Les effets néfastes liés à la lumière bleue des DEL se confirment


Maintenant qu’on a tellement vanté les mérites des lumières DEL, car il est économe et moins énergivores que les ampoules à incandescence et halogènes classiques, maintenant on s’aperçoit que cette lumière est une source de problèmes pour le sommeil ainsi que comporte des risques de troubles métaboliques. Donc on suggère des ampoules à éclairage blanc chaud.
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Les effets néfastes liés à la lumière bleue des DEL se confirment


Un lampadaire.

L’éclairage DEL est de plus en plus présent puisqu’il est bon marché et très économe en énergie, et qu’il a une longue durée de vie. Photo: iStock

Radio-Canada

Certains types d’éclairage DEL ont un effet toxique sur les yeux et perturbent le rythme de sommeil, indique l’agence publique française responsable de la sécurité sanitaire (ANSES) à la lumière de nouvelles données scientifiques.

Dès 2010, l’agence signalait des risques pour la rétine des éclairages artificiels riches en lumière bleue.

L’expertise rassemblée dans les dernières années par l’ANSES confirme cette toxicité, et met en évidence des effets de perturbation des rythmes biologiques et du sommeil liés à une exposition le soir ou la nuit à la lumière bleue.

Les études françaises montrent des effets phototoxiques à court terme liés à une exposition aiguë et des effets à long terme liés à une exposition chronique, qui augmentent le risque de survenue d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

L’exposition à une lumière intense et aiguë est phototoxique, car elle entraîne la perte irréversible de cellules rétiniennes qui peut conduire à une baisse de l’acuité visuelle. ANSES

L’ANSES recommande donc de limiter l’usage de l’éclairage DEL riche en lumière bleue, tout particulièrement pour les enfants, et de diminuer autant que possible la pollution lumineuse pour préserver l’environnement.

Le saviez-vous?

Une lampe DEL, ou diode électroluminescente, est un dispositif à semi-conducteur (diode) qui permet la transformation d’un courant électrique en rayonnement lumineux.

(Source : Hydro-Québec)

De nombreuses villes changent actuellement l'éclairage de leurs rues et optent pour la lumière DEL.De nombreuses villes changent actuellement l’éclairage de leurs rues et optent pour la lumière DEL. Photo : iStock

Ce type d’éclairage est de plus en plus présent puisqu’il est bon marché et très économe en énergie, et qu’il a une longue durée de vie. Il s’est notamment répandu à la faveur du retrait du marché des très énergivores ampoules à incandescence et halogènes classiques.

Écrans et rythmes biologiques

Outre pour l’éclairage public et résidentiel, cette technologie est de plus en plus présente dans les phares automobiles, les lampes-torches, certains jouets, les écrans des téléphones portables, des tablettes et des ordinateurs.

Les écrans ne sont pas concernés par cet effet « phototoxique », car leur luminosité est très faible, a toutefois indiqué Francine Behar-Cohen, ophtalmologue et présidente du groupe d’experts réunis par l’ANSES.

Toutefois, l’expertise met aussi « en évidence qu’une exposition, même très faible, à de la lumière riche en bleu le soir ou la nuit perturbe les rythmes biologiques et donc le sommeil ».

Ce risque concerne cette fois non seulement les éclairages, mais aussi les écrans rétroéclairés.

Une jeune fille consulte sa tablette avant de dormir.L’expertise met aussi « en évidence qu’une exposition, même très faible, à de la lumière riche en bleu le soir ou la nuit, perturbe les rythmes biologiques et donc le sommeil. » Photo : iStock / Andrew Bu

À cet égard, les enfants et les adolescents, « dont les yeux ne filtrent pas pleinement la lumière bleue », car leur cristallin est encore en développement, « constituent une population particulièrement sensible ». Les travailleurs de nuit également.

L’ANSES demande que soient révisées les limites maximales d’exposition autorisées, jugées « pas assez protectrices » même si elles sont rarement atteintes dans des conditions normales d’utilisation.

Il faut savoir que chaque source de lumière DEL combine différentes couleurs dans des proportions variables. La potentielle toxicité de chacune d’entre elles sur la rétine dépend donc à la fois de l’intensité de la lumière et des longueurs d’onde qui la composent.

Les DEL créent de la lumière blanche en combinant des lumières bleue et jaune. Or, les rayons correspondant à la lumière bleue sont plus énergétiques que les autres. Ils sont aussi connus pour être plus nocifs pour des durées d’exposition et des intensités lumineuses équivalentes.

L’ANSES émet une série de recommandations afin de limiter l’exposition de la population à la lumière riche en bleu. L’Agence rappelle l’importance de privilégier des éclairages domestiques de type « blanc chaud », une température de couleur inférieure à 3000 kelvins (K).

D’ailleurs, en 2017, la Ville de Montréal avait décidé d’opter pour un éclairage de rue moins éblouissant en installant des lumières produisant un éclairage de 3000 K plutôt que les 4000 K initialement prévus dans son projet de conversion.

Des faisceaux de lumière DEL de 4000 K et de 3000 KÀ gauche, le faisceau de lumière DEL est produit par une ampoule de 4000 K, et à droite par une ampoule de 3000 K. Photo : Radio-Canada

L’ANSES a aussi observé qu’une forte proportion des lumières DEL présentait des variations importantes d’intensité. Certaines populations telles que les enfants, les adolescents et des professionnels, pourraient être plus sensibles aux effets potentiels induits par cette modulation de la lumière, tels que des maux de tête et de la fatigue visuelle.

En plus des troubles du sommeil, la perturbation des rythmes biologiques est associée à d’autres effets, tels qu’un risque accru de troubles métaboliques comme le diabète, de pathologies cardiovasculaires et de cancers.

D’autres recommandations

L’ANSES invite la population à privilégier des éclairages domestiques de type « blanc chaud » et à limiter l’exposition à la lumière riche en bleu des écrans LED « avant le coucher et pendant la nuit ».

Elle juge aussi que les objets vendus au grand public ne devraient comporter que les catégories de DEL les moins dangereuses, comme c’est déjà le cas pour les ampoules, et qu’il faudrait « limiter l’intensité lumineuse des phares des véhicules automobiles », certains étant trop éblouissants.

L’agence met par ailleurs en garde contre l’efficacité très variable des filtres pour écrans et autres verres de lunettes « anti-lumière bleue ».

https://ici.radio-canada.ca/

La pollution lumineuse entraine les cyanobacteries


La pollution nocturne ne nous empêchent pas seulement de voir le ciel sous les étoiles mais aussi agit sur l’environnement beaucoup plus que l’on pense. Cela a un impact autant chez les animaux que la végétation
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La pollution lumineuse entraîne les cyanobactéries

 

Isabelle Pion
La Tribune

(SHERBROOKE) La pollution lumineuse a un impact sur les cyanobactéries, montre une étude menée par une étudiante à la maîtrise de l’Université de Sherbrooke, Carina Poulin.

L’objectif était de démontrer si la pollution lumineuse pouvait influencer l’écophysiologie d’une cyanobactérie. La recherche a notamment permis de montrer que la pollution lumineuse a un impact sur une des protéines d’une cyanobactérie qui joue un rôle sur la photosynthèse.

Selon Carina Poulin, l’étude présente pour la première fois l’effet de la pollution lumineuse sur les cyanobactéries d’eau douce.

La pollution lumineuse est causée par l’éclairage artificiel. Dans sa recherche, l’étudiante à la maîtrise explique que les cyanobactéries sont des « organismes photosynthétiques » et qu’elles ont besoin de lumière comme source d’énergie.

L’idée de cette étude avait d’abord été lancée par la professeure Marie-Hélène Laprise, du Cégep de Sherbrooke.

Une étude américaine a déjà révélé que l’intensité lumineuse affecterait le comportement de poissons et d’invertébrés aquatiques sur une profondeur de trois mètres. Carina Poulin a mené cette étude sous la direction du professeur Yannick Huot de l’UdeS et de la codirectrice Marie-Hélène Laprise, du Cégep de Sherbrooke.

Pour réaliser cette étude, la scientifique a mené des observations en laboratoire, en reproduisant l’éclairage que l’on retrouve à la surface de l’eau et en se plaçant dans les conditions environnementales les plus propices à l’observation du phénomène.

Les observations ont été effectuées avec des lampes au sodium haute pression.

La jeune femme s’intéresse à la pollution lumineuse depuis ses études au Cégep de Sherbrooke, où cette problématique a fait l’objet de plusieurs études.

Des études ont déjà confirmé les impacts de la pollution lumineuse sur les pertes énergétiques, le comportement des animaux et sur le sommeil.

La pollution lumineuse est omniprésente dans plusieurs pays du globe, et le Québec n’échappe pas à cette problématique.

Des données qui feront bouger les choses?

Ce n’est sans doute pas demain la veille que ces données serviront à réglementer.

 » C’est sûr que c’est intéressant de savoir que ç’a un impact et qu’il faut faire attention… « 

Rappelons que récemment, la Ville de Sherbrooke a décidé de mettre un frein aux enseignes électroniques multicolores en adoptant un moratoire dans l’espoir de réduire la pollution lumineuse causée par l’éclairage aux diodes électroluminescentes (DEL).

Même si des mesures ont été mises en place par la Ville de Sherbrooke pour protéger le ciel étoilé il y a cinq ans, l’ASTROLab de l’Observatoire du Mont-Mégantic constate que la pollution lumineuse a augmenté au cours des dernières années à Sherbrooke et dans les municipalités environnantes.

http://www.lapresse.ca