Le plus ancien animal sur Terre était ovale et plat


 

Ils ont fini par découvrir le plus vieil animal connu à ce jour datant 1/2 milliard d’années. C’est étonnant de voir que les paléontologues ont pu trouver sur un fossile de la matière organique pour l’analyser et voir qu’il s’agissait non pas d’une plante, mais d’un animal ovale sans bouche, ni intestin, ni anus. Reste à savoir comment ils ont vécus
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Le plus ancien animal sur Terre était ovale et plat

 

Les espèces du type Dickinsonia seraient «l'ancêtre de plusieurs formes... (PHOTO AFP)

Les espèces du type Dickinsonia seraient «l’ancêtre de plusieurs formes de vie animales d’aujourd’hui».

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IVAN COURONNE
Agence France-Presse
Washington

Il était ovale et plat avec une sorte de dorsale centrale, mesurait plusieurs dizaines de centimètres de longueur et vivait au fond des océans, sans bouche, intestins ni anus, il y a un demi-milliard d’années.

Des milliers de fossiles de Dickinsonia ont été retrouvés depuis 75 ans sur la planète, mais son appartenance au règne animal – l’un des grands règnes du vivant, avec les plantes, les champignons… – faisait débat dans la communauté scientifique. Etait-ce un lichen? Une amibe? Un ancien règne disparu?

Des chercheurs de l’Université Nationale d’Australie (ANU) ont apporté la preuve selon eux décisive que la créature était bien l’un des premiers animaux à avoir vécu, en tout cas le plus ancien jamais confirmé. Ils ont décrit leur méthode jeudi dans la prestigieuse revue Science.

Jusqu’à présent, les paléontologues étudiaient la morphologie d’un fossile pour en déduire le type.

Ilya Bobrovskiy, doctorant à l’université australienne, a à la place analysé des vestiges de molécules récupérées sur des fossiles, trouvés sur une falaise du nord-ouest de la Russie, dans la région de la mer Blanche.

Sur ces fossiles, il a retrouvé des molécules exclusivement animales: une forme de cholestérol.

«Le plus dur a été de trouver des fossiles de Dickinsonia contenant encore de la matière organique», explique le chercheur, qui a donc dû aller jusqu’en Russie pour dénicher les spécimens, enfouis dans la roche de la falaise.

«Les molécules de graisse fossile que nous avons découvertes prouvent que les animaux étaient grands et nombreux il y a 558 millions d’années, des millions d’années avant ce qu’on croyait», dit le professeur de sciences de la terre à l’ANU Jochen Brocks.

Pour l’université, il s’agit ni plus ni moins du «Graal» de la paléontologie.

Ancêtre de vers? 

D’autres chercheurs ont clamé auparavant avoir résolu le même mystère.

En septembre 2017, des chercheurs britanniques s’étaient dits certains du caractère animal de la bête, sur la base de multiples fossiles.

Une autre équipe avait conclu en 2015 qu’il s’agissait d’animaux, relativement avancés, en raison de la façon dont leurs corps grandissaient, à la différence des plantes ou champignons.

Mais c’est la nature-même de la recherche scientifique que de confirmer une hypothèse au fil des années, de multiples fois et selon différentes méthodes.

«L’article survend un peu la controverse existante», dit le paléobiologiste Doug Erwin, à l’Institut Smithsonian à Washington. Mais, dit-il, «c’est un bon papier».

«C’est la première fois que des marqueurs biologiques sont utilisés pour des fossiles de l’Ediacarien», note-t-il.

L’Ediacarien est la période (-635 à -542 millions d’années) précédant l’ère qui marque, selon les scientifiques, l’apparition rapide de tous les grands groupes d’animaux sur Terre : le fameux événement du Cambrien, relativement court d’un point de vue géologique, entre 30 et 40 millions d’années.

C’est précisément pourquoi la confirmation que des animaux ont existé auparavant est si importante.

«Pendant longtemps, on s’est demandé si l’événement était réel, ou si nous n’avions pas réussi à trouver de fossiles plus vieux», dit David Gold, géobiologiste à l’Université de Californie-Davis, et l’un des auteurs de l’étude de 2015.

«Cet article apporte une nouvelle très bonne preuve que les animaux sont beaucoup plus vieux que le Cambrien», ajoute-t-il.

Les espèces du type Dickinsonia seraient donc «l’ancêtre de plusieurs formes de vie animales d’aujourd’hui», poursuit-il.

Cela n’est pas encore vérifié, mais il suggère que les vers et les insectes puissent en descendre.

Les travaux publiés jeudi consacrent aussi une sorte de «renaissance» de la paléontologie, avec le recours à des outils qui permettent de retrouver des composés organiques vieux de centaines de millions d’années.

Dans les bonnes conditions, les scientifiques peuvent désormais trouver des protéines ou des pigments pour identifier la couleur des dinosaures, dit David Gold. Ou, dans ce cas, du cholestérol, une molécule à base de carbone.

Prouver que Dickinsonia était animal ne marque pas la fin du mystère. On ignore encore comment il se nourrissait (sans bouche) ou se reproduisait.

Surtout, des calculs statistiques sur l’ADN laissent penser que le règne animal remonte à 720 millions d’années. Il reste donc un fossé de quelque 160 millions d’années à combler, jusqu’à l’apparition de cette créature plate et ovale.

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Il y a 600 millions d’années, les premiers organismes géants ont colonisé la Terre


Une sorte d’organisme qui vivaient il y a plus de 600 millions d’années étaient peut-être une plante, mais elle fut cataloguée dans le règne animal. Ce qui est de particulier, les organismes de cette lointaine époque n’étaient pas plus grandes que quelques cm ou microscopiques alors, que les rangéomorphes pouvaient mesurer plus de deux mètres
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Il y a 600 millions d’années, les premiers organismes géants ont colonisé la Terre

 

Rangeomorphes

Vue d’artiste de rangéomorphes, sorte de fougères classées dans le règne animal (!) qui vivaient il y a 600 millions d’années.

JENNIFER HOYAL CUTHILL

Joël Ignasse

Sciences et Avenir

On connaît enfin l’origine du gigantisme des rangéomorphes, d’étranges organismes marins qui furent les premiers géants à peupler la Terre, il y a 600 millions d’années.

TAILLE. Mystérieuse faune de l’Ediacarien ! Les paléontologues qui étudient aujourd’hui leurs fossiles ne savent même pas, pour plusieurs d’entre eux, s’il s’agit d’animaux ou de plantes. Tout ce qu’on sait, c’est que de nombreux organismes marins peuplèrent la Terre lors de la période qui s’étend de -635 à -541 millions d’années. Son nom fait référence aux collines d’Ediacara, en Australie, où ont été retrouvés des fossiles datant cette époque. Or, la morphologie de ceux organisme est totalement différente de celle des précédentes formes de vie et comme ils ont disparu sans laisser place à des successeurs le long de la lignée évolutive, ils restent encore largement méconnus. Jennifer Hoyal Cuthill de l’université de Cambridge a passé de nombreuses années à les étudier afin de pourquoi certains d’entre eux ont opté pour le gigantisme. Elle a publié le résultat de ses recherches dans la revue Nature Ecology and Evolution.

Du changement dans les océans suite à la fin d’un âge de glace

Durant l’Ediacarien, la majorité des espèces vivantes ne dépassait pas quelques centimètres en taille et étaient même bien souvent microscopiques. Pourtant au moins un groupe, appelé rangéomorphes, a totalement dérogé à cette règle puisque certains de ses représentants pouvaient atteindre jusqu’à deux mètres de hauteur. Ils vivaient dans l’océan et leur aspect extérieur évoque l’aspect des fougères avec de nombreuses branches latérales. Bien qu’ils ressemblent à ces plantes, les scientifiques les classent dans le règne animal (!).

CHIMIE. L’explication : un changement soudain dans la chimie des océans qui aurait pu provoquer une modification rapide de la forme des rangéomorphes. Celui-ci serait survenu à la fin d’une période de glaciation appelée glaciation Gaskiers : lorsque la Terre s’est réchauffée, les océans ont connu un apport massif de nutriments et d’oxygène. Les rangéomorphes y ont réagi en gagnant en taille, sans doute parce que leurs gènes les y prédisposaient. D’autres organismes, dotés d’une moindre plasticité phénotypique, ont quant à eux maintenu leurs dimensions et même pour certains périclité face à cet apport de nutriments supplémentaires.

EXTINCTION. Cependant, bien que les rangéomorphes se soient très bien adaptés à leur environnement durant l’Ediacarien, ils n’ont pas survécu aux changements océaniques survenus il y a -541 millions d’années , qui ont finalement provoqué « l’explosion cambrienne », un fantastique essor de milliers de nouvelles formes de vie. Ce sont ces dernières qui sont à l’origine des principaux groupes phylogénétiques actuels.

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Nouvelle hypothèse sur l’évolution de la vie sur terre


Avoir des preuves de ce qui s’est vraiment passé pour que la vie puisse naitre sur Terre sous différentes espèces animales a moins d’être témoins de l’explosion de vie en accélérée .. est quasi impossible enfin pour le moment … donc nous restons sur des théories .. sans certitudes
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Nouvelle hypothèse sur l’évolution de la vie sur terre

 

Et si des fossiles de l'Ediacarien n'étaient pas tous des organismes marins... (Photo archives Reuters)

 

PHOTO ARCHIVES REUTERS

Agence France-Presse
Paris, France

Et si des fossiles de l’Ediacarien n’étaient pas tous des organismes marins comme on le pensait ?

C’est ce que suggère un géologue mercredi dans la revue Nature, une hypothèse qui bouscule les repères de l’évolution de la vie sur terre, mais qui reste discutée.

L’Ediacarien, qui s’étend de 635 millions à 542 millions d’années avant notre ère, précède immédiatement le Cambrien, période qui a vu une brusque multiplication de nouveaux groupes d’animaux.

Il tire son nom d’une formation géologique du sud de l’Australie, où des fossiles très particuliers ont été retrouvés en 1946 par Reginald Sprigg. Ces fossiles ont été classés comme invertébrés, protistes (êtres unicellulaires) ou champignons, mais ils ont toujours été considérés comme des organismes marins.

Le géologue Gegory Retallack (Université de l’Oregon) propose une nouvelle interprétation de ces couches fossilifères du sud australien.

Selon son analyse, la présence de sols fossilisés (paléosols) suggère que certains des fossiles qui s’y trouvent sont peut-être des organismes semblables à des lichens (végétaux formés par l’association d’une algue et d’un champignon) ou des colonies microbiennes qui ont vécu sur la terre, plutôt que dans l’océan.

«Ces propositions représenteraient un changement fondamental dans notre tableau de l’évolution, mais elles vont probablement se heurter à un scepticisme persistant parce que les preuves ne sont pas convaincantes», estime le paléontologue Shuhai Xiao (Virginia Tech) dans un éditorial également publié dans Nature.

«Nous avons besoin de preuves plus concrètes avant de pouvoir envisager de redessiner le calendrier de la transition de la vie de la mer à la terre», ajoute-t-il.

«Laissons fleurir des hypothèses multiples !», écrit de son côté le géologue Paul Knauth (Université d’État de l’Arizona), dans un second éditorial publié dans la revue scientifique britannique.

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