Retour rapide de la vie dans le cratère de l’astéroïde tueur de dinosaures


L’astéroïde qui est tombé au Yucatan au Mexique a provoqué la cinquième extinction de masse d’espèces animales et un changement climatique. La vie plus vite que pensait les scientifiques, elle s’est développé a différents degrés dans le monde,. Les scientifiques croient qu’avec ces informations, lors de la 6 ème extinction des espèces animales pourrait recommencer avec ou sans nous.
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Retour rapide de la vie dans le cratère de l’astéroïde tueur de dinosaures

 

La tête d'un tyrannosaure rex dont le squelette... (PHOTO  STEPHANE DE SAKUTIN, AFP)

La tête d’un tyrannosaure rex dont le squelette est vieux de 67 millions d’années.

PHOTO STEPHANE DE SAKUTIN, AFP

 

PASCALE MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
PARIS

La vie a fait rapidement sa réapparition à l’endroit où est tombé l’astéroïde qui a provoqué la disparition des dinosaures il y a environ 65,5 millions d’années, ont découvert avec surprise des chercheurs.

La chute de ce corps céleste sur l’actuelle péninsule du Yucatan au Mexique à la fin du Crétacé avait rayé de la carte environ les trois quarts des espèces, dont les dinosaures non aviaires.

Après ce cataclysme, l’écosystème marin s’est rétabli à un rythme variable à différents endroits du globe. Cela a pris jusqu’à 300 000 ans pour l’ouest de l’Atlantique nord et le Golfe du Mexique, proches du cratère d’impact Chicxulub mais nettement moins de temps ailleurs, rappellent les chercheurs dans une étude parue mercredi dans Nature.

Certains scientifiques en avaient déduit que la lenteur du retour de la vie sur des lieux proches du cratère était peut-être liée au rejet de métaux toxiques dans l’environnement lors de l’impact, qui auraient pollué les eaux de la région.

Dans ce cas, logiquement, le retour de la vie dans le cratère même aurait dû être encore plus lent, note Chris Lowery, de l’Institut de géophysique de l’Université du Texas à Austin.

Au lieu de cela, «nous avons découvert que la vie était repartie de façon étonnamment rapide» sur le site, «les premiers organismes marins colonisant le cratère quelques années seulement après l’impact», indique-t-il à l’AFP. «Un écosystème marin hautement productif a pu s’établir en l’espace de 30 000 ans», soit nettement plus rapidement que dans d’autres parties de l’océan Atlantique.

«Cela indique que la proximité de l’impact n’a pas retardé le rétablissement de la vie» et que ce sont probablement surtout des processus écologiques naturels locaux qui ont joué un rôle dans ce retour de la vie, souligne l’étude.

Forages

L’équipe de chercheurs faisait partie de l’expédition 364 du Programme international de découverte des océans (IODP en anglais) qui a effectué en 2016 des forages dans le cratère de Chicxulub, en partie immergé au large du Yucatan.

L’analyse des sédiments rocheux prélevés au fond du cratère a permis de découvrir des microfossiles – restes d’organismes unicellulaires d’algues ou de plancton – , et de mettre en évidence des trous laissés par des petites crevettes ou des vers.

La vie était déjà là «deux ou trois ans après l’impact», selon l’Université du Texas.

La chute de l’astéroïde sur le Mexique a provoqué la cinquième extinction de masse d’espèces animales. Son impact à la surface de la Terre a libéré une énorme énergie, estimée à 5 milliards de fois la puissance de la bombe atomique de Hiroshima.

L’explosion a aussi rejeté un énorme volume de roches pulvérisées, ce qui a opacifié l’atmosphère, provoquant un changement climatique.

Des scientifiques estiment que la Terre est en train de vivre une sixième extinction de masse, avec la disparition rapide de nombreuses espèces.

Le retour rapide de la vie après la chute de l’astéroïde il y a 65,5 millions d’années «est de ce fait d’un grand intérêt, car cela peut nous aider à comprendre comment les écosystèmes pourraient rebondir au regard de la perte de biodiversité actuelle liée au changement climatique, à la pollution, à la surpêche etc.», considère Chris Lowery

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Les épisodes de canicule se multiplient dans les océans


Même dans l’océan, il y a des journées de canicule. Cette vague de chaleur maritime est plus longue et plus fréquentes. Les scientifiques craint, les répercussions sur la pêche, l’aquaculture, le climat, le blanchissement des coraux et la disparition de certaines espèces de la faune et la flore marine
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Les épisodes de canicule se multiplient dans les océans

 

Ces canicules peuvent provoquer un blanchiment des coraux,... (David Gray, REUTERS)

Ces canicules peuvent provoquer un blanchiment des coraux, la mort en masse d’invertébrés ou encore la disparition de forêts de varech, des algues marines. Sur cette photo, des touristes observent une tortue qui cherche de la nourriture dans des coraux, en Australie.

DAVID GRAY, REUTERS

 

Agence France-Presse
Paris

Les océans ont connu des périodes de canicule plus longues et plus fréquentes au cours du siècle écoulé, ce qui peut avoir « des impacts de long terme dévastateurs », selon une étude parue mardi dans Nature Communications.

Entre 1925 et 2016, la fréquence des épisodes de chaleur maritime a augmenté en moyenne de 34 % et leur durée de 17 %, avec une accélération depuis 1986, selon cette étude, présentée comme la première du genre réalisée à l’échelle mondiale.

Une vague de chaleur maritime correspond à au moins cinq jours consécutifs où la surface de l’eau est « anormalement chaude ».

Les océans jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat de la planète. Ils emmagasinent une partie du rayonnement solaire au niveau de l’Équateur puis les eaux se déplacent vers les pôles et restituent de la chaleur, régulant ainsi les températures.

« Certains d’entre nous pourront apprécier des eaux plus chaudes quand ils vont nager, mais ces vagues de chaleur ont des impacts significatifs sur les écosystèmes, la biodiversité, la pêche, le tourisme et l’aquaculture », avertit Eric Oliver de l’université canadienne de Dalhousie, qui a dirigé l’étude. « Ces impacts vont souvent de pair avec des conséquences économiques profondes », ajoute-t-il.

Ces épisodes de canicule sont liés à une élévation générale des températures moyennes de la surface des océans, selon l’étude.

Alors que les océans absorbent plus de 90 % de la chaleur due à l’effet de serre, « il est probable que les épisodes de canicule marine vont continuer à progresser », indique un des coauteurs de l’étude, Neil Holbrook, de l’université de Tasmanie.

Ces canicules peuvent provoquer un blanchiment des coraux, la mort en masse d’invertébrés ou encore la disparition de forêts de varech, des algues marines.

Les activités humaines ne sont pas épargnées, avec une diminution des stocks de poissons. Autre exemple, en 2012 dans le golfe du Maine, les homards avaient été plus nombreux à cause d’un épisode de canicule maritime, ce qui avait fait baisser leurs prix de vente.

« Nous commençons tout juste à reconstituer l’impact du changement climatique et du réchauffement des eaux sur nos écosystèmes marins », dit Eric Oliver.

Les chercheurs se sont basés sur des données récoltées par des navires et des stations terrestres ainsi que sur des données satellitaires, en retranchant les effets liés à des phénomènes exceptionnels comme El Niño.

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Les poissons âgés disparaissent


Les vieux poissons sont importants pour l’écosystème marin, par expérience acquise pendant les années, ils changent leur comportement et son plus productifs que les jeunes. La surpêche, la pollution et les maladies sont des facteurs qui mettent en péril ces vieux poissons et donc l’espérance de vie est moins longue
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Les poissons âgés disparaissent

 

Poissons vieux

Les vieux poissons sont de moins en moins nombreux sous les eaux.

VICTORIA O’CONNELL

Par Joël Ignasse

A cause de la surpêche, les poissons vivent moins vieux, ce qui peut nuire aux capacités de reproduction de toute une espèce.

Comme les vieux arbres dans les forêts, les poissons âgés jouent un rôle important dans les écosytèmes marins. En effet, plus ils vivent longtemps et plus il y a de chances qu’ils se reproduisent efficacement et participent au maintien des populations de leurs espèces d’appartenance. Mais ces derniers semblent quasiment absents des recensements, comme le révèle une étude publiée dans la revue Current Biology. Réalisée par une équipe de l’Université de Washington, elle indique que pour 79 à 97% des populations de poissons dans le monde, la proportion de poissons âgés est en brusque déclin, principalement en raison de la surpêche. Selon les espèces examinées, la pression liée aux prélèvements commerciaux entraine la disparition de jusqu’à 90% des vieux poissons !

Une police d’assurance

Outre la pêche, d’autres facteurs environnementaux, comme la pollution et les maladies associées, contribuent aussi à réduire l’espérance de vie des poissons. Le phénomène est mondial puisque l’étude se base sur l’analyse de 63 espèces réparties sur cinq zones océaniques différentes. La proportion des pertes varie d’une zone à l’autre mais la tendance est la même dans tous les océans.

 Ce qui menace directement la survie des espèces concernées car « dans le monde marin, le taux de production d’œufs est extrêmement variable », explique dans un communiqué de l’université Trevor Branch, spécialiste des sciences aquatiques et halieutiques.

Face à ce phénomène, les vieux poissons sont comme « une police d’assurance. Ils permettent de combler les déficits en produisant régulièrement des œufs », ajoute-t-il.

En plus d’avoir davantage de chances de se reproduire, les poissons âgés se comportent différemment des juvéniles. Au fil des ans, certains poissons modifient leur alimentation et leur habitat. Ils changent également de comportement et certains deviennent des prédateurs bien plus affutés après avoir vécu quelques années. Pour faire face à cette raréfaction, les auteurs appellent les autorités chargées de la gestion halieutique à prendre de nouvelles mesures de régulation, en empêchant par exemple la prise des spécimens les plus gros, qui sont souvent les plus vieux. Ou encore en pratiquant la « mise en jachère«  de territoires de pêche afin de laisser le temps aux poissons d’y grandir.

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Signes de répit dans l’épisode de blanchissement des récifs coralliens


Un répit pour les coraux dans des océans Pacifique, Atlantique et Indien après une période de 3 ans de blanchissement. Espérons que cela pourrait éviter leurs disparitions
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Signes de répit dans l’épisode de blanchissement des récifs coralliens

 

Le blanchissement des récifs coralliens se produit quand les... (PHOTO AP)

Le blanchissement des récifs coralliens se produit quand les coraux, stressés par l’augmentation de la température, expulsent les algues microscopiques avec lesquelles ils vivent en symbiose.

PHOTO AP

 

Agence France-Presse
Washington

Le blanchissement des récifs coralliens dans le monde paraît s’atténuer après un épisode de trois ans, le plus long depuis les années 1980, a indiqué l’Agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA).

Des prévisions de la National Oceanic et Atmospheric Administration montrent que le blanchissement ne se produit plus dans les trois bassins océaniques Atlantique, Pacifique et Indien, ce qui suggère probablement la fin de ce phénomène destructeur d’un écosystème marin fragile et vital.

Les scientifiques vont surveiller étroitement les températures à la surface des océans et le blanchissement des coraux au cours des six prochains mois pour confirmer la fin de cet événement dont la NOAA avait déclaré le début en 2015.

Les prévisions de blanchissement établies par l’agence sur les quatre prochains mois montrent certains risques pour les récifs coralliens à Hawaï, en Floride et dans les Caraïbes à la fin de l’été.

Depuis 2015, tous les récifs coralliens tropicaux autour du globe ont connu une température de l’eau au-dessus de la normale et plus de 70% ont subi ce réchauffement pendant assez longtemps pour subir un blanchissement.

«Ce blanchissement au niveau planétaire a été le plus sévère, le plus long et le plus étendu et peut-être le plus dévastateur jamais observé», a relevé Mark Eakin, le coordinateur de la Nasa chargé de la surveillance de ces écosystèmes.

Ce phénomène se produit quand les coraux, stressés par l’augmentation de la température, expulsent les algues microscopiques avec lesquelles ils vivent en symbiose, les zooxanthelles.

Elles fournissent aux coraux leur nourriture et donnent leurs couleurs à leur squelette calcaire.

Si les zooxanthelles ne retournent pas dans le tissu corallien, le corail meurt.

Les récifs coralliens américains ont été particulièrement touchés avec deux années de blanchissement sévère en Floride et à Hawaï ainsi que trois années dans les îles Mariannes et quatre ans à Guam.

Plus tôt en 2017, la montée de la température de l’eau a entraîné un important blanchissement dans la Grande Barrière en Australie pour la deuxième année consécutive et également dans les Samoa américaines, fortement affectées début 2015.

La NOAA relève également que dans certains endroits les récifs coralliens n’ont pas blanchi malgré le réchauffement de l’eau.

Les scientifiques examinent ces zones pour déterminer s’il y a des traits particuliers dans ces coraux ou leur environnement.

Le premier blanchissement à l’échelle planétaire s’est produit en 1998 au moment où le courant équatorial chaud du Pacifique, El Niño, a été particulièrement intense. Un second épisode a été observé en 2010.

Alors que les coraux peuvent survivre et se régénérer d’un blanchissement modéré, un phénomène de cette nature sévère et prolongé est souvent fatal pour ces organismes.

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L’île déserte aux 38 millions de débris


La pollution est vraiment partout et les débris de plastique causent de gros dommages à l’environnement, et à des coins insoupçonnables. Comme une île dans le Pacifique Sud qui n’a pratiquement pas de visite sauf des expéditions scientifiques à tous les 5 à 10 ans. Pourtant cette île est à 5 000 kilomètres du premier grand centre urbain et près du gigantesque tourbillon de débris transporter par les courants marins
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L’île déserte aux 38 millions de débris

 

L'île Henderson est déserte et est située à... (PHOTO Gemunu Amarasinghe, Archives Associated Press)

L’île Henderson est déserte et est située à plus de 5000 kilomètres du premier grand centre urbain. Pourtant, elle est parmi les endroits où la densité de débris de plastique est la plus forte.

PHOTO GEMUNU AMARASINGHE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

 

JEAN-LOUIS SANTINI
Agence France-Presse
Washington

L’une des îles les plus isolées du monde, située dans le Pacifique sud, a la plus forte densité de débris plastiques de la planète, révèle une étude qui montre l’étendue de la pollution des océans par ces déchets menaçant les écosystèmes marins.

Même si l’île Henderson est déserte et à plus de 5000 kilomètres du premier grand centre urbain, ses plages sont jonchées de près de 38 millions de morceaux de plastique, ont estimé les chercheurs dont les travaux sont parus hier dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Une autre étude publiée récemment dans la revue américaine Science Advances avait révélé que l’océan Arctique, pourtant peu habité, est un cul-de-sac pour les débris plastiques flottant dans le nord de l’Atlantique.

L’île Henderson fait partie des quatre îles britanniques Pitcairn, d’une superficie totale de 47 km2. Elle est tellement isolée qu’elle n’est visitée que tous les cinq ou dix ans pour des expéditions scientifiques.

Mais elle se trouve à proximité du centre du gyre du Pacifique sud, un gigantesque tourbillon où s’accumulent les débris transportés par les courants marins venant d’Amérique du Sud ou provenant des bateaux.

Lors de la plus récente expédition scientifique dans l’île Henderson, menée par des scientifiques de la Royal Society for the Protection of Birds, une ONG britannique, la principale auteure de cette étude, Jennifer Lavers, a compté jusqu’à 671 morceaux de plastique au mètre carré sur les plages. Cela représente la plus forte densité de déchets jamais mesurée.

« Sur la base de nos échantillons prélevés sur cinq sites, nous avons estimé que plus de 17 tonnes de déchets plastiques se sont déposés dans l’île et que plus de 3570 nouveaux débris s’échouent quotidiennement sur une seule de ses plages. » – Jennifer Lavers

Selon cette chercheuse, « il est probable que ces estimations minimisent l’ampleur de l’accumulation des débris dans cette île ».

PLUSIEURS DANGERS

Elle explique que les chercheurs ont pu seulement dénombrer les morceaux à partir d’une taille de deux millimètres, et ce, jusqu’à une profondeur de dix centimètres dans le sable. Sans compter le fait qu’il n’a pas été possible de collecter des débris le long des falaises et des parties rocheuses de la côte.

« Ce que l’on constate dans l’île Henderson montre qu’il n’y a pas de lieu qui échappe à la pollution par le plastique, même les plus éloignés dans nos océans », déplore la scientifique, soulignant le risque pour les écosystèmes marins.

Les débris plastiques représentent plusieurs dangers pour les espèces animales, explique-t-elle. Ils créent des obstacles qui empêchent certains animaux, comme les tortues, d’accéder aux plages pour y pondre, et peuvent aussi être ingérés.

Une étude citée par ces chercheurs a montré que plus de 200 espèces de poissons, crustacés et mammifères pourraient être menacées par une ingestion de plastique, ainsi que 55 % des oiseaux marins dans le monde.

Plus de 300 millions de tonnes de plastique produites annuellement dans le monde ne sont pas recyclées, précise Jennifer Lavers.

Vu que ce plastique peut subsister très longtemps dans la nature, l’impact sur les océans est durable, pointe-t-elle.

Environ huit millions de tonnes de débris plastiques sont déversées tous les ans dans les mers et océans du globe, indiquait une étude publiée en 2015 dans la revue américaine Science.

Les scientifiques pensent qu’il pourrait y avoir jusqu’à 110 millions de tonnes de déchets en plastique dans les océans.

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Baisse de 2 % de la quantité d’oxygène dans les océans


Il est clair que les changements climatiques apportent des changements qui seront difficiles à surmonter et pire si des gestes concrets ne sont pas faits au plus vite. Les coins du monde que l’on croyait plus résistants s’essoufflent beaucoup plus vite que prévu
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Baisse de 2 % de la quantité d’oxygène dans les océans

 

Photo : iStock

Le volume global d’oxygène dans les océans a baissé de plus de 2 % depuis 1960, montre une étude allemande. La situation est encore plus préoccupante en Arctique.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Les chercheurs du Centre Geomar Helmholtz de Kiel pour la recherche océanique expliquent qu’il existe de grandes variations du volume d’oxygène selon les différents bassins océaniques et les différentes profondeurs.

En outre, le volume de l’eau océanique entièrement dépourvue d’oxygène a plus que quadruplé durant la même période.

Cette réalité pourrait avoir de graves conséquences sur les écosystèmes marins, notent Sunke Schmidtko, Lothar Stramma et Martin Visbeck, les auteurs des travaux publiés dans la revue Nature.

Les modèles actuels prévoient une baisse de 1 % à 7 % de l’oxygène dissous dans les océans d’ici à 2100, provoquée par une diminution de la solubilité de l’oxygène à cause du réchauffement des eaux et par une moindre ventilation des eaux profondes.

Une telle baisse de la quantité d’oxygène dans les océans pourrait affecter les cycles nutritifs et l’habitat marin, avec des conséquences potentiellement néfastes pour la pêche et les activités économiques côtières. Auteurs de l’étude

Ces travaux portent sur des périodes plus courtes ou des zones plus limitées que les autres études menées à ce jour. Ils couvrent l’intégralité de la colonne d’eau de l’ensemble des océans pendant cinquante ans (1960-2010).

Les chercheurs ont observé la baisse des niveaux d’oxygène pour l’ensemble des océans et pour cinq des dix régions océaniques étudiées : l’Arctique, l’Atlantique équatorial, l’Atlantique Sud, le Pacifique Nord et l’océan Austral.

L’océan Arctique ne représente qu’environ 1,2 % du volume total des océans, mais représente 7,6 % de la baisse d’oxygène globale.

C’est peut-être une indication supplémentaire du fait que l’océan Arctique change beaucoup plus rapidement que n’importe quelle autre partie des océans, en réaction au réchauffement provoqué par les gaz à effet de serre. Denis Gilbert, de l’Institut Maurice-Lamontagne à Mont-Joli

Le chercheur québécois Denis Gilbert explique dans un commentaire accompagnant l’article qu’une baisse de 2 % de l’oxygène dans les océans semble peu importante, mais les conséquences sur les écosystèmes marins pourraient être graves dans les zones océaniques où le niveau de l’oxygène est déjà bas.

« Des seuils critiques pour la survie pourraient être franchis », explique M. Gilbert.

D’autres facteurs de stress associés au réchauffement global, comme l’augmentation du CO2 et des eaux plus chaudes, peuvent aussi s’ajouter au niveau d’oxygène plus bas, et créer les effets cumulés sur la vie marine qui peuvent même être pires.

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Un écosystème inconnu découvert sous les glaces de l’Antarctique


L’Antarctique est le lieu le plus froid sur Terre, mais on sait, que des micro-organismes peuvent y vivre dans des conditions extrêmes des eaux froides. Ce qui est assez surprenant, c’est qu’il y a un écosystème qui comprend autre chose que des bactéries et des microbes
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Un écosystème inconnu découvert sous les glaces de l’Antarctique

 

antarctique vie

Crédits : WISSARD / NSF

Par Julie Aram

Des biologistes ont découvert l’existence d’une faune étonnamment complexe, vivant dans une obscurité perpétuelle à 740 mètres sous les glaces de l’Antarctique. Fait surprenant, cet écosystème comprend des poissons.

C’est une découverte pour le moins surprenante qui vient d’être réalisée par des biologistes marins de Northern Illinois (États-Unis). Et pour cause, puisque ces scientifiques ont mis au jour l’existence d’une faune étonnamment riche et complexe, vivant dans le froid et l’obscurité perpétuelle à 740 mètres de profondeur sous la barrière de Ross, cette épaisse couche de glace qui recouvre de façon permanente la moitié sud de la mer de Ross, en Antarctique.

Pour réaliser cette découverte, ces scientifiques ont creusé un trou dans la barrière de Ross, dans lequel ils ont fait descendre un robot télécommandé muni d’une caméra et d’une source de lumière, baptisé Deep SCINI (Submersible Capable of under Ice Navigation and Imaging).

A 740 mètres de profondeur, les chercheurs ont accédé à une nappe d’eau profonde de 10 mètres à peine, coincée entre la couche de la glace de 740 mètres d’épaisseur située au-dessus de la nappe, et un fond rocheux s’étendant en-dessous. Un lieu si isolé et hostile que les chercheurs s’attendaient à n’y trouver qu’une vie de type microbienne…

Mais en lieu et place de cette vie microbienne, c’est un écosystème beaucoup plus complexe que les auteurs de ces travaux ont découvert dans cette nappe d’eau :

« Je suis surpris », a indiqué Ross Powell, co-auteur de ces travaux, à la revue Scientific American. »J’ai travaillé dans cette région durant toute ma carrière [NDLR : Ross Powell a 63 ans].Vous finissez par voir ces endroits comme des lieux désolés, n’abritant que très peu de nourriture, ne pouvant héberger que très peu de vie ».

Première surprise : la présence d’une trentaine de poissons, appartenant à plusieurs espèces inconnues. Pourquoi est-ce une surprise ? Parce que l’eau y est à -2°C, et que nulle lumière n’y entre. Soit des conditions de vie si extrêmes qu’il est difficilement imaginable d’y trouver des communautés de micro-organismes suffisamment denses pour nourrir des organismes aussi larges et complexes que ceux de poissons.

Et d’ailleurs, les chercheurs ont pu constater que cette nappe d’eau ne contenait effectivement que très peu de micro-organismes, au vu de la grande clarté de l’eau. Sans compter que les sédiments présents sur le fond rocheux étaient accompagnés de quartz, un minéral qui représente une valeur nutritionnelle très faible pour les microbes.

Par conséquent, quelle peut bien être la source de nourriture de ces poissons ? Cet écosystème est probablement alimenté par l’énergie chimique venant de l’intérieur de la Terre, plutôt que de la lumière du soleil. Bactéries et autres microbes pourraient se nourrir de particules minérales situées sur le dessous de la couche de glace, ou apportées par des rivières subglaciaires. Les microbes situés en bas de cette chaîne alimentaire pourraient aussi se nourrir de méthane, dégagé par les anciens sédiments marins situés plusieurs centaines de mètres sous la fine nappe d’eau.

Maintenant, à quoi ressemblent ces poissons ? L’espèce la plus grande en taille regroupe des poissons longs d’une vingtaine de centimètres et dont le corps est étrangement translucide (voir photo ci-dessus), laissant apparaître les organes internes (taches rouges) de l’animal. Quant aux deux autres espèces détectées, il s’agit de poissons plus petits, les uns de couleur noire, et les autres de couleur orange.

Fait amusant, ces poissons n’ont pas du tout eu peur de la présence du robot télécommandé et de la lumière qu’il émettait, bien au contraire. Comme le rapporte le biologiste Robert Zook, co-auteur de ces travaux, dans Scientific American, ces poissons étaient « curieux et dociles ».

D’autres animaux ont été repérés par le robot, comme de petites crevettes rouges, et d’autres invertébrés sur lesquels les scientifiques n’ont pour l’instant pas communiqué.

Pour ceux qui lisent l’anglais, nous vous encourageons fortement à lire le très beau récit de cette découverte, publié sur le site de Scientific American : « Discovery: Fish Live Beneath Antarctica »

http://www.journaldelascience.fr/