La température des lacs grimpe


Les océans se réchauffent, mais quand est-il des lacs ? Quelles sont les conséquences si les températures continuent à augmenter pour l’écosystème ? Il y aura-t-il des conflits pour l’eau douce à travers le monde, si par l’augmentation de la température, les lacs diminueront peu à peu ?
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La température des lacs grimpe

 

Le lac Supérieur est le deuxième lac s'étant... (PHOTO ARIANA LINDQUIST, ARCHIVES BLOOMBERG)

Le lac Supérieur est le deuxième lac s’étant le plus réchauffé au cours des 25 dernières années, avec une hausse de température moyenne de 1,16 °C par décennie.

PHOTO ARIANA LINDQUIST, ARCHIVES BLOOMBERG

CHARLES CÔTÉ
La Presse

Après l’atmosphère et les océans, les lacs : le réchauffement frappe la principale source d’eau douce de l’humanité et des écosystèmes.

C’est la conclusion de la première grande étude combinant les données sur la température des lacs de tous les continents, tant celles fournies par les satellites que celles recueillies sur le terrain.

« Les 235 lacs de notre étude contiennent plus de 50 % de l’eau douce du monde », affirme Sapna Sharma, de la faculté de biologie de l’Université York, coauteure de la recherche.

En moyenne, les lacs du monde se réchauffent de 0,34 °C par décennie. C’est un phénomène similaire, quoique plus rapide, au réchauffement de l’air (0,25 °C par décennie) et des océans (0,11 °C par décennie).

La tendance est encore plus forte pour les lacs qui sont couverts de glace une partie de l’année. La glace dure de moins en moins longtemps et les lacs se réchauffent donc beaucoup plus vite.

« Par contraste, les tendances [de température] des lacs libres de glace se rapprochent plus des tendances des températures de l’air et de la radiation solaire », écrivent les chercheurs.

Cette étude internationale publiée cette semaine dans la revue Geophysical Research Letters « représente un effort important d’intégration des données observées sur le terrain avec des données de l’espace », affirme en entrevue à La Presse Reinhard Pienitz, chercheur au Centre d’études nordiques de l’Université Laval.

« C’est un effort aussi de plusieurs auteurs à l’échelle internationale, dit-il. Mais elle ne contient pas d’observations surprenantes. On a déjà pu observer des différences entre les lacs du Haut-Arctique, qui se réchauffent plus vite, et les lacs des régions méridionales. »

DES CONSÉQUENCES DIVERSES

 

Davantage de cyanobactéries

Les cyanobactéries – ou algues bleues – vont proliférer et toucher des lacs de plus en plus nordiques.

« Le taux de réchauffement observé implique une augmentation de 20 % des éclosions d’algues et de 5 % pour les algues toxiques au cours du prochain siècle », affirment les chercheurs.

En prime, les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre, vont augmenter de 4 % par décennie.

Baisse du niveau des lacs

L’eau plus chaude va s’évaporer plus vite, ce qui va faire baisser le niveau des lacs. Cela aura des conséquences pour l’approvisionnement et pourrait attiser des conflits, tout en perturbant l’économie des régions riveraines. Les écosystèmes complets sont aussi à risque de disparaître, dans certains cas.

Espèces envahissantes favorisées

Le réchauffement des lacs perturbe les écosystèmes en place et ouvre la porte à des espèces envahissantes indésirables.

« L’achigan à petite bouche se répand actuellement dans les lacs du Canada parce que l’eau y est de plus en plus chaude. Il fait concurrence au doré de lac et au touladi », explique Sapna Sharma, de la faculté de biologie de l’Université York.

Aucun lac du Québec dans l’échantillon

Il est surprenant de constater qu’aucun lac québécois ne fait partie de l’échantillon analysé par l’équipe de chercheurs. C’est qu’il fallait des lacs pour lesquels des séries de lecture de température sur 25 ans étaient disponibles.

« Nous affichons un certain retard au Québec, mais nous sommes sur le point de générer des séries de données aussi longues », dit Reinhard Pienitz, du Centre d’études nordiques de l’Université Laval. « Je travaille sur le plus grand lac de l’archipel arctique, le lac Nettilling, dans l’île de Baffin, mais nous avons commencé seulement en 2010. Mais ça m’étonne un peu qu’on n’ait pas inclus le lac Saint-Jean. »

LES LACS QUI SE RÉCHAUFFENT LE PLUS

 

Lac Fracksjön (Suède) : 1,35 °C

Lac Supérieur (Canada, États-Unis) : 1,16 °C

Réservoir Kangaroo Creek (Australie) : 1,14 °C

Lac Iliamna (Alaska) : 1,03 °C

Lac Segozero (Russie) : 0,92 °C

* Augmentation de la température par décennie

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Le Saviez-Vous ► Hydrobiolo quoi ? Hydrobiologiste !


On sait qu’il existe des professions qui étudient tout ce qui peut s’étudier, mais beaucoup, nous sont inconnues. Ces professions sont combinées aux sciences, telles que médecine, astronomie ou comme ici la biologie et de ces sciences il y a des spécialités dont l’hydrobiologie
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Hydrobiolo quoi ? Hydrobiologiste !

 

L’hydrobiologie, c’est être pêcheur scientifique ! - crédits Marie Mézière-Fortin

Marie Mézière-Fortin

L’hydrobiologie… en avez-vous déjà entendu parler ? Non ? Pourtant, je suis sûre que vous êtes un hydrobiologiste qui s’ignore…

– Avez-vous déjà pris le temps d’observer les insectes en bord de cours d’eau ?
– Avez-vous déjà élevé des tétards dans un bocal pour les voir se transformer en grenouille ?
– Êtes-vous déjà allé à la pêche ?
– Trouvez-vous les grandes tourbières ou les zones humides reposantes ?

Si vous répondez oui à l’une de ces questions, vous êtes déjà un hydrobiologiste amateur…

De mon côté, j’ai fait de ces centres d’intérêts ma passion puis, de ma passion mon métier… je suis hydrobiologiste depuis plus de 10 ans !

Mais concrètement, c’est quoi l’hydrobiologie ?

L’hydrobiologie, c’est tout « simplement » la biologie des eaux douces. Simplement n’est pas le bon terme car cette science est parfois complexe. On pourrait croire que c’est une toute petite part de l’écologie mais elle rassemble de nombreuses disciplines.

On y étudie tous les milieux aquatiques continentaux – les rivières, les lacs, les mares, les tourbières, etc. – et tout ce qui y vit : les poissons bien sûr mais aussi les plantes, les insectes, les grenouilles, les crustacés… Et par-dessus tout, les liens sont très étroits avec les autres sciences : l’hydraulique, la géologie, la chimie, la pédologie (étude des sols et de leur formation).

Et au final que fait un hydrobiologiste ?

Mon métier consiste donc principalement à effectuer un diagnostic de l’état des milieux aquatiques. C’est parfois un véritable jeu de détective où l’on cherche à comprendre les dysfonctionnements et en trouver les causes. C’est aussi un jeu d’explorateur lorsque l’on recherche l’espèce rare !

Concrètement, nous effectuons des inventaires, des analyses et des mesures « sur le terrain » nous permettant d’établir un bilan de l’état de santé du milieu et des peuplements.

Quand une rivière est abîmée physiquement ou chimiquement, c’est souvent la biologie qui va nous en dire plus. En effet, là où les analyses d’eau nous fournissent une image à un instant « T » – et donc parfois nous faire passer totalement à côté d’un élément – la biologie nous dira si la vie peut se développer dans le milieu étudié.

L’objectif est toujours d’accumuler des connaissances et surtout de trouver des solutions de préservation ou d’amélioration de la qualité des sites. Parfois les objectifs rejoignent aussi la recherche pour mieux comprendre la biologie de certaines espèces.

Si il y a un domaine où il reste beaucoup à apprendre, c’est bien celui-ci. Il y a d’ailleurs de nombreux spécialistes :

– les diatomistes : spécialiste des diatomées (microalgues unicellulaires)
– les spécialistes du zoo-plancton
– les spécialistes des invertébrés
– les spécialistes des poissons
– les botanistes
et bien d’autres.

Que ce soient les diatomées, les poissons ou les plantes, toutes nous indiquent l’état de santé d’un cours d’eau.

Poissons et écrevisses

Vous l’aurez compris, chacun peut trouver son organisme de prédilection ! Pour ma part, je me suis spécialisée dans les poissons (ichtyologie) ainsi que dans les écrevisses (astacologie). Je me passionne tout particulièrement pour les espèces les plus rares, pour lesquelles nous mettons en place des mesures de protection.

Au final, c’est un métier passionnant et varié sur le terrain, au labo, derrière un ordinateur et en réunion pour présenter les résultats… Mais la part la plus délicate consiste souvent à convaincre de l’intérêt de tout ça ! Il faut rester en cohérence avec la réalité économique et les usages qui sont faits des rivières.

Ce que j’aime particulièrement c’est ce travail d’équipe entre les différents acteurs de la gestion de l’eau .
Je suis tellement passionnée par ce mêtier méconnu que j’ai choisi de partager mes expériences et diffuser mes connaissances en hydrobiologie en rédigeant un blogue « L’hydrobioblog :
http://hydrobioloblog.blogspot.fr/

 

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GIEC: le Canada pas à l’abri des impacts des changements climatiques


Le rapport est clair, mais depuis des décennies que les scientifiques font des alertes, mais le message ne passe pas. Nous sommes avec des changements climatiques, des inondations, des chaleurs ou des froids extrêmes, des accumulations de neige, des algues vertes, la liste est longue, et pourtant, on en fait encore trop peu.
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GIEC: le Canada pas à l’abri des impacts des changements climatiques

 

Les Canadiens ne seront pas immunisés contre les impacts des changements... (Photo: archives La Presse)

PHOTO: ARCHIVES LA PRESSE

BOB WEBER
La Presse Canadienne

Les Canadiens ne seront pas immunisés contre les impacts des changements climatiques, laisse croire le plus récent rapport du Groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (GIEC), publié lundi.

Des scientifiques réputés soutiennent que le rapport, dévoilé dimanche au Japon, montre que des transformations sont en route et que les délais dans les actions pour parer à ces bouleversements ne font que réduire les solutions possibles.

Le rapport du GIEC s’attarde aux impacts des changements climatiques et aux façons de s’adapter à la nouvelle réalité. Il est le fruit du travail de plus de 2000 scientifiques et d’experts provenant de 70 pays.

«Nous n’avons plus la latitude de choisir entre atténuation et adaptation», a dit lundi Debra Davidson, une sociologue de l’Université de l’Alberta et auteure principale du rapport.

«Nous sommes déjà pris dans un scénario de réchauffement climatique pour lequel l’adaptation sera absolument nécessaire si nous voulons conserver une qualité de vie raisonnable», a affirmé Mme Davidson.

Le rapport soutient qu’un virage sera nécessaire dans les pratiques en agriculture. Bien que certaines études prédisent des conditions de récolte plus favorables dans des secteurs plus au nord, les perturbations en termes de précipitations de pluie et de neige causeront des problèmes, laisse-t-il entendre.

«Il y a toujours eu certaines prédictions prévoyant de meilleurs cultures dans certains secteurs, a dit John Smol, un biologiste de l’Université Queen’s en Ontario. Mais si l’augmentation de la fréquence des sécheresses se poursuit, quel sera le coût économique de dix ans de sécheresse?»

Certains lacs au Canada connaissent déjà une hausse de la prolifération d’algues à des niveaux qui ne peuvent être attribués au lessivage des terres cultivées, a-t-il fait valoir. Des menaces pèsent sur des espèces de poisson populaires comme la truite grise en raison des changements de tendance de dégel printanier et d’englacement hivernal.

Les inondations, aussi, pourraient représenter un enjeu au Canada, a prédit Andrew Weaver, député du Parti vert en Colombie-Britannique et auteur principal de versions précédentes du rapport. Le nombre et la valeur des réclamations d’assurance sont déjà en croissance marquée au Canada, a-t-il souligné.

Le rapport prévient que l’écosystème d’eau douce de la vaste forêt boréale qui s’étend presque d’un océan à l’autre est globalement menacé.

«Des degrés de changements climatiques associés à des scénarios d’émissions (de gaz à effet de serre) de moyens à élevés posent des risques élevés de bouleversements abruptes et irréversibles à l’échelle régionale dans la composition, la structure et les fonctions des écosystèmes d’eau douce et territoriaux», souligne-t-on.

Selon MM. Weaver et Smol, le rapport démontre que bon nombre de pratiques devront être revues au cours des prochaines décennies, telles que la gestion de l’eau, l’agriculture et la préparation aux désastres naturels.

M. Weaver a fait valoir que les Canadiens doivent se préparer dès maintenant à une augmentation de la demande d’eau potable de la part des États-Unis.

«Les projections sur le climat montrent qu’il y a beaucoup plus d’eau au Canada et beaucoup moins dans le sud aux États-Unis. (…) Il y aura des enjeux de transport de l’eau qui seront soulevés dans un avenir rapproché que nous le souhaitions ou non», a exprimé M. Weaver.

M. Smol a dit croire que l’ensemble des infrastructures du pays démontrent une vision de l’environnement naturel qui devient rapidement dépassée.

Des groupes environnementaux n’ont pas tardé à renouveler leur appel à l’action en se basant sur le nouveau rapport.

Équiterre a soutenu que le GIEC «indique clairement que les coûts de l’inaction ou de l’action entreprise trop tard seront très élevés».

Il a fait valoir la nécessité pour le Québec et le Canada d’avoir une stratégie énergétique basée sur la réduction de la dépendance au pétrole.

Selon l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), «la tendance actuelle des émissions de gaz à effet de serre bouleversera le climat à un point qui dépassera nos limites d’adaptation au cours de ce siècle».

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D’immenses réserves d’eau douce sous les océans


De l’eau douce cachée sous les océans !!! C’est une belle découverte, espérons que cela va aider les peuples défavorisés a se sortir de la faim et la soif
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D’immenses réserves d’eau douce sous les océans

 

Sur cette carte, les plateaux continentaux apparaissent en bleu cyan. Photo :  NOAA

D’énormes réserves d’eau douce ont été découvertes sous le plancher océanique à des kilomètres des rives par des équipes internationales de chercheurs.

Les analyses réalisées par plusieurs équipes internationales montrent l’existence d’un demi-million de kilomètres cubes d’eau à faible salinité sous les fonds marins des plateaux continentaux du monde entier.

Cette eau est située au large de l’Australie, de la Chine, de l’Amérique du Nord et de l’Afrique du Sud.

« Le volume de cette ressource en eau est cent fois supérieur à ce que nous avons extrait du sous-sol de la Terre depuis 1900. » — Dr Vincent Post, Université Flinders

L’existence de cette ressource est une bonne nouvelle puisqu’elle pourrait permettre de soutenir certaines régions du globe pour des décennies, estiment les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature.

Ces réserves se sont formées au cours des dernières centaines de milliers d’années lorsque le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu’aujourd’hui et que le littoral était plus éloigné.

Ainsi, lorsqu’il pleuvait, l’eau s’infiltrait dans le sol qui se trouve de nos jours sous les océans.

Ce phénomène s’est produit un peu partout sur la planète. Lorsque le niveau de la mer a augmenté lors de la fonte des glaciers il y a 20 000 ans, ces endroits ont été recouverts par l’océan.

Ils sont protégés de l’eau de mer par des couches d’argile et de sédiments.

Ces nappes sont similaires à celles retrouvées sous la terre, qui sont l’une des principales sources d’eau douce pour les humains.

Le faible taux de salinité de l’eau découverte récemment sous les océans pourrait faciliter sa transformation en eau potable.

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