Drogues de synthèse: les jeunes minimisent les effets


Si une chose que je suis fière de ne jamais avoir fait, c’est bien de ne pas être un mouton pour ne jamais avoir touché à la drogue quel qu’elle soit. Avec ce que les jeunes consomment aujourd’hui et de la facilité d’en trouver c’est vraiment inquiétant
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Drogues de synthèse: les jeunes minimisent les effets

 

Si les jeunes disent connaître les drogues de... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

Si les jeunes disent connaître les drogues de synthèse, ils semblent en minimiser les effets, selon le sondage. Seulement 59% d’entre eux croient que les drogues de synthèse représentent un danger dès leur première utilisation.

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Marie-Michèle Sioui
La Presse

Les jeunes Québécois connaissent mieux les drogues de synthèse que leurs aînés, mais ils en craignent moins les conséquences, qui peuvent pourtant être fatales, révèle un sondage CROP que l’organisme d’aide aux toxicomanes Portage doit rendre public aujourd’hui.

Le coup de sonde, mené sur le web auprès de 1000 adultes entre les 14 et 18 août, révèle que 16% des Québécois connaissent quelqu’un qui utilise des drogues de synthèse – GHB, amphétamines, méthamphétamines, «sels de bain», ecstasy ou kétamine, notamment. Chez les 18-34 ans, ce nombre passe près de doubler: 30% de ces jeunes connaissent quelqu’un qui consomme des drogues «chimiques».

«Je ne suis pas surprise», admet Danielle Des Marais, porte-parole de Portage et elle-même ex-consommatrice de drogues de synthèse. «Les drogues de synthèse ont toujours été là, mais le contexte dans lequel les gens en consomment est plus accepté. C’est tellement disponible que c’est devenu banal.»

Selon elle, les «pilules» étaient l’apanage des amateurs de «rave» il y a quelques années, mais elles ont gagné en popularité depuis. «Là où le problème a commencé, c’est quand on a vu qu’il y avait une demande et que des gens se sont mis à créer des drogues de synthèse en mettant n’importe quoi dedans», déplore Mme Des Marais.

Jouer à la roulette russe

À preuve, une étude publiée en 2008 par Santé Canada révélait que moins du quart (22,5%) des comprimés vendus comme étant de l’ecstasy sur le marché québécois contiennent bel et bien, et uniquement, de la MDMA (pour méthylènedioxyméthamphétamine, le nom scientifique de l’ecstasy). Sans surprise, donc, Mme Des Marais compare la consommation de drogues de synthèse à une joute de roulette russe, car elle risque tout autant d’être fatale. À Montréal, en mai seulement, une quinzaine de personnes sont mortes et une trentaine d’autres ont été gravement intoxiquées après avoir consommé ces drogues, rapporte Portage.

Or, si les jeunes disent connaître les drogues de synthèse, ils semblent en minimiser les effets, selon le sondage. Seulement 59% d’entre eux croient que les drogues de synthèse représentent un danger dès leur première utilisation. Chez l’ensemble des personnes sondées, ce pourcentage grimpe à 74%.

«Je crois que les ados sont mieux informés que les 18-34 ans, qui ne sont pas le public cible du gouvernement, avance Danielle Des Marais. Les adolescents sont plus au courant qu’eux, parce que la police et les groupes comme Portage font de la prévention dans les écoles.»

Quand même, 78% des répondants ont déclaré que l’enjeu des drogues de synthèse est «préoccupant». Mais les Montréalais, eux, se sont montrés moins inquiets. Ils ont été 75% à se dire préoccupés, faisant diminuer le pourcentage qui, ailleurs au Québec, atteint les 80%. Les résidants de la métropole ont aussi été moins nombreux à dire considérer que les drogues chimiques sont plus dangereuses que les drogues traditionnelles. Seuls 53% d’entre eux se sont prononcés en ce sens, une proportion légèrement en dessous de la tendance québécoise, établie à 59%.

Aussi, 55% des participants au sondage ont déclaré que l’accès à des drogues de synthèse est plus facile ou aussi facile que l’accès à d’autres drogues. Les hommes ont donné l’impression d’avoir accès à ces drogues plus facilement que les femmes: 63% d’entre eux ont dit qu’il était plus facile ou aussi facile d’avoir accès à des drogues de synthèse que des drogues traditionnelles, tandis que 47% de femmes en ont dit autant.

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Le fléau des drogues de synthèse


Depuis des lustres, de l’information, des conseils, des publicités ont-ils eu un impact chez les adolescents face à la drogue ? Il semble que non. Et pire encore, car des drogues sont fabriquées avec n’importe quoi dans des laboratoires clandestins qui risquent d’explosé a tout moment
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Le fléau des drogues de synthèse

 

Drogues J.E.

CAPTURE D’ÉCRAN / LCN

Les autorités constatent une très forte hausse des saisies des drogues de synthèse depuis le début de l’année.

Les autorités constatent une très forte hausse des saisies des drogues de synthèse depuis le début de l’année. C’est ce qu’ont indiqué à «J.E.» des policiers impliqués dans la lutte contre ce fléau grandissant de la société québécoise, en colligeant des données suite à leurs interventions sur le terrain.

La consommation de ces drogues augmente si rapidement que de nouveaux centres se spécialisent maintenant dans le traitement de psychoses toxiques chez les jeunes qui en consomment de plus en plus, révèle l’émission J.E.

Ces pilules, accessibles et peu coûteuses (de 3 à 5 $ le comprimé), sont fabriquées par millions dans des «superlabs» clandestins en banlieue, souvent à deux pas de résidents qui ne savent pas qu’ils sont les voisins de laboratoires artisanaux extrêmement dangereux, toxiques et explosifs.

Ces laboratoires sont des bombes à retardement et constituent un véritable casse-tête pour les policiers et les chimistes, qui doivent se vêtir de combinaisons spéciales pour les démanteler.

«C’est un peu comme faire la cuisine, mais au lieu d’utiliser des ingrédients connus, on utilise des produits chimiques, a expliqué Benoit Archambault, de Santé Canada. Souvent deux produits chimiques ne devant pas être ensemble le sont. Il y a des risques d’explosion, de brûlures sévères, d’intoxication.»

Les frais de la consommation

Pendant ce temps, de plus en plus de jeunes – ainsi que leurs parents – font les frais de la consommation de ces nouvelles drogues, dont ils ignorent souvent le contenu. L’Institut national de santé publique a analysé des échantillons fournis par «J.E» : des pilules de MDMA, de speed et d’ecstasy.

Dans deux des trois cas, elles ne contenaient pas les molécules auxquelles on s’attendait.

Certains jeunes comme Amélie, 21 ans meurent de leur consommation. Son amie Jessica, une ancienne consommatrice et maintenant infirmière, s’est confiée à «J.E.».

«Une soirée comme ça, tout a changé, a raconté Jessica. Elle a pris des drogues [et ne connaissait] pas le cocktail. On a appris que son cerveau c’était fini, une mort cérébrale. Mais c’est loin d’être un suicide. Elle avait le goût à la vie et elle voulait tout sauf mourir.»

Et de plus en plus de jeunes se retrouvent sous l’emprise de psychoses toxiques après avoir consommé. Elles sont devenues un véritable fléau depuis une quinzaine d’années, selon Luc Gilbert, psychiatre à l’hôpital Sainte-Croix à Drummondville, où sept à dix patients sont traités par jour pour ces problèmes.

«C’est ce qu’on voit de plus en plus a expliqué le Dr Gilbert. Des gens qui consomment et qui arrivent dans des états épouvantables à l’urgence et c’est une réelle épidémie. Le cerveau, quand il reçoit ces drogues auquel il n’est pas habitué, crée une métamorphose, et les comportements qui s’en suivent peuvent s’apparenter à la schizophrénie.»

«Premiers épisodes psychotiques»

Le fils de 20 ans de Céline Roberge est régulièrement hospitalisé à l’hôpital Honoré Mercier à Saint-Hyacinthe pour ce genre de problèmes. Il a déjà menacé de tuer sa mère, et cette dernière se trouvait dans un cercle vicieux dans lequel son fils faisait la navette entre le département psychiatrique et les cures de désintoxication, sans recevoir l’aide qu’il lui fallait.

L’hôpital Sainte-Croix à Drummondville a trouvé une solution pour venir en aide aux jeunes comme le fils de Mme Roberge. C’est un programme qui s’appelle premiers épisodes psychotiques, offert aussi dans au moins trois autres hôpitaux à travers le Québec.

Cinquante jeunes y ont déjà pris part. «Les jours présents à l’hôpital on a vu une diminution, très importante due au fait qu’en externe on leur offre un service comme ça, et dû aussi au fait que quand ils vont moins bien ils ont un filet de sécurité, a expliqué le Dr Gilbert. Ils savent avec qui se rapporter quand ça va moins bien.»

Mais entre-temps, les jeunes continuent à consommer. Une nouvelle drogue de synthèse ferait son apparition sur le marché chaque jour, a appris «J.E.».

Le problème devient tellement aigu que les différents corps policiers lanceront une action concertée dans les semaines à suivre pour sensibiliser la population à ce dernier.

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Drogues 2,0: la roulette russe en comprimé


Comment peut-on vouloir prendre ces cochonneries avec tous les conséquences négatives sur le corps, sur le cerveau ? Comment il se fait que des jeunes veulent prendre des drogues, sans savoir vraiment ce qu’ils contiennent Ils ont sûrement des informations sur ces drogues.
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Drogues 2,0: la roulette russe en comprimé

 

L’étude, réalisée sur 365 comprimés saisis partout au Québec, a montré que seulement 22,5% des comprimés vendus comme de l’ecstasy contiennent réellement – et uniquement – du méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA), nom scientifique de l’ecstasy.

PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL

KATIA GAGNON
La Presse

Économiques, faciles à consommer et à cacher, les drogues de synthèse ont la cote auprès des jeunes et créent de nouveaux toxicomanes parmi des clientèles totalement atypiques. Les saisies mondiales se chiffrent en tonnes de comprimés. Le Canada est une plaque tournante de ce très lucratif trafic. Des superpartys ravesoù on teste l’ecstasy avant de la consommer aux maisons de banlieue converties en laboratoires clandestins, La Presse vous entraîne sur la route de ces drogues 2.0.

L’homme est arrivé aux urgences de l’hôpital Saint-Luc encadré par des policiers. Il avait fallu six agents pour le maîtriser et le faire monter dans le véhicule. Sa température corporelle s’élevait à 42 degrés Celsius. Il était à ce point trempé de sueur que les ambulanciers croyaient qu’il sortait de la douche.

Les policiers ont été appelés au domicile de cet homme parce qu’il s’était mis à tout casser chez lui. Il était déchaîné.

Diagnostic du Dr Alexandre Larocque, urgentologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et consultant en toxicologie: intoxication aux amphétamines. De tels cas – bien que pas toujours aussi spectaculaires – ne sont pas rares aux urgences des trois hôpitaux du CHUM.

«On voit ça tous les jours», résume l’urgentologue.

Les médecins sont un peu démunis devant ces cas d’intoxications aux drogues de synthèse, puisque les nouveaux produits se multiplient.

«C’est très difficile pour nous de distinguer un produit d’un autre. On est constamment en retard dans les tests. On met au point un test pour dépister une substance, et ce n’est plus ça qui se vend dans la rue», explique le Dr Larocque.

Cela dit, les signes qu’un patient est intoxiqué par des produits stimulants – amphétamine, méthamphétamine, ecstasy – sont clairs: agitation extrême, hyperthermie, déshydratation, rythme cardiaque élevé, paranoïa.

Les médecins maîtrisent l’agitation – «qui peut être assez spectaculaire», souligne le Dr Larocque – avec des calmants et s’emploient ensuite faire baisser la température corporelle du patient «avec des solutés froids et des matelas réfrigérants». Dans les pires cas, l’intoxication peut mener à la psychose toxique ou carrément à la mort du patient.

Les comprimés mystères

«Les gens disent: moi, je prends du speed. Mais speed, ça ne veut absolument rien dire», observe le caporal Jacques Théberge, de la Gendarmerie royale du Canada.

Car prendre un de ces comprimés, dont on ignore la composition précise, c’est l’équivalent de jouer à la roulette russe. Une étude de Santé Canada, qui date de 2008, l’a démontré noir sur blanc: si vous achetez un comprimé d’ecstasy, vous avez une chance sur deux de tomber sur un comprimé… qui ne contient pas un microgramme d’ecstasy.

L’étude, réalisée sur 365 comprimés saisis partout au Québec, a montré que seulement 22,5% des comprimés vendus comme de l’ecstasy contiennent réellement – et uniquement – du méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA), nom scientifique de l’ecstasy.

Un comprimé sur cinq contient en réalité de la méthamphétamine, un sur vingt des amphétamines et un sur cinq contient bel et bien du MDMA, mais mélangé avec d’autres produits, comme la méthamphétamine ou la kétamine.

«Ainsi, dans près de 80% des cas, l’utilisateur croyant consommer de l’ecstasy consommerait en réalité une autre substance ou un mélange de drogues», affirme l’étude.

«Bref, quand on achète une peanut, on ne sait pas du tout ce qu’il y a là-dedans. On ne sait jamais comment c’est fait ni avec quoi c’est fait», confirme Marie-Ève Morin, médecin spécialiste des toxicomanies.

«Ça trouble beaucoup les jeunes quand on leur dit que l’ecstasy, il y en a de moins en moins dans les comprimés. Quand on leur dit qu’il y a de la méthamphétamine dans leur pilule, ils sont bouleversés. Ils ont peur de ça», dit le caporal Jacques Théberge.

Les effets des produits mélangés ne s’additionnent pas, mais peuvent parfois se multiplier.

«Les gens jouent à la roulette russe en prenant plusieurs produits en même temps», estime Paul-André Dubé, expert en toxicologie clinique à l’Institut national de santé publique du Québec. «On met en marché des drogues dont on ne connaît rien des effets sur la santé humaine.».

«Le téléphone voulait me bouffer»

Jean, grand consommateur de drogues de synthèse, a fait une psychose causée par les amphétamines.

«J’ai été en position foetale pendant trois jours. J’avais l’impression que le téléphone voulait me bouffer», raconte-t-il.

Et le pire, c’est que ces épisodes psychotiques causés par les amphétamines peuvent se produire à répétition.

«Avec les amphétamines, certains patients développent une vulnérabilité à la psychose. Même lorsqu’ils arrêtent de consommer, les hallucinations continuent plusieurs semaines ou même plusieurs mois après l’arrêt de la consommation. La puissance de cette drogue vient vraiment fragiliser le cerveau», dit le psychiatre Didier Jutras-Aswad, qui travaille au CHUM.

Car après l’euphorie des amphétamines vient la pente descendante, qui peut être très, très abrupte.

«J’ai vu des gens dormir sans interruption pendant 48 heures après avoir passé plusieurs jours sur les amphétamines», raconte Annie Trudel, infirmière au programme jeunesse de Dollard-Cormier.

«De grands consommateurs d’ecstasy peuvent se retrouver avec un tableau dépressif extrêmement sévère, qui est complètement réfractaire aux médicaments», dit le Dr Jutras-Aswad.

L’un des cas les plus sévères de psychose toxique vus par Mme Trudel est celui d’un homme qui avait pris de grandes quantités de speed combiné à de la cocaïne.

«Le down a été tellement fort qu’il avait fait trois tentatives de suicide dans la même nuit. Essayer de se tuer, par trois fois: imaginez sa détresse.»

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