Le Saviez-Vous ► Des ossements de détenus noirs au Texas rappellent la persistance d’une forme d’esclavage


Suite à une découverte d’ossements sur le terrain d’une ancienne prison au Texas aux États-Unis. Ces ossements tous des prisonniers noirs. Cela vient rappeler le triste sort de ces hommes qui furent arrêter souvent pour des pacotilles. Ils étaient condamnés aux travaux forcés en était louer a des blancs pour travailler gratuitement.
Nuage

 

Des ossements de détenus noirs au Texas rappellent la persistance d’une forme d’esclavage

 

Le drapeau confédéré, symbole des Etats sudistes pro-esclavage. | Joe Raedle / AFP

Le drapeau confédéré, symbole des Etats sudistes pro-esclavage. | Joe Raedle / AFP

Repéré par Claire Levenson

Repéré sur Washington Post

Dans le Sud des Etats-Unis jusqu’au début du XXe siècle, les hommes noirs pouvaient être arrêtés pour presque rien et condamnés au travail forcé.

Au Texas, des archéologues ont récemment découvert des ossements enterrés sur le site d’une ancienne prison et viennent de confirmer qu’il s’agissait d’os appartenant à environ quatre-vingt-quinze hommes noirs morts entre 1878 et 1911. Ce cimetière et ces cadavres n’étaient signalés par aucune inscription, et la découverte a été faite par hasard sur le chantier de construction d’une nouvelle école.

Elle rappelle un chapitre choquant de l’histoire du sud des États-Unis: après la fin officielle de l’esclavage, plusieurs États avaient trouvé une façon de perpétuer le travail forcé des Noirs en utilisant un système juridique inique.

Des hommes loués à des propriétaires

De la fin du XIXe siècle au début du XXe, les États du sud «louaient» ainsi leurs détenus à des entreprises privées pour lesquelles ces hommes travaillaient gratuitement dans des conditions épouvantables. Si des historiens parlent à ce sujet «d’esclavage sous un autre nom», c’est aussi parce que ces hommes étaient arrêtés et condamnés aux travaux forcés pour presque rien.

Par exemple, des lois contre le «vagabondage» faisaient que la police pouvait arrêter des hommes noirs juste parce qu’ils étaient dans la rue et ne travaillaient pas. Et comme les personnes arrêtées ne pouvaient pas payer les amendes, elles pouvaient se retrouver condamnées à un an de travaux forcés. Parler avec une femme blanche pouvait aussi mener à des inculpations.

Les détenus étaient ensuite loués à des propriétaires de plantations de canne à sucre, de mines ou de compagnies ferroviaires. Le Capitole du Texas a été ainsi construitavec le travail forcé de ces prisonniers. Dans le cas des ossements découverts cette année, il s’agissait de travailleurs des plantations de cannes à sucre, aux mains d’anciens propriétaires d’esclaves.

Rien qu’au Texas, plus de 3.500 prisonniers sont ainsi morts dans ces camps de travail forcé entre 1866 et 1912, jusqu’à ce que des législateurs interdisent finalement cette pratique.

Reginald Moore, un historien et militant qui cherchait ce type de cimetière depuis des années au Texas, travaille désormais en partenariat avec la municipalité pour créer un mémorial et peut être transférer les ossements dans un cimetière.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► L’esclave noir devenu cowboy légendaire


Quand on pense cowboy, on recule dans le temps et on pense des Américains blancs. Pourtant, il y a eu aussi dans les provinces de l’ouest au Canada des cowboys, et d’autres ethnies pouvait aussi être des cowboys, comme l’histoire de John Ware, un Afro-Américain, un esclave affranchi devenu cowboy et il est venu s’installer au Canada pour avoir son propre ranch. Cela n’a pas toujours été facile, vue que le racisme a toujours existé
Nuage

 

L’esclave noir devenu cowboy légendaire

 

Il est né quelque part dans le sud des États-Unis, dominé, opprimé. Il est mort, en 1905, admiré par les Blancs. Nous vous faisons découvrir l’un des plus grands cowboys de l’Ouest canadien, John Ware.

Un texte de Laurence Martin

Au bout d’une route de campagne, presque cachée par les arbres, la pierre noire arbore une petite inscription : « John Ware a vécu ici. » On est au sud-est de Calgary, dans le Cowboy Country.

Lorsque John Ware arrive dans la région en 1882, l’Alberta n’existe pas encore. Sur les contreforts des montagnes Rocheuses, on retrouve des tentes, des fermes de bois ici et là. Quelques centaines d’habitants, tout au plus.

Ware, lui, vient de mener avec d’autres hommes un troupeau de 3000 bêtes du Montana jusqu’au nord de la frontière canado-américaine.

Il était très habile avec les chevaux. On disait de lui : il n’y a aucun cheval qu’il ne peut monter. Il savait toujours où nourrir, où abreuver le bétail. Personne ne l’aurait vu tomber d’un cheval. Il était très respecté. Cheryl Foggo, historienne afro-canadienne

John Ware se tient debout près d'une rivière avec deux chevaux.

John Ware avec ses chevaux, près de la rivière Red Deer, en 1901.  Photo : Collection du Musée Glenbow

Difficile de savoir où exactement John Ware apprend à devenir un si bon cavalier. Né esclave entre 1845 et 1850 – la date n’est pas confirmée –, il est affranchi en 1865, à la fin de la guerre de Sécession. Il travaille alors comme cowboy au Texas et en Idaho, notamment.

« Il est probable que même durant son esclavage, il ait habité un ranch. Il était trop doué pour avoir appris ces techniques de cavalerie tard dans sa vie », ajoute Cheryl Foggo, une historienne afro-canadienne qui prépare un documentaire sur John Ware.

Rester au Canada

John Ware ne retourne pas aux États-Unis après 1882. Il participe plutôt au développement du bétail dans les Prairies et réussit à se faire accepter dans une culture de ranchers souvent hostile aux Afro-Américains.

Ware établit son premier ranch en 1887. Cinq ans plus tard, il épouse Mildred Lewis, une Ontarienne dont la famille s’était récemment installée à Calgary.

John Ware et sa femme Mildred, en 1896, et 2 de leurs enfants.

John Ware et sa femme Mildred, en 1896.  Photo : Collection du Musée Glenbow

John Ware est exceptionnel parce que c’est un homme noir qui a réussi dans une société blanche. Adriana Davies, historienne

Au tournant du 20e siècle, d’autres Afro-Américains emboîtent le pas à John Ware et s’installent dans l’ouest. Entre 1897 et 1911, un millier d’hommes, de femmes et d’enfants noirs, originaires de l’Oklahoma, s’installent en Alberta et en Saskatchewan.

Photo de John Ware entouré d'hommes blancs.

John Ware, entouré de ranchers blancs, vers 1902-1903.  Photo : Collection du Musée Glenbow

Mais le racisme auquel ils font face est omniprésent.

« Les gouvernements des territoires de l’Ouest ne voulaient pas d’une entrée « trop poussée » des Noirs », raconte le professeur d’histoire à l’Université du Québec à Montréal Greg Robinson.

« Ils ont même obtenu du gouvernement canadien qu’ils interdisent l’immigration des Noirs », ajoute-t-il.

À cause de cette loi fédérale, mise en vigueur en 1910, peu d’Afro-Américains s’établissent au Canada au cours des décennies suivantes.

Un article de journal intitulé « Le Canada va ferme la porte aux "nègres" », paru au début du 20e siècle.

Un article de journal intitulé « Le Canada va ferme la porte aux « nègres » », paru au début du 20e siècle.  Photo : Collection du Musée Glenbow

Même John Ware, pourtant très respecté, subit aussi parfois du racisme. Selon l’historienne Cheryl Foggo, il aurait demandé par exemple aux autorités pourquoi il payait deux fois plus pour son terrain que ses voisins blancs.

Son histoire se termine tragiquement. Ironie du sort, le grand cavalier meurt écrasé par son cheval, en 1905.

Au-delà du cowboy blanc

L’histoire de John Ware est aussi celle de ceux qui la racontent. Avec son documentaire, produit par l’Office national du film et prévu pour la fin de 2018, l’Afro-Canadienne Cheryl Foggo veut rappeler la place centrale des Noirs dans le parcours ouest-canadien.

Quand on pense à un cowboy, on pense toujours à un Blanc, même s’il y en a eu beaucoup qui étaient noirs, hispaniques, autochtones. Cheryl Foggo, réalisatrice du documentaire « John Ware : Reclaimed »

Cheryl Foggo devant une crique au sud-est de Calgary.

Cheryl Foggo espère que son documentaire intitulé « John Ware : Reclaimed » et produit par l’ONF sortira à la fin de l’année 2018. On la voit ici devant une crique où John Ware allait parfois abreuver ses chevaux. Photo : Radio-Canada/Laurence Martin

Cheryl Foggo elle-même est souvent interrogée sur son appartenance albertaine. Et, pourtant, elle est née à Calgary, et sa famille est arrivée dans les Prairies en 1910 :

« Aujourd’hui encore, on me demande d’où je viens, dit-elle. C’est très frustrant. »

Pour elle, John Ware est la preuve parfaite qu’on peut être cowboy ou cowgirl et d’origine africaine. Qu’au fond, l’histoire des Noirs fait partie intégrante de l’histoire canadienne.

https://ici.radio-canada.ca/

Des fourmis rouges adeptes de l’esclavagisme


Un comportement assez étrange des fourmis rousses, ils s’infiltrent dans des colonies pour enlever des cocons et ensuite les élevé comme des esclaves. Des fois, c’est étranges comment certains comportements ressemblent à ceux des humains
Nuage

 

Des fourmis rouges adeptes de l’esclavagisme

 

Nathalie Mayer
Journaliste

Dans le monde des fourmis, il s’en passe parfois de belles. Certaines, par exemple, n’hésitent pas à réduire leurs voisines en esclavage. Les chercheurs tentent aujourd’hui de comprendre comment elles ont pu en arriver là.

Les fourmis peuvent parfois se montrer cruelles. C’est le cas notamment des fourmis rousses de l’espèce Formica sanguinea. Chaque été, elles infiltrent le nid d’une autre espèce — la Formica fusca, par exemple — pour kidnapper des cocons qu’elles élèveront comme des esclaves. Un comportement étonnant que des chercheurs tentent aujourd’hui d’expliquer.

À l’université de Lausanne (Suisse), ils ont séquencé et cartographié le génome de 15 espèces de Formica. Ils ont ainsi pu établir un arbre généalogique. À sa base, toutes les espèces de fourmis Formica formaient des colonies sans avoir recours à l’esclavagisme. Rapidement, certaines se sont cependant mises à parasiter des espèces voisines pour qu’elles élèvent leurs petits.

Les Formica sanguinea font partie du sous-genre Raptiformica. Elles réduisent les fourmis du sous-genre Serviformica, comme les Formica fusca, en esclavage. © Schmutzler-Schaub, Fotolia

Les Formica sanguinea font partie du sous-genre Raptiformica. Elles réduisent les fourmis du sous-genre Serviformica, comme les Formica fusca, en esclavage. © Schmutzler-Schaub, Fotolia

Un comportement inscrit dans les gènes ?

Et il semblerait que ce soit ces mêmes espèces qui aient évolué ensuite vers l’esclavagisme. En effet, les espèces présentant ces deux types de comportements partagent les mêmes branches de l’arbre généalogique. Mais, sachant qu’il existe pas moins de 175 espèces de Formica, ces conclusions sont-elles fiables ?

Des études plus détaillées seront nécessaires pour s’en assurer. En attendant, les chercheurs tentent aussi d’identifier les gènes responsables de ce comportement, peut-être des gènes codant pour une sorte de déguisement chimique permettant aux fourmis esclavagistes de s’infiltrer sans trop de risque dans le nid de leurs proies…

https://www.futura-sciences.com/

En Italie, une secte «macrobiotique» démantelée par la police


Il y a des gens qui sont vraiment sans scrupule, Mario Pianesi était un homme respecté en Italie, jusqu’à temps qu’on met à jour ses activités douteuses. Il prône un régime macrobiotique qui consiste à ne manger que des céréales, des légumes et des légumes secs, et cela guérirait de nombreuses maladies. Sauf qu’en fait, il est le gourou d’une secte qui oblige ses adeptes à travailler gratuitement pour manger, ils sont isolés, maltraités et cet homme a bénéficié d’évasion fiscale
Nuage

 

En Italie, une secte «macrobiotique» démantelée par la police

 

/

Mario Pianesi, en 2017 | Capture écran via YouTube

Les adeptes, dont l’une ne pesait que trente-cinq kilos, pensaient que ce régime pouvait guérir toutes les maladies.

Le créateur du régime macrobiotique «Ma-Pi», Mario Pianesi, était jusqu’à peu un homme respecté en Italie. À la tête d’un empire de diétiétique comprenant une centaine de boutiques et restaurants, il avait même rencontré le pape à Rome, en 2016.

Il s’avère que son mouvement macrobiotique était une véritable secte qui forçait ses adeptes à se couper de monde, à travailler gratuitement, à lui donner de l’argent et à ne quasiment rien manger.

Après une enquête de cinq ans, la police de la région des Marches vient d’inculper cinq personnes liées à la secte, dont Pianesi, pour maltraitances, évasion fiscale et organisation criminelle visant à réduire des personnes en esclavage.

Refus de la médecine

Une des membres de l’organisation ne pesait plus que trente-cinq kilos, mais tous les adeptes semblaient avoir été convaincus que le régime de Pianesi, qui consiste à ne manger que des céréales, des légumes et des légumes secs, les guérirait de nombreuses maladies.

Selon la presse italienne, le gourou répétait souvent que la médecine tuait et que les docteurs étaient des «assassins». Au sein de la secte, une petite fille dont les parents suivaient ses préceptes est devenue sourde à cause d’une otite non traitée.

«Il s’agit de personnes qui souffraient de maladies physiques et mentales. Elles étaient convaincues que le régime leur faisait du bien et en échange, elles travaillaient gratuitement pour l’entreprise de nourriture macrobiotique et sacrifiaient leurs propres vies», a expliqué le chef de la police d’Ancône au Guardian.

Originaire d’Albanie, Mario Pianesi, 73 ans, n’a jamais étudié la médecine; il n’avait qu’un diplôme honoraire de l’Académie des sciences de Mongolie. Sa méthode a été enseignée dans une université privée de Rome, et il était citoyen honoraire de plusieurs villes.

http://www.slate.fr/

Esclavage en Libye: les conclusions de l’enquête «ne sauront tarder»


Toutes sortes d’esclavages existent encore aujourd’hui. Au Libye, des immigrés qui doivent tout quitter se retrouvent dans ce pays et des habitants en profitent pour les vendre aux plus offrant et nous sommes au 2017, il serait temps d’évoluer
Nuage

 

Esclavage en Libye: les conclusions de l’enquête «ne sauront tarder»

 

Des manifestants originaires de l'Afrique sub-saharienne dénoncent l'esclavage... (PHOTO AFP)

Des manifestants originaires de l’Afrique sub-saharienne dénoncent l’esclavage lors d’une mobilisation devant l’ambassade libyenne à Rabat, au Maroc.

PHOTO AFP

 

Agence France-Presse
Tripoli

Les conclusions de l’enquête ordonnée par le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) sur des cas d’esclavage en Libye «ne sauront tarder» et les responsables seront «traités sans indulgence», a annoncé jeudi un ministre.

«Des directives claires ont été données pour qu’une enquête fasse la lumière sur cette affaire et identifient les responsables de ces actes afin qu’ils en répondent devant la justice», a indiqué Al-Aref al-Khoja, ministre de l’Intérieur du GNA lors d’une conférence de presse à Tripoli.

«Les résultats de cette enquête ne sauront tarder», a précisé le ministre libyen.

La semaine dernière, un documentaire choc de la chaîne CNN a exposé l’existence de ventes d’esclaves près de Tripoli, indignant le monde entier.

«L’État libyen (…) ne tolèrerait pas que les victimes de l’immigration soient traités autrement que dans le respect de leur humanité», a-t-il affirmé en présence de plusieurs diplomates africains réunis dans le principal centre de rétention de migrants dans la capitale libyenne.

«Tous ceux qui violeront ces principes seront traités sans indulgence», a-t-il promis.

Depuis que l’affaire a éclaté, les autorités libyennes se défendent en rappelant le poids que les flux de migrants font porter à ce pays ébranlé par les crises politiques, l’insécurité et de graves difficultés économiques depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

La Libye, par sa situation géographique, est devenue un État-transit pour les flux de migrants «dont les nombres étaient souvent effarants», a expliqué le ministre, pour qui son pays «ne peut être considérée que comme une étape, pas plus».

http://www.lapresse.ca

Le Saviez-Vous ► Histoire et origine du chocolat : de l’Amérique à l’Europe


Le chocolat qui fait partie des petits plaisirs de la vie a été connu grâce aux expéditions espagnoles vers l’Amérique à la rencontre des Aztèques. Au début, quand il s’est fait connaitre en Europe, le chocolat était un breuvage et seulement l’élite pouvait en consommer, ce n’est que beaucoup plus tard que les tablettes de chocolat a pu être conquis par tout le monde
Nuage

 

Histoire et origine du chocolat : de l’Amérique à l’Europe

 

Claire König

Enseignante Sciences Naturelles

 

Avant le chocolat, il y a le cacao. Les Mayas appelaient cet arbre Cacahuaquchtl. Et les dieux, dans leur grande générosité, permettaient à l’élite, dans des circonstances bien codifiées, de consommer leur nourriture… Plongeons dans l’histoire du chocolat.

Fèves et poudre de chocolat. © Iprachenko, Shutterstock

Fèves et poudre de chocolat. © Iprachenko, Shutterstock

Le chocolat conquit l’Europe grâce aux grands explorateurs

Le chocolat devint le compagnon des grands explorateurs. Christophe Colomb, Hernan Cortés et bien d’autres succombèrent à ses charmes.

Les grands explorateurs, comme Christophe Colomb, ont participé à l'histoire du chocolat. © Portrait réalisé par le peintre florentin Ridolfo Ghirlandaio

Les grands explorateurs, comme Christophe Colomb, ont participé à l’histoire du chocolat. © Portrait réalisé par le peintre florentin Ridolfo Ghirlandaio

Cortés revient en Espagne en 1528. Il rapporte des produits inconnus : tomate, haricot blanc, pomme de terre, maïs, piment, tabac et chocolat. Il dit alors à Charles V :

« Une tasse de cette précieuse boisson permet à un homme de marcher un jour entier sans manger ».

Cortès apporte dans ses bagages de nouveaux aliments, et parmi eux du chocolat. © DR

Cortès apporte dans ses bagages de nouveaux aliments, et parmi eux du chocolat. © DR

Les premières cargaisons de cacao arrivent en Espagne en 1585. Préparé dans des monastères, le chocolat est très cher. Il devient un met royal, lourdement taxé et donc hors de prix pour le peuple.

Le galion servait au transport de marchandises, comme le chocolat. © DR

Le galion servait au transport de marchandises, comme le chocolat. © DR

Il est servi dans un pot à couvercle percé pour y introduire le moulinet et est bu dans des tasses plus hautes que celles du café, autre boisson à la mode. Les espagnols se mettent à boire du chocolat chaud, inconnu des Aztèques. Ils fabriquent les premières tablettes pour pouvoir le transporter facilement. L’engouement pour le chocolat se développe donc en Espagne bien avant le reste de l’Europe. Mais, peu coûteux à la production et de culture aisée, le cacao séduit les planteurs et, comme le sucre, contribue à l’essor de l’esclavage.

Plongez dans l'histoire du chocolat... © avs, Shutterstock

Plongez dans l’histoire du chocolat… © avs, Shutterstock

C’est aux Pays-Bas, terres espagnoles, que le chocolat s’étend d’abord. Les premières fèves sont introduites en Italie, par le duc Emmanuel-Philibert de Savoie, en 1559. Les chocolatiers italiens, experts dans l’art de le préparer, l’exportent en Autriche, en Suisse, en Allemagne et en France.

En 1609, les Juifs chassés d’Espagne arrivent à Bayonne et vont faire de la ville le principal centre de production français.

Madame de Sévigné écrivait alors à sa fille qu’elle en buvait soir et matin :

« Voilà de quoi je le trouve plaisant, c’est qu’il agit selon l’intention ».

Parmi ses plus fidèles admiratrices : Marie-Thérèse, infante d’Espagne et épouse de Louis XIV ; on disait d’ailleurs :

« Le roi et le chocolat sont les deux seules passions de la reine ».

On accusa Fagon, médecin de sa Majesté d’avoir préparé un chocolat de onze heures qui hâta son trépas et permit à madame de Maintenon, qui préparait elle-même son chocolat (c’était prudent !), de s’occuper enfin du roi !

Années 1820 : le chocolat se démocratise

Les années 1820 marquent les débuts du « chocolat pour tous ».

Fondateur d’une dynastie chocolatière, Antoine-Brutus Menier (1795-1853), pharmacien spécialisé dans les poudres, vend du chocolat en tablettes enveloppées de papier jaune. Son fils, Émile-Justin sera surnommé le baron Cacao.

Cailer, plus ancienne marque de chocolat suisse, et Van Houten, célèbre fabricant hollandais. © DR

Cailer, plus ancienne marque de chocolat suisse, et Van Houten, célèbre fabricant hollandais. © DR

  • Cailler est la plus ancienne marque de chocolat suisse, née en 1819. Brillat -Savarin, en 1826, préconisait le chocolat à ceux qui « auraient bu quelques traits de trop à la coupe des voluptés».

  • Le hollandais Van Houten, fabricant à Amsterdam, invente en 1828, la solubilisation du cacao. : c’est le premier brevet de chocolat en poudre.

  • En 1847, la première tablette de chocolat est créée.

  • Rodolphe Lindt (1855 -1909) dépose en 1879 un brevet qui marque la création du chocolat fondant par le procédé du conchage.

Lindt invente le conchage du chocolat. © DR

Lindt invente le conchage du chocolat. © DR

  • Henri Nestlé (1814-1890), grâce au procédé de condensation du lait, permet l’invention, en 1875, du chocolat au lait à croquer.

  • L’Anglais Charles Barry développe en 1842 une activité de négoce à Londres.

  • Le Suisse Charles Amédée Kohler découvre le chocolat aux noisettes en 1830.

  • Philippe Suchard découvre que la plaque coûte trois jours du salaire d’un ouvrier. En 1825, il produit alors entre 25 et 30 kg de chocolat par jour avec un seul ouvrier, et, en 1901, vient le fameux emballage mauve.

Le fameux chocolat Poulain. © DR

Le fameux chocolat Poulain. © DR

  • En 1884, Albert Poulain invente le petit déjeuner à la crème vanillée.
  • Dès le début du XXe siècle, la chaîne Menier est automatisée, permettant une fabrication en série des tablettes : la première chocolaterie industrielle !
  • En 1912, Jean Neuhaus créé la praline et lance ses tablettes ornées du célèbre éléphant.
  • En 1923, Franck Mars invente et lance, à Chicago, la première barre chocolatée !

Et la liste des grands noms du chocolat continue de s’allonger encore pour le plus grand plaisir des « chocolâtres ». Quel dommage que ce mot ne devînt pas français !

Et si la Suisse reste un des hauts lieux du chocolat, il est souvent au lait ce qui est incompatible avec la « chocolatrie ».

http://www.futura-sciences.com

Des chercheurs utilisent Google Maps pour repérer les zones d’esclavage en Inde


L’observation via Google Maps qui permet par un satellite de voir la terre depuis l’espace a fait naitre un programme : Esclavage depuis l’Espace. Malheureusement, l’esclavage est toujours d’actualité et l’Inde serait en première place avec la demande de construction pour des briques
Nuage

 

 

Des chercheurs utilisent Google Maps pour repérer les zones d’esclavage en Inde

 

Un Indien travaillant dans une fabrique de briques à l'extérieur de Calcutta, le 7 mai 2017. DIBYANGSHU SARKAR / AFP

Un Indien travaillant dans une fabrique de briques à l’extérieur de Calcutta, le 7 mai 2017. DIBYANGSHU SARKAR / AFP

Repéré par Juliette Mitoyen

Repéré sur Quartz

Avec plus de 18 millions de personnes concernées, l’Inde serait le pays où l’esclavage moderne est le plus répandu.

Le travail servile, bien qu’officiellement interdit en Inde depuis 1976, est particulièrement répandu dans le pays, comme le montre Quartz. Sur les 46 millions d’esclaves modernes estimés dans le monde, 18,3 millions se trouveraient en Inde. La Chine, second pays à avoir le plus d’esclaves, n’en compterait «que» 3,3 millions.

Cette forte proportion d’esclaves en Inde s’explique notamment par le boom de la construction que connaît le pays depuis plusieurs années, et qui repose en grande partie sur ses 100.000 fours à briques. Ces fabriques, qui emploient plus de 23 millions de travailleurs, ont énormément recours à l’esclavage des adultes comme des enfants, forcés de travailler dans des conditions déplorables. Lorsqu’un chef de famille accepte de venir travailler dans l’un de ces fours, toute sa famille est également obligée de le suivre, en échange d’un salaire médiocre qui force les travailleurs à s’endetter indéfiniment.

Repérer depuis le ciel pour agir au sol

Les chercheurs du Rights Lab de l’université de Nottingham au Royaume-Uni ont décidé de lancer, en mai 2017, un programme d’observation satellite en Inde de manière à pouvoir cartographier la localisation de ces nombreux fours à briques.

En utilisant Google Maps, le programme Esclavage depuis l’Espace a permis de repérer ces usines, parfaitement visibles depuis l’espace. Les citoyens volontaires étaient eux aussi encouragés à trouver les fours à briques via la plateforme du programme, à les marquer grâce au logiciel et à envoyer les résultats au Rights Lab. Des images satellites plus précises permettent ensuite d’affiner les observations.

Bethany Jackson et Jessica Wadlaw, chercheuses à l’université de Nottingham en charge du programme, ont expliqué les bénéfices d’une telle méthode de cartographie à distance:

«Pour lutter contre l’esclavage, les ONG fonctionnent souvent avec des pratiques qui nécessitent de se trouver sur le sol du pays. Mais lorsque l’esclavage a lieu dans des zones isolées, des zones de conflits ou des aires instables politiquement, cela peut s’avérer très dangereux. Les images satellites nous donnent l’opportunité de trouver les lieux où les droits de l’homme ne sont pas respectés, ce qui permet ensuite d’intervenir plus rapidement et efficacement. L’objectif premier d’Esclavage depuis l’Espace est de connaître l’emplacement de ces fours à briques (…) pour ensuite mener des actions sur le sol.»

L’équipe de chercheurs s’est d’abord focalisée sur une zone de 2.600 kilomètres carrés dans l’état du Rajasthan, mais prévoit d’étendre ses recherches de manière à exaucer le souhait des Nations unies, qui veulent éradiquer l’esclavage d’ici 2030.

Mais à cette date, l’Inde devrait être devenue le troisième plus gros marché de la construction au monde et peser 1 billion de dollars. La demande de briques devrait alors augmenter, ce qui favoriserait malheureusement l’esclavage.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► Une histoire de l’origine des esclaves africains


 

L’origine de l’esclavage africain vers l’Europe, (on ne parle pas pour le moment des États-Unis, qui comme on le sait, beaucoup d’hommes africains ont été esclaves dans ce pays) a commencé par les empires africains qui ont vendu aux Européens, mais quand des pays européens ont vu le potentiel, ils ont fini par venir les chercher eux-mêmes
Nuage

Une histoire de l’origine des esclaves africains


(
Source)

 Il faut comprendre que l’origine du commerce d’esclaves est liée tant aux guerres entre royaumes et tribus africaines qu’à leur contact avec les premiers Européens. Cette semaine, intéressons-nous aux grands royaumes africains qui ont commercé avec l’Europe et qui, notamment par les guerres internes, ont eux-mêmes fourni au départ les esclaves aux Européens… avant de réaliser l’hécatombe qui était en train de les frapper.

Des royaumes et Empires puissants:


L’Empire du Mali de Kanga Moussa en 1375
(
Source)

L’Afrique est un immense continent de plus de 30 millions de km2 qui a vu passer sur son territoire de très nombreuses populations aux moeurs, langues et traditions différentes. Un des plus connus grâce aux écrits et vestiges qui existent encore aujourd’hui a été le puissant Empire du Mali. Du XIIIe au XVIIe siècles, le Mali et sa capitale, Tombouctou, ont été la plaque tournante du commerce entre l’Afrique et les grands royaumes arabes et à travers eux, de l’Europe même. L’Histoire se rappelle entre autres du roi Kanga Moussa, qui a fait un pèlerinage à la Mecque avec une impressionnante quantité d’or qu’il aurait distribué sur son passage!


Pages de manuscrits astronomiques de Tombouctou
(
Source)

Bien situé comme zone d’arrêt pour les caravanes en raison de sa proximité du fleuve Niger, le Mali a constamment agrandi son territoire et géré un important commerce de l’or et du sel, en échange de produits de luxe comme le papier. Ses souverains s’intéressèrent au savoir sous toutes ses formes, investissant des mosquées, des bibliothèques et dans les plus anciennes universités du monde. Les célèbres manuscrits de Tombouctou, menacés par les conflits avec certains groupes religieux radicaux entre autres, sont un témoin important de cette histoire. 


Art de l’Empire du Congo
(
Source)

Des XVe au XIXe siècles, l’Empire du Congo est lui aussi devenu un joueur important dans le commerce africain, surtout que sa situation géographique lui permettait une riche agriculture, ce qui n’était pas le cas partout en Afrique. Ses souverains ont conquis un vaste territoire en Afrique de l’Ouest, qui nécessitait de positionner des gouverneurs dans les zones annexées pour en assurer la gestion et la surveillance.

Contact avec l’Europe et commerce d’esclaves:


L’intérieur d’un navire marchand d’esclaves
(
Source)

Des Empires comme celui du Congo ou de Dahomey acquéraient leur territoire par le biais de guerres et de conquêtes, ce qui impliquait de faire des prisonniers. Il faut noter que l’Afrique fournissait déjà des esclaves provenant de leurs conquêtes aux États arabos-musulmans depuis le VIIème siècle. Mais au XVème, les Portugais et les Hollandais atteignirent la côte atlantique de l’Afrique et entrèrent en contact avec ces Empires. Si les Européens étaient au départ intéressés par l’or, le développement des plantations de canne à sucre dans les colonies les amena à s’intéresser eux-mêmes à une marchandise humaine.


La reine Njingha Mbandi
(
Source)

En échange entre autres d’armes à feu, intéressantes pour leurs guerres, certains royaumes africains commencèrent à vendre leurs prisonniers aux Européens, les condamnant à une vie d’esclaves hors d’Afrique. Au XVIème siècle, on estime que 10% de la population de la ville de Lisbonne était déjà d’origine africaine! Ces esclaves venaient entre autres du Nigéria, du Cameroun et des territoires périphériques au Congo. Mais les Européens voulurent de plus en plus d’esclaves et en vinrent à les capturer eux-mêmes, faisant stagner la démographie africaine jusqu’à la fin du XIXème siècle. Certains souverains commencèrent à réaliser la tragédie et tentèrent de s’opposer à ces raids illégaux. Ce fut notamment le cas de la reine du Matamba Njingha Mbandi, qui passa sa vie à résister aux tentatives de raids des Portugais sur son territoire au XVIIème siècle.


Affiche de vente d’esclaves de 1855
(
Source)

Plus de 11 millions d’Africains et possiblement davantage, furent ainsi exportés vers les différentes colonies européennes entre les XVe et XIXe siècles, donnant ainsi naissance à une impressionnante diaspora noire de par le monde.

Evelyne Ferron, Spécialisée en histoire ancienne

 

http://www.historiatv.com/

Le Saviez-Vous ► Une histoire du Canada qui n’est pas la mienne


Cette année, on fête son 150e de la Confédération canadienne. Nous sommes considérés comme un pays jeune tout comme l’Amérique avec son histoire victorieuse des premiers fondateurs, les anglais et les français. Vraiment ! Pourtant,l’Amérique était peuplé bien avant l’avenu des explorateurs européens. Pour gagner ce territoire, il a fallu comme tout autre pays conquis, implanté le pouvoir, par la destruction, le génocide et pour finir, tassé les survivants autochtones pour prendre toute la place au nom de la liberté, de la civilisation, de la culture, etc. Les Premiers Nations ont bien raison de dire que l’histoire du Canada n’est pas leur histoire .. L’histoire de l’île de la tortue
Nuage

 

Une histoire du Canada qui n’est pas la mienne

 

Gaétan Bouchard

Blogueur et artiste-peintre

L’histoire est presque toujours racontée par les vainqueurs. Les vaincus ont rarement droit au chapitre. Tout ce qu’ont fait les conquérants est noble et bon. Ils ont apporté la paix, la civilisation, la culture, la liberté, la tolérance, les tartes aux pommes… Pourtant, lorsque l’on gratte un peu, l’histoire s’avère tout autre. Les vainqueurs ont aussi apporté la guerre, le chaos, l’extermination, la discrimination raciale, l’esclavage et les génocides.

L’histoire du Canada ne fait pas exception à cette règle.

D’abord avec cette notion des deux peuples fondateurs: les Français et les Anglais. Oublions tout de suite les Anishnabegs, les Innus, les Eeyous, les Haudenosaunees et les Inuits, pour ne nommer que ceux-là. Ils n’existent tout simplement pas, tant aujourd’hui qu’hier ou demain. On ne parle à peu près jamais d’eux en toutes circonstances. On sait vaguement qu’ils savaient faire des canots d’écorce et du sirop d’érable et c’est à peu près tout. Pas un mot sur l’animisme, sur le Grand cercle de la vie, sur leur médecine, sur leurs rapports humains, sur leurs maisons. Sinon un murmure disgracieux portant sur plusieurs millénaires d’occupation humaine du territoire. Ils vivaient tous dans des tipis et disaient hugh de temps à autre. Ils mangeaient des patates et du blé d’Inde…

Ce territoire, d’ailleurs, ne portait pas le nom d’un conquérant. Il ne s’appelait pas «Amérique» pour honorer un certain Amerigo Vespucci. Les Autochtones s’entendaient presque tous pour nommer l’île de la Tortue ce territoire que nous occupons. Les membres des Premières Nations n’auraient d’ailleurs jamais pensé offenser leur toponymie en désignant les continents, les montagnes et les rivières avec des noms d’êtres humains. Leur vision de la toponymie était essentiellement poétique. Pas de Mont Washington ou de rivière Saint-Maurice, mais le Mont de-la-demeure-du-Grand-Esprit et la rivière de l’Enfilée d’aiguilles. Cela explique pourquoi les conquérants ont cru qu’ils étaient des barbares…

À Trois-Rivières, qui s’appelait autrefois Lieu-où-se-décharge-tous-les-vents (Métabéroutin), on peut voir encore ces ravages de l’histoire officielle. Un seul monument rappelle la présence des autochtones en ce lieu. Un monument à la mémoire du Sieur de Laviolette, soi-disant fondateur de Trois-Rivières. Il est situé tout près du bureau de poste, au centre-ville. On peut voir sur les plaques de bronze qui lui sont consacrées une poignée de Sauvages à genoux devant le noble seigneur… Chaque fois que je passe devant ce monument ma moitié de sang anishnabeg me colorent les joues d’indignation.

On ne souvient aucunement qu’il y avait des Anishnabegs, des Atikamekws et des Haudenosaunees qui occupaient ce territoire depuis des millénaires. On ne veut pas s’en souvenir, sinon pour nommer de temps à autre un terrain de golf ou bien un édifice de béton quelconque. Ce qui est d’autant plus ironique que les Autochtones n’en ont historiquement rien à cirer de cette vision européenne de la toponymie comme je l’ai dit précédemment.

On fête cette année le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Jamais les Autochtones n’ont participé à cette fondation de quelque façon que ce soit. Le Québec y est entré sans référendum. Il semblerait même que les Terreneuviens n’en voulaient pas et qu’on aurait trafiqué les résultats. Bref, il n’y a pas de quoi fêter.

Une polémique a surgi cette semaine à propos d’une série télévisée sur l’histoire du Canada diffusée par la CBC. Les Français y apparaissent sales et négligés. On occulte la déportation des Acadiens. On n’y parlerait à peu près pas des Autochtones. C’est un cas patent d’histoire telle que racontée par les vainqueurs et cela ne devrait étonner personne.

Ce n’est pas une raison de ne pas s’en indigner, évidemment.

J’aimerais néanmoins que l’indignation porte plus loin que cette vision réductrice de deux peuples fondateurs.

Il y avait peut-être 100 millions d’êtres humains sur l’île de la Tortue avant l’arrivée des conquistadors européens. Les Autochtones ont été décimés comme des bisons. Non seulement par la maladie, mais aussi par la guerre, l’assimilation et, disons-le clair et net, ce fut un génocide rarement égalé dans l’histoire universelle.

Pour un Bartolomé de Las Casas qui a élevé la voix contre ces massacres, il y eut des milliers de conquérants pour les applaudir. La civilisation européenne s’est imposée sur l’île de la Tortue comme un rouleau compresseur aplanissant tout sur son passage.

Français et Anglais sont coupables d’entretenir ce mythe des deux peuples fondateurs.

Le chef anishnabeg Capitanal, qui pourrait être considéré comme le fondateur de Trois-Rivières si nous étions moins racistes, s’était présenté à Samuel de Champlain pour lui demander qu’on y bâtisse un fort pour les protéger des attaques de leurs ennemis haudenosaunees et d’y poursuivre le commerce des fourrures avec leurs alliés les Français.

Et vous savez ce qu’il a dit à Champlain, ce Capitanal?

– Vos fils marieront nos filles et nous formerons une nouvelle nation.

Ce métissage revendiqué par Capitanal s’est bel et bien produit.

Je suis moi-même un Métis qui descend peut-être de ce Capitanal, voire des associés de Samuel de Champlain.

Ce peuple métissé est une réalité que l’on ne veut pas voir.

Le mythe du Sauvage inutile est entretenu sous d’autres formules.

Je sais que mon père cachait cet héritage pour ne pas nous faire passer pour des Sauvages. C’était une manière pour lui de nous protéger de l’histoire des conquérants... On ne voudrait pas passer pour Juif en Allemagne en 1943. Il voulait nous éviter d’être stigmatisés. Nous pouvions donc rêver avec les autres de revoir notre Normandie…

La mère de mon père était Anihsnabeg et provenait de la réserve d’Akwasasné.

Quand je pense à cette grand-mère que je n’ai jamais connue, il me semble entendre mes frères et soeurs autochtones danser pieds nus sur la Terre Sacrée. Je ressens la tristesse de ce grand orignal blessé qui s’est enfoncé dans la forêt pour y mourir en paix. Je ressens aussi l’appel des jeunes orignaux qui croient qu’on a suffisamment abusé les Autochtones et je m’écrie avec eux Idle No More!

En tant que Métis, je suis minoritaire de tous bords tous côtés.

Minoritaire en tant que francophone dans le Canada actuel.

Minoritaire par mon ascendance autochtone, au Québec comme au Canada.

Quelque chose me dit encore que mon pays s’appelle l’île de la Tortue et qu’il ne reconnait pas ces frontières artificielles créées par les conquérants.

Quelque chose me dit que l’histoire de mon pays plonge ses racines dans la nuit des temps, avant même que les Égyptiens n’aient construit leurs premières pyramides.

Avant de célébrer l’histoire du Canada ou bien du Québec, il faudrait peut-être se guérir une fois pour toutes de l’Histoire avec un grand H et remettre en question cette notion hypocrite de deux peuples fondateurs.

Comme le disait le jazzman afro-américain Sun Ra dans une formule que je rappelle souvent: History is not my story. Son histoire, ce n’est la mienne..

http://quebec.huffingtonpost.ca

La tragédie des 100 000 enfants envoyés de force au Canada


    Une enquête publique au Royaume-Uni sur les 100 000 enfants envoyés de force au Canada et d’autres enfants ont connu le même sort un peu partout dans le monde, après la Deuxième Guerre Mondiale. Leur crime était la pauvreté, et ou être orphelin. La majorité des enfants ont subi des sévices psychologiques, physiques et sexuels. En ce temps-là, le gouvernement britannique et Canadien, avaient fermé les yeux devant cette abomination …
    Nuage

ENQUÊTE PUBLIQUE AU ROYAUME-UNI

La tragédie des 100 000 enfants envoyés de force au Canada

 

Plus de 100 000 enfants pauvres anglais ont été envoyés de force au Canada de la fin de XIXe siècle jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. Souvent traités comme des esclaves, ils ont souffert d’agressions et de violences sexuelles, rappelle une enquête qui vient de s’ouvrir cette semaine au Royaume-Uni.

NICOLAS BÉRUBÉLA PRESSE

FAIT MAL CONNU

Ils étaient des enfants de familles pauvres, des enfants de la rue et des orphelins. Dans la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu’au milieu du XXe siècle, le gouvernement anglais a décidé de les envoyer, souvent de force, aux quatre coins de l’Empire britannique, où ils pourraient travailler. Plus de 100 000 enfants non accompagnés ont ainsi « émigré » dans des fermes canadiennes, dont plus de 8000 au Québec.

« Pour la quasi-totalité, ils ont travaillé dans des champs, dans des conditions d’esclavagisme », explique Lori Oschefski, présidente de l’Association canadienne des « Home Children » anglais. « Les agressions physiques, psychologiques et sexuelles qu’ils ont subies étaient courantes et sont bien documentées. »

LE GOUVERNEMENT A FERMÉ LES YEUX

Les enfants ne recevaient souvent aucune éducation et habitaient à l’écart de la maison familiale de la ferme.

« À cette époque, la pauvreté était vue comme une maladie infectieuse, alors ces enfants étaient souvent isolés, dit Mme Oschefski. Certains dormaient dans des granges non chauffées, même durant l’hiver. Les enfants étaient transportés d’une ferme à l’autre, ils pouvaient déménager des dizaines de fois. Ma tante Mary était une de ces enfants. Elle a été battue, fouettée, violée. Elle a donné naissance à un enfant mort-né à l’âge de 14 ans. Quand ma tante est morte, on pouvait encore voir les cicatrices des coups de fouet sur son dos. »

LOI DU SILENCE

Au début du programme, ces histoires étaient peu connues.

 « Mais durant les années 1890, le gouvernement britannique et le gouvernement canadien savaient que le programme envoyait les enfants dans une vie de misère et d’abus, et ils ont continué à le soutenir », dit Lori Oschefski.

Cette semaine, le gouvernement britannique a lancé une enquête publique sur les enfants qui ont émigré de force, un phénomène qui a continué jusqu’en 1974, notamment en Australie. David Hill, qui a été envoyé de force et violé en Australie à l’âge de 12 ans, a témoigné qu’il voulait que les responsables soient « nommés sur la place publique ». Ce mois-ci, la Chambre des communes à Ottawa a reconnu « la souffrance et l’abus » des enfants qui ont émigré de force au Canada. Mme Oschefski aimerait désormais entendre le premier ministre Trudeau s’excuser au nom du Canada auprès des familles de ces enfants.

GILLES DUCEPPE, PETIT-FILS D’ENFANT ÉMIGRÉ

Des enfants émigrés ont éventuellement eu des familles, et leurs descendants sont nombreux au pays. Parmi eux, l’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, dont le grand-père paternel, John James Rowley, est arrivé à Montréal en 1906.

John James Rowley, grand-père de Gilles Duceppe

« Mon grand-père a été chanceux, car il a été adopté par une bonne famille, qui voulait un enfant, à Saint-Benoît-du-Lac. Personne ne parlait anglais, alors mon grand-père allait parler avec les autochtones de la réserve de Kanesatake. »

La pièce Ne m’oublie pas, actuellement présentée au Théâtre Jean-Duceppe, salle nommée en l’honneur du père de Gilles Duceppe, raconte justement l’histoire d’un « Home Child » envoyé en Australie. M. Duceppe dit souhaiter que cet épisode difficile et peu glorieux de l’histoire du Québec et du Canada soit mieux enseigné.

« Nous, les descendants des British Home Children, on représente entre 3,5 et 4 millions de personnes à travers le Canada. Ce n’est pas rien, et pourtant, c’est une histoire qui est inconnue. »

http://plus.lapresse.ca