Comment la bouse d’hippopotame tue les poissons du Masai Mara


La bouse des hippopotames joue un grand rôle dans l’écosystème à l’est de l’Afrique. La quantité qu’ils défèquent lors de la saison de sécheresse tue un bon nombre de poissons par suffocation, ils nourrissent les animaux charognards. La saison des pluies viens porter les nutriments grâce à la bouse dans l’environnement de la rivière. Pas très ragoutant, mais bon !
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Comment la bouse d’hippopotame tue les poissons du Masai Mara

 

Hippopotamus amphibius de Tanzanie

Les bouses des hippopotames de la rivière Mara sont mortelles pour les poissons

WIKIMEDIA COMMONS – USER : NEVIT DILMEN – CC BY-SA 3.0

Par Guillet Emmanuel

Régulièrement à la saison sèche, les eaux de la rivière Mara gonflent et abandonnent des tombereaux de poissons mort à pourrir sur ses rives. Un mécanisme fondamental de l’écosystème de la rivière qui repose sur des prémices inattendues.

La rivière Mara est un cours d’eau africain. Elle coule paisiblement au Kenya dans la réserve nationale du Masai Mara et en Tanzanie au parc national du Serengeti. Dans ses eaux vivent de nombreux crocodiles et hippopotames. Ces derniers sont la cause d’un phénomène jusqu’à présent attribué aux pesticides utilisés par les agriculteurs…

Trop de bouses tue les poissons

Lors de la saisons sèche, de fortes pluies peuvent venir gonfler la rivière Mara. Au retrait des eaux, après de tels événements, il arrive fréquemment que la rivière abandonne quantité de poissons morts sur ses rives. Une équipe de scientifique américain, dans un article publié le 16 mai 2018 dans la revue Nature communications, livre le mécanisme à l’origine de ce phénomène.

Le coupable, on l’a dit, est l’hippopotame. Ces énormes animaux paissent la nuit non loin des berges de la rivière, engloutissant jusqu’à 40 kilogrammes de matières végétales par virée nocturne ! Ils retournent dans l’eau pendant le jour pour se maintenir au frais et se protéger du soleil. Les hippopotames pataugent en bande toute la journée et, au cours de leurs occupations quotidienne, défèquent et urinent abondamment dans le cours d’eau. Tous les jours ils relâchent ainsi, pour un tronçon de 100 kilomètre de rivière, 8500 kg de matière organique dans l’écosystème aquatique. La vase au fond d’un bassin d’hippopotame est donc profondément mêlée de bouse d’hippopotame constamment piétinée. À la saison sèche, le niveau de l’eau baisse et les animaux se concentrent dans des bassins de plus en plus peuplés et réduits. En conséquence, la décomposition des excréments recouvrant le fond constamment brassé par les animaux entraîne une hypoxie sévère des eaux de fond du bassin. Les bactéries décomposant les bouses consomment tout l’oxygène disponible dans un bouillon d’ammonium, de sulfure d’hydrogène, de méthane et de dioxyde de carbone, transformant ces eaux en piège mortel pour les poissons.

Un piège mortel qui régénère la rivière

Le piège se referme lorsque de fortes pluies très localisée viennent jouer le rôle de chasse d’eau pour ces bassins d’hippopotame. Le brusque débit provoqué par les pluies, entraîne les eaux de fond anoxiques vers l’aval. A l’aide de différentes expériences, les chercheurs ont confirmé que ce sont ces  » flux de rinçage «  qui réduisent considérablement les niveaux d’oxygène de la rivière, l’oxygène dissous dans les eaux en aval ne parvenant pas à compenser l’hypoxie des eaux de fond des bassins d’hippopotames. L’entraînement des ces eaux transporte également les sous-produits toxiques de l’activité microbienne – l’ammonium, le sulfure d’hydrogène et le méthane – dans les tronçons en aval. Ainsi, lors de ces événements, les poissons de la rivière Mara meurent par suffocation. En masse.

Mais ces événements impressionnants sont avant tout naturels. Ils font partie depuis des temps immémoriaux de l’écosystème de la rivière Mara. Et s’ils tuent une grande quantité de poissons, leurs carcasses abandonnées par le reflux des eaux nourrissent vautours, crocodiles, hyènes et autres charognards terrestres ou aquatiques. Les épisodes d’écoulement permettent de rincer les bassins d’hippopotames de la rivière Mara, restaurer leur valeur d’habitat pour le milieu aquatique, exporter la matière organique et les nutriments vers les eaux en aval et augmenter la productivité aquatique. En d’autres termes, la beauté de l’écosystème des grands parcs naturels de l’est africain repose aussi sur la bouse d’hippopotame et ses monceaux de poissons morts.

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Arrêtez de tuer les araignées qui se trouvent dans votre maison


Les araignées dans nos maisons sont des prédateurs utiles pour tous autres insectes nuisibles. Elles permettent en effet de s’occuper de notre logement le plus discrètement possible. Il arrive parfois qu’elles se font prendre par l’humain et au lieu de la considérer comme des héroïnes au combat des méchants, elles sont chassées ou pire écrasées sans reconnaissance pour les services rendus.
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Arrêtez de tuer les araignées qui se trouvent dans votre maison

 

L'araignée est signe de maison saine | Lucas the spider via Youtube License by

L’araignée est signe de maison saine | Lucas the spider via Youtube License by

Repéré par Aurélie Rodrigues

Repéré sur The Independant

L’arachnophobie est l’une des peurs les plus courantes chez l’être humain: elle affecte 3,5 à 6,1% de la population.

Selon le Huffington Post, la peur des araignées serait héréditaire. Une étude menée par l‘Institut pour le cognitif humain et la science du cerveau en Allemagne révèle que

«les nourrissons âgés de six mois montrent déjà des signes de stress quand ils voient une araignée».

Pourtant, Matt Bertone, entomologiste (discipline qui étudie les insectes) et spider lover, signe un article dans The Independant où il appelle à «arrêter de tuer les araignées domestiques».

Les araignées font parties intégrantes de l’écosystème domestique: certaines se retrouvent coincées par accident et d’autres sont de simples visiteuses de courte durée.

«La plupart des espèces qui vivent à l’intérieur des maisons sont très discrètes. Elles ne sont que très rarement agressives et dangereuses», écrit Matt Bertone.

Des araignées aux petits soins de votre maison

Matt Bertone a mené une enquête dans cinquante maisons de l’État de Caroline du Nord, aux États-Unis, afin de déterminer quelles espèces d’araignées vivent sous nos toits. Il a découvert que chaque maison abritait des arthropodes: les Steatoda grossa et les araignées de cave sont les espèces que l’on retrouve le plus fréquemment.

«Ces araignées mangent tout ce qu’elles attrapent dans leur toile. La plupart du temps, elles nous rendent service en mangeant des nuisibles, des insectes porteurs de maladies et même d’autres araignées. En Afrique, il y a même des araignées domestiques sauteuses qui ont pour principale proie les moustiques remplis de sang», souligne Matt Bertone.

En somme: quand vous tuez une araignée, vous perdez un prédateur précieux dans votre maison. The Independent rappelle que même si la plupart des araignées sont venimeuses, leur venin est bien trop faible –à part celui des veuves noires et des recluses brunes– pour réellement poser des problèmes de santé aux humains.

Si vous êtes arachnophobe, il faudra éviter de déménager en Australie: pour les phobiques maladifs il sera compliqué de passer outre les 4.000 espèces qui y résident. En attendant, plutôt que de les tuer, pourquoi ne pas essayer d’apprivoiser votre peur des araignées? Vous pourrez ensuite même en adopter une comme animal de compagnie et lui apprendre à sauter sur demande.

 

http://www.slate.fr/

Transformer la forêt boréale en pharmacie


Le Québec a d’immenses forêts de toutes sortes d’essences. Des chercheurs guidés par la médecine traditionnelle amérindienne, et même par les abeilles pour les espèces qui auraient du potentiel pour soigner certaines maladies telles que le cancer avec le bouleau blanc, le Staphylocoque doré  avec le peuplier baumier et autres.
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Transformer la forêt boréale en pharmacie

 

Depuis 15 ans, des scientifiques de l'UQAC cherchent dans... (Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse)

Depuis 15 ans, des scientifiques de l’UQAC cherchent dans la forêt boréale des molécules capables de nous soigner ou d’améliorer notre santé.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

 

PHILIPPE MERCURE
La Presse

(SAGUENAY) Biologie, sciences sociales, mathématiques, éducation, génie : le congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) bat son plein à Saguenay, réunissant plus de 3000 chercheurs d’une trentaine de pays. Toute la semaine, 

La Presse couvrira cette grand-messe de la science en français.

Depuis 15 ans, des scientifiques de l’UQAC cherchent dans la forêt boréale des molécules capables de nous soigner ou d’améliorer notre santé.

PHOTO THINKSTCOK

Médicaments anticancer, antibiotiques, produits naturels, cosmétiques : depuis 15 ans, des chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi fouillent la forêt boréale à la recherche de molécules thérapeutiques. Et ils ont déjà trouvé des pistes prometteuses autant dans l’écorce de bouleau que dans les bourgeons de peuplier.

La forêt boréale est l’un des plus vastes écosystèmes forestiers de la planète. Et à Saguenay, les chimistes et biologistes du laboratoire LASEVE veulent la transformer en pharmacie. Depuis 15 ans, ils y cherchent des molécules capables de nous soigner ou d’améliorer notre santé.

« On veut valoriser la biomasse forestière, mais autrement qu’en coupant du bois et en faisant des 2 x 4 », explique Jean Legault, codirecteur du laboratoire LASEVE et professeur de sciences fondamentales à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), qui rappelle que la moitié des agents thérapeutiques utilisés aujourd’hui proviennent encore de sources naturelles.

Molécule anticancer extraite de l’écorce du bouleau blanc, antibiotique découvert dans les bourgeons du peuplier baumier, médicament potentiel contre l’herpès tiré d’une petite plante à feuilles : le professeur Legault présentera aujourd’hui (7 mai ndlr) certaines des découvertes du groupe dans le cadre du congrès de l’ACFAS.

La plupart de ces substances sont encore loin d’avoir franchi la batterie de tests nécessaires avant d’être autorisées comme médicaments. Mais elles ont montré des propriétés prometteuses en laboratoire et sur les animaux.

La forêt boréale compte 3000 espèces. Comment deviner laquelle peut soigner quelle maladie ?

« On utilise beaucoup la médecine traditionnelle amérindienne, répond Jean Legault. Ce n’est pas direct. Il n’est pas écrit : telle plante est un antibiotique pour traiter telle chose. Il faut savoir lire entre les lignes, et ça ne marche pas toujours. Mais ça nous donne des indices. »

Une fois qu’une substance montre des propriétés intéressantes, les chimistes se mettent à l’oeuvre pour en extraire le ou les ingrédients actifs. Dans certains cas, ils modifient ensuite chimiquement les molécules pour les rendre encore plus efficaces. Ils testent les composés sur des cellules malades et des animaux, et tentent d’élucider leurs mécanismes d’action.

DES ARBRES PRIS D’ASSAUT

L’engouement pour les molécules naturelles peut être fort. Le paclitaxel, un médicament anticancer bien connu notamment utilisé contre les cancers du poumon, de l’ovaire et du sein, a d’abord été isolé dans un conifère de la côte Ouest appelé if du Pacifique. Dans les années 90, des chercheurs de l’UQAC ont identifié la molécule dans l’if du Canada, qui pousse chez nous. Au cours des dernières années, des vols d’ifs sur les terres publiques et les forêts privées ont été rapportés à la Sûreté du Québec.

« Il y a même des gens qui se faisaient passer pour des chercheurs de notre laboratoire et qui allaient chercher l’if pour le revendre. » – Le professeur Jean Legault

En plus des médicaments, la vingtaine de chercheurs et étudiants du laboratoire LASEVE cherchent des produits naturels et des cosmétiques dans la forêt boréale. Jean Legault est le premier à convenir que les prétentions de ces industries n’ont pas toujours été appuyées scientifiquement par le passé.

« Il s’est fait n’importe quoi. Et pour changer les choses, ça prend des scientifiques qui vont vérifier la qualité de ces produits et vont s’assurer qu’ils sont bien dosés », plaide-t-il.

Pour Jean Legault, l’exploration du potentiel des espèces de la forêt boréale commence à peine.

« Le terrain de jeu est infini, dit-il. De mon côté, je vais passer ma carrière là-dedans, c’est certain. »

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TROIS VÉGÉTAUX QUI POURRAIENT NOUS SOIGNER

Le bouleau blanc

Le bouleau blanc

Photo tirée de Wikimedia Commons

Le bétulinol, tiré de l’écorce de bouleau blanc, a des propriétés anticancer. Le hic, c’est qu’il n’est pas soluble dans l’eau et qu’il est donc difficile d’en faire un médicament injectable. Pour contourner le problème, les scientifiques du laboratoire LASEVE lui ont ajouté des groupements qui lui donnent la solubilité voulue. Les chercheurs ont découvert que la substance provoque la mort programmée des cellules cancéreuses en attaquant leurs centrales énergétiques, les mitochondries. Pour une raison qui reste à éclaircir, elle épargne les cellules saines. Il reste toutefois beaucoup de travail à faire avant de penser pouvoir l’utiliser un jour chez les humains.

Le peuplier baumier

Les chercheurs de l’UQAC ont tiré un antibiotique des bourgeons du peuplier baumier capable de s’attaquer au fameux Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), cette bactérie qui a développé une résistance à plusieurs antibiotiques et qui cause des problèmes dans les hôpitaux. Ici, ce n’est pas le savoir amérindien qui a guidé les scientifiques, mais bien les abeilles, qui utilisent ces bourgeons pour fabriquer un vernis aseptisant appelé propolis. Les chercheurs ont identifié les mécanismes d’action des molécules impliquées et protégé leur découverte par un brevet.

Le cornus canadensis

Cette petite plante à feuilles qui produit des fruits orangés pourrait peut-être un jour traiter l’herpès. Ici, les chercheurs de l’UQAC sont assez avancés pour lancer prochainement, avec des partenaires, une étude chez l’humain. Les scientifiques ont découvert que les extraits de feuilles agissent de trois façons : ils attaquent directement le virus, ils empêchent son absorption par les cellules du corps et ils bloquent sa réplication. Encore une fois, il faudra d’autres travaux et plusieurs années avant de conclure qu’il est réellement efficace chez l’humain.

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Les mantes religieuses mangent des cerveaux d’oiseaux et c’est plus préoccupant qu’on ne le pensait


Si vous pensiez que les mantes religieuses ne mangeaient que des insectes, vous n’avez pas tout à faite raison, car elles se nourrissent aussi des cerveaux de petits oiseaux. C’est la nature qui veut cela. Le problème par exemple, les Américains achètent en grand nombre des mantes religieuses et les relâchent dans le jardin comme antiparasitaire naturel. Sauf que cette méthode met en danger des espèces d’oiseaux comme le colibri et provoque un déséquilibre de l’écosystème
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Les mantes religieuses mangent des cerveaux d’oiseaux et c’est plus préoccupant qu’on ne le pensait

 

OM VAUGHAN VIA L’UNIVERSITÉ DE BÂLE

Par Marius François

Une petite faim? Le plat du jour est un cerveau de colibri sur son lit d’araignée.

SCIENCES – La nature fait rêver mais peut aussi tourner au cauchemar. On savait que certaines mantes religieuses tuaient des oiseaux pour manger leur cerveau mais la situation semble plus répandue et plus alarmante qu’on ne pouvait l’imaginer.

L’Université de Bâle en Suisse a sorti un rapport intitulé « Les mantes religieuses chassent les oiseaux partout dans le monde » révélant l’ampleur du phénomène. Bien que ces animaux se nourrissent principalement d’araignées et d’insectes en tout genre, il arrive qu’elles s’attaquent à de petits oiseaux. Ce comportement a été observé dans 13 pays différents, sur tous les continents (hors-Antarctique) selon les chercheurs. Les victimes sont nombreuses et variées avec 24 espèces différentes d’oiseaux touchées.

Live Science explique que les scientifiques ont compilé de nombreux documents et observé des enregistrements de mantes religieuses chassant des oiseaux. Ils ont réussi à recenser 147 cas, le premier datant de 1864, la majorité d’entre eux répertoriés entre 2000 et 2015. L’oiseau le plus observé dans le rôle de la victime dans ces documents est le colibri à gorge rubis aux États-Unis.

Le site Newsweek a complété ces découvertes par l’interview de deux scientifiques qui n’ont pas participé à l’étude. Ces derniers ont détaillé les méthodes de l’insecte pour s’attaquer à des proies aussi importantes.

Les mantes religieuses « percutent le crâne [de l’oiseau] pour se nourrir de tissus cérébraux » raconte le biologiste William Brown, de l’Université de New York.

L’écologiste Dietrich Mebs ajoute: « Elles tiennent juste leur proie et elles les mangent pendant qu’elles sont encore vivantes, lentement, lentement, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. » Bon appétit!

Si vous ne saviez pas que les mantes religieuses mangeaient des oiseaux, cette nouvelle doit vous surprendre mais la principale nouveauté réside surtout dans l’impact négatif que peut avoir cette pratique sur les écosystèmes.

Le travail des chercheurs fait le lien entre le développement de ces pratiques et l’achat massif de mantes religieuses par les Américains qui les lâchent dans leur jardin pour lutter contre les insectes. L’inconvénient, c’est que l’espèce tue aussi les papillons et les oiseaux.

« Notre étude montre les menaces que les mantes religieuses posent à certaines populations d’oiseaux », explique Martin Nyffeler, l’auteur principal de l’étude. « Ainsi, une grande prudence est conseillée lors de la libération de mantes religieuses pour la lutte antiparasitaire. »

 

https://www.huffingtonpost.fr/

Les épisodes de canicule se multiplient dans les océans


Même dans l’océan, il y a des journées de canicule. Cette vague de chaleur maritime est plus longue et plus fréquentes. Les scientifiques craint, les répercussions sur la pêche, l’aquaculture, le climat, le blanchissement des coraux et la disparition de certaines espèces de la faune et la flore marine
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Les épisodes de canicule se multiplient dans les océans

 

Ces canicules peuvent provoquer un blanchiment des coraux,... (David Gray, REUTERS)

Ces canicules peuvent provoquer un blanchiment des coraux, la mort en masse d’invertébrés ou encore la disparition de forêts de varech, des algues marines. Sur cette photo, des touristes observent une tortue qui cherche de la nourriture dans des coraux, en Australie.

DAVID GRAY, REUTERS

 

Agence France-Presse
Paris

Les océans ont connu des périodes de canicule plus longues et plus fréquentes au cours du siècle écoulé, ce qui peut avoir « des impacts de long terme dévastateurs », selon une étude parue mardi dans Nature Communications.

Entre 1925 et 2016, la fréquence des épisodes de chaleur maritime a augmenté en moyenne de 34 % et leur durée de 17 %, avec une accélération depuis 1986, selon cette étude, présentée comme la première du genre réalisée à l’échelle mondiale.

Une vague de chaleur maritime correspond à au moins cinq jours consécutifs où la surface de l’eau est « anormalement chaude ».

Les océans jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat de la planète. Ils emmagasinent une partie du rayonnement solaire au niveau de l’Équateur puis les eaux se déplacent vers les pôles et restituent de la chaleur, régulant ainsi les températures.

« Certains d’entre nous pourront apprécier des eaux plus chaudes quand ils vont nager, mais ces vagues de chaleur ont des impacts significatifs sur les écosystèmes, la biodiversité, la pêche, le tourisme et l’aquaculture », avertit Eric Oliver de l’université canadienne de Dalhousie, qui a dirigé l’étude. « Ces impacts vont souvent de pair avec des conséquences économiques profondes », ajoute-t-il.

Ces épisodes de canicule sont liés à une élévation générale des températures moyennes de la surface des océans, selon l’étude.

Alors que les océans absorbent plus de 90 % de la chaleur due à l’effet de serre, « il est probable que les épisodes de canicule marine vont continuer à progresser », indique un des coauteurs de l’étude, Neil Holbrook, de l’université de Tasmanie.

Ces canicules peuvent provoquer un blanchiment des coraux, la mort en masse d’invertébrés ou encore la disparition de forêts de varech, des algues marines.

Les activités humaines ne sont pas épargnées, avec une diminution des stocks de poissons. Autre exemple, en 2012 dans le golfe du Maine, les homards avaient été plus nombreux à cause d’un épisode de canicule maritime, ce qui avait fait baisser leurs prix de vente.

« Nous commençons tout juste à reconstituer l’impact du changement climatique et du réchauffement des eaux sur nos écosystèmes marins », dit Eric Oliver.

Les chercheurs se sont basés sur des données récoltées par des navires et des stations terrestres ainsi que sur des données satellitaires, en retranchant les effets liés à des phénomènes exceptionnels comme El Niño.

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Pour fuir le réchauffement climatique, la flore montagneuse migre vers les sommets


Il n’y a pas juste les humains et les animaux qui migrent à cause des changements climatiques, les plantes aussi. Dans quelques parties montagneux d’Europe, des plantes ont accéléré leurs migrations vers les cimes des montagnes, c’est le dernier refuge. Alors que les plantes qui vont migrer aux niveaux inférieurs des montagnes sont plus grosses et plus résistantes Ce qui est inquiétant, des plantes pourraient disparaître n’ayant pas la capacité de rivaliser avec les plantes aux niveaux inférieurs
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Pour fuir le réchauffement climatique, la flore montagneuse migre vers les sommets

 

Quand la flore montagneuse vise les sommets

Le réchauffement climatique pousse progressivement la flore des montagnes à se réfugier vers les cimes.

© STEFANO PAVANELLO

Par Aurélia Payelle

Le réchauffement climatique pousse progressivement la flore des montagnes à se réfugier vers les cimes.

Le réchauffement climatique pousse la flore montagneuse vers les cimes. C’est le constat qu’une équipe de 53 chercheurs de onze pays différents a fait en compilant les données disponibles sur le nombre de plantes recensées de 302 sommets montagneux d’Europe parmi lesquels ceux des Alpes, des Pyrénées, des Carpates, d’Écosse ou de Scandinavie. Cette étude a été publiée dans la revue Nature, le jeudi 5 avril 2018.

L’écosystème gagne progressivement les altitudes car il bénéficie de conditions plus favorables à son développement. Ainsi, les sommets sont cinq fois plus colonisés par de nouvelles espèces de plantes, ces dix dernières années qu’au cours de la décennie 1957-1966. Le rapport souligne que dans 87% des cas étudiés, la flore montagneuse s’est enrichie. Les chercheurs montrent également que cette tendance concorde avec l’augmentation des températures. Ils rappellent que les montagnes sont particulièrement sensibles au changement climatique et subissent un réchauffement rapide. Les auteurs du rapport constatent également que d’autres facteurs globaux comme les retombées atmosphériques azotées liées aux polluants ou encore la fréquentation des sommets par l’Homme n’expliquent pas cette accélération, les impacts variant selon les zones étudiées.

Un phénomène inquiétant

L’étude est basée sur 145 ans de relevés botaniques. Ce recul permet aux auteurs du rapport de montrer la forte accélération du processus. Car cette colonisation de la flore des niveaux inférieurs vers les cimes est de plus en plus rapide. Les chercheurs du CNRS soulignent, à travers un communiqué, que cette migration concerne également des espèces réputées pour se déplacer lentement. Ce phénomène inquiète les chercheurs qui précisent qu’une fois que les plantes auront atteint le sommet, qui est leur dernier refuge, il n’y aura pas d’autre échappatoire possible.

« Les écosystèmes montagnards pourraient ainsi être fortement perturbés à l’avenir », assure le CNRS.

« Jusqu’à présent, aucune extinction d’espèces des sommets n’a été observée », expliquent les chercheurs du centre national de la recherche scientifique.

Mais, les plantes, migrant des niveaux inférieurs, sont plus vigoureuses que celles des cimes. Elles sont mieux armées pour s’imposer, avec une taille plus importante. Certaines plantes pourraient donc disparaître car elles ne seront pas en mesure de rivaliser avec des espèces plus compétitives provenant des niveaux inférieurs. Le CNRS explique qu’un déséquilibre du fonctionnement de l’écosystème montagnard serait à craindre si certaines espèces de plantes venaient à disparaître.

Les auteurs du rapport pensent qu’il s’agit là d’une nouvelle preuve de la « grande accélération », un concept proposé dans les années 2005 par plusieurs scientifiques pour décrire la croissance exponentielle, après 1950, des altérations de la biosphère par les activités humaines. Ce phénomène est pour les scientifiques le révélateur de bouleversements sociaux et environnementaux.

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Pas si vierge, la forêt amazonienne


Alors que l’Amazonie subit une déforestation dans la forêt qu’on croyait vierge, voilà que des vestiges du passé apparaissent. Des autochtones étaient bien plus intelligents que nous. Ils ont géré l’utilisation des terres de façon non-durable. Ils auraient modifié les forêts de bambous pour créer des petites clairières et construire leurs géoglyphes ou pour l’agriculture. Ils ont ainsi transformé leurs environnements avec des essences végétales économiquement précieuses comme les palmiers
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Pas si vierge, la forêt amazonienne

 

L'une des terrasses découvertes dans l'État d'Acre au Brésil.

L’une des terrasses découvertes dans l’État d’Acre au Brésil.  Photo : Jennifer Watling

 

La forêt amazonienne a été transformée il y a plus de 2000 ans par des humains qui y ont construit des centaines de grands et mystérieux terrassements, ont découvert des scientifiques brésiliens et britanniques.

Un texte d’Alain Labelle

L’écosystème de la forêt tropicale brésilienne ne serait donc pas vierge d’activités humaines, comme nous l’avions longtemps pensé.

Ces « enclos abandonnés » ont été découverts dans l’Acre, un État brésilien situé dans le nord-ouest du pays. Ils ont été cachés pendant des siècles par la forte végétation de la région.

C’est la déforestation actuelle qui a permis de découvrir pas moins de 450 de ces grands géoglyphes géométriques.

Ces découvertes fournissent ainsi de nouveaux éléments de connaissance sur la manière dont les peuples autochtones vivaient en Amazonie avant l’arrivée d’Européens dans la région.

Toutefois, la fonction exacte de ces sites reste inconnue. Jusqu’à maintenant, les archéologues ont récupéré très peu d’artefacts sur les lieux pendant ces excavations, si bien qu’ils doutent qu’il s’agît de villes.

En outre, leur disposition ne laisse pas à penser qu’ils aient été construits pour des raisons défensives.

Selon la chercheuse Jennifer Watling, de l’Université de São Paulo, ces structures qui occupent environ 13 000 kilomètres carrés auraient pu être utilisées sporadiquement comme lieux de rassemblement rituel.

Une chose est certaine, le fait que ces sites aient été cachés pendant des siècles sous une forêt tropicale mature remet véritablement en question l’idée que les forêts amazoniennes sont des « écosystèmes vierges ». Dre Jennifer Watling

La question qui est rapidement venue à l’esprit des chercheurs est de savoir si cette région était déjà boisée quand les géoglyphes ont été construits, et dans quelle mesure ces peuples ont modelé le paysage pour construire ces terrassements.

À l’aide de technologies récentes, l’équipe de recherche a été capable de reconstruire 6000 ans d’histoire de deux sites où l’on retrouve ces géoglyphes. Résultat : elle a découvert que des humains ont fortement modifié les forêts de bambous pendant des millénaires et ont créé de petites clairières temporaires pour construire les géoglyphes.

Au lieu de brûler de grandes étendues de forêts (soit pour la construction de géoglyphes, soit pour des pratiques agricoles), les peuples de l’époque ont transformé leur environnement en se concentrant sur des essences végétales économiquement précieuses comme les palmiers. Ils auraient ainsi créé un genre de « quincaillerie préhistorique » de produits forestiers utiles.

L’équipe pense que la biodiversité de certaines des forêts actuelles d’Acre serait un héritage de ces anciennes pratiques d’agroforesterie.

Nous constatons que les forêts amazoniennes ont été gérées par les peuples autochtones bien avant les premiers contacts avec les Européens, dont l’utilisation des terres de façon non durable pratiquée jusqu’à ce jour ne peut être donnée en exemple. Dre Jennifer Watling

« Cela devrait plutôt servir à mettre en évidence l’ingéniosité des régimes de subsistance passés qui n’ont pas conduit à la dégradation des forêts et l’importance des connaissances autochtones pour trouver des alternatives plus durables d’utilisation des terres, » ajoute-t-elle.

Le détail de cette étude est publié dans lesProceedings of the National Academy of Sciences of USA.

https://ici.radio-canada.ca/

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