des transactions pour acquérir des esclaves en Afrique.

Sur ce plan, des esclaves entassés dans une cale, sur un autre étage, des marchandises sont alignées.

Un plan détaillé d’un négrier exposé à Nantes.

PHOTO : RADIO-CANADA / YANIK DUMONT BARON

Le navire La Marie Séraphique est dépeint sur l’eau, de côté. Quatre dessins montrent, de haut, les différents étages du navire avec leurs cargaisons respectives.

Celui représentant l’entrepont montre bien à quel point les esclaves étaient entassés, cordés lors de la traversée

Des conditions encore plus inouïes que ce que les historiens avaient imaginé.

Au bas de l’aquarelle, une comptabilité bien minutieuse qui donne froid dans le dos : une liste précise des objets embarqués à bord, puis échangés contre des esclaves.

Le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants africains est aussi listé : 184 hommes, 58 femmes, 47 garçons, 9 fillettes. Puis une autre colonne : morts à déduire.

Ce sont les gens qui n’ont pas survécu à la traversée, explique Krystel Gualdé.

Un exercice comptable légitime en 1769, mais qui paraît aujourd’hui morbide et inhumain.

Une comptabilité qui rappelle aussi que la traite négrière n’était qu’une facette d’un grand commerce triangulaire duquel l’Europe a tiré d’importants profits.

Krystel Gualdé devant une toile illustrant une femme qui se fait servir par une domestique noire.

Krystel Gualdé, directrice scientifique du Musée d’histoire de Nantes

PHOTO : RADIO-CANADA / YANIK DUMONT BARON

Dans ce commerce, les Africains tenus en esclavage dans les Amériques fournissaient aussi à très bas coût une matière première, comme le sucre ou le café, qui était rapportée en Europe pour être transformée et vendue à fort prix.

C’est l’appât du gain, rappelle Krystel Gualdé, du gain rapide. C’est ce goût-là qui fait que la traite négrière et l’esclavage vont se développer.

Et enrichir des nations comme la France, le Portugal et l’Angleterre.

Un passé trop caché?

La plupart des touristes qui passent par Nantes ne voient probablement qu’une version bien plus abrégée de l’histoire négrière de la cité. Une histoire qui défile sous leurs pas, le long de la Loire.

Le mémorial a été construit près du site où étaient livrés les esclaves au port de Nantes.

Accès au Mémorial de l’abolition de l’esclavage créé par Krzysztof Wodiczko et l’architecte Julian Bonder.

PHOTO : REUTERS / STEPHANE MAHE

Cette histoire s’inscrit d’abord sur le sol d’une promenade. On y retrouve 1744 plaques de verre réparties sur plusieurs centaines de mètres. Sur chaque plaquette, le nom d’un navire qui a quitté Nantes pour mener une expédition négrière.

La promenade mène vers un mémorial sous-terrain dédié à l’abolition de l’esclavage. Une structure de béton invitant à la réflexion. L’endroit est beau, bien fait. Et discret.

À Nantes, ils sont plusieurs à croire que ce n’est pas assez. Barbara Chiron, par exemple, croit que la France devrait s’intéresser davantage aux répercussions actuelles de la traite négrière d’il y a 400 ans.

À ses yeux, la distance d’avec les anciennes colonies efface l’urgence d’agir.

 Ça se voit plus quand on habite les États-Unis, parce qu’on côtoie les anciens esclaves, alors qu’en France métropolitaine […] on ne peut pas le palper, on ne peut pas le toucher.

Un passé à mieux détailler dans les livres d’histoire

Dieudonné Boutrin, lui, veut aussi que les Français parlent davantage de leur passé d’esclavagiste. Qu’ils se mettent davantage dans la peau de ces Africains embarqués de force, transformés en machine à produire des richesses.

Cet après-midi, il regarde fièrement un grand conteneur bleu installé dans une zone industrielle de Nantes. Une pièce importante d’un rêve qu’il caresse depuis des années.

Ce descendant d’esclaves martiniquais souhaite bâtir une grande réplique d’un bateau négrier. Un navire qui voyagerait en pièces dans des conteneurs. Une embarcation éducative qu’il pourrait déplacer pour éduquer, sensibiliser.

On utilise le bateau comme symbole, comme caisse à outils, explique-t-il. Les gens pourront mieux comprendre le mécanisme de l’esclavage, le côté business de l’esclavage.

Dieudonné Boutrin peine à trouver le financement pour son projet. Des difficultés qu’il attribue à un désir de ne pas trop parler d’une partie bien compliquée de son histoire.

Napoléon Bonaparte, il a rétabli l’esclavage. C’est un héros pour tout le monde en France. Mais pour les Guadeloupéens, c’est un assassin!  Dieudonné Boutrin

Je ne suis pas là pour faire le procès de Bonaparte, mais je dis, c’est l’histoire de France. Nous pouvons regarder le passé en face.

https://ici.radio-canada.ca/

Le Saviez-Vous ► Aux Etats-Unis, des archéologues exhument le passé d’Angela, l’une des premières esclaves africaines


Angela serait une des premières esclaves venu d’Afrique vers les États-Unis. Un voyage pénible pour un sort inhumain. Plus de 1 million Africain sont devenus esclaves pendant 250 ans suivi de ségrégation qui malgré l’évolution de ce pays, continu de subir le racisme. Les amércains ne doivent pas oublier que c’est eux qui sont aller les chercher et qu’ils ont participer a la construction du pays. Le racisme n’a pas sa place !
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Aux Etats-Unis, des archéologues exhument le passé d’Angela, l’une des premières esclaves africaines


Par AFP

Angela fait partie des premiers esclaves africains amenés sur le territoire des futurs Etats-Unis. Quatre cents ans plus tard, les USA se souviennent de leurs origines et des débuts de l’esclavage, ainsi que des inégalités qui persistent aujourd’hui.

Grattant la terre dans une chaleur suffocante, Chardé Reid, jeune archéologue noire américaine, tente de remonter le temps jusqu’aux vestiges de la vie d’Angela, débarquée, après une atroce traversée, il y a 400 ans parmi les premiers esclaves africains arrivés sur le territoire des futurs Etats-Unis.

« Je ressens beaucoup de liens entre mon histoire familiale et ce qui a commencé ici, en 1619 », explique la jeune femme de 32 ans à l’AFP, se disant elle-même descendante d’une servante blanche et d’un esclave africain.

Ces premiers Africains « sont nos aïeux. Non seulement les ancêtres de la culture afro-américaine mais aussi plus largement de toute la culture américaine », confie-t-elle.

Archéologie de l’esclavage

Sous sa truelle, des briques apparaissent : les restes de constructions édifiées sur le site de la riche demeure où vivait, esclave, Angela à Jamestown, première colonie anglaise permanente établie en Amérique, dans ce qui est devenu par la suite l’Etat de Virginie.

Ce terrain verdoyant coulant en pente douce vers la rivière James n’est pas si différent aujourd’hui de ce qu’ont vu les premiers Africains arrivés sur cette même rive en août 1619. A l’époque, Portugais et Espagnols arrachaient des Africains à leurs terres depuis près d’un siècle pour les envoyer vers les Amériques.

Originaire du royaume de Ndongo, dans ce qui est aujourd’hui l’Angola, Angela avait d’ailleurs au départ été embarquée dans un navire portugais parti de Luanda à destination de Veracruz.

Voyageant dans des conditions effroyables, environ un tiers des 350 esclaves à bord périrent durant la traversée. Et avant qu’ils n’arrivent à destination, deux bateaux pirates attaquèrent le navire et séquestrèrent une soixantaine d’Africains, explique l’historien James Horn, président de l’association Jamestown Rediscovery en charge des fouilles.

Où l’on reparle de Pocahontas

Le navire White Lion arriva le premier « vers la fin août », rapporta à l’époque John Rolfe, riche colon anglais célèbre pour avoir été l’époux de Pocahontas, fille du chef des Powhatan, une tribu des environs de Jamestown.

Arrivés à Point Comfort, aujourd’hui Fort Monroe, les pirates échangèrent « vingt et quelque » Africains contre des victuailles.

Quelques jours plus tard, le Treasurer accostait à son tour, livrant un autre petit groupe. Parmi eux figurait Angela, « la première femme africaine dont on ait jamais recensé le nom en Virginie », souligne Bly Straube, commissaire au musée de Jamestown Settlement. « Son histoire, c’est un peu celle d »Eve’, aux origines de tout », avance-t-elle.

Leur arrivée marque le début d’un funeste pan de l’histoire des Etats-Unis : 250 années d’esclavage, la traite de millions d’Africains, suivies d’une longue période de ségrégation dont les séquelles marquent encore la société américaine.

« Paradoxe » historique, selon James Horn, les premiers Africains sont arrivés à Jamestown peu après la tenue, dans la petite église du village, de la première assemblée législative du Nouveau Monde le 30 juillet 1619.

Etrange confluence entre la « première expression de notre expérience démocratique » et de nouveaux arrivants « privés de leurs droits, de leurs identités », souligne James Horn.

« Dans leurs pas »

L’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis, c’est « en fait la plus puissante histoire de survie jamais contée », juge Terry Brown, premier responsable noir américain du monument national de Fort Monroe.

Avec son équipe, il prépare un grand week-end de cérémonies, du 23 au 25 août, pour célébrer notamment la « contribution » des Africains à la société américaine.

« Plus nous parlons tous ensemble, plus il est aisé de lutter contre le poison du racisme », poursuit-il sous son chapeau de ranger.

Terry Brown lui-même est parti en quête de son passé disparu, découvrant, à travers un test ADN, ses racines camerounaises.

« C’est très émouvant parce que tous les jours, je franchis le pont menant au Fort et qu’à chaque fois je pense au fait qu’ils sont arrivés ici. Il y a 400 ans, qui aurait imaginé que je serais un jour ici, marchant dans leurs pas ? »

Alors que les autres premières Africaines – « 17 femmes et 15 hommes originaires de Ndongo ou Kongo vivaient en Virginie début 1620 » selon James Horn – sont restées anonymes à jamais, Angela apparaît sur deux rares documents recensant la population de la petite colonie en 1624 et 1625, sous le nom d' »Angelo ».

Angela ou Angelo : les historiens débattent sur ce qui était vraiment son prénom, probablement donné par les Portugais. Mais tous s’accordent à dire qu’elle était esclave de la riche famille Pierce. Elle devait travailler aux tâches domestiques et dans le verger.

Esclavage « héréditaire »

Angela était probablement logée avec les servants blancs, selon les historiens. Ce n’est en effet qu’une quarantaine d’années plus tard, autour de 1660, que plusieurs colonies britanniques en Amérique décrétèrent que le statut d’esclave serait désormais transmis par la mère, apportant une nouvelle dimension héréditaire, et foncièrement raciale, à l’esclavage.

Elles interdirent à la même époque les mariages mixtes. Une prohibition qui perdurera dans certains Etats américains jusqu’au XXe siècle.

Après 1625, Angela disparaît des registres. Mais son nom est aujourd’hui plus que jamais à l’honneur à Jamestown.

Les recherches sur les premiers Africains « permettent de refléter un histoire plus complète du passé des Etats-Unis, avec laquelle nous sommes encore aux prises », estime Chardé Reid, en se disant toutefois « optimiste ». « Nous assistons à un changement profond. Et c’est vraiment incroyable d’y participer. »

https://www.geo.fr/

Le Saviez-Vous ► L’histoire américaine ne doit plus passer sous silence la barbarie des femmes


Un sujet intéressant sur la violence des femmes face aux esclaves aux États-Unis. Je ne suis pas surprise que les femmes ont usé autant (sinon plus) de violence et cruauté envers les esclaves. Des exemples donnés par des esclaves de ces femmes. L’auteur fait une analogie avec les enfants qui ont été séparées les parents immigrés de leurs enfants. Un couple blanc interrogé si cela leur arrivait, prétendait que cela était impossible, car il n’avait rien en commun avec les immigrés. Aussi l’organisation des femmes blanches de l’extrême droite américaine. Ce qui me surprend par contre, c’est qu’en 2019, le racisme et le comportement envers des gens de d’autres ethnies est encore d’actualité autant en Amérique que sur les autres continents, Nous n’avons pas vraiment évoluer sur ce sujet …
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L’histoire américaine ne doit plus passer sous silence la barbarie des femmes

 

Une femme de la Nouvelle-Orléans avec sa jeune esclave, dans les années 1850 | The Burns Archive via Wikimedia Commons

Une femme de la Nouvelle-Orléans avec sa jeune esclave, dans les années 1850 | The Burns Archive via Wikimedia Commons

Rebecca Onion — Traduit par Yann Champion

Un nouvel ouvrage historique montre que les femmes esclavagistes aux États-Unis étaient aussi brutales que les hommes et tiraient autant parti qu’eux de l’exploitation humaine.

L’historienne Stephanie E. Jones-Rogers ouvre son excellent dernier livre, They Were Her Property: White Women as Slave Owners in the American South («Ils étaient sa propriété: les femmes blanches esclavagistes dans le Sud américain») par l’histoire de Martha Gibbs, propriétaire d’une scierie dans le Mississippi, qui possédait également «un nombre important d’esclaves».

L’un d’eux, Litt Young, décrivait sa propriétaire comme une femme qui exerçait un contrôle total sur ses affaires financières, y compris dans la gestion de ses esclaves. Young se souvenait aussi, par exemple, de la manière dont le deuxième mari de Gibbs avait tenté –en vain– de la convaincre d’arrêter d’ordonner à son contremaître d’administrer «des coups de fouet brutaux».

Après la défaite des Confédérés, Gibbs «partit se réfugier»: elle emmena avec elle au Texas une partie de ses esclaves, sous la menace d’une arme à feu, et les força à travailler pour elle jusqu’en 1866

«un an après, ces personnes légalement libres mais encore esclaves de facto “lui donnaient sa première récolte”. Puis, écrit Stephanie E. Jones-Rogers, Martha Gibbs les laissa partir.»

Bien plus que des témoins innocents

Écrits dans les années 1970 et 1980 par des spécialistes de l’histoire des femmes, les premiers livres traitant des femmes esclavagistes s’intéressaient généralement aux riches femmes du Sud qui avaient pris ce rôle à la mort de leur mari ou de leur père. Les femmes de ces ouvrages étaient dépeintes comme ayant un dilemme par rapport à leur rôle d’esclavagiste.

Certaines historiennes ou historiens supposaient d’ailleurs que les maîtresses de ces plantations étaient elles-mêmes contraintes et opprimées par la société patriarcale sudiste. D’après ces versions de l’histoire, les femmes qui possédaient des esclaves ne s’impliquaient pas personnellement dans la gestion quotidienne des esclaves, et elles s’occupaient encore moins d’en acheter ou de les vendre.

Au sein d’un mariage, le fait de posséder ses propres esclaves pouvait permettre à une femme de garder une certaine indépendance.

Ce sont précisément ces suppositions au sujet du côté passif et plein de remords des femmes esclavagistes que Stephanie E. Jones-Rogers remet en cause dans son livre –et avec elles, l’idée que les femmes blanches n’étaient que les témoins innocents de l’esclavagisme des hommes blancs. Son but, m’a-t-elle expliqué par téléphone, était de montrer comment les femmes blanches avaient profité économiquement de la possession d’esclaves.

L’esclavage permit à certaines femmes de trouver un mari. Au sein d’un mariage, le fait de posséder ses propres esclaves pouvait permettre à une femme comme Martha Gibbs de garder une certaine indépendance. Et si le mari venait à mourir, ou à être mauvais en affaires, la femme pouvait trouver un moyen de conserver les «propriétés humaines», ce qui lui offrait la possibilité d’assurer sa sécurité matérielle.

Propriétaires au même titre que les hommes

Stephanie E. Jones-Rogers a commencé à changer de point de vue en se détournant des lettres et carnets intimes des femmes de l’élite, qui constituaient l’essentiel de la base documentaire d’autrefois, pour leur préférer les témoignages des personnes qui avaient été asservies.

En analysant les récits des anciens esclaves rassemblés durant la Grande Dépression par la Works Progress Administration (WPA) –le récit de Litt Young en faisait partie–, l’historienne a trouvé de multiples témoins qui donnaient les noms des femmes qui les avaient possédés –et qui n’étaient pas simplement des «maîtresses», mais de véritables propriétaires, avec tout ce que cela impliquait.

Elle a aussi découvert des récits montrant que ces femmes «insistaient sur leurs revendications à la propriété lors de conversations avec les esclaves ou en leur présence» et qu’elles «contestaient le droit accordé aux hommes de contrôler leurs propriétés, qu’il s’agisse d’esclaves ou autres».

En examinant d’autres types de documents, Stephanie E. Jones-Rogers s’est aperçue que l’on trouvait des cas de femmes propriétaires d’esclaves dans toutes les archives de l’esclavage aux États-Unis: dans les annonces passées dans les journaux lorsque des esclaves s’enfuyaient, où elles s’identifiaient comme les propriétaires des fugitifs, parmi les bénéficiaires d’indemnisations, lorsque leurs esclaves, accusés d’avoir fomenté une insurrection, avaient été exécutés ou revendus, ou dans la liste des personnes dédommagées par les villes qui réquisitionnaient des esclaves pour effectuer des travaux publics.

Les femmes mariées, qui selon la doctrine juridique de la coverture n’avaient habituellement plus le droit de posséder des biens une fois qu’elles avaient un époux, intentaient des actions en justice afin de conserver leurs droits économiques sur les esclaves qu’elles détenaient avant leur mariage. Et les juges accédaient souvent à leurs requêtes.

Cruauté envers les mères et leurs enfants

Les témoignages de la WPA montrent que du point de vue des esclaves, les femmes esclavagistes n’étaient pas très différentes de leurs homologues masculins. Beaucoup d’entre elles étaient tout aussi cruelles que les hommes, et elles n’hésitaient pas à prendre la décision de «revendre» leurs esclaves ou les membres de leur famille.

Plusieurs récits montrent clairement que les femmes du Sud qui possédaient des esclaves n’étaient pas, comme on le pense parfois, de douces «mères» faisant au mieux dans une situation difficile. Elles n’hésitaient pas à fouetter leurs esclaves avec des orties ou à donner de la viande pourrie aux enfants esclaves.

Stephanie E. Jones-Rogers consacre également tout un chapitre à l’horrible pratique qui consistait à séparer les femmes esclaves de leur nouveau-né, afin qu’elles puissent servir de nourrices et allaiter les enfants de leur maîtresse.

«Si l’on observe attentivement la manière dont les femmes traitaient leurs esclaves, il ressort qu’elles différaient très peu des hommes esclavagistes –et qu’elles traitaient très rarement leurs esclaves comme leurs enfants», écrit Stephanie E. Jones-Rogers.

«En repensant au chapitre sur les nourrices allaitantes, j’ai fait le rapprochement avec la politique de séparation des femmes sans papiers et de leurs enfants mise en place par Trump, explique Stephanie E. Jones-Rogers. J’ai lu une interview d’un couple de Blancs du Texas, dans une région proche de la frontière. Les journalistes ont interrogé la femme et lui ont demandé comment elle se sentirait s’il s’agissait de ses enfants. Et elle a répondu, en gros, que “ça ne pourrait pas être ses enfants”.»

«Elles pensaient que les relations avec leurs enfants n’avaient absolument aucun point commun avec celles de leurs esclaves.» Stephanie E. Jones-Rogers, historienne

La propriétaire d’esclaves qui a obligé la mère de T.W. Cotton, interviewé par la WPA, à allaiter son propre enfant, forçant le petit Cotton à se nourrir «de lait animal ou de bouillie en biberon, pratique dangereuse que de nombreux médecins déconseillaient fortement à cette époque», comme l’écrit Jones-Rogers, ne considérait probablement pas cette séparation comme étant difficile émotionnellement et physiquement, tant pour la mère que pour l’enfant.

«Lorsque les esclavagistes séparaient les mères esclaves de leurs enfants, elles ne s’imaginaient pas dans une situation identique, soutient Jones-Rogers. Elles se considéraient comme très différentes des femmes à leur service et pensaient que les relations avec leurs enfants n’avaient absolument aucun point commun avec celles de leurs esclaves.»

En finir avec l’historiographie de la surprise

Le fait que des femmes blanches soient capables d’infliger des violences et de manipuler avec cruauté la vie d’autres personnes, ce que Stephanie E. Jones-Rogers a qualifié dans notre conversation de «malfaisance et ignominie», ne cesse de stupéfier certaines personnes –qui, soyons honnêtes, sont sans doute principalement blanches.

Ce qui explique pourquoi on peut encore lire des articles étonnés sur l’«étrange phénomène» des femmes blanches au sein de l’extrême droite américaine ou qui participent aux manifestations «Unite the Right».

Nous devons également rappeler encore et encore que les femmes blanches assistaient avec plaisir aux lynchages, s’enrôlaient par milliers pour former une organisation auxiliaire du Ku Klux Klan et protestaient férocement contre l’intégration de la population noire dans les établissements scolaires, tant dans le Sud que dans le Nord.

L’histoire de la relation entre les femmes esclavagistes et l’esclavage, explique Jones-Rogers, devrait «mettre un terme à cette surprise».

«Si vous pensez à la valeur, à l’importance d’être blanc dans leur vie, le fait que ce soit une source de pouvoir, que cela leur donne un poids politique, une influence, alors ces petits détails qui ponctuent l’histoire ont un sens, affirme-t-elle. Les femmes n’ont rien à envier aux hommes quand il s’agit de violence.»

Peut-être est-ce un travers particulièrement américain de vouloir croire que les femmes blanches ne sont pas coupables des cruautés de l’histoire américaine. Stephanie E. Jones-Rogers raconte que lorsqu’elle présentait son travail à des universitaires européens, ils ne montraient aucune surprise en découvrant son contenu:

«Il existait une sorte de consensus entre eux sur le fait que les femmes étaient tout à fait capables de commettre de tels actes. Mais lorsque j’en ai parlé à des historiens et des universitaires américains, tous ont exprimé leur stupéfaction.»

Pendant qu’elle rédigeait son livre, Stephanie E. Jones-Rogers a lu Les furies de Hitler, l’ouvrage de Wendy Lower sur la participation des femmes nazies dans le génocide sur le front de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale.

«Wendy Lower soutient, entre autres, que la raison pour laquelle nous sommes choqués est que nous nous raccrochons à l’espoir qu’au moins la moitié de l’humanité n’est pas complètement mauvaise, résume Jones-Rogers. Nous devons avoir un peu d’humanité pour ressentir cette empathie naturelle, inhérente. Lorsque l’on découvre que les femmes peuvent être aussi vicieuses et atroces, ça fait perdre tout espoir, parce qui nous reste-t-il d’autre?»

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► Le « Black friday », le jour où les esclaves étaient bradés sur le marché de la place publique


Depuis la semaine dernière, la publicité du vente du vendredi noir était partout, télé, internet, journaux … Et cela continu jusqu’à Lundi qui sera autour du cyber lundi … Cependant, l’origine du vendredi noir fait partie d’un coté sombre de l’histoire des États-Unis. Le Canada a récupéré cette tradition, mais l’a transformé, il n’y a pas longtemps au vendredi fou, peut-être pour ce dissocié de l’histoire américaine.
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Le « Black friday », le jour où les esclaves étaient bradés sur le marché de la place publique

 

 

par Atti Mahamat Aban

Mais il fut un temps où cette célébration désignait la liquidation pure et simple du reste d’esclaves noirs non vendus, par leurs maîtres blancs sur le marché de la place publique. Avant le départ vers l’Afrique pour en attraper de nouveaux plus frais, et renouveler ainsi le stock.

C’est ainsi que des esclaves étaient exposés devant des centaines d’acheteurs, qui faisaient leur choix et en ramenait dans leurs plantations pour travailler du coton, de la canne à sucre, ou dans leur maisons afin d’effectuer les taches domestiques.

Cette version n’est pas souvent citée, peut-être pour des raisons de tranquillité et éviter qu’elle ne divise l’Amérique, de même que la véritable version de la Thanksgiving qui est en fait le jour où les indiens (autochtones) ont décidés de donner des couvertures aux colons blancs pour pas qu’ils meurent de froid, marquant ainsi une trêve dans la guerre qui les opposait, symbolisée par un partage de nourriture entre les deux clans.

http://www.culturebene.com/

Une fille de 16 ans vendue sur Facebook, ce "marché d’esclaves moderne"


C’est épouvantable que pour sortir de la pauvreté on peut aller jusqu’à vendre sa fille pour un mariage forcé. Avec les réseaux sociaux, les ventes sont plus facile a réalisé malheureusement
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Une fille de 16 ans vendue sur Facebook, ce « marché d’esclaves moderne »

 

© afp.

Par: Deborah Laurent

Facebook est au coeur d’une nouvelle polémique. Le 25 octobre dernier, une famille du Sud-Soudan a mis  sa fille de 16 ans en vente sur le réseau social. Le plus offrant gagnait le droit de l’épouser.

Facebook a expliqué que le post problématique avait été retiré dès qu’il en avait eu connaissance le 9 novembre, soit quinze jours plus tard… Malheureusement, le deal pour la vente de l’adolescente avait déjà été conclu.

Selon Plan International, organisation de défense des droits de l’enfants, le père de la jeune fille aurait reçu 500 vaches, trois voitures et 10.000 dollars en échange de sa fille. Vu le « succès » de sa vente sur Facebook, Plan International craint que ça donne la même idée à d’autres familles.

Pour le directeur de Plan International au Sud-Soudan, il ne s’agit ni plus ni moins d’une « utilisation barbare de la technologie se rapprochant d’un marché d’esclaves moderne ».

La fille ainsi vendue a été mariée de force le 3 novembre. Plan International demande au gouvernement du Sud-Soudan d’enquêter sur cette affaire et de punir les responsables.

Selon les chiffres de l’UNICEF publiés en novembre 2017, 52% des filles du Sud-Soudan sont mariées avant l’âge de 18 ans. Selon l’UNICEF, les filles et leurs proches sont convaincus que ces mariages précoces peuvent les aider à sortir de la pauvreté.

https://www.7sur7.be/

Le Saviez-Vous ► 8 Personnes qui ont eu des vies hors du commun


Dans le passé et sûrement présentement, des gens ont vécu d’une façon imprévisible qu’aurait dû être leur vie. Voici 8 d’entre eux qui peut-être en avez-vous déjà entendu parler. Ceux qui m’ont le plus impressionné sont les 2 derniers
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8 Personnes qui ont eu des vies hors du commun

 

 

Olive Oatman, la fille mormone élevée par une tribu d’Amérindiens.

image: Author=Unknown/ Wikimedia

L’histoire d’Olive Oatman (1838-1903), une jeune fille mormone, commence lorsqu’elle a été enlevée par la tribu Yavapai lors d’un voyage en train en Californie à l’âge de 13 ans. Les Yavapai l’ont séparée de ses parents et la vendirent peu de temps après, comme esclave, à une autre tribu, celle des Mohaves; mais elle y fut élevée comme un membre de la tribu, tatouée et revêtue de leurs vêtements. La jeune fille a vécu avec les Mohaves jusqu’ à l’âge de 19 ans, quand (en raison d’une menace des Européens de Fort Yuma) elle a été libérée et rendue à ses proches.

Hans Schimdt, le religieux condamné à la chaise électrique

image: Wikimedia

Hans Schmidt, prêtre d’origine allemande, décida de déménager à l’église Saint-Boniface de Manhattan, où il avait une relation avec une infirmière. En 1913, les deux jeunes gens décidèrent de se marier en secret, mais lorsque la femme prétendit attendre un enfant, Schmidt la tua et la jeta dans le fleuve Hudson. Les enquêteurs ont trouvé les restes de la femme dans la rivière, ils sont retournés voir le prêtre, l’ont arrêté et l’ont condamné à la chaise électrique.

La prostituée devenue la reine des pirates

image: Anonymous/ Wikimedia

L’histoire de Ching Shih se passe en Chine au XIXe siècle. Shih, une femme d’origine modeste, a travaillé comme prostituée jusqu’au jour où le pirate Zheng Yi a rasé son pays et l’a choisie comme épouse. A la mort de son mari, la nouvelle femme a pris le pouvoir de sa flotte et est devenue l’une des femmes chinoises les plus craignées et respectées. Lorsque l’empereur chinois proposa la paix aux pirates en échange de l’abandon de leurs activités criminelles, Shih accepta et revint à la vie civile plus riche que jamais!

L’histoire de l’homme homard

image: Walsh David/ Wikimedia

Grady F. Stiles Jr. souffrait d’ectrodactylie, une maladie qui provoque la déformation des mains et des pieds « en forme de crabe » et pour cette raison il rencontrait de nombreux obstacles dans la marche et il a été contraint d’utiliser la chaise roulante.

Grady travaillait dans le monde du cirque et c’est dans cette environnement qu’il a connu sa future épouse. N’ayant pas la possibilité d’utiliser la partie inférieure du corps, il développa une grande force dans la partie supérieure.  Malheureusement, cette force l’utilisa pour faire du mal aux membres de sa amille, y compris son futur gendre, cje Stiles tué la veille du mariage. En fin de compte, il a été tué par un voisin apparemment engagé par sa femme pour « résoudre le problème ».

L’homme le plus riche qui n’ait jamais existé

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Mansa Musa Ier est devenu empereur du Mali en 1312. Grâce au commerce de l’or et du sel, il a accumulé une énorme fortune qui se traduit aujourd’hui à environ 400 milliards de dollars, bien plus que la richesse accumulée par Rockefeller!

Que faisait l’Empereur du Mali avec tout cet argent? Une grande partie de sa puissance économique a été investie dans la construction de mosquées (selon la légende, elle a ordonné la construction d’une nouvelle mosquée tous les vendredis).

Le docteur enfermé dans un asile pour avoir dit la vérité

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Ignaz Semmelweis était médecin viennois et il remarqua un fait étrange: les femmes enceintes mourant de septicémie étaient cinq fois plus nombreuses dans les services médicaux que dans ceux dirigés par des sages-femmes. En réfléchissant, Semmelweis a compris que cela était dû à de mauvaises mesures d’hygiene: les médecins opéraient les femmes avec les mêmes outils que ceux utilisés pour les autopsies, sans stérilisation adéquate. En raison de sa critique sévère du système hospitalier, celui qui pronait la désinfection des instruments médicaux au chlore a été ridiculisé par ses collègues (qui se sont sentis attaqués) et conduit à la folie. Il est mort en asile, peut-être (ironie du sort) de septicémie!

La femme « insubmersible »

image: Boylo/ Wikimedia

On se souvient de Violet Jessop pour sa capacité à survivre aux catastrophes maritimes. Comme nous vous l’avons bien dit ici, en fait, cette infirmière a vécu entre 1887 et 1971 à bord de trois géants de la mer (olympiques, Titanic et HMHS Britannic) tous impliqués dans des accidents qui ont fait en tout plus de 1500 morts. Même si dans l’un d’eux, elle a été blessé à la tête, Violet a toujours réussi à monter à bord d’un canot de sauvetage!

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Le Saviez-Vous ► En Inde, des femmes achetées pour quelques centaines d’euros


Il y a des endroits dans ce monde qui doivent évoluer pour de meilleures conditions de la femme. Dans des villages en Inde, des hommes ont de la difficulté à se trouver des femmes, alors ils les enlèvent ou les achètent. Elles sont devenues des esclaves domestiques et sexuelles. Si ces hommes décident de les délaissées, elles se retrouvent seules rejeter par leurs voisins, et même par leur famille.
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En Inde, des femmes achetées pour quelques centaines d’euros

 

Une mariée, à Ahmedabad, en Inde, le 11 février 2018. | Sam Panthaky / AFP

Chaque année en Inde, des dizaines de milliers de femmes sont enlevées pour être vendues comme épouses.

 

À treize ans, Tahmina a été vendue 50.000 roupies (environ 620 euros/ 994,06 $ canadien) à un homme de plus de quarante par sa sœur et son beau-frère, dans un village de l’État d’Haryana.

En Inde, le rapport ministériel du National Crime Records Bureau indique qu’en 2016, 33.855 personnes ont été enlevées pour un mariage, un peu plus de la moitié d’entre elles étant mineures, et la quasi totalité, des femmes (seulement 59 hommes sur le total).

«Pendant des siècles, le trafic de femmes à marier a été un marché florissant dans les États de l’Haryana, du Pendjab et du Rajasthan, au nord de l’Inde. Il n’existe pas de données officielles du gouvernement sur le nombre de victimes du trafic d’alliances, mais l’on estime que des centaines de milliers de femmes et de filles, principalement venant d’Assam, du Bengale-Occidental, du Jharkhand ou du Bihar, ont été vendues en mariage», rapporte Elena del Estal pour le Guardian.

Six semaines plus tard, Tahmina a été retrouvée par sa mère dans un petit centre d’hébergement géré par le gouvernement, grâce à l’aide de l’organisation Empower People, qui lutte contre le trafic de femmes à marier et les crimes d’honneurs perpétrés contre les femmes.

Une vie d’esclave sexuelle et domestique

Les femmes ainsi vendues sont souvent réduites à une vie d’esclave sexuelle ou domestique, quand elles ne sont pas abandonnées et, éventuellement, revendues. On les appelle «paro» ou «molki», ce qui signifie «volée» ou «achetée» –manière supplémentaire de les humilier.

Sanjida a vécu comme «paro» pendant quinze ans dans le district de Mewat. Comme Tahmina, à qui sa sœur avait fait croire qu’elle l’emmenait à Dehli, elle pensait rejoindre la capitale pour trouver un emploi de baby-sitter. Au lieu de cela, on l’a vendue pour 10.000 roupies (124€ /194,92 $).

Quand elles se retrouvent veuves, la plupart des paros sont expulsées de la maison. Un retour au premier foyer est souvent mal vécu par les femmes ayant été vendues comme épouses, qui font face à des discriminations, du voisinage comme de leur propre famille.

Le père de Tahmina a refusé de l’accueillir dans sa maison à son retour. Il a décidé de quitter leur village avec sa mère et ses frères et sœurs, la laissant vivre chez sa grand-mère.

La pratique de mariage forcé par troc et enlèvement trouve sa légitimation auprès de certaines populations, lorsque trouver une femme locale se révèle trop ardu.

«Les hommes pauvres comme nous, qui n’ont pas beaucoup de terres, ont beaucoup de difficulté à trouver une femme ici», explique l’homme qui a acheté et épousé Sanjida.

Samsuddil, lui, a acheté Najida 10.000 roupies pour qu’elle le rejoigne… lui et sa femme: incapable à 41 ans d’avoir un enfant avec cette dernière, et ne pouvant pas trouver d’autre femme au village, il se justifie:

«Avoir des enfants est important». Najida a vingt ans.

 

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