Une jeune militante autochtone canadienne défend la protection de l’eau à l’ONU


Maintenant que la grève mondiale pour la terre est passé, il est toujours actuelle chercher les moyens de préserver les écosystèmes. Une amérindienne Canadienne a elle aussi énoncé un discours pour la protection de l’eau potable. Comme elle le dit si bien : l’argent ne se mange pas et le pétrole ne se boit pas.
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Une jeune militante autochtone canadienne défend la protection de l’eau à l’ONU

PHOTO MANUEL ELIAS, LA PRESSE CANADIENNE

Autumn Peltier

(New York) Une autre jeune militante écologiste a pris la parole samedi devant plusieurs centaines de personnalités au siège social de l’Organisation des Nations unies pour défendre des idées environnementales.

LA PRESSE CANADIENNE

Autumn Peltier, une adolescente âgée de 15 ans de la Première Nation Wiiwemkooh, dans le nord de l’Ontario, qui milite pour la préservation des sources d’eau, a exhorté la communauté internationale à respecter le caractère sacré de l’eau et à défendre l’accès à l’eau potable.

« Comme je l’ai déjà dit, et comme je le répéterai, nous ne pouvons pas manger de l’argent, on ne peut pas boire du pétrole », a-t-elle déclaré.

Mme Peltier a prononcé un discours lors du Global Landscapes Forum un organisme fondé par l’ONU environnement et la Banque mondiale. Le sujet du présent forum est la restauration des écosystèmes.

Elle a également attiré l’attention de son auditoire sur le manque d’eau potable chez plusieurs communautés autochtones. L’adolescente a dit que ces pénuries ont déclenché son militantisme.

« Nous connaissons tous quelqu’un qui habite un de ces territoires où on ne peut pas boire de l’eau. Pourquoi autant de personnes [n’ont pas accès à l’eau potable] et pourquoi en sont-elles été privées depuis si longtemps ? »

Elle a rappelé qu’on lui avait enseigné le caractère sacré de l’eau dès son jeune âge. Selon la militante, plusieurs devraient tirer des leçons de ces traditions.

« Il faut peut-être qu’il y ait plus d’anciens et plus de jeunes assis à la table de décision lorsque les autorités adoptent des politiques sur nos territoires et notre eau. »

Mme Peltier a réclamé la fin de l’utilisation du plastique afin de mieux protéger l’environnement.

Son discours a été prononcé dans la foulée de grandes manifestations contre les changements climatiques qui se sont déroulées dans plusieurs villes canadiennes. À Montréal, seulement, quelques centaines de milliers de personnes avaient répondu à l’appel de divers groupes écologistes pour réclamer des actions de la part des gouvernements.

Il s’agissait de son deuxième discours prononcé à l’ONU. L’an dernier, elle avait exhorté l’Assemblée générale à « être sur le pied de guerre » et à prendre position pour la planète.

La militante a aussi diffusé son message lors de centaines d’événements à travers le monde. En 2015, elle a assisté à la conférence des jeunes sur le climat, en Suède, et un an plus tard, elle a apostrophé le premier ministre Justin Trudeau sur ses « promesses non tenues », lors d’une réunion de l’Assemblée des Premières Nations.

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Le changement climatique va coûter cher à tous les pays


Pourquoi les entreprises et les gouvernements n’agissent pas plus pour l’environnement. ? L’argent ? Il est vrai que faire un virement plus écologique coûtent énormément d’argent, mais a la vue des catastrophes des dernières années, ne rien faire coûtera beaucoup plus cher.
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Le changement climatique va coûter cher à tous les pays


L'argument économique penche davantage vers l'action écologique.. | Markus Spiske via Unsplash

L’argument économique penche davantage vers l’action écologique.. | Markus Spiske via Unsplash

Repéré par Robin Lemoine

Repéré sur The Washington Post

Aux États-Unis, la somme pour remédier à ses conséquences pourrait représenter jusqu’à 10,5% du PIB d’ici à 2100.

Récemment, un ami me disait: «Si les choses bougent si lentement en matière d’écologie, c’est que ça coûte trop cher et que ça ne rapporte pas assez.»

À court terme, c’est peut-être vrai. Les entreprises doivent revoir toute leur conception de production et les États ont pour mission de rénover, de construire et de changer les infrastructures grâce à de l’argent public.

On parle un peu moins des pertes économiques liées au dérèglement climatique. Selon un rapport établi par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR), entre 1998 et 2017 le coût des catastrophes climatiques dues à des épisodes de climat extrême a explosé de 251%. Une hausse qui correspond à une somme de 2.908 milliards de dollars.

À l’avenir? D’ici à 2100, le changement climatique pourrait coûter aux États-Unis jusqu’à 10,5% de son PIB, explique un rapport du National Bureau of Economic Research.

Dépenses substantielles

Au moment où l’on s’inquiète du ralentissement de l’économie mondiale, cette nouvelle étude, qui s’est penchée sur les données économiques de 174 pays entre 1964 et 2017, met en garde contre une réduction beaucoup plus importante de la croissance économique si le changement climatique n’est pas maîtrisé.

«Ce n’est pas seulement le niveau de température qui affecte l’activité économique, mais aussi ses changements persistants au-dessus de la normale», a expliqué au Washington Post l’un des co-auteurs de l’étude, Kamiar Mohaddes, qui anticipe les dommages que ces bouleversements ne manqueront pas de causer sur les infrastructures et les aides qu’il faudra apporter aux collectivités côtières, à la santé, au bien-être, aux écosystèmes et aux pêches.

L’étude révèle qu’une augmentation continue de la température d’environ 0,04 degrés par an –un chiffre avoisinant les conclusions du rapport 1,5 degré du Giec– dans le cas d’un scénario de maintien du statu quo, de fortes émissions entraîneraient une réduction de 7,2% du PIB mondial par habitant d’ici à 2100.

Risques généralisés

Les pays les plus durement touchés seront les pays tropicaux et les pays les plus pauvres. À la différence des études précédentes, celle-ci conclut qu’aucun pays ne sera épargné et qu’aucun ne tirera un avantage économique du changement climatique.

«Le changement climatique sera coûteux pour tous les pays», a déclaré au Washington Post Kamiar Mohaddes, économiste à l’université de Cambridge.

Le Canada, par exemple, pourrait perdre plus de 13% de son PIB d’ici à 2100, tandis que le Japon, l’Inde et la Nouvelle-Zélande pourraient également subir une perte de 10%.

En revanche, si les États réduisaient leurs émissions de gaz à effet de serre conformément à l’accord de Paris sur le climat, ces effets pourraient être limités à une perte de 1,1% du PIB par habitant.

À long terme, il semble dorénavant que l’argument économique penche davantage vers l’action écologique.

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Des poissons tropicaux aperçus en Nouvelle-Écosse


Avec les changements climatiques oui encore …  et les eaux, des mers se réchauffent aussi au Canada. Il semble que cela amène des nouveaux venus chez les poissons qui aiment les mers plus chaudes. Ils sont beaux, mais viendront aussi des prédateurs qui sont nuisibles à la faune marine en plus des maladies qui risquent d’apparaître.
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Des poissons tropicaux aperçus en Nouvelle-Écosse

Un poisson-papillon ocellé aperçu au sud de la... (PHOTO LLOYD BOND, LA PRESSE CANADIENNE)


Un poisson-papillon ocellé aperçu au sud de la Nouvelle-Écosse

PHOTO LLOYD BOND, LA PRESSE CANADIENNE

MICHAEL TUTTON
La Presse Canadienne
Halifax

Un biologiste marin s’intéresse aux photos spectaculaires de poissons tropicaux qui ont été captées par un plongeur amateur dans les eaux plus chaudes du sud de la Nouvelle-Écosse.

Boris Worm, de l’Université de Dalhousie – qui est aussi plongeur depuis des décennies – souligne que l’hippocampe, le poisson-papillon ocellé et le poisson-flûte étaient auparavant considérés comme des espèces rares en Nouvelle-Écosse.

Un hippocampe

PHOTO LLOYD BOND, LA PRESSE CANADIENNE

Or, le plongeur Lloyd Bond affirme que dans les six dernières années, il a pu prendre plusieurs images numériques des espèces colorées à Paddy’s Head, qui donne sur la baie Sainte-Marguerite.

M. Worm estime que la présence de ces poissons est un autre signe du changement climatique, avec des effets qui pourraient devenir préoccupants pour les pêcheries existantes.

Selon un rapport du ministère des Pêches et des Océans, « Les océans du Canada maintenant », deux des cinq années les plus chaudes de l’histoire ont été enregistrées en 2012 et 2014 pour les températures atmosphériques – et les températures à la surface de la mer ont suivi cette tendance.

Un poisson-flûte... (PHOTO LLOYD BOND, LA PRESSE CANADIENNE) - image 3.0

Un poisson-flûte

PHOTO LLOYD BOND, LA PRESSE CANADIENNE

De plus, l’influence du courant Gulf Stream augmente, ce qui entraîne « des températures élevées records des eaux profondes du plateau néo-écossais et des chenaux profonds du golfe du Saint-Laurent ».

Les effets du Gulf Stream

Selon M. Worm, certains tourbillons du Gulf Stream pourraient se transporter dans les baies et eaux côtières, et ainsi amener des poissons tropicaux et subtropicaux.

« Ces (tourbillons) se produisent lorsque nous avons des eaux très chaudes, de 20 degrés ou plus, et ils transportent les espèces tropicales et subtropicales », a-t-il expliqué.

Ce n’est pas la présence en soi des poissons qui devrait déranger les écosystèmes, indique le biologiste, mais il est possible que les espèces prédatrices envahissantes et les maladies des eaux chaudes ne soient pas loin derrière.

« Ce qui a un impact plus important, c’est le réchauffement de l’eau lui-même, qui modifie la composition du phytoplancton et […] réorganise vraiment le réseau alimentaire », a-t-il soutenu.

Des impacts sur les pêches ?

Des eaux plus chaudes peuvent aussi éventuellement transporter de nouvelles maladies dans les eaux de la Nouvelle-Écosse.

« En règle générale, un monde plus chaud est un monde plus malade, a-t-il souligné. Plus de micro-organismes peuvent survivre dans des eaux plus chaudes pendant de plus longues périodes. »

Il cite en exemple l’effondrement de la pêche au homard au sud du Rhode Island après une maladie des coquillages « qui est probablement arrivée avec des eaux plus chaudes ».

Le rapport du ministère sur le réchauffement des eaux a aussi fait mention des effets du réchauffement sur les pêches.

On a notamment observé un déclin des populations de crevettes nordiques et de crabes des neiges, qui préfèrent l’eau froide, ainsi qu’une augmentation des populations de homards, qui se développent dans les environnements plus chauds.

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Détruire l’environnement pourrait-il devenir un crime de guerre?


Pour ma part détruire l’environnement pendant des conflits, des guerres devrait être considéré comme des crimes de guerre.C’est tout l’écosystème d’un endroit qui est détruit qui affecte autant les humains, la faune et la flore.
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Détruire l’environnement pourrait-il devenir un crime de guerre?

Un puit de pétrole enflammé par les forces irakiennes, lors de leur retraite du Koweit en 1991. | Michel Gangne / AFP

Un puit de pétrole enflammé par les forces irakiennes, lors de leur retraite du Koweit en 1991. | Michel Gangne / AFP

Repéré par Barthélemy Dont

Repéré sur Vox

C’est ce que réclament vingt-quatre scientifiques, qui demandent à ce que le respect de l’environnement soit intégré à une cinquième convention de Genève.

En général, la guerre est envisagée comme un événement qui se place hors des règles légales habituelles: seule une poignée de lois internationales établissent ce que peuvent ou ne peuvent pas faire les forces armées.

Ces règles traitent de sujets indispensables comme des droits des prisonniers ou du choix des armes employées, mais pas vraiment d’environnement. Seulement, alors que les enjeux écologiques sont plus pressants que jamais, des scientifiques réclament un meilleur encadrement des conséquences de la guerre sur les écosystèmes.

Du 8 juillet au 9 août, la commission du droit international de l’ONU est réunie pour se pencher sur plusieurs textes. L’un d’entre eux veut obliger les forces armées à prendre en compte l’environnement dans leurs stratégies militaires. À cette occasion, vingt-quatre scientifiques ont publié une lettre ouverte appelant à ajouter cette obligation dans une cinquième convention de Genève.

La guerre, fléau pour l’environnement

En matière écologique, les conséquence de la guerre sont loin d’être anecdotiques. Par exemple, en zone de conflit, la faune diminue souvent de manière dramatique. La prolifération d’armes fait croître la chasse illégale, les forces armées occupent des zones normalement inhabitées et les gouvernements n’ont pas assez de budget pour que la conservation reste une priorité.

D’autres actions particulièrement nuisibles à l’environnement sont commises en pleine conscience de cause. Par exemple, l’armée américaine se débarrasse de ses véhicules endommagés, rations alimentaires périmées et autres déchets dans d’immenses brasiers installés près de leurs bases, notamment en Irak et en Afghanistan.

Les premiers appels à prendre en compte l’environnement dans la stratégie militaire remonte à la guerre du Vietnam, note le Guardian, lors de laquelle les États-Unis avaient inondé le pays de dizaines de millions de litres d’agent orange, un puissant désherbant, afin de se débarrasser des forêts qui servaient de refuge aux soldats ennemis et de détruire leurs récoltes.

S’en est suivie une catastrophe sanitaire et écologique immense, qui empoisonne encore les sols, les cultures, les animaux et les habitant·es. Le sujet a ensuite commencé à être réellement étudié en 1991 lorsque l’armée irakienne a enflammé 700 puits de pétrole lors de son retrait du Koweit.

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D’anciens organismes reprennent vie avec le dégel du pergélisol


Les changements climatiques annoncent la fonte de glacier et du pergélisol. Des mousses se sont réveillée après 1 500 enfouie à plus d’un mètre sous terre. Les scientifiques ont pu redonner vie a des vieux nématodes après 41 000 ans. Certains organismes sont assez fort pour renaitre si la glace le protège du gel et dégel. Reste qu’on ne voudrait quand même pas que de vieux virus et bactéries nuisibles ressuscitent aussi.
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D’anciens organismes reprennent vie avec le dégel du pergélisol

organismes pergelisol

| Shutterstock/TrustMyScience

Thomas Boisson

L’emprisonnement dans la glace ne scelle pas nécessairement le destin des organismes piégés. Au cours des dernières années, les chercheurs ont exploré les étendues glacées de l’Arctique et de l’Antarctique à la recherche de survivants d’époques lointaines. Au plus profond du pergélisol, ils ont retrouvé des végétaux cryopréservés de plusieurs centaines (voire milliers) d’années, ainsi que des nématodes vieux de plus de 40’000 ans ramenés à la vie après leur exhumation.

Ces découvertes permettent aux chercheurs de mieux comprendre les mécanismes sous-tendant cette spectaculaire faculté de résilience.

De 1550 à 1850 environ, une vague de froid globale appelée Petit Âge Glaciaire a entraîné une augmentation de taille des glaciers à travers l’Arctique. Sur l’île Ellesmere au Canada, le glacier Teardrop s’est étendu et a emprisonné une petite touffe de mousse. Depuis 1850, celle-ci est restée gelée sous une couche de glace de 30 mètres.

La biologiste de l’évolution Catherine La Farge, et ses collègues, ont retrouvé la mousse de l’espèce Aulacomnium turgidum enfin libérée de son piège glacé. Elle était fanée et déchirée, mais arborait une teinte verdoyante. Les histoires de changement climatique soulignent souvent la fragilité vacillante du système écologique de la Terre. La situation est devenue encore plus alarmante lorsqu’un rapport des Nations Unies a déclaré qu’un million d’espèces de plantes et d’animaux de notre planète sont menacées d’extinction.

carte site mousse

Carte indiquant les sites où l’équipe de La Farge a découvert les mousses. Crédits : Catherine La Farge et al. 2013

Mais pour quelques espèces exceptionnelles, le dégel des calottes glaciaires et du pergélisol commence à révéler un autre récit, celui d’une étonnante résilience biologique. Des chercheurs, dans un Arctique en réchauffement, découvrent des organismes, congelés et présumés morts depuis des millénaires, capables de revenir à la vie. Ces « zombies » de la période glaciaire vont de simples bactéries à des animaux multicellulaires, et leur endurance incite les scientifiques à revoir leur compréhension de ce que signifie la survie biologique.

Des mousses emprisonnées dans la glace et ramenées à la vie

En 2009, l’équipe de La Farge explorait le glacier Teardrop pour collecter de la matière végétale noircie et expulsée par le rétrécissement du glacier. Leur objectif était de documenter la végétation qui formait il y a longtemps la base de l’écosystème de l’île.

« Le matériau avait toujours été considéré comme mort. Mais en voyant du tissu vert, je me suis dit : c’est plutôt inhabituel » déclare La Farge à propos des touffes de mousse

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mousse glacier

Les types de mousses exposés à la surface par le dégel du pergélisol. Crédits : Crédits : Catherine La Farge et al. 2013

La Farge a ramené à Edmonton des douzaines de ces échantillons curieux, les installant dans un sol riche en nutriments, dans un laboratoire chaud et lumineux. Près du tiers des échantillons ont repris vie avec de nouvelles pousses et de nouvelles feuilles. « Nous étions époustouflés » déclare-t-elle. La mousse a montré peu d’effets secondaires suite à son sommeil glacé.

mousse culture laboratoire

Les échantillons de mousse ramenés à la vie en laboratoire, par l’équipe de La Farge. Crédits : Catherine La Farge et al. 2013

Une glaciation peut entraîner de sérieux dommages. Les cristaux de glace peuvent déchiqueter les membranes cellulaires et d’autres machines biologiques vitales. Au début de l’hiver, de nombreuses plantes et animaux succombent simplement au froid, espérant faire germer leurs graines ou éclore leurs œufs pour créer une nouvelle génération au printemps.

Survie des mousses : adaptations biologiques et pergélisol protecteur

Les mousses se dessèchent lorsque la température baisse, évitant ainsi le risque de formation de glace dans leurs tissus. Et si certaines parties de la plante subissent des dommages, certaines cellules peuvent se diviser et se différencier en divers types de tissus qui constituent une mousse complète, similaire aux cellules souches d’embryons humains. Grâce à ces adaptations, les mousses ont plus de chances que les autres plantes de survivre au gel à long terme, explique Peter Convey, écologiste du British Antarctic Survey.

Après la renaissance de la mousse canadienne trouvée par La Farge, l’équipe de Convey a annoncé qu’elle avait réveillé une mousse de 1500 ans enfouie à plus d’un mètre sous terre, dans le pergélisol de l’Antarctique.

« L’environnement du pergélisol est très stable » déclare Convey, soulignant que le sol gelé en permanence peut isoler la mousse des agressions exercées à la surface, tels que les cycles annuels de gel/dégel ou les rayonnements nuisibles à l’ADN.

mousse in vitro

L’équipe dirigée par Convey est parvenue à ramener à la vie des mousses emprisonnées dans la glace depuis 1500 ans. Crédits : Esme Roads et al. 2014

La repousse de mousses séculaires suggère que les glaciers et le pergélisol ne sont pas simplement des cimetières pour la vie multicellulaire, ils pourraient plutôt aider les organismes à résister aux périodes glaciaires. Et tandis que le réchauffement provoqué par l’Homme diminue la couche glaciaire de la banquise Arctique et Antarctique, le mécanisme qui les fait sortir vivants de la glace est sur le point de dominer les écosystèmes polaires naissants.

Une survie permettant une recolonisation végétale plus rapide

Convey explique que lorsque la glace fondante expose les surfaces émergées, les plantes colonisent généralement le nouveau terrain depuis un autre endroit, via des spores transportées sur de longues distances par le vent. Une telle dispersion est lente et prend souvent des décennies.

Mais quand quelque chose peut survivre in situ, indique Convey au sujet de la mousse découverte par son équipe, cela accélère considérablement le processus de recolonisation. Ces mousses peuvent recoloniser un paysage sans vie presque du jour au lendemain, ouvrant la voie à d’autres organismes, qui pourront s’établir. Bien que les mousses âgées découvertes par La Farge et Convey soient remarquables, l’ensemble des survivants de l’âge de glace s’étend bien au-delà de ce groupe de plantes.

Tatiana Vishnivetskaya étudie les micro-organismes anciens depuis longtemps. Microbiologiste à l’Université du Tennessee, Vishnivetskaya a exploré le pergélisol sibérien pour cartographier le réseau d’organismes unicellulaires qui ont prospéré il y a bien longtemps. Elle a réussi à ramener à la vie des bactéries datant d’il y a un million d’années dans une boîte de Pétri.

Elles ont l’air « très similaires aux bactéries que l’on peut trouver dans les environnements froids d’aujourd’hui » déclare-t-elle.

Des nématodes vivants vieux de 40’000 ans retrouvés dans la glace

Mais l’année dernière, l’équipe de Vishnivetskaya a annoncé une « découverte accidentelle »une découverte impliquant un cerveau et un système nerveux — qui a bouleversé la compréhension des scientifiques concernant l’endurance biologique extrême.

Comme d’habitude, les scientifiques recherchaient des organismes unicellulaires, les seules formes de vie considérées comme viables après des millénaires enfermées dans le pergélisol. Ils ont placé l’échantillon congelé dans des boîtes de Pétri dans leur laboratoire, à température ambiante, et ont remarqué quelque chose d’étrange.

Parmi les bactéries et les amibes chétives, il y avait de longs vers segmentés avec une tête à un bout et un anus à l’autre — des nématodes.

« Bien sûr, nous avons été surpris et très excités » déclare Vishnivetskaya.

Faisant un demi-millimètre de long, ces nématodes étaient les créatures les plus complexes qu’aucun chercheur n’avait pu ramener à la vie après une glaciation aussi longue.

nematodes pergelisol

Observations au microscope de nématodes vivants emprisonnés dans la glace depuis le Pléistocène tardif (42’000 ans). Crédits : A. V. Shatilovich et al. 2018

L’équipe a estimé qu’un des nématodes avait 41’000 ans — de loin le plus vieil animal vivant jamais découvert. Ce ver, qui vivait dans le sol sous les pieds de l’Homme de Néandertal, a été ramené à la vie en laboratoire sans effets secondaires notables. Les experts ont suggéré que les nématodes sont bien équipés pour supporter les millénaires d’emprisonnement dans le pergélisol.

Endurance extrême des organismes : un atout pour la vie extraterrestre

« Ces animaux survivent à peu près à tout » déclare Gaétan Borgonie, expert des nématodes.

Il explique que les nématodes sont omniprésents dans les divers habitats de la Terre. Borgonie a trouvé des communautés de nématodes fourmillantes à plus de 3 km de la surface de la Terre, dans des puits de mines en Afrique du Sud, avec très peu d’oxygène et une chaleur brûlante.


Vishnivetskaya ne sait pas si les nématodes que son équipe a retirés du pergélisol ont traversé les époques en stade dauer, mais elle a supposé que les nématodes pourraient théoriquement survivre indéfiniment s’ils étaient gelés de manière stable.

Borgonie considère l’endurance des nématodes dans un contexte cosmique.

« C’est une très bonne nouvelle pour le système solaire » explique-t-il, estimant que ces exploits de survie pourraient laisser présager de la vie sur d’autres planètes.

Ici sur Terre, de nombreuses espèces sont en voie d’extinction alors que les humains perturbent le climat mondial. Mais près des pôles en dégel, quelques organismes robustes révèlent une endurance incroyable.

Sources : Doklady Biological Sciences, PNAS, Current Biolog

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Groenland: le réchauffement climatique menace des vestiges archéologiques


Les changements climatiques font de multiples conséquences sur l’environnement. Au Groenland, risque de perdre ses vestiges archéologiques qui seront perdu pour toujours.
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Groenland: le réchauffement climatique menace des vestiges archéologiques

Il y a plus de 180 000 sites archéologiques... (PHOTO DAVID GOLDMAN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

Il y a plus de 180 000 sites archéologiques à travers l’Arctique.

PHOTO DAVID GOLDMAN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS


Agence France-Presse
Copenhague

Dangereux pour la pérennité des écosystèmes, le changement climatique menace aussi l’histoire : au Groenland, le réchauffement affecte des vestiges archéologiques, certains vieux de 2500 ans avant notre ère, d’après une étude publiée jeudi dans la revue Nature.

« Comme le taux de dégradation est directement lié à la température et la teneur en humidité du sol, la hausse des températures de l’air et les changements de précipitations pendant la saison du dégel peuvent entraîner la perte d’éléments organiques clés comme le bois archéologique, les os et l’ADN ancien », résume le rapport.

Ces éléments étaient avant protégés notamment par la fraîcheur des sols.

L’équipe, menée par Jørgen Hollesen, a étudié depuis 2016 sept différents sites dans l’ouest et le sud de l’immense territoire arctique, autour de sa capitale Nuuk. 

Outre les éléments organiques, comme des cheveux, des plumes, des coquillages et des traces de chair, on trouve sur certains d’entre eux des ruines d’anciens campements Viking.

Selon les projections utilisées dans l’étude et réalisées à partir de différents scénarios de réchauffement, la température pourrait augmenter jusqu’à 2,6 °C, entraînant « la hausse de la température du sol, une saison de fonte plus longue », explique à l’AFP M. Hollesen, spécialiste d’archéologie environnementale.

« Nos résultats montrent que d’ici 80 ans, 30 à 70 % de la fraction archéologique du carbone organique [qu’on trouve dans les vestiges] pourrait disparaître », dit-il.

Ces éléments, autant de preuves uniques de la vie des premiers habitants du Groenland à partir d’environ 2500 avant JC, sont en péril.

Par rapport aux enquêtes précédentes, « sur certains sites, nous n’avons trouvé aucun os intact ni des morceaux de bois, ce qui laisse supposer qu’ils se sont désintégrés lors des dernières décennies », avance le chercheur.

Pour la préservation des vestiges archéologiques « plus de pluie, ça serait bien, moins de pluie mauvais », énonce-t-il : « si les couches organiques restent humides, les microbes auront moins d’oxygène à leur disposition pour dégrader les matières organiques ».

Il y a plus de 180 000 sites archéologiques à travers l’Arctique.

En Alaska, des centaines d’artefacts anciens ont récemment émergé du permafrost, cette couche de sol jadis gelée tout au long de l’année qui désormais tend à fondre sous l’effet du changement climatique.

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Des milliers de pois­sons meurent d’une over­dose de whisky après l’in­cen­die d’une distil­le­rie


Ce n’est pas la perte de l’alcool qui me peine, mais le tort à l’écosystème qui subit les conséquences de l’incendie qui a réduit en cendres une distillerie au Kentucky. Tout ces poissons morts est un drame. À chaque fois que l’être humain exploite quelque chose et qu’une catastrophe arrive, les conséquences sont pire pour l’environnement
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Des milliers de pois­sons meurent d’une over­dose de whisky après l’in­cen­die d’une distil­le­rie


Crédits : Kentu­cky Energy and Envi­ron­ment Cabi­net / Face­book

par  Suzanne Jovet

L’in­cen­die qui a ravagé la distil­le­rie Jim Beam le 2 juillet dernier a engen­dré des dommages irré­ver­sibles sur la faune locale. Les millions de litres de whisky déver­sés dans la rivière du Kentu­cky ont déjà tué des milliers de pois­sons, rapporte la BBC.

L’in­cen­die, dont les causes n’ont pas encore été déter­mi­nées, a réduit en cendres 45 000 tonneaux de Jim Beam, soit près de 9 millions de litres de bour­bon. L’al­cool s’est alors écoulé sur près de 28 km dans la rivière Kentu­cky, lais­sant des milliers de cadavres. Il menace désor­mais de conta­mi­ner la rivière Ohio où, heureu­se­ment, sa dilu­tion devrait en atté­nuer le danger, estiment les experts.

Crédits : Kentu­cky Energy and Envi­ron­ment Cabi­net / Face­book

Alors que le nombre de pois­sons morts ne fait qu’aug­men­ter, l’agence de protec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment dirige actuel­le­ment une enquête pour déter­mi­ner l’im­pact de cette énorme fuite sur l’éco­sys­tème. En paral­lèle, les auto­ri­tés utilisent des barges pour aérer l’eau, dans le but d’aug­men­ter le niveau d’oxy­gène et de sauver les pois­sons en diffi­culté. Elles veillent aussi à éviter tout écou­le­ment d’al­cool supplé­men­taire vers les cours d’eau à proxi­mité.

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