Les écureuils roux mâles tuent les petits des autres quand la nourriture abonde


Même dans la nature, il existe des cruautés gratuites. Comme les écureuils roux. Curieusement, c’est seulement quand il y a abondance de nourriture qu’un mâle tuent des bébés dans le seul but de procréer les siens
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Les écureuils roux mâles tuent les petits des autres quand la nourriture abonde

 

UNIVERSITY OF ALBERTA-JESSICA HAINES

Une femelle est prête à se reproduire plus rapidement si la première portée meurt.

  • Colette Derworiz

Les écureuils roux mâles tuent les petits des autres en période d’abondance alimentaire, ont constaté des chercheurs de l’Université de l’Alberta.

L’étude publiée jeudi par le journal scientifique Ecology est la première à témoigner d’un tel comportement chez cet animal.

«Ça a certainement été une surprise totale, a dit l’auteure de l’étude, l’étudiante postdoctorale en biologie Jessica Haines. C’était un peu horrible, mais à la fois excitant et fascinant de constater ce comportement.»

Mme Haines a documenté le comportement au printemps 2014, quand elle étudiait les écureuils roux près du parc national de Kluane, dans le sud-ouest du Yukon.

«J’ai entendu beaucoup de bruit près de moi donc je m’y suis rendue rapidement, et c’est à ce moment que j’ai vu l’infanticide, a-t-elle expliqué. Ça s’est produit très rapidement.»

Ses travaux lui avaient déjà permis d’attacher des étiquettes aux oreilles de certains écureuils, donc elle a pu immédiatement identifier qui était en cause.

Un mâle était entré sur le territoire d’une femelle, s’était emparé d’un bébé et l’avait tué en le mordant à la poitrine. Il a ensuite laissé tomber le bébé mort quand la mère l’a attaqué, a-t-elle dit.

«Tous ses bébés sont morts éventuellement, a révélé Mme Haines. J’en ai retrouvé un plus tard et il portait des blessures similaires à celles que j’avais vu le mâle infliger au bébé qu’il a tué.»

Une analyse génétique a permis de déterminer que l’écureuil qui tuait les bébés n’était pas leur père.

«Il tuait les bébés de ses rivaux, a-t-elle dit. Quand la femelle a eu une deuxième portée plus tard la même année, il était le père de tous les bébés. ll a donc pu tirer profit d’avoir tué ces bébés.»

Ses recherches ont démontré qu’une femelle écureuil est prête à se reproduire plus rapidement si la première portée meurt.

«Si la première portée meurt, elles sont plus susceptibles d’en avoir une deuxième, a dit Mme Haines. Si la première portée survit, une deuxième portée est moins probable.»

Le comportement a été observé uniquement lorsque la principale source de nourriture de l’écureuil roux, les cônes de pin blanc, est abondante.

«Les arbres produisent des quantités variables de cônes chaque année, donc périodiquement il y a des années d’abondance», a expliqué la chercheure.

Les écureuils sont d’ailleurs capables de prédire ces années d’abondance, poursuit Mme Haines, et quand cela se produit, les femelles tendent à avoir deux portées.

«Les autres années, elles sont peu susceptibles de produire une deuxième portée, a-t-elle dit. On pense donc que les mâles ne gaspillent pas de temps et d’énergie à tuer les bébés, parce qu’ils n’en retiraient aucun avantage.»

Des recherches antérieures avaient démontré que le taux de survie des bébés est supérieur lors des années d’abondance, même si la première portée ne survit pas.

Un tel comportement infanticide avait déjà été observé chez des animaux comme le lion — les mâles tuent les bébés de leurs rivaux quand ils prennent le contrôle d’une nouvelle bande — et le grizzly.

 

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Peut-on blâmer l’écureuil pour la lèpre en Europe?


L’écureuil roux serait-il responsable de la lèpre en Europe médiévale ? Probablement, même sachant que ces petites bêtes évitent les êtres humains. À cette époque par contre, on faisait le commerce de cet animal pour la viande et sa fourrure qui aurait probablement été la cause de la contamination. Aujourd’hui, la lèpre est quand même une maladie très rare
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Peut-on blâmer l’écureuil pour la lèpre en Europe?

 

Gros plan sur un écureuil qui tient une noix dans sa gueule.

Un écureuil roux européen. Photo : Reuters/Russell Cheyne

La lèpre a inspiré la crainte pendant des millénaires. Aujourd’hui, l’examen du squelette d’une de ses victimes, morte il y a plus de 1000 ans, laisse croire que la bactérie qui cause cette maladie utilisait un allié inattendu pour parcourir l’Europe médiévale : l’écureuil roux.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Il existe très peu d’espèces animales qui offrent des conditions favorables à la survie et à la propagation de la lèpre, mais on en connaît deux : l’écureuil roux, vivant en Europe, et le tatou, cet animal couvert de plaques, comme une armure, qui se roule en boule lorsqu’il est menacé.

Toutefois, avant de montrer du doigt ces animaux, rappelons que la lèpre n’est plus très courante en Occident. Cette maladie est causée par une bactérie nommée Mycobacterium leprae.

On l’attrape généralement en inhalant des gouttelettes de mucus infecté provenant d’autres malades. La bactérie peut alors séjourner des décennies dans le corps avant que n’apparaissent des symptômes.

Durant cette période, cet envahisseur ne peut survivre qu’à l’intérieur de nos cellules, ce qui lui permet d’éviter la détection par le système immunitaire; cependant, à la longue, cela entraîne aussi la dégradation des cellules.

Les malades perdent ainsi progressivement les sensations aux extrémités de leur corps et développent des lésions caractéristiques à la surface de leur peau.

Cette perte de sensibilité s’accompagne du risque de ne plus ressentir des blessures au quotidien, blessures pouvant alors s’infecter à la moindre occasion. Par la suite, les personnes atteintes peuvent en être défigurées ou même perdre des membres.

« Un lépreux agitant sa crécelle ». Image extraite du « Livre des propriétés des choses » de Barthélémy l'Anglais.

« Un lépreux agitant sa crécelle ». Image extraite du « Livre des propriétés des choses » de Barthélémy l’Anglais, paru au Moyen Âge.   Photo : Bibliothèque nationale de France

Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 200 000 personnes sont infectées par la lèpre chaque année dans le monde. De nos jours, la maladie est traitable par plusieurs médicaments, mais avant le 20e siècle, les personnes atteintes étaient exclues de la société.

Quel lien avec les écureuils?

Le lien entre ces rongeurs et la maladie humaine a été fait lorsque des chercheurs ont analysé les ossements d’une femme portant des traces de la lèpre et ayant vécu il y a plus de 1000 ans dans l’est de l’Angleterre. Son crâne présentait des dommages si importants que cela laissait supposer que la bactérie lui avait fait perdre son nez.

Les analyses, publiées dans le Journal of Medical Microbiology, ont aussi montré que cette souche bactérienne se trouvait également sur d’autres ossements encore plus anciens, suggérant que cette bactérie était présente en Angleterre des siècles avant la mort de cette femme.

Étonnamment, les chercheurs ont découvert que les fragments bactériens présents sur le crâne étaient de la même souche que les bactéries modernes qui s’attaquent aux écureuils roux.

Un commerce risqué?

La lèpre est une maladie très difficilement transmissible d’une personne à l’autre et il faut un contact prolongé pour la contracter, le type de rencontre qu’un écureuil vivant tente généralement d’éviter avec les humains.

Toutefois, à cette époque, la fourrure et la viande d’écureuil roux étaient très prisées dans cette partie de l’Europe. Les Vikings en faisaient même le commerce dans le nord du continent.

Les auteurs de l’article pensent qu’un contact de longue durée avec la fourrure infectée pourrait alors avoir transmis cette maladie aux populations du nord de l’Europe.

Même si plusieurs questions demeurent, de nos jours, il existe bien peu de risques de contracter cette maladie par l’entremise d’écureuils roux d’Europe, une espèce menacée.

Plus récemment, aux États-Unis, certains cas de lèpre seraient survenus à la suite d’un contact entre des humains et des tatous, mais cette transmission demeure exceptionnelle.

De plus, une vaste majorité de la population aurait déjà une bonne immunité contre la bactérie de la lèpre grâce à sa ressemblance avec une autre bactérie qui a fait encore plus de ravages : la tuberculose.

http://ici.radio-canada.ca/

Des bactéries de la lèpre du Moyen Âge sur des écureuils


Des animaux seraient portés de la lèpre comme les écureuils roux. Il semble par contre que le transfert de la bactérie de l’animal à l’homme serait minime. Quoi qu’on peut guérir de la lèpre aujourd’hui, il y a quand même beaucoup de cas déclaré dans le monde
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Des bactéries de la lèpre du Moyen Âge sur des écureuils

 

Des bactéries de la lèpre du Moyen Âge sur des écureuils

Ce spécimen d’écureuil roux semble en bonne santé.Photo AFP

La lèpre affectant des écureuils roux au Royaume-Uni est provoquée par les mêmes souches de bactéries responsables de la forme humaine de la maladie au Moyen Âge, révèle une analyse génétique dont les résultats ont été publiés jeudi dans la revue américaine Science.

Une équipe internationale de chercheurs conduite par la professeur Anna Meredith de l’Université d’Edimbourg, a effectué des analyses ADN sur 110 écureuils en Angleterre, en Écosse et en Irlande.

Des cas humains de la lèpre sont quasiment inexistants au Royaume-Uni aujourd’hui mais cette infection continue à frapper dans les pays en développement.

Et selon ces scientifiques, l’étude suggère que les animaux pourraient être un réservoir pour les bactéries de la lèpre dans ces pays empêchant une éradication de l’infection.

Certains des rongeurs étudiés présentaient des symptômes cliniques de la lèpre tandis que d’autre n’avaient aucun signe de la maladie. Mais tous ces animaux étaient infectés par des bactéries responsables de l’infection appelées mycobacterium.

Ces microbiologistes ont été surpris de trouver des bactéries de la lèpre chez des écureuils roux de l’île de Brownsea, au large du sud de l’Angleterre, dont la souche est très similaire à celle découverte dans un squelette d’un lépreux enterré à Winchester il y a 730 ans. Winchester se trouve à seulement 70 km de l’île de Brownsea.

Cette souche était également très proche de celle de la lèpre qui est endémique chez les tatous dans le sud des États-Unis.

Cette découverte suggère que la lèpre a affecté les écureuils roux sur l’île de Brownsea pendant des siècles, mais les scientifiques jugent faibles les risques d’infection pour les humains.

Une analyse ADN révèle également que cette souche est similaire à celles trouvées dans des cas humains de lèpre au Mexique et dans les Caraïbes.

LE LÈPRE: UN ÉNORME IMPACT

La population d’écureuils roux estimée à 140 000 a très fortement diminué au Royaume-Uni en raison surtout de la perte de leur habitat et du virus animal de la variole transmis par les écureuils gris.

Les écureuils roux ont été ré-introduits en Irlande avec des animaux venus d’Angleterre au début du 19e siècle. L’étude laisse penser que les écureuils anglais devaient être porteurs de la lèpre.

Une des plus anciennes maladies, la lèpre a eu un énorme impact sur les sociétés humaines à travers l’Histoire.

Rampante dans l’Europe médiévale, elle avait très fortement diminué à la fin du Moyen Âge pour des raisons obscures.

L’infection, qui touche surtout la peau, le système nerveux périphérique, la partie supérieure du système respiratoire et les yeux, a totalement disparu en Europe il y a environ un siècle chez les humains.

Très largement contrôlée aujourd’hui grâce à des antibiotiques, plus de 200 000 nouveaux cas de la maladie sont diagnostiqués chaque année dans le monde.

http://fr.canoe.ca/