Nous nous approchons des limites biologiques de l’espèce humaine


Depuis le début de l’homme, l’humain n’a pas cessé de progresser physiquement, biologiquement, mais somme-nous rendue au bout de notre limite ? La longévité grâce à la médecine a fait plusieurs centenaires, mais ensuite ? Avec les changements climatiques, l’air et l’eau pollués, les sécheresses, la famine pour garder ce que nous avons acquis, il faudrait vivre dans des sociétés beaucoup plus respectueuses de l’environnement
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Nous nous approchons des limites biologiques de l’espèce humaine

 

Quel horizon pour l'humanité? | RDexter via Flickr CC License by

Quel horizon pour l’humanité? | RDexter via Flickr CC License by

Adrien Marck et Jean-François Toussaint

Le débat sur nos capacités est passionné et ses enjeux sont considérables: l’être humain continue-t-il de progresser, repoussant sans cesse ses limites, ou les a-t-il déjà en grande partie atteintes?

Demain, serons-nous plus grands? Plus puissants? Plus vieux?

Deux conceptions s’affrontent: la première s’ancre dans le XIXe siècle et ses promesses d’éternel progrès, dont la quête de l’«homme augmenté»prolonge la tradition. Elle imagine l’humain s’affranchissant de toutes ses limites, dépassant sa propre définition, voire se recréant ex nihilo. La seconde s’appuie sur les données établies, biologiques, physiques et environnementales, et suggère un progrès désormais restreint. Elle démontre qu’une croissance ne peut être infinie.

En analysant les tendances historiques de trois indicateurs majeurs –les records mondiaux (performances physiologiques maximales), la taille adulte et et la durée de vie maximale– nous montrons un plafonnement depuis plus de vingt ans, suggérant l’atteinte des limites biologiques de notre espèce.

L’humain est conditionné par deux forces: son évolution passée et son environnement présent. Elles se combinent pour créer des structures corporelles et un cadre de vie dotés de limites. Au premier niveau, moléculaire, l’information génétique humaine se déploie sur 2,85 milliards de nucléotides; à une échelle plus macroscopique, celle du corps, on compte 640 muscles et 206 os; on repère également des limites dans l’organisation des milieux au sein desquels l’humain se développe.

Haut potentiel

Les progrès énergétiques, technologiques, médicaux, politiques et sociaux du XXe siècle lui ont permis d’atteindre un haut potentiel: il est plus grand, plus athlétique et vit plus longtemps. Entre 1896 et 1997, année de décès de Jeanne Calment, la durée de vie maximale est ainsi passée de 110 à 122 ans. Sur la même période, la taille moyenne à l’âge adulte a progressé de 8 cm sur l’ensemble des pays du monde, tandis que les performances sportives n’ont cessé de battre des records (de 11 secondes à 9,58 secondes sur le 100 mètres).

Taille moyenne des femmes sur la période. Un plateau semble s’installer à partir des années 1980. Front. Physiol., 24 October 2017, CC BY

Les tendances les plus récentes ne laissent entrevoir que des marges étroites pour notre progression future. Depuis deux décennies, personne ne s’est approché du maximum établi de longévité et les dernières données montrent des valeurs comprises entre 115 et 120 ans. Les Néerlandais, actuellement les plus grands, n’enregistrent plus de progression de leur taille (1m82 pour les hommes, 1m68 pour les femmes, depuis 20 ans). Et les deux tiers des épreuves d’athlétisme ne progressent plus depuis les années 1980 –ces performances ne devraient pas être améliorées de plus de 0,5% dans les décennies à venir.

Instabilités

Les activités humaines, toujours plus intenses sur une planète aux ressources finies, commencent à générer des effets délétères sur notre santé et notre cadre de vie: le réchauffement climatique, les reculs de la biodiversité, la raréfaction des ressources et l’acidification et la montée des océans pourraient n’être que des préludes. L’instabilité engendrée par ces bouleversements est clairement perceptible: baisse de la taille dans les pays concernés par les émeutes de la faim (Égypte), diminution de l’espérance de vie pour certains groupes (femmes euro-américaines aux États-Unis, hommes en Russie), progression de la sédentarité et recul des capacités d’endurance des enfants dans la plupart des pays développés. Leurs conséquences sociales et politiques se font déjà ressentir.

L’avenir sera à celles et ceux qui, conscients des risques, seront capables de propositions de nature à réduire nos impacts environnementaux tout en maintenant une santé, une longévité et des capacités humaines optimisées. Pour éviter l’incompréhension de nos concitoyens, ou le rejet trop rapide des options proposées, les politiques publiques doivent intégrer dès à présent ces enjeux. Elles devraient contribuer plus fermement à l’esquisse d’un projet tourné vers une société plus respectueuse de son environnement, proposant un cadre pour le développement (mobilité active, renoncement aux énergies carbonées, sécurité alimentaire, agrodiversité, dépollution, exploitation durable des ressources, minérales et vivantes) pour préserver un avenir commun. Saurons-nous agir à temps et préserver l’essentiel?

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

http://www.slate.fr/

Le bio est-il meilleur?


Acheter des aliments biologiques est-ce mieux ou non …Pour notre portefeuille c’est souvent plus cher mais pour le reste .. les aliments transformés ? Des chips bio ou ordinaire c’est mauvais pour la santé un point c’est tout .. les biscuits, gâteaux etc … n’est ce pas mieux de le faire nous-même.. ?
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Le bio est-il meilleur?

 

«Je dis toujours aux gens qui désirent se tourner vers les produits biologiques de le faire pour des questions éthiques et environnementales, et non pas en croyant faire automatiquement un choix plus nutritif», indique Geneviève Nadeau, nutritionniste.

PHOTO ALAIN LABERGE, LA PRESSE

Marie Allard
La Presse

Grignoter des chips biologiques n’est pas bon pour la santé. Mais est-ce meilleur que de manger des chips ordinaires, d’un point de vue nutritif, environnemental et éthique?

Vous avez craqué pour du macaroni au fromage en boîte. Pas du vulgaire Kraft Dinner: du Annie’s Homegrown biologique, vendu deux fois plus cher, à poids égal. Vous vous demandez si c’est vraiment une bonne idée. Vaut-il mieux acheter des aliments transformés biologiques?

Dans le cas du macaroni au fromage, l’avantage du bio n’est pas énorme.

 «La différence est petite, car il renferme à peine moins de sucre, plus de fibres et de protéines, pour la même teneur en sel que le Kraft Dinner», a comparé Stéphanie Côté, nutritionniste d’Extenso, le centre de référence en nutrition de l’Université de Montréal.

Atout intéressant: le Annie’s ne contient pas de tartrazine, le colorant orange du Kraft Dinner, soupçonné d’exacerber l’hyperactivité chez les enfants.

Les aliments biologiques ne sont pas nécessairement plus nutritifs.

«Les études comparant les aliments frais biologiques aux conventionnels ont démontré très peu de différences dans les valeurs nutritives», a relevé Mme Côté.

De meilleurs ingrédients

C’est vrai pour les fruits et légumes, mais pour les aliments transformés?

«Les entreprises qui ont la volonté de développer des produits bios ont aussi souvent la volonté de fabriquer des produits plus sains», a observé Geneviève Nadeau, de Nadeau Nutrition.

Exemple: les biscuits à l’avoine biologiques Choix du Président sont faits avec du beurre (qu’il soit bio importe peu ici), tandis que les Dad’s contiennent du shortening d’huile végétale.

«Les ingrédients des biscuits bios sont plus près de ce qu’on aurait fait à la maison, a indiqué Mme Nadeau. Je n’hésiterais pas à opter pour la version biologique.»

Bio ou pas, un biscuit reste un aliment riche en gras et en sucre, à manger à l’occasion. S’empiffrer de chips bios ne garde personne en santé. Les aliments bios ne doivent pas «entretenir l’illusion de mieux manger parce qu’ils sont bios», a prévenu Mme Côté.

Motivations éthiques

Des motifs éthiques et environnementaux peuvent aussi pousser à acheter bio.

«La production bio est plus saine pour l’environnement, pour les travailleurs (exposés aux pesticides de synthèse dans les productions traditionnelles) et pour les animaux, généralement mieux traités», a énuméré Élise Desaulniers, spécialiste de l’éthique alimentaire.

Peut-on se fier aux certifications?

«Pour qu’un aliment soit étiqueté biologique, il faut qu’au moins 70% des ingrédients qui entrent dans sa composition soient certifiés biologiques par des organismes indépendants, a expliqué Mme Desaulniers. Les produits Annie’s sont, par exemple, certifiés par la USDA, en qui on a confiance.»

Mais c’est parfois si cher!

«Produire biologiquement coûte plus cher, mais peut-être pas toujours à ce point, a reconnu l’auteure de Je mange avec ma tête, paru chez Stanké. On a compris que le bio permet de faire monter la facture d’épicerie d’une clientèle aisée qui ne regarde pas à la dépense.»

Vendue 1,79$, la boîte de Kraft Dinner est quant à elle… exagérément bon marché, selon Mme Desaulniers.

«Le coût réel est payé par l’environnement et les travailleurs», a-t-elle estimé.

«Il faut juste mettre son argent à la bonne place, a conseillé Yvan Plante, du cybermarché d’aliments biologiques Le Jardin des anges. Je n’achète pas de biscuits, ni bios ni conventionnels. Je les cuisine. Les gens dépensent moins que ceux qui se nourrissent avec les produits transformés conventionnels.»

Bref, le meilleur macaroni au fromage est celui que vous mitonnez à la maison.

«Je préfère encourager les gens à manger varié et à cuisiner autant que possible, a dit Mme Côté, plutôt que de les convaincre d’acheter bio absolument.»

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L’avis de Martin Roussy, alias Chef Rooster

«Du Kraft Dinner bio qui coûte plus cher, c’est dénaturer le Kraft Dinner!», s’insurge Martin Roussy, qui se définit comme un «chef trash, humoriste, spécialiste en fast-food».

«Le macaroni au fromage doit rester de la bouffe de fin de mois, d’étudiant, bref très abordable», estime-t-il.

«Je ne suis pas certain que si le but est de manger santé, s’orienter vers un macaroni au fromage bio est un bon choix, ajoute l’auteur du blogue www.dubonmanger.ca. Si t’as le goût d’un hamburger, tu fais fi du gras et tu manges un hamburger, pas une boulette de soya sur pain intégral. Alors quand t’as le goût d’un Kraft Dinner, tu fais fi des ingrédients (chimiques ou non) et tu manges un Kraft Dinner.»

http://www.cyberpresse.ca

Votre ordinateur est programmé pour mourir jeune


Étant donner le coûts des ordinateurs et tout ce qui va avec.. il est important que ce soit pour le consommateur ou l’environnement que les produits de la technologie soient durable et ce pendant plusieurs années ainsi alléger l’impact sur l’exportation de produits dangereux sans compter que l’environnement et notre portefeuille s’en portera mieux. Les compagnie doivent donc agir de façon responsable
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Votre ordinateur est programmé pour mourir jeune

 

 

Par Bruno Geoffroy

Des ampoules aux ordinateurs, l’espérance de vie des produits de consommation diminue. La faute à l’obsolescence programmée, affirme le documentaire Prêt à jeter présenté le 31 janvier à l’UQAM. Avis d’experts.

L’obsolescence programmée est un «régime minceur» que les fabricants font subir à la durée de vie des produits. Tout a commencé dès les années 1920, lorsque les industriels américains ont introduit le concept de produit jetable.
Un artifice pour doper la croissance

Il s’agissait alors d’un moyen artificiel de doper la croissance économique et de faire croire aux citoyens des pays industrialisés que la liberté et le bonheur passaient par une consommation infinie. Présentées dans le documentaire Prêt à jeter, ses conséquences environnementales et sociales sont désastreuses: gaspillage de ressources, pollution, exportation de déchets vers les pays pauvres…
Toutefois, cette pratique reste surtout cantonnée à certaines niches comme l’informatique et l’électroménager.

«Par exemple, Apple a longtemps obligé les consommateurs à racheter un nouvel appareil quand les batteries soudées de leurs iPod étaient arrivées en fin de vie», raconte Jérémy Bouchez, ex-directeur de Computation, une entreprise de reconditionnement et de recyclage d’équipements informatiques et électroniques, et coordonnateur bénévole du Cercle scientifique de la Fondation David Suzuki.

Allonger la durée de vie utile
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, la durée de vie moyenne des ordinateurs, dans les pays développés, est passée de six ans en 1997 à seulement deux ans en 2005. De 20 à 50 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques sont ainsi générées chaque année.

Pour contrecarrer ces effets pervers, «il faut reconditionner nos appareils électroniques afin de maximiser leur durée de vie utile avant qu’ils ne passent dans le bac de recyclage. Environ 80 % des gens n’ont pas besoin d’un ordinateur dernier cri pour envoyer des courriels, surfer sur Internet ou visionner des vidéos sur YouTube», constate Jérémy Bouchez.

Économiser les ressources

«La durée de vie d’un produit n’est pas le facteur clé en matière de réduction des impacts environnementaux. Dans nos analyses de cycle de vie, on place l’accent sur l’utilisation du produit. C’est sur ce point crucial que les industriels doivent travailler afin d’économiser l’énergie et les ressources, notamment en augmentant l’efficacité et en réduisant la consommation», précise Dominique Maxime, analyste et associé de recherche au Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services de l’École polytechnique de Montréal.

Responsabiliser les fabricants s’avère aussi un bon moyen de faire évoluer les pratiques. Selon Recyc-Québec, le Règlement sur la responsabilité élargie des producteurs intégré à la nouvelle Politique québécoise de gestion des matières résiduelles obligera les producteurs des produits électroniques à payer les frais liés aux activités de récupération et à la prise en charge de ce type de matériel en fin de vie utile. Sa mise en application est prévue dans le courant de 2012.

Pour en savoir plus
L’Agence Science-Presse propose de voir le documentaire Prêt à jeter (Cosima Dannoritzer, Espagne, 2010) et d’en discuter avec Jérémy Bouchez.
Aide-mémoire de Recyc-Québec sur les points de collecte du matériel électronique et des résidus domestiques dangereux (PDF)
C’était mieux dans le bon vieux temps, février 2011