Un ver possédant trois sexes a été découvert dans un lac particulièrement inhospitalier


Un nématode microscopique, un ver rond vit dans un lac de la Californie dans des conditions extrêmes. En effet, il vit dans les eaux hyper-salées et alcalines du lac Mono Il a la particularité d’avoir 3 sexes distincts et ses petits vivent sans ponte. Ce ver peut survivre a des doses d’arsenics 500 fois supérieurs à l’humain.
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Un ver possédant trois sexes a été découvert dans un lac particulièrement inhospitalier


Stéphanie Schmidt

Un ver avec trois sexes a été découvert dans un lac de Californie : le lac Mono. Il s’agit d’un lac pour le moins inhospitalier pour la plupart des formes de vie. Outre quelques bactéries et des algues, il semblerait que seules des artémies puissent supporter les eaux très salées de ce lac.

Mais cette masse d’eau particulière renferme de nombreux secrets… Des chercheurs du California Institute of Technology ont récemment découvert huit autres espèces de vers microscopiques en plein essor dans et tout autour du lac, dont une espèce en particulier, aux caractéristiques nouvelles pour la science.

La nouvelle espèce de nématodes (ou vers ronds) en question est appelée (du moins pour l’instant) Auanema sp. Ce qui est pour le moins intéressant concernant cette dernière, c’est qu’elle ne possède non pas un, ni deux, mais bien trois sexes différents. De plus, Auanema sp. peut survivre à une dose d’arsenic 500 fois supérieure à ce qui est supportable pour un être humain.

En ce qui concerne la différenciation entre les trois sexes, les espèces de nématodes sont généralement simples, se divisant en hermaphrodites et en mâles. Mais Auanema sp. est une espèce différente : elle inclut également des individus de sexe féminin.

En outre, ils présentent d’autres caractéristiques intéressantes, comme le notent les chercheurs, notamment que « l’arrangement des papilles génitales chez les Auanema sp. mâles est unique en son genre ».

Et comme si cela n’était pas suffisamment particulier, l’équipe de recherche a mis en lumière le fait que ce ver microscopique donne également naissance à une progéniture viable sans ponte, ce qui est une approche unique et différente, dans ce monde typique des nématodes pondeurs.

Il s’agit donc d’une créature pour le moins extrême, qui vit dans un environnement très hostile. De ce fait, ces caractéristiques ne sont clairement pas une coïncidence. D’ailleurs, l’équipe de recherche estime que les caractéristiques particulières de ce ver font partie de ce qui le maintient en vie dans les eaux hyper-salées et alcalines du lac Mono de Californie.

« Les extrêmophiles de ce type (ndlr : un organisme est dit extrêmophile lorsque ses conditions de vie normales sont mortelles pour la plupart des autres organismes) peuvent nous apprendre énormément sur des stratégies novatrices pour faire face au stress », déclare Pei-Yin Shih. « Notre étude montre que nous avons encore beaucoup à apprendre sur la manière dont ces animaux à 1000 cellules maîtrisent la survie dans des environnements extrêmes… », a-t-il ajouté.

Les scientifiques ont ensuite comparé cette nouvelle espèce de nématode à d’autres espèces similaires vivant dans ce même type d’environnement, et ont découvert une résistance similaire à l’arsenic chez deux espèces sœurs. Et pourtant, curieusement, aucune de ces créatures ne vivait réellement dans des environnements riches en arsenic.

Il devait y avoir une autre raison à cette tolérance étonnante.

« Les précédentes espèces Auanema ont été isolées à partir de sols riches et de déjections pouvant contenir de fortes concentrations de phosphate. Etant donné que l’absorption d’arsenic se produit de manière fortuite via des transporteurs de phosphate, il est concevable que l’adaptation à des niveaux élevés de phosphate dans l’environnement puisse également augmenter la résistance à l’arsenic », ont expliqué et suggéré les auteurs de l’étude.

https://trustmyscience.com/

Le Saviez-Vous ► Qu’advient-il des poissons et autres animaux marins lors d’une tempête ?


Des tempêtes en mer ne sont pas sans conséquences pour la vie marine. On croit à tort que la majorité des animaux marins sont protégés dans l’eau lors de conditions extrêmes. Pourtant non. Beaucoup seront déportés hors de leurs territoires ou pire mourront.
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Qu’advient-il des poissons et autres animaux marins lors d’une tempête ?


par Clara Zerbib, journaliste animalière

Sur terre, les dégâts d’une grosse tempête ou d’un ouragan peuvent être considérables. Mais que se passe-t-il sous la surface de l’océan ? Les animaux marins sont-ils épargnés par le déchaînement des éléments ?

Réponses !

La température et la salinité de l’eau sont modifiées

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les poissons, requins, dauphins, baleines et autres créatures marines ne sont pas à l’abri lors d’une tempête.

Et pour cause, lorsque les conditions climatiques sont extrêmes, les vagues générées peuvent atteindre près de 20 mètres de hauteur. Or, cette forte agitation a pour conséquence de mélanger les eaux de surface chaudes avec les eaux plus profondes mais aussi plus froides et plus salées.

De plus, les pluies diluviennes (d’eau douce) réduisent également les niveaux de sel. Ainsi se crée un mélange plus homogène dans l’océan. Les eaux de surface sont plus froides et plus salées qu’auparavant tandis que les eaux plus profondes sont plus chaudes et moins salées.

Ce changement rapide de température et de salinité de l’eau peut alors déséquilibrer tout l’écosystème marin, réduisant la quantité d’oxygène dans l’eau. De nombreux animaux marins sont alors décimés, notamment ceux vivant près de la surface.

Des courants meurtriers sont créés

Lors d’un ouragan, de “super-courants” très violents peuvent se créer et s’étendre jusqu’à près de 100 mètres sous la surface de l’eau. Ces courants sont généralement destructeurs pour la vie marine.

vagues tempête

Crédits : iStock

En effet, ils emportent avec eux les bancs de poissons, les mollusques, les crustacés, les lamantins ou encore les tortues et brisent tout sur leur passage, notamment les récifs de coraux.

Les animaux qui ont la chance de survivre à ces courants sont généralement emportés loin de leur territoire. Or, la plupart, trop désorientés, finissent par mourir. D’autres sont carrément propulsés sur la terre ferme.

De plus, les courants déplacent de grandes quantités de sable et créent ainsi une eau boueuse, ce qui a pour conséquence de bloquer la lumière du soleil. Or, la lumière solaire est essentielle à la vie des créatures marines. Cette eau boueuse obstrue également les pores des coraux et les ouïes des poissons.

L’océan met du temps à se remettre d’un ouragan

Les courants et autres turbulences peuvent continuer à faire rage sous l’eau jusqu’à une semaine après la tempête. Mais l’océan peut mettre plusieurs mois, voire même plusieurs années à se remettre du passage d’un ouragan.

Finalement, les animaux qui s’en sortent le mieux sont les requins, les baleines et les autres grands animaux marins. La raison ? Ils ont la capacité de se déplacer rapidement vers des eaux plus calmes, notamment en nageant vers des eaux plus profondes.

Source

https://animalaxy.fr//

Le Saviez-Vous ► Nez bouché, nez qui coule… comment en venir à bout?


Le rhume est très contraignant, malheureusement qu’on se soigne ou non, cela n’a pas de différence sur la durée du coryza. Nous pouvons seulement atténuer les symptômes avec quelques gestes très simples.
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Nez bouché, nez qui coule… comment en venir à bout?

 

© getty.

Charlotte Costenoble

Quelques astuces pour arriver à bout d’un vilain rhume.

En hiver, il est très courant d’avoir le nez qui coule, le nez bouché ou même les 2 en même temps. Ces désagréments sont les manifestations classiques du rhume. Appelé aussi « coryza », le rhume est une affection bénigne, le plus souvent virale (près de 200 virus peuvent être à l’origine d’un rhume) et très fréquente. En moyenne, un adulte souffre de 2 à 3 rhumes par an tandis qu’un enfant, plus fragile, peut en souffrir jusqu’à 8 fois par an!

Mécanisme de défense

Le rhume est une inflammation de la muqueuse nasale suite au contact avec un ou plusieurs virus. Le mécanisme est simple: les virus pénètrent dans la cavité nasale et vont se fixer sur la muqueuse. En réaction, les vaisseaux sanguins présents dans le nez se dilatent afin d’amener des cellules de défense. La muqueuse nasale gonfle (le nez se bouche) et sécrète du mucus afin d’évacuer les virus incriminés (le nez coule). Les symptômes de nez bouché ou de nez qui coule sont, en fait, des mécanismes de défense de l’organisme.

Soulager les symptômes

La prise en charge d’un rhume est uniquement symptomatique. On ne peut, malheureusement, pas en diminuer la durée. L’adage « un rhume, c’est 7 jours sans médicaments et une semaine avec » s’avère être assez réaliste. Aucun médicament ne raccourcit la durée d’un rhume. Par contre, il est possible de diminuer l’intensité des symptômes et d’améliorer le confort de vie du malade par quelques moyens simples et produits disponibles en pharmacie:

– Les astuces non médicamenteuses

La base quand un nez se bouche ou coule? Le mouchage! Bien souvent, ce geste santé est oublié. Pourtant, c’est la première chose à faire pour évacuer les virus présents sur la muqueuse nasale. D’autres conseils peuvent aussi être suivis: se reposer, aérer son intérieur (au moins 15 à 20 minutes par jour), éviter de surchauffer sa chambre à coucher (idéal = 16-18°C), éviter l’inhalation d’air froid, de fumée de cigarette,…

– Le sérum physiologique et les sprays d’eau salée

Ce sont les atouts de choc pour un mouchage efficace et une hygiène nasale au top. Le sérum physiologique ou les sprays d’eau salée vont humidifier la muqueuse et permettre l’évacuation plus active du mucus rempli de virus. Ils peuvent être utilisés autant de fois que nécessaire et sur le long terme. Les sprays dits « hypertoniques » sont un peu plus salés que les sprays classiques. Ils exercent un effet décongestionnant en désengorgeant les cellules de la muqueuse nasale. Plus irritants, ils ne doivent pas être utilisés à trop long terme.

– Les sprays et comprimés décongestionnants/anti écoulements

De nombreux sprays et comprimés décongestionnants et/ou anti écoulements existent. Ils sont efficaces et soulagent vite le malade. Par contre, il est primordial de bien respecter leur posologie car ils possèdent des effets indésirables. Demandez toujours conseil à votre pharmacien.

Limiter la contagion

Le rhume est une affection très contagieuse. Afin de limiter la contamination de l’entourage, il est recommandé de se couvrir la bouche lors d’une toux ou d’un éternuement, d’utiliser des mouchoirs en papier jetables et de se laver les mains au savon et à l’eau le plus régulièrement possible.

Quand consulter?

Bien que dans la grande majorité, les symptômes du rhume soient bénins, certains signaux d’alarme doivent nous pousser à aller consulter: des sécrétions vertes ou jaunes depuis plus de 5 jours, des douleurs au niveau des sinus, une forte fièvre, une douleur à l’oreille,…

https://www.7sur7.be/

Le Saviez-Vous ► Comment les poissons boivent-ils ?


Comment les poissons boivent ? À vrai dire, c’est une question qu’on ne pense pas vraiment surtout que les poissons vivent dans l’eau ! Et si l’eau est salée, peuvent-ils réussir a assouvir leur soif ?
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Comment les poissons boivent-ils ?

 

poissons sous l eau

Crédits : Pxhere

par Louison

Constamment immergés, les poissons vivent dans l’eau. Mais que boit un poisson de mer alors que l’eau est extrêmement salée ? De plus, il existe des dizaines d’espèces (si ce n’est plus) qui sont répertoriées comme étant des « poissons ». Cette diversité complique encore plus les choses comme nous allons le voir. Qu’est-ce qu’une carpe a de commun avec un hippocampe ? Que penser de l’axolotl qui peut sortir de l’eau et devenir un vrai lézard ?

Les poissons boivent bien !

De façon générale, les poissons ont le choix quand ils absorbent de l’eau. Ils peuvent par exemple la rediriger vers leurs ouïes pour respirer. C’est ce qu’ils font le plus souvent, les ouïes étant une partie du poisson qui est gorgée de micro-vaisseaux sanguins. Grâce à ce système, ils peuvent récupérer l’oxygène contenu dans l’eau. Mais les poissons ont aussi généralement le choix d’avaler l’eau et de la diriger vers leur vessie.

La différence entre poisson de mer et poisson d’eau douce

Connaissez-vous le phénomène d’osmose ? La définition en science est qu’il s’agit d’un acte de diffusion entre deux liquides par une membrane. Ce qui est dissout passe d’un liquide à l’autre, sans que ceux-ci ne se mélangent.

Ici, nos deux liquides sont l’eau et le sang du poisson, et la membrane est celle de ses ouïes. L’eau de mer est beaucoup plus salée que le sang du poisson, donc le sel passe naturellement de la mer à son sang. Pour éviter de finir complètement desséché, le poisson de mer doit donc boire beaucoup pour pouvoir évacuer. On considère que c’est 10 à 30 ml d’eau par jour par tranche de 100 g.

Par contre, le cas des poissons d’eau douce est différent. En effet, l’eau est beaucoup moins salée – elle est même moins salée que lui. Ainsi, le poisson d’eau douce ne doit pas boire autant qu’un poisson de mer. Sans cela, il finirait par exploser.

Les exceptions à la règle

Quand on pense avoir tout compris, la nature s’amuse à nous soumettre des exceptions. Et même dans ce cas, on en trouve au moins deux : le saumon et le requin. Le premier est un poisson qui vit à la fois en eau douce et en eau salée, selon la période de sa vie. Les scientifiques ont découvert qu’il adoptait son comportement à son milieu de vie.

Le cas du requin est différent, puisque cet animal fait partie de ceux qui n’ont pas de vessie. Le requin a la particularité de « transpirer » son acide urée, évacuant les déchets par cette voie.

Sources : Général Kulturele Figaro

https://lesavaistu.fr/

Un nuage d’acide chlorhydrique dans le ciel d’Hawaï, dernier cadeau du volcan Kilauea


Le cauchemar continu pour les résidents de Île Kilauea, son volcan réveillé depuis 3 mai continu ses ravages. La lave a touché la mer et les nuages sont devenus toxiques. Les résidents qui restaient n’ont pas eu d’autres choix de quitter leur demeure.
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Un nuage d’acide chlorhydrique dans le ciel d’Hawaï, dernier cadeau du volcan Kilauea

 

TERRAY SYLVESTER / REUTERS

Les coulées de lave du volcan Kilauea ont atteint l’océan.

  • Caleb Jones et Audrey

  • McAvoyThe Associated Press

Des panaches blancs d’acide chlorhydrique et de minuscules éclats de verre ont fait leur apparition dans le ciel d’Hawaï, lundi, alors que les coulées de lave du volcan Kilauea atteignent maintenant l’océan.

Les autorités avaient prévenu les habitants dimanche d’éviter le nuage de vapeur toxique formé lorsque la lave entre en contact avec l’eau salée de la mer.

Plus près du volcan, la lave continuait lundi à émerger de larges fissures qui se sont formées dans des quartiers résidentiels d’un secteur rural de la Grande Île d’Hawaï. La roche en fusion formait des coulées qui coupaient en deux les forêts et les champs en se dirigeant vers la mer.

Le taux d’anhydride sulfureux sortant des fissures au sol a triplé, ce qui a poussé les autorités à répéter les consignes de sécurité en matière de qualité de l’air.

Au sommet du volcan, deux éruptions explosives ont projeté des nuages de cendre, transportés par les vents vers le sud-ouest.

Le volcan Kilauea a détruit jusqu’ici 40 structures, dont une vingtaine de résidences, depuis son réveil le 3 mai. Quelque 2000 personnes ont été évacuées, et 300 habitent dans des refuges temporaires.

Depuis quelques jours, la lave progresse plus rapidement et émerge du sol en plus grande quantité. Les scientifiques expliquent que la lave émergée au début de mai était constituée de vieux magma demeuré en sous-sol après l’éruption de 1955. La nouvelle lave, provenant des profondeurs de la terre, est plus chaude et progresse plus rapidement sur une plus grande superficie.

Les responsables du tourisme à Hawaï répètent que la majeure partie de la Grande Île n’est pas affectée par l’éruption du Kilauea.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Une cascade de 1,5 km de haut a rempli la Méditerranée orientale


Grâce aux chercheurs qui ont examiné des dépôt de sédiments d’une falaise sous-marine a dans un escarpement. Ces dépôts on témoigner une inondation énorme, il y a des millions d’années aurait rempli la Méditerranée pour aller rencontrer l’Atlantique
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Une cascade de 1,5 km de haut a rempli la Méditerranée orientale

 

Il y a six millions d’années, la mer Méditerranée s’est retrouvée isolée de l’océan Atlantique et s’est partiellement asséchée : c’est la crise de salinité messinienne. Pour expliquer la fin de la crise, les chercheurs avancent l’hypothèse d’une inondation gigantesque via le détroit de Gibraltar. Elle aurait rempli le bassin ouest, jusqu’à atteindre le seuil de Sicile. Dans un second temps, l’eau se serait déverser dans le bassin oriental en une cascade de 1,5 km de haut. Celle-ci a creusé un immense canyon sur son passage et a entraîné des sédiments, qui se sont déposés en contrebas (tache rouge dans l’animation). © University of Malta, YouTube

Les eaux tranquilles de la Méditerranée couvrent les cicatrices d’un passé tumultueux. Des chercheurs exhument peu à peu des indices gravés dans les fonds marins, qui attestent que cette mer a connu, à une époque lointaine, une des pires inondations de l’histoire de la planète.

Les explications de Marc-André Gutscher, un géologue qui a participé à la découverte de cette catastrophe survenue il y a plus de cinq millions d’années.

La Méditerranée asséchée. De vastes étendues, autrefois sous l’eau, exposées à l’air libre entre des lacs hypersalés similaires à la mer Morte. Aussi difficile à concevoir qu’elle soit, cette vision était pourtant bien réelle si l’on remonte quelque six millions d’années en arrière.

À la toute fin du Miocène, durant le Messénien, Mare Nostrum était en effet le théâtre du bouleversement géologique le plus violent depuis la crise du Crétacé-Tertiaire. L’évènement, appelé crise de salinité messinienne, a provoqué l’évaporation massive de la Méditerranée suite à la fermeture d’un passage au nord du Maroc (l’actuel détroit de Gibraltar), rompant la connexionentre la mer et l’océan Atlantique.

En outre, le seuil entre la Sicile et la Tunisie a émergé, créant un rebord naturel séparant la Méditerranée en deux bassins, ouest et est. 

« Les géologues pensent que le niveau marin a baissé d’au moins quelques centaines de mètres, voire jusqu’à 1.000 m, du côté occidental, et de 2.400 m du côté oriental, » précise à Futura Marc-André Gutscher, directeur du Laboratoire Géosciences Océan (LGO), attaché à l’université de Brest et au CNRS.

La Méditerranée s’est remplie en moins de deux ans.

Comment la Méditerranée a-t-elle retrouvée le visage qu’on lui connaît aujourd’hui ? Une inondation digne d’un film catastrophe, que les Anglophones n’hésitent pas à qualifier de « méga-inondation », aurait mis fin à la crise messinienne voilà 5,2 millions d’années, au tout début du Pliocène.

Le détroit de Gibraltar s’est formé, laissant les eaux de l’océan Atlantique reconquérir la Méditerranée, en commençant par le bassin occidental avant de combler le bassin oriental lorsque le niveau marin a dépassé le seuil de Sicile. L’inondation était d’une telle violence qu’il aurait suffi de deux ans à peine pour remplir entièrement la mer.

    Un canyon sculpté par la force de l’eau

    Pour reconstruire ce scénario, les chercheurs sont en quête d’indices témoignant du passage des flots. Et justement, une équipe internationale, dirigée par Aaron Micallef et Angelo Camerlenghi, de l’université de Malte et de l’Institut national d’océanographie et de géophysique expérimentale de Trieste (Italie), décrivent dans un article, paru dans le journal Scientific Reports, un étrange dépôt de sédiments découvert au large de la Sicile. Il repose contre l’escarpement de Malte, une immense falaise sous-marine.

    Cette découverte est le « premier élément de preuve directe du remplissage du bassin oriental,révèle Marc-André Gutscher, co-auteur de l’étude. Ce qui est frappant, c’est qu’on l’a retrouvé au pied d’un canyon, le canyon de Noto, qui a une forme particulière en J. C’est un canyon monstrueux, d’une vingtaine de kilomètres de long et de 6 km de large, extrêmement profond et en calcaire, une roche dure. Pour l’éroder ainsi jusqu’à des pentes de 70°, il faut énormément de violence ».

    « Ce canyon a été creusé par des chutes, comme les chutes du Niagara, mais en beaucoup plus violent, » poursuit le chercheur.

    Et en beaucoup plus grand également : la cascade responsable de l’inondation du bassin méditerranéen oriental aurait mesuré 1,5 km de hauteur. En passant, les flots auraient raclé les sédiments des fonds marins, qui se sont déposés en aval, de l’autre côté de l’escarpement.

        Le dépôt de sédiments se situe à proximité de la Sicile. La carte (a) est une carte bathymétrique, montrant la profondeur du canal de Sicile et de la mer Ionienne. La carte (b) relève les variations d’épaisseur du dépôt, situé au pied de l’escarpement de Malte en (7) et du canyon de Noto en (8). © Aaron Micallef et al., Scientific Reports, 2018

        Le dépôt de sédiments se situe à proximité de la Sicile. La carte (a) est une carte bathymétrique, montrant la profondeur du canal de Sicile et de la mer Ionienne. La carte (b) relève les variations d’épaisseur du dépôt, situé au pied de l’escarpement de Malte en (7) et du canyon de Noto en (8). © Aaron Micallef et al., Scientific Reports, 2018

        Un dépôt de sédiments immense et chaotique au pied d’une falaise

        Le dépôt de sédiments dépeint par les chercheurs est bordé sur son côté occidental par l’escarpement de Malte. Il couvre une surface comparable à la Crète, avec 160 km de longueur sur 95 km de large. Il mesure entre 400 et 800 m d’épaisseur et celle-ci diminue plus on s’avance vers l’est, c’est-à-dire plus on s’éloigne de la falaise.

        Baptisé unité 2, le dépôt, aujourd’hui enterré sous le sol marin, est pris en sandwich entre deux strates sédimentaires bien identifiées : il se situe au-dessous des sédiments datés du Pliocène-Quaternaire (unité 1), période géologique qui suit le Messinien, et au-dessus d’une importante couche de sels caractéristique de la crise messinienne (unité 3). Effectivement, l’évaporation de la mer Méditerranée s’est accompagnée de la formation de dépôts de sels, appelés évaporites, sur 500 m à 1 km d’épaisseur.

        Le dépôt sédimentaire chaotique, appelé unité 2, se situe au-dessus des sels de la crise messinienne (unité 3) et au-dessous des sédiments marins du Pliocène-Quaternaire (unité 1). Il atteste donc de la remise en eau de la Méditerranée et du retour aux conditions marines normales, après une période d’assèchement d’environ 600.000 ans. © Aaron Micallef et al., Scientific Reports, 2018

        Le dépôt sédimentaire chaotique, appelé unité 2, se situe au-dessus des sels de la crise messinienne (unité 3) et au-dessous des sédiments marins du Pliocène-Quaternaire (unité 1). Il atteste donc de la remise en eau de la Méditerranée et du retour aux conditions marines normales, après une période d’assèchement d’environ 600.000 ans. © Aaron Micallef et al., Scientific Reports, 2018

        Marc-André Gutscher a repéré l’unité 2 lors d’une campagne d’imagerie sismique effectuée en 2013, à bord du Suroît, un navire de recherche océanographique de l’Ifremer.

        « On a pu voir sur de nombreux profils sismiques une couche d’apparence chaotique, d’assez grande taille, relate-t-il, qui a plus l’air d’un gros tas de riz que d’un annuaire téléphonique. »

        « Plutôt que de voir des feuillets [correspondant aux différentes strates sédimentaires qui se déposent normalement l’une au-dessus de l’autre, NDLR], on ne voit pas grand-chose. Il n’y a pas de couche bien horizontale, bien régulière, donc pas de réflexion sismique. C’est par l’étendue et l’épaisseur de cette zone transparente que l’on a créé la figure du dépôt. »

        Dans de précédents travaux, Marc-André Gutscher avait déjà étudié le dépôt, qu’il avait interprété comme étant un remplissage post-messinien, datant du Pliocène. Sur ce profil sismique, on peut observer le dépôt chaotique en vert clair, légendé « chaotic facies » dans le détail en haut à gauche. © Marc-André Gutscher et al., Tectonics, 2016

        Dans de précédents travaux, Marc-André Gutscher avait déjà étudié le dépôt, qu’il avait interprété comme étant un remplissage post-messinien, datant du Pliocène. Sur ce profil sismique, on peut observer le dépôt chaotique en vert clair, légendé « chaotic facies » dans le détail en haut à gauche. © Marc-André Gutscher et al., Tectonics, 2016

        Pour la publication de 2018, ses collègues ont mobilisé « un jeu de données plus grand, soit une vingtaine de profils sismiques, sur lesquels on retrouve la signature chaotique de ce dépôt, » précise Marc-André Gutscher.

        En complément de la campagne de 2013, les chercheurs ont eu recours à d’anciennes données italiennes et ont obtenu d’autres profils lors de campagnes allemande et italienne, réalisées à bord de l’OGS Explora et du Meteor, entre 2011 et 2015.

        Ces travaux n’en resteront certainement pas là.

        « Il est fort probable qu’on essaie de cibler ce dépôt dans les prochains projets de forage », poursuit Marc-André Gutscher, car c’est un témoin clé de l’inondation de la Méditerranée orientale. « On pourrait voir à l’intérieur du dépôt quelles sont les roches, quelle est leur provenance, s’agit-il de morceaux de calcaire comme en Sicile ? »

        D’autres marqueurs de l’inondation, terrestres cette fois, s’observent effectivement en Sicile.

        Ainsi, des conglomérats de roches calcaire « semblent montrer que quelque chose est passé par là, a arraché du calcaire et a formé ces blocs, » explique le chercheur.

        Enfin, si d’aventure des microfossiles étaient enfouis dans le dépôt de sédiments, cela permettrait de mieux dater la période de la remise en eau de la Méditerranée.

        Et que s’est-il passé du côté de la Méditerranée occidentale ? 

        « Un tel dépôt chaotique ne semble pas exister, ou en tout cas pas à proximité, du détroit de Gibraltar, » indique Marc-André Gutscher, qui précise que des études précédentes ont toutefois permis d’identifier un grand canyon dans la zone.

        CE QU’IL FAUT RETENIR

        • Des chercheurs ont ausculté par imagerie sismique un vaste dépôt de sédiments, d’apparence chaotique, situé au pied d’une falaise sous-marine appelée l’escarpement de Malte.

        • Ce dépôt témoigne d’une inondation catastrophique datant du début du Pliocène qui aurait rempli la Méditerranée, alors partiellement asséchée.

        • Les flots de l’Atlantique se sont déversés en premier dans le bassin occidental, avant de submerger le relief au niveau de l’escarpement de Malte et de se jeter en une cascade de 1,5 km de haut dans le bassin oriental, creusant au passage un immense canyon.

        https://www.futura-sciences.com/

        Le Saviez-Vous ► Mer, océan, lac, étang : quelles différences ?


           

          Si vous êtes déjà demandé la différence entre la mer et l’océan ? Qu’est-ce qui qualifie une mare, un lac ou un étang ?
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          Mer, océan, lac, étang : quelles différences ?

          Nathalie Mayer

          Journaliste

          Il n’est pas toujours aisé de différencier mer, océan, lac et étang. Même les scientifiques montrent parfois des désaccords quant à ces classifications. Quelques caractéristiques simples de chacune de ces étendues d’eau permettent d’y voir un peu plus clair.

          « Vaste étendue d’eau salée qui couvre une grande partie de la surface du Globe ».

          Les dictionnaires ne font pas toujours la différence entre une mer et un océan. Pourtant, comme il existe des différences entre un fleuve et une rivière, mer et océan présentent des caractéristiques bien définies.

          Les océans et les mers sont de vastes étendues d’eaux salées. © BrunoBordderr, Pixabay, CC0 Public Domain

          Les océans et les mers sont de vastes étendues d’eaux salées. © BrunoBordderr, Pixabay, CC0 Public Domain

            Quelles différences entre un océan, une mer et un lac ?

            Les mers et les océans sont tous les deux de vastes étendues d’eaux salées. Ils peuvent aussi bien être froids que chauds. Et tous les deux peuvent également subir le phénomène de marée. Même s’il est plus marqué du côté des océans.

            Mais trois critères essentiels permettent de distinguer une mer d’un océan :

        • Un océan est plus vaste qu’une mer. Le plus grand des océans de la planète s’étend sur une superficie de près de 180 millions de km2. Le plus petit océan couvre quelque 14 millions de km2. La plus grande mer, la mer d’Arabie, quant à elle, ne mesure qu’environ 3.600.000 km2.

        • Un océan est également nettement plus profond qu’une mer.

        • Un océan entoure un continent et repose sur un plancher basaltique. Une mer, quant à elle, repose sur de la croûte continentale.

            Les lacs, quant à eux, se différencient des océans et des mers essentiellement par le fait qu’ils sont remplis d’eau douce. Ils sont isolés de la mer, alimentés par un cours d’eau et comportent également un cours d’eau émissaire. Pour mériter la désignation de lac, il faut qu’une étendue d’eau soit suffisamment grande et profonde — supérieure à 20 mètres — pour permettre le dépôt de sédiments sur son fond et/ou la stratification thermique des eaux.

            Un étang est généralement moins grand et moins profond qu’un lac et plus grand et plus profond qu’une mare. © Zaimful, Pixabay, CC0 Public Domain

            Un étang est généralement moins grand et moins profond qu’un lac et plus grand et plus profond qu’une mare. © Zaimful, Pixabay, CC0 Public Domain

            Quelles différences entre un lac, un étang et une mare ?

            Contrairement au lac, l’étang est une étendue d’eau, douce ou salée, et surtout peu profonde (entre 5 et 10 mètres). Un étang se forme par accumulation d’une eau non absorbée par un sol trop imperméable. Son alimentation se fait par des sources de faible débit (eaux de pluies, ruissellements, ruisseaux, nappes phréatiques, etc.). L’eau d’un étang est donc stagnante. Et son écosystème est, de fait, bien différent de celui d’un lac.

            Une mare enfin, est de petite taille. Et sa profondeur est inférieure à 2 mètres. Elle peut être naturelle (mare forestière, mare de prairie, etc.) ou anthropique (mare de régulation de collecte d’eau, mare de réserve d’eau pour l’usage domestique, etc.) et elle n’est pas nécessairement pérenne.

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