Sans contact humain Des entretiens d’embauche réalisés par des avatars


 Peut-être les jeunes travailleurs qui débutent aimerons cette façon de passer une entrevue, mais il est dommage que l’on veuille tout remplacer par la technologie, surtout que nous voyons comment les rapports humains sont hypothéquer a notre époque
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Sans contact humain

Des entretiens d’embauche réalisés par des avatars

 

Sans contact humain - Des entretiens d'embauche réalisés par des avatars

©AFP Photo / Hasloo Group Production Studio/shutterstock.com

CLERMONT-FERRAND – Passer un entretien d’embauche mené par des avatars, c’est ce que propose le Centre de réalité virtuelle de Clermont-Ferrand en France, mais cette méthode, bien moins coûteuse, suscite la critique des spécialistes car elle ignore le contact humain, crucial pour une embauche.

Le directeur du Centre de réalité virtuelle, Laurent Baleydier, montre fièrement la méthode: la mise en condition des candidats à l’embauche dans un «cube immersif», une pièce de trois mètres de côté dotée d’écrans géants où apparaissent quatre avatars qui posent les questions.

Ce jour-là, un candidat tente de répondre aux questions des avatars, muni de lunettes 3D. Les avatars sont pilotés par un opérateur à distance qui peut lancer une série de questions de son choix.

Cet entretien virtuel dure environ trente minutes. Il s’adresse pour l’heure à des sociétés voulant former des recruteurs et non pas encore à celles voulant l’utiliser comme moyen de recruter, explique M. Baleydier.

Pour Michel Debout, psychologue spécialisé dans le monde du travail au CHU de Saint-Étienne en France, cette méthode fait l’impasse sur l’aspect crucial de la relation humaine directe.

«Ce qui est déjà problématique aujourd’hui, c’est l’authenticité de la relation humaine. S’il n’y a plus cela, où va-t-on? On est dans l’excès alors que ce qui manque, c’est la qualité humaine», souligne-t-il.

Pour Julien Guegan, ingénieur en sciences cognitives au CNRS à Clermont-Ferrand, «il n’est pas judicieux de traiter une chose aussi sérieuse qu’un entretien d’embauche avec des avatars. Il vaut mieux un contact humain direct», indique-t-il.

Au total, 25 candidats sont pour le moment passés et «24 nous ont dit qu’ils avaient vraiment eu l’impression d’un entretien d’embauche», explique M. Baleydier.

Ce système, commandé par Athalia, une petite société de conseil en ressources humaines basée à Clermont-Ferrand, va être commercialisé. Mais ce n’est encore qu’un prototype.

Il n’y a en France qu’une poignée de telles entreprises spécialisées. Celle de Clermont-Ferrand n’a que deux ans d’existence.

Elle a d’autres thèmes de recherche, dont celui de développer des simulations d’entretiens commerciaux et de prise de parole en public. Pour ce sujet, les chercheurs remplaceront les quatre avatars par une foule de 300 personnes virtuelles sur les cinq écrans.

Le centre de recherches est animé par six personnes et financé par la communauté urbaine de Clermont-Ferrand, la Région Auvergne et l’Union européenne.

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