Il y aurait désormais une catastrophe climatique chaque semaine, alerte l’ONU


On sait que nous sommes en plein changement climatique, on ne peut plus retourner en arrière. Cependant, nous pourrions atténuer les effets et mieux se prémunir contre les catastrophes climatiques. Il y a certes un coût, mais ne rien faire couterait encore plus cher.

Nuage


Il y aurait désormais une catastrophe climatique chaque semaine, alerte l’ONU

Suite aux dégâts causés par le cyclone Kenneth dans un village au nord de Pemba au Mozambique en mai 2019

Suite aux dégâts causés par le cyclone Kenneth dans un village au nord de Pemba, au Mozambique, en mai. Une photographie: Mike Hutchings / Reuters


par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Il y aurait désormais une catastrophe climatique par semaine, averti l’ONU. Les pays en développement sont particulièrement touchés. Un constat qui nécessite la mise en place de moyens de résilience face aux effets du réchauffement climatique.

Le changement climatique est l’enjeu le plus important de notre époque et le moment est venu d’agir. Si des efforts sont entrepris, la plupart visent à chercher un moyen de réduire les effets du réchauffement planétaire en s’attaquant à la combustion des énergies fossiles. Mais peut-être devrions-nous davantage nous concentrer sur des moyens de résilience. C’est du moins ce que propose l’ONU, qui communiquait il y a quelques jours sur le fait que les catastrophes liées au climat étaient devenue beaucoup plus fréquentes et régulières. Il y en aurait désormais une par semaine. Et nous ne sommes pas assez préparés pour y faire face.

Adaptation et résilience

Les cyclones Idai et Kenneth au Mozambique, ou encore la sécheresse qui sévit en Inde, la plupart de ces épisodes n’attirent pas ou peu d’attention de la part de la communauté internationale. Le problème, c’est que ces événements, qui touchent en général les pays en développement, peuvent avoir des répercussions profondes. En ce sens, Mami Mizutori, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, rappelle que l’adaptation à la crise climatique ne doit plus être perçue comme un problème à long terme, mais qu’elle nécessite des investissements immédiats.

“Nous devons parler davantage d’adaptation et de résilience“, dit-elle.

catastrophe climatique

Le cyclone tropical intense Idai s’approchant de la province de Sofala au Mozambique le 14 mars 2019. Crédits : Wikipédia

Face au réchauffement climatique, plusieurs actions sont effectivement possibles. Les premières visent à mettre en place des moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, la grande majorité des efforts de lutte mis en place vont dans cette direction. Ce qui est louable. Seulement d’autres actions doivent être mises en place. Celles nous permettant de “supporter” ces effets. Le problème, note Mami Mizutori, c’est que ces moyens de résilience ont jusqu’à présent été mis au second plan. Ce qui peut s’expliquer. En effet, le but n’était pas de considérer le problème du réchauffement climatique comme une sorte de fatalité. C’est pourquoi nous privilégions des moyens de le combattre plutôt que de l’accepter.

Mais face à la recrudescence des catastrophes, le moment est venu de s’adapter.

“Nous parlons d’une urgence climatique, dit-elle. Si nous ne pouvons pas le faire, nous ne survivrons pas“.

Rendre les effets plus supportables

Selon les estimations, le coût des catastrophes liées au climat s’élèverait en effet à 520 milliards de dollars par an, tandis que le coût supplémentaire de la mise en place d’infrastructures résistantes à ces effets ne serait que de 2,7 milliards de dollars au total au cours des 20 prochaines années. Logements, réseaux routiers et ferroviaires, usines, réseaux de distribution d’alimentation en eau, toutes ces infrastructures doivent être pensées pour les rendre moins vulnérables aux inondations, sécheresses, tempêtes et autres conditions météorologiques extrêmes.

En remettant aux normes les plupart des installations dans les pays en développement, nous pourrons alors éventuellement rendre ces catastrophes plus “supportables”. C’est l’idée générale. L’occident est également concerné. En témoignent les récents incendies aux États-Unis, ou la vague de chaleur en Europe.

Source

https://sciencepost.fr/

Climat: le monde appelé à ne «pas trahir» les générations futures


Ceux qui sont conscients de l’urgence d’agir perdent l’espoir de diminuer l’impact des changements climatiques. Ces dernières années, nous sommes témoins des conséquences. C’est cela qu’on veut laisser à nos enfants et petits enfants ? Vraiment ?
Nuage

 

Climat: le monde appelé à ne «pas trahir» les générations futures

 

AFP

Face au sombre constat d’un monde loin d’être sur les bons rails pour freiner le réchauffement climatique, des pays particulièrement menacés par ses impacts dévastateurs ont appelé lundi les plus riches à faire plus, pour ne «pas trahir» les générations futures.

Malgré les preuves irréfutables, le monde «ne va pas du tout dans la bonne direction» pour freiner le changement climatique, a mis en garde le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres lors d’un sommet organisé au 2e jour de la 24e Conférence de l’ONU sur le climat à Katowice, en Pologne.

Pour «beaucoup de gens, de régions et même de pays, c’est déjà une question de vie ou de mort», alors «il est difficile de comprendre pourquoi nous, collectivement, avançons toujours si lentement, et même dans la mauvaise direction», a-t-il ajouté devant un parterre clairsemé de chefs d’État et de gouvernements.

Mais pour les pays en développement déjà particulièrement touchés par la multiplication des sécheresses, des tempêtes ou l’élévation du niveau des océans, ce sont les pays riches qui doivent faire plus, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et pour aider le Sud à se préparer aux catastrophes.

«Nous avons le sentiment d’avoir été punis pour des erreurs que nous n’avons pas commises. La communauté internationale doit faire en sorte que justice soit faite», a déclaré la présidente du Népal Bidhya Devi Bhandari, évoquant la fonte des glaciers himalayens.

«À ceux qui traînent les pieds, je dis simplement: faites-le», a renchéri le premier ministre fidjien Frank Bainimarama, président de la COP23, appelant «sans équivoque» à relever les ambitions. «Que Dieu nous pardonne, si nous ignorons les preuves irréfutables, nous deviendrons la génération qui a trahi l’humanité».

L’Accord de Paris de 2015, dont les règles d’application doivent être finalisées pendant les deux semaines de cette COP, vise à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle et idéalement à +1,5°C.

Un récent rapport des scientifiques du GIEC, tout en évoquant les nettes différences en termes d’impacts attendus entre ces deux objectifs, a aussi souligné qu’il faudrait, pour rester sous +1,5°C, réduire les émissions de CO2 de près de 50% d’ici à 2030 par rapport à 2010.

«Le mal absolu»

Pour aider les pays en développement à réduire leurs propres émissions et à s’adapter aux impacts du réchauffement, les pays du Nord ont promis de porter d’ici 2020 leurs financements à 100G$ par an. Mais cet objectif, loin des besoins colossaux, n’est pas encore atteint.

Dans un contexte géopolitique peu propice aux engagements, et alors qu’aucun des pays du G20 n’était représenté au plus haut niveau à Katowice, la Banque mondiale a fait sensation, annonçant sous les applaudissements une mobilisation de 200 milliards de dollars pour 2021-2025.

«Cela dépend de chacun de faire tout ce qu’il peut contre le changement climatique, sinon, nos enfants et nos petits-enfants ne nous le pardonneront pas», a plaidé sa directrice générale Kristalina Georgieva.

«Les leaders politiques doivent commencer à remettre en cause les intérêts qui perpétuent la crise climatique», a de son côté plaidé Baron Divavesi Waqa, président de l’île de Nauru, en référence aux énergies fossiles. «Les puissants ont toujours joué avec d’autres règles, mais ils ne peuvent échapper aux lois de la physique.»

Invité surprise du sommet, l’ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a lui aussi pris pour cible les énergies fossiles.

«J’aimerais être Terminator dans la vraie vie pour voyager dans le temps et arrêter les énergies fossiles quand elles ont été découvertes», a déclaré l’ancien acteur. «Le mal absolu, ce sont les énergies fossiles, le charbon, l’essence, le gaz», a-t-il insisté devant le président polonais de la COP24 Michal Kurtyka dont le pays continue à défendre son industrie du charbon.

La Pologne a d’ailleurs ouvert à la signature des États la «déclaration de Silésie» pour une «transition juste», que certains observateurs voient comme une excuse pour ralentir le passage à une économie bas-carbone. Ce texte, signé notamment par l’UE, met en avant les risques pour les travailleurs dont les emplois pourraient disparaître en cas de sortie des énergies fossiles.

«Nous ne pouvons pas mettre en œuvre des politiques climatiques contraires à la volonté de la société et au détriment des conditions de vie», a insisté le président polonais Andrzej Duda, en référence à la crise des «gilets jaunes» qui secoue la France.

Un mouvement parti de revendications contre la hausse de la fiscalité écologique sur les carburants.

http://journalmetro.com

Il y a 30 ans, nous avons loupé notre meilleure chance d’arrêter le changement climatique


Dire qu’il y seulement 30 ans, nous aurions pu changer les choses sur les changements climatiques. Mais comme on ne peut rien faire sans la politique, malgré les avertissements d’urgence, c’était comme un coup d’épée dans l’eau. Et cela ne change guère aujourd’hui
Nuage

 

Il y a 30 ans, nous avons loupé notre meilleure chance d’arrêter le changement climatique

 

réchauffement climatique

Crédits : FastFlash / Pixabay

par Brice Louvet

La crise climatique actuelle aurait-elle pu être évitée ? Oui, nous révèle un article du New York Times Magazine. Il y a 30 ans, nous aurions en effet loupé notre meilleure chance de stopper le changement climatique.

À la fin des années 1970, des preuves irréfutables soulignaient déjà le danger des accumulations de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone) résultant de la combustion d’énergies fossiles. Pendant une période charnière de 10 ans – de 1979 à 1989 – des scientifiques, militants et responsables gouvernementaux du monde entier ont pris d’importantes mesures pour contrer ces émissions. Des efforts ont également été déployés au niveau international pour sensibiliser le public au réchauffement de la planète. Mais ces efforts ont stagné, n’ont pas été suffisants, et nous assistons aujourd’hui aux conséquences dévastatrices de ce réchauffement, écrit Nathaniel Rich, auteur de cet article.

« Ça a presque marché, a-t-il expliqué lors de la présentation de son article. À l’époque, le sujet du changement climatique n’était pas très politisé aux États-Unis comme il l’est aujourd’hui. Les membres des partis républicain et démocrate ont soutenu l’élaboration de stratégies visant à limiter le CO2, mais la défense de l’environnement n’a pas été perçue par la même lentille politique qu’aujourd’hui ». À la fin de la décennie – 1979 à 1989 – « la paralysie s’est installée », poursuit l’écrivain.

Les conséquences de cette inaction prolongée sont révélées à côté du rapport de Rich dans des images signées du photographe George Steinmetz. Ses photos et vidéos ont été capturées en 2017, principalement par des caméras montées sur des drones, et ce dans le monde entier. Elles présentent des scènes sinistres, comme les moussons au Bangladesh, les conséquences des feux de forêt en Californie ou encore la capitale de la Mauritanie, partiellement engloutie par le désert.

Des initiatives mondiales telles que l’accord de Paris sur le climat – qui visent à limiter le réchauffement à deux degrés – témoignent aujourd’hui d’un engagement mondial. Mais après des décennies de ralentissement et d’inaction, tout en minimisant le coût pour les communautés et les habitats dans le monde, ces nouvelles actions mises en place seront-elles suffisantes pour atténuer les effets du réchauffement global de la planète ?

Comme le note le New York Times, et selon une étude récente basée sur les tendances actuelles des émissions, les chances de réussite de cet accord de Paris sont d’une sur 20.

Source

https://sciencepost.fr//

Les changements climatiques pourrait transformer la planète en «étuve»


Nous sommes devant les conséquences de notre inaction face aux changements climatiques. Cet été, on entend parler presqu’à tous les jours de feux de forêts, inondations, fonte des glaces, chaleurs intenses, animaux en danger, la liste est longue. Et cela est un non-retour. Cependant, pour nos enfants et petits enfants, nous devrions faire des efforts pour que cela arrive trop vite.
Nuage

 

Les changements climatiques pourrait transformer la planète en «étuve»

GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO

On n’aurait pas fini d’avoir chaud

La transition vers une économie verte est plus que jamais urgente pour la Terre, la pollution due aux énergies fossiles risquant de pousser la planète Bleue dans un état durable et dangereux « d’étuve », ont alerté lundi des chercheurs internationaux.

Si les calottes polaires continuent de fondre, les forêts d’être décimées et les émissions de gaz à effet de serre de battre chaque année des records, la Terre va franchir un point de rupture.

Un basculement qui pourrait intervenir « dans quelques décennies seulement », ont prévenu des scientifiques dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Passer ce seuil signifie, selon eux, « une température de 4 à 5 degrés Celsius plus élevée qu’à la période préindustrielle et un niveau de la mer 10 à 60 mètres plus haut qu’aujourd’hui. »

«Terre étuve»?

« Une Terre étuve est probablement incontrôlable et dangereuse pour beaucoup », selon les conclusions de scientifiques de l’université de Copenhague, de l’Université nationale australienne et de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique en Allemagne.

Les rivières déborderaient, les ouragans feraient des ravages sur les côtes et les récifs de corail disparaîtraient –le tout avant la fin de ce siècle, voire plus tôt.

Les températures moyennes mondiales dépasseraient celles de toute période interglaciaire –ces cycles séparant deux glaciations– depuis 1,2 million d’années.

La fonte des calottes polaires provoquerait à elle seule une hausse très importante du niveau des océans, engloutissant des régions côtières où habitent des centaines de millions de personnes.

« Des endroits sur Terre deviendront inhabitables si la +Terre étuve+ devient une réalité », met en garde Johan Rockström, directeur du Stockholm Resilience Centre.

Point de rupture

Les chercheurs suggèrent que le point de rupture pourrait être atteint lorsque la température de la Terre sera supérieure de 2 degrés à celle de l’ère préindustrielle. Elle l’est déjà d’un degré et continue d’augmenter à un rythme de 0,17 degré par décennie.

« Un réchauffement de 2 degrés pourrait activer d’importants éléments de rupture, augmentant ainsi encore davantage la température ce qui pourrait activer d’autres éléments de rupture par un effet domino qui pourrait entraîner la Terre vers des températures encore plus élevées », prévient le rapport.

Les experts s’inquiètent également de phénomènes comme les feux de forêts qui se multiplieraient à mesure que la planète se réchauffe et s’assèche.

La méthode

Cette étude a exploité de précédents travaux scientifiques sur les points de rupture de la Terre.

Les scientifiques ont également examiné des périodes lointaines, comme l’ère du Pliocène il y a cinq millions d’années quand le niveau de CO2 dans l’atmosphère était de 400 parties par million (ppm), comme aujourd’hui.

Durant la période du Crétacé –l’ère des dinosaures– il y a quelque 100 millions d’années, le CO2 a même atteint 1 000 ppm en grande partie à cause de l’activité volcanique.

Déterminer qu’une hausse de 2 degrés est un point de non-retour « est nouveau », selon Martin Siegert, co-directeur du Grantham Research Institute on Climate Change de Londres, qui n’était pas impliqué dans l’étude.

Comment l’empêcher?

Il est nécessaire de changer immédiatement de mode de vie pour protéger la Terre, ont averti les chercheurs, expliquant que les énergies fossiles devaient être remplacées par des sources à faibles, voire sans, émissions de CO2.

Ils ont notamment préconisé une meilleure gestion des sols, de meilleures pratiques agricoles, la protection des terres et des côtes ou encore le développement de techniques de capture du CO2, planter des arbres et arrêter la déforestation.

Mais, même en cas d’arrêt des émissions de gaz à effet de serre, la tendance actuelle de réchauffement pourrait déclencher d’autres processus du système terrestre –appelés rétroactions–, faisant davantage monter les températures.

Parmi ces processus: fonte du pergélisol, déforestation, absence de couverture neigeuse dans l’hémisphère nord, de banquise et de calottes polaires.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Ni Dieu ni la nature: nous sommes les seuls coupables


Ce que nous voyons depuis quelques années des catastrophes naturelles, enfin pas si naturelles que cela, tout le chamboulement de l’environnement a une seule cause : l’être humain. Il ne sert a rien de rejeter la faute autre qu’à l’humain,. On a tout changer les règles, on aime mieux protéger l’économie que l’environnement, alors que sans cet environnement, il n’y a pas d’économie d’un pays qui tienne. On peut s’en rendre compte avec les dommages que coûtent les changements climatiques
Nuage

 

Ni Dieu ni la nature: nous sommes les seuls coupables

.

 

RENEAU FRIGON


David Suzuki
 Scientifique et auteur, co-fondateur de la Fondation David Suzuki

Nous devons assumer notre responsabilité et agir de toute urgence, puisque la situation le réclame

Nous qualifions souvent d’« acte de Dieu » ou de « catastrophes naturelles » les événements indépendants de notre volonté. Mais, qu’y a-t-il de « naturel » dans les catastrophes d’origine climatique d’aujourd’hui ? Les scientifiques désignent sous le nom d’Anthropocène l’après-révolution industrielle, une période pendant laquelle notre espèce est devenue à l’échelle géologique le principal facteur d’altération biologique, physique et chimique de notre planète. Poussée par des technologies alimentées aux énergies fossiles, la croissance rapide de la population, l’accélération constante de la consommation et une forte pression sur l’économie mondiale, notre espèce est responsable des conséquences catastrophiques actuelles.

Nous savons que le poids de l’eau retenue par les grands barrages et que l’injection souterraine d’eau pressurisée dans le processus de fractionnement provoquent des tremblements de terre. L’élimination de grandes étendues de forêt, le drainage des terres humides, le pompage excessif de l’eau par l’agriculture industrielle, la pollution des écosystèmes marins et des eaux douces avec du nitrogène, des plastiques et des pesticides des terres agricoles et des villes, l’expansion des zones urbaines et le recours à des modes de pêche non écologiques comme les filets dérivants et le chalutage sont autant de facteurs qui, combinés, contribuent à l’extinction d’espèces à une échelle jamais observée depuis la méga-extinction des dinosaures il y 65 millions d’années.

Pourtant, nous tenons des propos qui nous déresponsabilisent. Il n’y a pas si longtemps, on qualifiait le loup, le phoque et le requin pèlerin de véritables « pestes » ou de « prédateurs », des nuisances dont l’élimination donnait droit à des primes. Les insectes sont les animaux les plus nombreux, variés et importants de nos écosystèmes. Pourtant, tous sont affectés par les insecticides que l’on utilise pour éliminer le petit nombre d’entre eux qui s’attaquent aux cultures commerciales. Parmi les pires classes de pesticides, on retrouve les néonicotinoïdes, des neurotoxines auxquelles sont particulièrement sensibles les abeilles, d’importants pollinisateurs. On qualifie les forêts anciennes de « sauvages » ou de « dégradées », mais de « normales » ces plantations qui les ont remplacées après des coupes à blanc.

La forêt ombrophile tempérée qui s’étend de l’Alaska au nord de la Californie, entre l’océan Pacifique et la chaîne côtière, constitue l’un des écosystèmes les plus rares sur Terre. Or, ses immenses arbres ont été décimés : aux États-Unis, il n’en reste que dix pour cent. Les environnementalistes qui réclamaient la protection de ce qui restait ont été accusés d’être « insatiables ».

Les véritables ennemis, les radicaux et les écoterroristes sont ceux qui détruisent les forêts, les bassins hydrographiques et l’atmosphère sans se soucier des conséquences écologiques.

Glen Clark, l’ancien premier ministre de la Colombie-Britannique, a déjà qualifié des environnementalistes comme moi « d’ennemis de la CB ». Joe Oliver, l’ancien ministre fédéral des Finances nous a collé l’étiquette de « radicaux financés par l’étranger » ; d’autres nous ont appelés « écoterroristes ». Les véritables ennemis, les radicaux et les écoterroristes sont ceux qui détruisent les forêts, les bassins hydrographiques et l’atmosphère sans se soucier des conséquences écologiques.

Christy Clark, la première ministre de la Colombie-Britannique défaite en 2017, a traité de « forces négatives » les opposants aux oléoducs et aux centrales au gaz naturel liquéfié. Comme nous luttons pour protéger ce qu’il nous faut tous pour survivre, on devrait plutôt nous appeler les « forces positives » qui disent « oui » à l’énergie renouvelable dans un monde propre et prospère.

Nous semblons avoir oublié que le mot « économie », comme « écologie », vient du grec « oikos », qui veut dire « domaine » ou « foyer ».

En raison de leur capacité à trouver des moyens d’exploiter ce qui les entoure, les humains ne se sont pas confinés à un seul habitat ou écosystème. Ils ont pu habiter partout, dans les déserts, dans l’Arctique, dans la jungle, les terres humides et les montagnes. Les écologistes recherchent les principes, les règles et les lois qui permettent aux espèces de s’épanouir de façon durable. Les économistes se chargent de « gérer » notre activité au sein de la biosphère, notre domaine.

L’ancien premier ministre Stephen Harper a décrété qu’il était impossible d’agir en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour prévenir les changements climatiques parce que cela mettrait notre économie en péril. Pour des gens de son acabit, l’économie est plus importante que l’air qui conditionne la météo et le climat, et qui nous permet de vivre. En même temps, des « conservateurs fiscaux » s’élèvent contre une mesure financière efficace contre les changements climatiques : la tarification du carbone. Ceux-ci font fi de l’exemple de la Suède qui a imposé une taxe sur le carbone de 35 $ la tonne en 1991. En 2012, le pays avait fait progresser son économie de 60 pour cent, tout en réduisant ses émissions de 25 pour cent. En 2014, cette taxe est passée à plus de 160 $.

Nous savons que les changements climatiques sont causés principalement par notre utilisation des énergies fossiles. Ce faisant, nous influençons la fréquence et l’intensité des catastrophes : feux de forêt immenses (Kelowna, Fort McMurray), inondations (Calgary, Toronto), ouragans (Katrina, Sandy), sécheresses (Californie, Alberta) et fonte des glaciers et de la calotte glaciaire. Il n’y a plus rien de « naturel » dans ces désastres. Nous devons reconnaître l’empreinte humaine. Si nous sommes la cause de ces problèmes, nous devons cesser de pointer du doigt la « nature » ou « Dieu ». Nous devons assumer notre responsabilité et agir de toute urgence, puisque la situation le réclame.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Réchauffement climatique: la planète sera inhabitable bien plus tôt qu’on ne le pense


Depuis quand des scientifiques de l’environnement ont lancé l’alerte ? On en parlait quand j’étais une petite fille. Aujourd’hui on sent l’urgence d’agir, mais il y a les climato-septiques qui pensent qu’a leurs gains et ne voient, ni n’entendent rien. Ce que nous laisserons à nos enfants et petits-enfants est une terre empoisonnée. Il fera chaud, la sècheresse augmentera et des maladies du passées cachées dans la glace referont surface.
Nuage

 

Réchauffement climatique: la planète sera inhabitable bien plus tôt qu’on ne le pense

 

Effets du changement climatique | Ken Kistler via publicdomainpictures.net CC License by

Effets du changement climatique | Ken Kistler via publicdomainpictures.net CC License by

Repéré par Vincent Manilève

Repéré sur The New York Magazine

Dans cent ans, tout aura changé.

 

Les dystopies climatiques inondent la culture populaire, provoquant chez certains d’entre nous une forme d’angoisse du lendemain, ou de l’été qui vient.

David Wallace-Wells nous apprend aujourd’hui dans le New York Magazine que ces craintes sont en deçà de la réalité.

«La plupart des gens parlent comme si Miami et le Bangladesh avaient une chance de survivre, écrit-il en introduction. La plupart des scientifiques à qui j’ai parlé estiment que nous les perdrons d’ici la fin du siècle, même si nous arrêtons de consommer des énergies fossiles dans la décennie qui vient.»

Dans cette enquête fascinante, il dresse ensuite la liste des menaces directes et concrètes à l’égard de l’homme, des menaces qui pourraient apparaître avant la fin du siècle. Par exemple, la température du thermomètre mouillé, une mesure de l’évaporation d’eau dans une parcelle d’air, est sur le point d’atteindre un seuil critique.

«Même si nous atteignons le seuil des deux degrés de réchauffement prévus par les Accords de Paris, des villes comme Karachi ou Calcutta deviendront inhabitables, subissant chaque année des vagues mortelles de chaleur comme celles qui les ont paralysées en 2015. Si on atteint quatre degrés d’augmentation, la vague de chaleur mortelle qui a frappé l’Europe en 2003, et qui a tué 2.000 personnes par jour, deviendra un été normal.»

Les stocks de nourritures pourraient aussi être affectés à travers le monde. Les sécheresses transformeront les terres cultivées les plus importantes en déserts: on estime que, d’ici 2080, si rien n’est fait pour réduire les émissions, le sud de l’Europe pourrait, entre autres régions, voir ses terres mourir.

Anthrax et peste bubonique

Aujourd’hui, 10.000 personnes meurent chaque année à cause de l’air pollué, et plus de 330.000 à cause de la fumée provoquée par les incendies. La forêt amazonienne, pourtant tropicale, pourrait devenir si sèche que des feux se propageraient sans peine et détruiraient une grande partie de sa surface. Quand on sait que la forêt fournit 20% de notre oxygène, il est difficile de ne pas être inquiet.

Les océans aussi seront bientôt dangereux, et pas seulement parce que le niveau de l’eau va augmenter. Le carbone contenu dans les océans et les mers représentent un tiers du total sur la planète et engendre une acidification de l’eau. Cela va augmenter la température de l’eau et menacer de nombreuses espèces.

Saviez-vous également que l’Arctique renferme dans sa glace des maladies qui n’ont pas parcouru l’air depuis des millions d’années? Des scientifiques ont également découvert il y a peu des traces de peste bubonique, de varioles, et même de cette grippe qui a tué plus de cent millions de personnes au début du XXe siècle. La fonte des glaces pourrait libérer ces maladies. L’année dernière, un garçon est ainsi mort à cause de l’anthrax qui avait déjà contaminé et tué un cerf il y a plus de soixante-dix ans. Ce dernier est remonté à la surface à cause de la fonte du permafrost.

Voilà quelques-uns des éléments avancés par le journaliste. Pour lire les autres

(et la liste est aussi longue que terrifiante), c’est par ici.  (en anglais)

http://www.slate.fr/