Lavages de cerveau : les victimes du Dr Cameron réclament encore justice


Le docteur Ewen Cameron est mort peu temps avant la fin du programme, malheureusement, il ne répondra pas de ses actes. Des expériences dans les années 50 – 60 ont été faites à l’insu des victimes qui ont été dans une institution pour des troubles psychologies qu’il fallait payer. Ils ont été drogués au LSD, subit des électrochocs dans le but d’effacer leur mémoire pour insérer d’autres souvenirs qui ne sont pas à eux. Ces expériences ont été financé par la CIA.
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Lavages de cerveau : les victimes du Dr Cameron réclament encore justice

 

Le reportage de Michel Marsolais

La torture et le lavage de cerveau sont condamnés dans la plupart des pays du monde. C’est pourtant ce qui s’est passé à Montréal dans les années 50 et 60 sous le couvert de traitements donnés par un institut de l’Université McGill. Les victimes de ces expériences de lavage de cerveau et leurs familles se sont réunies pour une première fois à Montréal afin de demander justice.

Un texte de Michel Marsolais

Les larmes ont vite coulé dans la petite salle bondée. Des gens des quatre coins du pays sont venus exprimer leur frustration, leur colère ou leur désespoir face aux expériences menées à l’Institut Allan Memorial à Montréal, dès la fin des années 40, jusqu’en 1963.

Financées par la CIA, ces expériences de lavage de cerveau étaient menées à l’insu des patients, qui venaient se faire traiter pour des troubles psychologiques mineurs comme la dépression.

Dimanche, les familles des victimes se sont réunies pour une première fois afin de demander des excuses et pour entamer une poursuite contre le gouvernement fédéral.

Les expériences sont devenues de plus en plus barbares et destructrices jusqu’à la fin. Nous voulons faire l’histoire en amenant le gouvernement en justice Julie Tanny, la fille d’une victime

« Nous sommes tous victimes de ces terribles événements », assure Marilyn Rappaport, qui prend soin d’une sœur qui ne la reconnaît pas.

Des hommes et des femmes assis dans une petite salle écoutent une présentation

Des victimes et des proches victimes de traitements du Dr Cameron se sont rassemblées pour demander justice. Photo : Radio-Canada/Marie-Laure Josselin

Un projet pour effacer les mémoires

Sans le savoir, des centaines de Canadiens ont servi de cobayes pour des expériences dignes d’un film d’horreur qui se sont déroulées à l’Institut Allan Memorial de Montréal. Celui-ci été dirigé par Ewen Cameron, un médecin d’origine écossaise.

Pendant une quinzaine d’années, le Dr Cameron y menait le projet MK-Ultra de la CIA qui visait à effacer la mémoire d’un individu pour la remplacer par une nouvelle personnalité.

En plein cœur de la guerre froide, l’idée était de pouvoir contrôler mentalement des individus à des fins militaires. Des drogues comme le LSD, des électrochocs étaient largement utilisés pour déprogrammer les individus.

Des patients pouvaient être plongés dans le sommeil pendant des semaines pendant qu’une bande sonore répétait le même message.

L’Institut Allan Memorial à Montréal

Des familles brisées

La vie de centaines de patients a été littéralement détruite. Certains sont devenus très agressifs, d’autres, comme des enfants. Beaucoup ne reconnaissaient personne.

La mère d’Aline Fortin a été radicalement transformée par les traitements du Dr Cameron et les longs séjours au Allan Memorial. Les enfants se sont pratiquement retrouvés orphelins, le père est devenu alcoolique.

« Elle changeait complètement. On ne la reconnaissait pas. On trouvait ça curieux quand elle allait à l’hôpital, elle ne revenait pas guérie. C’était pire et on ne comprenait pas pourquoi », raconte Aline Fortin.

« Ce ne sera pas facile, mais nous avons une chance », estime l’avocat Alan Stein, qui portera cette cause.

Initialement, neuf patients avec de graves séquelles avaient été indemnisés par la CIA. Ensuite dans les années 90, le gouvernement canadien a indemnisé 77 patients dans le cadre d’un programme qui a pris fin depuis longtemps et qui n’admettait aucune responsabilité.

Depuis, on compterait moins d’une dizaine d’ententes hors cour avec d’autres familles pour des montants de 100 000 $, mais avec des clauses de non-divulgation.

Reconnaissance publique réclamée

Alison Steel, dont la mère ne s’est jamais remise de son passage à l’Institut Allan Memorial, a reçu une indemnisation l’an dernier. C’est cette résidente de Knowlton qui a initié la réunion des victimes directes et indirectes du Dr Cameron qui ne s’étaient jamais rencontrées.

Une femme parle avec un micro à la main.

Alison Steel est la fille de l’une des victimes. Photo : Radio-Canada/Marie-Laure Josselin

« Je suis encore très en colère », affirme-t-elle, avant de fondre en larmes.

Les familles veulent aussi une reconnaissance publique du tort qui leur a été fait et blâment les institutions – dont l’Université McGill – qui ont cautionné ces expériences.

Ironiquement, les victimes du Dr Cameron ont dû payer pour servir de cobaye, puisque ces expériences étaient prétendument des traitements.

Ewen Cameron est mort en 1967, peu après la fin du programme.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/

Le Saviez-Vous ► Top 10 des EXPÉRIENCES scientifiques les plus FLIPPANTES !


Au nom de la science, des gens ont fait n’importe quoi aux êtres humains, mais aussi aux animaux. Des tortures prétextant faire une découverte majeure, qui ont fini par des suicides ou des gens sont devenus des criminels. Peut-on croire que ce genre de pseudo-science est une époque révolue ? Probablement que non !!! Seulement, les expériences sont plus discrètes fait par des savants fous
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Top 10 des expériences  scientifiques les plus flippantes !

 

Cinq traitements d’électrochocs auraient été utilisés sur des enfants


Je sais que des électrochocs sont encore utilisés, mais sur des enfants, cela est surprenant. Surtout, que ce genre de traitement ne fait pas l’unanimité dans le monde médical et je doute des résultats
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Cinq traitements d’électrochocs auraient été utilisés sur des enfants

THE POWER OF FOREVER PHOTOGRAPHY

Cette pratique, qui ne fait pas consensus, est déconseillée sur des mineurs.

Cinq traitements d’électrochocs auraient été effectués en 2016 au Québec sur des enfants de moins de 14 ans, malgré l’absence de consensus scientifique sur cette pratique utilisée depuis 1938 en psychiatrie.

La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) refuse toutefois de confirmer l’utilisation de cette méthode déconseillée sur des mineurs.

Ces données apparaissent dans l’étude des crédits du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour l’année 2016.

Selon le comité citoyen contre cette pratique, Pare-Chocs, qui compile les données fournies par la RAMQ depuis 2003, ce serait la première fois que des médecins québécois aient traité des enfants de moins de 14 ans à l’aide de cette technique controversée. (Le Soleil)

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Des Autochtones victimes d’expériences médicales durant leur enfance rompent le silence


On sait que les Premières Nations depuis la Nouvelle-France ont souffert de la présence des blancs. Il n’y a pas tellement d’années, il y a eu des pensionnats pour faire oublier leur origine, leurs langues, leurs sciences. Ils ont vécu des violences, des abus sexuels séparés de leurs familles dès l’enfance, beaucoup sont morts sans explications. Et encore, on apprend que des enfants ont servi de cobaye pour trouver des traitements contre la tuberculose. Des pratiques pour les étudiants en médecine … Les actes ont été faits sans accords des parents qui étaient trop loin et ne se doutaient pas ce que l’on faisait à leurs enfants
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Des Autochtones victimes d’expériences médicales durant leur enfance rompent le silence

 

Florence Genaille, une autochtone ayant été victime d'expériences médicales pendant son enfance.

Florence Genaille n’était qu’une enfant lorsque des médecins ont réalisé des expériences médicales sur elle. Photo : Radio-Canada

Florence Genaille n’était qu’une petite fille quand, dans un sanatorium du Manitoba, des médecins l’attachaient avec des sangles à une couchette et lui faisaient passer un courant électrique dans le corps, tout en prenant des notes sur ses réactions, pendant que ses doigts s’agitaient et que ses bras et son cou étaient pris de spasmes.

En 1953, la fillette ojibwée de la Première Nation de Rolling River se trouvait dans un hôpital pour « Indiens », à proximité de Brandon, afin d’être soignée pour une tuberculose.

Maintenant septuagénaire, Mme Genaille ne croit plus qu’on essayait de la guérir. Selon la femme autochtone, c’étaient des expériences médicales dont elle était la malheureuse cobaye, un sentiment partagé par des centaines de survivants qui ont vécu des choses semblables.

Même si les sanatoriums sont fermés depuis plusieurs dizaines d’années, des historiens sont maintenant en train d’enquêter sur les allégations et de vérifier les comptes rendus des survivants.

« Je vous le dis, mes doigts commençaient à remuer, et c’était atrocement douloureux », raconte la femme de 72 ans. « Et là, de parvenir à la conclusion que notre peuple faisait l’objet d’expériences, c’est affreux à imaginer. »

Aucune preuve de tuberculose

Mme Genaille ne sait toujours pas pourquoi les médecins la soignaient par électrochocs, ni même pourquoi on l’a envoyée dans le sanatorium du sud-ouest de la province.

À l’époque, elle était élève dans un pensionnat à proximité de la ville de Brandon. Elle éprouvait une douleur assez intense dans une jambe, mais on en ignorait la cause, explique-t-elle. Finalement, les religieuses ont décidé de l’envoyer dans un sanatorium parce qu’elles pensaient que la fille était atteinte de tuberculose.

Pourtant, Florence Genaille n’a jamais été atteinte par cette maladie.

Plusieurs années après son séjour au sanatorium, un médecin a confirmé que les résultats des tests de dépistage de la tuberculose, qui décèlent toute présence, même ancienne ou latente de la bactérie, sont négatifs chez Mme Genaille.

Cette absence n’a toutefois pas mis des bâtons dans les roues des médecins du sanatorium. Ces derniers ont prescrit à la fillette une période de repos au lit si stricte qu’on ne lui permettait pas de quitter son matelas, même quand les infirmières changeaient les draps du lit.

Ça n’a pas non plus empêché les médecins d’entailler la cuisse de la fillette, le long du fémur, simplement pour en explorer l’intérieur, marquant à vie cette dernière qui en gardera comme séquelle un boitement permanent.

Même si cette procédure avait été administrée de bonne foi, précise le médecin actuel de la femme autochtone, elle était sans fondement et a été réalisée sans consentement.

D’énormes pouvoirs discrétionnaires

La professeure adjointe de l’Université de Winnipeg Mary Jane McCallum étudie présentement ce qui s’est passé dans les sanatoriums, parfois appelés « hôpitaux indiens ».

Elle dit avoir entendu un grand nombre d’histoires semblables à celle de Florence Genaille de la part d’autres survivants des sanatoriums et confirme que les « hôpitaux indiens » ont été, pendant très longtemps, les terrains de formation des étudiants en médecine.

Les parents des jeunes patients étaient souvent à plusieurs centaines de kilomètres, dans des réserves isolées, ignorant complètement les opérations pratiquées sur leurs enfants et incapables de s’y opposer.

Ça veut dire qu’il y avait beaucoup de questions sans réponse et d’énormes pouvoirs entre les mains des médecins. Mary Jane McCallum, professeure adjointe, Université de Winnipeg

Une douleur fulgurante

Le Manitobain Gerald McIvor est de l’avis de la professeure McCallum. En 1952, son frère Michael n’était qu’un petit enfant quand il a reçu un diagnostic de tuberculose et a été envoyé dans un sanatorium à Ninette, dans le sud-ouest de la province.

Des dizaines d’années plus tard, Michael portait toujours les cicatrices de son séjour au sanatorium, des rappels invalidants qui ont déformé son corps à l’endroit où les médecins avaient retiré une côte et un poumon, une technique utilisée comme traitement expérimental pour la tuberculose.

Gerald McIvor

En 1952, les médecins d’un sanatorium de Ninette ont opéré le frère de Gerald McIvor, Michael, et lui ont enlevé une côte et un poumon. Photo : Radio-Canada

« Il s’est toujours demandé : “Pourquoi? Pourquoi est-ce qu’ils m’ont fait ça?” », raconte M. McIvor, ajoutant que son frère, qui est mort en 2002, s’est toujours souvenu de la douleur foudroyante qu’il a ressentie.

Plusieurs années après la maladie de Michael, le Dr A. L. Paine, un éminent médecin qui avait été le surintendant médical du sanatorium à Ninette, a expliqué qu’il effectuait ces interventions chirurgicales en utilisant seulement un anesthésiant local.

Dans l’édition de janvier 1979 de la revue Canadian Family Physician, le Dr Paine a écrit, dans son étude intitulée « Tuberculosis: Past, present and future » (La tuberculose : le passé, le présent et le futur), qu’il employait un anesthésiant local « afin d’empêcher la propagation de la maladie au cours d’une anesthésie générale » et que les patients acceptaient volontairement cette méthode.

« Rétrospectivement, c’est dommage qu’il y ait eu autant d’interventions thoraciques qui ont engendré des difformités ou bien une réduction de la fonction respiratoire », a-t-il ajouté. « [Mais] bien des patients seraient morts sans intervention chirurgicale. »

Une question de quotas

La médecine a, depuis, fait de gros progrès, notamment en ce qui concerne la tuberculose.

Dans la première moitié du vingtième siècle, cette maladie représentait un important problème dans les réserves. Selon le raisonnement de l’époque, ce phénomène s’expliquait par le fait que les peuples autochtones vivaient dans la nature.

Toutefois, en vertu de la Loi sur les Indiens, il était légal d’enlever les enfants de leur famille si on les croyait atteints de tuberculose et de les envoyer dans un sanatorium. Parfois, comme c’était le cas pour Florence Genaille, les enfants y étaient même envoyés directement depuis les pensionnats.

Selon les historiens en médecine, comme la professeure adjointe Mary Jane McCallum, non seulement les enfants autochtones étaient utilisés comme cobayes par les étudiants en médecine, mais cela faisait partie d’une stratégie économique, car le financement des sanatoriums et celui des pensionnats étaient liés, en partie, à des quotas établis par le gouvernement.

Donc, même s’il existait de meilleures thérapies pour traiter les patients tuberculeux à partir des années 1950 – des traitements qui pouvaient même être administrés chez eux – les patients autochtones séjournaient bien plus longtemps dans ces sanatoriums, parfois même pendant des années, que le reste de la population canadienne.

Florence Genaille, Gerald McIvor et Mary Jane McCallum ne connaissent pas encore l’ampleur ni les motivations de ce qui s’est passé dans les sanatoriums et les « hôpitaux indiens » du Canada, mais ils veulent des réponses.

« Je pense que beaucoup de ces médecins-là ont se sont formés en faisant des expériences sur nous », dit Mme Genaille. « Sinon, pourquoi aurait-ce seulement été les gens comme moi qu’on gardait aussi longtemps et à qui on faisait subir ces atrocités », demande-t-elle.

Selon un texte de Donna Carreiro, CBC News

http://ici.radio-canada.ca/

Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: le trouble bipolaire après les saignées, lobotomies, électrochocs et autres


Le trouble bipolaire est connu depuis des lustres. Hippocrate, Aristote, Socrate avaient déjà une connaissance des symptômes. Les traitements par contre, n’ont pas été toujours été efficaces, on passa par les saignées, des lobotomies et les électrochocs. Aujourd’hui, cette maladie peut se traiter avec des médicaments et la personne peut vivre une vie a peu près normale
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Il était une fois la maladie: le trouble bipolaire après les saignées, lobotomies, électrochocs et autres

 

Jacques Beaulieu
Chroniqueur et communicateur scientifique

Il semble bien que la maladie soit aussi vieille que l’Homme. Hippocrate affirma que la maladie mentale était reliée à une mauvaise circulation des fluides dans le cerveau. Il avait écrit:

«Par le cerveau, nous pouvons devenir fou, enragé, nous développons de l’anxiété et de la peur la nuit ou le jour, nous pouvons souffrir d’insomnie, faire des erreurs et éprouver des inquiétudes non fondées, nous perdons la capacité à bien reconnaître la réalité, nous devenons apathiques et ne pouvons plus participer à la vie sociale.» (Hippocrate, traduit du grec ancien par Andreas Marneros, 1897).

Aristote établit un lien entre le génie (la créativité) et la folie (la manie). Déjà, deux siècles avant Jésus Christ, le médecin grec, Arétée de Cappadoce parlait de personnes souffrant de manies suivies d’épisodes de mélancolie. Dans son Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, on peut lire:

«La manie peut varier en apparence et prendre mille formes, mais au fonds c’est toujours la même maladie: c’est une démence totale, chronique, sans fièvre, ou si la fièvre l’accompagne, ce n’est qu’accidentellement et nom à raison de la maladie.»

Et un peu plus loin: «La maladie a des intermissions complettes (sic) et peut même cesser entièrement par un traitement convenable.» (Arétée de Cappadoce, Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, docteur en médecine, Éd. Lagny, Paris 1834. pp. 87-88).

Plus ça change, plus c’est pareil

Je suis souvent étonné de trouver dans ces écrits qui datent de plus de deux mille ans autant de vérités et de similitudes avec ce qui est généralement admis aujourd’hui. Ainsi, Arétée décrit les personnes souffrant de manie:

«Parmi les maniaques, on en voit dont la folie est d’une nature gaie, qui rient, qui chantent, dansent nuit et jour, qui se montrent en public et marchent la tête couronnée de fleurs, comme s’ils revenaient vainqueurs de quelques jeux ; d’autres dont la fureur éclate à la moindre contradiction (…). La manie prend une infinité de formes différentes ; parmi les gens bien élevés et qui ont l’aptitude aux sciences, on en a vu plusieurs devenir astronomes sans maîtres, philosophes sans précepteurs, poètes d’eux-mêmes.»

D’autres observations du même médecin semblent aussi intemporelles:

«Le genre de vie particulier dispose aussi à la manie comme de manger trop, de se remplir outre mesure, l’excès dans la boisson, l’abus ou le désir trop ardent des plaisirs vénériens. (…)» (Arétée de Cappadoce, Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, docteur en médecine, Éd. Lagny, Paris 1834. pp.90-91).

Par contre, là où la sauce se gâche est dans les causes et surtout les traitements qu’il préconise:

«La cause de la manie réside dans la tête et dans les hypocondres (NA: abdomen) (…) Il faut saigner avec beaucoup de précaution les mélancoliques ; car cette maladie provient plus de la mauvaise qualité du sang que de la quantité…» (p.389).

La naissance du nom

L’expression maniaco-dépression, qui décrivit longtemps la maladie, vient de Théophile Bonnet, médecin privée d’Henri II d’Orléans-Longueville vers la fin du XVIIème siècle. Ce médecin parlait alors de manico-melancolus. Successeur de Philippe Pinel à l’hôpital de la Salpètrière, Jean-Étienne Esquirol crée le terme demonomanie. Son élève, Jules Baillarger, parle au milieu des années 1800 de folie à double forme composée de deux périodes: l’une de dépression, l’autre d’excitation. Quelques années plus tard, Jean-Pierre Falret écrit un ouvrage avec une description très précise de la folie à double forme, qui étonne encore aujourd’hui par la modernité de ses propos.

Considéré comme l’un des pères de la psychiatrie, Emil Kraepelin publie en 1883 le Compendium der Psychiatrie et effectue une classification originale des troubles psychiatriques selon deux types qu’il nomme: la maniaco-dépression et la démence précoce (dichotomie de Kraepelin). Il y distinguera un grand nombre de types évolutifs de ce qu’il nomme la folie maniaco-dépressive, dont les formes unipolaires et bipolaires. Au début du vingtième siècle, les psychiatres allemands Karl Kleist, Carl Wernicke et Karl Leonhard parlent du trouble bipolaire, terme qui demeurera dorénavant le plus utilisé pour décrire la maladie. Vers la fin des années 1960, Jules Angst, Carlo Perris et George Winokur raffinent encore la description des types de désordres bipolaires.

De nombreux patients mourraient épuisés ou encore des suites d’une infection opportuniste conséquente aux états de grande fatigue dans lesquelles ils se retrouvaient après des mois, voire des années, en phase maniaque.

Traitements du trouble bipolaire

Outre les saignées et diètes proposées depuis Arétée de Cappadoce durant l’Antiquité, la médecine eut peu à offrir aux personnes atteintes du trouble bipolaire. Les cas les plus lourds étaient enfermés dans les asiles psychiatriques, et les autres fort probablement laissés pour compte. Certaines sources thermales disponibles en Europe se faisaient dans des eaux dont la concentration en sels de lithium était relativement plus élevée et on remarquait que les patients qui y séjournaient se portaient mieux.

Ainsi, la ville de Santenay en France a connu ses premières eaux thermales dès le début de notre ère. On y trouvait un sanctuaire dédié aux nymphes. Au XVIIe siècle, on lui donna le nom de «Fontaine salée». Autour des années 1890-1910, diverses sources s’ajoutèrent, attirant de nombreux touristes, telles la Source Lithium, la Source Carnée et la Source Santana. En déclin dû aux deux grandes guerres mondiales, certaines dont la Source Lithium reprennent du service vers les années 1945-1950. Depuis 1995, elles sont toutes fermées.

Deux autres traitements firent leur apparition au début du vingtième siècle et disparurent presque totalement au milieu des années 1940: la lobotomie et les électrochocs.

D’efficacité douteuse, ces techniques déclinèrent rapidement avec l’arrivée de médicaments efficaces.

John Frederick Cade est né en 1912 et fut un illustre psychiatre australien. Comme au début des années 1950, les protocoles de recherches n’étaient pas ceux qu’on connaît aujourd’hui, il décida de tester sur lui-même les effets du lithium. Son essai dura deux semaines durant lesquelles il put trouver une dose suffisante de lithium sans trop d’effets toxiques. Puis il l’administra à un premier patient en phase maniaque. Selon sa description personnelle, il s’agissait d’un homme de 51 ans en phase maniaque depuis cinq ans. Le patient était épuisé, sale, autodestructeur, malicieux et reconnu depuis longtemps comme étant le pire patient du service. Après trois semaines de traitement, il put être transféré à l’aile de convalescence et, après trois mois, il put quitter définitivement l’hôpital psychiatrique et se trouver un emploi régulier.

L’efficacité était prouvée, mais l’utilisation du médicament posait toujours de graves problèmes de toxicité. En réalité, le problème principal se situait au niveau de la posologie. Il faudra donc attendre jusque vers les années 1950, date à laquelle un nouvel instrument fit son apparition, le spectrophotomètre de flamme, pour que le docteur Morgan Schou du Danemark l’utilise et fasse le dosage du lithium dans la circulation sanguine. Il devenait alors possible d’atteindre un niveau optimal et vérifiable de lithium sanguin et d’en contrôler la dose pour la maintenir en dessous des limites toxiques. Le lithium put alors faire son entrée réelle dans la pharmacopée actuelle.

Ce médicament présenta deux effets immédiats. Dans un premier temps, il réduisit rapidement les taux de mortalité dans les hôpitaux psychiatriques. Avant son arrivée, de nombreux patients mourraient épuisés ou encore des suites d’une infection opportuniste conséquente aux états de grande fatigue dans lesquelles ils se retrouvaient après des mois, voire des années, en phase maniaque.

Le deuxième effet se fit sentir plus lentement mais tout aussi sûrement par un changement de la perception des maladies mentales. Elle deviendra de mieux en mieux comprise, non plus comme une faiblesse ou un défaut moral, mais bien comme une maladie avec des causes physiologiques.

Deux références: l’organisme Revivre et le livre Le trouble bipolaire pour ceux qui en souffrent et leurs proches, Dre Marie-Josée Filteau et Jacques Beaulieu, Les éditions La Semaine.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Nul en maths ? Prenez une décharge électrique pour y remédier


Qui veut des électrochocs pour exceller en mathématique ? Curieux quand même que cela puisse fonctionner, comme si une partie du cerveau était endormie pour les performances en math et ce courant électrique viendrait le réveillé
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Nul en maths ? Prenez une décharge électrique pour y remédier

Des chercheurs de l’université d’Oxford viennent de montrer qu’il est possible d’améliorer les compétences en mathématiques en envoyant un faible courant électrique dans une région précise du cerveau durant la résolution d’un problème.

Devenir un génie en mathématiques est désormais possible pour tout le monde. Non il ne s’agit pas d’un cours universitaire révolutionnaire. Non ce n’est pas une nouvelle technique de triche indétectable. Il s’agit d’une méthode beaucoup plus simple. En effet, selon le site geekosystem, des chercheurs britanniques viennent de révéler que le fait de stimuler son cerveau par des électrochocs permet d’augmenter ses compétences en mathématiques. Il s’agit d’envoyer un faible courant électrique dans une région précise du cerveau durant la résolution d’un problème. Et le tout est joué.

Les chercheurs de l’université d’Oxford ont menés des tests sur 25 volontaires. D’un côté certains ont reçu de vraies stimulations électriques de un milliampère, de l’autre des fausses décharges, toutes ciblées sur le cortex préfrontal, siège des fonctions cognitives supérieures comme le raisonnement ou le langage. Et les résultats sont éloquents. Alors que les deux groupes étaient à égalité en termes de mémorisation le premier jour, l’écart s’est nettement creusé les jours suivants. Ainsi, les volontaires exposés aux électrochocs ont solutionné les problèmes mathématiques posés deux à cinq fois plus rapidement que ceux qui n’étaient pas sous électrochocs.

Preuve de l’efficacité de la méthode : six mois après l’expérience, les scientifiques ont observé que les volontaires sous électrochocs étaient toujours plus rapides que les autres à résoudre des équations, mettant environ 30% de temps de moins que ceux qui n’avaient pas subi d’électrochocs.

http://actualite.portail.free.fr

Dépression Encore des électrochocs


Ne trouvez-vous pas cela inquiétant que des électrochocs soient encore une pratique dans les institutions psychiatrique ..? Un patient peut-il vraiment avoir l’esprit clair (il est dépressif) pour accepter un tel traitement? Bien sur ce n’est plus comme dans le film que je ne sais plus le titre que la CIA avait financer en secret des expériences d’électrochocs a Montréal et qui a eu de graves conséquences ..  mais que le ministre de la Santé n’y voit pas l’importance d’étude plus approfondie sur l’impact de ces traitements m’apparait un non sens ..
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Dépression

Encore des électrochocs

 

En 2011, 6 811 traitements aux électrochocs ont été administrés.

Photo Archives / Agence QMI

Même s’ils sont perçus comme dépassés et qu’ils comportent des risques, les électrochocs sont encore utilisés pour traiter les maladies mentales au Québec, sans que le ministère de la Santé n’assure une surveillance de cette pratique controversée.

Le Journal a appris qu’en 2011, 6 811 traitements aux électrochocs ont été administrés à un nombre indéterminé de patients à travers la province.

Ce chiffre officiel a été fourni dans un document du ministère de la Santé, rédigé à la suite de demandes répétées de l’opposition péquiste, qui démontre toutefois l’absence de véritable veille des sismothérapies.

Aucune banque de données

Ainsi, le gouvernement admet ne posséder aucune banque de données lui permettant de savoir quels établissements offrent des électrochocs, le nombre de patients concernés et le nombre de médecins ayant recours à cette méthode.

Pourtant, le document stipule que « certains patients présentent un plus grand risque de mortalité lié à l’utilisation des électrochocs » et que « certaines atteintes cognitives sont observées dans certaines études » sur la question.

Le ministère s’avance à dire qu’à peine une cinquantaine de psychiatres ont la compétence pour exercer dans ce domaine, pour traiter des cas de dépression, de schizophrénie et de manie.

Rassurant

Malgré des données largement incomplètes, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, se fait rassurant, précisant que la pratique n’a rien à voir aujourd’hui avec les images ancrées dans l’imaginaire collectif québécois.

« Ce que les gens voient comme sismothérapie dans des films ou des images des années 50, c’est complètement différent maintenant. Ça se fait dans les blocs opératoires, dans un contexte sécuritaire, sous anesthésie générale », a-t-il affirmé, précisant que le recours à cette pratique est conditionnel au consentement du patient.

Cas résistants

Bien que la pratique soit contestée, le ministre ne sent pas le besoin de commander des études sur ses impacts ni de l’encadrer davantage.

« C’est utilisé de façon parcimonieuse pour des cas résistants à tout type de traitement. Habituellement, ce sont des gens qui ont des dépressions réfractaires avec des idées suicidaires, des atteintes psychotiques, donc très peu de cas, mais des cas qui en ont besoin. »

Selon le ministère de la Santé, 300 000 adultes québécois souffrent de dépression chaque année, et il évalue qu’un peu moins de 1 000 personnes sont traitées par électrochocs.

« Si on ne fait pas ces traitements-là, ce sont des gens qui sont très hypothéqués au niveau de leur santé », assure Yves Bolduc.

Le PQ inquiet

Au Parti québécois, la députée Danielle Doyer s’inquiète du manque d’information entourant la sismothérapie.

« C’est d’autant plus important quand une pratique peut être contestée, d’être transparent. Dans certains cas, des psychiatres en font, mais d’autres sont plus rébarbatifs, alors qu’on l’explique. »

http://www.journaldequebec.com