Le Saviez-Vous ► 7 erreurs médicales des plus inusitées


Personnes n’est parfait, mais les erreurs médicales peuvent être un vrai cauchemar pour les patients. Il y a des erreurs qui sont vraiment épouvantable qui aurait pu sans doute être évité
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7 erreurs médicales des plus inusitées

 

EDWARDOLIVE VIA GETTY IMAGES

 

Par Mathieu Galarneau

On n’échangerait pas de place avec ces patients.

  • Les erreures erreurs, on le sait, ça arrive à tout le monde. Certaines ont cependant plus d’impact que d’autres. Voici une compilation d’erreurs médicales surprenantes, survenues dans le monde et chez nous au Québec, dans la dernière année.

    Embaumée vivante

    La plus récente en lice concerne une femme de 27 ans qui est décédée dû à une bête erreur de produits administrés non vérifiés. Ekaterina Fedyaeva, une Russe de 28 ans, devait se faire retirer des kystes de l’ovaire. Suivant l’opération, les médecins lui ont administré une dose fatale de formaldéhyde au lieu d’une solution saline. L’erreur n’a pu être corrigée à temps pour lui permettre de survivre.

    Un gant et cinq compresses dans le ventre

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    Une femme de Marseille, en France, a eu une ablation de l’utérus qui tient du cauchemar. À son réveil, la dame de 48 ans subit d’intenses douleurs. Son médecin croit qu’elle est «douillette». Trois jours plus tard, elle obtient son congé. Une fois chez elle, elle ressent de fortes douleurs, «comme un accouchement», raconte-t-elle. Et pour cause, elle avait deux gants de latex et cinq compresses dans le ventre. Son médecin ne lui offre aucune excuse.

    «Il me dit qu’il ne comprend pas, qu’il est surpris et qu’apparemment, il remettrait la faute sur le personnel médical», a-t-elle raconté à France 2.

    Il enlève deux seins, à tort

    Un médecin a procédé à l’ablation des deux seins d’une patiente atteinte de tumeurs cancéreuses âgée de 67 ans en 2014. Sauf que ce n’était pas la bonne patiente. Le médecin traîne maintenant en cour les journalistes qui ont ébruité l’histoire.

    Sept ans avec un tuyau dans le ventre

    Les crises d’appendicite sont plutôt fréquentes et se résorbent tout de même rapidement après l’ablation de l’appendice. Sauf quand l’équipe médicale oublie un tuyau dans le ventre du patient. Oups. C’est ce qui est arrivé à un adolescent français de 15 ans. Maintenant âgé de 22 ans, il a pu se faire retirer le tuyau qui l’a fait énormément souffrir pendant tout ce temps et qui a transpercé des organes.

    Des délais d’opération lui coûtent deux testicules

    Une douleur aux testicules amène un homme à se rendre aux urgences, en France, le 7 décembre 2009. Il est renvoyé sans être opéré. Toujours incommodé, il y retourne le 10 février 2010. On suspecte alors une inflammation et on lui fait passer une échographie abdominale avant de le retourner chez lui. Neuf jours plus tard, on lui annonce qu’il souffre de torsion à chaque testicule. Une des deux torsions était trop vieille alors les médecins ont dû procéder à son ablation et le deuxième apparaît «atrophié avec absence de fonction testiculaire». Après sept ans de démarches judiciaires, la cour donne raison au patient qui reçoit 192 920 euros (294 000 $CAN) en dédommagement.

    Un instrument de 33 cm oublié dans le corps d’une patiente

    Sylvie Dubé, atteinte d’un cancer à l’ovaire, a dû subir une hystérectomie au CHUM, le 14 mars 2017. Dans les mois après l’opération, elle subit d’intenses douleurs à différents endroits dans le corps. Elle consulte en physiothérapie pour une douleur à l’épaule, elle utilise de la cortisone, rien n’y fait. Au bout du rouleau, elle se rend à l’urgence où on lui fait passer un scanneur qui révèle la présence d’une plaque métallique de 33 cm dans son abdomen laissée lors de l’opération trois mois auparavant.

    Une chirurgie bariatrique «montée à l’envers»

    Deux chirurgiens montréalais sont poursuivis pour 2,3 M$ après avoir réalisé une opération bariatrique inversée à un patient de l’hôpital du Sacré-Coeur. Celui-ci est libéré de l’hôpital malgré des vomissements qui ne cessent. Trois jours plus tard, il est admis à nouveau au Sacré-Coeur pour une nouvelle opération où on constate que son anse biliaire est trop longue. Toutefois, son état ne s’améliore pas. Il est admis à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) deux mois plus tard. Hospitalisé pendant deux semaines, il quitte désespéré préférant mourir chez lui. Sous les pressions de sa femme, il retourne à l’IUCPQ, qui tente de le gaver par un tube dans l’intestin grêle.

    Les médecins constatent alors que les aliments remontent vers l’estomac au lieu de descendre vers l’intestin. Le «by-pass» gastrique devra être refait au complet. Il aura été ainsi sauvé d’une mort certaine.

    Cependant, le patient a développé une dépendance à la morphine qui l’a ensuite amené à l’alcool. Il s’est enlevé la vie à l’été 2017.

    https://quebec.huffingtonpost.ca//


 

 

La moustache de Salvador Dali est intacte, 28 ans après sa mort!


L’excentrique Salvador Dali, 28 ans après sa mort, a gardé sa moustache intacte ainsi que son corps est bien conserver par l’embaumement. L’ouverture de la tombe a pour but de prendre des échantillons et d’examiner les preuves grâce à l’ADN  que le peintre est le père ou non d’une cartomancienne. J’avoue avoir bien hâte d’avoir les réponses, à savoir si cette saga en valait la peine
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La moustache de Salvador Dali est intacte, 28 ans après sa mort!

 

HULTON DEUTSCH VIA GETTY IMAGES

Elle était dans sa position classique, à dix heures dix!

Les experts judiciaires chargés des prélèvements d’ADN sur la dépouille du peintre surréaliste espagnol Salvador Dali, mort il y a 28 ans, ont constaté que ses restes embaumés étaient bien conservés à commencer par sa célèbre moustache relevée, a annoncé la fondation Dali vendredi.

« Comme vous le savez, le corps de Dali avait été embaumé, il était momifié et la moustache a été préservée, comme l’a dit le médecin légiste (Narcís) Bardalet, elle était dans sa position classique, à dix heures dix », a déclaré le secrétaire général de la Fondation Dali Lluis Peñuelas Reixach vendredi lors d’une conférence de presse.

« C’était un moment émouvant pour lui et pour nous aussi », a-t-il ajouté en évoquant cette moustache noire relevée « en croc », si caractéristique de Dali, qui aimait s’en amuser en écarquillant les yeux.

Comme pour prolonger la rocambolesque vie du peintre surréaliste espagnol, une cartomancienne de 61 ans, Pilar Abel, née comme lui à Figueras, une petite ville du nord de la Catalogne, a déposé devant la justice une demande de reconnaissance de paternité, presque trente ans après la mort de Salvador Dali.

Malgré les efforts de la fondation qui gère son patrimoine et veille sur sa dépouille pour l’arrêter, la procédure judiciaire a suivi son cours, et la juge en charge du dossier a ordonné l’exhumation.

Celle-ci a été menée à bien pendant près de quatre heures jeudi à l’abri des regards dans le Théâtre-Musée Dali où l’excentrique artiste était enterré, après le départ des visiteurs.

Une lourde dalle de plus d’une tonne posée recouvrant sa tombe a dû être soulevée et le cercueil en bois massif a dû être ouvert.

Les experts ont prélevé des échantillons de « cheveu, d’ongle, et deux os longs », a encore dit Lluis Peñuelas aux journalistes.

Ils doivent désormais être analysés par l’Institut toxicologique de Madrid et comparés à l’ADN de la plaignante, ce qui prendra plusieurs semaines.

Si la filiation était démontrée, Pilar Abel, une femme aux yeux noirs et aux cheveux sombres, serait la seule descendance de Salvador Dali et pourrait prétendre à un quart de son héritage.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Mourir écolo


Si une chose que l’on peut faire quand nous l’on meurt, c’est bien que nos funérailles soient le plus écolo possible. Pour ma part, j’aimerais mieux être enterré dans un trou avec un linceul biodégradable ou au pire un cercueil biodégradable sans embaumement
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Mourir écolo

 

Un mouvement plus vivant que jamais dans l'industrie... (Photo Noémie Letu, fournie par Alfred Dallaire MEMORIA)

Un mouvement plus vivant que jamais dans l’industrie tend à prouver que les rites mortuaires et le développement durable ne sont pas incompatibles.

PHOTO NOÉMIE LETU, FOURNIE PAR ALFRED DALLAIRE MEMORIA

 

Jadis à la traîne du Vieux Continent et de ses voisins américains, l’industrie funéraire du Québec a pris, au cours des dernières années, ses impacts environnementaux à bras-le-corps. Virée verte dans les coulisses de la mort, où la conscience écologique est plus vivante que jamais.

Plus de 60 000 Québécois passent l’arme à gauche tous les ans et au fur et à mesure que la Faucheuse aiguise sa lame, la planète accumule les corps, les cendres… et leurs contenants.

Trêve d’euphémismes: la mort, aussi froid semble le constat, se fait un peu chaque fois au péril de la vie sur Terre. Au-delà du deuil, les rituels funéraires touchent notamment les nappes phréatiques, l’écosystème et la couche d’ozone.

Or, un mouvement plus vivant que jamais dans l’industrie tend à prouver que les rites mortuaires et le développement durable ne sont pas incompatibles. Tant s’en faut. D’abord à la remorque de l’Europe, le Québec prend le pas. Et la Fédération des coopératives funéraires entend ouvrir la marche de cette révolution verte.

«Notre but n’est pas de faire l’économie des rites funéraires, parce qu’ultimement, les funérailles les plus écologiques sont celles où personne ne va», indique France Denis, responsable des communications de la Fédération des coopératives funéraires.

«L’idée est de pallier l’émission de gaz à effet de serre et, autant que possible, de la réduire à la source», ajoute Mme Denis.

Parmi les initiatives: la plantation de milliers d’arbres par l’entremise du projet Héritage.

«Actuellement, nous sommes la seule coopérative funéraire à compenser entièrement nos émissions de gaz à effet de serre, dit Garry Lavoie, directeur de la Coopérative des Deux Rives, plus important regroupement funéraire en Amérique du Nord. Le déplacement des corbillards pendant les funérailles, le voyagement des membres et des administrateurs lors des assemblées générales, la crémation ou l’inhumation… tout est calculé.»

En 2015 seulement, l’association de la région de Québec a déboursé 30 000 $ pour que 8000 nouveaux arbres prennent racine au Pérou et au Québec. Une dizaine de coopératives funéraires du Québec participent, à différentes échelles, à l’initiative de reboisement et de collaboration Nord-Sud. Depuis 2009, un total de quelque 70 000 végétaux se sont ainsi ajoutés à la flore mondiale par l’entremise de coopératives forestières du Québec et de l’Amérique latine.

La Coopérative des Deux Rives, qui a mis noir sur blanc sa politique verte en 2009, a poussé son engagement jusqu’à optimiser l’efficacité énergétique de ses 11 bâtiments dans le nanodétail: géothermie, toilettes à faible débit, café équitable, papier certifié SFC, etc.

«Nous avons aussi fait pression sur nos fournisseurs pour offrir des produits écologiques, se réjouit M. Lavoie, dont le travail a été récompensé par moult distinctions. C’est à la suite de nos démarches que Cercueils Magog a mis sur le marché des modèles de cercueils biodégradables, certifiés par le Green Burial Council [OSBL qui atteste des pratiques durables dans le milieu funéraire].»

Les entreprises s’évertuent

Au-delà des coopératives, un nombre croissant d’entreprises funéraires québécoises se montrent conscientes de leur empreinte… et conscientisées dans leur emprise. La maison Alfred Dallaire Memoria est l’une de celles qui permettent aux défunts ou à leurs proches de tisser leur fibre écologique jusqu’à l’éternel repos, que ce soit par l’entremise d’urnes biodégradables, d’inhumations sans embaumement ou de funérailles carboneutres.

«De plus en plus de clients souhaitent agir localement, et nous posent des questions pour organiser des funérailles le plus écologiques possible. Notre travail est de leur présenter les options et de leur montrer qu’elles ne sont pas si coûteuses», précise Julia Duchastel, vice-présidente de Memoria.

Après la mort inopinée de son frère Jean, Robert Langevin est l’un de ces clients qui ont choisi de rester fidèles aux valeurs vertes du défunt.

«Dans son testament, mon frère a inscrit qu’il voulait que l’on dispose de son corps de manière écologique, sans autres détails, dit-il. Et moi-même, je suis très écolo, alors ce n’était même pas une question.»

La famille a choisi la crémation, et la réception s’est organisée à l’avenant: vaisselle réutilisable, vin bio, récupération, etc. Lors d’un deuil, bien peser les options peut toutefois devenir ardu, constate M. Langevin après coup.

«Honnêtement, tout ça va très vite, surtout lorsque la mort est inattendue. Nous n’avons pas eu le temps de lire les études ni d’avoir de longues discussions pour comparer les méthodes d’inhumation ou de crémation.»

Aqua… quoi? Aquamation

Pourtant, les clients québécois sont les premiers à pouvoir voter vert lorsqu’il est question de disposer d’un corps. Si la crémation s’avère plus polluante, les études s’entendent pour dire que l’inhumation dégrade plus directement l’écosystème et la santé humaine.

Une solution point toutefois à l’horizon, puisque de plus en plus de familles endeuillées se tournent vers l’aquamation. Contrairement à la crémation habituelle, c’est de l’eau bouillante en mouvement, mélangée à une solution alcaline, qui dissout la dépouille.

«Le résultat final est exactement le même qu’avec la crémation par le feu, soit de la poussière d’os, mais on ne brûle pas de gaz et on ne produit pas de CO2», explique Éric LeSieur, du complexe du même nom à Granby, qui a importé la technique des États-Unis en 2015.

Les eaux usées sont ensuite dirigées vers les égouts municipaux.

«Mes clients choisissent ce procédé à 98 %. Nous venons tout juste de faire notre 300e [aquamation], et selon le fournisseur, je serai le salon le plus actif dans le monde d’ici la fin de l’année [2016].»

Deux facteurs rebutent en outre certaines maisons funéraires à emboîter le pas. Primo, le prix. La machine se détaille autour de 150 000 $ US.

«Elle coûtait 700 000 $ il y a sept ans», nuance M. LeSieur.

Secundo, la durée du processus.

«L’aquamation peut prendre jusqu’à huit heures, remarque Julia Duchastel, de Memoria. Nous n’avons pas jugé que c’était un rendement intéressant et nous avons préféré nous concentrer sur l’efficacité énergétique de nos fours crématoires. Avec de nouveaux appareils européens, nous avons réussi à réduire les émissions de 50 %.»

Quoi qu’il en soit, peu importe le moyen ou le motif, l’industrie funéraire et ses clients croient plus que jamais qu’il y a une vie après la mort. Du moins sur Terre…

Les cimetières naturels placent l’environnement au coeur de leur mission. Sur la photo, le jardin des mémoires de la maison Alfred Dallaire Memoria.

PHOTO CLAUDIA BÉRUBÉ, FOURNIE PAR ALFRED DALLAIRE MEMORIA

Partir sans laisser de traces

Six pistes pour réduire son empreinte écologique après le dernier souffle

Cimetières, format nature

D’abord populaires aux États-Unis et en Europe, les cimetières naturels placent l’environnement au coeur de leur mission: flore abondante, utilisation minimale de produits toxiques, mobilier fait de matériaux recyclés, etc. Les Sentiers commémoratifs de la Rivière, dans les Laurentides, et le Cimetière naturel de la Coopérative funéraire de l’Estrie ont été les premiers à importer le concept au Québec, respectivement en 2009 et en 2012. Ces deux sites naturels, l’un à Prévost, l’autre à Sherbrooke, permettent de minimiser l’empreinte écologique des défunts et de symboliser plus sensément leur «retour à la terre». Seules les urnes cinéraires y sont acceptées. La maison Alfred Dallaire Memoria a d’ailleurs inauguré ce mois-ci à Montréal le jardin des mémoires, un endroit verdoyant où les familles éplorées peuvent disperser les cendres de l’être cher.

«Il y a une réelle tendance à se tourner vers la nature, que ce soit l’eau ou la forêt, remarque Julia Duchastel. Dans les hôpitaux, par exemple, c’est prouvé que les patients guérissent plus vite s’ils voient, par la fenêtre de leur chambre, des arbres plutôt que du béton. Dans le deuil, il y a ce même effet d’apaisement.»

Aux urnes, voter vert

Les urnes botaniques, 100 % biodégradables, poussent l’idée du retour à la terre à son paroxysme, puisque les cendres du défunt, mixées aux ingrédients nécessaires à la germination, engendrent un arbre: cerisier, bouleau rouge, érable, sapin baumier, etc. En 2004, feu Flocon de Neige, unique gorille albinos avéré depuis la nuit des temps, a été l’un des premiers «cobayes» de l’urne Bios, inventée à Barcelone par les designers espagnols Martin Ruiz de Azua et Gerard Moliné. L’un des dépositaires québécois, Arbre de vie, vante ainsi le produit:

«Les cendres, y compris ceux des restes incinérés, sont une bonne source de phosphore pour les plantes. Donc l’acte final de l’esprit écologique pourrait être de fertiliser un arbre.»

Il existe également des urnes de glace, dans lesquelles les cendres vont rejoindre les eaux du Saint-Laurent.

Effacer son empreinte

De nombreux salons funéraires ont choisi au cours des dernières années de financer la plantation d’arbres pour honorer la mémoire des défunts et offrir des funérailles «carboneutres». Une dizaine de membres de la Fédération des coopératives funéraires du Québec participent au projet Héritage, qui a permis de reboiser, par l’entremise de coopératives forestières, des terrains du Guatemala, du Pérou et du Québec.

Inhumation ou crémation?

En 2011, des étudiants à la maîtrise de l’École de technologie supérieure et de l’École Polytechnique, à la demande de la Fédération des coopératives funéraires du Québec, ont réalisé la première étude comparative au Canada sur les conséquences environnementales des processus de disposition des corps.

«Alors que l’inhumation a des impacts plus importants sur la santé humaine et la qualité des écosystèmes [mercure contenu dans les appareils dentaires, composants métalliques des cercueils, etc.], la crémation utilise des ressources et accentue les changements climatiques et la pollution de l’air», notent les chercheurs.

Les étapes autour de la combustion du corps et du gaz naturel libèrent 762 kg de CO2 (environ un vol aller-retour Montréal-Paris), tandis que l’inhumation génère en moyenne 126,8 kg de gaz à effet de serre, selon l’étude. Les technologies énergétiques se sont toutefois améliorées depuis. L’aquamation, ou hydrolyse alcaline, reste de loin la solution la plus écologique. Selon ses partisans, ce procédé offert à Granby et à Rouyn-Noranda serait responsable de l’émission d’un maigre kilogramme de dioxyde de carbone.

Cercueils écologiques

Les impacts de l’inhumation peuvent être considérablement réduits grâce aux cercueils écologiques – sans matériaux métalliques – généralement des contenants en carton recyclé ou en bois provenant de forêts gérées de manière responsable. Mieux encore: pourquoi ne pas enterrer le corps en chair et en os, sans artifice? Pour des raisons sanitaires, une loi québécoise stipule que les corps doivent obligatoirement être mis en terre dans une caisse ou un linceul, à une profondeur d’au moins un mètre. De quoi compliquer nombre de funérailles ethniques, notamment celles des juifs et des musulmans, dont les moeurs commandent un retour minimaliste à la terre…

Dire non à l’embaumement

L’embaumement est souvent cité parmi les pratiques funéraires les plus toxiques pour l’environnement. Le responsable? Le formaldéhyde injecté dans les vaisseaux sanguins, qui a la triste de réputation d’être polluant et… cancérigène. Des succédanés écologiques existent, mais à prix fort, et «la note est ultimement refilée aux clients», explique Denis Desrochers, président de la Corporation des thanatologues du Québec et propriétaire du Centre funéraire Grégoire Desrochers, à Victoriaville. Les intervenants du monde funéraire constatent en outre que de plus en plus de clients refusent l’embaumement. L’exposition du corps se fait alors promptement ou est tout simplement abandonnée.

En chiffres

100 000: Nombre de morts prévues au Québec pour l’année 2043, alors que quelque 60 000 morts ont été recensées annuellement depuis 2010.

80 %: Proportion des Québécois qui sont en faveur de la dispersion des cendres dans le cadre d’un rituel écologique. Ce choix reçoit l’adhésion de 90 % des jeunes de 25 à 34 ans, mais seulement 62 % des répondants de 65 ans et plus y sont favorables.

79 %: Proportion des Québécois qui prévoient opter pour la crémation au moment d’indiquer leurs dernières volontés. L’Église catholique la tolère depuis 1963, mais condamne toujours la dispersion des cendres dans la nature ou leur conservation à domicile.

40 %: Réduction potentielle des impacts environnementaux de l’inhumation grâce à l’utilisation d’un cercueil écologique et à l’abandon de la pierre tombale.

De 150 à 530 grammes: Quantité de formaldéhyde, un contaminant cancérigène, qui est utilisée lors de l’embaumement d’une dépouille.

95 %: Proportion de l’impact environnemental de la décomposition du corps liée au mercure solide, un contaminant qui est souvent présent dans les alliages dentaires.

Sources: Sondage Léger 2015 pour le compte d’Alfred Dallaire Memoria, Guide de la coopérative funéraire écoresponsable, Institut de la statistique du Québec, Agence France-Presse.

http://www.lapresse.ca/

Le Saviez-Vous ► Pharaons ou présidents embaumés: un club très fermé


Curieusement, les hommes et les quelques femmes qui font partie de ce club fermé sont quasi tous des dictateurs. Ils ont été embaumés après leur morte et leur corps conserver malgré les années pour être exposé au public
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Pharaons ou présidents embaumés: un club très fermé

 

Avec Ramsès II ou Lénine, Ferdinand Marcos, dont le corps a été exposé pendant 23 ans dans une crypte réfrigérée du nord des Philippines, fait partie du club très fermé des dirigeants à avoir été embaumés.

– Ramsès II –

Alice Saunier Séité (D), secrétaire d'Etat aux Universités, se rend le 12 novembre 1976 au chevet de la momie de Ramsès II, au Musée de l'Homme à Paris ©  AFP/Archives

Alice Saunier Séité (D), secrétaire d’Etat aux Universités, se rend le 12 novembre 1976 au chevet de la momie de Ramsès II, au Musée de l’Homme à Paris © AFP/Archives

Le pharaon égyptien, mort très âgé vers 1213 avant notre ère, fut momifié et inhumé dans la Vallée des rois, près de Louxor, comme nombre de ses ancêtres et descendants. Sa momie, découverte au XIXe siècle, est exposée au musée du Caire. Dans les années 1970, la royale dépouille était accueillie en France avec les honneurs dus à un chef d’Etat, pour un traitement contre les champignons. Les égyptologues établiront à cette occasion que le roi d’Egypte mesurait 1,90 m et avait les cheveux roux. L’une des plus belles collections de momies égyptiennes est réunie au British Museum de Londres. Elle compte aussi des chats, des chiens et un crocodile embaumés.

Montage de photos de dirigeants qui ont été embaumés: le soviétique Lénine, le vietnamien Ho Chi Minh, le chinois Mao Tsé-toung, le philippin Ferdinand Marcos, les sud-coréens Kim Il-Sung et Kim Jong-Il © STR AFP/Archives

Montage de photos de dirigeants qui ont été embaumés: le soviétique Lénine, le vietnamien Ho Chi Minh, le chinois Mao Tsé-toung, le philippin Ferdinand Marcos, les sud-coréens Kim Il-Sung et Kim Jong-Il © STR AFP/Archives

Lénine –

Le fondateur de l’Union soviétique fut le premier dirigeant communiste à être embaumé avant d’être présenté au public dans son mausolée situé sur la place Rouge à Moscou. Lénine, mort en 1924 à l’âge de 53 ans, souhaitait reposer aux côtés de sa mère à Saint-Pétersbourg, mais les dirigeants soviétiques en ont décidé autrement. A la chute de l’URSS, le président russe Boris Eltsine tenta en vain de fermer le mausolée, aujourd’hui principalement visité par les touristes étrangers.

Funérailles d'Eva Peron à Buenos Aires en août 1952 ©  INTERCONTINENTALE/AFP/Archives

Funérailles d’Eva Peron à Buenos Aires en août 1952 © INTERCONTINENTALE/AFP/Archives

– Eva Peron

Plus connue sous son surnom d’Evita, la femme du président argentin Juan Peron sera embaumée après son décès d’un cancer en 1952 à l’âge de 33 ans. Après la chute de Peron trois ans plus tard, les militaires au pouvoir exileront le corps en Italie dans un lieu tenu secret et l’inhumeront sous un faux nom, pour éviter que son tombeau ne devienne un lieu de pèlerinage pour les classes populaires qui l’adoraient. Il faudra attendre 1974 pour que la présidente Isabel Peron, troisième femme de Juan, fasse rapatrier le corps à Buenos Aires.

– Ho Chi Minh –

Il voulait que ses cendres soient dispersées au-dessus du pays, mais le père du Vietnam communiste aura droit après sa mort en 1969 à un cercueil de verre placé dans un mausolée où les visiteurs peuvent toujours lui rendre hommage à Hanoï. Le Vietnam a, à plusieurs reprises, appelé à l’aide des techniciens en provenance de Moscou pour préserver la dépouille.

– Mao Tsé-toung –

Le corps de Mao Tsé-toung à Pékin, sur une photo datée du 13 septembre 1976 diffusée par l'agence officielle chinoise  ©  XINHUA/AFP/Archives

Le corps de Mao Tsé-toung à Pékin, sur une photo datée du 13 septembre 1976 diffusée par l’agence officielle chinoise © XINHUA/AFP/Archives

Décédé le 9 septembre 1976, le fondateur de la Chine communiste est exposé dans son cercueil de verre place Tiananmen, au coeur de Pékin. Aux heures de fermeture de son immense mausolée, le tombeau est descendu dans un conteneur maintenu à basse température, selon les rares éléments dévoilés par le Quotidien du peuple, l’organe du parti au pouvoir, au sujet des conditions de préservation du corps.

– Ferdinand Marcos –

Frank Malabed, qui a embaumé le corps de l'ancien dictateur philippin Ferdinand Marcos, à Manille le 22 novembre 2016 © NOEL  CELIS AFP

Frank Malabed, qui a embaumé le corps de l’ancien dictateur philippin Ferdinand Marcos, à Manille le 22 novembre 2016 © NOEL CELIS AFP

La dépouille de l’ancien président des Philippines, décédé en 1989 trois ans après avoir été renversé par une révolte populaire, a était exposée pendant 23 ans dans sa ville de Batac (nord).

Elle a été enterrée vendredi avec les honneurs militaires au cimetière réservé aux héros de la Nation, inhumation controversée en raison des crimes imputés à l’ancien homme fort de Manille.

– Kim Il-Sung et Kim Jong-Il –

Les corps du fondateur de la Corée du Nord, Kim Il-Sung, mort en 1994, et de son fils Kim Jong-Il, décédé en 2011, sont exposés côte à côte à Pyongyang. Leur petit-fils et fils Kim Jong-Un leur rend régulièrement visite lors des fêtes nationales, comme l’anniversaire de la naissance du premier Kim. Le mausolée est ouvert deux jours par semaine au public qui doit observer un code vestimentaire très strict avant de s’incliner devant les corps.

http://www.lepoint.fr/

Donner son corps à la science


Certains font le choix de donner leurs organes après leurs morts, d’autres préfère le donner à la science pour que des étudiants puissent peaufiner leur apprentissage dans les professions dont l’anatomie est importante
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Donner son corps à la science

 

Un reportage de Maxime Corneau

Une civière arrive au laboratoire d’anatomie de l’Université Laval. Sur cette civière se trouve un homme décédé il y a quelques heures; son coeur a flanché. Il avait décidé avant sa mort de donner son corps à la science. Sa dépouille devient donc au service des étudiants.

Dans le laboratoire, de petits groupes d’étudiants travaillent sur des corps et des organes humains. Mathieu Chamberland, étudiant de deuxième année, tient dans ses mains un cerveau rattaché à sa moelle épinière. Il expose à ses collègues les différentes parties du système nerveux central.

« Fait intéressant, votre moelle épinière grandit plus lentement que votre colonne vertébrale. C’est le principe qui nous permet de faire des ponctions lombaires », explique Mathieu.


Mathieu Chamberland est l’un des étudiants, appelés moniteurs, qui sont responsables des ateliers dans les laboratoires. Photo : ICI Radio-Canada/Maxime Corneau

Pour Laurence Lalancette, qui écoute l’exposé, ce type de démonstration permet d’aller beaucoup plus loin que la matière proposée dans les livres d’anatomie.

« Dans les livres, tout est en couleurs. Mais en vrai, tout est comme jaune. Donc, ça permet vraiment de distinguer [chaque élément]. Parce que dans la vraie vie, il n’y aura pas de rouge, il n’y aura pas de bleu », mentionne la jeune femme.

Au Québec en 2015, 204 personnes ont donné leur corps à la science. Leurs dépouilles ont été remises aux universités Laval, McGill, de Sherbrooke, de Trois-Rivières et au Collège Rosemont. L’Université Laval a reçu cette année une soixantaine de corps.


Un corps est apporté à l’Université Laval par des employés d’une résidence funéraire. Les cendres de la personne seront remises à sa famille après la période de recherche scientifique. Photo : ICI Radio-Canada/Maxime Corneau

Certains corps seront embaumés, puis disséqués par des étudiants de divers programmes. Des étudiants de médecine, de physiothérapie, de kinésiologie et de dentisterie auront la chance d’observer différents aspects propres à leurs futurs métiers.

D’autres corps sont congelés, puis utilisés par les aspirants chirurgiens pour des pratiques en situation réelle.


Les tables de travail du laboratoire sont aussi des coffres dans lesquels sont préservés les corps embaumés. Photo : ICI Radio-Canada/Maxime Corneau

Développer la confiance

Yvan Douville, le directeur du département de chirurgie, croit que ces pratiques font des médecins beaucoup plus confiants et compétents lors de leurs premières interventions.

« Se pratiquer sur des cadavres, ça permet de maximiser l’apprentissage des gestes chirurgicaux », dit le docteur. Selon lui, de telles pratiques n’ont rien de morbide, bien au contraire. « On finit par oublier qu’on travaille sur un cadavre. On travaille avec l’idée qu’on va travailler sur quelqu’un de vivant. »


Un coeur humain sert d’exemple pour montrer les variantes anatomiques entre les individus. Photo : ICI Radio-Canada/Maxime Corneau

Premier contact avec la mort

Le Dr Éric Philippe travaille de près avec les étudiants pour les préparer aux premiers laboratoires réalisés avec des corps humains.

« C’est souvent un premier contact avec la mort », note le spécialiste.

Il estime qu’il est important de bien expliquer la théorie avant ces laboratoires, pour que les étudiants puissent pleinement tirer profit de ces corps donnés à la science.

« Il est indispensable d’avoir eu un cours théorique avant, où l’on explique la relation entre structure des organes et la fonction. Ensuite, on passe au laboratoire », mentionne-t-il.

Un « deuil différé »

« C’est un don ultime », explique Rénald Bergeron, doyen de la Faculté de médecine à l’Université Laval.

Le doyen est conscient que les familles des donneurs sont aussi touchées par le geste de leur proche.

« Elles acceptent de différer le deuil. On prend le corps pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, et la mise en terre se fait en différé. J’appelle ça un deuil différé. »

Lorsque les dépouilles ne peuvent plus être utilisées par les étudiants, elles sont incinérées puis remises aux familles.

L’Université Laval a également érigé un monument à la mémoire des donneurs au cimetière Notre-Dame-de-Belmont. Les cendres de nombreuses personnes y sont enterrées à la demande des familles.


L’Université Laval salue la mémoire de ceux qui donnent leur corps à la science. Photo : ICI Radio-Canada/Maxime Corneau

Cinq choses à savoir sur le don du corps :

  • Les personnes intéressées doivent signer les formulaires nécessaires devant témoins et en aviser leur famille. Les documents sont disponibles auprès du ministère de la Santé;
  • Les corps donnés à la science doivent respecter certains critères, dont ne pas excéder 200 livres et mesurer au plus 1,82 mètre;
  • Le corps d’une personne atteinte d’une maladie transmissible (sida, hépatite, SRAS, etc.) sera généralement refusé pour protéger la santé des étudiants et du personnel;
  • Le donneur doit conserver tous ses organes. Ce processus est donc incompatible avec celui du don d’organes;
  • Les dépouilles doivent être acheminées en moins de 48 heures aux établissements d’enseignement. Il n’est pas possible d’être exposé dans un salon funéraire avant le don.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Retour sur l’extraordinaire sépulture de la Dame de Quengo


 

Cette dame a laissé beaucoup d’indices sur la vie de son temps dans un couvent à Rennes en France. J’aurais bien aimé être a l’autre bout du monde pour assister dans quelques jours à la conférence sur la sépulture de Louise de Quengo
Nuage

Retour sur l’extraordinaire sépulture de la Dame de Quengo

Ce cercueil en plomb a été mis au jour en 2015 au couvent des Jacobins, Rennes (Ille-et-Vilaine). Il a été accidentellement perforé à la tête par un engin mécanique avant l’intervention des archéologues. © Rozenn Colleter, Inrap

Ce cercueil en plomb a été mis au jour en 2015 au couvent des Jacobins, Rennes (Ille-et-Vilaine). Il a été accidentellement perforé à la tête par un engin mécanique avant l’intervention des archéologues. © Rozenn Colleter, Inrap

Par Bernadette Arnaud

Le cercueil en plomb datant du 17e siècle découvert à Rennes vient de livrer ses trésors : le corps quasi intact d’une noble bretonne enveloppé dans une tenue complète !

SÉPULTURE. C’est sans doute l’une des plus belles sépultures du 17e siècle jamais trouvées en France. Découverte à Rennes parmi 800 inhumations mises au jour entre 2011 et 2013 dans le couvent des Jacobins par une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), un cercueil en plomb vient de livrer ses trésors après un an d’étude : un corps quasi intact enveloppé dans une tenue complète préservée des outrages du temps !

Un reliquaire en plomb contenant le cœur de son mari était disposé sur son corps

Retrouvé à la base d’un des murs de la chapelle de l’établissement dominicain, important lieu de pèlerinage et d’inhumation entre le 15e et 18e siècle, le cercueil en plomb a en effet permis l’étonnante conservation de la dépouille de Louise de Quengo, dame de Brefeillac, décédée en 1656 à l’âge de 60 ans. La noble bretonne était revêtue d’un habit religieux comme cela se faisait pour les élites laïques de l’époque, avec cape, chasuble, robe de bure, chemise en toile, jambières en sergé de laine et mules en cuir à semelle de liège. Louise de Quengo portait un scapulaire de dévotion autour de son bras droit et un crucifix dans ses mains jointes. Des bonnets et une coiffe couvraient sa tête, alors qu’un suaire délicatement posé enveloppait son visage.

Plus émouvant encore, un reliquaire en plomb contenant le cœur de son mari était disposé sur son corps (photo ci-dessus, © Rozenn Colleter, Inrap). Celui de Toussaint de Perrien, chevalier de Brefeillac-Querbrézelec, décédé en 1649 comme l’indiquait une inscription.

« Quand nous avons ouvert ce reliquaire, une puissante odeur de genièvre a envahi toute la salle d’autopsie », se souvient encore Rozen Colleter, archéo-anthropologue de l’Inrap.

Un moment d’émotion qui a marqué l’équipe. « Ce cœur se trouvait dans un sac de toile lui-même en forme de cœur », ajoute-t-elle.

En revanche, la Dame de Quengo ne possédait plus le sien. Au total, ce sont cinq reliquaires en forme de cœur qui ont ainsi été découverts dans les cinq autres cercueils en plomb exhumés lors des fouilles du couvent Jacobin.

« Cet ensemble est unique en Europe« , explique Rozenn Colleter.

Des techniques d’embaumement originales

L’analyse des étoffes, des essences végétales et des organes effectués lors de l’autopsie de la dépouille de Louise de Quengo ont été réalisées par les chercheurs du laboratoire d’Anthropologie moléculaire et imagerie de synthèse (CNRS) de l’université de Toulouse, et du service médico-légal du CHU de la ville, révélant ainsi les protocoles d’embaumement quelque peu curieux de l’époque. Il n’existait en effet aucune technique efficace pour conserver l’entièreté des corps des défunts qui devaient parfois, pour certains, être rapatriés de loin. Pour éviter le pourrissement et neutraliser les odeurs, crânes et cages thoraciques étaient alors découpés pour en extraire les substances organiques et les remplacer par des matières odoriférantes.

« Dans le cas de Louise de Quengo, nous avons pu constater l’habileté avec laquelle le chirurgien a découpé le cartilage des côtes, soulevé le sternum, incisé, effectué le prélèvement du cœur puis ligaturé », explique Rozen Colleter.

Une œuvre de professionnel, bien loin des descriptions du travail grossier des apothicaires et autres barbiers véhiculées par la littérature.

En outre, les parties du corps pouvaient être inhumés en différents endroits. A l’origine, il s’agissait d’un moyen de multiplier les lieux de dévotion, à l’instar de ce qui se pratiquait pour les reliques. Ce fut notamment le cas pour Bertrand Du Guesclin (1320-1380) qui souhaitait être enterré à Dinand : mais seul son cœur y a été conservé, son corps étant inhumé dans la Basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) avec les rois de France. De même pour Anne de Bretagne, dont le cœur restât à Nantes auprès de ses parents alors que le corps fut déposé dans la basilique royale. Dans le cas de Louise de Quengo, Rozen Colleter se prend à rêver :

« Son cœur se trouve peut-être quelque part dans un reliquaire de plomb conservé pieusement sur le corps de son époux. Qui sait… ».

A l’issu des analyses scientifiques, la dépouille de la Dame de Quengo sera réinhumée.

A l’occasion des Journées nationales de l’archéologie (JNA), qui se tiendront du 19 au 21 juin 2015, Rozen Colleter, anthropologue à l’Inrap, donnera à Rennes, une conférence sur l’étonnante sépulture de Louise de Quengo le 21 juin à 15h (réservation à prévoir). Le programme exhaustif des JNA et ses 1050 manifestations est disponible sur le site officiel.

L’un des corps découvert sur la fouille du couvent des Jacobins. Exceptionnellement bien conservé dans un cercueil en plomb, il passe ici au scanner.

© Rozenn Colleter, Inrap

Ces trois bonnets restaurés ont appartenu à Louise de Quengo.

© J. Guerrier, Materia Viva, Inrap

Les squelettes retrouvés dans les cercueils en plomb du couvent des Jacobins étaient bien conservés, notamment parce que les corps avaient été embaumés.

© Rozenn Colleter, Inrap

http://www.sciencesetavenir.fr/

Vert, à la vie à la mort


. De la vie à la mort, nous laissons une empreinte écologique, et la façon que nous vivons et que nous mourrons en fait toute la différence. Bon, moi qui a toujours voulu être enterrée dans un linceul, j’apprends que c’est possible au Canada SAUF au Québec. Mais en aucun cas, je ne voudrais réduite par le feu, mais bien enterré sans embaumement
Nuage

 

Vert, à la vie à la mort

 

Un texte de Catherine Mercier

 

Recycler, composter, conduire un véhicule hybride. On ne compte plus les gestes, petits ou grands, qui nous permettent de faire notre part pour la planète. Des gestes bien intégrés au quotidien. Mais comment faire preuve de cohérence et transposer ce souci de l’environnement jusqu’aux rituels funéraires?

Quel choix s’offre donc à ceux qui souhaitent partir en laissant le moins de traces possible?

« En ce moment, les questions environnementales, écologiques, sont en train de devenir ce qui est sacré pour notre société. » Julia Duchastel-Légaré, vice-présidente de la maison funéraire Alfred Dallaire MEMORIA

Polluer à petit feu

Longtemps perçue comme une solution plus écologique, la crémation a connu un boom de popularité sans précédent au cours des 50 dernières années. Interdite par l’Église jusqu’en 1963, elle est désormais le premier choix d’une majorité de Canadiens.

Incinération

Mais s’il est vrai que la crémation permet une occupation de l’espace beaucoup moins grande que l’inhumation, elle n’est pas sans impact pour l’environnement. Selon une étude d’un professeur de l’Université de Melbourne en Australie, chauffer un four crématoire pour brûler un seul corps produirait 160 kg de gaz à effet de serre.

Et ce n’est pas tout : le cercueil incinéré avec la personne contient souvent du métal, tout comme… le corps lui-même! On peut penser aux amalgames dentaires, dans lesquels on retrouve du mercure. Une fois relâché dans l’atmosphère, ce métal hautement toxique se dépose au sol, dans l’eau et s’accumule dans la chaîne alimentaire.

En 2006, 16 % de la pollution au mercure du Royaume-Uni était liée à la crémation des amalgames dentaires. Le gouvernement a pris les grands moyens et forcé l’industrie à se doter de filtres ultraperformants. L’objectif de réduire cette pollution de moitié a été atteint en 2012.

Mais il a fallu y mettre le prix : ces filtres coûtaient 142 000 euros chacun.

En Suède et au Danemark, on est carrément remonté aux sources du problème. Depuis 2008, les amalgames dentaires contenant du mercure y sont interdits.

L’inhumation, pas si verte qu’on pourrait le croire

Un enterrement écologique

L’enterrement standard peut s’avérer, lui aussi, très polluant. Un cercueil en métal ou en bois exotique viendra tout de suite alourdir l’empreinte écologique du défunt. Sans compter que le cimetière, lieu du repos éternel, n’est pas toujours le parc naturel que l’on croirait. Dans un cimetière standard de 10 acres se trouveraient assez de bois de cercueil pour construire 40 maisons, près de 1000 tonnes de métal enfoui dans le sol et 20 000 tonnes de ciment dans les voûtes souterraines.

Que faire alors?

Se renseigner, poser des questions sur les produits écologiques.

« Quand survient un décès, c’est brutal, c’est une décision qui se prend rapidement », explique Julia Duchastel-Légaré. Difficile parfois pour le personnel des maisons funéraires de savoir si le défunt avait la fibre écolo.

« Quand les gens viennent faire des préarrangements chez nous, dans un contexte beaucoup moins émotif, où ils ont le temps de réfléchir à ce qu’ils veulent, alors là, c’est sûr qu’on voit ces questions-là poindre et les gens nous demandent ces produits. » — Julia Duchastel-Légaré, vice-présidente de la maison funéraire Alfred Dallaire MEMORIA

Des urnes écologiques, faites de matériaux biodégradables et fabriquées ici, sont désormais disponibles. Diane Bisson, une designer industrielle qui travaille en collaboration avec la maison Alfred Dallaire MEMORIA a d’ailleurs développé une urne de glace.

« L’urne de glace, c’est l’immatérialité. Je me disais : « Quel est le matériau qui me permet d’obtenir zéro impact? » De l’eau! ».

Une urne de glace

Des cercueils écologiques, exempts de métal et faits de bois issu de forêts bien gérées, sont également disponibles.

Leurs laques ne contiennent pas de produits toxiques, leurs tissus de rembourrage sont faits de fibres naturelles, non blanchies.

Certaines maisons offrent des funérailles vertes de A à Z : pas de vaisselle jetable au buffet, des signets en papier recyclé, le transport en voiture hybride.

Être ou ne pas être embaumé?

L’embaumement, popularisé d’abord aux États-Unis, est une pratique qui nécessite l’emploi de produits tels le formaldéhyde. Celui-ci permet de donner aux morts un visage de vivant. Or, le formaldéhyde est un cancérigène reconnu… pour les vivants! Des études ont démontré les impacts négatifs qu’il avait, notamment, sur la santé des travailleurs en thanatologie.

Les 8 à 10 litres de produits formolés nécessaires à l’embaumement d’une seule personne se retrouvent ensuite dans le sol et la nappe phréatique en cas d’inhumation, ou dans l’air, lors de la crémation. Joint au téléphone, Michel Kawnik, président de l’Association française d’information funéraire est formel : il s’agit d’un poison.

« Le formol devrait être interdit dans les cas de crémation, car celle-ci transforme les produits formolés en dioxine, des molécules cancérigènes, qui perturbent la fertilité. »

Une table d'autopsie

En France, les services d’embaumement, qu’on appelle là-bas thanatopraxie, sont relativement nouveaux. Les salons funéraires, tels qu’on les connaît en Amérique du Nord, y sont apparus il y a une vingtaine d’années. Ailleurs en Europe, hormis dans les pays anglo-saxons, l’embaumement est une pratique qui reste marginale, sinon carrément interdite.

Michel Kawnik reconnaît toutefois qu’elle s’avère nécessaire dans certains cas, comme le rapatriement d’un corps, ou lorsqu’une famille choisit de garder la dépouille à la maison pour les rites funéraires.

« Quand la température est élevée, qu’on est en présence d’enfants, l’embaumement, c’est très bien », dit-il.

Mais en général, d’autres options existent. « On peut employer de la glace carbonique, qui va congeler le corps, ou encore utiliser une rampe réfrigérante ». Ces lits de métal, qui fonctionnent à l’électricité, sont utilisés en France tant à domicile que dans les centres de soins.

Au Québec, Julia Duchastel-Légaré note que la crémation sans embaumement préalable est en hausse.

« De pouvoir venir faire un dernier adieu à la personne avant une crémation et d’assister à ça, sans embaumement, c’est une demande qui a triplé dans les dernières années chez nous. »

« C’est sûr que ça coûte beaucoup moins cher quand il n’y a pas d’embaumement, mais c’est aussi plus écologique. Alors souvent, nous, ce qu’on essaie de faire, c’est de montrer aussi que les solutions écologiques ne sont pas nécessairement plus coûteuses. » — Julia Duchastel-Légaré, vice-présidente de la maison funéraire Alfred Dallaire MEMORIA

Depuis quelques années, des produits plus écologiques pour l’embaumement sont apparus sur le marché, mais selon plusieurs thanatologues, ils n’offrent pas le même résultat que les produits formolés. Toujours apprécié, le formaldéhyde a aussi l’avantage d’être très peu coûteux.

Un enterrement écologique

Quand le gazon est plus vert chez le voisin

Au Canada, les lois entourant les services funéraires et les enterrements varient d’une province à l’autre. Ainsi, l’une des façons les plus vertes de reposer éternellement est interdite au Québec. Pour réduire au maximum son empreinte écologique, on peut choisir d’être inhumé sans cercueil, simplement dans un linceul. C’est possible dans toutes les provinces canadiennes, sauf au Québec, où un cercueil est absolument nécessaire.

En Colombie-Britannique et en Ontario, notamment, il existe des cimetières entièrement verts, où tout a été pensé pour que la mort soit la moins polluante possible. Chez nos voisins du sud, on compte une cinquantaine de cimetières de ce type.

Et s’il y avait une autre option?

On l’appelle hydrolyse alcaline, biocrémation, résomation… et plusieurs sont convaincus qu’il s’agit de la voie de l’avenir. Exactement comme lors de crémation par le feu, le processus final donne des fragments d’os, mais pour le même résultat, on utilise huit fois moins d’énergie.

Comment ça fonctionne? Le corps est déposé dans un grand récipient muni d’un couvercle scellé auquel on ajoute 300 litres d’eau ainsi qu’un mélange d’hydroxyde de sodium et de potassium. L’eau circulera autour du corps et la température du récipient sera maintenue à près de 98 degrés Celsius pendant 12 heures. Drew Gray, de Prince Albert en Saskatchewan, est le premier thanatologue à s’être doté de cette machine au Canada.

« Quand un animal meurt dans la forêt, l’alcalinité du sol, l’humidité, les précipitations feront en sorte qu’au bout d’un certain temps, il ne restera que le squelette. C’est exactement la même chose qui se passe avec l’hydrolyse alcaline. »

À la fin du processus, il ne reste dans l’eau que les composants de base que l’on retrouve dans le corps humain, dont des acides aminés, des peptides, du sel.

Un corps au moment de l'autopsie Photo :  iStocktphoto

M. Gray a installé ce nouvel équipement en 2012, car sa maison funéraire était située trop près d’un quartier résidentiel. Impossible pour lui d’obtenir le permis pour un crématoire.

À sa grande surprise, il n’a pas eu à se battre pour faire accepter ce nouveau procédé.

« La province de la Saskatchewan était très en avance sur moi, les lois avaient déjà été adaptées. On ne parlait plus de crémation par les flammes, mais plutôt par la chaleur ».

La température étant beaucoup plus basse que lors d’une crémation par le feu, aucun danger que le mercure des amalgames dentaires ne se transforme en gaz. Il pourra être récupéré et traité en conséquence. Le procédé est également disponible en Ontario, et bientôt, au Québec.

Entre-temps, une autre façon de réduire son empreinte écologique dans la vie comme dans la mort serait peut-être de recycler la chaleur des crématoires, comme au Danemark, où elle sert à chauffer des maisons et des écoles.

http://ici.radio-canada.ca