Illégal, le pourboire sur la facture


J’ai tendance à croire le client qui s’est fait ajouter 15 % à sa facture comme pourboire sans son consentement et qui est illégal. Il semble que ce soit surtout fait aux touristes alors que cette homme quoiqu’asiatique est né au Canada. C’est quand une bonne chose à savoir qu’un 15 % ajouté à une facture sans avis du consommateur n’est pas légal qu’on soit touriste ou pas
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Illégal, le pourboire sur la facture

 

Melvin Pan, de Vancouver, s'est aperçu que l'équivalent... (Photo tirée de yelp)

 

Melvin Pan, de Vancouver, s’est aperçu que l’équivalent de 15 % avait été ajouté en frais de service sans son consentement.

PHOTO TIRÉE DE YELP
Le Soleil

(Québec) L’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) rappelle qu’il est illégal d’ajouter des frais de service sans l’accord préalable du client, quel qu’il soit, après qu’un touriste se soit plaint qu’un pourboire de 15 % ait été ajouté au total de sa facture dans un restaurant du Vieux-Québec en raison de ses traits asiatiques.

«Ce n’est pas une pratique qui est commune ni qui est recommandée. En vertu de la loi, c’est illégal», a affirmé d’entrée de jeu le conseiller en communication de l’ARQ Martin Vézina.

La Loi sur la protection du consommateur exige en effet que le prix affiché par le commerçant soit le prix payé par le client.

Melvin Pan, un Vancouvérois de 23 ans, était de passage à Québec le 15 août. Ce dernier prétend avoir eu une bien mauvaise surprise lorsqu’il a reçu sa facture après un repas au restaurant Aux Anciens Canadiens, situé sur la rue Saint-Louis.

Selon sa version des faits, il s’est aperçu que l’équivalent de 15 % avait été ajouté en frais de service sans son consentement. En réaction à sa plainte, on lui aurait expliqué que la pratique était courante Aux Anciens Canadiens pour les touristes asiatiques.

Or, M. Pan est né au Canada et le jeune homme s’est senti étranger dans son propre pays, a-t-il dénoncé. Il a donc raconté sa mésaventure sur le populaire site Internet Reddit, en évoquant une forme de «racisme à Québec» et en a rajouté en entrevue dans une radio de Vancouver.

Joint par Le Soleil, Melvin Pan a affirmé que la situation avait assombri son séjour dans la capitale, d’autant plus qu’il n’y restait que deux jours dans le cadre d’un tour du Canada avec sa copine.

«J’ai mis beaucoup d’efforts dans ce voyage», a-t-il affirmé, déçu, déplorant avoir eu à se faire justice devant les autres clients attablés au restaurant. 

Il a souligné qu’il aurait formulé la même plainte s’il avait été dans une autre ville et qu’il aurait été tout aussi estomaqué.

«J’ai voyagé à plusieurs endroits [au Canada] et c’est la première fois que ça m’arrive.»

M. Pan était bien heureux que son histoire soit entendue à Québec. Il espère qu’une telle discrimination ne se reproduira plus et invite les restaurateurs à «parler un peu avec leurs clients», tâter le pouls avant d’ajouter arbitrairement du pourboire en se basant uniquement sur les apparences.

L’accusation de racisme rejetée

Serge Duval, directeur du restaurant Aux Anciens Canadiens, a balayé la théorie de la discrimination et a affirmé ne pas être le seul restaurant du Vieux-Québec où les serveurs invitent les touristes à laisser un pourboire.

«On explique aux clients et on leur offre de l’inclure», a-t-il commenté brièvement.

Il assure de son côté que M. Pan avait été informé par trois fois qu’un 15 % allait être ajouté à sa facture.

«C’est un mensonge», a rétorqué le client mécontent au Soleil, précisant qu’il avait eu «un bon service» et qu’il aurait même laissé «entre 18 et 20 %» si on l’avait laissé décider.

L’ARQ ne croit pas qu’il s’agisse d’une action ciblée vers une «catégorie» de clientèle, mais elle reconnaît que des touristes en provenance d’Asie ou d’Europe ont moins tendance à laisser un pourboire, ce qui peut causer des frustrations chez les serveurs. Elle fait savoir que ces derniers peuvent rappeler les normes en vigueur au Québec.

L’ARQ indique qu’il existe des moyens pour les restaurateurs d’inviter les clients, surtout les touristes asiatiques et européens peu familiers avec les normes d’ici, à donner un pourboire. Une note dans le menu ou des exemples de montant sur les factures sont des façons tout à fait légales, précise M. Vézina. Un serveur peut même ajouter le pourboire à une facture, s’il s’est entendu préalablement avec le client du taux à appliquer.

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Femmes autochtones stérilisées: un rapport troublant, dit la ministre Bennett


Au Canada, le mauvais traitement des Premières nations ne se limitent au policier et le système judiciaire, mais aussi pour les traitements médicaux. Des femmes auraient eu la ligature des trompes sans leur consentement. Ce qui je trouve est grave que même en médecine, on a décidé pour elles sans pour autant pour des problèmes de santé. Ce qui doit être la même chose dans d’autres pays
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Femmes autochtones stérilisées: un rapport troublant, dit la ministre Bennett

 

La ministre des Affaires autochtones du Canada, Carolyn Bennett... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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La ministre des Affaires autochtones du Canada, Carolyn Bennett

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

 

KRISTY KIRKUP
La Presse Canadienne
OTTAWA

Une étude affirmant que des femmes de la région de Saskatoon, en Saskatchewan aient été contraintes de subir la ligature des trompes constitue une preuve de racisme au sein d’un système de santé qui ne s’est pas départi de ses préjugés contre les femmes autochtones, a reste partial en ce qui a trait aux femmes autochtones, a déclaré la ministre des Affaires autochtones du Canada.

Au cours une entrevue à La Presse canadienne, Carolyn Bennett a qualifié de troublant l’étude présentée la semaine dernière, déplorant que des médecins soient encore prêts à imposer à certaines patientes leur vision de ce qu’est une «famille de taille optimale».

Selon Mme Bennett, il s’agissait d’une approche très paternaliste, démontrant que le racisme est encore présent dans les établissements canadiens.

Le rapport a été rédigé par Yvonne Boyer, une avocate et titulaire d’une chaire de recherche du Canada à l’Université du Manitoba à Brandon, et la docteure Judith Bartlett, une chercheuse et médecin.

Elles ont documenté la façon dont certaines femmes autochtones de Saskatoon et des environs avaient été forcées de subir la ligature des trompes ou de les resserrer après avoir accouché à l’hôpital.

La plupart des femmes interrogées ne se rappelaient pas non plus d’avoir consenti à la procédure ou l’ont fait parce qu’elles étaient épuisées et trop accablées pour argumenter plus longtemps, ont découvert les chercheuses.

Leur étude laisse entendre également que des médecins justifiaient les ligatures des trompes afin d’aider les femmes autochtones à gérer la taille de leur famille.

«Les docteurs et les infirmières me disaient : «C’est pour ton bien.  Vous avez tous ces enfants. Profitez-en pendant que vous les avez», a raconté une des femmes interviewées.

La Saskatoon Health Region a dit qu’elle regrettait profondément ce qui s’était passé, reconnaissant qu’elle n’avait pas réussi à traiter les femmes avec le respect, la compassion et le soutien qu’elles méritent.

Elle a demandé une évaluation externe après que les patientes eurent parlé aux médias dans le but de sensibiliser la population sur ce qu’elles avaient vécu.

Mme Bennett, qui est aussi médecin, a mentionné que la discrimination en santé exigeait une attention immédiate, notant qu’il peut être très difficile pour les patientes de négocier avec les fournisseurs de soins de santé, qui portent un préjugé inconscient.

Elle a également fait référence à un rapport de 2015, intitulé «First Peoples, Second Class Treatment», qui a exploré le racisme dans le système de santé et recommandé d’améliorer la collecte de données sur la santé des Autochtones afin de prévenir que le racisme ne cause pas des disparités dans les soins.

En effet, les allégations de mauvais traitements motivés par le racisme ne se limitent pas qu’aux policiers et au système judiciaire, a dit Mme Bennett.

Mme Boyer et Mme Bartlett soupçonnent que l’expérience vécue par les femmes en Saskatchewan n’est probablement pas exclusive à la province, ajoutant qu’un regard plus complet aiderait à déterminer l’ampleur du problème ailleurs au Canada.

Les femmes autochtones ayant partagé leurs histoires pour le rapport souhaitent également une évaluation nationale, ont-elles ajouté.

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Que valent les arguments des défenseurs des animaux?


Je trouve stupide que PETA a ruiné un photographe animalier pour un égoportrait (selfie) d’un singe. Franchement, il y a des causes beaucoup plus urgente qu’une photo. Je suis pour la protection des animaux, de les laisser vivre dans leur environnement, et les animaux domestiques dans un environnement sain, je déteste la chasse sportive, sauf la chasse qui nourrit des gens, et mieux si tout ce qui peut-être utilisé en évitant le gaspillage
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Que valent les arguments des défenseurs des animaux?

 

GETTY IMAGES/GALLO IMAGES

Cette histoire est un exemple des dérives où nous mène l’idée de considérer les animaux comme personnes.

Après six ans de bataille juridique, Dave Slater est ruiné financièrement, en plus d’être victime de harcèlement sur Internet.

Vous avez sans doute déjà vu la photo de singe qui est devenue virale. Saviez-vous que le fameux selfie a ruiné la vie de Dave Slater, le photographe animalier qui a décidé quel objectif utiliser et retouché l’image?

L’organisation pour les droits des animaux PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) lança une action légale au nom du singe, déclarant qu’il devait être le propriétaire de sa propre image. PETA demandait le droit de gérer les fonds financiers du macaque. L’année dernière, un juge américain s’est prononcé contre PETA, déclarant que les animaux n’étaient pas soumis au droit d’auteur. Mais PETA a fait appel. En juillet, un tribunal de San Francisco a repris le dossier.

Après six ans de bataille juridique, Dave Slater est ruiné financièrement, en plus d’être victime de harcèlement sur Internet.

Cette histoire est un exemple des dérives où nous mène l’idée de considérer les animaux comme personnes. Examinons les principaux arguments des défenseurs des animaux.

Peter Singer : une défense utilitariste des animaux

Peter Singer est l’auteur d’un livre populaire, La libération animale (1975). Singer emprunte au philosophe anglais Jeremy Bentham l’idée que la sensibilité est le critère de la dignité morale pour soutenir la thèse selon laquelle tous les êtres capables de souffrir sont dignes de considération morale.

D’après Singer, les animaux qui ressentent de la douleur méritent une considération égale à celle que nous accordons aux humains. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire aucune distinction entre les intérêts d’un animal et ceux d’un humain. Donner une claque ne produit pas le même effet à un cheval qu’à un enfant. Un être humain condamné à mort souffre davantage qu’une vache sur le chemin de l’abattoir, car l’humain sait qu’il va mourir.

Singer appelle spécisme la discrimination morale fondée sur l’espèce. Selon Singer, tous les êtres qui souffrent sont égaux. Ne pas appartenir à l’espèce humaine n’est pas une bonne raison de faire souffrir un animal.

Conformément à la logique utilitariste du calcul du plus grand bien du plus grand nombre, Singer considère que l’utilisation de millions d’animaux dans les laboratoires de recherche et l’élevage industriel sont des problèmes moraux plus importants que le sauvetage des espèces en voie d’extinction ou les chiens errants.

Il n’est pas facile de comparer les intérêts humains à ceux des différentes espèces animales.

Il n’est pas facile de comparer les intérêts humains à ceux des différentes espèces animales. Il n’est déjà pas facile de comparer les plaisirs et les peines entre les êtres humains.

La sensibilité est-elle un bon fondement de la dignité morale? Ce n’est certainement pas la capacité de ressentir de la douleur qui fonde la reconnaissance des droits, car nous reconnaissons aux personnes atteintes d’insensibilité congénitale à la douleur avec anhidrose (une anomalie génétique rare qui fait que la peau du patient ne possède pas de cellules réceptrices de la douleur), les mêmes droits qu’on accorde à tous les membres de l’espèce humaine.

Devrions-nous sauver les gazelles des crocs des lions? Avons-nous le droit de tuer les rats qui infestent une maison ou devons-nous leur donner des pilules anticonceptionnelles et attendre qu’ils meurent de vieillesse?

Tom Regan : l’éthique des droits des animaux

La conception de Singer est contestée par les partisans de l’éthique des droits. Ceux qui défendent les animaux utilisent de plus en plus la notion de doits des animaux.

Tom Regan dans The Case for animal Rights (1983), élabore une justification de la notion de droits des animaux. Regan croit que l’utilitarisme n’est pas le meilleur chemin, d’un point de vue argumentatif, pour fonder rationnellement la défense des animaux.

Supposons que les éleveurs de veaux acceptent de modifier leurs méthodes et qu’ils permettent aux vaux de vivre dans des conditions agréables. Supposons aussi que la demande de viande de veau soit très forte. Dans ces circonstances, le calcul utilitariste pourrait facilement nous amener à conclure que l’élevage et la consommation de viande de veau font le plus grand bonheur du plus grand nombre. Or, Regan est persuadé que la consommation de veau est immorale, et pour défendre sa conviction, il élabore une théorie déontologique.

Pourquoi devrions-nous accorder des droits à des êtres sans raison? Regan fait remarquer que nous reconnaissons des droits fondamentaux aux jeunes enfants, aux malades mentaux, aux comateux, aux personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, même si ces humains ne sont pas toujours capables de faire des choix rationnels et être moralement tenus responsables de leurs actes. On leur accorde quand même un statut moral et refusons qu’ils soient traités comme des choses qu’on peut utiliser à notre guise.

Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les animaux? Regan pense que le statut moral ne repose pas sur la rationalité ou la liberté, mais sur le fait d’être « sujet-d’une-vie », ce qui implique, notamment, d’avoir une vie émotionnelle, une mémoire et un sens de l’avenir.

Selon Regan, les animaux qui peuvent revendiquer le statut de sujet-d’une-vie sont les mammifères mentalement normaux d’un an ou plus. Ces animaux ont un droit au respect égal aux humains. Nous n’avons pas le droit de prendre leur vie ou de les empêcher de poursuivre leurs buts. Ces droits sont absolus et ne peuvent être sacrifiés pour avantager les humains.

La théorie de Regan pose d’énormes difficultés. Il admet que dans un cas extrême comme celui d’un naufrage où il faudrait choisir entre sauver un chien ou sauver un être humain, nous devrions choisir de sauver l’être humain.

De plus, le critère « mammifère normal d’un an et plus » est arbitraire. Les oiseaux et les plus jeunes animaux méritent-ils d’être privés de droits?

Les défenseurs de droits des animaux ont aujourd’hui tendance à dire qu’il suffit avoir intérêt à ne pas souffrir pour avoir le droit de ne pas souffrir, ce qui permet d’inclure dans la sphère morale presque tous les êtres dotés d’une vie psychologique consciente.

Les défenseurs de droits des animaux ont aujourd’hui tendance à dire qu’il suffit avoir intérêt à ne pas souffrir pour avoir le droit de ne pas souffrir, ce qui permet d’inclure dans la sphère morale presque tous les êtres dotés d’une vie psychologique consciente.

D’après ceux qui croient qu’on devrait reconnaître des droits aux animaux, si on évite de faire souffrir sans nécessité un être humain parce qu’il a intérêt à ne pas souffrir, on devrait, par souci d’équité, éviter de faire souffrir sans nécessité les animaux.

La prémisse de cet argument est fausse : ce n’est pas parce qu’ils ont intérêt à ne pas souffrir qu’on évite de faire souffrir les êtres humains. On ne fait pas souffrir inutilement les êtres humains parce que des siècles de philosophie morale et politique nous ont amenés, pour la bonne marche de la société, à choisir pour tous une égale dignité, quel que soit l’état ou la condition de chacun.

L’interdiction morale d’utiliser les animaux est très difficile à fonder rationnellement. Aucun des arguments que nous avons examinés n’est suffisant pour justifier de détruire la vie d’un photographe.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Ne plus rire des gros


Avez-vous déjà remarqué quand on veut faire une satire sur la paresse, l’inaction, le mangeur d’aliments gras, on met des personnes obèses en scène. Il y a beaucoup de préjugés face au surpoids. Cela devient de la discrimination, qui n’aide en rien ces personnes. Cette discrimination se poursuit même pour la recherche d’emploi, face au médecin, etc. Ce texte est long, mais cela vaut la peine de le lire jusqu’au bout, pour changer notre attitude face à l’obésité
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Ne plus rire des gros

 

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses... (photo masterfile)

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal.

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MARIE ALLARD
La Presse

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal. Cette grossophobie est l’une des dernières discriminations tolérées ouvertement. Quand cessera-t-on de confondre lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses?

À bas la grossophobie

«Même si je m’injecte du gâteau, il faut quand même que tu me traites comme un humain», dit Gabrielle Lisa Collard.

La jeune femme, qui ne s’injecte évidemment pas de gâteau, n’en peut plus que les gros (un terme qu’elle utilise) soient jugés. Stigmatisés. Considérés comme des citoyens de seconde zone.

«Les gens pensent que les gros sont moins intelligents, sales, lents», regrette la vive Montréalaise, auteure du blogue taille plus Dix octobre.

À Paris, Daria Marx se décrit aussi comme «une femme grosse» et «une militante féministe et anti-grossophobie». Grosso quoi? «

La grossophobie regroupe l’ensemble des discriminations faites aux personnes grosses», explique-t-elle.

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

«Dans les sociétés occidentales postindustrielles, il existe une vision hyper individualiste qui valorise l’idée qu’une personne peut être en plein contrôle de son existence», avance Audrey Rousseau, candidate au doctorat en sociologie à l’Université d’Ottawa.

Le gros, supposé sans volonté, est incompatible avec le culte de la performance. Donc, indésirable. On confond lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses.

Hausse de la discrimination

En 1995-1996, 7 % des adultes américains rapportaient avoir été victimes de discrimination liée au poids. En 2004-2006, ce taux avait grimpé à 12 %, selon le Yale Rudd Center for Food Policy & Obesity.

La discrimination en raison du poids «a maintenant une prévalence semblable à la discrimination raciale aux États-Unis», d’après une étude parue en 2010 dans l’American Journal of Public Health.

«Aujourd’hui, plus personne ne pense à faire une blague sur la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la religion, mais on continue à faire des blagues sur les gros et les grosses», constate Julie Noreau, une ex-obèse.

Elle-même a souvent entendu des gens imiter le «Bip! Bip! Bip!» d’un camion qui recule quand elle faisait un pas en arrière.

«Pourquoi c’est accepté?», demande-t-elle.

«Vu que c’est de « notre faute » si on est gros, c’est encore fair game dans l’esprit des gens, croit Gabrielle Lisa Collard. Le commun des mortels pense qu’un gros est forcément responsable de son poids. Soit de l’avoir pris, soit de ne pas être capable de le perdre. Ce n’est pas si simple que ça. Mais les gens ne le savent pas. Ils ne savent pas que les régimes ne fonctionnent pas. Des gros, comme des gens pas gros, pensent comme ça. Ils se sentent super coupables s’ils perdent du poids et le regagnent. Pourtant, ça arrive dans 95 % des cas.»

À force de régimes, le métabolisme s’ajuste à la baisse et brûle de moins en moins de calories. C’est un cercle vicieux, méconnu des gens qui ont toujours été minces.

«Les préjugés envers les personnes en surpoids sont tellement internalisés qu’on ne se rend parfois pas compte qu’on en a, observe Andrée-Ann Dufour Bouchard, chef de projet chez ÉquiLibre, un organisme qui vient en aide aux personnes préoccupées par leur poids. Ça touche tout le monde: les jeunes, les adultes, les professionnels de la santé, les obèses eux-mêmes. C’est omniprésent.»

Et ça s’apprend tôt. À 11 mois, les bébés préfèrent regarder des photos de gens obèses plutôt que de poids normal. Mais dès 2 ans et 8 mois, c’est le contraire, selon une étude parue dans le Journal of Experimental Child Psychology en 2016. C’est corrélé aux préjugés anti-gros des mères: plus elles en ont, plus les enfants détournent le regard des obèses.

Effets négatifs

Et si les commentaires désagréables et les regards désobligeants aidaient les gros à enfin maigrir?

«Au contraire, c’est bien documenté que la stigmatisation est associée à plein d’impacts négatifs sur la santé physique et mentale», dit Andrée-Ann Dufour Bouchard.

Dépression, honte, arrêt du sport, isolement, régimes draconiens et troubles du comportement alimentaire s’ensuivent.

«Si la stigmatisation poussait les gens à « se prendre en mains », il y aurait moins de personnes en surpoids, fait valoir la nutritionniste d’ÉquiLibre. Ça n’a pas fonctionné du tout.»

En effet: le taux d’obésité est passé de 14 % à 18,2 % chez les adultes entre 2003 et 2013-2014, selon l’Institut de la statistique du Québec.

La solution? Mieux informer et éduquer.

«Il faut aussi arrêter de penser qu’être gros et être en santé, c’est mutuellement exclusif, martèle Gabrielle Lisa Collard. Tu peux être les deux.»

 Elle-même dit bien manger et faire du sport régulièrement.

«Non, j’suis pas faible, écrit-elle sur son blogue. T’essaieras pour le fun de faire 30 minutes de vinyasa yoga par jour avec l’équivalent en poids de Vin Diesel accroché à ton cul.»

Même constat chez Julie Noreau, qui a perdu du poids mais ne correspond pas «aux standards habituels» de minceur.

«Est-ce que je m’entraîne? Est-ce que je mange bien? Est-ce que je fais attention à moi? Oui, dit-elle. C’est ça, être en forme. Être en forme, ce n’est pas un chiffre sur une balance.»

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Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

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Lourdes conséquences

La discrimination basée sur le poids touche plusieurs sphères de la vie des personnes obèses. Quelques exemples.

Travail

Les femmes obèses rapportent huit fois plus souvent que les femmes de poids normal avoir été discriminées à l’embauche en raison de leur apparence physique, selon le 9e Baromètre du Défenseur des droits de la France et de l’Organisation internationale du travail, paru en 2016. Les hommes obèses? Trois fois plus souvent. Même pour être bénévole, il faut combattre les préjugés. Julie Noreau, une enseignante, s’est fait demander son poids quand elle a voulu se joindre à un organisme qui aide les enfants.

«Les responsables m’ont dit qu’ils cherchaient des personnes qui avaient de bonnes habitudes de vie, se souvient-elle. Ça m’avait complètement démolie.»

Santé

Près de 70 % des femmes en surpoids ou obèses ont vécu de la stigmatisation de la part de médecins, selon une étude citée par le Rudd Center for Food Policy & Obesity de l’Université Yale.

«Tu consultes parce que tu as mal à une épaule et tu te fais dire de perdre 40 livres, illustre Gabrielle Lisa Collard. Le reste de tes problèmes de santé est complètement ignoré.»

Sur le blogue Dix octobre, une jeune femme ronde raconte avoir consulté à 12 ans pour des douleurs à la jambe gauche. Par deux fois, un médecin lui a dit de faire de l’exercice et de perdre du poids. Diagnostic final? Elle avait une tumeur cancéreuse. C’est vrai, l’obésité – surtout viscérale – augmente le risque de développer plusieurs problèmes de santé. Mais il ne faut pas occulter le reste. Ni pousser les obèses à fuir les médecins.

Chirurgie bariatrique

Un obèse qui consulte un médecin pour une bronchite ou une otite peut se faire conseiller une… intervention chirurgicale bariatrique pour maigrir.

«La pression est folle, dit Gabrielle Lisa Collard. Je me suis fait offrir une chirurgie bariatrique plein de fois, même si je n’ai pas de problèmes de santé ni de mobilité. J’ai l’impression que dans 50 ans, collectivement, on ne va pas être super fiers d’avoir coupé des morceaux d’estomac aux gens au lieu de les encourager à s’aimer assez pour aller faire une marche, manger une poire et être heureux. Réduire la surface d’une personne, ça ne traite pas l’intérieur.»

Image

«Les photos utilisées pour illustrer des statistiques sur l’obésité, c’est toujours quelqu’un assis sur un divan ou mangeant un gros hamburger», dénonce Andrée-Ann Dufour Bouchard, de l’organisme ÉquiLibre.

L’image donnée des personnes en surpoids est rarement positive.

«La représentation des gros, c’est quelqu’un qui passe à travers une chaise, qui fait des bruits de pets ou qui braille dans un gâteau, regrette Gabrielle Lisa Collard. Forcément, t’es gros, t’es sale et tu manges du poulet frit dans un seau.»

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PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Gabrielle n’est pas née grosse

Septembre 2016. Dans une auberge de jeunesse de Paris, Gabrielle Deydier dort nue, une serviette autour du ventre. À deux heures du matin, une Américaine tire le rideau de son lit-cabine et pointe son téléphone sur elle, lampe de poche allumée.

«Biggie sur YouTube! hurle-t-elle. Biggie, biggie, biggie

La direction de l’auberge a mis l’Américaine dehors et surclassé Gabrielle Deydier, qui pèse 150 kg, dans une chambre individuelle. L’anecdote, suintant la haine, est racontée dans l’introduction d’On ne naît pas grosse, le livre qu’elle fait paraître le 15 juin aux Éditions Goutte d’Or.

On ne naît pas femme, on le devient, selon la thèse de Simone de Beauvoir. Les inégalités entre les hommes et les femmes sont culturellement construites, pas naturelles. De même, les gros ne naissent pas inférieurs, écrit Gabrielle Deydier, qui s’est lancée dans une double investigation, à la fois sur le rapport de la société avec la femme grosse et sur l’origine de sa propre obésité. Une enquête fouillée et troublante.

Erreur médicale

À 17 ans, Gabrielle Deydier pesait 65 kg. Sa mère la jugeant grosse, elle s’est rendue chez un nutritionniste endocrinologue, qui lui a diagnostiqué une maladie des glandes surrénales. Il lui a prescrit des hormones, des médicaments, un régime hypocalorique, des coupe-faim et des boissons diurétiques. Des furoncles sont apparus sur son visage. Le régime strict l’a poussée à vider les placards la nuit. Peu après Noël, la jeune Française pesait 120 kg et s’isolait. Son poids avait doublé en moins d’un an.

Ce n’est qu’à presque 24 ans que Gabrielle Deydier apprendra qu’elle ne souffre pas d’une maladie des glandes surrénales, mais d’ovaires micropolykystiques. Il lui faudra attendre bien plus longtemps avant d’avouer qu’elle alterne des phases de jeûne prolongé avec de l’hyperphagie, alors qu’elle absorbe de grandes quantités de nourriture sans se faire vomir.

«À aucun moment, je ne veux qu’on croie que je glorifie l’obésité, dit Gabrielle Deydier, jointe par téléphone à Paris. Mais il faut accepter les gens.»

Ce n’est pas toujours le cas. Les jeunes obèses en Suède, au Royaume-Uni et aux États-Unis sont payés 18 % de moins que les personnes de poids normal, selon l’étude Fat Doesn’t Pay, citée par l’auteure.

«Plusieurs fois, en entretien d’embauche, on m’a dit que je ne correspondais pas à l’image de dynamisme de l’entreprise. Les gens n’ont pas de filtre quand ils s’adressent aux gros. Et comme les personnes grosses ne se plaignent pas…»

Femmes sous bistouri

Plutôt que de se plaindre, les obèses subissent des interventions chirurgicales bariatriques, sans suivi suffisant. Cela revient à coudre les lèvres d’une personne qui n’arrive pas à arrêter de fumer, selon Gabrielle Deydier.

«Sur 10 personnes qui se font opérer, 8 sont des femmes, observe-t-elle. Alors que la proportion d’hommes et de femmes chez les obèses est quasiment équivalente.»

L’obésité ne fait qu’amplifier «les complexes que ressentent, en fait, presque toutes les femmes», analyse l’auteure.

Elle souhaite qu’on éduque les gens.

 «Comme on fait des campagnes contre le racisme, il faut expliquer que ce n’est pas en s’en prenant au petit gros dans la classe, au travail ou dans le métro qu’on va régler quoi que ce soit», fait-elle valoir.

«L’obésité, c’est une maladie qui peut avoir des conséquences dramatiques, convient Gabrielle Deydier. Mais est-ce que lutter contre l’obésité, c’est lutter contre les obèses? Il se trouve que moi, ma maladie se voit. Est-ce une raison pour que je ne sois pas socialisée?»

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On ne naît pas grosse. Gabrielle Deydier. Éditions Goutte d’Or.

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids.

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Cinq mythes à combattre

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids. Voici cinq mythes déconstruits par Jean-Philippe Chaput, professeur-chercheur en pédiatrie à l’Université d’Ottawa et au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario.

Manger trop et ne pas bouger assez, voilà les causes de l’obésité

«L’obésité est une problématique vraiment complexe», dit Jean-Philippe Chaput.

De nombreux autres facteurs peuvent expliquer l’excès de poids: le manque de sommeil, le stress, les perturbateurs endocriniens, les troubles alimentaires, les médicaments, etc.

«Au congrès du Réseau canadien en obésité, à Banff en avril, des gens obèses ont dit avoir vécu beaucoup de problèmes de santé mentale, d’abus et de discrimination», illustre le chercheur.

Dans ces circonstances, trop manger et être inactif peuvent être des symptômes d’autres maux, plutôt que des causes.

Les gros ne sont pas en santé, les minces le sont

«On met trop l’accent sur le poids, qui est un indicateur de la santé parmi d’autres, note M. Chaput. Bien manger, bien dormir, gérer notre stress, bouger, réduire le temps passé devant un écran, ne pas fumer : tout cela fait en sorte qu’on est en bonne santé, sans égard à notre poids.»

«On pense que tous les obèses sont malades, mais environ un tiers des gens obèses sont en bonne santé, affirme le chercheur. Et environ un tiers des gens minces sont en mauvaise santé et devraient changer leurs comportements. Comme on se base toujours sur l’indice de masse corporelle (IMC), on surtraite les gens obèses et on sous-traite des gens minces. Le meilleur poids, c’est celui qu’on a avec les meilleures habitudes de vie possible.»

Les obèses sont paresseux

«Il y a une épidémie d’inactivité physique au Canada, rappelle M. Chaput. Tout le monde ne bouge pas assez, autant les minces que les personnes en surplus de poids.»

À peine 10 % des jeunes Canadiens font une heure d’activité physique d’intensité moyenne à vigoureuse par jour, comme recommandé.

Seuls de 15 % à 20 % des adultes font les 30 minutes par jour d’activité d’intensité moyenne à vigoureuse suggérées.

«Il n’y a pas de grosses différences selon le poids corporel», souligne M. Chaput.

La santé de bien des Canadiens – pas seulement des obèses – est menacée par cette inactivité.

Les régimes fonctionnent

«À peu près 95 % des gens qui font une diète reprennent le poids perdu», affirme M. Chaput. Ceux qui réussissent à maintenir leur perte de poids pendant cinq ans «se pèsent tous les jours, bougent 90 minutes par jour et restreignent leur alimentation au maximum», décrit le chercheur.

Perdre du poids à long terme est difficile, parce que le métabolisme diminue après un régime. Au repos, le corps brûle moins de calories qu’avant. Quant aux cellules graisseuses, elles envoient plus de signaux de faim au cerveau.

«C’est pour ça qu’il n’y a présentement pas de bon traitement pour l’obésité, souligne M. Chaput. Même avec la chirurgie bariatrique, on voit des regains de poids. Le meilleur traitement, c’est la prévention.»

La perte de poids n’a pas d’effets indésirables

Une importante perte de poids peut causer une rémission du diabète, soulager les articulations, améliorer l’estime de soi, etc.

«Mais ça entraîne aussi des effets secondaires», indique M. Chaput.

L’appétit augmente, le métabolisme diminue et la tendance vers l’hypoglycémie s’accentue. Des taux plus élevés de polluants organiques persistants se retrouvent dans le sang.

«On voit aussi beaucoup de dépressions chez les gens qui ont eu des chirurgies bariatriques», ajoute le chercheur.

Maigrir n’est pas une solution magique.

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Disqualifiée parce qu’elle a « l’air d’un garçon »


Expulsée parce que la jeune fille de 8 ans d’une finale d’un tournoi de soccer parce qu’ils trouvent qu’elle ressemble à un garçon. Pour se rendre à un tournoi, il a fallu bien qu’elles jouent plusieurs fois et n’a jamais eu de problème alors pourquoi maintenant
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Disqualifiée parce qu’elle a « l’air d’un garçon »

 

Mili Hernandez

Mili Hernandez Photo : La Presse canadienne/WOWT TV

La famille d’une joueuse de soccer de 8 ans affirme que son équipe a été disqualifiée d’un tournoi au Nebraska parce que les organisateurs croyaient qu’elle était un garçon.

Mili Hernandez, l’une des meilleures joueuses des Azzuri Cachorros d’Omaha, allait disputer la finale du tournoi de Springfield quand on lui a appris la nouvelle.

« Même si j’ai l’air d’un garçon, ça ne veut pas dire que j’en suis un, a-t-elle déclaré à une station de télé d’Omaha. Ils n’ont aucune raison d’expulser toute l’équipe. »

Son père, Gerardo Hernandez, prétend avoir montré la carte d’assurance de Mili aux organisateurs pour prouver qu’elle est bel et bien une fille.

« Ils n’ont même pas voulu la prendre. J’étais fâché, a poursuivi M. Hernandez. Je n’ai jamais eu ce problème auparavant. Elle joue depuis si longtemps dans différents tournois. Ce n’est pas une bonne façon de traiter les gens. »

Appui de taille

Après avoir eu vent de la mésaventure de Mili, les légendes du soccer américain Mia Hamm et Abby Wambach lui ont offert leur soutien sur Twitter. Hamm a invité la jeune fille à son académie de soccer.

Wambach lui a adressé un message dans lequel elle lui mentionne de ne jamais se laisser dire qu’elle n’est pas parfaite comme elle est.

 

Les organisateurs ont annoncé à la famille Hernandez qu’elle pouvait porter sa cause en appel auprès de l’association de soccer du Nebraska (NSS), ce que celle-ci a refusé de commenter.

Dans un communiqué publié lundi soir, la NSS a toutefois condamné la décision des organisateurs à l’endroit de Mili et de son équipe.

« Même si nous ne supervisions pas le tournoi de Springfield, peut-on lire dans le communiqué, nous reconnaissons que nos principales valeurs n’ont pas été respectées en fin de semaine passée et nous nous excusons auprès de cette jeune fille, de sa famille et de son équipe pour ce déplorable malentendu. »

Les Cachorros ont déposé une plainte de discrimination sexuelle et raciale auprès de la NSS.

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Le Saviez-Vous ► Une histoire du Canada qui n’est pas la mienne


Cette année, on fête son 150e de la Confédération canadienne. Nous sommes considérés comme un pays jeune tout comme l’Amérique avec son histoire victorieuse des premiers fondateurs, les anglais et les français. Vraiment ! Pourtant,l’Amérique était peuplé bien avant l’avenu des explorateurs européens. Pour gagner ce territoire, il a fallu comme tout autre pays conquis, implanté le pouvoir, par la destruction, le génocide et pour finir, tassé les survivants autochtones pour prendre toute la place au nom de la liberté, de la civilisation, de la culture, etc. Les Premiers Nations ont bien raison de dire que l’histoire du Canada n’est pas leur histoire .. L’histoire de l’île de la tortue
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Une histoire du Canada qui n’est pas la mienne

 

Gaétan Bouchard

Blogueur et artiste-peintre

L’histoire est presque toujours racontée par les vainqueurs. Les vaincus ont rarement droit au chapitre. Tout ce qu’ont fait les conquérants est noble et bon. Ils ont apporté la paix, la civilisation, la culture, la liberté, la tolérance, les tartes aux pommes… Pourtant, lorsque l’on gratte un peu, l’histoire s’avère tout autre. Les vainqueurs ont aussi apporté la guerre, le chaos, l’extermination, la discrimination raciale, l’esclavage et les génocides.

L’histoire du Canada ne fait pas exception à cette règle.

D’abord avec cette notion des deux peuples fondateurs: les Français et les Anglais. Oublions tout de suite les Anishnabegs, les Innus, les Eeyous, les Haudenosaunees et les Inuits, pour ne nommer que ceux-là. Ils n’existent tout simplement pas, tant aujourd’hui qu’hier ou demain. On ne parle à peu près jamais d’eux en toutes circonstances. On sait vaguement qu’ils savaient faire des canots d’écorce et du sirop d’érable et c’est à peu près tout. Pas un mot sur l’animisme, sur le Grand cercle de la vie, sur leur médecine, sur leurs rapports humains, sur leurs maisons. Sinon un murmure disgracieux portant sur plusieurs millénaires d’occupation humaine du territoire. Ils vivaient tous dans des tipis et disaient hugh de temps à autre. Ils mangeaient des patates et du blé d’Inde…

Ce territoire, d’ailleurs, ne portait pas le nom d’un conquérant. Il ne s’appelait pas «Amérique» pour honorer un certain Amerigo Vespucci. Les Autochtones s’entendaient presque tous pour nommer l’île de la Tortue ce territoire que nous occupons. Les membres des Premières Nations n’auraient d’ailleurs jamais pensé offenser leur toponymie en désignant les continents, les montagnes et les rivières avec des noms d’êtres humains. Leur vision de la toponymie était essentiellement poétique. Pas de Mont Washington ou de rivière Saint-Maurice, mais le Mont de-la-demeure-du-Grand-Esprit et la rivière de l’Enfilée d’aiguilles. Cela explique pourquoi les conquérants ont cru qu’ils étaient des barbares…

À Trois-Rivières, qui s’appelait autrefois Lieu-où-se-décharge-tous-les-vents (Métabéroutin), on peut voir encore ces ravages de l’histoire officielle. Un seul monument rappelle la présence des autochtones en ce lieu. Un monument à la mémoire du Sieur de Laviolette, soi-disant fondateur de Trois-Rivières. Il est situé tout près du bureau de poste, au centre-ville. On peut voir sur les plaques de bronze qui lui sont consacrées une poignée de Sauvages à genoux devant le noble seigneur… Chaque fois que je passe devant ce monument ma moitié de sang anishnabeg me colorent les joues d’indignation.

On ne souvient aucunement qu’il y avait des Anishnabegs, des Atikamekws et des Haudenosaunees qui occupaient ce territoire depuis des millénaires. On ne veut pas s’en souvenir, sinon pour nommer de temps à autre un terrain de golf ou bien un édifice de béton quelconque. Ce qui est d’autant plus ironique que les Autochtones n’en ont historiquement rien à cirer de cette vision européenne de la toponymie comme je l’ai dit précédemment.

On fête cette année le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Jamais les Autochtones n’ont participé à cette fondation de quelque façon que ce soit. Le Québec y est entré sans référendum. Il semblerait même que les Terreneuviens n’en voulaient pas et qu’on aurait trafiqué les résultats. Bref, il n’y a pas de quoi fêter.

Une polémique a surgi cette semaine à propos d’une série télévisée sur l’histoire du Canada diffusée par la CBC. Les Français y apparaissent sales et négligés. On occulte la déportation des Acadiens. On n’y parlerait à peu près pas des Autochtones. C’est un cas patent d’histoire telle que racontée par les vainqueurs et cela ne devrait étonner personne.

Ce n’est pas une raison de ne pas s’en indigner, évidemment.

J’aimerais néanmoins que l’indignation porte plus loin que cette vision réductrice de deux peuples fondateurs.

Il y avait peut-être 100 millions d’êtres humains sur l’île de la Tortue avant l’arrivée des conquistadors européens. Les Autochtones ont été décimés comme des bisons. Non seulement par la maladie, mais aussi par la guerre, l’assimilation et, disons-le clair et net, ce fut un génocide rarement égalé dans l’histoire universelle.

Pour un Bartolomé de Las Casas qui a élevé la voix contre ces massacres, il y eut des milliers de conquérants pour les applaudir. La civilisation européenne s’est imposée sur l’île de la Tortue comme un rouleau compresseur aplanissant tout sur son passage.

Français et Anglais sont coupables d’entretenir ce mythe des deux peuples fondateurs.

Le chef anishnabeg Capitanal, qui pourrait être considéré comme le fondateur de Trois-Rivières si nous étions moins racistes, s’était présenté à Samuel de Champlain pour lui demander qu’on y bâtisse un fort pour les protéger des attaques de leurs ennemis haudenosaunees et d’y poursuivre le commerce des fourrures avec leurs alliés les Français.

Et vous savez ce qu’il a dit à Champlain, ce Capitanal?

– Vos fils marieront nos filles et nous formerons une nouvelle nation.

Ce métissage revendiqué par Capitanal s’est bel et bien produit.

Je suis moi-même un Métis qui descend peut-être de ce Capitanal, voire des associés de Samuel de Champlain.

Ce peuple métissé est une réalité que l’on ne veut pas voir.

Le mythe du Sauvage inutile est entretenu sous d’autres formules.

Je sais que mon père cachait cet héritage pour ne pas nous faire passer pour des Sauvages. C’était une manière pour lui de nous protéger de l’histoire des conquérants... On ne voudrait pas passer pour Juif en Allemagne en 1943. Il voulait nous éviter d’être stigmatisés. Nous pouvions donc rêver avec les autres de revoir notre Normandie…

La mère de mon père était Anihsnabeg et provenait de la réserve d’Akwasasné.

Quand je pense à cette grand-mère que je n’ai jamais connue, il me semble entendre mes frères et soeurs autochtones danser pieds nus sur la Terre Sacrée. Je ressens la tristesse de ce grand orignal blessé qui s’est enfoncé dans la forêt pour y mourir en paix. Je ressens aussi l’appel des jeunes orignaux qui croient qu’on a suffisamment abusé les Autochtones et je m’écrie avec eux Idle No More!

En tant que Métis, je suis minoritaire de tous bords tous côtés.

Minoritaire en tant que francophone dans le Canada actuel.

Minoritaire par mon ascendance autochtone, au Québec comme au Canada.

Quelque chose me dit encore que mon pays s’appelle l’île de la Tortue et qu’il ne reconnait pas ces frontières artificielles créées par les conquérants.

Quelque chose me dit que l’histoire de mon pays plonge ses racines dans la nuit des temps, avant même que les Égyptiens n’aient construit leurs premières pyramides.

Avant de célébrer l’histoire du Canada ou bien du Québec, il faudrait peut-être se guérir une fois pour toutes de l’Histoire avec un grand H et remettre en question cette notion hypocrite de deux peuples fondateurs.

Comme le disait le jazzman afro-américain Sun Ra dans une formule que je rappelle souvent: History is not my story. Son histoire, ce n’est la mienne..

http://quebec.huffingtonpost.ca

Les États-Unis abrogent un règlement protégeant la vie privée des internautes


Les Américains vont voir leur vie privée sur Internet se vendre aux plus offrants leurs données personnelles même si c’est contre leur gré. Au Canada, cela demeure illégal sans le consentement
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Les États-Unis abrogent un règlement protégeant la vie privée des internautes

 

Les fournisseurs d’accès Internet américains pourront continuer à vendre les données personnelles de leurs clients sans leur consentement après la révocation par le Congrès d’un règlement adopté à l’époque d’Obama.

En octobre dernier, les défenseurs de la vie privée aux États-Unis avaient de quoi saluer la FCC : l’agence américaine avait validé le projet d’imposer de nouvelles restrictions aux fournisseurs d’accès Internet, qui allaient désormais devoir demander l’autorisation explicite de leurs clients avant de pouvoir partager leur historique de navigation à des tiers.

Malheureusement, cette lune de miel fût de courte durée.

«C’est informations comptent parmi les détails les plus intimes de la vie d’une personne.»

Car avant même qu’entre en vigueur ce texte réglementaire, le Sénat la semaine dernière puis le Congrès mardi ont tous deux voté pour son abrogation. Le statu quo veillera à ce que des informations personnelles au sujet de l’appartenance religieuse des internautes, leur orientation sexuelle, leur état de santé ou leur emplacement géographique puissent être utilisées à des fins discriminatoires, selon des organismes à la défense du droit à la vie privée.

«C’est informations comptent parmi les détails les plus intimes de la vie d’une personne», a déclaré Natasha Duarte, du Center for Democracy and Technology, à l’AFP. «Les consommateurs doivent pouvoir contrôler ce que les entreprises font de ces informations.»

Sans surprise, la nouvelle a suscité un important débat aux États-Unis. The Verge a publié ce matin la liste des 256 membres du Sénat et du Congrès, tous deux à majorité républicaine, ayant voté pour le renversement de la décision prise en octobre dernier. La somme des dons versés à chacun d’eux par des entreprises comme AT&T, Comcast et Verizon y est également répertoriée.

Tout ce dont les FAI ont besoin maintenant est la signature de président Trump avant que ne disparaisse officiellement la mesure trop contraignante à leurs yeux.

Qu’en est-il du Canada?

Au Canada, la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques exige que les entreprises qui souhaitent recueillir, utiliser ou communiquer des renseignements personnels de clients obtiennent le consentement explicite de la personne concernée. Leur demande doit également préciser les fins auxquelles les renseignements en question seront utilisés. Si l’organisme décide de les utiliser à d’autres fins, elle doit obtenir à nouveau l’autorisation explicite d’agir selon ses nouveaux motifs.

Qui plus est, les entreprises ne peuvent refuser de fournir un produit ou un service à une personne qui ne consent pas à la collecte, l’utilisation ou la communication de ses renseignements personnels autres que les renseignements requis à des fins explicites et légitimes.

En octobre 2015, Bell s’est retrouvée dans l’eau chaude en dévoilant son programme de publicité pertinente, une initiative qui visait à collecter et partager les renseignements de ses clients – puisés à même leur historique de navigation – avec des tiers à des fins de marketing. L’entreprise croyait, à tort, qu’en annonçant publiquement ses intentions, un client qui ne se manifestait pas contre l’utilisation de ses renseignements personnels dans ce contexte souscrivait automatiquement à cette nouvelle politique.

Une enquête a ensuite été déclenchée par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, et Bell a accepté en avril 2015 de mettre fin à son controversé programme. L’entreprise a également indiqué que si elle lançait à nouveau un tel programme à l’avenir, elle le ferait en demandant le consentement explicite de ses clients.

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Le Saviez-Vous ► La petite histoire des interdictions d’entrée aux États-Unis


Depuis Donald Trump est à son poste de la présidence des États-Unis, il essaie tant que bien que mal d’imposer l’interdiction à des pays de majorité musulmans de rentrer au pays. Ce ne fut pas le seul dans l’histoire des États-Unis. Les chinois, les iraniens, les juifs, les anarchistes, les communistes, les épileptiques, les mendiants, les proxénètes, les sciatiques, etc. on eut un moment dans d’interdiction voir même de déportation. À noter que le Canada a aussi eu dans son histoire des interdictions d’étrangers au pays
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La petite histoire des interdictions d’entrée aux États-Unis

 

Mai ou juin 1939 : les réfugiés de l’Allemagne nazie, à bord du paquebot Saint Louis, sont forcés de retourner en Europe, alors que Cuba et les États-Unis refusent de les accueillir.

Mai ou juin 1939 : les réfugiés de l’Allemagne nazie, à bord du paquebot Saint Louis, sont forcés de retourner en Europe, alors que Cuba et les États-Unis refusent de les accueillir. Photo : US Holocaust Memorial Museum

En interdisant l’accès au territoire américain aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, le président Donald Trump s’est défendu de cibler des groupes particuliers d’individus et a argué, avec raison, que d’autres présidents avant lui avaient eu recours à des mesures semblables en invoquant la sécurité nationale.

Retour sur six moments où des lois ont limité l’accès au territoire américain pour les étrangers.

Un texte de Vanessa Destiné


1. La loi d’exclusion des Chinois

Adoptée le 6 mai 1882, sous la présidence de Chester A. Arthur, cette loi interdit aux travailleurs d’origine chinoise d’entrer au pays. À l’époque, les ouvriers chinois servent majoritairement de main-d’œuvre dans les mines. Beaucoup d’entre eux sont arrivés quelques décennies plus tôt, dans la grande période de la conquête de l’Ouest marquée par la ruée vers l’or en Californie.

En 1880, 105 000 Chinois vivent aux États-Unis, dont une très grande majorité dans l’Ouest, notamment sur le territoire qui deviendra San Francisco.

La période faste de la conquête est au ralenti et le travail se fait rare pour l’ensemble de la population. Les ouvriers chinois sont alors accusés de nuire à l’économie et au climat social.

Des ouvriers chinois qui ont participé au développement du réseau de chemin de fer aux États-Unis.

Des ouvriers chinois qui ont participé au développement du réseau de chemin de fer aux États-Unis.   Photo : Twitter/US Labor Department

La loi d’exclusion des Chinois est adoptée par le Congrès. En plus d’interdire l’entrée aux nouveaux arrivants chinois, elle oblige ceux qui sont déjà présents à s’enregistrer auprès des autorités et à obtenir des certificats pour leur garantir leur droit de revenir au pays s’ils décident d’en sortir. La loi, qui est restée en vigueur 10 ans, empêche aussi les ressortissants chinois d’accéder à la citoyenneté américaine.

Il s’agit de la première loi visant à restreindre de manière significative l’accès au territoire américain à un groupe spécifique d’individus.

Après une première expiration en 1892, la loi a été étendue pour être également appliquée aux immigrants japonais et adaptée pour permettre la déportation des individus non enregistrés auprès des autorités. La mesure a finalement été abrogée en partie en 1943, durant la Seconde Guerre mondiale, alors que la Chine combat dans le groupe des alliés aux côtés des États-Unis.

Pas qu’aux États-Unis

Parallèlement au développement de l’Ouest américain, le Canada a entrepris des travaux pour rallier le territoire d’un océan à l’autre. Pour ce faire, le gouvernement a également eu recours à la main-d’oeuvre chinoise à partir de 1880 pour construire le chemin de fer du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique. Or, des décennies plus tard, lorsque la construction du chemin de fer est achevée, les ouvriers chinois se butent au chômage et sont de plus en plus marginalisés au sein de la population.

Le pays adopte en 1923 la Loi de l’immigration chinoise, aussi connue sous le nom de Loi d’exclusion des Chinois, qui interdit à presque tous les immigrants chinois d’entrer au Canada. Elle sera abrogée en 1947.


2. Les réfugiés juifs de la Seconde Guerre mondiale

Durant les grands bouleversements qui ont secoué l’Europe du 20e siècle, les États-Unis sont vus comme une terre d’accueil pour bien des gens qui fuient la guerre. Pendant le règne d’Hitler en Allemagne, le président Franklin D. Roosevelt s’est montré méfiant relativement à l’accueil de réfugiés juifs, car il craignait que des espions nazis se soient cachés parmi eux.

À cette époque, le gouvernement américain avait fixé à 26 000 le plafond du nombre de réfugiés provenant d’Allemagne – dont la majorité était juifs – admis annuellement aux États-Unis. Les experts estiment que durant la période hitlérienne, les autorités américaines ont rempli moins de 25 % de leur quota.

Un cas célèbre

À l’été 1939, le gouvernement américain refoule le Saint Louis, un paquebot transportant plus de 900 personnes d’origine juive, dont certaines avaient passé par les camps de concentration puis avaient été libérées à condition de ne jamais remettre les pieds en Allemagne. Les passagers du Saint Louis se font d’abord refuser l’accès au territoire cubain, puis au sol américain à partir de la mer des Caraïbes, car le quota américain est déjà atteint et le président n’a pas répondu à leur demande d’asile. Ce même bateau est également refoulé par le Canada. Le Saint Louis est donc contraint de rebrousser le chemin vers l’Europe. Selon les historiens, plus d’un quart des passagers auraient ensuite péri durant l’Holocauste.


3. La loi sur les anarchistes

Le 3 mars 1903, les États-Unis adoptent la Loi sur l’exclusion des anarchistes à la suite de l’assassinat du président William McKinley par Leon Czolgosz, un anarchiste né en sol américain de parents polonais.

William McKinley, le 25e président des États-Unis. Entré d’abord en fonction en 1897 et de nouveau en 1897, il se fait assassiner le 6 septembre 1901.

William McKinley, le 25e président des États-Unis. Entré d’abord en fonction en 1897 et de nouveau en 1897, il se fait assassiner le 6 septembre 1901. Photo : Associated Press

En plus d’interdire l’entrée aux immigrants soupçonnés d’adhérer aux courants anarchistes, la loi cible trois autres catégories d’individus : les épileptiques, les mendiants ainsi que les proxénètes et autres commerçants du sexe.

La loi est ensuite modifiée en 1918 pour permettre au gouvernement de déporter les anarchistes étrangers déjà au pays.

La Loi sur l’exclusion des anarchistes est la première à limiter l’accès au territoire américain sur la base de l’appartenance politique.


4. La chasse aux communistes

Après la Deuxième Guerre mondiale, l’agitation politique qui traverse les pays européens inquiète les autorités, et le « Red Scare », ou la peur des communistes, grandit.

Les États-Unis adoptent la Loi sur la sécurité intérieure en 1950. Cette première version d’une loi qui connaîtra plusieurs mutations interdisait l’accès au territoire américain aux potentiels communistes.

En plus de brimer considérablement les droits des individus en permettant des enquêtes extensives sur certaines personnes ou des arrestations arbitraires, elle rendait aussi possible la déportation des immigrants soupçonnés d’être membres du Parti communiste ou les empêchait d’obtenir la citoyenneté.

Le président de l’époque, Harry S.Truman, était un farouche critique de cette loi, qu’il a décrite comme le premier pas vers un état totalitaire. Il a opposé son veto présidentiel à la mesure, sans succès.

Certains éléments de la loi ont finalement été jugés anticonstitutionnels par la Cour suprême des États-Unis… au tournant des années 90.


5. Les représailles contre l’Iran

Dans la foulée de la crise de la prise d’otages américains en Iran en 1979, où 52 personnes ont été retenues contre leur gré dans l’ambassade américaine à Téhéran pendant 444 jours, l’administration du président Jimmy Carter a adopté une série de sanctions contre l’Iran. Parmi celles-ci, la fin de délivrance de visas américains pour tout ressortissant iranien.

Les sanctions ont graduellement été levées lorsque la crise s’est résorbée et l’immigration en provenance de l’Iran a de nouveau été autorisée en sol américain.

9 novembre 1979 : un Américain est pris en otage par des islamistes radicaux devant l'ambassade américaine à Téhéran, en Iran.

9 novembre 1979 : un Américain est pris en otage par des islamistes radicaux devant l’ambassade américaine à Téhéran, en Iran. Photo : The Associated Press

L’Iran figure à nouveau dans la liste des pays visés par des restrictions migratoires en raison du récent décret du président Donald Trump sur les pays musulmans.


6. La crainte des personnes séropositives

En 1987, le gouvernement américain décide d’interdire l’entrée aux personnes infectées par le VIH.

Sous la présidence de Ronald Reagan, le virus est ajouté à la liste des maladies dangereuses et contagieuses du registre du département de la Santé des États-Unis.

L’application de cette loi est particulièrement discriminatoire; à l’époque, des préjugés tenaces associent le sida à quatre groupes d’individus surnommés les « 4 H » : les homosexuels, les héroïnomanes, les Haïtiens et les hémophiles.

Le manque d’information sur la maladie donne également lieu à toutes sortes de rumeurs infondées, notamment le fait que le virus peut se transmettre par les voies respiratoires. Au cours des années, de nombreux scientifiques se sont levés pour dénoncer la mesure en rappelant qu’elle ne reposait sur aucune donnée scientifique valable.

Durant ses années au pouvoir, George W. Bush a entrepris de lever l’interdiction d’entrée visant les personnes séropositives. Ce processus sera finalement complété par Barack Obama au cours de son premier mandat, 22 ans après l’adoption de l’interdiction.

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Le bouton de fermeture des portes d’un ascenseur est un immense mensonge


Un des boutons des ascenseurs est plus psychologique qu’autre chose. Le bouton fermé la porte à un effet placébo
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Le bouton de fermeture des portes d’un ascenseur est un immense mensonge

 

«The Office» (NBC)

«The Office» (NBC)

Repéré par Robin Panfili

Le bouton qui permet de forcer la fermeture des portes d’un ascenseur est un mythe. Et il y a bien une raison si nous sommes tous tombés dans le panneau.

Allons-y franco, car la supercherie n’a que trop duré: les boutons qui permettent de forcer la fermeture des portes dans les ascenseurs sont un immense mensonge. Ils ne fonctionnent pas, du moins pour une grande majorité des ascenseurs. Et, si appuyer sur ce bouton peut vous donner l’impression d’avoir une influence sur le délai qui s’écoule avant que l’ascenseur ne redémarre, il n’en est, en réalité, rien du tout.

Ainsi, si vous souhaitez éviter un collègue sur le point d’entrer dans l’habitacle en appuyant compulsivement sur ce bouton –comme on le voit dans de nombreux films ou séries–, abstenez-vous.


D’abord, parce que les portes ne refermeront pas aussi vite que vous ne l’aimeriez, ensuite parce que votre collègue pourrait se vexer devant tant d’impolitesse. Surtout qu’à l’inverse, celui qui permet de maintenir les portes de l’ascenseur ouvertes fonctionne, lui.

Le New York Times a enquêté sur les boutons placebo qui, à l’image des médicaments placebo, vous donnent l’impression d’accomplir quelque chose alors que, en réalité, rien ne se passe. À l’origine de cette révélation –que certains se sont bien gardés de partager–, Karen W. Penafiel, directrice exécutive de la National Elevator Industry, avec qui le quotidien américain s’est entretenu.

Elle explique qu’en vertu de la American with Disabilities Act, une loi introduite en 1990 aux États-Unis, qui interdit les discriminations envers les personnes atteintes d’un handicap mental ou moteur, les portes des ascenseurs doivent être ouvertes assez longtemps pour permettre aux personnes à mobilité réduite d’entrer dans l’appareil. Ainsi, les boutons de fermeture des portes des ascenseurs sont obsolètes depuis plus de deux décennies aux États-Unis, confie Karen W. Penafiel. La durée de vie moyenne d’un ascenseur étant de vingt-cinq ans, rares sont les ascenseurs encore en service à disposer d’un tel système.

Des boutons pas (vraiment) inutiles

Quel intérêt de conserver ces boutons dans les nouveaux modèles, répondrez-vous. Toujours selon le New York Times, qui a interrogé Ellen J. Langer, professeur de psychologie à l’université d’Harvard sur la question, la présence de ces boutons est essentielle pour notre cerveau, car ils nous donnent le sentiment que nous avons le contrôle sur nos actions et sur les éléments qui nous entourent.

 «L’impression de contrôle très importante, dit-elle. Cela permet de diminuer le stress et d’accroître le bien-être.»

Ces boutons d’ascenseurs ne sont pas les seuls à ne pas fonctionner, poursuit le New York Times, visiblement pas à une désillusion près. Les thermostats de certains open-spaces ou certains boutons situés aux passages piétons forçant l’arrêt des voitures au profit des passants sont également concernés. Pour John Kounios, professeur de psychologie à l’université de Drexel, aux États-Unis, être conscient que les boutons d’ascenseurs ne fonctionnent pas ne vous empêcheront pas de les utiliser.

«Même si j’ai de grands doutes sur l’efficacité des boutons des passages piétons, j’appuie toujours dessus. Après tout, je n’ai rien d’autre à faire en attendant. Alors pourquoi ne pas appuyer sur le bouton. Avec un peu de chance, celui-ci fonctionnera peut-être.»

http://www.slate.fr/

Un concours de beauté albinos pour lutter contre les préjugés


Je ne suis pas très en faveur pour les concours de beauté, mais si cela peut permettre de changer les choses en Afrique pour les albinos, alors pourquoi pas. Mais cela ne serait pas suffisant
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Un concours de beauté albinos pour lutter contre les préjugés

 

Un concours de beauté albinos pour lutter contre les préjugés

Photo AFP

Stigmatisés et même pourchassés dans certains pays d’Afrique, de jeunes albinos étaient vendredi soir sous le feu des projecteurs à Nairobi où se déroulait l’élection des premiers Miss et Mister Albinisme Kenya.

Le premier concours de ce type, selon ses promoteurs, avait pour objectif de montrer «qu’il existe des albinos beaux et bien dans leur peau», deux termes «rarement associés» en ce qui les concerne, a expliqué Isaac Mwaura, le premier député albinos kényan qui est aussi l’organisateur de la compétition.

«Nous voulons montrer notre talent, nous voulons faire face à la stigmatisation et à la discrimination», a-t-il souligné.

L’albinisme se traduit par une absence de pigmentation dans la peau, le système pileux et l’iris des yeux.

«En Afrique, les gens ont la peau noire. Lorsqu’une femme donne naissance à un albinos, les gens disent que c’est une malédiction», a témoigné Nancy Njeri Kariuki, 24 ans, venue du centre du Kenya pour participer à la compétition.

«Même les enfants de votre âge ont peur de vous», a raconté la jeune femme aux yeux verts qui a défilé coiffée d’une perruque brune devant le vice-président du Kenya William Ruto. Le pas sûr et la tête haute.

Les participants ont défilé dans leurs tenues professionnelles, du pêcheur au soldat en passant par une joueuse de rugby, afin de montrer qu’ils peuvent eux aussi faire partie de la population active du pays.

Qu’il s’agisse de s’éduquer ou de travailler, les albinos ont beaucoup de mal à trouver leur place, regrette le député Mwaura.

Fan de skate-board, Sarah Wanjohi, 21 ans, ne croise pas beaucoup d’albinos dans ses loisirs. Elle est venue avec tout son attirail pour montrer

«que nous pouvons aimer, nous pouvons défiler (…) Nous pouvons faire tout ce que les gens nous pensent incapables de faire».

«Ça été difficile pour moi: les talons, les froufrous ce n’est pas trop le style skateboard!», plaisante-t-elle.

AMPUTÉS, TUÉS

Ces mannequins d’un jour, choisis dans tous le pays lors d’une pré-sélection, ont du se plier aux règles d’airain du podium, en apprenant démarche et sens du spectacle.

Un défi idéal pour requinquer une confiance en soi souvent fragile, a estimé Michael Ogochi, un participant de 21 ans.

«Grandir a été difficile pour moi. Personne ne voulait être avec moi. Vous devez travailler sur votre estime personnelle et avoir la peau dure», a expliqué le jeune homme.

Ces dernières années quelques mannequins albinos ont fait des apparitions dans les défilés ou dans les pages magazines de mode mais leur peau rosée et leurs yeux clairs leur vaut le plus souvent d’être violemment rejetés de leur communauté.

Chaque année, dans toute l’Afrique, des albinos sont pourchassés, tués et amputés de leurs membres qui sont ensuite utilisés pour des rituels censés apporter richesse et chance. Un phénomène qui a pris une ampleur encore plus grande récemment au sud et à l’est du continent, notamment en Tanzanie, au Malawi ou au Mozambique, où les attaques se comptent par dizaines et n’épargnent pas les très jeunes enfants.

Si ce type d’attaque est plus rare au Kenya, Isaac Mwaura souligne que la Société de l’albinisme qu’il dirige a dû plusieurs fois intervenir pour sauver des enfants ou des adultes menacés de meurtre rituel. Un homme de 56 ans est mort des suites d’une attaque l’an dernier dans le sud-ouest du pays.

Le silence tombe sur la foule bavarde des spectateurs du défilé lorsque le député projette l’image sanglante d’un membre amputé lors d’une attaque contre un albinos en Tanzanie.

L’organisation non gouvernementale canadienne «Under The Same Sun» (Sous le même soleil), a recensé 169 agressions – dont 76 meurtres – contre des personnes albinos en Tanzanie ces dernières années. Plus que partout ailleurs en Afrique.

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