La tragédie des 100 000 enfants envoyés de force au Canada


    Une enquête publique au Royaume-Uni sur les 100 000 enfants envoyés de force au Canada et d’autres enfants ont connu le même sort un peu partout dans le monde, après la Deuxième Guerre Mondiale. Leur crime était la pauvreté, et ou être orphelin. La majorité des enfants ont subi des sévices psychologiques, physiques et sexuels. En ce temps-là, le gouvernement britannique et Canadien, avaient fermé les yeux devant cette abomination …
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ENQUÊTE PUBLIQUE AU ROYAUME-UNI

La tragédie des 100 000 enfants envoyés de force au Canada

 

Plus de 100 000 enfants pauvres anglais ont été envoyés de force au Canada de la fin de XIXe siècle jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. Souvent traités comme des esclaves, ils ont souffert d’agressions et de violences sexuelles, rappelle une enquête qui vient de s’ouvrir cette semaine au Royaume-Uni.

NICOLAS BÉRUBÉLA PRESSE

FAIT MAL CONNU

Ils étaient des enfants de familles pauvres, des enfants de la rue et des orphelins. Dans la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu’au milieu du XXe siècle, le gouvernement anglais a décidé de les envoyer, souvent de force, aux quatre coins de l’Empire britannique, où ils pourraient travailler. Plus de 100 000 enfants non accompagnés ont ainsi « émigré » dans des fermes canadiennes, dont plus de 8000 au Québec.

« Pour la quasi-totalité, ils ont travaillé dans des champs, dans des conditions d’esclavagisme », explique Lori Oschefski, présidente de l’Association canadienne des « Home Children » anglais. « Les agressions physiques, psychologiques et sexuelles qu’ils ont subies étaient courantes et sont bien documentées. »

LE GOUVERNEMENT A FERMÉ LES YEUX

Les enfants ne recevaient souvent aucune éducation et habitaient à l’écart de la maison familiale de la ferme.

« À cette époque, la pauvreté était vue comme une maladie infectieuse, alors ces enfants étaient souvent isolés, dit Mme Oschefski. Certains dormaient dans des granges non chauffées, même durant l’hiver. Les enfants étaient transportés d’une ferme à l’autre, ils pouvaient déménager des dizaines de fois. Ma tante Mary était une de ces enfants. Elle a été battue, fouettée, violée. Elle a donné naissance à un enfant mort-né à l’âge de 14 ans. Quand ma tante est morte, on pouvait encore voir les cicatrices des coups de fouet sur son dos. »

LOI DU SILENCE

Au début du programme, ces histoires étaient peu connues.

 « Mais durant les années 1890, le gouvernement britannique et le gouvernement canadien savaient que le programme envoyait les enfants dans une vie de misère et d’abus, et ils ont continué à le soutenir », dit Lori Oschefski.

Cette semaine, le gouvernement britannique a lancé une enquête publique sur les enfants qui ont émigré de force, un phénomène qui a continué jusqu’en 1974, notamment en Australie. David Hill, qui a été envoyé de force et violé en Australie à l’âge de 12 ans, a témoigné qu’il voulait que les responsables soient « nommés sur la place publique ». Ce mois-ci, la Chambre des communes à Ottawa a reconnu « la souffrance et l’abus » des enfants qui ont émigré de force au Canada. Mme Oschefski aimerait désormais entendre le premier ministre Trudeau s’excuser au nom du Canada auprès des familles de ces enfants.

GILLES DUCEPPE, PETIT-FILS D’ENFANT ÉMIGRÉ

Des enfants émigrés ont éventuellement eu des familles, et leurs descendants sont nombreux au pays. Parmi eux, l’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, dont le grand-père paternel, John James Rowley, est arrivé à Montréal en 1906.

John James Rowley, grand-père de Gilles Duceppe

« Mon grand-père a été chanceux, car il a été adopté par une bonne famille, qui voulait un enfant, à Saint-Benoît-du-Lac. Personne ne parlait anglais, alors mon grand-père allait parler avec les autochtones de la réserve de Kanesatake. »

La pièce Ne m’oublie pas, actuellement présentée au Théâtre Jean-Duceppe, salle nommée en l’honneur du père de Gilles Duceppe, raconte justement l’histoire d’un « Home Child » envoyé en Australie. M. Duceppe dit souhaiter que cet épisode difficile et peu glorieux de l’histoire du Québec et du Canada soit mieux enseigné.

« Nous, les descendants des British Home Children, on représente entre 3,5 et 4 millions de personnes à travers le Canada. Ce n’est pas rien, et pourtant, c’est une histoire qui est inconnue. »

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Disparitions de femmes autochtones Les propos de Harper dénoncés par l’APNQL


Le Premier Ministre Canadien refuse de voir le problème en face et qualifie les disparitions et meurtres chez les femmes autochtones comme des  »simples » crimes alors que la réalité, ils sont alimentés par un contexte particulier de pauvreté qui font qu’elles sont plus susceptibles d’être des victimes de violences.
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Disparitions de femmes autochtones

Les propos de Harper dénoncés par l’APNQL

 

Les propos de Harper dénoncés par l'APNQL

Crédit photo : Archives Agence QMI

Une vigile à la chandelle à la mémoire de la jeune autochtone Tina Fontaine, dont le corps a été retrouvé dans la rivière Rouge au Manitoba, s’est tenue le 21 août, à Edmonton.

L’Assemblée des Premières Nations du Québec et Labrador (APNQL) a condamné, samedi, le refus du gouvernement conservateur de tenir une enquête publique nationale sur les disparitions et meurtres de femmes autochtones, même après la découverte du cadavre d’une adolescente la semaine dernière.

La sortie publique de l’APNQL survient le jour des funérailles de Tina Fontaine, une autochtone de 15 ans de Winnipeg dont le corps a été repêché dans la rivière Rouge, au Manitoba, dimanche dernier.

«Un meurtre récent au Manitoba aurait été une autre occasion pour que le gouvernement Harper accepte finalement d’affronter la vérité et d’ouvrir les yeux pour enfin tenir une enquête publique, a écrit l’APNQL dans un communiqué. Mais pour le gouvernement Harper, ce fut seulement une autre triste occasion de persister à tenter de cacher la vérité.»

Selon l’APNL, l’attitude du premier ministre du Canada, Stephen Harper, envoie un message inquiétant aux femmes autochtones qui sont «quatre fois plus en danger que les femmes et les filles non autochtones canadiennes».

Lors d’une visite au Yukon College, à Whitehorse, jeudi, Stephen Harper a réitéré le refus du Canada de tenir une enquête publique nationale, bien qu’il déplore le meurtre le Tina Fontaine.

«Je crois qu’il ne faut pas voir ce meurtre comme un phénomène sociologique.

Il faut le regarder comme un crime, un crime contre une personne innocente, a dit M. Harper, précisant que ce crime a besoin d’une enquête policière, et non publique. Nous avons élaboré des lois à travers le pays qui ont plus d’effet pour contrer les crimes et la violence – pas seulement à l’endroit des femmes autochtones – et nous persévérerons dans cette direction.»

Un rapport de la Gendarmerie du Canada publié en mai a indiqué que près de 1200 femmes autochtones ont disparu ou ont été tuées dans les 30 dernières années. La GRC affirme qu’elles sont surreprésentées en tant que victimes d’homicides. Toutefois, les autorités estiment que la police résout les dossiers les concernant au même rythme que lorsque des non autochtones sont victimes.

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