Le Saviez-Vous ► Pourquoi le froid favorise certaines maladies


L’hiver est une saison idéale pour certaines maladies respiratoires et cardiaques. Le froid, le confinement, la proximité, le manque d’exercice, le temps d’ensoleillement plus court, sont tous des conditions que le rhume, grippe, bronchite etc … puissent se développer.
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Pourquoi le froid favorise certaines maladies


Les muqueuses du nez s’assèchent en hiver faisant ainsi tomber une barrière naturelle aux virus. 132239142/contrastwerkstatt – stock.adobe.com

  • Par   Tristan Vey

Rhume, angine, grippe, bronchite…Plusieurs pathologies, notamment cardiaques et respiratoires, nous touchent plus volontiers en hiver. Voici pourquoi.

La surmortalité hivernale est un fait épidémiologique bien établi. En 2006, une étude évaluait à 15.000 le nombre de décès excédentaires survenant chaque année en hiver en France. L’accroissement est en partie lié à une hausse du nombre de maladies respiratoires, dont la grippe, et à une multiplication des accidents cardiaques. Mais quel rôle précis vient jouer le froid dans cette augmentation? Y a-t-il plus d’agents infectieux? Sommes-nous plus fragiles?

La première explication, générale, s’applique à toutes les maladies contagieuses par voie aérienne (grippe, bronchite infectieuse, rhume, angine virale, etc.).

Selon un rapport de 2009 de l’Institut de veille sanitaire sur la physiologie du froid, «la tendance à la concentration de la population dans des espaces confinés et peu ventilés (quand il fait froid) augmente le risque d’infections croisées».

Pour Bruno Lina, directeur du laboratoire de virologie et pathologies humaines de la faculté de médecine de Lyon, «le confinement est un élément déterminant» pour expliquer la recrudescence hivernale de pathologies respiratoires.

L’expression «prendre froid» vient de là

D’autre part, notre corps met en place une stratégie pour réchauffer l’air froid inspiré avant son arrivée dans les poumons. Les muqueuses nasales transfèrent à cet air de l’eau à la température du corps (phénomène qui explique au passage le «nez qui coule» en hiver). Ce transfert de chaleur humidifie l’air et provoque l’assèchement de la barrière physique que constitue le mucus. Les virus et les bactéries entrent alors plus facilement dans notre corps.

Le froid altère parallèlement le fonctionnement de notre système immunitaire.

«Les cellules se déplacent moins vite, ce qui ralentit la réponse immunitaire et laisse du temps au virus pour s’installer», note Bruno Lina. Les cils qui nettoient régulièrement nos bronches sont également moins efficaces lorsque les températures sont hivernales. Tous ces éléments expliquent, au moins en partie, la recrudescence en hiver des rhumes et autre bronchites. C’est vraisemblablement ce qui a donné naissance à l’expression «prendre froid».

Luc de Saint-Martin Pernot, médecin interniste au Centre hospitalier régional universitaire de Brest, évoque aussi, dans le numéro d’octobre 2011 du magazine Pour la science , «la sécheresse accompagnant le froid et les polluants atmosphériques, dont les concentrations augmentent car les habitations sont insuffisamment ventilées». Ces deux facteurs «provoquent une irritation des voies nasales et bronchiques», explique-t-il, ajoutant que cela augmente le «nombre de protéines ICAM-1, “serrures” par lesquelles les rhinovirus responsables du rhume entrent dans les cellules et les infectent».

Le virus plus résistant quand il fait froid

Du côté des virus, comme les rhinovirus responsables des rhumes, le froid constitue au contraire un avantage. En attendant de se mettre au chaud dans notre corps pour «éclore», le microbe est enveloppé dans une petite coque protectrice. Cette dernière est d’autant plus résistante que l’air est froid. En hiver, la diminution de l’ensoleillement limite aussi l’exposition des virus aux rayons ultraviolets qui les dégradent naturellement. Autrement dit, la durée de vie d’un virus augmente lorsque la température baisse et que le soleil se cache. Son pouvoir contagieux en est renforcé. À noter que ces deux éléments valent aussi pour le virus de la gastro-entérite dont les épidémies chez l’enfant surviennent systématiquement en hiver.

L’augmentation des pathologies cardiovasculaires est quant à elle une conséquence quasi mécanique de la température. Lorsqu’il fait froid, les vaisseaux sanguins se contractent pour limiter les pertes de chaleur de l’organisme. Cela induit une plus grande viscosité du sang qui met notre cœur à rude épreuve. Des chercheurs américains ont également soutenu en 2012 qu’une alimentation moins saine et une diminution de l’activité physique en hiver pourraient aussi expliquer cette recrudescence de maladies cardiovasculaires.

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Rougeole : le virus détruit la « mémoire » immunitaire


Je ne sais pas si cette petite étude pourrait convaincre les anti-vaccins, mais les chercheurs comprennent mieux le mécanisme de fait la rougeole. On sait qu’un enfant contracte beaucoup de virus et infections ce qui fortifient ses anticorps et met en mémoire ce qu’ils vont combattre si la maladie se représente. La rougeole a pour effet d’effacer ce que le corps avait appris à combattre.
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Rougeole : le virus détruit la « mémoire » immunitaire


La rougeole est une maladie hautement contagieuse et potentiellement mortelle. Le virus attaque le système immunitaire comme le virus du Sida, et les défenses immunitaires s’affaiblissent très rapidement. Une nouvelle étude a souhaité comprendre les mécanismes biologiques et montre aussi combien ce virus est délétère. 

Comme le virus du sida, mais plus vite, le virus de la rougeole attaque le système immunitaire, selon une étude parue jeudi dernier dans Science. Les malades se retrouvent presque aussi vulnérables face aux pathogènes qu’un nouveau-né, renforçant l’utilité de la vaccination. Les professionnels de santé publique avaient observé auparavant que les campagnes de vaccination contre la rougeole faisaient baisser la mortalité infantile totale. Mais les chercheurs n’étaient pas sûrs des mécanismes biologiques.

Une équipe de chercheurs d’Harvard, de l’Institut médical Howard Hugues et de l’université Erasmus aux Pays-Bas a analysé le sang de 77 enfants néerlandais contaminés par la rougeole lors de l’épidémie qui a frappé le pays en 2013 : leur sang avait été prélevé avant l’infection, puis de nouveau deux mois après. Les chercheurs ont utilisé un outil développé aux États-Unis et baptisé VirScan, qui identifie tous les virus ayant infecté auparavant une personne, et dont le système immunitaire se souvient : VIH, grippe, herpès, et des centaines d’autres virus.

Le nombre de cas de rougeole, maladie hautement contagieuse et potentiellement mortelle, a été multiplié par quatre dans le monde sur le premier trimestre 2019 par rapport à la même période en 2018.. © WHO, OMS

Le nombre de cas de rougeole, maladie hautement contagieuse et potentiellement mortelle, a été multiplié par quatre dans le monde sur le premier trimestre 2019 par rapport à la même période en 2018.. © WHO, OMS

Le vaccin d’autant plus justifié que le virus détruit les anticorps chez les enfants

Quand l’organisme rencontre un virus, il crée des anticorps qui restent et protègent des infections futures : c’est la « mémoire » immunitaire. Les analyses ont montré que la rougeole éliminait entre 11 et 73 % des anticorps protecteurs chez les enfants.

La rougeole « remet à zéro votre système immunitaire et le fait revenir à un état plus naïf », explique à l’AFP l’épidémiologiste Michael Mina, d’Harvard, coauteur de l’étude. Pour revenir à un niveau élevé d’anticorps et rebâtir leurs défenses, « ils doivent être réinfectés par les pathogènes, comme les nouveaux-nés qui prennent beaucoup de risques dans les premières années de leur vie », dit Michael Mina.

Contrairement au VIH, les défenses immunitaires sont affaiblies beaucoup plus rapidement, et elles se reconstruisent aussi plus vite, précise le chercheur.

L’étude, confortée par des tests sur des macaques et par une autre analyse publiée jeudi dans Science Immunology, montre que le danger de la rougeole dépasse les seuls risques liés à l’infection.

« Le virus est bien plus délétère qu’on ne croyait, ce qui rend le vaccin d’autant plus précieux », dit Stephen Elledge, généticien qui a développé avec des collègues l’outil VirScan.

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Ces bactéries vous protègent de la grippe


Je suis encore enrhumée, une fois en début décembre par une de mes petites filles et présentement par sa petite soeur, et ma fille, rien… Elle n’est jamais malade. C’est injuste !. Il semble que certaines personnes possèdent un groupe de bactéries spécifiques, et seraient donc moins susceptibles d’être contaminées par la grippe. Serait-ce une piste à suivre …
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Ces bactéries vous protègent de la grippe

 

Nathalie Mayer
Journaliste

La grippe reste une cause majeure de mortalité dans le monde. Et l’efficacité des campagnes de vaccination n’est pas optimale. Alors, des chercheurs envisagent d’autres moyens de nous protéger en dopant le microbiote de nos voies respiratoires.

La grippe est contagieuse. Elle se propage rapidement d’une personne à l’autre par le biais des microgouttelettes contaminées que nous libérons dans l’air lorsque nous toussons ou que nous éternuons ou bien encore, par le biais de notre salive lorsque nous nous embrassons. Le virus se propage d’autant mieux qu’il a la fâcheuse tendance à rester actif plusieurs heures sur les surfaces inertes.

Pourtant, certains semblent presque naturellement immunisés. Des chercheurs de l’université du Michigan (États-Unis) pensent avoir compris pourquoi. Leur étude lie des bactéries présentes dans notre nez et notre gorge à notre sensibilité au virus de la grippe. En comparant la composition bactérienne d’échantillons recueillis sur des personnes sorties indemnes de contacts étroits avec des malades et celle de personnes atteintes de la grippe, ils ont pu identifier cinq groupes de bactéries qui pourraient s’avérer intéressants en la matière.

Elles sont nombreuses, les bactéries qui vivent dans notre nez et dans notre gorge. Selon des chercheurs de l’université du Michigan (États-Unis), elles influenceraient notre sensibilité au virus de la grippe. © Gerhard Seybert, Fotolia

Elles sont nombreuses, les bactéries qui vivent dans notre nez et dans notre gorge. Selon des chercheurs de l’université du Michigan (États-Unis), elles influenceraient notre sensibilité au virus de la grippe. © Gerhard Seybert, Fotolia

Doper son microbiote pour éviter la grippe ?

« Si vous portez certaines communautés de bactéries, vous présentez moins de risque de contracter la grippe », déclare Betsy Foxman, épidémiologiste à l’université du Michigan.

Une découverte porteuse d’espoir. Serait-il possible de doper le microbiote d’une personne afin de la rendre plus résistante aux attaques du virus ?

« Nos travaux ne permettent pas de conclure. La route s’annonce longue et nous n’en sommes qu’au début », reconnaît-elle.

Des études similaires sur des populations différentes, un suivi poussé des infections bactériennes secondaires ? Ou des essais fonctionnels bactériens ? Ce sont quelques-unes des idées de l’épidémiologiste pour explorer plus avant le sujet.

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Zika: des malformations qui se manifestent après la naissance


Cela fait longtemps qu’on n’a pas parlé du virus Zika. On sait qu’il est responsable des microcéphalie à la naissance du bébé. Il semble que si le virus était présent avant ou pendant la grossesse, l’enfant puisse naître normalement et ce n’est que plus tard, qu’il montre des retards de développement. Il peut aussi avoir des problèmes de vue, d’audition, de déglutition, etc.
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Zika: des malformations qui se manifestent après la naissance

 

À 1 an, 8,5 % des bébés en apparence... (Photo VANDERLEI ALMEIDA, archives Agence France-Presse)

À 1 an, 8,5 % des bébés en apparence indemnes à la naissance malgré une infection au Zika durant la grossesse ont des « anomalies neurodéveloppementales » possiblement liées au virus.

PHOTO VANDERLEI ALMEIDA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

 

MATHIEU PERREAULT
La Presse

Le Zika durant la grossesse ne cause pas seulement des malformations à la naissance, selon une nouvelle étude américaine. Certains bébés infectés semblent normaux quand ils sortent du ventre de la mère, puis souffrent de retards de développement et même de microcéphalie.

Un an plus tard

Quand une femme est infectée par le virus Zika juste avant ou pendant une grossesse, son bébé a 6 % de risque d’avoir une malformation congénitale à la naissance, généralement de la microcéphalie. Mais le danger pourrait être encore plus élevé, selon une nouvelle étude américaine. À 1 an, 8,5 % des bébés en apparence indemnes à la naissance malgré une infection au Zika durant la grossesse ont des « anomalies neurodéveloppementales » possiblement liées au virus qui infeste l’Amérique latine.

« On parle de problèmes de vue ou d’ouïe, de difficultés à bouger les bras et les jambes ou à avaler, de convulsions », explique Margaret Honein, des Centres de contrôle des maladies (CDC) du gouvernement américain, qui est l’auteure principale de l’étude publiée cette semaine dans le Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR) des CDC.

« Il y a même 1 % des bébés qui développent une microcéphalie sans en avoir une à la naissance. »

L’échantillon était formé de 1450 bébés nés de mères possiblement infectées par le Zika immédiatement avant ou durant la grossesse. Au total, 14 % des bébés avaient un problème possiblement lié au Zika à l’âge de 1 an.

L’importance des tests

Cette découverte renforce l’importance de tests réguliers durant la première année de vie d’un bébé dont la mère a eu un diagnostic d’infection, ou un soupçon d’infection, au Zika peu avant ou pendant la grossesse.

« Il faut s’assurer que tous les médecins traitants sont au courant », dit Mme Honein, en entrevue depuis le Maryland. « Tous les bébés doivent être suivis durant la grossesse, puis à la naissance avoir des tests à leur cerveau, soit une tomographie, une résonance magnétique ou un test à ultrasons. Après un mois, il faut un examen de la vue et de l’ouïe, et par la suite des tests réguliers de neurodéveloppement. »

Seulement 36 % des bébés dans l’échantillon de Mme Honein avaient eu un test ophtalmologique, 47 % un test de l’ouïe et 60 % une imagerie du cerveau. Un test biochimique est-il envisageable pour quantifier le risque qu’un bébé souffre de problèmes liés au Zika et effectuer un suivi encore plus serré de certains bébés ?

« Beaucoup de groupes travaillent sur cette question », dit Mme Honein.

Cibler le trimestre

Dans cette nouvelle étude, les épidémiologistes des CDC n’ont pas tenu compte du trimestre de grossesse où est survenue l’infection.

« D’autres études ont observé que le risque de malformation à la naissance était plus élevé si l’infection survenait durant le premier trimestre », explique Mme Honein, qui dirige le Centre national sur les malformations congénitales des CDC. « Mais nous n’avons pas fait cette distinction pour le moment. Il sera important de le faire, c’est l’une des prochaines étapes. »

Se pourrait-il que différents mécanismes soient à l’oeuvre pour les malformations détectables à la naissance ou après quelques mois ?

« Nous ne savons pas grand-chose sur l’action du Zika sur les neurones et le système nerveux, simplement qu’il y a des dommages. Tout est envisageable. »

Des recommandations

Les CDC ont aussi mis à jour leurs recommandations sur la planification des grossesses pour ceux qui voyagent dans un pays touché par le Zika. Le délai nécessaire pour être certain de ne pas transmettre le virus à un foetus ou par voie sexuelle a été abaissé de six mois à trois mois pour les hommes et deux mois pour les femmes.

« Le virus survit plus longtemps dans le sperme », explique Mme Honein.

Cela signifie que si on voyage dans une région touchée, il faut utiliser un préservatif à chaque relation sexuelle. Santé Canada, qui conserve pour le moment le délai de six mois pour le préservatif, n’inclut pas les États-Unis continentaux parmi les régions touchées, mais relaie des recommandations des CDC indiquant que les voyageurs au Texas et dans le sud de la Floride devraient aussi porter un préservatif pendant deux mois pour les femmes et trois mois pour les hommes.

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Plus de maladies psychiatriques chez les consanguins


La plupart savent peut-être que l’union entre cousins germains pourrait avoir des conséquences sur des malformations congénitales des enfants. Les scientifiques voulait trouver des facteurs des risques de santé mentale et ils ont découvert la consanguinité était une des causes
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Plus de maladies psychiatriques chez les consanguins

 

Selon une étude de l'Université Queen à Belfast, les... (Photo Kent Porter, Archives Associated Press)

Selon une étude de l’Université Queen à Belfast, les enfants de cousins germains sont 2,13 fois plus susceptibles de prendre régulièrement des médicaments antipsychotiques et 3,01 fois plus susceptibles de prendre régulièrement des médicaments contre la dépression ou l’anxiété.

PHOTO KENT PORTER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

MATHIEU PERREAULT
La Presse

Les enfants de cousins germains ont deux fois plus de risques de prendre des médicaments antipsychotiques, et trois fois plus de risques de prendre des antidépresseurs, selon une nouvelle étude britannique. Ses auteurs proposent que le dépistage de maladies mentales soit resserré dans les familles et régions plus consanguines.

MÉDICAMENTS

Les effets de la consanguinité proche, les enfants de mariages entre cousins germains, sont difficiles à étudier à grande échelle, selon l’auteure principale de l’étude publiée au début d’avril dans la revue JAMA Psychiatry, l’épidémiologiste Aideen Maguire de l’Université Queen à Belfast.

« Habituellement, on ne peut avoir que les circonstances de la naissance, et donc les malformations congénitales. Nous avons trouvé une manière de croiser les registres des naissances de l’Irlande du Nord avec ceux des médicaments. »

Cette analyse, regroupant 363 000 personnes nées entre 1971 et 1986, a permis de voir que les enfants de cousins germains sont 2,13 fois plus susceptibles de prendre régulièrement des médicaments antipsychotiques et 3,01 fois plus susceptibles de prendre régulièrement des médicaments contre la dépression ou l’anxiété.

DOSE

Pour vérifier s’il s’agissait véritablement de patients ayant un diagnostic psychiatrique, les chercheurs de Belfast n’ont conservé que les doses relativement élevées et ont fait une analyse supplémentaire des ordonnances renouvelées à plusieurs reprises pendant la période de suivi de cinq ans.

« Nous n’avons pas la puissance statistique pour calculer le risque de la prise en continu de ces médicaments pendant plusieurs années, ce qui serait un bon indicateur d’un diagnostic psychiatrique, dit l’épidémiologiste irlandaise. Mais nous voyons une tendance en ce sens. Le risque de prendre une seule fois, durant le suivi de cinq ans, un antipsychotique, un antidépresseur ou un anxiolytique (NDLR : contre l’anxiété) est de deux à trois fois plus élevé, mais le risque d’en prendre en continu pendant plus d’un an est encore plus élevé. » Les chercheurs de l’Université Queen ont éliminé les doses faibles d’antidépresseurs et d’anxiolytiques parce que ces deux classes de médicaments sont parfois utilisées pour d’autres raisons que des troubles mentaux, notamment le contrôle de la douleur.

GÉNÉTIQUE OU ENVIRONNEMENT

Les épidémiologistes de Belfast ne visaient pas au départ la question de la consanguinité.

« Nous voulions déterminer les facteurs de risque de troubles de santé mentale, dit Mme Maguire. Les résultats nous ont sauté aux yeux. »

Les résultats ne sont pas seulement intéressants pour les couples de cousins germains.

 « Il y a une incertitude sur l’ampleur respective des causes génétiques et environnementales des troubles psychiatriques. Si les variables génétiques de la consanguinité se confirment avec d’autres échantillons, notamment les très bonnes données scandinaves, la puissance des causes génétiques des troubles psychiatriques sera confirmée. »

DÉPISTAGE

À court terme, les médecins de famille devraient ajouter le risque de maladie mentale aux informations qu’ils donnent aux couples de cousins germains qui désirent avoir des enfants.

« En fonction de l’historique familial psychiatrique, on pourrait faire un suivi plus étroit des enfants, dit Mme Maguire. Mais je crois qu’on pourrait appliquer nos résultats plus largement, pour la détection des maladies psychiatriques dans les populations ayant un haut taux de consanguinité. Un dépistage précoce plus systématique pourrait valoir la peine dans ces régions. »

En chiffres

 

0,2 %: Proportion des enfants nord-irlandais qui sont nés de cousins germains (premier degré)

0,3 %: Proportion des enfants nord-irlandais qui sont nés de cousins au deuxième degré

0,2 %: Proportion des enfants américains qui sont nés de cousins au premier ou au deuxième degré

33 %: Proportion des cousins germains qui ont trois enfants ou plus, contre 20 % de la moyenne des familles

Sources : JAMA Psychiatry, US Census

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13 millions d’individus reliés par un seul arbre généalogique


J’aimerais tellement en savoir plus sur mes origines, Je sais seulement que mes ancêtres étaient français pour venir coloniser le Québec. Avant cela !!!! Enfin, des chercheurs ont pris plusieurs arbres généalogiques de millions de personnes et de vérifier la véracité des données collectées. Ensuite, ils ont pu étudier la transmission des gènes, les migrations, la survie etc
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13 millions d’individus reliés par un seul arbre généalogique

 

Une femme tient son arbre généalogique

Des chercheurs ont réalisé un arbre généalogique reliant environ 13 millions de personnes sur 500 ans. Photo : iStock

Grâce à des données en ligne fournies par des personnes voulant retrouver leurs ancêtres, des chercheurs ont réussi à assembler le plus grand arbre généalogique jamais créé. Ce nouvel outil pourrait servir à mieux comprendre les grandes tendances humaines.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Avec l’aide d’Internet ainsi que de certains sites spécialisés, il est maintenant de plus en plus facile de retracer les liens avec nos différents ancêtres. Des scientifiques ont profité de toute cette masse d’informations livrées volontairement par les internautes pour créer un arbre généalogique regroupant 13 millions d’individus, liés les uns aux autres sur 11 générations étalées sur 500 ans.

Cette immense banque de données, la plus importante à ce jour, permettra non seulement de mieux comprendre de grandes tendances humaines, mais peut-être aussi de répondre à des questions en génétique, en anthropologie ou en épidémiologie.

Cette masse d’informations, publiée dans la revueScience, a été reconstituée en utilisant les données publiques du site geni.com, un réseau social de généalogie.

Les chercheurs ont dû faire un premier tri pour s’assurer de la validité des sources de données et éviter les risques d’erreurs. Les données concernant la deuxième moitié du 20e siècle ont de leur côté non seulement pu être contre-vérifiées avec les données officielles dans différents pays, mais elles ont révélé un échantillon varié qui était représentatif.

Après avoir parcouru les informations de 86 millions de profils, les chercheurs en sont arrivés à un arbre comprenant 13 millions de personnes.

L’arbre qui permet de voir la forêt

Pour les chercheurs, l’élément important n’est pas l’arbre comme tel, mais l’utilisation que l’on peut en faire. Parmi les données obtenues, on retrouve les dates et lieux de naissance, de mariage et de décès ainsi que la cause de mortalité. Le fait de disposer de cette information provenant de millions de personnes constitue un trésor pour ceux qui étudient la transmission des gènes.

Dès le départ, les chercheurs ont rapidement pu corréler leurs informations avec des événements historiques importants : les migrations, la création des colonies occidentales un peu partout dans le monde, le haut taux de mortalité pendant les périodes de guerre ou la hausse de la survie des enfants au début du 20e siècle.

Toutefois, un des éléments les plus importants observés jusqu’à maintenant est le changement dans la durée de vie. On l’attribue souvent à certains avantages que nous donnerait notre ADN, mais on n’a pas trouvé beaucoup de gènes ayant une influence directe sur la longévité.

En observant comment progressait la durée de vie dans leur carte familiale, les chercheurs ont conclu qu’on pouvait attribuer au mieux 16 % des écarts de longévité aux gènes. Cela représente plus ou moins cinq ans. Tout le reste vient du mode de vie et de l’environnement, ce qui montre leur influence sur notre santé sous un jour nouveau.

L’amour… en famille

Parmi les autres détails observés, un trait surprenant est la distance qu’on est prêt à parcourir pour trouver l’âme sœur.

Les chercheurs ont remarqué qu’avant la révolution industrielle au 19e siècle, la plupart des couples étaient formés de personnes vivant à 10 kilomètres l’une de l’autre, et qu’il s’agissait souvent de cousins éloignés.

Avec les nouveaux modes de transport, la distance a commencé à augmenter considérablement, atteignant parfois jusqu’à 100 km. Malgré la distance, les couples ont pourtant continué d’être formés de membres de la famille éloignée pendant plusieurs décennies.

Selon les données de l’arbre, il a donc fallu un changement dans les normes sociales pour que les gens cessent cette pratique, et pas uniquement un changement technologique.

À l’heure actuelle, la majorité des données vient d’Europe et d’Amérique du Nord, mais étant donné que les usagers créent le contenu, il serait possible de refaire, un jour, le même exercice pour l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique du Sud. Ce genre d’outil pourrait changer la façon d’étudier les populations.

http://ici.radio-canada.ca/

La pollution atmosphérique aurait un impact sur la santé mentale


On sait très bien que la pollution rend les gens malades physiquement, tel que l’asthme, les maladies cardiovasculaires et pulmonaires et ce n’est pas tout. La pollution affecte aussi la santé mentale, par isolation, la sédentarité causées par la pollution extérieure
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La pollution atmosphérique aurait un impact sur la santé mentale

 

La pollution atmosphérique aurait un impact sur la santé mentale

Photo Archives / AFP

WASHINGTON | Selon une nouvelle étude produite par l’Université de Washington, les risques de détresse psychologique augmenteraient avec la quantité de pollution présente dans l’air.

«Les effets de la pollution atmosphérique sur la santé cardiovasculaire et sur les maladies pulmonaires comme l’asthme sont bien établis. Par contre, son impact sur la santé du cerveau constitue un nouveau champ de recherche», a expliqué Anjum Hajat, aide-professeure en épidémiologie à l’École de santé publique de l’Université de Washington.

Publiée dans l’édition de novembre du journal «Health & Place», l’étude indique que la pollution atmosphérique peut générer certains changements de comportement. Elle inciterait notamment les gens à passer moins de temps à l’extérieur et à opter pour un mode de vie plus sédentaire, lequel est plus susceptible de créer de la détresse psychologique et de l’isolation sociale.

À l’aide de données obtenues auprès de 6000 répondants, l’étude a examiné le lien entre la toxicité de l’air et la santé mentale. Les chercheurs ont d’abord isolé une particule émise par les moteurs, les feux de foyer, les fours à bois et les centrales électriques alimentées au charbon et au gaz naturel.

Ils ont ensuite remarqué une corrélation entre la présence dans l’air de cette particule et le taux de détresse psychologique des personnes qui y sont exposées. Dans les endroits où on la retrouvait en plus grande quantité, la détresse psychologique était 17 % plus élevée.

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La peste menace maintenant les grandes villes de l’île de Madagascar


La peste au Madagascar qui avait disparu en 1930 est revenue depuis quelques années, sans toutefois donner des frissons à tout le pays et ceux avoisinante. Deux pestes se côtoient la peste bubonique et la peste pulmonaire. Cette maladie se soignent mais, il faut un traitement rapidement, ce qui est parfois impossible et la mort continue son oeuvre
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La peste menace maintenant les grandes villes de l’île de Madagascar

 

Dans une banlieue de la capitale malgache, des travailleurs de la Croix-Rouge font de la prévention pour éviter des cas de peste.

Dans une banlieue de la capitale malgache, des travailleurs de la Croix-Rouge font de la prévention pour éviter des cas de peste. Photo : Associated Press/Alexander Joe

La multiplication des cas de peste dans la capitale de Madagascar a semé la panique parmi la population : les habitants d’Antananarivo ont fait la file pour se procurer des antibiotiques, ils ont acheté des masques à des vendeurs itinérants, les écoles ont été fermées et les rassemblements publics interdits.

Depuis le 1er août, Madagascar a enregistré 1032 cas de peste parmi lesquels 695 étaient des cas de peste pulmonaire, ainsi que 89 décès, selon un communiqué publié jeudi par Médecins sans frontières (MSF).

Pour la première fois, une maladie vue uniquement dans les coins les plus reculés de cette île de l’océan Indien frappe principalement les deux plus grandes villes du pays, Antananarivo et Tamatave (ou Toamasina).

La communauté internationale n’a pas tardé à réagir.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui avait été critiquée pour la lenteur de sa réponse à l’épidémie de virus Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014, a débloqué 1,5 million de dollars américains, en plus de déployer des épidémiologistes et des experts de la peste.

La Croix-Rouge ouvrira à Madagascar le premier centre de traitement de la peste de son histoire.

MSF a annoncé jeudi qu’il collaborait « avec les autorités locales pour s’attaquer à l’épidémie de peste pulmonaire qui sévit dans la ville portuaire de Tamatave, à l’est de Madagascar ».

Tamatave abrite 300 000 personnes et est l’un des plus grands foyers de cas de peste pulmonaire dans le pays avec 261 cas et 10 décès depuis le début de cette épidémie, explique MSF.

Madagascar recense chaque année environ 400 cas de peste, soit la moitié du total mondial, selon un rapport publié par l’OMS en 2016. L’île enregistre des cas de peste bubonique chaque année dans les hauts plateaux, où la maladie est transmise par le rat; la peste bubonique est mortelle dans environ la moitié des cas si elle n’est pas traitée.

La plupart des cas de l’épidémie actuelle sont toutefois des cas de peste pulmonaire, une forme plus virulente de la maladie qui se transmet d’humain à humain.

Elle peut se révéler mortelle en 24 heures, mais comme la peste bubonique, elle peut être soignée avec des antibiotiques si on la détecte à temps.

La pauvreté mise en cause

L’OMS estime que la peste est une « maladie de pauvreté » causée en partie par des conditions de vie insalubres.

Le PIB malgache par habitant est d’environ 400 $ US et les programmes nationaux de contrôle de la maladie ont été « empêtrés par des problèmes opérationnels et administratifs », selon un rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

Mais la peste pulmonaire, qui représente environ 75 % des cas de l’épidémie courante, ne fait aucune distinction entre riches et pauvres.

Normalement, ceux qui attrapent la peste sont des pauvres gens sales qui vivent dans des secteurs pauvres, mais cette fois-ci, on voit aussi des gens bien nantis, des directeurs, des professeurs, de gens de toutes les couches sociales, qui sont malades. Dr Manitra Rakotoarivony, responsable malgache de la promotion de la santé

L’épidémie actuelle a éclaté en août, plus tôt que d’habitude, quand un homme de 31 ans est parti des hauts plateaux pour se rendre sur la côte est du pays, sans savoir qu’il avait été infecté. Il est mort en chemin et a été enterré sans précautions à Tamatave. Quatre personnes ayant eu des contacts avec lui sont aussi mortes.

La peste a disparu de Madagascar pendant 60 ans à compter de 1930, mais la maladie effectue un retour depuis quelques années. Les rats noirs qui la transmettent sur les hauts plateaux y ont graduellement développé une résistance.

L’épidémie inquiète les pays voisins. Un homme de 34 ans originaire des îles Seychelles, aussi dans l’océan Indien, est mort de la peste en rentrant chez lui, après une visite à Madagascar. C’était le premier cas de peste de l’histoire des Seychelles.

La réaction des dirigeants seychellois n’a pas tardé : les écoles ont été fermées pendant plusieurs jours, une unité d’isolation consacrée à la peste a été ouverte et les voyageurs qui ont récemment visité Madagascar se sont vu refuser l’accès au pays.

L’OMS croit toutefois que le risque de voir l’épidémie se propager en dehors de la région est très faible.

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Votre date de naissance peut-elle prédire si vous aurez une sale grippe cette année?


L’an dernier, on parlait que le mois de naissance pouvait dire  les personnes qui seraient plus susceptibles d’être plus résistant au virus de la grippe. Maintenant, on parle d’année de la naissance et qui me semble plus logique tout dépendant du virus dominant et ces informations pourraient mieux cibler les personnes à risque
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Votre date de naissance peut-elle prédire si vous aurez une sale grippe cette année?

 

Un aide soignant en Inde s'apprête à traiter un patient atteint de la grippe, le 23 janvier 2015.AFP PHOTO / Sam PANTHAKY
SAM PANTHAKY / AFP

Un aide soignant en Inde s’apprête à traiter un patient atteint de la grippe, le 23 janvier 2015.AFP PHOTO / Sam PANTHAKY SAM PANTHAKY / AFP

Repéré par Slate.fr

«Ce n’est pas l’âge, c’est l’année de naissance qui compte.»

Da la génération à laquelle vous appartenez, et même de votre année de naissance, dépend peut-être votre vulnérabilité face à un virus saisonnier. C’est ce qu’explique une étude relayée par le Guardian; Michael Worobey, directeur du département de «Biologie de l’environnement et de l’évolution» de l’ Université d’Arizona, et l’un des auteurs de l’étude, explique:

«Ce n’est pas l’âge, c’est l’année de naissance qui compte.»

Le premier virus grippal auquel nous sommes soumis, dans notre enfance (la plupart des individus sont atteints par la grippe avant 5 ans) laisse sur notre système immunitaire une empreinte définitive, nous offrant aussi une robuste protection face aux virus similaires, et une protection bien plus faible face aux virus plus éloignés.

Car il existe différents types de virus grippaux (A, B, et C) qui circulent dans toutes les régions du monde et ils évoluent chaque année «notamment les virus de type A et B qui provoquent l’essentiel de l’épidémie annuelle», comme le note Sciences et Avenir.

Le site de l’insitut Pasteur explique les différents modes de changements du virus grippal: le premier mécanisme est le glissement antigénique: c’est-à-dire les mutations de gènes codant pour des protéines de surface, qui provoquent des modifications mineures du virus:

«dans ce cas, le nouveau variant reste très proche du précédent: si une personne a déjà attrapé une grippe précédemment, l’immunité qu’elle a acquise à cette occasion la protège contre lui». 

Mais l’accumulation des modifications peut générer une moindre reconnaissance du nouveau virus par les systèmes immunitaires.

A l’origine des pandémies, on constate un deuxième phénomène de variation, pour les virus de type A:

«on parle de « cassures » dans le matériel génétique des virus. Celles-ci entrainent des changements radicaux des protéines antigéniques du virus, avec le remplacement d’une protéine par une autre, et donnent naissance à un nouveau virus, totalement différent de celui à partir duquel il est né». 

Evolution du vaccin

Le Guardian précise que cette possibilité de découvrir quelle génération est plus vulnérable à quelle évolution du virus grippal en fonction des précédentes mutations, pourrait avoir un impact sur les vaccins:

«A l’avenir, les vaccins pourraient cibler des personnes de tel ou tel âge, qui seront les plus susceptibles d’en profiter, et lors de pandémies, quand les médicaments viennent à manquer, ce sont les groupes d’âges les plus vulnérables qui pourraient être traités en priorité». 

Les virus grippaux de type A ont évolué en deux branchés identifiées comme celles de type 1 et 2. 

«Jusqu’à 1968 tous les virus en circulation appartenaient à la branche de type 1; entre 1968 et 1979, c’est le type 2 qui a dominé.»

Depuis, les deux circulent, mais l’un des deux types domine chaque année. Grâce à d’importantes bases de données épidémiologiques, les chercheurs ont suivi la susceptibilité de vulnérabilité à chacun des deux types, pour chaque naissance depuis 1918 .

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Des tribus isolées d’Amazonie essaient d’entrer en contact avec le monde extérieur


Nous savons qu’en Amazonie, des tribus coupées du reste du monde existent. Des politiques de non-ingérences ont été écrites pour laisser ces peuples tranquilles. Mais aujourd’hui, ces tribus semblent vouloir entrer en contact. Leur environnement est-ils menacé par tous ceux qui veulent l’exploiter ? Entrer en contact avec eux,n’est-il pas risqué pour leur santé contre des maladies qu’ils n’ont jamais souffert ?
Nuage

 

Des tribus isolées d’Amazonie essaient d’entrer en contact avec le monde extérieur

 

Une tribu isolée en Amazonie repérée en 2008 par un avion au Brésil. Capture d'écran Youtube

Une tribu isolée en Amazonie repérée en 2008 par un avion au Brésil. Capture d’écran Youtube

Des Indiens de la tribu des Mashco-Piro, une tribu amazonienne coupée du reste du monde, sont apparus sur les rives de la rivière Madre de Dios, au Pérou. Des sorties qui obligent les autorités des deux pays à revoir leur politique de “non-contact”.

Depuis trois ans, des Indiens Mashco-Piro, l’une des dernières tribus isolées de la forêt amazonienne, apparaissent régulièrement sur les rives du Madre de Dios, au sein du Parc national de Manú. Des sorties qui s’ajoutent à celle, il y a quelques mois, d’un groupe d’une trentaine d’Indiens aux abords de la rivière Xinane, au Brésil.

Le phénomène inquiète autorités et chercheurs.

“Coupées du monde extérieur, les tribus isolées sont très fragiles sur le plan épidémiologique, explique François-Michel Le Tourneau, chercheur à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine. Des pathologies comme la grippe, bénignes à nos yeux, peuvent avoir des effets désastreux chez elles.”

Un précédent a fait date. Dans les années 1980, l’anthropologue Sidney Possuelo avait entrepris d’établir le premier contact avec les Indiens Korubo, dans la vallée du Javari au Brésil. Quelques décennies plus tard, leur nombre s’est considérablement réduit suite à l’apparition d’épidémies virulentes d’hépatite B et de paludisme.

Cette menace sanitaire a poussé le gouvernement péruvien à envoyer des spécialistes afin de comprendre ce qui pousse ces tribus à sortir de leur autarcie.

“Ils réclament de la nourriture et des machettes pour construire leurs arcs”, explique Luis Felipe Torres, un anthropologue péruvien qui a rencontré plusieurs fois des membres des Mashco-Piro.

Mais ils n’en disent pas davantage sur les raisons qui les poussent à entrer en contact avec le monde extérieur.

” Il est probable toutefois qu’elles soient victimes des orpailleurs, exploitants agricoles et trafiquants de toute sorte qui pullulent en Amazonie et mettent en danger l’équilibre de ces communautés. Ce qui les oblige parfois à fuir leur territoire.

L’expérience traumatisante du passé

“Ces tribus souhaitent rester isolées”, explique François-Michel Le Tourneau.

Tout au long de leur histoire, elles ont été victimes des épidémies, des tentatives pour les réduire en esclavage ou les évangéliser. Une expérience traumatisante qui les a convaincues du danger que représente le monde extérieur. À partir de ce constat, le gouvernement brésilien a adopté dans les années 1980 une politique de “non-contact” avec ces tribus. Seule manière, estimait-il, de pérenniser leur existence et leurs traditions. S’il est nuancé par la pression des intérêts privés et des difficultés à contrôler le territoire, le succès de cette politique a incité le Pérou à suivre le même modèle en 2006.

La multiplication de ces sorties interroge la pertinence de cette politique de non-ingérence. Au début du mois d’août 2015, le gouvernement péruvien a adopté une stratégie dite de “contact contrôlé”, qui limite l’accès aux zones de la rivière où les Indiens ont été aperçus à plusieurs reprises. Les autorités développent également des programmes de sensibilisation auprès des communautés voisines. Enfin, une campagne de vaccination est en train d’être mise en place afin de minimiser les risques d’épidémies en cas de contact.

Cette politique ne s’applique pour le moment qu’aux Mashco-Piro. Les quinze autres tribus isolées vivant sur le sol péruvien restent sous le régime du “non-contact”. Pour José Carlos Meirelles, un militant des droits des Indiens, il faut pourtant s’attendre à une multiplication des contacts dans les prochaines années.

“Et qu’allons-nous faire ? Les jeter dans un avion pour les ramener dans la forêt ? Non ! S’ils cherchent à entrer en contact avec nous, il faut les accueillir de la meilleure manière possible. Nous devons avant tout veiller sur leur santé, sécuriser les frontières de leur territoire et leur laisser le temps de s’adapter à la folie de notre monde.”

Par Sidonie Hadoux et Olivier Liffran

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